Le paradoxe biblique du jugement.

Dans le sermon sur la montagne, Jésus dit à la foule:

"Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés. C'est du jugement dont vous jugez qu'on vous jugera, de la mesure dont vous mesurez qu'on vous mesurera" (Mat. 7:1-5)

Voici ce que Jésus déclare ici de façon claire: Ne jugez pas, car si vous le faites, le jugement dont vous jugez vous reviendra.

D'un autre côté, nous trouvons des passages qui nous disent être dans l'obligation de juger. Dans Jean 7:24, Jésus parle au peuple du fait qu'il affirme être le Messie. Il dit: Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice. Ici, Jésus nous enseigne à juger selon la justice et la sainteté.

Ainsi nous voyons que, bien que certains passages des Écritures nous avertissent contre le jugement, d'autres nous exhortent tout spécialement à juger.

Juger et gouverner.

Comment nous faut-il comprendre ce paradoxe? Je crois qu'il y a un principe fondamental qui résout l'apparente contradiction.

Ce principe est le suivant: Le jugement est une fonction nécessaire au gouvernement.

Dans les Écritures, l'action de juger n'est jamais séparée de l'action de gouverner.

L'unité de ces deux fonctions a son origine dans la nature même de Dieu, et est transmise de Dieu aux hommes, car Genèse 18:25 nous déclare que Dieu, qui gouverne toute la terre, en est aussi le juge.

Il ne nous faut jamais séparer l'action de juger de celle de gouverner, car elles vont de paire.

C'est ce principe qui nous aidera à comprendre quand il nous faut juger et quand il ne nous faut pas juger.

Essentiellement, le lien entre l'action de juger et celui de gouverner tient à quatre facteurs indissociables:

  • 1) la responsabilité
  • 2) l'autorité,
  • 3) le jugement
  • 4) les comptes qui sont à rendre.

Ce qui suit nous montre comment ces quatre principes sont en corrélation.

Premièrement, là où nous avons de la responsabilité, il nous faut de l'autorité.

Sinon, nous ne pourrons nous acquitter de notre responsabilité. Si vous donnez à votre fille aînée la tâche de veiller sur les plus jeunes enfants, alors il vous faut lui donner assez d'autorité pour accomplir cette tâche.

A l'opposé, si une personne a de l'autorité sans responsabilité, cette personne devient un despote.

Et cette situation est bien évidemment typique de nombreux gouvernements de par le monde aujourd'hui. La responsabilité sans autorité est inefficace, mais l'autorité sans responsabilité est despotique.

Les deux doivent aller ensemble.

Comme nous l'avons vu, là où nous gouvernons, nous sommes dans l'obligation de juger, parce que l'action de juger fait partie de l'autorité et de la responsabilité de l'action de gouverner. Celui qui gouverne doit juger là où il gouverne. Mais il nous faut aussi tenir compte des deux autres aspects: là où nous jugeons, nous allons être jugés par le juge suprême. En d'autres mots, tous les juges devront finalement rendre compte au juge de toute la terre. Une illustration de ceci se trouve dans Hébreux 13:17: "Obéissez à vos conducteurs et soyez-leur soumis. Car ils veillent au bien de vos âmes, dont ils devront rendre compte." Parce que ceux qui nous gouvernent ont la responsabilité de nos âmes, il leur faut avoir de l'autorité ainsi que de la responsabilité. Sinon, ils exercent leur responsabilité en vain. Ainsi, il nous est dit d'obéir à ceux qui ont la responsabilité de nos âmes. Dans la mesure où ils ont de la responsabilité et où ils exercent de l'autorité, ils auront aussi à faire acte de jugement. Et, étant juges, ils auront un jour à rendre compte des jugements qu'ils auront rendus.

Ainsi, les quatre aspects de l'action de juger et de l'action de gouverner que l'on trouve dans ce verset sont la responsabilité, l'autorité, le jugement et les comptes qui sont à rendre.

L'étendue de notre autorité à exercer le jugement.

Nous avons vu que lorsque nous avons de la responsabilité, il nous faut avoir de l'autorité; et lorsque nous avons de l'autorité, nous sommes dans l'obligation de juger.

Mais il nous reste toujours le problème de connaître l'étendue de notre autorité et de notre responsabilité à exercer le jugement.

Essentiellement, trois genres de limites sont typiques de tout jugement. Il y a un champ limité d'autorité; il y a un nombre limité de personnes sous cette autorité; et il y a seulement certaines actions que cette autorité est habilitée à juger.

En dehors de ce champ propre, avec d'autres personnes ou bien avec d'autres actions, le jugement ne reçoit pas d'autorité.

Il nous faut donc poser trois questions: Dans quels champs sommes-nous autorisés à juger?

Qui sommes-nous autorisés à juger?

Et pour quelles actions pouvons-nous les juger?

L'étendue de notre autorité à juger n'est pas claire tant que nous n'avons pas répondu à ces trois questions.

Avant de discuter de l'étendue de notre autorité à juger, permettez-moi d'attirer votre attention sur une question où nous ne sommes jamais responsables de juger: nous ne sommes jamais responsables de l'évaluation finale du caractère ou de la conduite d'une personne, nous-mêmes compris.

Certains chrétiens estiment qu'ils doivent décider de qui doit aller au ciel et de qui va aller en enfer. Au fond, ce n'est pas notre problème. Il nous faut laisser cela à Dieu.

Pourquoi le Seigneur est-Il le seul à pouvoir juger dans ce domaine? Parce que personne d'autre ne connaît tous les secrets et les motivations du coeur des hommes. Nous ne pouvons juger correctement ou équitablement, donc nous ne sommes pas dans l'obligation de juger ou de faire une évaluation finale de la valeur absolue d'une personne, y compris de nous-mêmes.

Maintenant que nous avons réglé la question de ne pas juger du destin final d'une personne, retournons à notre question à propos de l'étendue de notre autorité à juger.

Où, qui et quel domaine avons nous la responsabilité de juger?

Nous juger nous-mêmes

La première réponse à cette question est la suivante: Nous sommes responsables de nous juger nous-mêmes. Il nous faut nous rappeler de ne pas faire une évaluation finale, y compris de nous-mêmes. Mais il nous faut juger notre conduite d'après les normes de la Parole de Dieu.

Il me semble, essentiellement, que tout jugement que nous sommes tenus de porter doit être un jugement de la conduite, et non une évaluation de la valeur d'une personne.

Dans 1 Corinthiens, chapitre 11, nous lisons à propos de ce type de jugement sur nous-mêmes: "Que chacun donc s'examine lui-même, et qu'il mange du pain et boive de la coupe; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup de malades et d'infirmes, et qu'un assez grand nombre sont décédés. Si donc nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais par ses jugements, le Seigneur nous corrige, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde" (versets 28-32).

Ici, Paul, parlant de la Sainte-Cène, nous avertit de nous examiner nous-mêmes avant de la prendre. Si nous ne le faisons pas, nous nous exposons à la maladie et même à une mort précoce. Nous pouvons cependant prévenir le jugement de Dieu. Il ne nous jugera pas dans les domaines où nous nous sommes jugés nous-mêmes.

Il y a trois alternatives:

  • 1) Nous juger nous-mêmes et ne pas alors être placés sous le jugement de Dieu.
  • 2) Manquer de nous juger nous-mêmes et nous trouver sous le jugement de Dieu tout en échappant au jugement de Dieu sur le monde.
  • 3) Refuser ces deux alternatives, et être jugés avec les incroyants.

D'une façon ou d'une autre, nous serons tous jugés.

Si nous sommes responsables de nous juger nous-mêmes, alors comment devons-nous le faire?

Nous devons nous juger d'après les normes qui nous sont révélées dans la Parole de Dieu. Nous n'avons pas à nous juger d'après nos sentiments, d'après les opinions de la société ou même d'après notre propre point de vue sur nous-mêmes.

Plutôt, il nous faut nous juger d'après l'enseignement clair de la Parole de Dieu.

D'après ces normes, nous sommes responsables de juger notre conduite et nos relations.

  • Suis-je en paix avec mon frère ou ma soeur?
  • Ai-je de l'amertume ou du ressentiment dans mon coeur?
  • Ai-je dit des choses fausses ou peu charitables à propos d'un autre croyant?

Voilà des façons dont nous avons à nous juger nous-mêmes. Et si nous prenons cette obligation de nous juger nous-mêmes au sérieux, alors nous passerons beaucoup moins de temps à juger les autres que nous ne sommes pas censés juger.

Le jugement dans la famille

La prochaine sphère de jugement est la famille. Le mari et père est responsable de juger sa femme et ses enfants. Dans 1 Timothée 3:4, Paul dit qu'une qualification nécessaire à l'ancien est "qu'il dirige bien sa propre maison." Parce que le père dirige sa maison, il est obligé de la juger.

Qu'est-ce qu'un mari ou un père est tenu de juger? Dans la mesure où la conduite est le principal domaine à juger, je crois que on attend du père qu'il juge toute conduite qui porte atteinte au bien-être de ceux dont il a la responsabilité. Si je vois mes enfants s'offrir toujours des limonades et de la glace, je suis alors dans l'obligation de les discipliner, parce qu'en tant que père je suis responsable de veiller à ce qu'ils se développent en respectant leur santé.

Je suis aussi dans l'obligation de juger la conduite qui porte atteinte à l'honneur et à l'ordre de notre maison, parce que je devrai en rendre compte à Dieu et à mon prochain. Si mes enfants sont grossiers et indisciplinés devant des étrangers, cela nuira à ma réputation en tant que père et prouvera que je n'accomplis pas mon rôle.

Le jugement dans l'église

Le prochain domaine de jugement en est un qui est traité principalement dans le Nouveau Testament. C'est celui de l'Eglise - le corps constitué des croyants. Premièrement, les dirigeants de l'Eglise sont tenus de juger ceux qu'ils dirigent. Il est clair, d'après le passage d'Hébreux, dont nous avons déjà fait mention, que dans l'Eglise, l'action de diriger doit s'accompagner de l'exercice de l'autorité et du maintien de la discipline. En fait, une église dont les responsables ne font pas ces choses, n'est pas une Eglise au sens scripturaire du terme.

Mais le jugement n'est pas la responsabilité unique de ceux qui gouvernent. Dans un sens, l'Eglise dans son entier est responsable de juger. Il nous faut tenir compte du fait que le mot grec pour "Eglise", ekklesia, signifiait normalement une "assemblée gouvernante."

L'essence même de l'Eglise est de gouverner.

Sans gouvernement, il n'y a pas d'Eglise.

Et, en fin de compte - bien qu'une Eglise soit sous le jugement de ceux qui la dirigent - l'Eglise dans son entier doit accepter sa responsabilité de juger.

Il ne s'agit pas d'individus qui jugent.

Dans la plupart des domaines où nous sommes responsables de juger, nous ne jugeons pas individuellement, nous jugeons collectivement.

La plupart du temps, lorsque la Bible dit "jugez", il s'agit d'un pluriel, c'est à dire que l'assemblée des croyants est responsable de juger.

Dans 1 Corinthiens chapitre 5, nous trouvons ce que nous sommes responsables de juger: la conduite de nos compagnons de foi.

Comprenez-vous que l'Eglise est dans l'obligation de juger votre conduite?

Dans l'Eglise de Corinthe, un membre avait pris la femme de son père. Paul dit qu'un tel homme n'avait pas de place dans l'Eglise; il l'a jugé.
Cependant, bien que le jugement de Paul ait été rendu en sa qualité d'apôtre, il dépendait de l'approbation de l'Eglise. C'est pourquoi il leur a écrit et leur a dit de prononcer un jugement sur cet homme lorsqu'ils se rassembleraient. Il allait s'agir d'une action collective du corps dans son entier.

L'épître continue en déclarant que ce jugement par le corps prendrait la forme de l'exclusion du coupable de la communion avec l'Eglise.

Les fidèles ne devaient même pas manger avec un tel homme.

Cependant, Paul avertit l'Eglise de ne pas porter un tel jugement sur le monde qui est hors de l'Eglise. "Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas de ceux du dedans que vous êtes juges? Ceux du dehors, Dieu les jugera "(versets 12-13).

Paul dit que ce n'est pas à nous de juger le monde, mais que c'est bien à nous de juger nos frères et soeurs dans la foi, parce que nous sommes responsables d'eux, tout comme un père est responsable de sa famille.

Quelle autre question, à part la conduite, sommes-nous responsables de juger?

Le deuxième domaine, que nous sommes responsables de juger, c'est celui des disputes entre croyants.

Les Ecritures sont claires à ce sujet. Dans Matthieu chapitre 18, Jésus dit que si notre frère nous fait du tort, il nous faut en discuter avec lui en privé. Mais, s'il refuse de rectifier la question, il nous faut aller devant l'Eglise.

A ce moment, l'Eglise doit juger de la matière de façon collective. Si le frère coupable refuse d'accepter le jugement de l'Eglise, l'Eglise doit alors le traiter comme un incroyant.

C'est terrible de constater que celui qui ne veut pas accepter la décision de l'Eglise perd son droit d'être traité comme un chrétien.

Il est aussi effrayant de constater combien peu d'Eglises exercent complètement l'autorité dont elles sont revêtus pour juger.

Quel autre domaine sommes-nous tenus de juger en tant qu'Eglise?

Je dirais l'erreur doctrinale.

En Romains 16:17, nous lisons: "Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, contrairement à l'enseignement que vous avez reçu. Eloignez-vous d'eux". Si des personnes, dont la doctrine est fausse, soulèvent des questions de doctrine et deviennent une source de division dans l'Eglise; il nous faut prendre note des ces personnes et refuser d'être en communion avec elles. Ainsi, une raison d'exercer le jugement est l'erreur doctrinale qui sème la division dans l'Eglise.

Les domaines où nous n'avons pas à juger

Ensuite, je veux passer en revue quelques domaines où nous ne sommes pas responsables de juger.

Nous pourrions faire une liste sans fin, mais en voici quelques-uns.

  • 1) Nous ne sommes pas responsables de porter un jugement final sur le caractère d'une personne, y compris le nôtre. Comme nous l'avons déjà vu, c'est la responsabilité de Dieu seul.
  • 2) En tant qu'individus, nous ne sommes pas responsables de juger nos compagnons dans la foi. S'il nous faut juger un autre croyant, nous devons le faire collectivement, en tant qu'Eglise, et non en tant qu'individus. À moins que sa conduite ne porte atteinte à notre conduite (et dans ce cas, il faut confronter la personne en privé d'abord), nous n'avons pas à juger un autre croyant. C'est en dehors de notre juridiction.
  • 3) Nous ne sommes pas responsables de juger les enfants des autres. Bien qu'il soit tentant de le faire, les familles des autres ne sont pas sous notre juridiction, sauf si leur conduite nous porte atteinte personnellement. La plupart des personnes que j'ai vues juger les enfants des autres feraient mieux de corriger les leurs.
  • 4) Nous ne sommes pas responsables de juger d'autres groupes chrétiens.

Au temps du Nouveau Testament, ce problème n'existait pas, car il n'y avait pas d'autres groupes chrétiens, contrairement à la multitude de dénominations que nous avons aujourd'hui. Mais, à moins que nous n'ayons des difficultés avec les membres d'une autre Eglise, ce n'est pas de notre responsabilité de les juger. Si nous sommes convaincus qu'un problème doit être résolu, nous devons aller voir notre pasteur, et le laisser aller voir leur pasteur.

Cinq conditions pour un jugement approprié

Lorsque nous avons effectivement la responsabilité de juger, comment devons-nous le faire? La plupart des jugements chrétiens que j'ai observés, transgressent les règles données dans les Écritures.
Je crois qu'il y a cinq conditions pour un jugement approprié:

  • 1) Jugez selon un juste jugement.

Jésus dit ceci en Jean 7:24: ne soyez jamais injuste dans votre jugement, car vous aurez à rendre des comptes à Dieu pour chaque matière que vous jugez.

  • 2) Jugez sur la base de faits établis. Je suis frappé par le fait que lorsque le Seigneur dit à Abraham, en Genèse 18, qu'Il était en chemin pour inspecter Sodome et Gomorrhe, Il ne s'était pas contenté d'accepter les mauvais comptes-rendus (provenant sans doute d'anges), sans aller se rendre compte lui-même de la situation.

Même le Seigneur n'a pas voulu juger sans aller voir Lui-même la situation. Comment oserions-nous le faire, si Dieu ne le fait pas?

  • 3) L'accusé doit avoir l'occasion de se confronter à ceux qui l'accusent.

Dans Jean 7:51, les membres su Sanhédrin, le conseil juridique des Juifs, discutaient des mauvais rapports qu'on leur avait fait sur Jésus, et exagéraient même les données. Nicodème, un honnête homme, s'exprima alors ainsi: "Notre loi juge-t-elle un homme avant qu'on l'ait entendu et qu'on sache ce qu'il a fait?" Il n'est pas scripturaire de juger quelqu'un avant de l'avoir laissé se défendre lui-même en personne.

  • 4) Il doit toujours y avoir au moins deux témoins fiables, pour tout méfait. Deutéronome 19:15 dit: "Un seul témoin ne suffira pas contre un homme pour constater une faute ...; un fait ne pourra s'établir que sur la déposition de deux ou de trois témoins."

Nous ne devons jamais condamner quelqu'un sur le témoignage d'une seule personne. Le minimum est de deux; trois serait préférable.

  • 5) Les témoins ont à rendre compte de leur témoignage.

Dans la Bible, le commandement contre le faux témoignage se trouve juste à côté de ceux contre le meurtre, le vol et l'adultère. Pourtant, je dois dire que des multitudes de chrétiens portent de faux témoignages contre leurs frères et soeurs dans la foi, sans le moindre sentiment de culpabilité. Mais, Dieu les met dans la même catégorie que les meurtriers, les adultères et les voleurs.

Dans l'Ancien Testament, lorsqu'un criminel était mis à mort, la loi dictait que les premiers à exécuter la sentence devaient être ceux qui avaient témoigné contre lui.

Quelle en était la raison?

Si nous racontons des histoires sur quelqu'un, et que cela apporte des ennuis, alors il nous faut assumer ce que nous avons dit. Nous n'avons pas la liberté d'accuser quelqu'un et ensuite de dire: "Ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire." De plus, d'après la loi de l'Ancien Testament, si un homme était coupable d'avoir porté un faux témoignage contre quelqu'un afin de le faire traduire en justice pour un crime particulier, le faux témoin lui-même recevait le châtiment de ce crime, ce qui voulait dire la mort dans certains cas. Cela nous ferait hésiter à porter un faux témoignage, non? Bien que les châtiments de Dieu aient changé un tant soit peu depuis les jours de l'Ancien Testament, Sa haine du faux témoignage ne change pas.

Voilà donc les cinq conditions de base pour un jugement approprié:

  • 1) Cela doit être un juste jugement.
  • 2) Le jugement doit être basé sur des faits établis.
  • 3) L'accusé a le droit d'être confronté en personne à ceux qui l'accusent.
  • 4) Le jugement doit se faire sur la base d'au moins deux témoins fiables, trois de préférence.
  • 5) Les témoins doivent rendre compte de leur témoignage, et si leur témoignage est faux, ils méritent le châtiment qui serait tombé sur l'accusé si leur témoignage avait été vrai.

Assis dans le siège du juge

Il y a une dernière question. Si nous jugeons alors que nous ne sommes pas autorisés à juger, que sommes-nous alors?

Dans 1 Pierre 4:15, il est dit: "Que nul de vous ne souffre comme meurtrier, comme voleur, comme malfaiteur ou comme se mêlant des affaires d'autrui."

Que faisons-nous lorsque nous jugeons alors que nous ne sommes pas autorisés à le faire?

Si nous nous mêlons des affaires d'autrui, nous sommes assimilés au meurtrier, au voleur et au malfaiteur. Le mot utilisé en grec désigne quelqu'un qui s'est établi responsable de choses qui ne le regardent pas. Nous ne devons pas agir en superviseurs de matières qui ne nous concernent pas.

Dans Jacques 4:11-12, nous trouvons un avertissement qui est la clef de notre attitude envers le jugement. Il ne nous est pas permis de dire du mal des autres - même si c'est vrai. "Ne médisez pas les uns des autres, frères. Celui qui médit d'un frère ou qui juge son frère, médit de la loi et juge la loi. Or, si tu juges la loi, tu n'en est pas l'observateur, mais le juge. Un seul est législateur et juge, celui qui peut sauver et perdre; mais toi, qui es-tu, qui juges le prochain?"

Si nous disons du mal de notre frère, nous faisons fi de la loi, car la loi nous interdit de le faire. Et nous jugeons la loi, car nous nous plaçons au dessus de la loi de Dieu. En fait nous nous faisons juge, et nous nous plaçons au-dessus de Dieu.

Dans un tribunal séculier, tout tourne autour d'un siège: celui du juge.

Quand le juge entre dans la pièce, tout le monde doit se lever, pour montrer du respect pour sa position.

Normalement, il y a une sorte de barrière dans la pièce empêchant les gens de s'approcher directement du juge.

Imaginez maintenant, que je me trouve assis dans un tribunal, et que le juge ne soit pas encore entré. Son siège est libre et la salle est silencieuse et solennelle. Soudain, je me lève, je me fraye un chemin devant le garde, et présomptueusement, je m'assois dans le fauteuil du juge.

C'est exactement ce que nous faisons lorsque nous jugeons des affaires que Dieu ne nous a pas données à juger.

Nous n'oserions jamais faire une chose pareille dans un tribunal séculier. Combien plus ne devrions-nous craindre de ne pas usurper le siège du tribunal de Dieu!