Actualités chrétiennes, informations et religion, nouvelles évangéliques et Bible » France http://www.blogdei.com Christianisme. Religion. Protestantisme. Édification. Information. Discernement. Eschatologie. Bible. Fri, 21 Oct 2011 08:46:18 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.1.1 Religion: Les religions en France veulent une application «sereine» de la laïcité http://www.blogdei.com/16484/religion-les-religions-en-france-veulent-une-application-%c2%absereine%c2%bb-de-la-laicite/ http://www.blogdei.com/16484/religion-les-religions-en-france-veulent-une-application-%c2%absereine%c2%bb-de-la-laicite/#comments Tue, 18 Oct 2011 13:48:28 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16484

la-croix.com/Religion

« L’esprit libéral permet d’intégrer l’islam »

Sur le fond, c’est un « vécu apaisé » de la loi de 1905 qu’ont voulu mettre en avant la plupart des intervenants. À l’exception du pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, pour lequel un toilettage de ses articles obsolètes s’impose, tous s’accordent à reconnaître la plasticité de la loi. « Depuis l’accord sur les associations diocésaines en 1924, plusieurs modifications de la loi, ainsi que la jurisprudence constante du Conseil d’État, ont permis aux catholiques de se situer paisiblement dans la société française comme des citoyens de plein droit », a ainsi fait valoir Mgr Simon.

Plus que la loi de 1905 elle-même, c’est donc davantage ce qu’ils considèrent comme de fausses lectures, de mauvaises interprétations qui posent problème aux responsables des cultes. « Certes, Aristide Briand, le rapporteur de la loi de 1905, avait affirmé que ‘dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. Mais sur le terrain, c’est la méfiance qui domine », a ainsi observé le pasteur Claude Baty.

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L’Eglise catholique de France: Une « entreprise » à 700 millions d’euros http://www.blogdei.com/16461/leglise-catholique-de-france-une-entreprise-a-700-millions-deuros/ http://www.blogdei.com/16461/leglise-catholique-de-france-une-entreprise-a-700-millions-deuros/#comments Fri, 14 Oct 2011 13:19:52 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16461

L’Expansion.com

Entre le denier, les quêtes, les legs et autres ressources exceptionnelles, les ressources de l’Eglise de France atteignent 700 millions chaque année. Un chiffre qui se maintient malgré le recul du nombre de pratiquants.

L’Eglise catholique de France dispose de plus de 700 millions d’euros de ressources annuelles, mais cette « richesse » est mal répartie sur le territoire, révèle une enquête du quotidien La Croix de jeudi.

En vertu de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les diocèses français ne perçoivent aucune subvention pour leur fonctionnement (même si les communes assurent l’entretien des églises, dont elles sont propriétaires). Mais « l’entreprise +Eglise de France+ peut compter sur 700 millions d’euros chaque année », a calculé le journal, qui a répertorié les ressources des diocèses français.

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Parole de foi et d’apparences, par Jérôme Prékel http://www.blogdei.com/16424/parole-de-foi-et-dapparences-par-jerome-prekel/ http://www.blogdei.com/16424/parole-de-foi-et-dapparences-par-jerome-prekel/#comments Wed, 12 Oct 2011 06:56:33 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16424

Jérôme Prékel / blogdei

«La grâce est à marée basse dans l’âme quand celle-ci vient à se demander jusqu’où elle peut aller en conformité avec le monde. » (Charles Spurgeon)

Puisque le sujet de cet article consiste à dénoncer ce qui éloigne les enfants de Dieu de la Parole de Dieu, je soumet ce projet d’article à votre jugement : comment un chrétien, un responsable spirituel, doit-il réagir face aux propositions citées ci-après ? Devons-nous les agréer, les tolérer, les ignorer, ou les reprendre ?

“Nous vous invitons à notre Conférence des Femmes extraordinaires dont le thème cette année est : « Prends soins de Toi ». Nous vous donnons rendez vous les : jeudi 10 novembre 2011 à 19h30 : Soirée d’ouverture. Vendredi 11 novembre 2011 à 19h30 : Prédication. Samedi 12 novembre 2011 de 9h30 à 10h : Café/Croissant. Samedi 12 novembre 2011 de 10h30 à 12h00 : Prédication. Samedi 12 novembre 2011 à 15h30 : Tea Party. Dimanche 13 novembre à 10h & à 16h30. Différents ateliers seront mis à votre disposition : le samedi 12 Novembre de 12H30 à 15H15 et le Dimanche 13 Novembre de 14H à 16H dans lesquels seront abordés les thèmes suivants :
- Nutrition – Santé – Cheveux – Soin – Beauté – Maquillage – Femmes
Célibataires épanouies – Comment trouver son Mari…
Alors surtout, ne venez pas SEULE. Invitez vos amies, vos familles, vos collègues et attendez-vous à ce que l’Esprit va faire. Inscrivez-vous aux repas (et ne venez pas les mains vides) et surtout n’oubliez pas que : Quand des femmes ordinaires entrent ensemble dans la présence de Dieu, elles deviennent des femmes Extraordinaires… »
Extrait du cv de l’oratrice : « Pasteure aux côtés de son mari, la Pasteure S. R., de la grande église P. C. C., prêche et enseigne la Parole avec passion et dynamisme”.

Projet de réaction : Il fut un temps où la doctrine des apôtres de l’Église de la Première Foi enseignait à la femme (et à tous) que ce qui était important n’était PAS l’apparence extérieure, mais la personne intérieure et son fruit spirituel : “Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux, mais qu’elles se parent de bonnes oeuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu” (1 Timothée 2/9). Cette vision de Paul — souvent soupçonné de mysogynie — est également partagée par Pierre, qui lui, était marié : “Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d’or, ou les habits qu’on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu” (1 Pierre 3/3). La Bible est muette sur le maquillage, car cette pratique a longtemps été réservée aux prostituées. Bien sûr, la culture a changé ces critères. Même les hommes se maquillent aujourd’hui.^^

Je pense que ces hommes de Dieu s’appuyaient (entre autres) sur d’anciennes Écritures qui disaient que “la grâce est trompeuse, et la beauté est vaine : la femme qui craint l’Eternel (et sa parole) est celle qui sera louée” (Proverbes 31/30). Comprenez : travailler sur sa grâce et sur sa beauté est totalement inutile dans une perspective spirituelle, à l’inverse de travailler à écouter et obéir à la Parole de Dieu.

Mais aujourd’hui, l’Église en pleine crise de foi (que certains appelleront apostate) enseigne à la femme comment elle doit prendre soin d’elle-même, de sa taille et de ses cheveux, d’entretenir sa beauté et d’avoir recours à un maquillage intelligent. Le traitement sur-saturé de ces sujets par les magazines féminins ne suffit plus : donnons une place à ces thèmes porteurs dans l’Église ! Le conditionnement des mentalités féminines par l’esprit du monde ne suffit pas : faisons-en un sujet spirituel, comme si cette pensée venait de la Bible. On notera au passage qu’il aurait été difficile d’imaginer qu’un homme pasteur enseigne sur ces sujets, mais aujourd’hui, dans l’Église moderne, une femme pasteur peut pallier à ce manque. Ici, elle spiritualise la chair, et là, elle spiritualise l’impudicité
Sur le site de cette église française (PCC), on cite une autre pasteure qui évolue dans la même vision et qui a écrit le best-seller au titre évocateur : “Sois libre, sois mince”. Tout un programme, dont la dimension spirituelle n’échappera à personne.

Alors : doit-on ou ne doit-on pas prendre soin de soi-même ? Les tenants (et les tenantes) de la Vérité qui place l’être humain au centre, nous expliquent que nous devons nous aimer nous-même, sinon, nous ne pourrons pas aimer les autres. Dans certains cas, c’est vrai, mais Jésus, qui a voulu tracer les lignes de forces de la Vérité pour toute l’humanité (et non quelques cas particuliers), a été assez clair, et n’a pas alimenté cette vision d’un évangile à l’eau de rose :
“Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive” (Matthieu 16/24). Renoncer à soi-même, c’est prendre le chemin diamétralement opposé à celui de s’occuper de soi-même. Et je pense que lorsque Jésus a rencontré des personnes qui avaient d’elles-mêmes une image désastreuse (et il en a rencontré !), il ne leur a jamais conseillé de changer de style vestimentaire, de changer de coiffure (ou de coiffeur), ou encore de se payer une thalassothérapie. Il les a encouragées à mourir à elles-mêmes, sans donner (il est vrai) beaucoup de détails sur le chemin, la manière ou les difficultés. Mais je crois qu’on comprend tous l’idée générale…

Dans sa recherche pour saisir le Seigneur Jésus-Christ, l’apôtre Paul explique : “Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres” (1 Corinthiens 9/27). Même si ces paroles ont été mal comprises au cours de certaines époques, on peut percevoir que dans le christianisme de Paul et des apôtres, le but n’est pas de singer le monde alentour, le but n’est pas de sécuriser sa vie pour assurer son bonheur maximum, le but n’est pas de faire de soi-même le but. Car alors c’est un évangile où Dieu est l’alpha, mais où nous sommes l’oméga.

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Divorces: Statistiques et disparités géographiques http://www.blogdei.com/16177/divorces-statistiques-et-disparites-geographiques/ http://www.blogdei.com/16177/divorces-statistiques-et-disparites-geographiques/#comments Sun, 25 Sep 2011 20:30:19 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16177

Aude Seres / Le figaro.

Selon une étude de l’Ined, on se sépare autant à Paris que dans le Midi. La Bretagne, elle, n’est pas une terre de rupture.

Un préjugé bien ancré veut que l’on divorce plus à Paris qu’en province. Épuisés par un rythme de vie trépidant, les couples parisiens ne résisteraient pas au sempiternel métro-boulot-dodo de la capitale. Tandis qu’une province plus traditionnelle, plus calme et parfois plus ensoleillée serait épargnée par le tsunami du divorce. Pourtant, qui n’a pas des cousins de Montpellier, une nièce de Toulouse ou un vieil ami de Strasbourg dont il apprend la séparation?

Selon des chiffres établis par l’Institut national d’études démographiques (Ined) que révèle Le Figaro, si Paris reste en tête et de loin des statistiques de divorce, la capitale est aujourd’hui suivie de près par de nombreux autres départements, dont ceux de la région Provence- Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes (voir carte). L’étude réalisée par France Prioux et Magali Mazuy, chercheuses à l’Ined montre que le degré d’urbanisation n’est plus le seul critère.

Lire l’article et articles associés…

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Le retour de la morale à l’école http://www.blogdei.com/15746/le-retour-de-la-morale-a-lecole/ http://www.blogdei.com/15746/le-retour-de-la-morale-a-lecole/#comments Wed, 31 Aug 2011 08:31:02 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=15746

europe1.fr

Les enseignants ont reçu pour consigne pour la rentrée de proposer chaque jour une maxime.

« Il est indispensable que l’école réaffirme son engagement dans la transmission de références communes qui permettent de penser, vivre et agir ensemble », c’est l’une des consignes adressées aux enseignants du CM1 et CM2 dans la circulaire pour la rentrée, dont des extraits sont publiés dans Le Figaro . Parmi les conseils signifiés : « recourir à l’exercice classique de commentaire quotidien d’une maxime ».

« J’ai l’impression de revenir aux années 50″

Cette consigne, qui date de 2008, n’est pas assez bien appliquée déplore l’inspection générale de l’Education nationale. La raison ? Travailler sur « qui vole un œuf vole un bœuf », « pierre qui roule n’amasse pas mousse » ou encore « bien mal acquis ne profite jamais » est généralement jugé passéiste par les enseignants. C’est le cas notamment de Leslie, professeur des écoles à Paris et qu’a rencontrée Europe 1.

La jeune femme ne se voit pas réintroduire la maxime journalière. « Je ne me vois pas arriver dans ma classe et dire : ‘pierre qui roule n’amasse pas mousse, ça vous dit quoi ?’. J’ai l’impression de revenir aux années 50. Or, on a évolué dans nos mentalités. On n’a plus du tout le même public qu’avant à l’école », assure l’enseignante.

« L’école doit être de plus en plus séduisante » :

« Ce n’est pas en passant par autant de rigueur qu’on arrive à séduire les élèves », assure Leslie. Pour inculquer des valeurs, l’institutrice a choisi d’adapter les fables de Jean de La Fontaine. Et ce, avec un seul objectif : donner aux enfants le goût de l’école.

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Rassemblement « Vie et Lumière »: 300 gendarmes mobiblisés http://www.blogdei.com/15620/rassemblement-vie-et-lumiere-300-gendarmes-mobiblises/ http://www.blogdei.com/15620/rassemblement-vie-et-lumiere-300-gendarmes-mobiblises/#comments Sat, 20 Aug 2011 15:34:40 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=15620

.nouvelobs.com

Un rassemblement tzigane inquiète la population d’un village du Loiret

NEVOY, Loiret (AP) — Nevoy, un village de 1.200 habitants dans le Loiret, accueille à partir de dimanche le rassemblement d’une mission évangélique tzigane devant attirer environ 30.000 pèlerins pendant une semaine. Un afflux qui provoque une certaine inquiétude parmi la population et les élus municipaux. Le maire Michel Beeuwsaert estime même avoir été « trahi » par le ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

« La mission évangélique ‘Vie et Lumière’ organise depuis 1988 un rassemblement annuel au printemps sur le terrain de 130 hectares qu’elle possède ici et un autre durant l’été sur une base militaire française.

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Témoins de Jéhovah : la Cour Européenne des droits de l’homme condamne la France http://www.blogdei.com/14959/temoins-de-jehovah-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-condamne-la-france/ http://www.blogdei.com/14959/temoins-de-jehovah-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme-condamne-la-france/#comments Thu, 30 Jun 2011 21:35:25 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14959

le monde.fr

C’est un arrêt qui fera date. Pour la première fois, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a reconnu, jeudi 30 juin, que le gouvernement français avait violé l’article 9 de la convention européenne sur la liberté religieuse.

Plus significatif encore, cette condamnation intervient dans une affaire qui opposait l’Etat aux Témoins de Jéhovah (TJ), dont le statut d’association cultuelle est régulièrement mis en question par les administrations françaises, en dépit de décisions de justice qui lui reconnaissent ce statut.

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Vendu à plus de 40’000 exemplaires depuis février, « Le camp des saints » traité de brulôt par l’AFP http://www.blogdei.com/13832/vendu-a-plus-de-40-000-exemplaires-depuis-fevrier-le-camp-des-saints-traite-de-brulot-par-lafp/ http://www.blogdei.com/13832/vendu-a-plus-de-40-000-exemplaires-depuis-fevrier-le-camp-des-saints-traite-de-brulot-par-lafp/#comments Sat, 09 Apr 2011 18:33:16 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=13832

Nouvelles de France

Ndlr: Un ouvrage protégé par l’antériorité, mais qui, s’il était publié de nos jours, serait interdit par la censure au motif de pas moins de 87 chefs d’accusation.

Une dépêche de l’AFP s’en prend violemment au Camp des Saints, le roman de Jean Raspail, réédité par Robert Laffont 38 ans après sa sortie et déjà tiré à 40 000 exemplaires depuis février. Un succès qui ne plait pas aux médias de gauche car Jean Raspail y narre l’arrivée d’un million de clandestins sur la Côte d’Azur. Une œuvre malheureusement prophétique !

>>> lire la suite

Lire également:
>>> Le camp des saints, un succès de librairie raciste? (L’Express)
>>> Jean Raspail, écrivain ou prophète? (Agoravox)

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France: « Pas une seule voix juive pour le Front National » http://www.blogdei.com/13314/france-pas-une-seule-voix-juive-pour-le-front-national/ http://www.blogdei.com/13314/france-pas-une-seule-voix-juive-pour-le-front-national/#comments Tue, 15 Mar 2011 06:39:57 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=13314

TF1

Quelque 200 personnes se sont réunies lundi soir à la mairie du IIIe arrondissement de Paris, à l’initiative d’organisations juives, appelant à se mobiliser contre le Front National en ne lui accordant « pas une voix juive », a constaté une journaliste de l’AFP.

Cet appel « Pas une seule voix juive pour le Front National » avait été lancé par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), après la polémique née de l’invitation, par la suite retirée, de Marine Le Pen à participer à une émission de la radio communautaire Radio J.

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La France veut donner un nouvel élan à l’Union pour la Méditerranée http://www.blogdei.com/12603/la-france-veut-donner-un-nouvel-elan-a-lunion-pour-la-mediterranee/ http://www.blogdei.com/12603/la-france-veut-donner-un-nouvel-elan-a-lunion-pour-la-mediterranee/#comments Fri, 28 Jan 2011 17:55:36 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=12603

le monde.fr

La France a appelé jeudi 27 janvier « tous les gouvernements et peuples d’Europe et de la Méditerranée à donner un nouvel élan à l’Union pour la Méditerranée » (UPM), après la démission mercredi de son secrétaire général, Ahmad Massa‘deh, qui a invoqué la nécessité d’une « orientation claire ».

Créée en 2008 sur une initiative du président français, Nicolas Sarkozy, l’UPM regroupe 43 pays : les 27 de l’Union européenne, la Turquie, Israël et les pays arabes riverains de la Méditerranée.

« Plus que jamais, la France est convaincue qu’il doit exister une volonté politique de surmonter les différences afin de constituer une maison commune sur les deux rives de la Méditerranée », a déclaré lors d’un point presse le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Bernard Valero.

« Il faut que la Méditerranée cesse d’être un lieu de conflit, de violence, de tragédie, pour devenir un lieu de partage, de coopération, un grand espace de co-développement, de création, de culture, de paix », a-t-il ajouté.

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Francs-maçons: La main invisible, par Sophie Coignard http://www.blogdei.com/12550/francs-macons-la-main-invisible-par-sophie-coignard/ http://www.blogdei.com/12550/francs-macons-la-main-invisible-par-sophie-coignard/#comments Thu, 27 Jan 2011 07:48:16 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=12550

Le point.fr

La nomination d’Henri Proglio à la tête d’EDF ou les millions versés par l’État à Bernard Tapie, une histoire de frères…

La reconduction de François Fillon à Matignon est une défaite des francs-maçons, dont beaucoup soutenaient ouvertement Jean-Louis Borloo, qui, en tant que chef du Parti radical, incarne la tradition fraternelle au sein de la République.

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Jésus-Christ pleurant sur Jérusalem http://www.blogdei.com/12351/jesus-christ-pleurant-sur-jerusalem/ http://www.blogdei.com/12351/jesus-christ-pleurant-sur-jerusalem/#comments Sun, 16 Jan 2011 09:47:42 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=12351

soleil d’orient

extrait de : le siège de Paris

par Ernest Dhombres (1824-1894)

« Discours prononcé le 4 septembre 1870 au Temple du SE »


NOTE

Le jour où ce discours fut prononcé, la France passait en quelques heures du régime impérial à la forme républicaine. Cette révolution s’accomplit, grâces à Dieu, sans effusion de sang.

La veille, les désastreuses nouvelles du théâtre de la guerre avaient transpiré dans le public à travers les réticences embarrassées du gouvernement et les coupables illusions dont il n’avait cessé de bercer notre pays. Ces nouvelles avaient été confirmées au Corps législatif dans une courte séance de nuit, et, dès les premières heures du 4 septembre, Paris consterné lisait sur les affiches qui couvraient ses murs la catastrophe de Sedan ! Il apprenait que l’empereur s’était constitué prisonnier de guerre, avait rendu son épée au roi de Prusse, et imposé une capitulation sans nom à une armée de 100 000 hommes qui allait prendre, humiliée et frémissante, le chemin de l’exil, tandis que les forces ennemies étaient libres de se jeter sur la route de Paris.

La douleur, l’indignation, la honte remplissaient les âmes. Pendant la célébration du culte, le reflet de ces impressions désolées était visible sur tous les visages, et l’auditoire le retrouvait sans doute dans la voix altérée et sur le front pâli du prédicateur.

Après le service, en nous promenant à travers Paris, nous trouvâmes son aspect modifié depuis le matin. Le bruit d’un changement de gouvernement commençait à se répandre, et les cœurs soulagés se rouvraient à l’espoir. Vers quatre heures, des groupes nombreux se forment, de longs cortèges défilent sur les boulevards. On y voit, au milieu d’une foule immense, des gardes nationaux portant des bouquets au bout de leur fusil, et l’on entend sortir de ces rangs pressés, mais s’avançant en bon ordre, le cri joyeux de : Vive la République!

En effet, elle venait de reparaître pour la troisième fois dans notre histoire, cette forme de gouvernement qui, faisant appel à toutes les forces vives d’une nation, se présente et s’impose comme d’elle-même à l’heure des grandes crises. Le 4 septembre elle était l’irrésistible expression d’une réaction unanime contre le pouvoir personnel, et, en rappelant les campagnes de 1792, elle semblait assurer à la France l’expulsion de l’étranger. Nous n’avons point à nous prononcer ici sur la manière dont elle fut proclamée. A cinq heures elle était un fait accompli et un nouveau gouvernement, qui prit le nom de Gouvernement de la défense nationale, était installé à l’Hôtel-de-Ville. « Le peuple, lisons-nous dans la première proclamation qui fut affichée sur les murs de Paris, le peuple a devancé la Chambre, qui hésitait. Pour sauver la patrie en danger, il a demandé la République. Il a mis ses représentants non au pouvoir, mais au péril. »

Vers cinq heures et demie, je me dirigeai vers le jardin des Tuileries que je trouvai presque désert. Je m’avançai jusqu’au palais qui était entouré par une population nombreuse mais paisible, et gardé par de simples citoyens. L’impératrice venait de quitter ces lieux témoins de tant de splendeurs, mais aussi de tant de déceptions et de larmes. Quelle que fût mon indignation contre un régime qui avait amené ma patrie à ce degré d’humiliation et de douleur, je ne pus me défendre de cette émotion profonde et attendrie qui saisit toujours l’âme humaine à la vue d’une grande infortune, et je demandai ardemment à Dieu de bénir l’ère nouvelle qui se levait sur la France.

Pendant la soirée et pendant une partie de la nuit, des groupes nombreux parcoururent la grande ville, mais sans désordre et sans tumulte ; et Paris s’endormit dans cette double pensée : le pouvoir impérial est tombé, l’élan national sauvera la France. Ces deux idées s’associaient dans tous les esprits ; mais tout homme sérieux se disait à lui-même que la chute d’un trône était plus facile que le relèvement d’une nation ; car pour renverser un pouvoir il suffit de quelques heures, tandis que pour sauver un peuple du double péril de l’invasion et d’une formidable crise intérieure, il faut l’effort héroïque des armées, les vertus de tous les citoyens et une insigne bénédiction de Dieu.

Jésus-Christ pleurant sur Jérusalem

« Lorsque Jésus fut proche de la ville, en la voyant il pleura sur elle et dit : oh ! si tu avais reconnu, au moins en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux. Car les jours viendront que tes ennemis t’environneront de tranchées et t’enfermeront et te serreront de toutes parts ; et ils te détruiront entièrement, toi et tes enfants qui sont au milieu de toi ; et ils ne te laisseront pierre sur pierre, parce que tu n’as point connu le temps de ta visitation. » (Luc 19.41-44)

Jésus nous instruit jusque par ses larmes. Quand il pleure au sépulcre de Lazare, il nous apparaît comme éprouvant et consacrant les grandes douleurs de la vie. Dans ce deuil, il porte tous nos deuils ; dans cette tombe, il voit s’ouvrir toutes nos tombes et s’unit à nos adieux funèbres.

Quand il pleure sur Jérusalem, Jésus nous apparaît comme éprouvant et consacrant un autre ordre de douleurs, les douleurs patriotiques. Toutes les souffrances que causent à un citoyen l’oppression de l’étranger, l’humiliation de son peuple, les désastres du sol natal, trouvent un écho vibrant dans son cœur.

Mais il faut pénétrer jusqu’aux sources les plus profondes des larmes de Jésus. Près du sépulcre de Lazare, ce n’est pas seulement sur le deuil et la mort qu’il gémit, c’est sur le péché, cause première des douleurs humaines. En présence de Jérusalem vouée à la ruine, ce n’est pas seulement sur sa perte matérielle qu’il pleure, c’est sur sa perte morale ; et s’il laisse échapper cette plainte prophétique : Les jours viendront que tes ennemis t’environneront de tranchées et te serreront de toutes parts ; il ne s’écrie pas avec moins de tristesse : Oh ! si tu eusses reconnu, au moins en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix !…Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux.

Contemplons aujourd’hui cette double douleur de Jésus.

Si la parole de Dieu, toujours actuelle parce qu’elle est éternelle, a pu quelquefois retentir à nos esprits distraits comme une voix, étrangère, indirecte, lointaine…aujourd’hui, comme elle répondit nos préoccupations les plus vives ! comme elle va droit à nos cœurs angoissés ! La distance des temps et des lieux s’efface, dix-huit siècles s’évanouissent, et il semble que Jésus lui-même, présent au milieu de nous, prononce sur notre peuple et sur notre propre cité les paroles désolées qu’il prononça sur Jérusalem.

Notre Sauveur éprouve toutes les douleurs du patriotisme parce qu’il en éprouve toutes les affections. Celui qui était venu du ciel, mais né de la terre, devait connaître cet instinct sacré qui attache l’homme au sol natal. Son patriotisme était exempt d’étroitesse, de préjugés, de passion, d’injustice, dominé par la pensée de Dieu, agrandi par les horizons éternels, mais réel, profond, intense comme tous les sentiments purs de l’âme humaine. Aussi, lorsque de cette route de Béthanie à Jérusalem où la foule lui décerne un touchant mais passager triomphe, il voit tout d’un coup apparaître la colline de Sion, la cité Sainte et son temple magnifique, lui qui sait tout ce qui se cache de déchéance et d’infortune morale sous cette splendeur apparente, lui qui lit dans un avenir prochain la sentence de condamnation prononcée sur la ville rebelle, lui qui entend déjà comme les pas précipités des légions romaines et comme le vol des aigles s’assemblant autour de ce corps mort qui fut la race élue ! — il s’émeut d’une immense compassion pour cette patrie si ingrate mais si malheureuse, et, ne pouvant contenir le flot de douleur qui monte à son cœur d’Israélite, il le laisse s’épancher en un torrent de larmes !…Voici, les jours viennent que tes ennemis t’environneront de tranchées et te serreront de toutes parts…et ils ne te laisseront pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps de ta visitation.

….

Ces jours sont arrivés (NDE : 1870), et notre patriotisme, comme celui de Jésus, doit se répandre tout entier en douleur. Depuis cette guerre funeste dans laquelle nous avons été jetés par des pouvoirs et par des initiatives, par des desseins et par des paroles que nous n’avons pas à juger ici, mais, que Dieu et l’histoire jugeront… ; quelle série de revers et de souffrances ! Ces premiers chocs supportés avec tant de vaillance par nos soldats qui luttaient un contre dix ; ces provinces envahies, et déjà traitées en pays conquis ; une ville qui nous est deux fois chère subissant un siège conduit avec barbarie ; nos forces désorganisées cherchant à se rejoindre par une succession de combats malheureux qui devaient aboutir à un désastre sans exemple et à une capitulation sans nom…, et en perspective l’accomplissement littéral pour notre belle capitale de ces paroles de Jésus : Voici tes ennemis t’environneront de tranchées et te serreront de toutes parts! — ah ! pleurons ! Quelle que soit l’espérance que nous avons au cœur, quelle que soit notre confiance en ce Dieu qui, lorsqu’il le voudra, nous enverra la délivrance, pleurons, pleurons encore ! Malheur à celui qui pourrait respirer à l’aise tant que le pied de l’étranger foule le sol de la patrie ! Malheur à celui qui ne se sentirait pas outragé par ce qui outrage la France, prisonnier avec ses captifs, gémissant avec ses blessés, mourant avec ses morts, en deuil avec ses familles en deuil ! Pleurs de Jésus, coulez de nos yeux ! Et pendant que nos soldats versent les flots de leur sang, nous, au moins, répandons sous les voûtes de ce temple toutes nos larmes de français et de chrétiens !

Mais ce n’est pas sur les dévastations de sa patrie que Jésus pleure, c’est sur le désastre moral dont cette ruine est le châtiment. Oh ! si tu eusses connu, en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux ! Ces choses qui appartiennent à la paix de Jérusalem et qu’elle n’a pas voulu connaître, ce sont les miséricordieux desseins de Dieu à son égard, qui se résument dans le don de son Fils. Recevoir Jésus-Christ, voilà la paix de Jérusalem : le rejeter, voilà sa perte. Tout, au sein du peuple Israélite, est dirigé de Dieu pour l’amener aux pieds de Jésus-Christ. La loi a pour but de tenir en éveil sa conscience, de le convaincre de péché et de le faire soupirer après un Rédempteur. La prophétie lui montre le Christ et rattache à sa venue le relèvement de Sion. Les institutions cérémonielles préfigurent dans leur ensemble et par mille détails la médiation souveraine qui doit réconcilier l’homme avec Dieu. L’histoire, par ses alternatives de succès et de revers, d’humiliations et de délivrances, est destinée à ne jamais laisser le peuple satisfait du présent et à porter ses regards sur l’avenir Messianique qui seul réalisera son infatigable espérance. Eh bien, il résiste à toutes ces lumières, il tourne en. dissolution toutes ces grâces. La loi, il l’amoindrit et l’abaisse, et à son tour elle l’endort dans une fausse sécurité, au lieu d’être pour lui un pressant aiguillon. La prophétie, dénaturée par ses rêves charnels, ne fait qu’exalter son orgueil. Son culte, plein de majestueux symboles, se pétrifie en un formalisme étroit et sans vie. L’histoire, avec ses déceptions cruelles, ne lui enseigne ni l’humilité, ni le retour à Dieu…Le Christ paraît ; il descend sur cette terre de Judée qui contemple sa gloire ; il parle sur la pente de ses montagnes ou sur le bord de ses lacs comme nul homme ne parla ; il y accomplit des œuvres que nul autre n’a faites ; il y brille de cette sainteté sans tache qui est comme le vêtement transparent de sa divinité…Mais les siens ne l’ont point reçu… Les Israélites entrent dans une lutte, sourde d’abord, puis ouverte avec celui qui leur apporte la paix ; ils ferment peu à peu leurs cœurs à cette vérité vivante,1 ils préfèrent leurs ténèbres à cette pure lumière, et s’enfonçant dans une incrédulité et une haine croissantes, ils rejettent enfin le Christ, et avec lui le salut et la vie !…Oh ! Voyez-vous Jésus suivant dans le secret des cœurs le progrès de cet endurcissennent et son terme nécessaire, la ruine ! Le voyez-vous contemplant la suprême catastrophe de Jérusalem et ne pouvant l’empêcher, malgré toutes ses compassions, car ce sont ses compassions mêmes que Jérusalem rejette, comme un malheureux englouti par les flots repousserait la main qui lui est tendue et périrait sous l’œil désolé de son libérateur ! Comprenez-vous maintenant toute l’amertume des larmes de Jésus ? Comprenez-vous tout ce qu’il y a d’incompréhensible douleur dans cette parole : Oh ! si tu eusses connu, au moins en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix…Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux !

Revenons à nous-mêmes, mes frères. En présence des grands événements qui s’accomplissent, le chrétien se recueille pour écouter la voix de Dieu. De la scène bruyante et agitée du monde extérieur, il porte ses regards sur le monde intérieur et se demande si ce n’est pas là qu’il faut chercher les causes secrètes des bouleversements dont il est témoin. Or quand il considère soit en lui, soit autour de lui l’état général des âmes, y voit-il régner l’ordre, la justice, l’harmonie, le bien, la volonté de Dieu ? Et n’entend-il pas la voix attristée de Jésus-Christ dire à cette génération : Oh ! si tu eusses connu les choses qui appartiennent à ta paix !…

Ces choses qui appartiennent à notre paix, ne sont-elles pas pour nous comme pour Israël, et avec une évidence plus pressante encore, celles qui se résument dans ce grand mot : l’Évangile, dans ce grand nom : Jésus-Christ ? Recevoir l’Évangile, recevoir Jésus-Christ, n’est-ce pas, après une expérience de dix-huit siècles, la paix de nos âmes, la paix de nos familles, la paix de notre peuple ? Que lui manquerait-il à ce peuple, s’il connaissait l’Évangile, s’il connaissait Jésus-Christ ?…Mais regardez où nous en sommes, avec tous nos signes extérieurs de christianisme. Quelle incrédulité, quel scepticisme, quelle ignorance, quelle indifférence, quel athéisme pratique ! Dieu et le ciel, ces réalités que le Christ rend vivantes, semblent se voiler et disparaître, et les âmes se courbent vers la terre. Où Dieu ne règne plus, le monde règne avec ses convoitises ; où les instincts supérieurs s’affaiblissent, les instincts inférieurs se renforcent, et l’homme s’asservit de plus en plus, à des degrés divers et sous des formes diverses, au culte de l’égoïsme et des intérêts matériels. De là, dans la vie publique, la faiblesse des convictions, la frayeur des responsabilités et des initiatives, l’acceptation docile du fait accompli, le désintéressement des grands devoirs patriotiques et du bien général, l’abdication insouciante aux mains du pouvoir qu’on sait bien critiquer mais non contrôler sérieusement, et auquel on laisse tout faire, pourvu qu’il garantisse notre repos, nos positions et nos biens ; et avec cela, une prodigieuse infatuation de nous-mêmes, une illusion permanente sur notre force nationale, un dédain de l’étranger qui n’est égalé que par notre ignorance. D’autre part, dans les mœurs privées, un relâchement qui frappe l’observateur le moins sévère. Où est l’antique simplicité ? où est l’antique bonne foi ? où est l’antique pudeur ? Le sentiment du devoir s’affaiblit, la conscience est molle et complaisante, les vertus de famille sont rares, les habitudes sobres et laborieuses se perdent, chacun veut gagner et jouir, la soif du luxe et du bien-être s’empare de toutes les âmes ; et la corruption à laquelle notre siècle offre des facilités inconnues, la corruption excitée par la littérature, par les arts, par les spectacles, va se propageant dans les provinces les plus reculées, et atteint dans les grandes villes, dans notre capitale surtout, ces proportions colossales qui appellent un jour ou l’autre, sur un pays les jugements de Dieu !

Si ce jour ne venait pas, mes frères, si à certains moments de l’histoire, la puissance du mal n’apparaissait pas comme une puissance de malédiction, il n’y aurait point de limite à ses ravages et la perte morale d’une nation serait irréparable…Mais tout-à-coup Dieu se lève pour juger la terre. Il dit aux péchés des princes et aux péchés des peuples, aux péchés des familles et aux péchés des individus : portez vos fruits amers…et ils les portent, et nous somme forcés de les savourer. Un fléau se déchaîne, la guerre, le plus terrible de tous parce qu’ici l’homme châtie l’homme avec tout l’acharnement de ses passions, avec toutes les ressources de son génie. Alors la fiction d’une fraternité universelle se dissipe en un instant, la civilisation la plus brillante se tourne en sanglante barbarie, le vice d’une politique énervante se révèle soudain, une grande nation se cherche elle-même et ne se trouve plus, l’édifice d’une prospérité factice s’écroule, la richesse tant convoitée fait place à une ruine rapide, le bien-être tant recherché se change en souffrance, et Babylone assoupie dans l’ivresse du plaisir se réveille dans le sang !

Humilions-nous donc sous la puissante main de Dieu et reconnaissons que dans ces campagnes ravagées, dans ces récoltes anéanties, dans ces villes assiégées, dans ces armées jonchant le sol, ou emmenées prisonnières, dans ces désastres consommés et dans ceux qui nous menacent encore, c’est Dieu qui frappe et qui châtie les péchés de notre politique, les péchés de notre littérature, les péchés de notre civilisation, les péchés de nos riches et de nos pauvres, les péchés de notre peuple, les péchés de nos Églises…. oui, les péchés de nos Églises, car nous tous qui avons une foi au cœur, nous n’avons pas été à la hauteur des devoirs qu’elle créait pour nous : nous n’avons pas été le sel de la terre, la lumière du monde ; nous avons été plus ou moins les complices de l’iniquité générale, si ce n’est par une participation directe, du moins par une participation indirecte, par « cette faiblesse du bien (une voix austère l’a dit au milieu de nous) plus redoutable que la puissance du mal » ! Ne nous distinguons donc pas de notre peuple humilié et châtié, mais plutôt mettons-nous à sa tête, pour jeter avec lui, du fond de l’abîme, ce cri de la détresse humaine à la pitié céleste « O Dieu, nous avons péché ! O Dieu aie pitié de nous ! »

Et Il aura pitié de nous, mes frères ! Ah ! malgré toutes nos misères, nous espérons que nous n’avons pas encore atteint ce degré d’endurcissement qui précède la ruine irréparable. Non, nous n’avons pas définitivement rejeté l’Évangile, nous n’avons pas repoussé, nous ne voulons pas repousser Jésus-Christ. Non, nous ne voulons pas méconnaître le jour de notre visitation. Non, les choses qui appartiennent à notre paix ne sont, point cachées à nos yeux. Elles nous apparaissent, au contraire, avec plus de puissance que jamais à la lueur du terrible orage !


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Quand les profs craquent http://www.blogdei.com/11554/quand-les-profs-craquent/ http://www.blogdei.com/11554/quand-les-profs-craquent/#comments Wed, 17 Nov 2010 15:01:22 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=11554

Blogs.lexpress.fr

Le magazine de Canal  + Lundi Investigation vient de consacrer un sujet aux « profs qui craquent« . 52 minutes assez classiques, où sont passées en revue des cas de violence scolaire ordinaire, du lycée Camille Claudel de Mantes-la-Ville, où, en mai dernier, un jeune avait agressé deux élèves et un enseignant, au collège Martin Luther King de Calais, où deux bombes artisanales avaient été jetées contre une surveillante en avril. On y reparle de Karen Montet Toutain, poignardée en 2005, et l’on rappelle que la massification de l’enseignement, décidée dans les années 1980, en intégrant de nouveaux profils d’élèves, issus de milieux moins favorisés,  peut aussi expliquer une partie des flambées de violence auxquelles doit faire face l’Education nationale. Intéressant, mais connu

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De l’esprit de révolte dans les sociétés http://www.blogdei.com/11215/de-l%e2%80%99esprit-de-revolte-dans-les-societes-ou-la-genese-et-les-racines-du-developpement-des-grandes-secousses-revolutionnaires/ http://www.blogdei.com/11215/de-l%e2%80%99esprit-de-revolte-dans-les-societes-ou-la-genese-et-les-racines-du-developpement-des-grandes-secousses-revolutionnaires/#comments Tue, 26 Oct 2010 13:32:21 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=11215

Auteur : Pierre Kropotkine (1842- 1921)

Source : la revue des ressources

Voyez comment, en ce texte vieux de treize décennies, le jeune anarchiste russe attire l’attention sur les contributions essentielles de quidams à l’avènement de la Révolution française, et voyez à quel point ce texte est sans rapport avec la situation des sociétés européennes actuelles…


I- Le terreau fertile

Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des Etats, sur les lois d’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le cabaret, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruine ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui.

Un besoin de vie nouvelle se fait sentir. Le code de moralité établi, celui qui gouverne la plupart des hommes dans leur vie quotidienne ne paraît plus suffisant. On s’aperçoit que telle chose, considérée auparavant comme équitable, n’est qu’une criante injustice : la moralité d’hier est reconnue aujourd’hui comme étant d’une immoralité révoltante. Le conflit entre les idées nouvelles et les vieilles traditions éclate dans toutes les classes de la société, dans tous les milieux, jusque dans le sein de la famille. Le fils entre en lutte avec son père : il trouve révoltant ce que son père trouvait tout naturel durant toute sa vie ; la fille se révolte contre les principes que sa mère lui transmettait comme le fruit d’une longue expérience. La conscience populaire s’insurge chaque jour contre les scandales qui se produisent au sein de la classe des privilégiés et des oisifs, contre les crimes qui se commettent au nom du droit du plus fort, ou pour maintenir les privilèges. Ceux qui veulent le triomphe de la justice ; ceux qui veulent mettre en pratique les idées nouvelles, sont bien forcés de reconnaître que la réalisation de leurs idées généreuses, humanitaires, régénératrices, ne peut avoir lieu dans la société, telle qu’elle est constituée : ils comprennent la nécessité d’une tourmente révolutionnaire qui balaie toute cette moisissure, vivifie de son souffle les cœurs engourdis et apporte à l’humanité le dévouement, l’abnégation, l’héroïsme, sans lesquels une société s’avilit, se dégrade, se décompose. La machine gouvernementale, chargée de maintenir l’ordre existant, fonctionne encore. Mais, à chaque tour de ses rouages détraqués, elle se butte et s’arrête. Son fonctionnement devient de plus en plus difficile, et le mécontentement excité par ses défauts, va toujours croissant. Chaque jour fait surgir de nouvelles exigences. « Réformez ceci, réformez cela ! » crie-t-on de tous côtés. « Guerre, finance, impôts, tribunaux, police, tout est à remanier, à réorganiser, à établir sur de nouvelles bases. » disent les réformateurs. Et cependant, tous comprennent qu’il est impossible de refaire, de remanier quoi que ce soit, puisque tout se tient ; tout serait à refaire à la fois ; et comment refaire, lorsque la société est divisée en deux camps ouvertement hostiles ? Satisfaire les mécontents, serait en créer de nouveaux.

Incapables de se lancer dans la voie des réformes, puisque ce serait s’engager dans la Révolution ; en même temps, trop impuissants pour se jeter avec franchise dans la réaction, les gouvernements s’appliquent aux demi-mesures, qui peuvent ne satisfaire personne et ne font que susciter de nouveaux mécontentements. Les médiocrités qui se chargent à ces époques transitoires de mener la barque gouvernementale, ne songent plus d’ailleurs qu’à une seule chose : s’enrichir, en prévision de la débâcle prochaine. Attaqués de tous côtés, ils se défendent maladroitement, ils louvoient, ils font sottise sur sottise, et ils réussissent bientôt à trancher la dernière corde de salut ; ils noient le prestige gouvernemental dans le ridicule de leur incapacité. A ces époques, la Révolution s’impose. Elle devient une nécessité sociale ; la situation est une situation révolutionnaire.

Lorsque nous étudions chez nos meilleurs historiens la genèse et le développement des grandes secousses révolutionnaires, nous trouvons ordinairement sous ce titre : « Les Causes de la Révolution », un tableau saisissant de la situation à la veille des évènements. La misère du peuple, l’insécurité générale, les mesures vexatoires du gouvernement, les scandales odieux qui étalent les grands vices de la société, les idées nouvelles cherchant à se faire jour et se heurtant contre l’incapacité des suppôts de l’ancien régime, rien n’y manque. En contemplant ce tableau, on arrive à la conviction que la Révolution était inévitable en effet, qu’il n’y avait pas d’autre issue que la voie des faits insurrectionnels. Prenons pour exemple la situation d’avant 1789, telle que nous la montrent les historiens. Vous croyez entendre le paysan se plaindre de la gabelle, de la dîme, des redevances féodales, et vouer dans son cœur une haine implacable au seigneur, au moine, à l’accapareur, à l’intendant. Il vous semble voir les bourgeois se plaindre d’avoir perdu leurs libertés municipales et accabler le roi sous le poids de leurs malédictions. Vous entendez le peuple blâmer la reine, se révolter au récit de ce que font les ministres, et se dire à chaque instant que les impôts sont intolérables et les redevances exorbitantes, que les récoltes sont mauvaises et l’hiver trop rigoureux, que les vivres sont trop chers et les accapareurs trop voraces, que les avocats de village dévorent la moisson du paysan, que le garde champêtre veut jouer au roitelet, que la poste même est mal organisée et les employés trop paresseux… Bref, rien ne marche, tous se plaignent. « Cela ne peut plus durer, ça finira mal ! » se dit-on de tous les côtés.

De l’insurrection à la révolte

Mais, de ces raisonnements paisibles à la révolte, il y a tout un abîme, celui qui sépare, chez la plus grande partie de l’humanité, le raisonnement de l’acte, la pensée de la volonté, du besoin d’agir. Comment donc cet abîme a-t-il été franchi ? Comment ces hommes qui, hier encore, se plaignaient tout tranquillement de leur sort, en fumant leurs pipes, et qui, un moment après, saluaient humblement ce même garde champêtre et ce gendarme dont ils venaient de dire du mal, comment, quelques jours plus tard, ces mêmes hommes ont-ils pu saisir leurs faux et leurs bâtons ferrés et sont-ils allés attaquer dans son château le seigneur, hier encore si terrible ? Par quel enchantement, ces hommes que leurs femmes traitaient avec raison de lâches se sont-ils transformés aujourd’hui en héros, qui marchent sous les balles et sous la mitraille à la conquête de leurs droits ? Comment ces paroles, tant de fois prononcées jadis et qui se perdaient dans l’air comme le vain son des cloches, se sont-elles enfin transformées en actes ?

La réponse est facile. C’est l’action, l’action continue, renouvelée sans cesse, des minorités, qui opère cette transformation. Le courage, le dévouement, l’esprit de sacrifice, sont aussi contagieux que la poltronnerie, la soumission et la panique.

Quelles formes prendra l’agitation ?

Eh bien, toutes les formes, les plus variées, qui lui seront dictées par les circonstances, les moyens, les tempéraments. Tantôt lugubre, tantôt railleuse, mais toujours audacieuse, tantôt collective, tantôt purement individuelle, elle ne néglige aucun des moyens qu’elle a sous la main, aucune circonstance de la vie publique, pour tenir toujours l’esprit en éveil, pour propager et formuler le mécontentement, pour exciter la haine contre les exploiteurs, ridiculiser les gouvernants, démontrer leur faiblesse, et surtout et toujours, réveiller l’audace, l’esprit de révolte, en prêchant d’exemple.

II

Lorsqu’une situation révolutionnaire se produit dans un pays, sans que l’esprit de révolte soit encore assez éveillé dans les masses pour se traduire par des manifestations tumultueuses dans la rue, ou par des émeutes et des soulèvements, c’est par l’action que les minorités parviennent à réveiller ce sentiment d’indépendance et ce souffle d’audace sans lesquels aucune révolution ne saurait s’accomplir. Hommes de cœur qui ne se contentent pas de paroles, mais qui cherchent à les mettre à exécution, caractères intègres, pour qui l’acte fait un avec l’idée, pour qui la prison, l’exil et la mort sont préférables à une vie restant en désaccord avec leurs principes ; hommes intrépides qui savent qu’il faut oser pour réussir, ce sont les sentinelles perdues qui engagent le combat, bien avant que les masses soient assez excitées pour lever ouvertement le drapeau de l’insurrection et marcher, les armes à la main, à la conquête de leurs droits.

Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. Il se peut qu’au premier abord la masse soit indifférente. Tout en admirant le courage de l’individu ou du groupe initiateur, il se peut qu’elle veuille suivre d’abord les sages, les prudents, qui s’empressent de taxer cet acte de « folie » et de dire que « les fous, les têtes brûlées vont tout compromettre. » Ils avaient si bien calculé, ces sages et ces prudents, que leur parti, en poursuivant lentement son œuvre, parviendrait dans cent ans, dans deux cents ans, trois cents ans peut-être, à conquérir le monde entier, et voilà que l’imprévu s’en mêle ;

l’imprévu, bien entendu, c’est ce qui n’a pas été prévu par eux, les sages et les prudents. Quiconque connaît un bout d’histoire et possède un cerveau tant soit peu ordonné, sait parfaitement d’avance qu’une propagande théorique de la Révolution se traduira nécessairement par des actes, bien avant que les théoriciens aient décidé que le moment d’agir est venu ; néanmoins, les sages théoriciens se fâchent contre les fous, les excommunient, les vouent à l’anathème. Mais les fous trouvent des sympathies, la masse du peuple applaudit en secret à leur audace et ils trouvent des imitateurs. A mesure que les premiers d’entre eux vont peupler les geôles et les bagnes, d’autres viennent continuer leur œuvre ; les actes de protestation illégale, de révolte et de vengeance se multiplient.

De l’indifférence à l’adhésion de la masse

L’indifférence est désormais impossible. Ceux qui, au début, ne se demandaient même pas ce que veulent les « fous » sont forcés de s’en occuper, de discuter leurs idées, de prendre parti pour ou contre. Par les faits qui s’imposent à l’attention générale, l’idée nouvelle s’infiltre dans les cerveaux et conquiert des prosélytes. Tel acte fait en quelques jours plus de propagande que des milliers de brochures.

Surtout, il réveille l’esprit de révolte, il fait germer l’audace. L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait. Tel acte audacieux a suffi pour bouleverser pendant quelques jours la machine gouvernementale, pour ébranler le colosse ; telle émeute a mis sens dessus-dessous toute une province, et la troupe, toujours si imposante, a reculé devant une poignée de paysans, armés de pierres et de bâtons ; le peuple s’aperçoit que le monstre n’est pas aussi terrible qu’on le croyait, il commence à entrevoir qu’il suffira de quelques efforts énergiques pour le terrasser. L’espoir naît dans les cœurs, et souvenons-nous que si l’exaspération pousse souvent aux émeutes, c’est toujours l’espoir de vaincre qui fait les révolutions.

Le gouvernement résiste : il sévit avec fureur. Mais, si jadis la répression tuait l’énergie des opprimés, maintenant, aux époques d’effervescence, elle produit l’effet contraire. Elle provoque de nouveaux faits de révolte, individuelle et collective ; elle pousse les révoltés à l’héroïsme, et de proche en proche ces actes gagnent de nouvelles couches, se généralisent, se développent. Le parti révolutionnaire se renforce d’éléments qui jusqu’alors lui étaient hostiles, ou qui croupissaient dans l’indifférence. La désagrégation gagne le gouvernement, les classes dirigeantes, les privilégiés : les uns poussent à la résistance à outrance, les autres se prononcent pour les concessions, d’autres encore vont jusqu’à se déclarer prêts à renoncer pour le moment à leurs privilèges, afin d’apaiser l’esprit de révolte, quitte à le maîtriser plus tard. La cohésion du gouvernement et des privilégiés est rompue.

Les classes dirigeantes peuvent essayer encore de recourir à une réaction furieuse. Mais ce n’est plus le moment ; la lutte n’en devient que plus aiguë, et la Révolution qui s’annonce n’en sera que plus sanglante. D’autre part, la moindre des concessions de la part des classes dirigeantes, puisqu’elle arrive trop tard, puisqu’elle est arrachée par la lutte, ne fait que réveiller davantage l’esprit révolutionnaire. Le peuple qui, auparavant, se serait contenté de cette concession, s’aperçoit que l’ennemi fléchit : il prévoit la victoire, il sent croître son audace, et ces mêmes hommes qui jadis, écrasés par la misère, se contentaient de soupirer en cachette, relèvent maintenant la tête et marchent fièrement à la conquête d’un meilleur avenir.

Enfin, la Révolution éclate, d’autant plus violente que la lutte précédente a été plus acharnée.

La direction que prendra la Révolution dépend certainement de toute la somme des circonstances variées qui ont déterminé l’arrivée du cataclysme. Mais elle peut être prévue à l’avance, d’après la force d’action révolutionnaire déployée dans la période préparatoire par les divers partis avancés.

Tel parti aura mieux élaboré les théories qu’il préconise et le programme qu’il cherche à réaliser, il l’aura beaucoup propagé par la parole et par la plume. Mais il n’a pas suffisamment affirmé ses aspirations au grand jour, dans la rue, par des actes qui soient la réalisation de la pensée qui lui est propre ; il a eu la puissance théorique, mais il n’a pas eu la puissance d’action ; ou bien il n’a pas agi contre ceux qui sont ses principaux ennemis, il n’a pas frappé les institutions qu’il vise à démolir ; il n’a pas contribué à réveiller l’esprit de révolte, ou il a négligé de le diriger contre ce qu’il cherchera surtout à frapper lors de la Révolution. Eh bien, ce parti est moins connu ; ses affirmations n’ont pas été affirmées continuellement, chaque jour, par des actes dont le retentissement atteint les cabanes les plus isolées, ne se sont pas suffisamment infiltrées dans la masse du peuple ; elles n’ont pas passé par le creuset de la foule et de la rue et n’ont pas trouvé leur énoncé simple, qui résume en un seul mot, devenu populaire. Les écrivains les plus zélés du parti sont connus par leurs lecteurs pour des penseurs de mérite, mais ils n’ont ni la réputation, ni les capacités de l’homme d’action ; et le jour où la foule descendra dans la rue, elle suivra plutôt les conseils de ceux qui ont, peut-être, des idées théoriques moins nettes et des aspirations moins larges, mais qu’elle connaît mieux, parce qu’elle les a vu agir.

Des moyens d’agitation qui réveillent l’esprit de révolte

Le parti qui a le plus fait d’agitation révolutionnaire, qui a le plus manifesté de vie et d’audace, ce parti sera le plus écouté le jour où il faudra agir, où il faudra marcher de l’avant pour accomplir la Révolution. Celui qui n’a pas eu l’audace de s’affirmer par des actes révolutionnaires dans la période préparatoire, celui qui n’a pas eu une force d’impulsion assez puissante pour inspirer aux individus et aux groupes le sentiment d’abnégation, le désir irrésistible de mettre leurs idées en pratique (si ce désir avait existé, il se serait traduit par des actes, bien avant que la foule tout entière ne soit descendue dans la rue), celui qui n’a pas su rendre son drapeau populaire et palpables ses aspirations et compréhensibles, ce parti n’aura qu’une maigre chance de réaliser la moindre part de son programme. Il sera débordé par les partis d’action. Voilà ce que nous enseigne l’histoire des périodes qui précédèrent les grandes révolutions. La bourgeoisie révolutionnaire l’a parfaitement compris : elle ne négligeait aucun moyen d’agitation pour réveiller l’esprit de révolte, lorsqu’elle cherchait à démolir le régime monarchique : le paysan français du siècle passé le comprenait aussi instinctivement lorsqu’il s’agitait pour l’abolition des droits féodaux, et l’Internationale, du moins une partie de l’Association, agissait d’accord avec ces mêmes principes, lorsqu’elle cherchait à réveiller l’esprit de révolte au sein des travailleurs des villes, et à le diriger contre l’ennemi naturel du salarié l’accapareur des instruments de travail et des matières premières.

III

Une étude serait à faire, intéressante au plus haut degré, attrayante, et surtout instructive une étude sur les divers moyens d’agitation auxquels les révolutionnaires ont eu recours à diverses époques, pour accélérer l’éclosion de la révolution, pour donner aux masses la conscience des évènements qui se préparaient, pour mieux désigner au peuple ses principaux ennemis, pour réveiller l’audace et l’esprit de révolte. Nous savons tous très bien pourquoi telle révolution est devenue nécessaire, mais ce n’est que par instinct et par tâtonnements que nous parvenons à deviner comment les révolutions ont germé.

L’état-major prussien a publié dernièrement un ouvrage à l’usage de l’armée, sur l’art de vaincre les insurrections populaires, et il enseigne, dans cet ouvrage, comment l’armée doit agir pour éparpiller les forces du peuple. Aujourd’hui, on veut porter des coups sûrs, égorger le peuple selon toutes les règles de l’art. Eh bien, l’étude dont nous parlons serait une réponse à cette publication et à tant d’autres qui traitent le même sujet, quelquefois avec moins de cynisme. Elle montrerait comment on désorganise un gouvernement, comment on relève le moral d’un peuple, affaissé, déprimé par la misère et l’oppression qu’il a subies.

Jusqu’à présent, pareille étude n’a pas été faite. Les historiens nous ont bien raconté les grandes étapes, par lesquelles l’humanité a marché vers son affranchissement, mais ils ont peu prêté d’attention aux périodes qui précédèrent les révolutions. Absorbés par les grands drames qu’ils essayèrent d’esquisser, ils ont glissé d’une main rapide sur le prologue, mais c’est ce prologue qui nous intéresse surtout.

Et cependant, quel tableau plus saisissant, plus sublime et plus beau que celui des efforts qui furent faits par les précurseurs des révolutions ! ! Quelle série incessante d’efforts de la part des paysans et des hommes d’action de la bourgeoisie avant 1789 ; quelle lutte persévérante de la part des républicains, depuis la restauration des Bourbons en 1815, jusqu’à leur chute en 1830 ; quelle activité de la part des sociétés secrètes pendant le règne du gros bourgeois Louis-Philippe ! Quel tableau poignant que celui des conspirations faites par les Italiens pour secouer le joug de l’Autriche, de leurs tentatives héroïques, des souffrances inénarrables de leurs martyrs ! Quelle tragédie, lugubre et grandiose, que celle qui raconterait toutes les péripéties du travail secret entrepris par la jeunesse russe contre le gouvernement et le régime foncier et capitaliste, depuis 1880 jusqu’à nos jours !

Que de nobles figures surgiraient devant le socialiste moderne à la lecture de ces drames ; que de dévouement et d’abnégation sublimes et, en même temps, quelle instruction révolutionnaire, non plus théorique, mais pratique……

Ce n’est pas ici à entreprendre une pareille étude. La brochure ne se prête pas à un travail d’histoire. Nous devons donc nous borner à choisir quelques exemples, afin de montrer comment s’y prenaient nos pères pour faire de l’agitation révolutionnaire, et quel genre de conclusions peuvent être tirées des études en question.

La situation à la veille de la révolution de 1789

Nous jetterons un coup d’œil sur une de ces périodes, sur celle qui précéda 1789 et, laissant de côté l’analyse des circonstances qui ont créé vers la fin du siècle passé une situation révolutionnaire, nous nous bornerons à relever quelques procédés d’agitation, employés par nos pères.

Deux grands faits se dégagent comme résultat de la Révolution de 1789-1793. D’une part, l’abolition de l’autocratie royale, et l’avènement de la bourgeoisie au pouvoir ; d’autre part l’abolition définitive du servage et des redevances féodales dans les campagnes. Les deux sont intimement liés entre eux, et l’un sans l’autre n’aurait pu réussir. Et ces deux courants se retrouvent déjà dans l’agitation qui précéda la Révolution : l’agitation contre la royauté au sein de la bourgeoisie, l’agitation contre les droits des seigneurs au sein des paysans. Jetons un coup d’œil sur les deux.

Le rôle décisif de la presse (pamphlet, Libelle placard) dans l’évolution des pensées en vue de la révolution.

Le journal, à cette époque, n’avait pas l’importance qu’il a acquise aujourd’hui, c’est la brochure, le pamphlet, le libelle de trois ou quatre pages qui le remplaçaient. En conséquence, le libelle, le pamphlet, la brochure pullulent. La brochure met à la portée de la grande masse les idées des précurseurs, philosophes et économistes, de la Révolution ; le pamphlet et le libelle font de l’agitation, en attaquant directement les ennemis. Ils ne font pas de théories : c’est par l’odieux et le ridicule qu’ils procèdent.

Des milliers de libelles racontent les vices de la cour, la dépouille de ses décors trompeurs, la mettent à nu avec tous ses vices, sa dissipation, sa perversité, sa stupidité. Les amours royales, les scandales de la cour, les dépenses folles, le Pacte de famine cette alliance des puissants avec les accapareurs de blé pour s’enrichir en affamant le peuple, voilà le sujet de ces libelles. Ils sont toujours sur la brèche et ne négligent aucune circonstance de la vie publique pour frapper l’ennemi. Pourvu qu’on parle de quelque fait, le pamphlet et le libelle sont là pour le traiter sans gêne, à leur manière. Ils se prêtent mieux que le journal à ce genre d’agitation. Le journal est toute une entreprise, et l’on y regarde de près avant de le faire sombrer ; sa chute embarrasse souvent tout un parti. Le pamphlet et le libelle ne compromettent que l’auteur et l’imprimeur, et encore, allez cherchez l’un et l’autre !…

Il est évident que les auteurs de ces libelles et pamphlets commencent, avant tout, par s’émanciper de la censure ; car à cette époque, si on n’avait pas encore inventé ce joli petit instrument du jésuitisme contemporain, « le procès en diffamation » qui annihile toute liberté de presse, on avait pour mettre en prison les auteurs et les imprimeurs, « la lettre de cachet », brutale, il est vrai, mais franche en tout cas. C’est pourquoi les auteurs commencent par s’émanciper du censeur et impriment leurs libelles, soit à Amsterdam, soit n’importe où, « à cent lieues de la Bastille, sous l’arbre de la Liberté ». Aussi ne se gêneront-ils pas de frapper sur, de vilipender le roi, la reine et ses amants, les grands de la cour, les aristos. Avec la presse clandestine, la police avait beau perquisitionner chez les libraires, arrêter les colporteurs, les auteurs inconnus échappaient aux poursuites et continuaient leur œuvre.

La chanson, celle qui est trop franche pour être imprimée, mais qui fait le tour de la France en se transmettant de mémoire, a toujours été un des moyens de propagande des plus efficaces. Elle tombait sur les autorités établies, elle bafouait les têtes couronnées, elle semait jusqu’au foyer de la famille le mépris de la royauté, la haine contre le clergé et l’aristocratie, l’espérance de voir bientôt venir le jour de la Révolution.

Mais c’est surtout au placard que les agitateurs avaient recours. Le placard fait plus parler de lui, il fait plus d’agitation qu’un pamphlet ou une brochure. Aussi les placards, imprimés ou écrits à la main, paraissent chaque fois qu’il se produit un fait qui intéresse la masse du public. Arrachés aujourd’hui, ils reparaissent demain, faisant enrager les gouvernants et leurs sbires. « Nous avons manqué votre aïeul, nous ne vous manqueront pas ! » lit aujourd’hui le roi sur une feuille collée aux murs de son palais.. Demain, c’est la reine qui pleure de rage en lisant comment on affiche sur les murs les sales détails de sa vie honteuse. C’est alors que se préparait déjà cette haine, vouée plus tard par le peuple à la femme qui aurait froidement exterminé Paris pour rester reine et autocrate. Les courtisans se proposent-ils de fêter la naissance du dauphin, les placards menacent de mettre le feu aux quatre coins de la ville, et ils sèment ainsi la panique, ils préparent les esprits à quelque chose d’extraordinaire. Ou bien, ils annoncent qu’au jour des réjouissances, « le roi et la reine seront conduits sous bonne escorte en Place de Grève, puis iront à l’Hôtel-de-Ville confesser leurs crimes et monteront sur un échafaud pour y être brûlés vifs ». Le roi convoque-t-il l’Assemblée des Notables, immédiatement les placards annoncent que « la nouvelle troupe de comédiens, levée par le sieur de Calonne (premier ministre), commencera les représentations le 29 de ce mois et donnera un ballet allégorique intitulé Le Tonneau des Danaïdes. Ou bien, devenant de plus en plus méchant, le placard pénètre jusque dans la loge de la reine, en lui annonçant que les tyrans vont bientôt être exécutés.

Mais c’est surtout contre les accapareurs de blé, contre les fermiers généraux, les intendants, que l’on fait usage des placards. Chaque fois qu’il y a effervescence dans le peuple, les placards annoncent la Saint-Barthélemy des intendants et des fermiers généraux. Tel marchand de blé, tel fabricant, tel intendant sont-ils détestés du peuple, les placards les condamnent à mort « au nom du Conseil du peuple », etc., et plus tard, lorsque l’occasion se présentera de faire une émeute, c’est contre ces exploiteurs, dont les noms ont été si souvent prononcés, que se portera la fureur populaire.

Si l’on pouvait seulement réunir tous les innombrables placards qui furent affichés pendant les dix, quinze années qui précédèrent la Révolution, on comprendrait quel rôle immense ce genre d’agitation a joué, pour préparer la secousse révolutionnaire. Jovial et railleur au début, de plus en plus menaçant à mesure que l’on approche du dénouement, il est toujours alerte, toujours prêt à répondre à chaque fait de la politique courante et aux dispositions d’esprit des masses ; il excite la colère, le mépris, il nomme les vrais ennemis du peuple, il réveille au sein des paysans, des ouvriers et de la bourgeoisie la haine contre leurs exploiteurs ; il annonce l’approche du jour de la libération et de la vengeance.

Pendre ou écarteler en effigie, c’était un usage très répandu au siècle passé. Aussi était-ce un des moyens d’agitation les plus populaires. Chaque fois qu’il y avait effervescence des esprits, il se formait des attroupements qui portaient une poupée, représentant l’ennemi du moment, et pendaient, brûlaient ou écartelaient cette poupée. « Enfantillage ! » diront les jeunes vieillards qui se croient si raisonnables. Eh bien, la pendaison de Réveillon pendant les élections de 1789, celle de Foulon et de Berthier, qui changèrent complètement le caractère de la Révolution qui s’annonçait, n’ont été que l’exécution réelle de ce qui avait été préparé de longue date, par l’exécution des poupées de paille. Voici quelques exemples sur mille.

Le peuple de Paris n’aimait pas Maupéou, un des ministres bien chers à Louis XVI. Eh bien, on s’attroupe un jour ; des voix crient dans la foule : « Arrêt du Parlement qui condamne le sieur Maupéou, chancelier de France, a être brûlé vif et les cendres jetées au vent ! » Après quoi, en effet, la foule marche vers la statue de Henri IV avec une poupée du chancelier, revêtue de tous ses insignes, et la poupée est brûlée aux acclamations de la foule. Un autre jour, on accroche à la lanterne la poupée de l’abbé Terray en costume ecclésiastique et en gants blancs. A Rouen, on écartèle en effigie le même Maupéou ; et lorsque la gendarmerie empêche un attroupement de se former, on se borne à pendre par les pieds un simulacre de l’accapareur, du blé s’échappant en pluie du nez, de la bouche et des oreilles.

Toute une propagande dans cette poupée ! et une propagande bien autrement efficace que la propagande abstraite, qui ne parle qu’au petit nombre des convaincus.

L’essentiel, c’était que le peuple s’habituât à descendre dans la rue, à manifester ses opinions sur la place publique, qu’il s’habituât à braver la police, la troupe, la cavalerie. C’est pourquoi les révolutionnaires de l’époque ne négligèrent rien pour attirer la foule dans les rues, pour provoquer ces attroupements. Chaque circonstance de la vie publique à Paris et dans les provinces était utilisée de cette manière. L’opinion publique a-t-elle obtenu du roi le renvoi d’un ministre détesté, ce sont des réjouissances, des illuminations à n’en plus finir. Pour attirer le monde, on brûle des pétards, on lance des fusées « en telle quantité qu’à certains endroits on marchait sur le carton ». Et si l’argent manque pour en acheter, on arrête les passants bien mis et on leur demande, « poliment mais avec fermeté », disent les contemporains, quelques sous « pour divertir le peuple ». Puis, lorsque la masse est bien compacte, des orateurs prennent la parole pour expliquer et commenter les évènements, et des clubs s’organisent en plein air. Et, si la cavalerie ou la troupe arrivent pour disperser la foule, elles hésitent à employer la violence contre des hommes et des femmes paisibles, tandis que les fusées qui éclatent devant les chevaux et les fantassins, aux acclamations et aux rires du public, arrêtent la fougue des soldats.

Dans les villes de province, ce sont quelquefois des ramoneurs qui s’en vont dans les rues, en parodiant le lit de justice du roi ; et tous éclatent de rire en voyant l’homme à la face barbouillée qui représente le roi ou sa femme. Des acrobates, des jongleurs réunissent sur la place des milliers de spectateurs, tout en décochant, au milieu de récits drolatiques, leurs flèches à l’adresse des puissants et des riches. Un attroupement se forme, les propos deviennent de plus en plus menaçants, et alors, gare à l’aristocrate dont la voiture ferait apparition sur le lieu de la scène : il sera certainement malmené par la foule. Que l’esprit travaille seulement dans cette voie, que d’occasions les hommes intelligents ne trouveront-ils pas pour provoquer des attroupements, composés d’abord de rieurs, puis d’hommes prêts à agir lors d’un moment d’effervescence.

Tout cela étant donné : d’une part, la situation révolutionnaire, le mécontentement général, et d’autre part, les placards, les pamphlets, les chansons, les exécutions en effigie, tout cela enhardissait la population et bientôt les attroupements devinrent de plus en plus menaçants. Aujourd’hui, c’est l’archevêque de Paris qui est assailli dans un carrefour ; demain, c’est un duc ou un comte qui a failli être jeté à l’eau ; un autre jour, la foule s’est amusée à huer sur leur passage les membres du gouvernement, etc. ; les faits de révolte varient à l’infini, en attendant le jour où il suffira d’une étincelle pour que l’attroupement se transforme en émeute, et l’émeute en Révolution. « C’est la lie du peuple, ce sont les scélérats, les fainéants qui se sont ameutés », disent aujourd’hui nos historiens prudhommesques. Eh bien, oui, en effet, ce n’est pas parmi la gent aisée que les révolutionnaires cherchent des alliés. Puisque celle-ci se bornait à récriminer dans les salons, c’est bien dans les caboulots mal famés de la banlieue qu’ils allaient chercher des camarades, armés de gourdins, lorsqu’il s’agissait de huer Monseigneur l’archevêque de Paris, n’en déplaise aux Prudhommes qui sont trop bien gantés pour se compromettre en de pareilles entreprises.

Si l’action s’était bornée à attaquer les hommes et les institutions du gouvernement, la grande Révolution eût-elle jamais été ce qu’elle fût en réalité, c’est-à-dire un soulèvement général de la masse populaire, paysans et ouvriers, contre les classes privilégiées ? La Révolution eût-elle duré quatre ans ? Eût-elle remué la France jusqu’aux entrailles ? Eût-elle trouvé ce souffle invincible qui lui a donné la force de résister aux « rois conjurés » ? Certainement non ! Que les historiens chantent tant qu’ils voudront les gloires des « messieurs du Tiers », de la Constituante ou de la Convention, nous savons ce qu’il en est. Nous savons que la Révolution n’eût abouti qu’à une limitation microscopiquement constitutionnelle du pouvoir royal, sans toucher au régime féodal, si la France paysanne ne se fût soulevée et n’eût maintenu, quatre années durant, l’anarchie, l’action révolutionnaire spontanée des groupes et des individus, affranchis de toute tutelle gouvernementale. Nous savons que le paysan serait resté la bête de somme du seigneur, si la jacquerie n’eût sévi depuis 1788 jusqu’à 1793 jusqu’à l’époque où la Convention fut forcée de consacrer par une loi, ce que les paysans venaient d’accomplir en fait : l’abolition sans rachat de toutes les redevances féodales et la restitution aux Communes des biens qui leur avaient été jadis volés par les riches sous l’ancien régime. En attendre des Assemblées, si les va-nu-pieds et les sans-culottes n’avaient jeté dans la bascule parlementaire le poids de leurs gourdins et de leurs piques, eût été une duperie.

Mais ce n’est ni l’agitation dirigée contre les ministres, ni par l’affichage dans Paris des placards dirigés contre la reine, que le soulèvement des petits villages pouvait être préparé. Ce soulèvement fut certainement le résultat de la situation générale du pays, mais il fut préparé aussi par l’agitation faite au sein du peuple et dirigée contre ses ennemis immédiats : le seigneur, le prêtre-propriétaire, l’accapareur de blé, le gros bourgeois.

Ce genre d’agitation est bien moins connu que le précédent. L’histoire de France est faite, celle du village n’a jamais été commencée sérieusement : et cependant, c’est cette agitation qui a préparé la Jacquerie, sans laquelle la Révolution eût été impossible.

Le pamphlet, le libelle ne pénétrait pas dans le village : le paysan à cette époque ne lisait presque pas. Eh bien, c’est par l’image imprimée, souvent barbouillée à la main, simple et compréhensible, que se faisait la propagande. Quelques mots tracés à côté, et tout un roman se forgeait avec ces estampes secrètes et ces enluminures populaires concernant le roi, la reine, le comte d’Artopis, Madame de Lamballe, le pacte de famine, les seigneurs, « vampires suçant le sang du peuple » ; il courait les villages et préparait les esprits. Là, c’était un placard fait à la main, affiché sur un arbre, qui excitait à la révolte, promettant l’approche des temps meilleurs et racontant les émeutes qui avaient éclaté dans d’autres provinces, à l’autre bout de la France. Sous le nom des « Jacques », il se constituait des groupes secrets dans les villages, soit pour mettre le feu à la grange du seigneur, soit pour détruire ses récoltes, ou son gibier, soit pour l’exécuter ; et, que de fois ne trouvait-on pas dans le château un cadavre percé d’un couteau, qui portait cette inscription : De la part des Jacques ! Un lourd équipage descendait le long d’une côte ravinée, amenant le seigneur dans son domaine. Mais deux passants, aidés du postillon, le garrottaient et le roulaient au fond du ravin, et dans sa poche on trouvait un papier disant : De la part des Jacques ! Ou bien, un jour, au croisement de deux routes, on apercevait une potence portant cette inscription : Si le seigneur ose percevoir les redevances, il sera pendu à cette potence. Quiconque osera les payer au seigneur, aura le même sort ! et le paysan ne payait plus, à moins d’y être contraint par la maréchaussée, heureux, au fond, d’avoir trouvé un prétexte pour ne rien payer. Il sentait qu’il y avait une force occulte qui le soutenait, il s’habituait à l’idée de ne rien payer, de se révolter contre le seigneur, et bientôt, en effet, il ne payait plus et il arrachait au seigneur, par la menace, la renonciation à toutes les redevances. Continuellement, on voyait dans les villages des placards annonçant que désormais, il n’y aura plus de redevances à payer ; qu’il faut brûler les châteaux et les terriers (cahiers de redevances), que le Conseil du Peuple vient de lancer un arrêt dans ce sens, etc., etc. « Du Pain ! Plus de redevances ni de taxes ! » voilà le mot d’ordre que l’on faisait courir dans les campagnes. Mot d’ordre compréhensible pour tous, allant droit au cœur de la mère, dont les enfants n’avaient pas mangé depuis trois jours, allant droit au cerveau du paysan harcelé par la maréchaussée, qui lui arrachait les arriérés des taxes. « A bas l’accapareur ! » et ses magasins étaient forcés, ses convois de blé arrêtés, et l’émeute se déchaînait en province. « A bas l’octroi ! » et les barrières étaient brûlées, les commis assommés, et les villes, manquant d’argent, se révoltaient à leur tour contre le pouvoir central qui leur en demandait. « Au feu les registres d’impôts, les livres de comptes, les archives des municipalités ! » et la paperasse brûlait en juillet 1789, le pouvoir se désorganisait, les seigneurs émigraient, et la Révolution étendait toujours davantage son cercle de feu.

Tout ce qui se jouait sur la grande scène de Paris n’était qu’un reflet de ce qui se passait en province, de la Révolution qui, pendant quatre ans, gronda dans chaque ville, dans chaque hameau, et dans laquelle le peuple s’intéressa bien moins aux menées de la cour qu’à ses ennemis les plus proches : aux exploiteurs, aux sangsues de l’endroit.

Les enseignements de la période prérévolutionnaire

Résumons. La Révolution de 1788-1793, qui nous présente sur une grande échelle la désorganisation de l’Etat PAR la Révolution populaire (éminemment économique, comme toute Révolution vraiment populaire), nous sert ainsi d’enseignement précieux. Bien avant 1789, la France présentait déjà une situation révolutionnaire. Mais l’esprit de révolte n’avait pas encore suffisamment mûri pour que la Révolution éclatât. C’est donc sur le développement de cet esprit d’insubordination, d’audace, de haine contre l’ordre social, que se dirigèrent les efforts des révolutionnaires. Tandis que les révolutionnaires de la bourgeoisie dirigeaient leurs attaques contre le gouvernement, les révolutionnaires populaires, ceux dont l’histoire ne nous a même pas conservé les noms, les hommes du peuple préparaient leur soulèvement, leur Révolution, par des actes de révolte dirigés contre les seigneurs, les agents du fisc et les exploiteurs de tout acabit. En 1788, lorsque l’approche de la Révolution s’annonça par des émeutes sérieuses de la masse du peuple, la royauté et la bourgeoisie cherchèrent à la maîtriser par quelques concessions ; mais, pouvait-on apaiser la vague populaire par les Etats Généraux, par le simulacre de concessions jésuitiques du 4 août, ou par les actes misérables de la Législative ? On apaise ainsi une émeute politique, mais avec si peu de choses on n’a pas raison d’une révolte populaire. Et la vague montait toujours. Mais en s’attaquant à la propriété, en même temps elle désorganisait l’Etat. Elle rendait tout gouvernement absolument impossible, et la révolte du peuple, dirigée contre les seigneurs et les riches en général, a finit, comme on le sait, au bout de quatre ans, par balayer la royauté et l’absolutisme.

Cette marche, c’est la marche de toutes les grandes Révolutions. Ce sera le développement et la marche de la prochaine Révolution, si elle doit être, comme nous en sommes persuadés, non un simple changement de gouvernement, mais une vraie Révolution populaire, un cataclysme qui transformera de fond en comble le régime de la propriété.

Pierre Kropotkine (1842- 1921)

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Retraites : ce que les partis proposeraient en 2012 http://www.blogdei.com/11106/retraites-ce-que-les-partis-proposeraient-en-2012/ http://www.blogdei.com/11106/retraites-ce-que-les-partis-proposeraient-en-2012/#comments Tue, 19 Oct 2010 06:21:19 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=11106

la-croix

La Croix a demandé aux principaux partis politiques quelle serait leur attitude en cas de succès aux élections de 2012. Reviendraient-ils sur les bornes d’âge ? Proposeraient-ils une réforme alternative ? Leurs réponses

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Discours de Nicolas Sarkozy à la villa Bonaparte http://www.blogdei.com/10970/discours-de-nicolas-sarkozy-a-la-villa-bonaparte/ http://www.blogdei.com/10970/discours-de-nicolas-sarkozy-a-la-villa-bonaparte/#comments Sun, 10 Oct 2010 14:50:49 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=10970

la Croix

« Il n’y a pas d’économie sans règles.
Il n’y a pas de vie en société sans règles.
Il n’y a pas de liberté sans règles.

La loi de la jungle, la loi du plus fort, du plus malin, du plus cynique, c’est le contraire de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, c’est le contraire de la civilisation.
Voilà l’enjeu.
C’est dans cet état d’esprit que la France présidera le G8 et le G20 à partir de la fin du mois de novembre.
Elle y consacrera toute son énergie.
Mais la mobilisation de toutes les forces non seulement politiques, mais aussi morales et spirituelles ne sera pas de trop. Car la partie décisive se joue d’abord dans les consciences. Son issue dépend de l’engagement de tous les hommes de bonne volonté et bien sûr d’abord de celui des responsables politiques, mais aussi de celui de toutes les autorités intellectuelles, morales, religieuses.

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Un important trésor découvert sous un acacia http://www.blogdei.com/10966/un-important-tresor-decouvert-sous-un-acacia/ http://www.blogdei.com/10966/un-important-tresor-decouvert-sous-un-acacia/#comments Sat, 09 Oct 2010 17:54:11 +0000 Thunderstorm http://www.blogdei.com/?p=10966

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Les tenants du mariage homosexuel en appellent à la Constitution http://www.blogdei.com/10757/les-tenants-du-mariage-homosexuel-en-appellent-a-la-constitution/ http://www.blogdei.com/10757/les-tenants-du-mariage-homosexuel-en-appellent-a-la-constitution/#comments Fri, 24 Sep 2010 15:32:23 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=10757

la-Croix

Un couple homosexuel a déposé une question prioritaire de constitutionnalité devant la Cour de cassation. Celle-ci a trois mois pour décider de saisir ou non

Les sages de la rue Montpensier pourraient prochainement avoir à se positionner sur l’un des dossiers les plus sensibles de la dernière décennie : le mariage homosexuel. Deux femmes de la région de Reims ont en effet décidé de défendre cette cause devant le Conseil constitutionnel. Et ce en usant de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC), ce nouveau droit offert aux justiciables désireux de contester des dispositions législatives contraires, selon eux, au texte fondateur de la Ve République.

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« Tirez sur les keufs » : Un clip de rap irrite la police http://www.blogdei.com/10211/tirez-sur-les-keufs-un-clip-de-rap-irrite-la-police/ http://www.blogdei.com/10211/tirez-sur-les-keufs-un-clip-de-rap-irrite-la-police/#comments Fri, 13 Aug 2010 07:10:54 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=10211

Le Figaro

NDLR: Le clip reste visible sur Youtube ici. Il est important de prier pour nos forces de l’ordre, à l’image du mouvement de prière « Adopt a cop » (« adoptez un flic », image ci-dessus), qui vise à prier régulièrement pour un policier. Peut-être qu’un de nos visiteurs pourrait traduire cette prière en 10 points?

Les syndicats Alliance Police et Synergie Officiers ont réclamé aujourd’hui au ministre de l’Intérieur d’engager des poursuites contre le ou les auteurs d’un clip intitulé « Tirer sur les keufs ». Un temps visible sur YouTube, la vidéo n’était plus accessible jeudi après-midi.

Alliance Police (deuxième syndicat de gardiens de la paix) se déclare « profondément choqué par les propos tenus par un ‘artiste’ de rap qui appelle clairement au meurtre de policier et à brûler la police dans tous les quartiers de l’Ile-de-France ».

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Un journaliste évangélique américain agressé dans une cité sensible près de Paris http://www.blogdei.com/9991/un-journaliste-evangelique-americain-agresse-dans-une-cite-sensible-pres-de-paris/ http://www.blogdei.com/9991/un-journaliste-evangelique-americain-agresse-dans-une-cite-sensible-pres-de-paris/#comments Sat, 31 Jul 2010 18:04:56 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=9991

Le Monde

Ndlr: Un fait divers qui démontre, en passant, l’immense inculture des journalistes de l’AFP en matière de religion aux USA, et en France aussi d’ailleurs!

Un journaliste américain de 50 ans, qui réalisait un reportage pour l’Eglise évangéliste des Etats-Unis, a été agressé jeudi en fin de journée dans une cité sensible des Mureaux, en région parisienne, a-t-on appris auprès de la police. Vers 18H30, le journaliste, accompagné de deux amis français qui appartiennent également à une église évangéliste, s’est fait aspergé de gaz lacrymogène par deux individus, qui l’ont frappé à coups de pied et de poing, a indiqué une source policière.

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