Les pasteurs face à la protection des homosexuels

HOMOSEXUALITE, LA BIBLE BIENTOT CENSUREE…

Dans notre pays de France, la perception de l’homosexualité vit actuellement un tournant historique. La situation est grave suite à la condamnation récente d’un député français, Christian Vanneste, qui a affirmé dans la presse et sans aucune intention de nuire, que l’homosexualité était « inférieure » à l’hétérosexualité et serait « si on la pousse à l’universel, dangereuse pour l’humanité ».

D’un côté du ring, il y a les associations gays militantes, qui veulent hisser au même rang l’homo et l’hétérosexualité, et veillent au grain à cause de l’homophobie, ce que l’on peut aisément comprendre. Elles portent plainte dès qu’un propos public paraît suspect.

De l’autre côté, il y a des chrétiens courageux de tout bord, qui après profonde réflexion, affichent eux aussi qu’ils sont contre l’homophobie, mais revendiquent la liberté de pensée, de conscience, d’opinion et de prise de parole au sujet de la pratique de l’homosexualité, car elle est si banalisée de nos jours, que même les jeunes hétéros veulent l’essayer comme un « plus » dans leur vie pour parvenir au bonheur. C’est une mode, et une culture.

Comment concilier une prise de position éthique, biblique sur le thème de l’homosexualité, qui interviendrait d’une manière publique, sans enfreindre désormais les lois françaises ? Selon le jugement condamnant le député Vanneste, « l’orientation sexuelle n’est pas seulement un comportement mais définit également la personne et doit par là même être protégée contre des propos injurieux qui sont contraires à la dignité ». Désormais donc, si l’on est contre la pratique de l’homosexualité et qu’on l’affirme publiquement, l’on risque une condamnation pénale1 car l’on porte atteinte aux personnes !

Tout chrétien ou ministre du culte qui affirmera publiquement « que l’homosexualité est une déviance, un dysfonctionnement de la sexualité hétérosexuelle2 », « que l’homosexualité ne peut pas être érigée comme modèle social, ni comme modèle d’identification, ni comme référence parmi d’autres sur laquelle la société pourrait se construire3 », « que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés et ne peuvent en aucun cas recevoir quelque approbation, car ils sont condamnés dans les Saintes Ecritures comme de graves dépravations et sont contraires à la loi naturelle en fermant l’acte sexuel au don de la vie4 » « que les pratiques homosexuelles sont incompatibles avec la volonté de Dieu5 » pourra se voir traduire en justice si des associations ou personnes physiques présentes dans la salle se sentent injuriées par de tels propos et portent plainte.

La situation est extrêmement grave et c’est une première en France. J’ai pu l’affirmer moi-même publiquement devant la Cour d’Appel de Douai le 12 décembre dernier lors du procès du Député Vanneste, puisque j’avais été appelé comme expert à la barre, pour décrire la position biblique sur l’homosexualité. Durant vingt minutes, j’ai décrit le point de vue des différentes Eglises chrétiennes, et ma propre position en tant que pasteur et père de famille. J’ai aussi été interrogé par les avocats des associations gays. J’ai fait part aux juges et au Procureur Général de mon inquiétude devant la montée de l’intolérance et d’un certain totalitarisme quant à la liberté d’opinion sur l’homosexualité. Le procureur général l’a affirmé durant l’audience, ainsi que le responsable de la Halde : désormais les Eglises devront se soumettre à la loi.

Un simple chrétien, ou un ministre du Culte qui lit publiquement en chaire les versets qui concernent l’homosexualité et les cautionne pourra donc être traîné devant les tribunaux et condamné parce qu’il exerce sa profession ! Il appartiendrait alors à l’ensemble des ministres du culte de notre pays de se mobiliser pour défendre la Parole de Dieu et le libre exercice du ministère, en saisissant le Ministre des Cultes6 et les médias.

La pratique de l’homosexualité ne résume pas une personne, elle ne créée pas son identité (l’homosexualité n’est pas innée), elle fait seulement partie de ses actes, souvent suite à la découverte personnelle de tendances et d’attirances dont les raisons peuvent quelquefois être établies en recherchant dans l’enfance de la personne ; des actes ne peuvent à eux seuls résumer un individu quel qu’il soit (la Bible est claire à ce sujet).

Nous, chrétiens et ministres du culte, ne devons donc pas nous laisser impressionner, ni renier nos convictions morales, religieuses, bibliques, mais continuer à nous exprimer publiquement sur le sujet de l’homosexualité. Mais faisons-le :

• bien sûr, sans aucun arrière-plan homophobe, réactionnaire et agressif

• en nous référant seulement à la prise de position des Saintes écritures, afin que bientôt le procès de la Bible elle-même commence dans notre pays ! Quelle occasion d’évangélisation ce serait !

• en évitant d’insister sur notre opinion personnelle à nous, puisque les lois françaises ne nous le permettent plus. Mieux vaut dire « Moi je crois que la Bible est la vérité, et comme la Bible me signifie clairement que la pratique de l’homosexualité est une déviation morale grave, j’en prends acte et vous le transmets »

• en donnant la parole le plus possible aux associations chrétiennes qui s’expriment régulièrement sur l’homosexualité, et ont appris à le faire dans le respect mais la fermeté, sans transgresser les lois

• en priant Dieu pour que la liberté religieuse se maintienne dans notre pays…

En concluant mes propos devant le tribunal, j’ai affirmé ceci : « En 2020, un père de famille chrétienne réunira ses enfants adolescents, et se verra bientôt obligé de leur dire ceci : « Vous savez mes chéris, vous pouvez vous marier avec une personne du même sexe que vous, ou de sexe opposé, cela n’a aucune importance ! dans tous les cas ce que vous faites est digne et constructif, la loi française vous protège ! »

Philippe Auzenet – Directeur de l’Association « Oser En Parler » - Pasteur



(Article paru dans "Le Christianisme aujourd'hui - mars 2007)

1 article 225-1 du Code Pénal, et nouvelle loi du 30 décembre 2004 relative à la création de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité), qui examine toute discrimination notamment en raison de l’orientation sexuelle.

2 Propos affirmés par plusieurs psychanalystes connus

3 Position du Conseil Permanent Luthéro-Réformé

4 Position de l’Eglise Catholique et des Evêques de France

5 Position de l’Alliance Evangélique Française

6 La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789 souligne que la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme. Elle garantit également que nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses.


En appel, la plainte contre la Bible et le Coran toujours jugée irrecevable

par Paul Parant - tetu.com, Info du 5 mars 2007

La cour d'appel de Metz (Moselle) a jugé irrecevable la plainte de Salvatore Pertutti, qui attaquait des éditeurs de la Bible et du Coran pour diffusion de propos à caractère homophobes, sexistes et sectaires.

La cour s'aligne donc sur la décision du tribunal de Thionville au motif que, selon la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, étendue en 2004 pour condamner les propos homophobes, l'auteur de la plainte doit être personnellement concerné par les propos injurieux ou diffamatoires. Salvatore Pertutti prend donc acte de cette décision et va demander une audience auprès du médiateur de la République pour comprendre «pourquoi aucune démarche publique n'a été prise à l'encontre des textes religieux... Un dossier va être déposé auprès de la cour européenne des droits de l'homme», affirme-t-il.

Sur son site, il souhaite rassembler les citoyens d'Europe prêts à intenter des actions similaires en justice. Un anglais résidant en Normandie aurait d'ailleurs déposé plainte à son tour.