Sur le vif

Noël: une fête chrétienne?



L’âne et le boeuf? Nés du talent littéraire d’un allégoriste du IIIe siècle. Les mages? De porteurs d’offrandes, ils sont devenus rois avec des prénoms. La crèche? Etable ou grotte, c’est selon.



Les traditions que nous respectons chaque année ne viennent pas de la Bible, mais d’écrits apocryphes.



Le point avec Frédéric Amsler, professeur assistant en Faculté de théologie et de sciences des religions à Lausanne, spécialiste de l’histoire du christianisme.



Pourquoi ces rites à Noël?



Qui a été en premier sur Terre? L’oeuf ou la poule? De la même manière, on peut se poser la question pour les textes et les croyances. Au début de notre ère, la foi chrétienne s’est définie par une doctrine plutôt que par des pratiques. Au cours des siècles, les rites ont pu se développer librement. Une sorte d’imaginaire en mouvement



Peut-on parler de fête chrétienne si les figures utilisées ne sont pas bibliques?



Je vais vous répondre par une boutade. Noël est la fête païenne la ou la fête chrétienne la plus païenne. Que plus chrétienne célèbre le croyant? La venue de Dieu dans l’Humain, c’est-à-dire l’Incarnation, point de départ de la doctrine. Le reste n’est qu’enrobage folklorique.



Noël pourrait avoir lieu n’importe quand?



La Bible ne donne pas la date exacte de la naissance de Jésus. Au quatrième siècle, l’empereur Constantin, également autorité religieuse suprême, a décidé de faire coïncider la fête païenne du solstice d’hiver et la venue de Jésus ce jour-là. Un calcul habile qui a fonctionné.



Propos recueillis par Virginie Jobé Migros Magazine 51, 17 décembre 2007

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