Deux thèses en or de mon ami Pascal
En visitant le site "philoreligion.com", site catholique, j'ai trouvé ces deux thèses en or de Blaise Pascal qui n'est pas le plus mal placé pour parler de raison et de foi.
Avertissement : Le site étant catholique on s'y expose parfois à des déviance du genre "c'est le pape et les évèques qui tranchent en matière de vérité", culte des images, etc. , choses que je récuse absolument. Cependant il contient des choses excellentes qui ne sont pas contaminées par le levain du système romain.
En effet, pour les disciples de Jésus-Christ, les Ecritures révélées et interprettée par le Saint-Esprit contituent le référentiel infaillible et non des hommes qui, l'Histoire nous le montre, ont commis des erreurs graves, criminelles et anti-chrétiennes au possible au point de discréditer la Foi en Jésus-Christ de l'ensemble de la chrétienté !
Vendredi 16 février 2007
Pascal : le pari
Le fameux argument du pari, dans les Pensées de Pascal, fait souvent l'objet d'un contresens : on y voit un saut dans l'inconnu, ou un choix plus ou moins irrationnel. Le pari est un choix rationnel : il est fait après un calcul, un calcul de probabilités. Pascal est un des inventeurs du calcul des probabilités, et dans l'argument du pari, il applique cette invention aux croyances religieuses. La question qui se pose est : quel est donc le choix le moins rationnel, c'est-à -dire le plus risqué ? La réponse de Pascal est la suivante :
Si je choisis l'athéisme et que je me trompe, je risque de perdre la vie éternelle. Ce que je perds alors est infini, puisque la vie éternelle est sans fin. Ce que je gagne ici-bas (si je gagne quelque chose) est limité : je gagne certains plaisirs que rien ne m'oblige à sacrifier.
Si je choisis la foi et que je me trompe, je risque de perdre certains plaisirs de ce monde. Cette perte est limitée. Au contraire, ce que je peux gagner (la vie éternelle) est infini. On devrait ajouter ici que les croyants n'ont pas que des choses à perdre en ce monde. La foi peut donner beaucoup de stabilité et de sérénité au croyant.
Conclusion : il est beaucoup plus riqué de ne pas croire que de croire. Pour faire ce choix, il faudrait donc avoir d'excellentes raisons. D'après Pascal, il n'y a pas d'argument positif vraiment sérieux en faveur de l'athéisme ou du scepticisme. Les libertins disent que les raisons de croire manquent d'évidence, mais ceci ne constitue pas une raison positive de ne pas croire. De plus, il est normal que Dieu ne nous donne aucune raison évidente, car s'il le faisait, il nous forcerait à croire. Or, ce qu'il veut, c'est que l'homme choisisse librement d'accueillir ou de rejeter la vérité révélée.
Notons qu'en pratique, il n'y a aucune voie intermédiaire entre ces deux possibilités. En pratique, on ne suspend pas son jugement. Par exemple, si je ne mets jamais les pieds dans une église pour recevoir les sacrements, c'est que ne croie pas à leur utilité.
Pascal conseille aux libertins d'essayer : il faut prier, aller à la messe, etc. Tant qu'on ne le fait pas, on ne peut pas avoir vraiment la foi, puisque la foi se développe et se fortifie par ces pratiques. Il faut donc pratiquer la religion comme un croyant, et ensuite, tout doit finir pas s'éclairer.
par Héron mélomane publié dans : La foi, la connaissance et la raison ajouter un commentaire 0 commentaire (0) commentaires (0) recommander
Mardi 13 février 2007
Pascal : le coeur et la raison
"Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas". Tout le monde a entendu cette fameuse citation de Pascal. L'ennui, c'est que très peu de gens connaissent sa véritable signification. Qu'est-ce que le coeur, chez Pascal ? Ce n'est pas le sentiment, ni l'affectivité. Pascal est-il en train dire que la foi relève du sentiment et non de la raison ? Non, non et non ! Absolument pas !
Pour Pascal, il y a bien des raisons de croire. Le but des Pensées (ou du livre qu'il avait l'intention d'écrire en écrivant ses pensées, notes de brouillon qui furent retrouvées après sa mort) est bien d'exposer les raisons de croire, pour aider les libres penseurs à accueillir la vérité révélée. D'après lui, l'argument le plus fort en faveur de la vérité du christianisme est celui des prophéties, auxquelles il consacre une bonne partie des Pensées.
Alors que veut dire la citation ? Pascal donne un sens très particulier au mot coeur. Le coeur est la faculté de connaître certaines vérités de façon intuitive. Par là , il se distingue de la raison, capacité de connaître la vérité de façon dicursive (c'est-à -dire à l'aide de raisonnements que l'on peut formuler verbalement). Pascal dit que tout raisonnement mathématique repose sur des axiomes, propositions évidentes et indémontrables. Ces vérités premières sont connues par le coeur (et non, bien entendu, au terme d'un raisonnement).
Le coeur joue aussi un rôle après la formulation des raisonnements : si on me présente une multitude d'arguments pour et contre la foi, après un examen rationnel plus ou moins détaillé, c'est finalement au coeur de discerner la vérité, car c'est toujours de façon plus ou moins intuitive que nous estimons la qualité des arguments proposés.
Le mot coeur, dans la Bible, désigne le centre de la personne : c'est le coeur qui décide ultimement de suivre ou de rejeter la vérité. Pascal a sans doute repris le sens biblique du mot, en y ajoutant ses considérations épistémologique sur le rapport entre la démonstration et la connaissance intuitive.
(copié-collé sur le site "philoreligion.com")
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