Ne craignez pas les hommes, par Chip Brogden

221 lectures, par colibri le 9 avril 2010 · 9 commentaires

dans la rubrique Christianisme, Edification, Exhortations et sermons, Prophétisme

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Beaucoup de chrétiens sont liés par la peur des hommes. Avant de discuter de ce problème bien réel et très largement répandu, reconnaissons, dès le début, que nous ne pouvons pas être les porte-paroles de Dieu et en même temps avoir peur des gens. Il nous sera très difficile, sinon impossible, d’apporter tout le conseil de Dieu si nous sommes habités par un esprit de peur, de timidité ou d’anxiété.

Si, il y a un jour dans votre vie où vous vous êtes courbés et avez dit, «Seigneur, utilise moi, parle à travers moi, que Ta volonté soit faite en moi», alors vous pouvez vous attendre à ce que le Seigneur commence immédiatement à vous travailler sur la question de la crainte des hommes. C’est une leçon fondamentale que nous devons apprendre si nous voulons porter du fruit et être fidèle dans tout ce que Dieu nous commande.

Allons directement au but: nous avons peur des autres parce que nous nous aimons trop. Quand vous vous serez débarrassés de l’amour de soi, le problème de la crainte des hommes sera résolu pour toujours. La crainte des hommes est en fait un symptôme de l’amour propre, et elle se manifeste dans trois domaines liés à nos relations avec les autres. Si un serviteur de Dieu est capable de vaincre dans ces trois domaines, il ou elle sera libre de la peur des hommes. Ces domaines sont: le désir d’être apprécié, le désir d’être récompensé, le désir de recevoir une promotion. Nous regarderons ces trois points successivement.

LE DESIR D’ETRE APPRECIE

Un grand nombre de saints échouent sur ce point. Nous voulons que les autres nous comprennent. Nous voulons qu’ils comprennent la signification de nos actions. Nous voulons qu’ils comprennent ce que nous disons. Nous ne supportons pas de ne pas être compris. Nous aimerions que les autres reconnaissent la valeur des vérités que nous apportons, de la parole que nous donnons, et de la perspicacité que nous avons.

La chair est habitée par ce désir, et ce sera un piège pour celui qui apporte la Parole de Dieu. Nous ne devons pas craindre les autres personnes, ce qu’elles pensent, comment elles réagissent, si nous faisons et disons ce que le Saint- Esprit nous conduit à faire et à dire. La crainte des hommes nous conduira à ajouter beaucoup de mots à ceux que Dieu nous demande d’apporter. Cela doit être évité à tout prix.

Quand Jésus parlait à la multitude, Il ne se glorifiait pas de la grandeur de la foule. Il ne se félicitait pas Lui-même d’avoir un ministère si influent. A la place, Il cherchait à réduire le nombre de Ses disciples en les mettant à l’épreuve avec une parole difficile: «Vous devez manger ma chair et boire mon sang si vous voulez être mon disciple». A ces paroles, la foule et beaucoup de Ses disciples Lui ont tourné le dos et ont cessé de le suivre. Au lieu de leur courir après pour tenter d’être mieux compris et accepté, Il les a regardés partir. Ensuite, se tournant vers les douze, il a dit: « Voulez-vous aussi me quitter?» Voici un Homme qui n’a pas peur de mal se faire comprendre parce qu’Il n’a pas peur des gens, ce qu’ils penseront, ou ce qu’ils diront de faux sur Lui.

Nous pouvons discerner ce qu’Il veut dire mais eux ne le pouvaient pas. Pourquoi n’a t-Il pas expliqué ce qu’Il voulait dire? Parce qu’Il n’avait pas d’amour pour Lui-même, pas de désir d’être compris. Il n’appelait que ceux qui avaient des oreilles pour entendre. Il partageait une parole et laissait Ses auditeurs exercer leur propre jugement et discernement spirituel. Il n’avait pas de désir d’être accepté ou apprécié. Il ne les laissait pas l’accepter Lui et en même temps rejeter la PAROLE qu’Il apportait. S’ils rejetaient Sa parole, c’est Lui qu’ils rejetaient.

Pour vaincre la peur des hommes, nous ne devons pas simplement être prêts à être mal compris et non appréciés, nous devrions nous y attendre. Ensuite nous serons libres de partager le message que Dieu nous a donné et nous ne serons plus troublés si les autres ne peuvent pas comprendre sa signification.

LE DESIR D’ETRE RECOMPENSE

Quand nous apportons la parole de Dieu aux personnes qui nous soutiennent matériellement, cela représente un conflit inhérent d’intérêts. La tentation est forte d’adoucir la Parole de Dieu par peur d’offenser ceux qui prennent soin de nous.

La compensation que nous recevons peut ne pas être limitée aux choses financières. Quand nos amis tiennent une place spéciale dans notre coeur, nous pouvons aussi être tentés de parler avec plus de douceur pour garder leur amitié, alors que notre parole serait plus rude pour quelqu’un qui ne serait pas notre ami. Si Dieu nous demande d’apporter une parole douce alors nous le ferons. Mais nous ne pouvons pas toujours parler doucement quand les paroles que nous devons apporter doivent être tout sauf douces.

L’amour de soi est, ici, à nouveau, le problème. Par exemple, un pasteur qui dépend de sa congrégation pour percevoir son salaire passera par des temps difficiles s’il veut leur apporter tout le conseil de Dieu. Ce n’est pas qu’il ne puisse pas prêcher, mais il y a une ligne invisible qu’il ne doit pas franchir par crainte de fâcher trop de gens. Invariablement si cette ligne est franchie, vous le sentirez très mal à l’aise. Peut-être apportera-t-il ses excuses à ceux qu’il a offensés. Il est inhibé par la peur des hommes parce qu’il dépend des hommes pour son soutien. Chacune de ses expressions et actions doit être filtrée par la question «Que pensera notre soutien?»

Pour vaincre la peur des hommes, nous ne devons pas dépendre d’aide humaine, qu’elle soit financière ou émotionnelle. Abraham a rejeté le don du roi de Sodome, et ensuite le Seigneur lui a dit: «Ne crains pas car JE SUIS ta grande récompense». Le Seigneur étant Celui qui pourvoit et aussi notre Provision, nous devons regarder à Lui seul. Nous ne cherchons pas à gagner des supporters, des partenaires, des engagements, des dîmes ou des offrandes. Si nous n’avons rien c’est parce que nous n’en avons pas besoin. Parce que lorsque nous en aurons besoin, Dieu pourvoira. Il UTILISERA sûrement d’autres personnes pour nous bénir, mais nous ne RECHERCHONS pas les personnes pour être bénis. En fait, nous devrions nous attendre à ce que les personnes ne veuillent pas nous soutenir. Ensuite, nous pourrons leur parler sans crainte des hommes.

LE DESIR DE RECEVOIR UNE PROMOTION

Celui qui travaille pour le Seigneur aime à être vu et entendu. Nous aimerions la plus grande audience possible. Naturellement nous aimerions que les gens parlent bien de nous et qu’ils fassent notre promotion pour que beaucoup d’autres entendent la Parole que nous avons reçue de Dieu. Derrière ce désir de promotion se trouve encore cachée la crainte des hommes.

J’ai découvert un jour qu’un autre ministère avait pris une partie d’un de mes articles et l’avait édité avant de l’envoyer à ses souscripteurs. En éliminant ce qui était le plus blessant dans le texte, il a dilué le message que je voulais communiquer. J’ai contacté ce ministère et lui ai demandé de publier soit tout l’article soit de le retirer complètement. Comme ils ne voulaient pas apporter tout le conseil de Dieu, il m’a informé qu’il allait le retirer. Son commentaire final était: «La plupart des auteurs sont heureux d’avoir ne serait-ce qu’une petite portion de leur travail publiée, car un peu de promotion est meilleure que pas du tout».

Notre désir de promotion nous conduira inévitablement au compromis, à la dilution, au filtrage, à la distorsion, ou à rendre plus acceptable le message que nous apportons. Si nous faisons notre promotion alors faisons tout ce que nous pouvons pour mettre notre nom en avant et soyons heureux de toutes les reconnaissances que nous pourrions recevoir. Mais si c’est la Parole du Seigneur que nous apportons, laissons Dieu s’occuper de la promotion de Sa Parole et de Son serviteur. Il vaut mieux avoir un petit cercle d’influence avec la liberté de parler que d’avoir un large cercle d’influence obtenu par un message estampillé «sans danger pour le consommation publique».

Pour nous délivrer de la peur des hommes, le Seigneur nous préparera un chemin semé de malentendus. Nos finances s’écrouleront. Nous seront mis de côté pendant un certain temps, jusqu’à ce que nous ne regardions plus les gens comme notre ressource. Pour vaincre la peur des hommes, nous devons être entièrement à DIEU, et à personne d’autre. Un homme ou une femme qui n’a pas besoin d’être apprécié, ou compris, qui ne désire pas de compensation matérielle, ou autre, qui ne désire pas un grand ministère mais un ministère fidèle, cet individu est libre d’être un SERVITEUR de tous sans être L’ESCLAVE de personne.

Que Dieu puisse imprimer cela sur notre coeur et qu’ainsi nous ne craignions aucun homme.

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1 Scarron 12 avril 2010 à 0 h 07 min

@ Domy,

Merci de ton échange sur ce sujet et des réflexions qu’il suscite.

1) Non, je n’ai pas voulu dire que notre motivation pour écrire publiquement sur des blogs chrétiens était narcissique. Narcisse, c’est le gars amoureux de sa propre image, il n’est préocuppé que par lui, et n’est pas affecté par ce que les autres pensent de lui. Si Narcisse écrit ce sera probablement non un blog, mais un journal intime qu’il ne publiera pas. J’ai voulu au contraire souligner que l’impulsion qui nous pousse à écrire sur internet est, à mon sens, positive dans son principe, puisqu’elle procède du désir d’être aimé d’autrui ; désir profondément humain et divin à la fois. (Dieu n’a-t-il pas créé tous les êtres intelligents afin qu’ils l’aiment et qu’il les aime ?) Un penseur chrétien (Ernest Naville) a donné une féconde définition du Bien. Le Bien n’est pas une chose, ou un principe, mais le Bien est le juste rapport entre les êtres. Lorsque nos rapports avec Dieu et avec les autres sont ceux qu’ils doivent être, nous possédons le Bien. Mais justement à cause du péché, dont nous portons la flétrissure, nos rapports avec Dieu et avec les autres sont, pour le moment, toujours plus ou moins déficients. En écrivant ici, que cherchons-nous sinon un rapport avec autrui ? C’est bien le contraire du narcissisme. Hélas, la plupart du temps, toujours à cause du péché, notre vision de ce que devrait être notre rapport à autrui est faussée, nous ne sommes plus dans le Bien, nous devenons tyranniques. Le tyran veut qu’on l’aime de force, ce qui est un non-sens. D’où nos étalages coutumiers de force intellectuelle, de culture biblique, de sainteté, d’expériences mystiques etc. Le besoin d’autrui est bon, mais le péché gâte tout. Cependant je suis moins pessimiste que tu penses. En Christ la solution est virtuellement accomplie. Tous ces moi qui se heurtent parce que chacun voudrait être aimé pour lui, finiront par se fondre en un seul « moi » qui est Christ. N’est-ce pas là le sens de cette parole de Paul sur le terme de l’Histoire humaine : Et quand toutes choses lui auront été assujetties, alors aussi le Fils même sera assujetti à Celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. Alors certes les conflits entre individus chrétiens auront disparu puisque nous serons un en Christ : Dieu sera tout en tous ! Mais comment pourrons-nous continuer à exister individuellement en étant un en Christ ? C’est un mystère qui me dépasse, mais qui ne m’inquiète pas, puisque nous avons l’assurance qu’il s’accomplira.

2) Tu poses la question de savoir si finalement on peut écrire en étant animé d’une autre motivation que la recherche ou la promotion de soi. D’abord je dirai que toute la Bible en est la preuve, puisqu’elle a été écrite par des hommes qui étaient de la même nature que nous. Je remarque ensuite que Jésus lui-même n’a rien écrit. Sans doute on peut avancer plusieurs explications à cela. Mais j’aimerais souligner ici que ce fait rejoint un comportement général du Fils de l’homme qui consiste à presque anéantir ce que nous, nous appelons la personnalité, le caractère. Dans n’importe qu’elle biographie de grands hommes on trouve toujours quelques détails personnels, particularités corporelles, anecdotes etc.. Dans celles de Jésus presque rien. Buffon a écrit : le style, c’est l’homme. Il a raison, même chez les écrivains bibliques, inspirés de Dieu, le style trahit leur caractère. Et comme Jésus n’a rien écrit, nous ne savons, par ce moyen, rien de son caractère. Je crois pour ma part, qu’étant lui-même la Parole, Jésus ne pouvait se laisser enfermer dans ce que nous appelons la personnalité, le caractère. Pour répondre donc à ta question, je pense que certainement nous pouvons écrire poussés par Dieu, mais que nécessairement ce que nous écrirons portera la marque indélébile et reconnaissable de notre petit moi. Moins nous serons poussés par Dieu, plus notre écriture se révélera narcissique ; ma page cessera d’être la lettre adressée à l’âme soeur pour la faire vibrer, et ne sera plus que ce miroir stérile et mortifère de Narcisse, dans lequel je m’admire.

Dieu nous préserve d’écrire ainsi, cher Domy !

A+,

Scarron.

2 domy 11 avril 2010 à 15 h 29 min

Bonne route vers l’ouest, Scarron, mais attention de ne pas perdre le nord.
En effet, tu sembles dire que l’exercice de communication auquel se livrent les hommes ne peut procéder que d’un besoin narcissique. N’est-ce pas là, une conception occidentale, individualiste de l’existence, ou l’individu prévaut sur le groupe et en est illusoirement, l’interprète, le modèle. Dans ce cas, ton analyse est juste.
Mais dans les sociétés, ou le groupe prévaut sur l’individu, le modelant en fonction des valeurs collectives, le narcissisme de l’individu se conforme à la loi du plus grand nombre, se soumettant ainsi à un principe d’autorité déléguée.

Ainsi, comme tu l’écris, Christ fut aussi sensible à l’empathie ou l’antipathie, qu’il suscitait, sans jamais céder à l’une ou à l’autre, par la compromission ou la violence, susceptible de le détourner de sa mission : conduire le coeur des hommes vers le coeur et la volonté du Père, par le sacrifice de Sa personne et ainsi ouvrir une nouvelle voie à chacun de nous, afin que nous échappions à cette impulsion narcissique.
Je suis certain, que tu avais pensé à cette voie inaugurée, mais comme tu ne l’avais pas indiqué, il m’a semblé utile de te l’exposer, afin que nous ne soyons pas tout à fait désespérés de ne savoir écrire, que narcissiquement nôtre. Ne penses-tu pas… ou est-ce illusoire, voire présomptueux de ma part de l’écrire ? L’homme sera t-il condamné à ne parler que de lui-même, alors qu’il pense parler de Dieu ou pire encore, parler de la part de Dieu ?

J’attends tes réponses, tentant de ne pas sombrer dans un déterminisme qui rendrait vain toute aspiration, à la liberté.

3 colibri 11 avril 2010 à 8 h 43 min

Scarron merci et toi aussi passes de bonnes vacances dans ton nid.
J’aime ce que tu as dit notamment le 2° point que je reprend ici :
 »
2) Ma seconde remarque porte sur la signification de nos interventions sur l’internet évangélique, comme sur ce blog par exemple, vues à travers la perspective offerte par cet article. Il me semble évident que nous écrivons pour être lu et apprécié. Or ce désir entre nécessairement en conflit avec celui, identique, des autres ; plus le nombre de ceux qui veulent être vus augmente, moins il peut être satisfait pour chacun. C’est pourquoi, pour une large part, les sites chrétiens, et le temps que nous y passons, procèdent de la frustration de ne pas être apprécié autrement. Là aussi, je pense qu’il faut savoir faire la part des choses entre le légitime et la volonté divine. L’anonymat sur internet ne démontre en rien que celui qui l’utilise, ne recherche pas sa propre gloire, mais ce peut être une barrière qu’il met à ce cancer.
 »
bien entendu j’aime aussi ce qu’a dit Domy et Mimi;
il faut dire qu’après t’avoir lu,
je ne voudrais surtout pas accepter l’un et rejeter l’autre en créant des frustrations par omission
c’est que l’amour propre parfois réclame d’être soigné même s’il doit mourir!
que la vie est difficile pour la chair c’est là qu’on réclamerait la mort

4 Michoud Myriam 10 avril 2010 à 19 h 36 min

Oui, sujet intéressant !
L’amour de Dieu, l’amour de soi et l’amour de l’autre , lequel mettons nous en 1er ?
Il y a un temps pour tout : un temps pour naître et un temps pour grandir ! Le Seigneur est patient avec ses enfants , qu’ils ait 2 ans, 10 ans ou 25.
Plus je grandis, plus Il croît et plus je diminue !
Pour qu’un chêne arrive à « maturité » il faut des années; c’est vrai que l’on ne suit pas forcément le narurel et que certains grandissent plus vite que d »autres. Mais le Seigneur est patient envers chacun.
Nos échecs, les circonstances, les saisons … nous font grandir.
Que Dieu nous accorde l’envie, le vouloir et le faire selon Sa volonté et un coeur bien disposé .

5 Scarron 10 avril 2010 à 14 h 43 min

@colibri

Mais c’est que le décalage horaire permet de doubler l’activité, au détriment du sommeil il est vrai. Le lac est à nouveau liquide, ses vaguelettes reflètent le gris d’une fraîche journée d’avril ; nulle gallinule ne s’y baigne encore, juste quelques canards pêchent par ci par là. Quant à moi je vais poursuivre ma course toujours vers l’ouest, m’arrêter dans le désert, où court le roadrunner encore appelé geococcyx californianus, grand géocoucou. Si j’en vois un je t’enverrai une photo, ça m’a l’air d’être une drôle de bête ; quelles paraboles sont les siennes, je me demande.

Bonnes vacances,
Scarron.

6 colibri 10 avril 2010 à 14 h 03 min

Scarron je vois que ta migration de printemps s’est bien déroulée.
Les fleurs ont-elles commencé à bourgeonner?Et peut on enfin apercevoir les Gallinules au bord du lac? et je suppose que ton chant a retrouvé de son superbe!
Mais que dire : tu trouves encore le temps de commenter ici.. tu fais comment?
Heureuse de voir que ton pic n’a pas été abîmé par les vents contraires durant la migration.
Alors ainsi

7 Scarron 10 avril 2010 à 12 h 02 min

Je rejoins Domy dans son appréciation générale de l’article et dans sa remarque sur l’éventuelle capacité de notre orgueil à s’en approprier le contenu. Mais je dirai que cela ne sera là qu’un apparent paradoxe, puisque le résultat recherché par le moi reste le même : sa propre amplification.

Si une image est ici permise, l’observation des animaux nous fait découvrir des espèces omnivores, c-à-d qu’elles mangent de tout, contrairement à la plupart des autres animaux, qui se nourrissent d’aliments spécifiques. Parmi les omnivores, on compte notamment le cochon, l’homme (désolé…), et le canard colvert. Je dois dire, relativement à ce dernier, que c’est avec un dégoût généralement partagé, que nous autres oiseaux le regardent farfouiller dans la vase, et avaler tout ce qu’il y trouve. Il y a là effectivement une leçon spirituelle à méditer : La chair se nourrit de tout.

Mais j’aimerais aussi apporter deux autres prolongements de réflexion sur l’article :

1) Comme pour tout péché, le désir d’être vu, apprécié,récompensé, aimé en un mot, n’est pas à la base négatif. Pas plus que celui de notre chair physique de manger ce qui l’entretient et lui fait du bien ; sans ce désir le corps dépérirait. Et sans le désir d’avoir l’approbation de nos semblables aucune vie sociale, aucune solidarité humaine n’existerait ; nous serions des ermites insensibles et cruels. Le désir légitime d’être aimé des hommes devient péché quand, entrant en conflit avec la volonté de Dieu, il refuse de se sacrifier devant elle. Je dirai même que sans ce conflit, il n’y aurait jamais de réel sacrifice. Si Christ n’avait pas porté en lui, comme nous tous, le désir d’être aimé de ses frères humains, sa souffrance d’être rejeté d’eux, n’aurait-elle pas été purement fictive ? Je suis devenu étranger à mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère, car le zèle de ta maison m’a dévoré, et les outrages de ceux qui t’outragent sont tombés sur moi. La douleur poignante et insurpassée, qui monte du Psaume 69, ne serait que de la littérature si Christ avait méprisé royalement ce que ses contemporains pensaient de lui. Etant le plus sensible des hommes, il a aussi souffert le plus de leur rejet.

2) Ma seconde remarque porte sur la signification de nos interventions sur l’internet évangélique, comme sur ce blog par exemple, vues à travers la perspective offerte par cet article. Il me semble évident que nous écrivons pour être lu et apprécié. Or ce désir entre nécessairement en conflit avec celui, identique, des autres ; plus le nombre de ceux qui veulent être vus augmente, moins il peut être satisfait pour chacun. C’est pourquoi, pour une large part, les sites chrétiens, et le temps que nous y passons, procèdent de la frustration de ne pas être apprécié autrement. Là aussi, je pense qu’il faut savoir faire la part des choses entre le légitime et la volonté divine. L’anonymat sur internet ne démontre en rien que celui qui l’utilise, ne recherche pas sa propre gloire, mais ce peut être une barrière qu’il met à ce cancer.

Scarron.

8 Jean-Marie C 10 avril 2010 à 11 h 16 min

Cet article illustrerait bien l’histoire de Guéhazi serviteur d’Elisée!
Si celui-ci refuse le cadeau de Naaman et ne montre aucune crainte devant cet illustre guerrier du camps adverse, Guéhazi par contre fait montre d’une dépendance maladive des avantages matériels!
 »Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » 1 Timothée 6:10
On ne le redira jamais assez!
Crainte des hommes ou crainte de l’avenir?
Que Dieu nous préserve, car cette subtile tentation a tendance à revenir régulièrement parée de beaux et nouveaux atours!

9 domy 10 avril 2010 à 0 h 17 min

L’âme a des facettes multiples, et peut reprendre à son compte tous les points de cet article pour proclamer son indépendance à l’égard de la peur et des jugements des autres et ainsi asseoir son propre avis au dessus de celui des autres. Combien de disciples méprisent la pensée des autres au profit de la leur, sensée recueillir à elle seule le sceau de Dieu. Ce n’est pas tant, la peur des autres dont nous devons nous méfier, mais de celle qui consiste à croire que nous avons, seul, la pensée de Christ, en excluant la pensée des autres. Comme indiqué dans l’article, l’humilité n’a pas le désir d’être acceptée ou appréciée, mais il faut bien avouer que l’orgueil aussi se suffit à lui-même et se moque bien de ce que pensent les autres. C’est un mal fréquemment observé, dans la vie courante.

Concernant les rapports entre amitié et rémunération, on peut constater qu’un pasteur rémunéré par son assemblée n’a pas toujours la même liberté que celui qui l’est par un conseil national et peuvent finir sur des rapports dominants-dominés, inversés, suivant les cas. Mais dans les deux cas, on constate des dérives liées aux intérêts d’un système comme d’un autre. L’idéal reste celui qu’avait choisi Paul de s’engager sur ses propres fonds, en travaillant de ses propres mains et ne devoir à ses frères que d’énoncer la parole de Dieu en toute liberté, pour l’édification de tous, en sachant aussi que l’assistance aux ministres de l’évangile est aussi un principe de l’évangile, pourvu qu’il ne s’érige pas en système dont nous connaissons les dérives.
Quant au troisième point, consistant à se servir de l’Evangile pour faire sa promotion personnelle, il faut bien avouer, que c’est un mal consommé, dans lequel certains sont devenus experts.
En allant sur certains sites , publiant les évènements à venir, le monde évangélique, dans ce qu’il donne à voir, est passé maitre dans l’art publicitaire et marketing, promettant ce qui ne lui appartient pas, comme étant garanti par un ou plusieurs prédicateurs aussi inconnus les uns que les autres, en dehors de leur entourage immédiat, avec pour seule mesure, un ego surdimensionné.
Ces églises qui s’affichent ainsi pourraient faire de l’ombre à l’Eglise cachée, si elles jouaient dans la même cour. Heureusement, ce n’est pas le cas, l’Eglise est nourrie d’en haut, ce qui est donné à voir se nourrit d’en bas, de ses propres dérives, de ses propres excès, stimulés par la sensualité des âmes livrées à elles-mêmes.
Mais sans naitre de nouveau, peut-il en être autrement. Puisse nos cœurs en être contrits, afin que s’élève une intercession puisant dans le cœur de Christ.

J’ai bien aimé cet article. Il donne à réfléchir sur nous-mêmes.

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