Le 26 juin, on apprenait que l'ex-député français Guy Lengagne (PS) venait de présenter au vote du Conseil de l’Europe un rapport sur les « dangers du créationnisme ». Le 27 juin, on apprend que ce rapport attendra : il est renvoyé en commission, à la demande du président du groupe PPE (le Belge Luc van den Brande) qui le juge « déséquilibré ». Fureur de Guy Lengagne : « Ce renvoi constitue un enterrement de première classe et démontre la puissance du lobby des intégristes religieux dans l’Europe des 27 ! ». L’outrance de cette phrase est un aveu. En réalité, le document Lengagne est un outil de censure antireligieuse. Sous couleur de dénoncer une offensive* du « créationnisme » dans les établissements d’enseignement publics, il ne vise qu’à mettre hors la loi le « dogme » de la création de l’univers par Dieu. En quoi cette foi serait-elle répréhensible ? M. Lengagne ne le dit pas. Ni les journalistes qui adoptent son point de vue... Par exemple la collaboratrice du Monde (26 juin) : si l’on en juge par le ton de son papier, elle aussi estime que la foi en un Dieu créateur est contraire aux normes de notre société. Signe révélateur : elle amalgame au fondamentalisme protestant (antiscientifique) l’hypothèse (scientifique) de l’intelligent design, bien que cette dernière ne nie nullement l’évolution des espèces**. Un document comme celui de M. Lengagne, s’il était voté à l’échelon européen (puis transposé à l’échelon des Etats), aboutirait donc à instituer un quasi-délit d'opinion en matière scientifique. Ce serait un recul stupéfiant de l'autonomie des sciences et de la liberté d’expression.

Comme je l’ai déjà écrit, il faut demander à nos leaders d’opinion de donner les véritables mobiles de leur campagne contre ce qu’ils regroupent abusivement sous le terme de « créationnisme » : fabrication qui n’est, de leur part, qu'un moyen de chercher querelle aux Eglises.




(*) offensive dont on ne trouve pas d’indices. (L’existence d’une traduction française d’un livre musulman pour les jeunes ne peut être considérée comme prouvant quoi que ce soit). Il est ubuesque de prétendre que le "créationnisme" menace les lycées et collèges. Donc le rapport Lengagne (et toutes les actions de ce type) ont un autre but.

(**) Pour les tenants de cette hypothèse, on décèle dans l’évolution des « orientations » qui ne peuvent être l’effet du hasard.