« Toutes les condamnations du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, cette année, ont eu Israël pour objet, et pas une seule les 191 autres Etats-membres. Les actes du Soudan au Darfour ont fait l’objet de débats, mais sans qu’aucune condamnation n’en découle… Le Mandat a violé les fondements de la justice. » (Irwin Cotler *, avocat des droits de l’homme et ancien Ministre de la Justice du Canada). Notre informateur fait remarquer que, lors du vote sur les "Actes illégaux d’Israël", lors de la 61ème Session de l'Assemblée Générale de l'ONU (A/ES-10/L.19), « même Andorre, le Liechtenstein, le Luxembourg et la principauté de San Marino, ont voté contre Israël ». (Menahem Macina).




Genève, 13 juin 2007




Dans un vigoureux discours prononcé aujourd’hui devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, suite à une allocution de l’archevêque Desmond Tutu, le parlementaire et ancien ministre de la Justice, Irwin Cotler, a fait savoir publiquement, pour la première fois, qu’il avait décliné une offre de se joindre à Tutu dans sa mission d’investigation à Gaza. Ce militant des droits de l’homme, célébré dans le monde entier, et ancien conseiller des dissidents Nelson Mandela et Andrei Sakharov, a informé l’assemblée plénière que le président du Conseil des droits de l’homme, Luis de Alba, l’avait invité, en novembre 2006, à se joindre à Tutu pour une mission d’investigation concernant l’"assassinat délibéré de civils" à Beit Hanoun, et qu’il l’avait déclinée parce que ses attributions violaient « les principes de base d’un procès équitable" en passant sous silence les attaques palestiniennes à la roquette. Le professeur Cotler parlait en qualité de membre du comité exécutif de l’ONG pour la défense des droits de l’homme, UN Watch, située à Genève.




Cotler a déclaré que le Conseil, actuellement en session pour conclure une année de discussions sur sa réforme, est sur le point d’« institutionnaliser la condamnation d'Israël en tant qu’élément permanent de son programme, consistant à toujours faire d’Israël l’objet spécifique d’un traitement différent et discriminatoire, une situation permanente dans le style Alice au pays des merveilles ». La tragédie, a-t-il dit, est que "cela se passe sous la couverture tutélaire des Nations unies, minant ainsi la cause des Nations unies, le droit international et les droits de l'homme ».




Toutes les condamnations du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, cette année, ont eu Israël pour objet, et pas une seule les 191 autres Etats-membres. Les actes du Soudan au Darfour ont fait l’objet de débats, mais sans qu’aucune condamnation n’en découle

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Ci-dessous, le discours du professeur Cotler à l’assemblée plénière du Conseil des Droits de l’Homme




Déclaration complémentaire de UN Watch

5ème session de l’UNHRC (Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU)

prononcée, le 13 juin 2007

par le parlementaire, professeur Irwin Cotler




« Merci, Monsieur le Président.




Je viens d’un pays, le Canada, qui a considéré les Nations unies comme une expression organique de la politique étrangère du Canada, et qui a contribué de manière substantielle au développement du droit des Nations unies et à la cause des droits de l’homme.




Je regrette donc de n’avoir pu accepter votre invitation à me joindre à la mission d’investigation concernant Beit Hanoun, dirigée par l’archevêque Tutu. Permettez-moi de m’expliquer à ce sujet.




Tout d’abord, en tant que professeur de droit et juriste international, je ne pouvais pas accepter un mandat consistant à n’écouter qu’un des protagonistes d’une controverse. Le mandat ne tenait délibérément pas compte des attaques de roquettes contre la ville israélienne de Sdérot qui avaient précédé les actions d’Israël, et qui se poursuivent tandis que nous continuons de parler.




Comment pouvait-on accepter un mandat qui violait le droit à un débat équitable et à un procès qui préserve les droits de l’accusé.




Le mandat violait également la présomption d’innocence. La résolution commençait par condamner, je cite : "l’assassinat délibéré de civils". Comment pouvait-on accepter une mission d’enquête, une espèce d’investigation dans le style Alice au Pays des Merveilles, dans laquelle l’incrimination était assurée et la condamnation prononcée avant même le début de l’enquête.




Il n’est donc pas surprenant que les membres d’un Comité qui soutient de la manière la plus consistante les mécanismes des droits de l’homme de cette organisation – dont mon pays, le Canada – aient tous refusé de soutenir ce mandat.




Il est regrettable que cette approche discriminatoire et partisane soit devenue non une exception, mais la règle. En effet, les précédentes sessions contre Israël non seulement ont reflété le même mépris de l’application de la loi, mais ont systématiquement fait d’un Etat-membre l’objet spécifique d’une différence de traitement et de discrimination, et accordé à ceux qui violent la loi une immunité qui les disculpe.




En tant qu’ancien Ministre Canadien de la Justice, je puis vous dire que le peuple canadien a soutenu les changements qui ont permis de créer ce Conseil, parce qu’il croyait sincèrement qu’il annoncerait une réforme fondée sur les principes d’universalité, d’égalité et d’équité.




Il s’avère que ce Conseil est sur le point d’institutionnaliser la condamnation d'Israël en tant qu’élément permanent de son programme, consistant à toujours faire d’Israël l’objet spécifique d’un traitement différent et discriminatoire.




La tragédie, Monsieur le Président, c’est que tout cela se passe sous la couverture tutélaire des Nations unies, minant ainsi la cause des Nations unies, le droit international et les droits de l'homme. J’ai l’espoir que ce Conseil restaurera, dans leur forme et leur substance, les idéaux fondateurs qui ont inspiré la création des Nations unies, et le système des droits de l'homme des Nations unies. »





© UN Watch *






  • Un Watch est une organisation de défense des droits de l’homme ayant son siège à Genève. Elle a été fondée en 1993 pour vérifier que l’ONU se conforme aux principes de sa Charte. Elle est accréditée en tant qu’Organisation non gouvernementale (ONG) ayant un Statut Consultatif Spécial au Conseil Économique (ECOSOC) de l’ONU, et en tant qu’ONG Associée au Département d'Information Publique de l’ONU.