“ Voici, oh ! Qu'il est agréable, qu'il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de ses vêtements. C'est comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c'est là que l'Éternel envoie la bénédiction, la vie, pour l'éternité. ” (Psaume 133)

Dans Mac Beth (Acte V, scène 5), Shakespeare fait dire par le personnage principal de l’histoire, que la vie “ est un récit plein de bruit, de fureur, qu’un idiot raconte et qui n’a pas de sens ”. Le grand écrivain américain, Faulkner, s’est inspiré de ce passage pour intituler son chef d’œuvre, “ le bruit et la fureur ”. Une des originalités du roman faulknérien, est que la première partie de sa trame est narrée à travers le regard d’un handicapé mental. Tout lui échappe et il se fie parfois à ses sens tronqués pour comprendre les mots.

Il ne s'agit pas ici de déterminer la qualité spirituelle de certaines musiques.

Nous n’irons pas dire que ceux qui recherchent la puissance du son pour louer Dieu sont dans le cas de ce garçon, ni que ceux qui se plaignent de ne pas comprendre la louange issue de ce choix le sont. La comparaison s’arrête avant. Par contre, là où ils rejoignent le roman, c’est que les uns font du bruit sans se rendre compte qu’il dissimule les mots, les rendant parfois aussi intelligibles, pour certaines personnes, qu’un parler en langues non traduit (1 Corinthiens 14 : 9) ou une messe en latin pour non-initiés, du moins dissimule la plénitude de ces mots, à ceux qu’il insupporte et qui ne peuvent apprécier ces mots, parce qu’irrités, la louange.

Le propos de cet article ne sera, donc, pas de prétendre qu’en soi, un volume sonore est biblique ou non, même s’il se peut que certaines remarques puissent laisser penser le contraire. Il ne sera non plus pas question d’essayer de déterminer la qualité spirituelle d’un type de musique. Enfin, encore inexistant est le but de dénigrer la foi de ceux qui aiment les puissants volumes puisqu’il est évident que parmi eux, plusieurs aiment et recherchent la présence de Dieu et veulent lui obéir, comme cela l’est parmi ceux qui se plaignent de bruit. Partant, voulant adorer le même Dieu ensemble et soucieux de lui obéir, s’aimant les uns les autres mutuellement et logiquement selon la Parole (1 Jean 4 : 20), il est clair que chacun sera soucieux de respecter l’autre étant entendu que le respect du prochain ne peut que se vivre de manière pleine que dans le respect de Dieu, ce qui évite les abus.

La Bible regorge de versets habités de clameurs et appelant à louer de pleine voix le Seigneur. Ledit Seigneur, lui-même, fait entendre une puissante voix à plus d’une reprise. La Parole appelle à élever la voix et faire retentir “ des cris de joie ” (Esaïe 42 : 11 ; Psaume 33 : 3), “ des cantiques en l’honneur ” (Psaume 95 : 2) de Dieu qui “ monte au milieu des cris de triomphe ”, de l’Éternel qui “ s'avance au son de la trompette ”. Ce Dieu, dont la Bible nous enseigne que sa voix “ retentit sur les eaux ”, qu’il “ fait gronder le tonnerre ” (Psaume 29 : 3) et qu’il peut crier “comme une femme en travail ” (Esaïe 42 : 14).

La tentation peut alors exister de se reposer sur ces versets pour laisser libre cours au coffre et aux instruments, et il arrive alors que des voix s’élèvent, non pour se joindre à une telle louange mais demander que le volume soit amoindri. Face à ces requêtes, la réaction consiste parfois en la soumission mutuelle, parfois en leur déni. Le fait qu’un sondage, mené sur voxdei, concerne cette douleur a été un sujet de joie, pour certains, comme Coraline qui a eu ces mots : “ Je suis très heureuse que ce sujet soit abordé et je vous en remercie infiniment ”. Il est dommage que sa joie concerne l’existence d’un tel sondage plutôt que la possibilité de participer au culte qui lui est refusée. Le sujet de tristesse n’est pas ce sondage en lui-même, qui ne cherche pas à nuire à qui que ce soit, mais ce qu’il signifie : qu’il en ait fallu un pour que des Chrétiens se réjouissent de pouvoir parler enfin de cette question.

L’assemblée devant être un lieu de réjouissance, de communion, donc d’amour, et de témoignage, il est important de savoir se respecter les uns les autres ce qui signifie aimer et veiller sur les autres même en ce qui concerne la question de l’ouïe. Il est tout aussi important que la soumission soit mutuelle et ne dérive pas vers l’assujettissement à des hommes aussi blancs soient leurs cheveux ou intégrale leur dentition. La lecture des versets, précédemment cités, comme encourageant à augmenter le volume, si elle prétend tenir compte de toute la Parole, ne peut ignorer des passages qui demandent, par exemple, “ que toute la terre fasse silence devant l’Éternel ” qui“ est dans son saint temple ” (Habacuc 2 : 20) et qui penche son oreille vers ses enfants (Psaume 116 : 2)



Le thème du son, au-delà de sa déclinaison dans la louange, est, donc, aussi celui de l’amour du prochain et par conséquent, celui d’une louange juste à Dieu. Mais il touche aussi au témoignage dans le monde qui nous entoure.

Vox clamantis in deserto

Le sondage voxdei a permis à certains d'exprimer enfin leur désarroi.

Divers témoignages font part d’une tristesse lors de la louange, émotion liée à la souffrance engendrée par un volume sonore trop puissant et parfois accrue par le peu de cas fait des requêtes de ces témoins. Le sondage proposé sur le site voxdei a permis la collecte de divers témoignages qui critiquaient non pas la louange en soi, comme une éventuelle lecture superficielle et en diagonale, pourrait laisser croire, mais l’impossibilité de participer pleinement à cette louange du fait de la douleur que cause parfois la puissance du son aux oreilles. D’ailleurs, les témoignages parlent de regret de ne pouvoir prendre part à cette louange commune, ainsi qu’en attestent ces mots de “ dB ” : “ Malheureusement, certains conducteurs de louange et pasteurs se trouvent grisés par le volume sonore... C'est dommage, car la louange est merveilleuse, la musique merveilleuse... et Dieu aime la louange et les chants, mais se passe volontiers d'avoir à guérir nos tympans ”. Une participante du sondage, Françoise, exprime, pour sa part, la même idée : “ Dommage, car la louange est belle et vivante. Un seul défaut au moment de la louange : avec ce bruit, je suis incapable de rentrer dans l'adoration. ”

Plus encore, une sœur prénommée Christine a été obligée de partir d’un culte à cause de la douleur qu’elle ressentait aux oreilles, et une autre sœur, Lisa, a constaté lors d'un séminaire de Pentecôte qu’elle a énormément apprécié, que, malheureusement, “ une grande partie des participants est restée à l'extérieur ”. Ces deux témoignages montrent, s’il était besoin, que ce n’est pas la louange qui gêne, mais l’absence de prise en compte de certaines réalités contingentes à notre humanité faite en trois parties, savoir, l’esprit, l’âme et le corps. Il se trouve que ce corps peut souffrir même au milieu de la louange, non pas à cause de la sincérité de cette dernière - qui peut être la meilleure du monde, mais d’une facette de son expression : le volume sonore trop élevé agressant les tympans.

Certains Chrétiens ont des réactions peu soucieuses de leurs frères et sœurs, et pour persister sur la même ligne disent que la Bible parle de louer “ avec des cris ” et que ceux qui ne supportent pas ces cris font montre de peu de spiritualité. Le but, ici, ne sera pas de déterminer s’ils cherchent avant tout à réjouir Dieu, sans se rendre compte des contraintes physiques, morales et psychiques, ou si ces réponses sont des prétextes pour continuer à se faire plaisir, l’âme humaine étant difficile à juger in abstracto. La finalité se limite en la démonstration que le Seigneur ne juge pas ainsi.

Jésus a donné la magnifique parabole du bon Samaritain (Luc 10 : 30-37). Un homme blessé était à terre, et deux hommes respectables, un sacrificateur et un lévite passèrent à côté de lui sans tenir compte de ce cas peu spirituel, terre-à-terre - sans jeu de mots. Un Samaritain, c’est-à-dire une personne considérée comme faussement juive et, accessoirement, objet du démon (Jean 8 : 48), eut, en revanche, compassion, du malheureux et fit prendre soin de lui à ses frais. Le sacrificateur revenait de Jérusalem, la ville sainte ; le lévite peut-être aussi… Outre donner une leçon quant aux apparences, cette parabole apprend à ne pas tenir autrui et ses besoins comme quantité négligeable pour apparemment mieux se concentrer sur la louange. Tout Chrétien sensé, qui voyagerait en Inde et verrait un enfant crever de faim devant lui, dépenserait son argent prioritairement pour le nourrir au lieu de l’abreuver de paroles de l’Evangile. Ensuite, il pourrait témoigner de Dieu. Le même principe s’applique dans l’église quand des personnes âgées, malades, enceintes, fatiguées ou trop jeunes ne supportent pas le bruit. Penser être plus spirituel que celui qui ressent une douleur à ses tympans, c’est être plus royaliste que le Roi des rois.

Il y a dans les assemblées des personnes indisposées par un niveau sonore trop élevé.

Dieu avait sur la terre d’Israël un grand prophète, un homme appelé Elie. Un homme qui avait vu le Seigneur agir puissamment à sa demande et qui était resté le seul à s’opposer ouvertement aux prophètes de Baal et au pouvoir corrompu. Après que Dieu a manifesté sa gloire face aux prophètes des idoles, Elie connaît la déprime parce que la Reine Jézabel l’a menacé de mort. Selon l’argument dénoncé juste avant, peut-être éculé, il faudrait considérer qu’Elie n’était pas un vrai homme de Dieu, pas un “ speed-ritual ” pour oser un jeu de mots, donc pas un spirituel. Pourtant, Dieu connaît Elie et ne réagit pas en le blâmant. Au contraire, le Seigneur envoie un ange le nourrir (1 Rois 19 : 5-8). A deux reprises, cet ange le réveille en le touchant pour lui demander de manger. Nulle part, il n’est dit que le messager l’a considéré de haut ou l’a secoué. Revigoré, Elie va marcher “ quarante jours et quarante nuits jusqu'à la montagne de Dieu, à Horeb ”, plus vaillamment que les “ les adolescents (qui) se fatiguent et se lassent, et les jeunes (qui) hommes chancellent ” car se confiant en l'Éternel, ses forces ont été renouvelées et il a pris “ le vol comme les aigles ” (Esaïe 40 : 30-31). Arrivé à Horeb, le prophète va dormir dans une caverne jusqu’à ce que Dieu s’adresse à lui, amicalement, en le questionnant sur la raison de sa présence dans la grotte et sur son état. Elie va lui exposer son âme lancinée, et le Tout-Puissant va lui demander de sortir. Un vent violent et destructeur va passer devant l’homme de Dieu, devant cet homme miné, puis ce sera, successivement, au tour d’un tremblement de terre et d’un feu d’avoir lieu, mais Dieu ne sera pas dans ces éléments. Enfin, un murmure doux et léger qui amène Elie à se voiler le visage et à écouter l’itération de la question divine. Et Elie va répéter sa réponse. Alors, Dieu va l’envoyer vers un compagnon, Elisée. Elie, grand homme de Dieu au contact de qui même un enfant décédé a ressuscité (1 Rois 17 : 22), Elie a eu un moment de fatigue, et Dieu, au lieu de faire fi de sa souffrance et mettre en doute sa spiritualité, le nourrit, car il sait que les forces physiques et morales dépendent aussi de la nourriture - élément pratique -, lui parle avec douceur directement et via son ange, et va lui donner un compagnon de chemin. Ce faisant, Dieu confirme à ceux qui en douteraient que ses enfants ne sont pas encore défaits des contraintes physiques et que la communion fraternelle est nécessaire. Coraline, qui souffre d’hyperacousie, sait que son Père céleste ne viendra pas lui crier dans les oreilles et il est évident qu’elle est en droit d’attendre un minimum de considération de la part de ses frères et sœurs. Elle est privée des réunions et un son moindre ne suffirait peut-être pas à sa venue, mais elle n’est pas la seule et d’autres qui souffrent de ce problème auditif pourraient, eux peut-être, entrer dans une salle de culte si le volume était ramené à un niveau plus consensuel.

Il y a dans les assemblées des personnes indisposées par le bruit, que ce soit à cause de l’âge, de la fatigue ou d’un état émotionnel particulier, ou, tout simplement, il peut arriver que le bruit soit trop élevé pour toute personne entendant normalement. Par exemple, Ginette fait remarquer que “ une batterie, une basse, deux guitares sèches, un violon, un saxophone et une sono digne d'une salle de concert dans une petite salle contenant généralement une quarantaine de personnes, c'est une horreur telle, au point que certaines personnes se sentant mal, doivent parfois sortir pendant la louange ” à laquelle elles aimeraient certainement prendre part en appréciant le jeu des instruments.

L’indisposition, comme dans le cas d’Elie, ne permet en rien de préjuger de la force des sentiments pour Dieu, qui n’a pas besoin d’être bruyamment exprimée. Il est étrange qu’à côté du fait qu’on demande aux gens de prendre soin de leur corps par respect pour Dieu, on puisse abîmer leurs tympans et leur faire perdre quelques grammes sur le pèse-nerfs pour mieux plaire à ce même Dieu. Aussi attaché à Dieu soit-on, il est impossible et irraisonnable de vouloir faire abstraction du fait que l’âme est cloisonnée dans un corps, don du Seigneur, et qu’il existe une interaction entre les deux. Face aux indispositions de Timothée, Paul, qui avait été ravi au Ciel, n’a pas sorti la grosse artillerie spirituelle assourdissante, mais lui a conseillé une solution pratique (1 Timothée 5 : 23). Demander, par exemple, à ceux qui souffrent à cause du son excessif de prier pour aller mieux, c’est négliger, sous couvert de spiritualité, les solutions pratiques quand elles peuvent être mises en œuvre.

Une personne fatiguée et soumise à un bruit exacerbé, risque de développer une dépression, comme Elie suite aux menaces de la Reine. Les personnes âgées qui entendent de moins en moins bien les aiguës (ce sont elles qui permettent de situer les sources sonores en déterminant l’espace et la profondeur du son) se sentent enfermées et oppressées dans leur corps, d’où certaines crises. Plus ces personnes entendent uniquement les mediums et les basses, plus elles ont l'impression d'être enfermées dans leur propre corps comme si elles avaient une paroi entre le monde et elles qui ne laisse plus passer les aiguës. Ceci est une cause de dépression.

Le but de la réunion des enfants de Dieu n’est pas de se faire du mal, mais de s’édifier les uns les autres et cela passe aussi par le respect de l’autre comme individu à qui le Créateur a conféré une dignité intouchable. Croire que le corps du Christ peut être soumis à un bombardement sonore mesuré à la seule aune de sa propre subjectivité sans tenir compte des requêtes des autres, jugés moins spirituels et renvoyés à l’apprentissage de la mortification, c’est manifester, consciemment ou non, de l’indifférence pour les autres membres de ce corps, membres desquels nous sommes aussi membres (Romains 12 : 5). Etre membres les uns des autres oblige à témoigner de la bienveillance, obéissant, par là, à cette parole “ Bien-aimés, aimons nous les uns les autres ; car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu ” (1 Jean 4 : 7). Aimer, c’est non seulement louer ensemble, mais en amont, se préoccuper de la possibilité d’une louange commune !

Un enfant de Dieu venant au culte le cœur triste sera difficilement réjoui par des cantiques à plein volume et lui dire de se forcer à la joie reviendra à lui demander de pratiquer la méthode Coué. La Bible ne dit-elle pas qu’ôter “son vêtement dans un jour froid, répandre du vinaigre sur du nitre, c'est dire des chansons à un coeur attristé” (Proverbes 25 : 20) ? N’ajoute-t-elle pas “réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent ” (Romains 12 : 15) ? Ce souci consiste aussi en une attitude traduite par le beau mot “bienveillance”. Il n’y a aucun problème à chanter des louanges, mais il y en a un à considérer les sensibles, occasionnels ou perpétuels, au bruit puissant comme des briseurs de fête, et à rejeter sur eux des problèmes que, finalement, tout le commun des mortels connaît un jour. Beethoven qui souffrait d’acouphènes avait dit “ne serait-ce qu'à cause de mes oreilles qui sifflent et bourdonnent jour et nuit, je puis dire que ma vie est un calvaire.” Denis cite le cas de deux Chrétiens qui ont des acouphènes et témoigne que l’un doit se munir de bouchons pour aller au culte et que l’autre n’y va plus à cause d’un son porté à 95 dB. Lui-même ressent “une gêne, et une fatigue physique à la fin de la réunion” et “rentrant dans l'église, en quittant le "silence" relatif de la rue (il a) eu, une fois, l'impression que le bruit était comme un mur.”

Plus que la souffrance, la négation de la souffrance !

La louange de ceux qui refusent de considérer la souffrance d'autrui est charnelle.

Nier et noyer la souffrance de ces personnes sous le flot des décibels, malgré leurs demandes de modération, est alors une faute. “Si quelqu'un dit : j'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ?” (1 Jean 4 : 20). Agir ainsi, c’est augmenter la souffrance, car en effet, pire que la souffrance, il y a la négation de la souffrance ! Elle signifie au prochain son inexistence aux yeux de l’exprimant. Dieu aimant ses enfants de manière égale n’est nullement insensible à cet état de fait et la louange pourra monter, monter, monter, elle risque de n’être que charnelle quand elle vient de ceux qui rejettent les demandes. “ Le pauvre parle en suppliant, et le riche répond avec dureté ” nous enseigne le Sage (Proverbes 18 : 23). Aucun des Chrétiens fustigeant les injustices ne voudrait se situer dans le camp de ceux qui la pratiquent, encore moins pour louer le Seigneur dont il sait qu’il rend à celui qui lui prête en ayant pitié du pauvre, et qu’il rend à chacun selon ses œuvres (Proverbes 19 : 17 ; Luc 25 : 36-40). Le pauvre, c’est aussi celui qui fait une requête parce qu’il ne peut changer de lui-même une situation le lésant. Il est dommage qu’il faille parfois insister comme la veuve auprès du mauvais juge (Luc 18 : 1-5) comme ce frère, répondant au prénom de Christophe, qui a “ mesuré 102 dB en crête et 85 à 90 dB en continu ” (“ soit la perception d’un klaxon à 2 ou 3 mètres ” ! Les boîtes de nuit ne doivent pas dépasser les 105 dB - obligation qu’elles ne respectent pas toujours -) et qui a du se battre des années durant, alors qu’il avait des enfants en bas âge pour que le son soit diminué (d'après les recommandations de l'OMS, les enfants ne doivent pas être exposés à un son égal ou supérieur à 95 décibels sous peine de d’être victimes de douleurs et les lésions irréversibles). Il est encore plus triste et néfaste pour la communion que l’insistance n’aboutisse jamais comme escomptée, ainsi le cas d’Anne-Florence qui soupire “j'ai d'abord suggéré de baissé, puis j'ai fini par m'y faire.”

Le bruit trop fort détruit pour toujours certaines cellules de l'oreille.

Si Christophe a relevé 102 dB en crête et si les night-clubs sont légalement limités à 105, un autre participant au sondage, sous le pseudonyme “Team”, affirme que “la sono dans certaines églises est parfois plus forte que celle qu'on peut entendre dans une boite de nuit !!!” et il se dit que “certains responsables de sono sont presque sourds”. Ce frère fait remarquer qu'une “exposition prolongée des oreilles à une sono trop forte les endommage (les cellules ciliées de l'oreille ne se renouvellent pas quand elles sont atteintes)” et constate que le pianiste d’une église qu’il connaît, joue avec des bouchons dans les oreilles.

Lorsque l’on entend des sifflements suite à l’exposition à une source sonore puissante, cela signifie qu'il y a eu une perte irrémédiable de cellules ciliées. Tant que la perte est faible, le cerveau compense, mais apparaissent, à terme, des acouphènes qui vont croissant “forte”. Dans l’oreille interne (la cochlée), les cils des parois baignent dans un liquide (le périlymphe). Quand le tout vibre, frappé par un "marteau" lui-même déclenché par le tympan qui vibre avec le son, cela fait bouger le liquide qui fait se mouvoir les cils. En cas de trop forte secousse, les cils se couchent ou se détachent définitivement. Il n’y a aucun médicament pour y récupérer de cette déficience et qui plus est, une sensibilité organique accrue est adjointe à cette peine. Dieu, “ nanobiologiste ”, a imaginé des “ créatures merveilleuses ” (Psaume 139 : 14) et ne souhaite pas que le culte qui lui est rendu se fasse en détruisant les corps.

Quand l’intensité sonore dépasse 105 décibels durant plus d’une heure (ou 110 décibels pendant une demi-heure), cela endommage de façon irréversible les cellules neurosensorielles de l’oreille interne. Même ceux qui ne comprennent pas les réclamations des personnes âgées, trop jeunes ou fatiguées, auront à souffrir de ce niveau sonore qui, sur l’instant, passe pour être “ cool ”… Comme cette femme âgée qui, après un culte, a commencé à souffrir d’une “ maladie rare aux oreilles ” selon le témoignage de Josette, et dont le mal, même s’il n’est peut-être pas directement dû à cette exposition, est forcément amplifié lors des cultes bruyants. Négliger ces souffrances n‘est pas moindrement choquant que l’exposition d’un enfant à la nicotine. Le fait que ce soit pour louer le Seigneur n’empêche pas qu’il y a destruction du corps (avec des conséquences sur l’état moral, voire psychique) du prochain, et est même une circonstance moralement aggravante.

Pourtant, la Parole nous expose ce souhait ardent de David disant “ Je voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l'Éternel, pour contempler la magnificence de l'Éternel et pour admirer son temple ” (Psaume 27 : 4). En composant ce psaume, David était harcelé par ses ennemis et il est évident qu’il considérait la maison du Seigneur comme un havre de paix, un sanctuaire pour son âme. Se retrouver était aussi un sujet de joie des premiers disciples du Christ ressuscité, qui étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple ” (Actes 2 : 46).

De telles rencontres quotidiennes nécessitaient plus que probablement une soumission mutuelle et une attention des uns envers les autres. Pour cela, il était indispensable qu’ils fussent soucieux de porter les fruits de l’Esprit produits intemporellement, donc avant même la rédaction de l’épître aux Galates comme des autres lettres. Ainsi, il fallait que soient absentes “ toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté ” et qu’ils soient “ bons les uns envers les autres, compatissants, (se) pardonnant réciproquement ” (Ephésiens 4 : 31-32). Alors, quand ils étaient assemblés dans le nom du Christ, il était au milieu d’eux (Matthieu 18 : 20) et des frères et sœurs ne se sentaient probablement pas obligés, comme Jean-Pierre, de “ sortir et ne revenir quant tous les louangeurs avaient fini leur partie de jouissances ” censée amener à plus de communion.

Mais, la communion est avant tout spirituelle et s’il faut donc être converti et avoir l’Esprit pour y participer, il faut aussi que l’Esprit soit libre d’agir. L’Esprit est la personne qui rend témoignage du Christ (Jean 15:26) et le glorifie (Jean 16:14) dans les vies, dans l’église. Jésus dit “ l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande ” (Jean 4:23). Une louange et une adoration qui ne tiendraient (éventuellement de façon volontaire) pas compte des autres membres du corps sont-elles pleinement conduites par l’Esprit ? Sans culte véritable à Dieu, quelle est sa présence ? Une image inspirée à Paul est parlante : “ quand je parlerais les langues des hommes et même des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit ” (1 Corinthiens 13:1). Or, loin de la communion chantée à travers les mots “ nous sommes un dans un lien d’amour ”, et proches du dernier verset cité, se trouvent parfois les Chrétiens quand la question du volume vient troubler leur fraternité. Là où sont censés se manifester les fruits de l’Esprit, risquent se développer ceux de la chair manifestés par les inimitiés, les querelles, les animosités et les disputes (Galates 5 : 20) pouvant conduire à la destruction mutuelle (Galates 5 : 15) au point que remplis de frustration jusqu’à la rancune, voire la rancœur, la communion peut ne plus se vivre, et la prise de la Cène risquerait de se faire sans discerner le corps du Seigneur.

La soumission mutuelle et la communion

Ceux qui se plaignent du volume sonore sont parfois considérés comme égoïstes ou pharisiens.

Pour prévenir ces situations, la Bible enseigne la repentance, la soumission mutuelle et la prévenance. Ainsi Jésus dit “ Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande ” (Matthieu 5:23-24).

Paul questionne les Corinthiens ainsi : “ la coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang de Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion au corps de Christ ? ”. Cette rupture du pain, cette bénédiction de la coupe et la consommation de ces éléments, symboles de l’unicité comme de l’unité du Corps du Christ, ne doivent pas être manifestés en porte-à-faux avec l’état de la fraternité au sein d’une assemblée, mais être un témoignage réel de ce qui s’y passe et non un parjure auquel il y aurait la prétention d’associer le Juge suprême.

Une réflexion biaisée veut que le Chrétien n’aille pas au culte pour recevoir, mais pour uniquement pour donner. Partant, ceux qui se plaindraient du volume sonore sont parfois considérés comme égoïstes ou pharisiens. Comme si Dieu était sourd (Psaume 94 : 9), lui auprès de qui l’Esprit intercède par des soupirs inexprimables (Romains 8 : 26) et qui ne met pas son plaisir dans la jambe (force) de l’homme (Psaume 147 : 10) mais dans la “ justice et l’équité ” (Proverbes 21:3). Dieu n’est pas sourd comme Baal (1 Rois 18 : 26-27). Une sœur, Evelyne, a donné ce témoignage édifiant à propos de cette culpabilisation dont sont victimes certains des fidèles demandant qu’on tienne compte de leurs problèmes auditifs. Ne pouvant participer pleinement aux cultes d’une jeune église à cause du son, elle a dû en plus souffrir des remarques du responsable qui priait contre les esprits religieux et a presque fini par croire que le problème se situait à son niveau. Ce disant, ceux qui tiennent ces paroles, peut-être convaincues certes, mais dans l’erreur, nient des réalités physiques qu’ils ne connaissent pas encore et imposent une charge qu’ils ne pourraient probablement pas porter à la place de ceux qui sont indexés (Actes 15 : 10). La prévenance, au contraire, c’est se mettre à la place du prochain pour devancer une éventuelle requête, c’est prévenir la requête et donc, si possible, la gêne. L’épître aux Hébreux dit “ veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres ” (10 : 4). Et Paul a dit “ qu'il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même : il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ” (Actes 10 : 25).

Certes, le Chrétien va dans une assemblée pour donner à Dieu et aux autres, mais si on donne, quelqu’un reçoit. L’objection pourrait être de dire qu’on reçoit sans le rechercher et pourtant la Parole demande de chercher et de demander ajoutant qu’on trouvera et recevra (Matthieu 7 : 7). Ce ne sera pas faire montre d’orgueil, d’égoïsme et de manque de foi de demander à être soulagé de certaines difficultés et à vivre une communion plus étroite. Si certains considèrent que la présentation de ces souffrances par les personnes âgées, les malades, les parents de jeunes enfants et bien d’autres frères et sœurs qui ont l’oreille fragile, relève de ces défauts, qu’ont-ils à dire d’un Jésus qui souffre la veille de sa mort, demande une vraie communion avec ses disciples et leur reproche leur défaillance ? Etait-il trop religieux ? Trop charnel en étant pris par ses souffrances ? Oui, Jésus attendait un soutien et une oreille de la part de ceux qu’il appelait ses frères (Matthieu 12 : 49). Dans “ Héros d’hier-Et aujourd’hui ? ”*, Frère André parle d’un missionnaire emprisonné des années durant en Chine et qui avait été tellement torturé que ses facultés mentales étaient sévèrement atteintes. Cet homme qui ne pouvait même plus louer Dieu avec toute sa voix eut, un jour, un éclair de génie et dit ceci : “Seigneur, tout mon être désire t’adorer, mais mon esprit est tellement confus que je ne peux même pas prier. Si je me tenais debout dans ma cellule, accepterais-tu cela comme un acte d’adoration ?”. En esprit et en vérité... Si ce frère, peut-être encore en vie, venait dans une assemblée où règne la puissance musicale, trouverait-il sa place ? S’il demandait que le son soit diminué, sa foi mériterait-elle d’être mise en doute ? Peut-être aurait-il droit à un traitement de faveur si son passé était connu... Peut-être...

Rejeter les "vieux grincheux", c'est se passer du témoignage d'aînés qui, sans doute, nous feraient le plus grand bien !

Ceux qui, pour justifier le refus de tenir compte des souffrances infligées aux anciens ou à d’autres par la sono, prétendent qu’aller au culte ne sert qu’à donner et non à recevoir devraient donc appliquer leur prétexte ou leur compréhension, sincère mais erronée, de la parole et, partant, donner plus d’oreille attentive à ceux qui portent devant eux les doléances liées au bruit. Ils ne vont pas au culte, savons-nous, pour se faire plaisir ou recevoir, ils ne verront pas d’objection donc à baisser le son. Certains responsables de la musique cherchent à plaire à Dieu uniquement et font preuve de prévenance. C’est le cas de “ Flo ” qui témoigne que pour lui “ le meilleur indicateur sonore ce sont (ses) frères et soeurs de l'église. ” “ Lorsque je les regarde, dit-il, et que je vois qu'il y en a plusieurs qui grimacent, alors j'ajuste le tir. ” Voilà un exemple de soumission dans le corps du Christ préférable au rejet du “ vieil enquiquineur ”. “ J'ai été jeune, j'ai vieilli ; et je n'ai point vu le juste abandonné ” a dit David (Psaume 37 : 25) ! Qui renverra les “ vieux grincheux ” chez eux, se privera peut-être de témoignages édifiants, d’une vie passée au crible de l’épreuve, en tout cas se privera de l’expérience. Il y aura peut-être toujours des gens qui râlent pour un rien, mais cela ne peut servir de prétexte pour rejeter systématiquement toutes les demandes de modération du son. Ce rejet est la prise d’une responsabilité devant Dieu. Quand Paul dit “ nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous-mêmes ”, il vise la force des hommes et des femmes spirituellement faits (1 Corinthiens 14 : 20 ; Hébreux 5 : 14), mais cette le sens de cette parole est aisément transposable au thème développé. Et quand l’apôtre dit qu’il est bien “ de s’abstenir de ce qui peut être pour (le frère) une occasion de chute ” (Romains 14 : 21), il met en comparaison la liberté et la loi de laquelle certains ne sont pas encore dégagés, mais il est évident que la liste des occasions de chute comme celle des types de chute est assez vaste. Et la louange au son volumineux comme sa détestation au point de s’isoler de la communion fraternelle se calquent aisément sur cet éventail.

La soumission mutuelle ne donne à personne d’emprise sur autrui.

Il y a peut-être, comme il vient d’être dit, des abus de la part de certaines personnes qui ne seront jamais satisfaites de quoi que ce soit. Il est dangereux de prétendre discerner les motivations d’une âme, mais il est aussi évident dans certains cas que des personnes ne seront jamais heureuses du volume sonore parce qu’elles aiment gémir et se plaindront peut-être plus par légalisme que pour cause d’incommodité. Leurs doléances ressemblent alors peut-être plus à des commandements qu’elles justifient par une compréhension particulière de la Bible qu’elles prétendent imposer, par exemple - au hasard -, une obligation de chanter en murmurant au garde-à-vous. L’épître aux Colossiens règle cette question par ces mots : “ Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde, pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes : ne prends pas ! Ne goûte pas ! Ne touche pas ! Préceptes qui tous deviennent pernicieux par l'abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes ? ” (2 : 20-22). La soumission mutuelle doit être telle qu’elle ne donne à personne d’emprise sur l’autre, car elle se fait dans l’obéissance au Christ qui a accompli la loi et n’en a pas prévu de nouvelle venant de frères et sœurs. Cependant, ainsi que déjà dit, ces cas de légalisme ne peuvent servir de raison à une surdité absolue aux réclamations, car ils ne représentent très certainement pas la majorité des demandes (ni même la majorité de la minorité), et car même si un Chrétien légaliste venait à faire une demande, elle pourrait être justifiée non par ses raisons mais par celles d’autres Chrétiens aussi exaspérés par le bruit qui épuiserait leurs nerfs. Enfin, Pierre dit que “ la charité couvre une multitude de péchés ” (1 Pierre 4 : 8) et si elle le peut, elle peut encore plus facilement ne pas soupçonner le mal, la mauvaise intention (1 Corinthiens 13 : 5) quand ceux-ci ne sont pas flagrants.

La majorité des demandes de ce type ne rentrent pas dans les cas de mépris de la jeunesse dont parle Paul (1 Timothée 4 : 12) si quelqu’un était tenté d’affirmer le contraire. Ce verset concerne l’autorité et la charge dont bénéficie le jeune Timothée et non un quelconque goût musical et il semble bien difficile de le considérer tout de même par extension.

Quand, enfin, la soumission mutuelle est pratiquée, la louange prend tout un sens pleinement partagé. Il ne s’agit plus de “ bruit et de fureur ” synonyme d’incompréhension, et il n’y a plus l’impression pour certains d’aller dans une “ boîte du dimanche ”, mais une joie de se retrouver pour louer le Père. La louange alors est source de bénédiction Les prévenances réciproques se font dans l’amour (Romains 12 : 10) et tous se rendent, “ par la charité, serviteurs les uns des autres ” (Galates 5 : 13). Le but est de gagner le plus grand nombre (ne pas en perdre revient au même but, par exemple les personnes fragiles de santé et non converties venant découvrir un culte) comme l’a fait Paul (1 Corinthiens 9 : 19). Ce qui pourrait sembler une contrainte est un service joyeux, car l’esprit brisé en sacrifice est agrée par le Seigneur (Psaume 51 : 17). Jérémie 31, qui annonce une nouvelle alliance dit (v.13) “ alors les jeunes filles se réjouiront à la danse, les jeunes hommes et les vieillards se réjouiront aussi ”. Une telle louange se fait dans une réelle communion et une réelle communion se fait dans une soumission mutuelle pleine de prévenance qui garde cependant Dieu comme pôle d’attention.

En conclusion ouverte sur deux autres aspects de cette question, il est nécessaire de noter que le bon ordre et le respect doivent exister non seulement pour les personnes sensibles au bruit dans l’assemblée, mais également à l’égard de ceux qui, pour le moment ne ressentent aucune gêne particulière, et des gens du monde qui bénéficient du droit au respect. Ceux qui louent Dieu à tue-tête dans un son abondant ne sont pas sans savoir que leurs oreilles sont dangereusement exposées. En effet, soumises à la basse fréquence, les oreilles en bonne santé ne se sentent pas agressées, or les basses sont plus dangereuses pour le tympan que les aiguës, car elles meuvent beaucoup plus d'air que ces dernières et détruisent inexorablement l'oreille interne.

Quant aux non-Chrétiens voisins des églises, leur grasse matinée dominicale peut sembler très peu spirituelle, c’est leur droit et il n’y a pas à exiger d’eux qu’ils se soumettent à l’Evangile qui lui-même n’interdit pas le sommeil prolongé. Un argument avancé pour chanter et jouer fortement est que cela permet d’évangéliser les alentours comme Jean le baptiste ne craignait pas “ de déranger les oreilles des gens de son époque et d'apporter le message prophétique ”. En résumé, la musique pour chasser les mauvaises mœurs ! Tout d’abord, il faut remarquer que Jean-Baptiste s’adressait à des Juifs, c’est-à-dire à des personnes ayant reçu la Loi ; aucune équivalence avec nos contemporains qui sont mêmes incultes quant à l’histoire des fondements judéo-chrétiens de notre civilisation. Et par ailleurs, le prophète ne se déplaçait pas avec une sono capable de faire tomber les moineaux des arbres, et diffusant parfois un message incompréhensible. Le 15 janvier 2004, le tribunal administratif de Lille a condamné une commune au motif que les sonneries horaires d’une cloche d’église causaient un “ trouble à l’ordre public ” (notion de plus en plus largement interprétée par le juge) et que la commune ne pouvait démontrer l’existence de leur “ usage local ”. Il doit être encore plus difficile de trouver l’existence d’un “ usage local ” d’une sono d’église évangélique à plein volume dans un quartier. Même si Denis à parlé d’un mur de son entre la rue et l’église, il est indéniable que le bruit se propage.

Le mois précédent, le 4 décembre 2003, le tribunal administratif de Limoges avait interdit les sonneries de cloches d’une église en journée. Ces décisions, qui semblent marquer une évolution jurisprudentielle, ne sont en fait que l’application des principes définis par le Conseil d’Etat en 1976. Les juges du fond se décident à devenir plus sévères et ce n’est pas forcément un mal, les non pratiquants, comme les pratiquants, ayant le droit de ne pas être importunés par le bruit des cloches quand il est intempestif. Ils ont aussi le même droit vis-à-vis des assemblées qui leur imposent des sujétions de voisinage trop contraignantes. D’ailleurs, une amende maximum de 450 euros est prévue pour le tapage nocturne comme diurne, tous les bruits de nature à porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé par leur durée, leur répétition ou leur intensité (article R1336-7 du Code de la Santé publique). Subir les sanctions après avoir désobéi à ce juste article règlementaire, ne peut en aucun cas s’apparenter à la situation des victimes d’une persécution religieuse. Ce qui doit, toutefois, inciter le Chrétien à ne pas commettre ce type d’infraction n’est pas tant la peur du gendarme que celle de donner un témoignage irrespectueux et détournant le voisinage de lui et du message du Salut. La Parole dit de ne donner “ aucun sujet de scandale en quoi que ce soit, afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme ” (2 Corinthiens 6:3) et d’être ici aussi “ serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre ” (1 Corinthiens 9 : 19, précité).

Jean Degert

Résultats complets du sondage voxdei

  • Editions Farel