23 mars 2007

En Israël, comme dans le reste du monde libre, nous assistons à la mise à mort par immolation de la pensée libre.

Le mois dernier, deux étudiants du Clare College à Cambridge sont victimes de cet état de fait. Ces étudiants ont voulu commémorer dans leur magazine satirique le premier anniversaire des émeutes musulmanes à l’issue de la publication des caricatures de Mahomet dans le journal danois Jyllands Posten. Les émeutes ont fait plus de 100 morts, les étudiants l’ont rappelé.

Bien que les médias anglais aient refusé de publier les caricatures, les musulmans britanniques ont organisé des manifestations terrifiantes dans tout le pays. Les manifestants hurlaient des slogans réclamant la destruction de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, du Danemark et d’Israël et la mort de tous ceux qui refusaient la domination mondiale de l’islam.

Dans leur magazine, les étudiants ont publié certaines des caricatures et se sont moqués de l’hypocrisie des musulmans d’avoir accusé la société britannique de discrimination raciale alors même qu’ils souhaitaient la destruction violente de la Grande-Bretagne.

La réaction musulmane a été rapide. Ayant peur pour leur vie, les étudiants ont été contraints de se retirer dans la cachette. Mais les musulmans ne sont pas les seuls à être en colère. L’université a formé un jury disciplinaire spécial pour décider de la sanction qu’encourent ces étudiants. La police judiciaire de Cambridge a ouvert une investigation criminelle à leur encontre fin février.

La persécution de ces étudiants fournit un cas d’étude de la double offensive contre la culture occidentale. D’abord, il y a les djihadistes, qui veulent notre destruction. Ensuite, il y a les intellectuels de gauche et des personnalités publiques qui défendent les islamistes radicaux et oeuvrent pour faire taire ceux qui les critiquent en incriminant leur propos et en traitant les libres penseurs de racistes.

La conséquence directe de cette double offensive, c’est la répression de la libre pensée.

Il y a 4 ans, le président Bush a nommé l’invasion de l’Irak « Opération Liberté pour l’Irak ». L’intention était claire. Le but de la guerre n’est pas seulement de renverser le régime meurtrier et terroriste de Saddam Hussein. Il s’agissait aussi de combattre l’hideuse vision du monde qui soutenait le régime et de remplacer cette vision par les valeurs telles que la liberté, la tolérance et la démocratie.

Durant 4 ans, les forces américaines continuent leur lutte héroïque pour instaurer l’ordre et la sécurité dans cette terre de violence. Mais le but de leur effort n’est plus clair. Les Etats-Unis ne poussent plus les Irakiens ou le monde arabe en général à abandonner le djihad pour embrasser la liberté.

Début mars, le journaliste Joel Mowbray a exposé la preuve que l’administration Bush a abandonné la guerre des idées dans les colonnes du Wall Street Journal. L’article traite de la chaîne arabophone Al-Hurra, financée par les contribuables américains. Les Etats-Unis ont lancé cette chaîne en février 2004 pour concurrencer les réseaux télévisuels djihadistes comme Al Jazeerah. Le but de Al Hurra était de présenter une voix libérale, démocratique et humaniste dans le monde arabe. Pourtant, comme Mowbray l’a rapporté, depuis la nomination de Larry Register, ex producteur de CNN, en novembre dernier, cet objectif ne semble plus prioritaire.

Dès le mois de décembre 2006, la chaîne a commencé à se laisser utilisée par des terroristes en chef comme Hassan Nasrallah du Hezbollah ou Ismail Haniyeh du Hamas. Le mois dernier, quand le mouvement islamique israélien a attaqué Israël pour les travaux archéologiques près de Al Aqsa, les reportages de Al Hurra s’avéraient plus extrémistes que ceux de Al Jazeerah. Le mufti palestinien Ikremah Sabri s’exprimait en direct pour accuser Israël de jets de pierres et d’explosives dans la mosquée. Il accuse en plus Israël de non assistance aux personnes supposées être blessées. Al Hurra a déjà invité sur ses plateaux un terroriste d’Al Qaida qui s’est réjoui en public des attentats du 11 septembre.

Comme en Grande-Bretagne, l’abandon par l’administration Bush dans la bataille idéologique est le résultat des assauts répétés contre toutes les voix qui se lèvent contre le djihad global et particulièrement, contre les « faucons » de Bush.

Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Douglas Feith et John Bolton – plus Scooter Libby d’une certaine manière – ont tous été forcés à quitter leur position au Pentagone, le Département d’Etat ou la Maison Blanche, après les attaques virulentes de la gauche. Ils ont été accusés de trahison pour leur soutien à la guerre contre le totalitarisme islamique. On les accuse d’agir aveuglément en fonction de leur sympathie envers Israël, au point d’entraîner les Américains dans l’illusion que le djihad est une menace pour l’Amérique. Un des acteurs clé de cette campagne de diffamation est le milliardaire George Soros. Soros est un Juif anti-sioniste au passé trouble. Selon ses propres aveux, lors des entretiens avec 60 Minutes en 1998 et avec PBS en 1993, Soros a collaboré avec les Nazis dans la saisie des biens juifs à Budapest en 1944.

Serge Trifkovic, un auteur menant l’enquête en vue d’une biographie de Soros, parle d’un survivant hongrois de l’Holocauste qui prétend que le jeune Soros avait été épargné en raison de sa bonne connaissance de la communauté juive et de ses tentatives de préserver ses biens de la confiscation.

Depuis 2003, Soros a donné plus de $100m aux groupes radicaux de gauche et financé des campagnes anti-guerre aux Etats-Unis en faveur des candidats de l’aile extrême gauche du parti Démocrate. Son argent l’a rendu un des hommes les plus influents du parti.

Après la victoire du Hamas aux élections palestiniennes, Soros s’est retourné contre Israël. En octobre dernier, il a annoncé son intention de travailler avec les groupes juifs américains de gauche, tels que Brit Tzedek y’Shalom, les Américains Amis de la Paix Maintenant et le Forum Politique Israël, afin de former ensemble un groupe de lobby anti-Israël qui sera en mesure de lutter contre AIPAC (le Comité d’action publique américano-israélienne) qui est pro-Israël. Soros accuse AIPAC de faire cause commune avec les faucons contre la sécurité nationale.

Cette semaine, Soros a exposé ses points de vue anti-Israël dans la New York Review of Books. Sous le titre pompeux de « D’Israël, Amérique et AIPAC », Soros présente un ensemble incohérent de syllogisme tordu et de déclarations contradictoires.

D’un côté, il reconnaît que le retrait israélien de Gaza a radicalisé les Palestiniens et a amené le Hamas au pouvoir. De l’autre côté, il insiste que plus de retraits israéliens rendront les Palestiniens modérés. Tout en admettant que le Hamas est un groupe terroriste, il insiste que les Etats-Unis le reconnaissent. Selon Soros, AIPAC est responsable de ne pas voir en lui une force politique régionale légitime.

Soros prétend désirer la paix pour Israël. Et pourtant, il demande que les Etats-Unis et Israël embrassent le plan saoudien qui appelle à la destruction d’Israël par les retraits forcés de Judée, Samarie, Jérusalem et Golan, ainsi que l’étouffement démographique de l’état juif par effet d’immigration de 4 à 5 million d’Arabes nés à l’étranger.

En effet, les arguments de Soros montrent clairement, ses protestations mises à part, que l’avancement des droits de l’homme et de la paix ne peut pas être sa vraie motivation. Ce qui l’intéresse au plus haut point c’est, au contraire, l’érosion de l’alliance américano-israélienne. L’abandon d’Israël par les Etats-Unis semble être un composant nécessaire d’une stratégie globale pour amener les Etats-Unis de cesser sa lutte contre le djihadisme.

Lors de sa visite en Israël, Condoleeza Rice est censée mettre la pression sur le gouvernement Olmert-Livni-Peretz afin de poursuivre les contacts diplomatiques avec le gouvernement terroriste Hamas-Fatah via Mahmoud Abbas. Vu le fléchissement de la position américaine vis-à-vis du Hamas, les opinions de Soros ont dû convaincre un cercle toujours plus élargi à Washington.

En avançant leurs visions anti-Israël, Soros et ses alliés, dont le plus récent est le journaliste de New York Times Nicholas D. Kristof, invoquent l’œuvre des organisations gauchistes israéliens de genre Initiative de Genève, B’tzelem et Peace Now. Comme Soros, ces groupes crient haut et fort pour la paix et les droits de l’homme. Comme Soros, ils coopèrent avec les groupes pro-djihadistes pour éroder la capacité d’Israël de défendre ses droits en tant qu’une démocratie juive.

La tempête médiatique qui s’est déchaînée cette semaine après l’installation des Juifs d’Hébron dans un immeuble qu’ils ont acheté est un bon exemple de cette complicité gauchiste-djihadiste.

En exigeant que l’armée évacue immédiatement les juifs de leur immeuble, Peace Now et B’tzelem ont plaidé ouvertement et avec mépris l’abrogation des droits de l’homme à l’égard des Juifs israéliens d’acquérir et de détenir une propriété. Ce faisant, ils ont donné raison aux racistes djihadistes pour qui les Juifs devraient être ségrégés des endroits réservés aux Arabes.

La porte-parole de B’tzelem, Sarit Michaeli, déclarait à Jerusalem Post dimanche ceci : que les Juifs aient vraiment ou non acheté cet immeuble, cela n’avait aucune importance. « Ce à quoi nous nous opposons, par principe, c’est qu’il y ait des poches comme ça à Hébron. Ces colonies doivent être évacuées de toute façon. » Et elle ajoute : « plutôt que de vérifier si l’acte de vente a été fait légalement ou pas, l’armée ferait mieux de s’assurer que des colons n’acquièrent pas d’autres immeubles ».

En disant cela, Michaeli a apport un soutien juif israélien aux discours plus outrageux encore des parlementaires arabes israéliens. De même qu’elle déclarait que le devoir de l’armée était de combattre les Juifs, les députés Ibrahim Sarsour et Muhammed Barakei se sont distingués à la conférence « Jérusalem d’abord » à Ramallah. Sarsour a appelé les « Musulmans et Arabes » à « libérer Jérusalem ». « Comme les musulmans ont délivré Jérusalem de la main des Croisés, nous aujourd’hui, nous devons croire que nous pouvons libérer Jérusalem. Ce n’est pas un rêve impossible. »

Barakei accuse Israël d’essayer de « vider Jérusalem de ses habitants palestiniens ». Qualifiant Jérusalem d’un « sujet de débat national, non seulement religieux », il poursuit en appelant les Palestiniens à agir immédiatement pour « regagner la cité ».

A Hébron, mardi, le député Taleb a-Sanaa réclame un boycott international contre Israël en réponse de l’acquisition et l’installation des Juifs dans cet immeuble.

Les parlementaires arabes justifient le refus de Raleb Maidlah, premier membre arabe du gouvernement, de chanter l’hymne national. Ils saluent la publication du sondage de l’université de Haifa selon lequel 76% d’Israéliens arabes considèrent le sionisme comme une forme de racisme tandis que 28% nient la réalité de l’Holocauste.

Inutile de dire que jamais personne ne les accusera de trahison.

Le lien est évident, entre les étudiants de Cambridge, les Américains en Irak et la situation en Israël. Le front gauchiste-islamiste est en train d’éroder le sens de la justice dans le monde libre. Au lieu d’affirmer nos valeurs libérales et démocratiques et défendre nos libertés, nos hommes politiques et autres faiseurs d’opinion se font ligoter par des idéologies qui renient tout ce que représente le monde libre, par peur de la condamnation des bien-pensants de gauche.

Israël, garde-frontière du monde libre, a le devoir d’arrêter le déferlant. Mais nos leaders préfèrent arrêter de penser et se rendre en silence.

Voici comment une civilisation s’effondre.