Une adolescente de 16 ans a saisi un tribunal londonien vendredi, accusant son lycée de discrimination envers les chrétiens après avoir été obligée de retirer une "bague de virginité", signe de son engagement à rester vierge jusqu'au mariage. Lydia Playfoot a été exclue de l'école Millais à Horsham (sud de l'Angleterre) après avoir refusé d'enlever la bague sur laquelle est gravé un verset de la Bible qui encourage à l'abstinence sexuelle avant le mariage.

"Dans mon école, les musulmanes sont autorisées à porter le voile, tous types de bijoux sont acceptés pour les autres religions, c'est comme si les chrétiens étaient victimes de discrimination", a-t-elle expliqué à la presse.

La jeune fille estime que le droit d'exprimer sa croyance religieuse, comme il est défini dans l'article neuf de la Convention européenne des droits de l'homme, a été violé.

L'adolescente a également dénoncé devant le tribunal la "crise morale et éthique" actuelle, soulignant que dans son école "plusieurs filles étaient tombées enceintes".

Son avocat, Paul Diamond, a accusé l'école laïque d'abus de pouvoir : c'est une "intrusion illégale" de l'école qui "ne peut décider de la vérité religieuse", a-t-il dénoncé.

Son père, Phyl Playfoot, pasteur à Horsham, a dénoncé un "fondamentalisme laïc" qui émerge et "veut faire taire certaines croyances, celle des chrétiens en particulier".

L'école a rejeté ces arguments, considérant que la "bague de virginité" "n'est pas un symbole chrétien" et fait valoir que l'adolescente avait enfreint les règles vestimentaires du lycée.

La "bague de virginité" est au coeur d'un programme, "Silver Ring Thing", créé dans l'Arizona (Etats-Unis) au milieu des années 90 par un pasteur évangélique qui voulait ainsi lutter contre les grossesses d'adolescentes.

Le programme est arrivé ces dernières années au Royaume-Uni.

Selon l'organisation, 25.000 jeunes dans le monde porteraient l'anneau qui les engage à l'abstinence sexuelle jusqu'au mariage.

Les parents de Lydia Playfoot font partie de l'équipe de bénévoles qui s'occupe du mouvement "Silver Ring" au Royaume-Uni.

A l'occasion du procès, le directeur de la Société nationale laïque (National Secular Society), Keith Porteous Wood, a dénoncé l'augmentation des pressions religieuses à l'encontre des écoles.

"L'école ne doit pas devenir le lieu des batailles religieuses" a-t-il mis en garde.