Eglise : Faux stigmates pour vrai saint.

Les stigmates de l'Italien Padre Pio, canonisé par l'Eglise en 2002, ne seraient pas le fait de l'intervention divine mais la conséquence d'une automutilation à l'acide corrosif.

C'est l'historien italien Fabrizio Luzzatto qui suggère cela dans un livre à paraître prochainement.

L'historien italien a pu consulter des pièces d'archives du Vatican du début des années 1920 jusque-là restées secrètes. Dans ces documents, des témoins évoquent leurs doutes sur l'origine des stigmates du Padre Pio.

Le 20 septembre 1918, Padre Pio, né Francesco Forgione, reçoit les stigmates (plaies du Christ sanguinolentes aux mains, aux pieds, au thorax).

Fabrizio Luzzatto a découvert dans les archives les déclarations d'un témoin qui indique que Padre Pio a fait acheter, en 1919, quatre grammes d'acide (phénol) dans une pharmacie. De l'eau de Cologne pour rendre ses stigmates odorants

L'histoire associe ces déclarations aux nombreuses accusations mettant en doute l'origine "divine" des blessures de Padre Pio. Agostino Gemelli, le fondateur de l'hôpital universitaire catholique romain, prétendait ainsi que les stigmates de Padre Pio n'étaient pas l'oeuvre du Divin mais le produit d'automutilation.

Selon Andrea Tornielli, spécialiste du Vatican pour le quotidien Il Giornale, l'histoire sur l'acide a été diffusée au Vatican par Pasquale Gagliardi, archevêque de Manfredonia, car il était opposé au Padre Pio. Pasquale Gagliardi aurait déclaré que Padre Pio se serait fait lui-même les stigmates avec du phénol et aurait utilisé de l'eau de Cologne pour rendre ses plaies odorantes.

L'Eglise n'a accordé aucun crédit à l'histoire de l'acide, se basant notamment sur les observations faites par le docteur Bignami et par le professeur Festa des blessures de Padre Pio, qui ont tous deux indiqué qu'elles n'étaient pas la conséquence de produits corrosifs qu' aurait appliqué le capucin lui-même.