Depuis quelques années plusieurs ouvrages ont paru sur la démission progressive des institutions françaises face à la montée de l’islamisme. L’expression bien choisie de « territoires perdus » apparaît fréquemment dans la bibliographie à ce sujet.

En la matière, si l’inféodation de la politique française et des médias français au « palestinisme » n’est plus à démontrer, elle est relayée, et c’est encore plus grave, par un égarement total de la justice française dans les affaires qui touchent à l’antisémitisme d’origine islamique ou à l’antisionisme. La justice étant censée être le dernier rempart moral d’une société, cela donne une idée sur l’état de la France aujourd’hui.

Il suffit pour cela de se rappeler les nombreux procès intentés contre le mal-nommé Dieudonné, innocenté à chaque fois par des juges plus soucieux de ne pas enflammer les banlieues françaises ou d’exprimer leur idéologie, que de rendre la justice et fixer des normes saines pour la jeunesse française.

Dans la même veine nauséeuse, un fait passé presque inaperçu s’est déroulé il y a à peine une semaine : le 19 octobre un jugement d’un tribunal français a établi définitivement que « l’image choc de l’Intifada n’était pas un montage ». Ainsi, après des années d’enquêtes, contre-enquêtes, révélations et confrontations qui ont eu lieu à propos de l’Affaire Al-Dura, la justice française donne raison à Charles Enderlin, autrement dit, elle accrédite la thèse de l’assassinat volontaire par Israël de l’enfant Mohamed Al-Dura, devenu « l’icône de l’Intifada » ! Aucune des invraisemblances et des contradictions maintes fois mises en avant dans cette affaire n’ont apparemment soulevé ne serait-ce qu’un petit doute dans l’esprit de ces hommes « épris de vérité ».

L’un des attendus du verdict laisse pantois :

« Provenant d'une source unique, une agence de presse israélienne, qui a formulé une telle accusation tardivement (près de deux ans après la diffusion du reportage), reposant essentiellement sur des extrapolations et des amalgames, (la thèse) se nourrit d'affirmations péremptoires ». Le verdict souligne, entre autre, « qu'aucune autorité israélienne, ni l'armée, pourtant concernée au premier chef, ni la justice, n'ont jamais accordé le moindre crédit à ces affirmations. »

La période de temps extrêmement courte entre l’audience et le jugement (un mois !) montre une chose très claire : les juges n’ont pas pu ni voulu prendre le temps de vérifier les éléments sur lesquels ils s’expriment de manière si péremptoire. Ils ont repris à leur compte sans sourciller la version de France 2 et de Charles Enderlin sur cette tragédie qui a si injustement entachée l’image d’Israël, et qui a entraîné tant de violences, à l’image du sinistre « lynch » de Ramallah dont la commémoration avait eu lieu quelques jours à peine avant ce verdict.

Il n’y a plus aujourd’hui en France, de Justice digne de ce nom. Elle est consciemment ou non, guidée par des motifs idéologiques qui n’ont plus rien à voir avec les principes avec lesquels la France s’est drapée depuis la Révolution. Inutile de se poser la question des messages qu’elle envoie à la population à travers ses décisions plus que contestables.