LE CHRISTIANISME PAGANISE par Frank A.Viola 5ème partie
Par Jokebed , lundi 4 août 2008 à 19:06 :: Etude Biblique de Frank A.Viola :: #250 :: rss
CHAPITRE 2
LE SERMON : LA VACHE LA PLUS SACRÉE DU PROTESTANTISME
« Le christianisme n'a pas détruit le paganisme ; il l'a adopté. » Will Durant
Nous en arrivons maintenant à une des pratiques les plus sacro-saintes en matière d’Église: Le sermon.
Enlevez le sermon, et l'ordre du culte protestant n’est plus rien d’autre qu’un festival du cantique.
Enlevez le sermon, et l'assistance au service du dimanche matin se compte sur les doigts de la main.
Le sermon est la pierre de touche de la liturgie protestante.
Pendant 500 ans, il a fonctionné comme le rouage de l'horloge.
Chaque dimanche matin, le pasteur se lève dans son pupitre et livre un discours solennel inspiré à une assistance passive et indolente.
Si central est le sermon que c'est la raison même pour laquelle la plupart des chrétiens vont à l’Église.
En fait, le service entier est typiquement jugé par la qualité du sermon.
Demandez à une personne comment l’Église était le dimanche passé et vous obtiendrez invariablement une description du
sermon.
Cela ressemble à de ceci :
Question : « Comment était l’assemblée la semaine dernière ? »
Réponse : « OH, elle était merveilleuse. Le pasteur Peckman a parlé au sujet de l'importance de donner des offrandes en semence de foi pour augmenter notre revenu ; il était vraiment beau. Il m'a inspiré à offrir mon chèque de paye en entier la semaine prochaine. »
En bref, la mentalité chrétienne moderne met le sermon sur le même pied que le culte du dimanche matin.
Mais ça ne s’arrête pas là.
La plupart des chrétiens sont intoxiqués au sermon.
Ils viennent à l’Église avec un seau vide et s'attendent à ce que le prédicateur le remplisse de « messages agréables ».
Pour le chrétien typique, le sermon est le moyen principal d’édification spirituelle.
Il se classe au-dessus de la prière, de la lecture des Écritures, et de la communion avec d'autres croyants.
Et si nous sommes un tant soit peu honnête, il se classe même au-dessus de la communion avec Jésus-Christ (au moins dans la pratique) !
Enlevez le sermon et vous avez éliminé la source la plus importante d'alimentation spirituelle pour la plupart des croyants (pense-t-on).
Pourtant la réalité renversante est que le sermon n'a aucune racine dans les Écritures !
Plutôt, il a été emprunté à la culture païenne, nourrie et adoptée par la foi chrétienne.
Voilà un rapport effrayant, n'est ce pas ?
Mais il y a plus.
Le sermon détériore réellement le but même pour lequel Dieu a conçu le rassemblement de l’Église.
Et il a très peu à faire avec la croissance spirituelle véritable.
Je prouverai ces paroles dans ce chapitre.
Le sermon et la Bible
Sans doute, après lecture de ce que j'ai écrit on répliquera : «Les gens ont prêché dans toute la Bible. Naturellement le sermon est scripturaire ! »
D’accord, les Écritures mentionnent des hommes et des femmes qui prêchent.
Cependant, il y a un monde de différence entre la prédication inspirée de l’Esprit décrite dans la Bible et le sermon moderne.
Cette différence est pratiquement toujours négligée parce que nous avons été inconsciemment conditionnés à fondre nos pratiques modernes en matière de prédication avec les Écritures.
Ainsi nous embrassons de manière erronée le pupitre d'aujourd'hui en tant que biblique.
Laissez-moi développer un peu.
Le sermon chrétien moderne montre les éléments suivants :
- Il est régulièrement livré loyalement du pupitre au moins une fois par semaine.
- Il est livré par la même personne typiquement le pasteur.
- Il est livré à une assistance passive ; c'est essentiellement un monologue.
- C'est une forme cultivée du discours, possédant une structure spécifique. Il contient typiquement une ntroduction, trois à cinq points, et une conclusion.
Comparez-le avec le genre de prédication mentionné dans la Bible.
Dans l’Ancien Testament, les hommes de Dieu prêchaient et enseignaient.
Mais leur langage n'est pas repérable dans le sermon moderne.
Voici les éléments de la prédication et de l’enseignement de l’Ancien Testament :
- La participation active et les interruptions de la part de l’assistance étaient communes.
- Ils donnaient un discourt extemporané et à partir d'un fardeau actuel, plutôt que d'un scripte.
- Il n'est aucune indication que les prophètes ou les prêtres de l’Ancien Testament aient donné des discours réguliers au peuple de Dieu. Au lieu de cela, la nature de la prédication de l’Ancien Testament était sporadique, limpide, et s'ouvrait à la participation de l'assistance. La prédication dans la synagogue antique a suivi un modèle semblable.
Voyons maintenant le NT.
Le seigneur Jésus ne prêchait pas régulièrement un sermon à la même assistance.
Sa prédication et son enseignement prenaient beaucoup de formes différentes.
Il livrait ses messages à une assistance différente. (Naturellement, il a concentré la majeure partie de son enseignement sur ses disciples.
Pourtant les messages qu'il leur apportait étaient uniformément spontanés et sans cérémonie.)
D’après le même modèle, la prédication apostolique enregistrée dans les actes possède les caractéristiques suivantes :
- Elle était sporadique.
- Elle était livrée à des occasions spéciales afin de traiter des problèmes spécifiques.
- Elle était impromptue et sans structure rhétorique.
- Elle était le plus souvent dialogique (elle était rétroactive et permettait les interruptions de l’assistance) plutôt que monologique (un discours à sens unique).
De manière semblable, les lettres du NT prouvent que le ministère de la Parole de Dieu provenait de l’Église entière dans leurs assemblées régulières.
Ce fonctionnement de « chaque membre » était également conversationnel (14) et marqué par des interruptions.(15)
Également ainsi, les exhortations des aînés locaux étaient normalement impromptues.(16)
En un mot, le sermon moderne livré pour la consommation chrétienne est étranger à l’Ancien et au Nouveau Testaments. Il n'y a absolument rien dans les Écritures qui indique son existence dans les premières assemblées chrétiennes.« (17)
D'où est venu le sermon chrétien?
La première source chrétienne mentionnant le sermon régulier est trouvée à la fin du deuxième siècle.(18)
Clément d'Alexandrie (150-215) a déploré le fait que les sermons faisaient tellement peu pour changer les chrétiens.(19)
Pourtant en dépit de son échec reconnu, le sermon est devenu une technique normalisée parmi les croyants autour du quatrième siècle.(20)
Ce qui soulève une question épineuse.
Si les chrétiens du premier siècle n'étaient pas reconnus pour leurs sermons, de qui les chrétiens postapostoliques ont-ils reçu le sermon ?
La réponse nous dit : Le sermon chrétien a été emprunté directement à la culture grecque païenne!
Pour trouver l’origine du sermon, nous devons aller de nouveau au cinquième siècle avant Jésus-Christ avec un groupe de professeurs errants appelés les sophistes.(21)
Les sophistes sont reconnus pour l’invention de la rhétorique (l'art du discours persuasif).
Ils recrutaient des disciples et exigeaient paiement pour livrer leurs discours solennels.(22)
Les sophistes étaient des débateurs experts.
Ils étaient maîtres pour faire appel aux émotions, à l'aspect physique, et à un langage intelligent pour faire la « vente »de leurs arguments.(23)
Avec le temps, le modèle, la forme, et la compétence oratoire des sophistes sont devenus plus estimés que leur exactitude.(24) Ce qui engendra une classe d’ hommes devenus maîtres des expressions raffinées, « cultivant le modèle dans l'intérêt du
modèle. » (25)
Les vérités qu'ils prêchaient étaient abstraites plutôt que des vérités pratiquées dans leurs propres vies.
Ils étaient les experts de la forme d'imitation plutôt que de la substance.(26)
Les sophistes s’identifiaient par leur habillement particulier.(27)
Certains d'entre eux avaient une résidence fixe où ils donnaient des sermons réguliers à la même assistance.
D'autres voyageaient pour donner leurs discours solennels et polis.(28) (ils en tiraient beaucoup d'argent.) (29)
Parfois l'orateur grec entrait dans son forum parlementaire « vêtu de sa robe de pupitre. » (30)
Il montait alors les marches jusqu’à sa chaise professionnelle pour s'y asseoir avant d’apporter son sermon.(31)
Pour sa démonstration, il citait les vers d’Homer.(32) (Quelques orateurs avaient étudié Homer si bien qu'ils pouvaient le répéter par coeur.) (33)
Le sophiste était si envoûtant, qu'il incitait souvent son assistance à battre des mains pendant son discours.
Si son discours était très bien reçu, on disait son sermon « inspiré. » (34)
Les sophistes étaient les hommes les plus distingués de leur temps.
Tellement que certains vivaient du denier public.
D'autres avaient des statues publiques érigées à leur honneur.(35)
(Tout ceci ne vous rappelle-t-il pas beaucoup les prédicateurs moderne?)
Environ un siècle plus tard, le philosophe grec Aristote (384-322 B.C.) donna à la rhétorique le discours en trois-points. « Un ensemble, » dit Aristote, « doit avoir un commencement, un milieu, et une fin. » (36)
Avec le temps, les orateurs grecs ont fini par appliquer le principe des trois-points d'Aristote dans leurs discours.
Les Grecs ont été intoxiqués avec la rhétorique.(37)
Ainsi les sophistes se sont bien débrouillés.
Quand Rome a succédé la Grèce, les Romains sont tombés sous le charme grec de la hantise de la rhétorique.(38)
En conséquence, la culture Gréco-romaine développa une convoitise insatiable pour écouter quelqu'un donner un discours solennel éloquent.
C'était tellement à la mode qu'une « sermonette » d'un philosophe professionnel après le dîner était une forme régulière de divertissement.(39)
Les Grecs antiques et les Romains considéraient la rhétorique comme une des plus grandes formes d'art.(40)
En conséquence, les orateurs dans l'empire romain étaient glorifiés avec le même statut fascinant que les Américains assignent aux stars des films et aux athlètes professionnels.
Ils étaient les étoiles brillantes de leur temps.
Les orateurs pouvaient soulever une foule jusqu’à la frénésie simplement par leur puissante habileté de discours.
Les professeurs de rhétorique, la principale science de l'ère, étaient la fierté de chaque ville principale.(41)
Les orateurs qu'ils ont produits ont reçu le statut de célébrité.
En bref, les Grecs et les Romans étaient intoxiqués au sermon païen —tout comme beaucoup de chrétiens modernes sont intoxiqués au sermon « chrétien ».
L'arrivée d'un courant pollué
Comment le sermon grec a-t-il réussi à pénétrer l’Église chrétienne ?
Vers le troisième siècle un vide s’est créé quand le ministère mutuel disparu du corps du Christ.(42)
À ce moment, l'ouvrier voyageur (l’apôtre) qui apportait un message spontané selon le fardeau sur sa conscience quitta les pages de l'histoire de l’Église.(43)
Pour combler son absence, la caste du clergé émergeait.
Les réunions libres et ouvertes commencèrent à s'éteindre, et les assemblées de l’Église devinrent de plus en plus liturgiques.(44)
Au troisième siècle, la distinction clergé-laïcs s'élargissait à une vitesse casse-cou.
Une structure hiérarchique prenait racine, et donnait naissance à l'idée « du spécialiste religieux. » (45)
Face à ces changements, le chrétien vivant avait peine à s’ajuster à cette structure ecclésiastique en pleine évolution.(46)
Il n'y avait aucune place pour l’exercice de ses dons.
Vers le quatrième siècle, l’Église est devenue entièrement institutionnalisée et le fonctionnement du peuple de Dieu s’est paralysé.
En même temps, beaucoup d'orateurs païens devenaient chrétiens.
En conséquence, les idées philosophiques païennes s’infiltraient inconsciemment dans la communauté chrétienne.(47)
Quelques-uns de ces nouveaux convertis s’avéraient justement d'anciens philosophes et orateurs païens.(48)
Malheureusement, plusieurs de ces hommes devinrent les théologiens de l’Église chrétienne primitive.
Ils sont connus en tant que « pères de l’Église, » et certains de leurs écrits sont toujours avec nous.(49)
Ainsi la notion païenne d'un orateur professionnel qualifié livrant des discours solennels pour des honoraires entra directement dans la circulation sanguine chrétienne.
Notez que le concept du « spécialiste de l’enseignement payé » n'est pas venu du judaïsme.
Il est venu de Grèce.
Il était d'usage chez les rabbins juifs de prendre un métier afin de ne pas charger des honoraires pour leur enseignement.(50)
Le résultat de l'histoire est que ces anciens orateurs païens (chrétiens maintenant) commencèrent à employer leurs qualifications oratoires Gréco-romaines pour des fins chrétiennes.
Bien assis dans leur chaise officielle (51) ils« exposaient le texte sacré des Écritures, tout comme le sophiste exposait une exégèse (52) du texte sacré d’Homer… » (53)
Si vous comparez un sermon païen du troisième siècle à un sermon donné par un des pères de l’Église, vous trouverez que la structure et la phraséologie sont étonnamment semblables.(54)
Ainsi un nouveau modèle de communication était engendré dans le modèle chrétien de l’Église, un style qui soulignait une rhétorique polie, une grammaire sophistiquée, une éloquence fleurie, et le monologue.
C'était un modèle conçu pour amuser et montrer les qualifications oratoires du discoureur.
C'était la rhétorique Grécoromaine.(55)
Et seulement ceux qui étaient formés avaient la permission de s'adresser à l'assemblée !(56) (familier?)
Un érudit le dit de cette façon : La proclamation originale du message chrétien était une conversation bidirectionnelle…, … mais quand les écoles oratoires du monde occidental étendirent leur emprise sur le message chrétien, elles firent de la prédication chrétienne quelque chose d’énormément différent.
L'éloquence tendait à remplacer la conversation.
La grandeur de l'orateur remplaçait l'événement étonnant de Jésus-Christ.
Et le dialogue entre l'orateur et l'auditeur disparaissait dans un monologue.(57)
Bref, le sermon Gréco-romain a remplacé le partage prophétique libre et ouvert, et l'enseignement inspiré.(58)
Le sermon est devenu le privilège élitiste des fonctionnaires de l’Église, en particulier des évêques.(59)
Ces personnes devaient être instruites dans les écoles de la rhétorique pour apprendre comment parler.(60)
Sans une telle éducation, un chrétien n'était pas autorisé à parler au peuple de Dieu.
Dès le troisième siècle, les chrétiens appelaient leurs sermons par le même nom que les orateurs grecs ont appelé leurs discours. Ils les appelaient « homélies ».(61)
Aujourd'hui, on peut prendre un cours de séminaire appelé homilétiques pour apprendre comment prêcher.
Les homilétiques sont considérées comme une « science, appliquant les règles de la rhétorique, qui nous viennent de la Grèce et de Rome. » (62)
De toute façon, ni les homélies (sermons) ni les homilétiques (l'art du sermon) ne sont d’origine chrétienne.
Ils ont été empruntés des païens.
Un courant pollué a fait son entrée dans la foi chrétienne et a empoisonné ses eaux.
Et ce courant coule aussi fortement aujourd'hui qu'il le faisait au quatrième siècle.
Chrysostomee et Augustin
Jean Chrysostome (347-407) était l'un des plus grands orateurs chrétiens de son temps.(63)
(Chrysostome veut dire : « lèvres d’or. ») (64)
Jamais Constantinople n’avait entendu « des sermons si puissants, brillants, et francs » que ceux prêchés par Chrysostome.(65)
Les sermons de Chrysostome étaient si irrésistibles que les gens se bousculaient parfois vers l'avant pour mieux l'entendre.(66)
Naturellement doté du don d'orateur loquace, Chrysostome apprit l’art du discours sous le principal sophiste du quatrième siècle, Libanius.(67)
L'éloquence du pupitre de Chrysostome était insurpassable.
Si puissants étaient ses discours solennels que ses sermons étaient souvent interrompus par des applaudissements de l’assemblée.
Chrysostome donna un sermon condamnant les applaudissements comme inappropriés à la maison de Dieu.(68)
Mais après qu'il eut fini de le prêcher, le rassemblement avait tellement aimé le sermon qu'ils applaudirent.(69)
Cette histoire illustre la puissance indomptable de la rhétorique grecque.
Nous pouvons créditer Chrysostome et Augustin (354-430), un ancien professeur de rhétorique, (70) pour l’introduction de l'éloquence au chapitre de la foi chrétienne.(71)
Avec Chrysostome, le sermon grec a atteint son zénith.
Le sermon du modèle Grec s'est livré à l’éclat de la rhétorique, à la citation des poésies, et s’est
concentré à impressionner l’assistance. Chrysostome a souligné que « le prédicateur doit travailler fort longtemps sur ses sermons afin de gagner la puissance de l'éloquence. » (72)
En Augustin, le sermon latin atteint son point culminant.(73)
Le modèle latin du sermon était plus pragmatique que le modèle grec.
Il se concentrait sur « l'homme commun » et se concentrait sur le simple point moral.
Zwingli a pris Jean Chrysostome comme modèle de la prédication, alors que Luther a pris Augustin .(74)
Les modèles latins et grecs incluaient tous deux une forme de commentaire verset par verset ainsi qu'une forme
de paraphrase.(75)
Il n’en demeure pas moins que, Chrysostome et Augustin se sont tenus dans la lignée des sophistes grecs.
Ils nous ont donnés la rhétorique chrétienne lustrée. Ils nous ont donné le sermon « chrétien ».
Biblique dans le contenu, mais Grec dans le modèle.(76)
Les Réformateurs, les Puritains, et le Grand Réveil
Pendant la période médiévale, l'eucharistie dominait la messe catholique, et le sermon perdit de l'intérêt.
Mais avec la venue de Martin Luther (1483-1546), le sermon retrouvait la prééminence dans le service du culte.(77)
Luther a incorrectement conçu l’Église comme étant le rassemblement du peuple qui écoute la Parole de Dieu qui leur est donnée.
Pour cette raison, il a appelé le bâtiment de l’Église un Mundhaus (La maison de la bouche ou du discours) !(78)
Prenant le réveil de Luther, Jean Calvin (1509-1564) affirmait que le prédicateur est la « bouche de Dieu. »(79) (Ironiquement, les deux hommes ont énergiquement combattu contre l'idée que le pape était le curé du Christ.)
Il n'est pas étonnant que plusieurs des réformateurs aient étudié la rhétorique et qu’ils aient été profondément influencés par les sermons Gréco-romains d'Augustin, de Chrysostome, d'Origène, et de Grégoire le grand.(80)
Ainsi les failles des pères de l’Église étaient répliquées par les réformateurs ainsi que par les cultures secondaires protestantes qu’ils ont créées.
Ce qui était particulièrement vrai des puritains.(81)
En fait, la tradition du sermon évangélique moderne trouve ses racines plus récentes dans le mouvement puritain du 17ème siècle et le Grand Réveil du 18ème siècle.
Les puritains ont emprunté leur modèle de prédication à Calvin.
Quel était ce modèle ?
C'était l'exposition systématique des Écritures.
C'était un modèle pris des premiers pères de l’Église et qui devint populaire pendant la Renaissance.
Les érudits de la Renaissance donnaient un commentaire phrase par phrase sur une écriture de l'antiquité classique.
Calvin était un maître de cette forme.
Avant sa conversion, il utilisait ce modèle sur un commentaire par l'auteur païen Sénèque.
Quand il se convertit et se tourna vers le sermon, il appliqua le même modèle analytique à la Bible.(82)
Marchant sur les traces de leur père Jean Calvin, les puritains ont concentré tous leurs efforts sur l’enseignement systématique de la Bible. Pendant qu'ils cherchaient à Protestantiser l’Angleterre (l'épurant des
failles de l'anglicanisme), les puritains concentraient tous leurs efforts sur l’exposition verset par verset fortement structuré, méthodique et logique des Écritures. Leur emphase était que le protestantisme était une religion « du livre. » (83)(ironiquement, « le livre » ne connait rien d'un sermon !)
Les puritains ont également inventé une forme de sermon appelé le « modèle plat. »
Ce modèle était basé sur la mémorisation des notes de sermon.
Leur division, subdivision, et l'analyse d'un texte biblique ont élevé le sermon à un niveau scientifique.(84)
Cette forme est encore employée aujourd'hui par des pasteurs innombrables.
En outre, les puritains nous ont donné le sermon d'une heure, (85) la pratique des membres d'une congrégation prenant des notes sur le sermon, le profil à quatre parties, et l'utilisation par le pasteur de ses notes tout en livrant son discours solennel.(86)
Une autre influence, le Grand Réveil, est responsable du genre de prêche qui était commun dans les premières églises méthodistes et est toujours employé dans les églises de la Pentecôte modernes.
De fortes exclamations émotionnelles, des cris, course sur la scène, sont tous des transferts de cette tradition.(87)
Résumant l'origine du sermon moderne, nous pouvons dire que: Le christianisme avait pris la rhétorique Gréco-romaine, l’avait rebaptisée, et l’avait enveloppée de vêtements amples.
L’homélie s’infiltra dans l’Église chrétienne autour du deuxième siècle, et atteignit sa maturité par les orateurs de pupitre (chaire) du quatrième siècle comme Chrysostome et Augustin.(88)
Le sermon chrétien perdit de l'intérêt du cinquième siècle jusqu'à la Réforme, quand il est devenu emballé et enchâssé comme l’événement central du service protestant.
Pourtant pendant 500 années, la plupart des chrétiens n'ont jamais remis en cause son origine ou son efficacité.(89)
Comment le Sermon nuit à l’Église
Même s’il fut vénéré pendant cinq siècles, le sermon conventionnel a contribué au mauvais fonctionnement de l’Église de plusieurs manières.
D'abord, le sermon fait du prédicateur l'interprète virtuose de l'office.
En conséquence, la participation de l’assemblée est entravée et même exclue.
Le sermon transforme l’Église en station de prédication.
Le rassemblement dégénère en un groupe de spectateurs amortis qui observent une exécution.
Il n'y a aucune place pour interrompre ou interroger le prédicateur tandis qu'il livre son discours.
Le sermon gèle et emprisonne le fonctionnement du corps du Christ.
Cela encourage un sacerdoce docile en permettant aux prédicateurs de passe-passe (90) de dominer les assemblées de l’Église semaine après semaine.
En second lieu, le sermon interrompt la croissance spirituelle.
Puisque c'est une affaire à sens unique, il émousse la curiosité et produit la passivité.
Le sermon invalide le fonctionnement de l’Église.
Il suffoque le ministère mutuel.
Il étouffe la participation ouverte.
Ce qui fait prendre un plongeon à la croissance spirituelle du peuple de Dieu.(91)
Comme chrétiens, nous devons fonctionner pour nous développer.(92)
Nous ne nous développons pas en reposant comme un pilier de sel pendant qu'un homme nous prêche semaine après semaine.
En fait, un des buts de la prédication et de l'enseignement néotestamentaires est de vous obliger à fonctionner.(93)
Il est de vous encourager à ouvrir votre bouche lors de la réunion de l’Église.(94)
Le sermon conventionnel entrave ce processus même.
Troisièmement, le sermon conserve la mentalité de clergé.
Il crée une dépendance excessive et pathologique à l'égard du clergé.
Le sermon fait du prédicateur un spécialiste religieux, le seul ayant quoi ce soit de digne à apporter.
Tous les autres Chrétiens sont considérés comme deuxième-classe.
(Même si ce n'est pas habituellement exprimé, c'est la réalité.) (95)
Comment le pasteur peut-il apprendre des autres membres du corps du Christ quand ils sont amortis ?
Comment l’Église peut-elle apprendre du pasteur quand ses membres ne peuvent pas lui poser des questions pendant son discours solennel ?(96)
Comment les frères et les soeurs peuvent-ils apprendre les uns des autres s'ils sont bâillonnés lors des réunions ?
Le sermon rend « l’église » éloignée et impersonnelle.(97)
Il prive le pasteur de recevoir la sustentation spirituelle de l’Église.
Et il prive l’Église de recevoir l'alimentation spirituelle réciproque.
Pour ces raisons, le sermon est l'un des plus grands barrages à un sacerdoce fonctionnel!(98)
Quatrièmement, plutôt que d'équiper les saints, le sermon les tue.
La force avec laquelle le ministre fait résonner la trompette sur « équiper les saints pour l’oeuvre du ministère, » la vérité est que les sermons n'équipe personne pour le service spirituel.(99)
En réalité, le peuple de Dieu est comme intoxiqué par l'audition des sermons, comme les prédicateurs sont intoxiqués à les prêcher.
(Je me rends compte que quelques chrétiens n'apprécient pas la prédication chaque semaine. Mais les la plupart semblent l'apprécier.) (100)
__En revanche, la prédication et l'enseignement du NT équipent l’Église de sorte qu'elle puisse fonctionner sans la présence d'un
ecclésiastique.(__101)
Cinquièmement, le sermon moderne est complètement impraticable.
La plupart des prédicateurs sont des experts à ce qu'ils n'ont jamais éprouvés.
Qu’il soit abstrait/théorique, dévotionnel/inspiré, exigeant/contraignant, ou amusant, le sermon ne met pas les auditeurs dans une expérience pratique directe avec ce qui a été prêché.
Ainsi le sermon typique est une leçon de natation sur la terre sèche !
Il est vide de toute valeur pratique.
Beaucoup est prêché, mais jamais rien ne s’accomplit.
La majeure partie vise le lobe frontal.
Le « sermonisme » moderne ne va pas au delà de diffuser simplement l'information sur le rôle d'équiper les croyants pour éprouver
et utiliser ce qu'ils ont entendu.
À cet égard, le sermon reflète sa véritable origine : la rhétorique Gréco-romaine.
La rhétorique Grécoromaine était baignée dans l'abstraction.(102)
Elle comprenait « des formes conçues pour amuser et démontrer le génie plutôt que d'instruire ou développer des talents dans les autres. » (103)
Le sermon poli moderne peut réchauffer le coeur, inspirer la volonté, et stimuler l'esprit.
Mais il montre rarement, sinon jamais, à l'équipe comment arriver à maturité pour enfin laisser la bande !
De toute façon, le sermon ne favorise pas la croissance spirituelle.
Au lieu de cela, il intensifie(l'appauvrissement de l’Église.(104)
Le sermon agit comme un stimulant momentané.
Ses effets sont de courte durée au mieux.
Soyons honnêtes.
Il y a une masse de chrétiens qui ont été « sermonnés » pendant des décennies, et ils sont toujours des bébés immobiles en Christ.(105)
Nous les chrétiens ne sommes pas transformés en entendant des sermons.
Nous sommes transformés par la rencontre régulière avec le seigneur Jésus-Christ.(106)
Ceux du ministère, donc, sont appelés à rendre leur ministère intensément pratique.
Ils sont appelés à révéler non seulement le Christ, mais à démontrer à leurs auditeurs comment L'éprouver, Le connaître, Le suivre, et Le servir.
Si un prédicateur ne peut introduire ses auditeurs dans une expérience spirituelle vivante de ce qu'il administre, les résultats de son message seront de courte durée.
Par conséquent, l’Église a besoin de moins de sermons et davantage d’auxiliaires plus spirituels.
Elle est dans le grand besoin de ceux qui peuvent proclamer le Christ et savoir emmener le peuple de Dieu à vivre ce qui est prêché.(107)
Nous avons besoin d'une restauration de la pratique du premier siècle en matière d'exhortation mutuelle et du ministère mutuel.(108)
Car le NT articule la transformation spirituelle sur ces deux choses.(109)
Soit, le don de l'enseignement est présent dans l’Église.
Mais l'enseignement doit venir de tous les croyants (110) aussi bien que de ceux qui sont particulièrement doués pour enseigner.(111)
Nous nous déplaçons loin à l'extérieur des limites bibliques quand nous permettons à l'enseignement de prendre la forme d'un sermon conventionnel et de la reléguer à une classe pour orateurs professionnels.
En somme, Le sermon n'est pas l'équivalent de la prédication que l’on retrouve dans le Écritures.(112)
Il ne peut être trouvé dans le judaïsme de l’Ancien Testament, le ministère de Jésus, ou la vie de l’Église primitive.(113)
De plus, Paul dit à ses convertis grecs qu'il a refusé d'être influencé par les modèles de communication de ses contemporains païens.(114)
Le sermon est une vache sacrée qui a été conçue dans l'utérus de la rhétorique grecque.
Il a été généré dans la communauté chrétienne quand les ex-païen-maintenant Chrétiens commencèrent à introduire leurs modèles oratoires dans l’Église.
Vers le troisième siècle, il est devenu commun pour les chefs chrétiens de livrer un sermon.
Vers le quatrième siècle c'est devenu la norme.(115)
Le christianisme a absorbé sa culture environnante.(116)
Quand votre pasteur monte à son pupitre portant son costume de secrétaire et livre son sermon sacré, il joue le rôle de l'orateur Grec antique.
Néanmoins, malgré le fait que le sermon n'a pas un lambeau de mérite biblique pour maintenir son existence, il continue à être admiré sans critique aux yeux de la plupart des chrétiens modernes.
Il est devenu si indélogeable dans l'esprit chrétien que la plupart des pasteurs et « laïques » de croyance Biblique ne voient pas
qu'ils supportent et perpétuent une pratique non scripturaire par pure tradition.
Le sermon est devenu de manière permanente incorporé dans une structure d'organisation complexe qui est loin de la vie de l’Église du premier siècle.(117)
En raison de tous ce que nous avons découverts au sujet du sermon moderne, considérez ces questions incisives : Comment un homme peut-il prêcher un sermon sur la fidélité à la Parole de Dieu quand il prêche un sermon ?
Et comment un chrétien peut-il passivement s'asseoir dans un siège et affirmer le sacerdoce de tous les croyants quand il s'assied passivement sur un siège ! ?
Pour faire le point, comment pouvez-vous, chers chrétiens, proclamer votre soutien à la doctrine protestante « Sola Scriptura » "Selon les Écritures Seulement", et quand même supporter le sermon en chaire?
Comme un auteur le dit éloquemment « le sermon est, dans la pratique, au-delà de la critique. C'est devenue une fin en soi, consacré, le produit d'une vénération tordue pour « la tradition des anciens »…
__Il semble étrangement contradictoire que ceux qui sont les plus disposés à proclamer que la Bible est « la parole de Dieu le
guide suprême dans tous les sujets de la foi et de la pratique » sont parmi les premiers à rejeter des méthodes bibliques en faveur « des citernes crevassées » de leurs pères__ (Jer. 2:13). » (118)
Pour le dire autrement, il n'est aucune place dans le corral de l’Église pour des vaches sacrées comme le sermon !
1 Corinthiens 2:4 "__et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais
sur une démonstration d’Esprit et de puissance__". - Paul de Tarse
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