La campagne lancée récemment par des responsables de la droite suisse pour interdire la construction de minarets sur les mosquées «met la sécurité des Suisses en danger», a estimé lundi soir la présidente et ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey.

Des hommes politiques des partis de l'Union démocratique du centre (UDC, droite populiste) et Union démocratique fédérale (UDF, droite chrétienne) militent depuis le début du mois de mai pour l'organisation d'un référendum visant à interdire de construire des minarets en Suisse.

Campagne anticonstitutionnelle?

«La liberté de pratiquer une religion est garantie en Suisse», a commenté Micheline Calmy-Rey (Parti socialiste). La présidente de la Confédération s’est élevée contre toute «loi d'exception» et s’est interrogée sur la compatibilité d'une telle mesure d'interdiction avec la constitution suisse.

Les promoteurs d'un référendum contre les minarets estiment que ces édifices sont le symbole d'une revendication du pouvoir politico-religieux par l'islam. Il s'agit de «stopper les tentatives des milieux islamistes d'imposer en Suisse un système légal fondé sur la charia», selon un communiqué du groupe.

«Phares du djihad»

Selon Ulrich Schlüer, parlementaire de l'UDC, le 1er parti politique suisse, les minarets sont des «constructions islamiques ayant une connotation impérialiste». Pour un autre député du parti populiste, Oskar Freysinger, ils représentent des «phares du djihad» (guerre sainte).

Le projet d'organiser un référendum doit recueillir 100.000 signatures d'ici le 1er novembre 2008 pour être soumis à un examen de constitutionnalité puis au vote. Il y a environ 311.000 musulmans en Suisse sur 7,5 millions d'habitants. La plupart d'entre eux sont originaires des Balkans.