Actualités chrétiennes, informations et religion, nouvelles évangéliques et Bible » Histoire http://www.blogdei.com Christianisme. Religion. Protestantisme. Édification. Information. Discernement. Eschatologie. Bible. Wed, 19 Oct 2011 20:39:24 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.1.1 L’Eglise de Smyrne, par Alfred Kuen http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/ http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/#comments Wed, 19 Oct 2011 20:39:24 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16526

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La ville
Le messager qui partait d’Ephèse trouvait, à une soixantaine de kilomètres au nord, la ville de Smyrne, « la gloire de l’Asie » comme elle aimait à s’appeler et, avec Ephèse, le port le plus important.

Située au fond d’un golfe de 70 km de profondeur, et à l’embouchure de l’Hermus, elle jouissait d’une situation exceptionnelle. Son avant-port, à l’ouest de la rade, pouvait être aisément fermé en cas de guerre, mettant la ville à l’abri de toute intrusion indésirable.
La cité, créée selon la légende par une Amazone qui lui aurait donné son nom quelque 1000 à 1200 ans av. J.-C., a subi maintes vicissitudes au cours de son histoire. En 624 av. J.-C., elle fut saccagée par Allyatte, roi de Lydie, et disparut pendant plusieurs siècles de l’histoire. Puis elle fut reconstruite à quelque 3 km de l’ancien emplacement sur ordre d’Alexandre par Antigone et
Lysimaque. Elle eut, de plus, à souffrir de plusieurs tremblements de terre.
En l’an 23 de notre ère, l’un des meurtriers de Jules César vint s’y réfugier. Rome mit la ville à sang pour le capturer. Au cours des siècles, elle justifiait bien son nom ; Smyrne = myrrhe = souffrance
(cf. v. 10). Cependant, en égard à sa longue tradition de loyauté, elle reçut de Rome le privilège, de préférence à dix autres villes candidates, de construire un temple à l’empereur Auguste et à sa
mère.
La loyauté politique de la ville était, en effet, devenue proverbiale dans le monde antique ; on l’appelait « Smyrne la fidèle »2. Dès 195 av. J.-C., elle fut la première ville de l’Empire à ériger un temple à Dea Roma, la déesse Rome. Plus tard, lorsque « l’esprit de Rome » qui devait unir les peuples divers rassemblés dans le vaste Empire s’est incarné dans la personne des empereurs, Smyrne a demandé, avec six autres villes d’Asie mineure, le privilège d’édifier un temple à l’empereur régnant.
C’est elle qui fut choisie et, en l’an 26, elle construisit un temple à Tibère, à Livia et au Sénat.
Lorsque le culte impérial devint obligatoire, Smyrne se distingua par son zèle à l’imposer à tous ses citoyens. Redevenue florissante et splendide après son éclipse de plusieurs siècles, elle devint l’un
des plus grands centres commerciaux et culturels de l’Asie, rivalisant constamment avec Ephèse pour la première place dans la province.
Les auteurs antiques exaltent la beauté de la ville : Aelius Aristides la compare à une fleur « fraîche comme un bosquet », en faisant allusion à l’emblème de la cité. Sur ses médailles, elle se déclarait
elle-même « première par la beauté » – sous-entendu architecturale – de ses édifices. Au centre de la ville, la « rue Dorée » partait du port où se trouvait le temple de Cybèle, patronne de la ville, pour aller vers le pied de la colline de Pagus auquel s’adossait le temple de Zeus, en passant par les temples d’Apollon, d’Esculape et d’Aphrodite. La splendeur des temples païens contrastait avec les humbles lieux de réunion des chrétiens et la pompe du culte des dieux grecs éclipsait la simplicité
de leurs rassemblements.

Symbolique
Les Smyrniotes étaient très fiers de leur ville, de ses écoles de science et de médecine. Ils voulaient être les premiers en beauté, les premiers dans le culte impérial, les premiers pour la culture (la ville
n’était-elle pas le lieu de naissance d’Homère ?). Mommsen a appelé Smyrne « le paradis de la vanité municipale ». La lettre à l’Eglise de Smyrne contient plusieurs allusions à la situation locale.
Elle leur est adressée par « celui qui est le premier et le dernier » – face aux Smyrniotes qui voulaient être les premiers en toutes choses – par celui qui a été mort et qui est à nouveau vivant (v.
8). Exactement comme la ville elle-même entre sa destruction par Alyattes, le père de Crésus (Hérode 1.16) et sa refondation en l’an 290 av. J.-C. D’ailleurs Strabon (58-25 av. J.-C.) avait déjà
parlé de mort et de résurrection de la ville (14.1.37). Aelius Aristide a comparé la ville au phénix, cet oiseau mythique qui se faisait périr sur un bûcher et renaissait de ses cendres. La même image était utilisée par certains Pères de l’Eglise pour le Christ. La plupart des légendes de la mort et de la résurrection du phénix mentionnent l’usage de la myrrhe lors de son ensevelissement et de sa réincarnation. Les auteurs chrétiens font le parallèle avec la myrrhe employée pour embaumer le corps de Jésus. La myrrhe était utilisée en Egypte (pays
d’origine de la légende du phénix) pour embaumer les morts afin de préserver leurs corps pour la vie future. La myrrhe est donc associée à la fois à l’idée de mort et de survie ou de résurrection.
Or, le mot Smyrne signifie myrrhe. Jésus encourage les destinataires de la lettre de Smyrne : « N’aie pas peur des souffrances qui t’attendent » (v. 10). « Comme j’ai été mort et que je suis
revenu à la vie, comme votre ville était morte et a revécu, vous aussi, même si vous passez par la mort, vous vivrez avec moi. Rappelez-vous le nom de votre ville et son symbolisme. »

Opposants
« Sois fidèle jusqu’à la mort », fidèle comme la devise de votre ville le rappelle. Elle veut être fidèle à son Kurios, son Seigneur (c’est-à-dire l’empereur). Soyez fidèle au votre. La fidélité au Christ était menacée par deux opposants : les Romains et les Juifs. Nous avons vu que Smyrne tenait à se distinguer par son loyalisme envers Rome.
A l’époque de Domitien, le culte de César devint obligatoire : une fois par an, chaque citoyen romain devait déposer quelques graines d’encens sur l’autel de l’empereur en disant : Kaisar Kurios
(César est Seigneur). Après cela, il recevait un certificat attestant qu’il avait rempli ses devoirs civiques. L’un de ces certificats que l’on a retrouvé porte : « Nous, Serenas et Hermas, représentants de l’empereur, nous t’avons vu sacrifier ». Mais c’est précisément ce qu’un chrétien ne pouvait pas faire, car pour lui il n’y avait qu’un seul Seigneur : Jésus-Christ. « Nulle part la vie était plus dangereuse pour un chrétien qu’à Smyrne »5, à cause du zèle patriotique des autorités municipales.
Un second danger venait des Juifs (Ap. 2.9). Ils formaient une colonie nombreuse et bien considérée dans la ville. La destruction de Jérusalem en l’an 70 l’avait encore multipliée par un afflux massif de réfugiés. L’Eglise de Smyrne était sans doute composée en grande partie d’anciens Juifs considérés comme des apostats par leurs coreligionnaires. Ceux qui « se disent Juifs mais ne le sont pas » sont des Israélites attachés à leur appartenance ethnique comme à une garantie de la faveur divine (cf. Jn 8.33ss) et ils s’opposaient de toutes leurs forces aux chrétiens qui prétendaient être à présent le véritable Israël, le peuple de Dieu (cf. Rm 2.28 ; Ga6.15; Ph 3.23).
Etant ennemis des enfants de Dieu, ils étaient devenus une « synagogue de Satan » (v. 9), car ils se faisaient les auxiliaires du « diable » (v. 10), de l’Accusateur, en accusant les chrétiens auprès des autorités. La haine des Juifs de Smyrne s’est manifestée dans toute sa virulence quelques années plus tard : ce sont eux qui ont incité les autorités à se saisir de Polycarpe, le disciple de Jean et
responsable de l’église de la ville : « C’est lui celui qui enseigne toute l’Asie, le père des chrétiens, le destructeur des dieux, qui enseigne à beaucoup à ne pas sacrifier aux dieux ni à les adorer »
(Martyre de Polycarpe). Polycarpe mourut sur le bûcher un jour de sabbat. Violant l’interdiction du sabbat, les Juifs furent les plus zélés à apporter des fagots pour alimenter le feu.

Promesse
La pauvreté des chrétiens de Smyrne (v. 9) pouvait être due, du moins en partie, à la spoliation de leurs biens par des persécuteurs païens ou juifs. De plus, il devait être difficile pour un chrétien
sans compromis de gagner sa vie dans une ville païenne. D’autre part, l’hostilité des Juifs excluait les chrétiens de la protection officielle et de la tolérance dont ils jouissaient eux-mêmes. A celui qui est fidèle jusqu’à la mort, Jésus promet « la couronne de la vie » (v.10), allusion à la couronne de lauriers qui récompensait le vainqueur des jeux athlétiques, mais peut-être aussi à une expression courante dans le monde antique : « la couronne de Smyrne », allusion au mont Pagus dominant la ville qui, coiffé d’édifices publics, lui faisait comme une couronne, image rappelée peut-être par la couronne qui ornait la tête de Cybèle sur les monnaies. Appollonius de Tyane y a fait allusion en souhaitant à la ville « une couronne de citoyens vertueux » plutôt que de bâtiments et de portiques.
La couronne de vie, promise par le Christ, est encore plus précieuse.
L’Eglise de Smyrne est, avec celle de Philadelphie, la seule à ne recevoir que des éloges. Cela s’explique en partie par l’opposition à laquelle les chrétiens devaient faire face. « Devenir chrétien
n’importe où c’était devenir un hors-la-loi. A Smyrne, l’Eglise était un lieu pour des héros… Dans une ville où la splendeur du culte païen aurait bien pu étouffer la vie d’une Eglise païenne, une ville
où l’orgueil des gens regardait de haut les humbles chrétiens, une ville où chaque chrétien se trouvait menacé d’un côté par les exigences du culte impérial, de l’autre par les calomnies et la méchanceté des Juifs, il y avait des chrétiens qui étaient fidèles jusqu’à la mort »
A.K.

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L’Eglise de Pergame, par Alfred Kuen http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/ http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/#comments Tue, 18 Oct 2011 17:48:25 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16494

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La ville
A quelque 70 km de Smyrne, toujours sur la grande route du sud au nord, se trouvait Pergame, à une vingtaine de km de la côte à laquelle la ville était reliée par la rivière Caïcus. Accrochée sur les
flancs de l’Hermos, son site s’étage sur quelque 300 m au-dessus de la plaine dominée par une acropole imposante. « La connaissance que Christ a des églises va au-delà de leurs oeuvres (comme à Ephèse) et de leurs tribulations (comme à Smyrne) et s’étend à l’environnement dans lequel elles vivent. ‘Je sais où tu habites’, dit-il. Il savait que les siens étaient entourés d’une société non chrétienne et exposés de tous côtés à la pression des modèles et des valeurs du monde ». Mieux nous connaîtrons cet environnement, mieux nous comprendrons ces chrétiens et les lettres que le Christ leur adresse.

Au 1er siècle, Pergame semble encore avoir été la capitale politique de l’Asie, siège du proconsul romain et du tribunal suprême, mais se voyait disputer cette suprématie par Ephèse. (Selon Ramsay, le transfert officiel du gouvernement s’est fait sous Hadrien en 129.) Sa population de l’époque est estimée entre 150 000 et 200 000 habitants. Elle s’enorgueillissait de sa vie artistique, littéraire et scientifique. Sa richesse provenait en partie du trésor de guerre de Lysimaque, l’un des généraux d’Alexandre, confié à la ville et accaparé par elle. Ses rois avaient créé une école de sculpture, des ateliers pour travailler l’ivoire et les pierres précieuses, pour fabriquer des parfums et des parchemins. Le mot parchemin lui-même est une francisation de Pergamene charta (une feuille de Pergame, en allemand : ein Pergament).

La légende prétend que le roi Eumène de Pergame voulait attirer dans sa ville le bibliothécaire d’Alexandrie. Le pharaon Ptolémée l’ayant appris interdit l’exportation du papyrus à Pergame. C’est ce qui amena Eumène à chercher un produit de remplacement : il le trouva dans les peaux de mouton traitées et blanchies. L’industrie qui en naquit fut l’une des sources de richesse de la ville.
La bibliothèque municipale en fut le premier client pour confectionner les 200 000 volumes qu’elle abritait (qui furent offerts par Antoine à Cléopâtre et prirent le chemin de l’Egypte). La ville édifia aussi un temple à Athéna, la déesse de la poésie. Ses habitants avaient le choix entre cinq théâtres.
L’un d’eux, construit vers 170 av. J.-C., avait 80 rangées de sièges étagées sur 5 mètres de hauteur et pouvait contenir 60 000 spectateurs.

Temples et cultes païens
La vie religieuse était très développée à Pergame, « en partie parce que la religion devint l’un des principaux instruments de la politique ». On y trouvait des temples dédiés aux principales divinités grecques et à l’empereur romain. » Ces divers cultes étaient alliés et plus ou moins fondus entre eux, et s’arrangeaient fort bien avec celui des Césars. Le prêtre de Zeus-Soter était aussi prêtre du divin Auguste. Dionysos-taureau fraternisait avec Askiépios-serpent ; les mystères phrygiens déclaraient que ‘le taureau est père du serpent, et le serpent, père du taureau’ ».
Au-dessus de tous ces temples trônait celui de Zeus-Soter, visible du fond de la vallée, avec son autel de 12 m de haut, classé parmi les sept merveilles de l’Antiquité. La base de l’autel mesurait
37m sur 34, elle était entourée d’une frise représentant la lutte de Zeus et d’Athéna contre les géants. (Cet autel a été reconstruit à Berlin dans le musée Pergamentum.)
Dans la ville se trouvait le temple d’Asclépios (l’Esculape des latins) qui était en même temps un centre médical avec une source curative s’épanchant dans un bassin de marbre. Ce centre était réputé dans le monde antique depuis le 4e siècle av. J.-C. On soignait les malades par des bains d’eau et de soleil, par la musique, la suggestion, la prière et l’interprétation des rêves. L’auteur catholique Dallmayr écrit: « Ce n’est pas un blasphème que de penser à Lourdes… La source, les bains, le sanctuaire qui les domine, les nombreux miracles attestés – tout cela constitue bien des parallèles ».

Le symbole d’Esculape, le serpent (qui est resté celui de toutes les branches médicales et paramédicales) figurait sur les pièces de monnaie de la ville. Le serpent étant sensé incarner le dieu
Asclépios. Les malades étaient couchés la nuit dans le temple où l’on élevait des serpents inoffensifs qui étaient lâchés la nuit et se répandaient parmi les malades. Leur toucher était interprété comme l’attouchement d’Asclépios en vue de la guérison.
Le culte d’Asclépios comprenait aussi certains aspects mystiques. Dans un Hymne à Asklépios, Aelius Aristide « dit avoir reçu d’Esculape, dans une incubation, le nom nouveau de Théodoros ».
L’incubation était un « rite divinatoire qui consistait le plus souvent à dormir dans ou près d’un temple pour obtenir par un songe les prescriptions d’un dieu guérisseur » (Larousse). Tacite et Pausanias nous disent que les malades qui accouraient de loin à l’Asclépéion attendaient que le dieu leur dicte en songe des prescriptions infaillibles.
Rite divinatoire, prescriptions données par un dieu, nom nouveau : tout cela fait penser à une parodie occulte du christianisme par celui que l’on a appelé « le singe de Dieu », Satan. Serait-ce à cause d’Asclépios, appelé « le dieu de Pergame » que le Christ dit que là « Satan à son trône » ?
C’est l’une des solutions proposées. Car, dans la Bible, le serpent symbolise Satan (Gn 3.1ss ; Ap 12.9 ; 22.2).
D’autres proposent comme trône de Satan l’autel gigantesque de Zeus-Soter qui dominait la ville. Or, pour les chrétiens, il n’y a qu’un seul Soter (Sauveur), c’est Jésus-Christ. Toute divinité qui
usurpe la place du Sauveur est une création du diable.
L’abbé Fillion pensait que « l’interprétation la plus naturelle » de cette appellation était l’idolâtrie générale dont Pergame était le centre depuis le 3e siècle av. J.-C.. On a retrouvé les ruines d’une
vingtaine de temples divers, dédiés à Bacchus, Vénus, Athéna, etc. « Par ce culte et par les orgies qui s’y associaient, Pergame était vraiment devenue le trône de Satan ». Mais Barclay nous dit qu’à
la fin du 1er siècle, les dieux grecs avaient tellement perdu leur crédit auprès des foules que cela ne valait guère la peine de les attaquer. Les histoires de guerres et de batailles, d’amours, de jalousies
et d’adultères des dieux et des déesses de l’Olympe les avaient complètement discrédités. Ce n’étaient pas les hommes qui étaient si dépravés qu’ils ont abandonné leurs dieux : c’était plutôt les
dieux qui étaient devenus si dépravés qu’ils furent abandonnés par les hommes .

Culte impérial
Mais un nouveau culte était sur le point d’absorber et de coiffer tous les autres : celui de l’empereur.
Pergame, capitale administrative de la province, se devait de donner l’exemple en la matière. Déjà les anciens rois de Pergame avaient revendiqué des honneurs divins. Eumène II s’était fait appeler
Soter et Theos. Sa mère était décrite comme « la femme d’un dieu ». Il fit agrandir un temple édifié par Attalus 1er dans lequel le roi régnant avait des prêtres et des prêtresses pour célébrer son culte.
Pergame fut aussi la première ville d’Asie à instituer le culte de l’empereur. Dès l’an 29 av. J.-C. (trois ans avant Smyrne), Pergame reçut l’autorisation d’édifier un temple à Auguste. C’était le
premier sanctuaire provincial de tout l’empire en l’honneur d’un empereur vivant. Pergame devint donc « le centre du culte impérial » (R.H. Charles).
A l’époque de Jean, trois temples étaient consacrés au culte impérial et, comme nous l’avons vu, le grand prêtre de Zeus était aussi grand-prêtre du culte de l’empereur. « Pergame était une ville où le
culte de César était le plus intense, une ville dévouée à la glorification du culte de César. Un chrétien y avait déjà payé de sa vie sa loyauté à Jésus-Christ : Antipas (v. 13). Il fut un « témoin
fidèle » jusqu’à la mort, comme le Christ lui-même (1.5; 3.14). « II n’est pas difficile de reconstruire la scène de la mort, dit J. Stott. Connu comme chrétien, il fut convoqué devant
le proconsul de la province dont la résidence se trouvait probablement à Pergame »… Devant un buste de l’empereur il suffisait de jeter quelques grains d’encens sur le feu et de dire « César est Seigneur » et il était libre. Mais « il ne pouvait donner à César le titre qui appartenait à Christ et rejoignit ‘la noble armée des martyrs ».
Déjà sous l’empereur Auguste, des titres divins lui furent attribués à Pergame. On y a retrouvé une inscription disant : « L’empereur Auguste, fils de Dieu, Seigneur qui veille sur toute la terre et la
mer ». Sous Néron, la pratique du culte impérial devint régulière : il fut désigné comme le Sauveur de la terre (no soter tès oikoumenès), le Seigneur du monde entier (no tu pantos kosmou kurios).
Domitien demandait que l’on s’adresse à lui comme dominus et deus (Seigneur et dieu), un titre qui correspond à la confession de Thomas en face du Christ ressuscité (Jn 20.28).
« Un certain nombre de termes techniques du culte impérial sont très parallèles à des expressions utilisées dans l’Apocalypse dans un sens chrétien, et certaines des preuves les plus évidentes de ce culte proviennent de ces mêmes villes de l’Asie »10. Ainsi l’expression « Parole de Dieu » (Ap 1.2)était utilisée dans les cultes païens seulement à Pergame, Smyrne et Ephèse. Le « jour du Seigneur » correspond au « jour d’Auguste » : une inscription se rapportant à l’empereur Hadrien àPergame. Les mots salut et Seigneur reviennent souvent dans l’Apocalypse (7,10 ; 12.10 ; 19.1, 18 ; 4.8, 11…) sans doute en contraste avec l’emploi de ces termes dans la liturgie du culte impérial.
« Nous concluons donc que l’expression ‘trône de Satan’ se réfère en premier lieu au culte impérial tel qu’il a été imposé à partir de Pergame à une époque de confrontation critique pour l’Eglise… Les revendications des Césars sont vues par Jean comme une parodie satanique de ceux du Christ ».
Au jus gladii (le glaive de la justice) de César s’oppose « celui qui tient l’épée aiguisée à double tranchant » (v. 12).

Secte des Nicolaïtes
Nous retrouvons aussi à Pergame, comme à Ephèse, les Nicolaïtes. Ici le contexte est plus explicite et nous permet mieux d’identifier leurs travers. Les reproches qui leur sont faits ici (v. 14) sont les mêmes que ceux qui frappent les disciples de la Jézabel de Thyatire (2.20ss). Il semble s’agir plutôt d’égarements de conduite que d’erreurs doctrinales (contrairement à ce qu’en dira Irénée : Adv. haer. 1.26.3).
La « doctrine de Balaam » consistait à séduire les Israélites par les filles madianites (Nb 25,1-2 ; 31.16). La tradition du judaïsme tardif voyait en lui le corrupteur par excellence d’Israël. « Le christianisme des origines a repris cette appréciation (2 Pi 2.15 ; Jd 11 ; Ap 2.14). Balaam est le modèle vétéro-testamentaire des gnostiques libertins, qui décomposent l’Eglise par leur hérésie ».
Dans Ac 15.20 et 29, l’abstention des viandes sacrifiées aux idoles et de la débauche sont deux impératifs imposés aux chrétiens. A Thyatire, Jézabel enseigne qu’ils n’ont pas besoin de se laisser
imposer ces restrictions. Les Nicolaïtes étaient donc un mouvement antinomien (comme à Corinthe) qui avait pris pied au moins dans ces trois villes d’Asie : Ephèse, Pergame et Thyatire, en déformant la doctrine paulinienne de la liberté chrétienne. Dans une ville où le paganisme était si puissant et si omniprésent, il pouvait être séduisant pour des chrétiens d’entendre que, puisque les dieux n’étaient rien, on pouvait tranquillement participer aux festins qui suivaient les sacrifices aux idoles et maintenir ainsi de bonnes relations avec ses voisins, puisque le corps était destiné à périr, la débauche n’affectait pas notre âme. A ceux qui résistaient à cette séduction, le Christ ressuscité offre à la place des viandes sacrifiées aux idoles, la manne cachée (v. 17 ; cp. 2, 7 où les Nicolaïtes sont également mentionnés).

Promesses symboliques
Dans Ex 16.32-34, le Seigneur demande de préserver un spécimen de la manne dans le coffre sacré pour les générations futures. Selon 2 Maccabées 2.4-7, Jérémie aurait caché cette manne sous terre
lors de la destruction du temple de Salomon. Elle devait rester cachée jusqu’à la venue du Messie.
Dans le bas-judaïsme, on enseignait que la manne cachée par Jérémie est réservée au ciel pour les élus qui en jouiront pendant l’ère messianique. Mais puisque, pour les chrétiens, l’ère messianique a
commencé, les chrétiens ont déjà part à cette manne cachée. « Dès à présent, les chrétiens de Pergame reçoivent cette manne réservée pour les temps de la fin » (lorsqu’ils participent au repas du Seigneur).
Le vainqueur recevra aussi une pierre blanche sur laquelle est gravée un nom nouveau. Les exégètes font allusion à beaucoup de coutumes antiques qui pourraient être à l’origine de cette image : pierre d’acquittement au tribunal, contremarque des invités à un festin, diplôme d’un jeu athlétique avec le nom du vainqueur gravé dans la pierre, pierre qui dispense le gladiateur du jeu du cirque, amulette porte-bonheur, gage pour obtenir de l’argent ou du blé, billet d’entrée au théâtre à Pergame, pierre précieuse gardée au ciel avec la manne, allusion à un rite d’initiation dans le culte d’Asclépios… « Tous ces usages sont attestés et permettent une transposition facile dans les
registres du symbolisme chrétien. Facile, mais purement hypothétique ».
Mais « l’important est le nom qui y est gravé »15. Or, Es 65.15 se lit dans la Septante : « A mes serviteurs sera donné un nom nouveau » et Ap 3.12 dit: « J’écrirai sur lui mon nom nouveau ».
Quand on sait que, dans la Bible, le nom représente la personnalité, la signification de la promesse devient claire : c’est le caractère du Christ qui est gravé dans la vie du chrétien (cf.2 Cor 5.17).

A.K..

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La Mecque, Las Vegas de l’islam, par Hélios d’Alexandrie http://www.blogdei.com/16218/la-mecque-las-vegas-de-lislam-par-helios-dalexandrie/ http://www.blogdei.com/16218/la-mecque-las-vegas-de-lislam-par-helios-dalexandrie/#comments Wed, 28 Sep 2011 08:07:01 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=16218

postedeveille

Hélios d’Alexandrie commente l’article intitulé La Mecque se transforme en Las Vegas dans lequel on apprend que les Saoudiens détruisent le patrimoine archéologique de la Mecque en érigeant des gratte-ciel, des centres commerciaux rutilants et des hôtels de luxe.

Pour les Saoudiens wahhabites, les esprits ne doivent pour aucune considération se dégager du 7e siècle. Cependant les traces matérielles de ce même 7e siècle doivent disparaître à jamais du sous-sol de la Mecque ! Ces traces, par leur présence ou par leur absence, pourraient soulever des questions gênantes sur la véracité de certains dogmes historiques. Pour une religion supposément sûre d’elle-même et de sa supériorité, la destruction des preuves matérielles est une façon comme une autre de préserver la foi de ses adeptes.

lire l’article

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La Bible, le livre le plus combattu au monde http://www.blogdei.com/15463/la-bible-le-livre-le-plus-combattu-au-monde/ http://www.blogdei.com/15463/la-bible-le-livre-le-plus-combattu-au-monde/#comments Mon, 15 Aug 2011 07:51:49 +0000 Myriam Michoud http://www.blogdei.com/?p=15463

Attaques contre la Bible

Les tentatives d’ôter à la Bible sa crédibilité sont presque aussi anciennes que la Bible elle-même. Depuis des siècles, des hommes essaient de la détruire et de la brûler.
Des rois et des empereurs s’y sont employés avec un zèle fanatique. En 303 apr. J.-C., l’empereur romain Dioclétien publia un édit pour détruire tous les chrétiens et leur Livre saint.
Mais vingt-deux ans plus tard, le même livre, la Bible, fut érigé en autorité infaillible par l’empereur Constantin, et il en fit confectionner à ses frais cinquante nouvelles copies.
Quelques discours funèbres ont été prononcés sur la Bible, comme le fit le rationaliste Voltaire.
La Parole de Vérité n’a pas été exterminée ! Ses anciens détracteurs sont morts, les critiques confondus, mais la Bible demeure solide comme un roc.
Si l’on peut parler du miracle de sa transmission, il y a, face aux persécutions, le miracle tout aussi grand de sa conservation.
La Bible est le livre le plus combattu au monde, et pourtant le plus répandu et le plus aimé, malgré toute l’hostilité et les actions destructrices, qui se sont poursuivies jusqu’à aujourd’hui dans certains pays.
Jésus a dit:
« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Luc 21, 33).
Ainsi passent empires et tyrans, athées et contradicteurs, mais le Livre demeure.
Les violentes attaques contre la Bible confirment les paroles de l’apôtre Paul :
« Car il y aura un temps où ils ne supporteront pas le sain enseignement ; mais, ayant des oreilles qui leur démangent, ils s’amasseront des docteurs selon leurs propres convoitises, et ils détourneront leurs oreilles de la vérité et se tourneront vers les fables* »(2 Timothée 4, 3,4).

*Mythes, histoires inventées, ne correspondant pas à la réalité.

La bonne semence

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République Dominicaine, terre d’asile des Juifs: Shalom Amigos http://www.blogdei.com/15047/republique-dominicaine-terre-dasile-des-juifs-shalom-amigos/ http://www.blogdei.com/15047/republique-dominicaine-terre-dasile-des-juifs-shalom-amigos/#comments Thu, 07 Jul 2011 16:25:48 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=15047

le monde des religions
 

Projeté à l’ambassade dominicaine de Paris le 30 juin dernier, le web-documentaire « Shalom Amigos » retrace l’histoire des réfugiés juifs accueillis entre 1938 et 1942 en République Dominicaine. L’occasion de découvrir cet événement quasi oublié de l’Histoire.
 

« Niemand will sie ! », littéralement « Personne n’en veut ! », titrait ironiquement en parlant des Juifs, le Völkischer Beobachter, hebdomadaire allemand au service de la propagande hitlérienne. Il se gargarisait alors de l’échec cuisant de la Conférence d’Evian, décidée en 1938, en vue de statuer sur le sort des émigrés juifs.

Réunis à l’instigation du président Roosevelt, les 32 pays convoqués – parmi lesquels figuraient les présumés porte-paroles des valeurs démocratiques (France, Royaume-Uni et Etats-Unis) – se réfugièrent tous derrière un discours politiquement correct qui se traduisit dans les faits par des mesures protectionnistes et nationalistes.

Curieusement, seule la République Dominicaine
répondit favorablement à l’appel lancé et promit d’accueillir au moins 100 000 juifs. Curieusement, en effet, car le dictateur Trujillo à la tête du pays depuis huit ans est davantage connu pour ses exactions que pour ses élans philanthropiques. Cette décision était avant tout motivée par des intérêts géopolitiques et économiques: restaurer son image sur la scène internationale, largement ternie par le massacre de milliers de Haïtiens en 1937, et participer à l’essor du pays par l’apport d’un capital humain qualifié. Les accords politiques passés entre les responsables dominicains et américains conduisirent à l’élaboration du plan DORSA (Dominican Republic Settlement Association), qui eut en charge l’installation des réfugiés dans la ville de Sosúa au nord de l’île.

C’est donc au travers d’un support original, celui du web-documentaire, qu’Emmanuel Clemenceau et Adrien Walter, ont traité l’histoire de ces populations déracinées. Ainsi que le confie Adrien Walter, l’attention a été davantage portée sur la rencontre entre les Juifs et les Dominicains que sur l’arrière-plan socio-historique de cet événement. Si les images insistent sur la réussite humaine de cette opération – intégration, mariages mixtes, etc. – la partition géographique actuelle de la ville de Sosúa, entre le quartier juif El Batey et le quartier dominicain Los Charimicos, questionne sur l’héritage et l’avenir de ces liens noués au milieu du siècle dernier.

> Cliquez ici pour regarder le web-documentaire sur lemonde.fr

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« La Vague » de Dennis Gansel, par Jérôme Prékel http://www.blogdei.com/13845/la-vague-un-film-de-dennis-gansel/ http://www.blogdei.com/13845/la-vague-un-film-de-dennis-gansel/#comments Tue, 12 Apr 2011 07:44:11 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=13845

Le sarment / Jérôme Prekel

Un livre dont la lecture est conseillée aux chrétiens, bien qu’il ne soit pas écrit par un chrétien, et qu’il ne parle pas de Dieu. La lecture est facile, le style simple, et le sujet traité d’un très grand intérêt pour tous les chrétiens. A lire absolument (y compris par les jeunes).

Paru aux Etats-Unis en 1981, « La Vague » est un best-seller, vendu à 1,5 million d’exemplaires en Europe. Il fait maintenant partie des manuels scolaires dans les écoles d’Allemagne.
« La Vague » est basé sur une expérience réelle de cinq jours, menée pendant un cours d’histoire dans un lycée de Californie dans les années 70.

Alors qu’ils étudient la Seconde Guerre mondiale, les élèves s’interrogent sur la facilité avec laquelle le peuple allemand a suivi Hitler et les nazis.
Pour faire comprendre les mécanismes intérieurs du nazisme à ses élèves, Ben Ross, un professeur d’histoire, crée un mouvement expérimental au sloggan fort : « Le pouvoir par la discipline ! Le pouvoir par la communauté ! Le pouvoir par l’action ! »

En l’espace de quelques jours seulement, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire, à l’insu de chacun : avec une docilité naturelle effrayante, respectant une logique mécanique, les élèves abandonnent graduellement leur libre arbitre (au profit d’un intérêt commun qu’ils estiment supérieur) pour répondre aux ordres de leur nouveau leader (leur professeur), lui-même débordé par son personnage.

« La Vague » est le récit hallucinant de cette expérience qui rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire et les éclaire au moyen des mécanismes qui sont en chacun de nous. Impossible de ne pas faire le parallèle avec ce qui peut se produire, dans une moindre mesure, dans certains groupes religieux très bien intentionnés, unis autour d’un objet saint : la Vérité ou Dieu lui-même.

Ceux qui choisiront d’exercer la direction, le leadership d’une église, d’un groupe chrétien, sans la croix – la crucifixion de l’Homme, de ses pensées, de ses ambitions pour Dieu, de sa sagesse, de sa volonté – ne pourront éviter de tomber dans les pièges subtils qui seront tendus par l’ennemi du vrai témoignage de Christ.

Le Sarment

http://www.bacfilms.com/site/lavague/

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Les projets de Kadhafi contrariés juste au moment de la fête de Pourim 5771 (2011) ! http://www.blogdei.com/13474/les-projets-de-khadafi-contraries-juste-au-moment-de-la-fete-de-pourim-5771-2011/ http://www.blogdei.com/13474/les-projets-de-khadafi-contraries-juste-au-moment-de-la-fete-de-pourim-5771-2011/#comments Mon, 21 Mar 2011 18:47:17 +0000 jean T http://www.blogdei.com/?p=13474

Blogdei

Le samedi 19 mars à 17h45 (18h 45 heure de Jérusalem), la « coalition » a attaqué les colonnes Libyennes et les a mises en déroute au sud de Benghazi (déroute évidente le lendemain 20). Ceci s’est passé alors même qu’elles attaquaient la ville dans un but d’extermination « rue par rue » de cette population « rebelle » à Kadhafi. C’est ainsi le contraire qui s’est passé.
La date du calendrier juif était le 13 Adar II 5771 à Paris, mais déjà le 14 Adar II depuis 45 min à Jérusalem (17h 45 à Paris = 18h 45 à Jérusalem). Or le 14 Adar (ou Adar II pour les années de 13 mois lunaires comme l’est 5771 /2011), s’étendant jusqu’au dimanche 20 Mars même heure, est l’anniversaire de POURIM -voir livre d’Esther- Pourim s’est produit il y a un peu plus de 2480 ans  !
C‘était le jour où Haman l’Agaguite (descendant d’Amalek = symbolisant la chair opposée à l’esprit) avait prévu d’exterminer les juifs… mais ce fût l’inverse qui se passa… Comme dans le présent événement en Libye, les « opposants » (juifs  en ce temps) ont pu se délivrer de leurs ennemis ! Cependant il ne s’agit pas maintenant du peuple juif… mais bien d’un des ennemis les plus irréductibles des juifs et d’Israël qui a subi ce revers : Khadafi !
Le 15 Adar était aussi fêté comme un jour de Pourim, car les juifs ont eu encore le droit de se retourner contre l’ennemi, dans la capitale Suse seulement (et justement le QG de Kadhafi a été bombardé la nuit du 20 au 21 mars à Tripoli, la capitale), il est aussi fêté par les juifs en souvenir de leur délivrance de la main de l’ennemi.

Mais il y a encore plus troublant si on rapproche cet évènement de l’attaque de l’Irak par les USA et leurs alliés, 8 ans avant ! Rappelez vous elle a débuté cette guerre, le même jour de mars en 2003, le 19-20 mars 2003, soit… le 16 Adar II 5763, juste après la fête  ! Il s’agissait aussi d’une année de 13 mois lunaires, la 6ème du cycle de 19 ans n°304 (année hebraïque 5757/19 = 303 + 6ans dans le 304ème cycle pour an 5763. L’année 2011 étant, quant à elle, la 14ème de ce cycle)*. Le même type de scénario se repèterait-il ? Celui qui avait des intentions belliqueuses est celui qui a été pris dans son propre filet !

Saddam Hussein, en effet, était aussi un ennemi irreductible des juifs et surtout d’Israël! Il a fini par être pris dans sa cachette, près de Tikrit, le 13 décembre 2003… puis finalement au bout d’une corde 3 ans plus tard, le 30 décembre 2006 (Haman et ses fils avaient aussi été pendus du temps d’Esther) !

Nous ne connaissons pas encore la suite concernant Kadhafi et la Libye, pourrait-elle avoir des airs de famille avec celle de Saddam ?

* [-Remarque pour préciser un argument souvent reproché a propos des périodes citées. Depuis la restauration d'Israël le calendrier hébraïque et ses fêtes n'est pas sans importance POUR EUX pas pour nous chrétiens, quoiqu'il soit évident que les événements qui nous affectent conditionnent un peu leur avancement et vice versa... Alors on peut être attentif à ces cheminements conjugés tout en demeurant dans notre position sous la grâce !

Donc voici une petite observation déjà développée auparavent : Il y a 7 années de 13 mois dans un cycle de 19 ans : les 3, 6, 8, 11, 14, 17, 19, les 12 autres sont de 12 mois. Quelques exemples d'applications : JC a été crucifié la 9ème ou la 12ème année du 200e cycle, soit durant une année normale de 12 mois lunaires. Inversement les années importantes depuis la restauration d'Israël sont toutes de 13 mois : 1948, la 8ème du 301; Nov 1956, la 17ème du 301; 1967, la 8ème du 302, Kippour 1973 déjà la 14ème du 302...même les événements négatifs pour Israël : 2005 la 8ème du 304 -Gaza donné aux adversaires-, 2008 la 11ème début du Krach boursier mondial et donc début jugement économie/Mammon des Nations... mais pour Israël c'est une aube. ]
Jean T

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Abraham Lincoln, un battant http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/ http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/#comments Sun, 13 Mar 2011 10:49:42 +0000 Myriam Michoud http://www.blogdei.com/?p=13293

SourcedOptimisme.com

Abraham Lincoln est probablement l’un des meilleurs exemples de persévérance que l’on puisse trouver. Si vous désirez connaître quelqu’un qui ne lâchait pas, ne cherchez pas plus loin.

Né dans la pauvreté, Lincoln a dû supporter la défaite toute sa vie.
Il a perdu huit fois les élections, a fait deux faillites d’affaires et a souffert d’une dépression nerveuse.

Il aurait pu abandonner plusieurs fois, il aurait pu se trouver suffisamment de raisons pour justifier un abandon ou maudire le sort ou Dieu, mais il ne l’a pas fait. Et parce qu’il n’a jamais abandonné, il est devenu l’un des plus grands présidents des Etats-Unis.

Lincoln avait une attitude de champion et il l’est, à force, devenu. Un champion n’abandonne jamais. Voici un aperçu du chemin parcouru par Lincoln avant d’arriver à la Maison Blanche :

1816 Les Lincoln sont chassés de leur maison. Abraham doit travailler pour subvenir aux besoins de la famille.

1818 Mort de sa mère

1831 Première faillite

1832 Se présente aux élections législatives ; est battu

1832 Perd aussi son emploi ; veut faire son droit mais est refusé au concours d’admission

1833 Emprunte de l’argent à un ami pour lancer une affaire et fait faillite avant la fin de l’année. Il passera 17 ans de sa vie à rembourser cette dette.

1834 Se présente à nouveau aux élections législatives ; est élu

1835 Projet de mariage ; mort de sa fiancée

1836 Grave dépression nerveuse ; reste six mois au lit

1838 Se porte candidat à la Présidence de la Chambre des Représentants de l’Illinois ; est battu

1846 Se présente encore au Congrès ; est élu ; se rend à Washington où il fait du bon travail

1848 Sollicite un deuxième mandat au Congrès ; n’est pas réélu

1849 Postule l’emploi d’agent des terres de son Etat natal ; ne l’obtient pas

1854 Se présente au Sénat des Etats-Unis ; est battu

1856 Pose sa candidature pour la vice présidence lors de la convention nationale du parti ; obtient moins de cent votes

1858 Se présente encore au Sénat ; est encore battu

1860 Est élu Président des Etats-Unis

La piste était glissante et la course éreintante. En cours de route mon pied à glissé et j’ai perdu l’équilibre, mais je me suis redressé et je me suis dit : « c’est un faux pas et non une chute ».

Michel Poulaert
www.sourcedoptimisme.com

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Nouveau souterrain, remontant au temps du second Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem http://www.blogdei.com/12597/nouveau-sous-terrain-remontant-au-temps-du-second-temple-dans-la-vieille-ville-de-jerusalem/ http://www.blogdei.com/12597/nouveau-sous-terrain-remontant-au-temps-du-second-temple-dans-la-vieille-ville-de-jerusalem/#comments Fri, 28 Jan 2011 15:24:19 +0000 jean T http://www.blogdei.com/?p=12597

Guysen News

Par Diane Fink

Ndlr:  La cité de David se situait dans la vielle ville, en contrebas du 1er Temple. Pour des raisons politiques les fouilles ne se sont pas encore prolongées vers l’emplacement de ce dernier… mais c’est un encouragement pour plus tard, quand les fouilles reprendront dans cette direction… contrariant tous les négateurs de  l’importance ou de l’existence du 1er Temple.

L’Autorité Israélienne des Antiquités a effectué une fouille archéologique dans un tunnel de la Vieille Ville, non loin du Mont du Temple. Désormais les visiteurs pourront traverser la ville sous les anciens murs de Jérusalem.



Le tunnel, découvert lors des fouilles qui ont eu lieu tout au long de l’année 2010, était anciennement utilisé pour le drainage et date de la période du Second Temple. Il relie la ville de David à Silwan en passant par le Parc Archéologique et le Davidson Center, situé près du Mur des Lamentations.

L’Autorité Israélienne des Antiquités a souligné que le tunnel récemment découvert ne s’approchait pas du Mont du Temple, avant d’affirmer qu’elle ne creuserait pas en cette direction.

Le creusement a cours depuis sept ans et a été retardé de près d’un an sur ordre de la Haute Cour de Justice, après que les résident de Silwan aient signé une pétition affirmant que les fouilles causaient des dommages à leurs habitations.

En septembre 2009, Edna Arbel de la Cour Suprême a rejeté la demande et levé l’arrêt qui posait sur les fouilles. Depuis le travail s’était intensifié et le segment du tunnel entre la Ville de David et le Davidson Center a été terminé.

Bien qu’aucune ouverture n’ait été creusée dans la zone de David, des plans prévoient de le faire dans le futur.

« Ce tunnel fait partie d’un système de drainage dont nous avions déjà connaissance dans le passé et il ne draine pas le Mont du Temple par la rue Haguy dans la Vieille Ville. De plus même si les fouilles se poursuivent nous n’irons pas en direction du Temple » a précisé le vice président de l’Autorité Israélienne des Antiquités, Uzi Dahari. Il a d’ailleurs ajouté que les fouilles n’avaient aucun but politique.

« L’Autorité des Antiquités ne s’occupe que d’archéologie. Nous ne creusons pas des tunnels, nous travaillons seulement là où nous sommes autorisés à le faire. Une fois que la Haute Cour a réalisé qu’il n’y avait aucun risque et qu’aucun résident ne subissait de dommages en raison des fouilles, elle nous a autorisé à continuer. Cette fouille est extrêmement importante d’un point de vue archéologique », a-t-il expliqué.

« Lorsque nous avons déposé notre requête à la Haute Cour, il nous paraissait clair que le but du tunnel était de relier Silwan au Mur Occidental », a pour sa part déclaré le procureur Sami Arshid, qui représentait les résidents du village.

« Mais le tribunal a accepté les explications de l’Autorité des Antiquités – ce ne sont pas des fouilles, mais le nettoyage d’un tunnel déjà existant. Aujourd’hui nous voyons bien que les explications de l’Autorité des Antiquités n’étaient que de la poudre jetée aux yeux », a-t-il ajouté.

Lire article complet ici

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De la modernité à la postmodernité, par Jérémie Chassaing http://www.blogdei.com/12390/de-la-modernite-a-la-postmodernite-par-jeremie-chassaing/ http://www.blogdei.com/12390/de-la-modernite-a-la-postmodernite-par-jeremie-chassaing/#comments Mon, 17 Jan 2011 13:51:45 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=12390

dieucafé.com

Avant de présenter les caractéristiques de la postmodernité, présentons brièvement ce qu’est la modernité et indiquons, tout aussi brièvement, comment on est passé de la modernité à la postmodernité.

Une brève présentation de la modernité

La modernité prend véritablement naissance avec les philosophes des Lumières. Elle considère que “l’homme est la mesure de toute chose” (humanisme). Elle rejette l’autorité et la tradition pour les remplacer par la raison et la science. Dieu et la religion sont détrônés.

L’esprit moderne présuppose la connaissance comme accessible à l’esprit humain. La connaissance est certaine, objective et bonne et doit obligatoirement mener au progrès. L’homme moderne a une foi absolue dans ses capacités rationnelles. Par l’observation, l’expérience et la réflexion, chacun peut découvrir la vérité. L’école est un lieu de rupture avec le milieu d’origine pour atteindre le progrès. L’éducation doit libérer l’individu de la vision étroite et irrationnelle que lui imposent ses passions, sa famille et la société pour l’ouvrir à la connaissance rationnelle.

Le passage de la modernité à la postmodernité

La modernité s’est caractérisée par un accroissement des connaissances dans tous les domaines. La mondialisation et le développement des médias ont accentué encore ce phénomène. La raison ne parvient pas à unifier la connaissance. On parle plutôt de coexistence de connaissances hétérogènes, de brisure du savoir (parcellisation, fragmentation, éclatement). Le sens et la rationalité semblent s’opposer.

Le rêve du progrès continu a été ébranlé par deux guerres mondiales, par l’holocauste, par le développement du nationalisme, par la crainte de la destruction nucléaire, par la dégradation de l’environnement. La technologie mise en oeuvre est déshumanisante.

La raison est perçue comme un instrument de puissance et de domination qui étouffe le sujet, ses sentiments, son imagination, son intuition…

Peu à peu, l’optimisme de la modernité va céder la place au désenchantement et à la désillusion. La postmodernité va se présenter à la fois comme un rejet et comme un dépassement de la modernité.

LES CARACTERISTIQUES DE LA POSTMODERNITE

La fin du règne de la raison

La modernité a fait de la raison la dernière idole, celle qui devait réussir là où toutes les autres avait échouées (cosmos, religion, tradition, patrie…), celle qui devait réussir à unifier le savoir. Son échec signe donc la fin des idoles et l’entrée dans une nouvelle ère : la postmodernité. Cet échec remet également en question la notion même de progrès.

Le relativisme

« A chacun sa vérité » ! Cette expression caractérise parfaitement la postmodernité. Le relativisme découle de la fin des idoles, de l’absence de principe unificateur du savoir. Puisque la connaissance n’est pas certaine, objective et bonne, chacun est renvoyé à lui-même pour déterminer ce qui est vrai. La vérité est maintenant subjective, il s’agit de ce qui a un sens pour moi.

La méfiance à l’égard de l’autorité

Puisque aucune autorité ne fait véritablement sens il en résulte une méfiance généralisée à l’égard de toutes formes d’autorité.

L’hyper individualisme

L’humanisme qui allait de pair avec la modernité a déjà plus qu’amorcé le phénomène de l’individualisation. Avec la fin du règne de la raison, le relativisme et la méfiance à l’égard de l’autorité, avec la nécessité de se déterminer uniquement par soi-même, le phénomène s’accentue encore… On peut alors parler d’hyper individualisme. L’hyper individualisme met notamment en avant l’importance de l’expérience personnelle et fait la part belle aux sentiments. « Je sens donc je suis » !

La dénaturation du langage

Le langage est dénaturé. Chacun peut donner une signification différente à un même mot. Il n’y a plus de référence commune qui donne véritablement son sens aux mots. A cet égard il est intéressant de constater que d’innombrables dictionnaires en tout genre fleurissent chaque jour…

La multiplication des choix

Cette caractéristique, déjà présente dans la modernité car découlant notamment de l’accroissement des connaissances et de leur hétérogénéité, s’accentue elle aussi. La multiplication appelle la multiplication…

La prééminence de l’instant présent

Ici et maintenant ! Puisque le passé est définitivement révolu, puisque la possibilité même du progrès n’a plus de fondement, puisque l’avenir n’a rien à proposer, c’est au présent qu’il faut vivre et vivre intensément.

Une certaine désespérance

Alors que sous le règne de la raison, l’optimisme et un certain enthousiasme sont de mise, la postmodernité voit l’apparition d’un nouvel état d’esprit. L’optimisme cède peu à peu la place au scepticisme et au pessimisme voire au cynisme et à la désespérance.

Le retour du religieux

La question qui se pose c’est de quel religieux s’agit-il ? Trois caractéristiques nous semblent majeures. Tout d’abord il s’agit d’un religieux à la carte (à chacun son religieux). Ensuite, Il s’agit également d’un religieux qui rejette la raison pour faire un saut dans l’irrationnel (la foi sans la raison peut-elle exister ?). Enfin, ce retour du religieux témoigne certainement de l’impossibilité pour l’homme de vivre sans croyances.

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Jésus-Christ pleurant sur Jérusalem http://www.blogdei.com/12351/jesus-christ-pleurant-sur-jerusalem/ http://www.blogdei.com/12351/jesus-christ-pleurant-sur-jerusalem/#comments Sun, 16 Jan 2011 09:47:42 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=12351

soleil d’orient

extrait de : le siège de Paris

par Ernest Dhombres (1824-1894)

« Discours prononcé le 4 septembre 1870 au Temple du SE »


NOTE

Le jour où ce discours fut prononcé, la France passait en quelques heures du régime impérial à la forme républicaine. Cette révolution s’accomplit, grâces à Dieu, sans effusion de sang.

La veille, les désastreuses nouvelles du théâtre de la guerre avaient transpiré dans le public à travers les réticences embarrassées du gouvernement et les coupables illusions dont il n’avait cessé de bercer notre pays. Ces nouvelles avaient été confirmées au Corps législatif dans une courte séance de nuit, et, dès les premières heures du 4 septembre, Paris consterné lisait sur les affiches qui couvraient ses murs la catastrophe de Sedan ! Il apprenait que l’empereur s’était constitué prisonnier de guerre, avait rendu son épée au roi de Prusse, et imposé une capitulation sans nom à une armée de 100 000 hommes qui allait prendre, humiliée et frémissante, le chemin de l’exil, tandis que les forces ennemies étaient libres de se jeter sur la route de Paris.

La douleur, l’indignation, la honte remplissaient les âmes. Pendant la célébration du culte, le reflet de ces impressions désolées était visible sur tous les visages, et l’auditoire le retrouvait sans doute dans la voix altérée et sur le front pâli du prédicateur.

Après le service, en nous promenant à travers Paris, nous trouvâmes son aspect modifié depuis le matin. Le bruit d’un changement de gouvernement commençait à se répandre, et les cœurs soulagés se rouvraient à l’espoir. Vers quatre heures, des groupes nombreux se forment, de longs cortèges défilent sur les boulevards. On y voit, au milieu d’une foule immense, des gardes nationaux portant des bouquets au bout de leur fusil, et l’on entend sortir de ces rangs pressés, mais s’avançant en bon ordre, le cri joyeux de : Vive la République!

En effet, elle venait de reparaître pour la troisième fois dans notre histoire, cette forme de gouvernement qui, faisant appel à toutes les forces vives d’une nation, se présente et s’impose comme d’elle-même à l’heure des grandes crises. Le 4 septembre elle était l’irrésistible expression d’une réaction unanime contre le pouvoir personnel, et, en rappelant les campagnes de 1792, elle semblait assurer à la France l’expulsion de l’étranger. Nous n’avons point à nous prononcer ici sur la manière dont elle fut proclamée. A cinq heures elle était un fait accompli et un nouveau gouvernement, qui prit le nom de Gouvernement de la défense nationale, était installé à l’Hôtel-de-Ville. « Le peuple, lisons-nous dans la première proclamation qui fut affichée sur les murs de Paris, le peuple a devancé la Chambre, qui hésitait. Pour sauver la patrie en danger, il a demandé la République. Il a mis ses représentants non au pouvoir, mais au péril. »

Vers cinq heures et demie, je me dirigeai vers le jardin des Tuileries que je trouvai presque désert. Je m’avançai jusqu’au palais qui était entouré par une population nombreuse mais paisible, et gardé par de simples citoyens. L’impératrice venait de quitter ces lieux témoins de tant de splendeurs, mais aussi de tant de déceptions et de larmes. Quelle que fût mon indignation contre un régime qui avait amené ma patrie à ce degré d’humiliation et de douleur, je ne pus me défendre de cette émotion profonde et attendrie qui saisit toujours l’âme humaine à la vue d’une grande infortune, et je demandai ardemment à Dieu de bénir l’ère nouvelle qui se levait sur la France.

Pendant la soirée et pendant une partie de la nuit, des groupes nombreux parcoururent la grande ville, mais sans désordre et sans tumulte ; et Paris s’endormit dans cette double pensée : le pouvoir impérial est tombé, l’élan national sauvera la France. Ces deux idées s’associaient dans tous les esprits ; mais tout homme sérieux se disait à lui-même que la chute d’un trône était plus facile que le relèvement d’une nation ; car pour renverser un pouvoir il suffit de quelques heures, tandis que pour sauver un peuple du double péril de l’invasion et d’une formidable crise intérieure, il faut l’effort héroïque des armées, les vertus de tous les citoyens et une insigne bénédiction de Dieu.

Jésus-Christ pleurant sur Jérusalem

« Lorsque Jésus fut proche de la ville, en la voyant il pleura sur elle et dit : oh ! si tu avais reconnu, au moins en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux. Car les jours viendront que tes ennemis t’environneront de tranchées et t’enfermeront et te serreront de toutes parts ; et ils te détruiront entièrement, toi et tes enfants qui sont au milieu de toi ; et ils ne te laisseront pierre sur pierre, parce que tu n’as point connu le temps de ta visitation. » (Luc 19.41-44)

Jésus nous instruit jusque par ses larmes. Quand il pleure au sépulcre de Lazare, il nous apparaît comme éprouvant et consacrant les grandes douleurs de la vie. Dans ce deuil, il porte tous nos deuils ; dans cette tombe, il voit s’ouvrir toutes nos tombes et s’unit à nos adieux funèbres.

Quand il pleure sur Jérusalem, Jésus nous apparaît comme éprouvant et consacrant un autre ordre de douleurs, les douleurs patriotiques. Toutes les souffrances que causent à un citoyen l’oppression de l’étranger, l’humiliation de son peuple, les désastres du sol natal, trouvent un écho vibrant dans son cœur.

Mais il faut pénétrer jusqu’aux sources les plus profondes des larmes de Jésus. Près du sépulcre de Lazare, ce n’est pas seulement sur le deuil et la mort qu’il gémit, c’est sur le péché, cause première des douleurs humaines. En présence de Jérusalem vouée à la ruine, ce n’est pas seulement sur sa perte matérielle qu’il pleure, c’est sur sa perte morale ; et s’il laisse échapper cette plainte prophétique : Les jours viendront que tes ennemis t’environneront de tranchées et te serreront de toutes parts ; il ne s’écrie pas avec moins de tristesse : Oh ! si tu eusses reconnu, au moins en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix !…Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux.

Contemplons aujourd’hui cette double douleur de Jésus.

Si la parole de Dieu, toujours actuelle parce qu’elle est éternelle, a pu quelquefois retentir à nos esprits distraits comme une voix, étrangère, indirecte, lointaine…aujourd’hui, comme elle répondit nos préoccupations les plus vives ! comme elle va droit à nos cœurs angoissés ! La distance des temps et des lieux s’efface, dix-huit siècles s’évanouissent, et il semble que Jésus lui-même, présent au milieu de nous, prononce sur notre peuple et sur notre propre cité les paroles désolées qu’il prononça sur Jérusalem.

Notre Sauveur éprouve toutes les douleurs du patriotisme parce qu’il en éprouve toutes les affections. Celui qui était venu du ciel, mais né de la terre, devait connaître cet instinct sacré qui attache l’homme au sol natal. Son patriotisme était exempt d’étroitesse, de préjugés, de passion, d’injustice, dominé par la pensée de Dieu, agrandi par les horizons éternels, mais réel, profond, intense comme tous les sentiments purs de l’âme humaine. Aussi, lorsque de cette route de Béthanie à Jérusalem où la foule lui décerne un touchant mais passager triomphe, il voit tout d’un coup apparaître la colline de Sion, la cité Sainte et son temple magnifique, lui qui sait tout ce qui se cache de déchéance et d’infortune morale sous cette splendeur apparente, lui qui lit dans un avenir prochain la sentence de condamnation prononcée sur la ville rebelle, lui qui entend déjà comme les pas précipités des légions romaines et comme le vol des aigles s’assemblant autour de ce corps mort qui fut la race élue ! — il s’émeut d’une immense compassion pour cette patrie si ingrate mais si malheureuse, et, ne pouvant contenir le flot de douleur qui monte à son cœur d’Israélite, il le laisse s’épancher en un torrent de larmes !…Voici, les jours viennent que tes ennemis t’environneront de tranchées et te serreront de toutes parts…et ils ne te laisseront pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps de ta visitation.

….

Ces jours sont arrivés (NDE : 1870), et notre patriotisme, comme celui de Jésus, doit se répandre tout entier en douleur. Depuis cette guerre funeste dans laquelle nous avons été jetés par des pouvoirs et par des initiatives, par des desseins et par des paroles que nous n’avons pas à juger ici, mais, que Dieu et l’histoire jugeront… ; quelle série de revers et de souffrances ! Ces premiers chocs supportés avec tant de vaillance par nos soldats qui luttaient un contre dix ; ces provinces envahies, et déjà traitées en pays conquis ; une ville qui nous est deux fois chère subissant un siège conduit avec barbarie ; nos forces désorganisées cherchant à se rejoindre par une succession de combats malheureux qui devaient aboutir à un désastre sans exemple et à une capitulation sans nom…, et en perspective l’accomplissement littéral pour notre belle capitale de ces paroles de Jésus : Voici tes ennemis t’environneront de tranchées et te serreront de toutes parts! — ah ! pleurons ! Quelle que soit l’espérance que nous avons au cœur, quelle que soit notre confiance en ce Dieu qui, lorsqu’il le voudra, nous enverra la délivrance, pleurons, pleurons encore ! Malheur à celui qui pourrait respirer à l’aise tant que le pied de l’étranger foule le sol de la patrie ! Malheur à celui qui ne se sentirait pas outragé par ce qui outrage la France, prisonnier avec ses captifs, gémissant avec ses blessés, mourant avec ses morts, en deuil avec ses familles en deuil ! Pleurs de Jésus, coulez de nos yeux ! Et pendant que nos soldats versent les flots de leur sang, nous, au moins, répandons sous les voûtes de ce temple toutes nos larmes de français et de chrétiens !

Mais ce n’est pas sur les dévastations de sa patrie que Jésus pleure, c’est sur le désastre moral dont cette ruine est le châtiment. Oh ! si tu eusses connu, en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux ! Ces choses qui appartiennent à la paix de Jérusalem et qu’elle n’a pas voulu connaître, ce sont les miséricordieux desseins de Dieu à son égard, qui se résument dans le don de son Fils. Recevoir Jésus-Christ, voilà la paix de Jérusalem : le rejeter, voilà sa perte. Tout, au sein du peuple Israélite, est dirigé de Dieu pour l’amener aux pieds de Jésus-Christ. La loi a pour but de tenir en éveil sa conscience, de le convaincre de péché et de le faire soupirer après un Rédempteur. La prophétie lui montre le Christ et rattache à sa venue le relèvement de Sion. Les institutions cérémonielles préfigurent dans leur ensemble et par mille détails la médiation souveraine qui doit réconcilier l’homme avec Dieu. L’histoire, par ses alternatives de succès et de revers, d’humiliations et de délivrances, est destinée à ne jamais laisser le peuple satisfait du présent et à porter ses regards sur l’avenir Messianique qui seul réalisera son infatigable espérance. Eh bien, il résiste à toutes ces lumières, il tourne en. dissolution toutes ces grâces. La loi, il l’amoindrit et l’abaisse, et à son tour elle l’endort dans une fausse sécurité, au lieu d’être pour lui un pressant aiguillon. La prophétie, dénaturée par ses rêves charnels, ne fait qu’exalter son orgueil. Son culte, plein de majestueux symboles, se pétrifie en un formalisme étroit et sans vie. L’histoire, avec ses déceptions cruelles, ne lui enseigne ni l’humilité, ni le retour à Dieu…Le Christ paraît ; il descend sur cette terre de Judée qui contemple sa gloire ; il parle sur la pente de ses montagnes ou sur le bord de ses lacs comme nul homme ne parla ; il y accomplit des œuvres que nul autre n’a faites ; il y brille de cette sainteté sans tache qui est comme le vêtement transparent de sa divinité…Mais les siens ne l’ont point reçu… Les Israélites entrent dans une lutte, sourde d’abord, puis ouverte avec celui qui leur apporte la paix ; ils ferment peu à peu leurs cœurs à cette vérité vivante,1 ils préfèrent leurs ténèbres à cette pure lumière, et s’enfonçant dans une incrédulité et une haine croissantes, ils rejettent enfin le Christ, et avec lui le salut et la vie !…Oh ! Voyez-vous Jésus suivant dans le secret des cœurs le progrès de cet endurcissennent et son terme nécessaire, la ruine ! Le voyez-vous contemplant la suprême catastrophe de Jérusalem et ne pouvant l’empêcher, malgré toutes ses compassions, car ce sont ses compassions mêmes que Jérusalem rejette, comme un malheureux englouti par les flots repousserait la main qui lui est tendue et périrait sous l’œil désolé de son libérateur ! Comprenez-vous maintenant toute l’amertume des larmes de Jésus ? Comprenez-vous tout ce qu’il y a d’incompréhensible douleur dans cette parole : Oh ! si tu eusses connu, au moins en ce jour qui t’est donné, les choses qui appartiennent à ta paix…Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux !

Revenons à nous-mêmes, mes frères. En présence des grands événements qui s’accomplissent, le chrétien se recueille pour écouter la voix de Dieu. De la scène bruyante et agitée du monde extérieur, il porte ses regards sur le monde intérieur et se demande si ce n’est pas là qu’il faut chercher les causes secrètes des bouleversements dont il est témoin. Or quand il considère soit en lui, soit autour de lui l’état général des âmes, y voit-il régner l’ordre, la justice, l’harmonie, le bien, la volonté de Dieu ? Et n’entend-il pas la voix attristée de Jésus-Christ dire à cette génération : Oh ! si tu eusses connu les choses qui appartiennent à ta paix !…

Ces choses qui appartiennent à notre paix, ne sont-elles pas pour nous comme pour Israël, et avec une évidence plus pressante encore, celles qui se résument dans ce grand mot : l’Évangile, dans ce grand nom : Jésus-Christ ? Recevoir l’Évangile, recevoir Jésus-Christ, n’est-ce pas, après une expérience de dix-huit siècles, la paix de nos âmes, la paix de nos familles, la paix de notre peuple ? Que lui manquerait-il à ce peuple, s’il connaissait l’Évangile, s’il connaissait Jésus-Christ ?…Mais regardez où nous en sommes, avec tous nos signes extérieurs de christianisme. Quelle incrédulité, quel scepticisme, quelle ignorance, quelle indifférence, quel athéisme pratique ! Dieu et le ciel, ces réalités que le Christ rend vivantes, semblent se voiler et disparaître, et les âmes se courbent vers la terre. Où Dieu ne règne plus, le monde règne avec ses convoitises ; où les instincts supérieurs s’affaiblissent, les instincts inférieurs se renforcent, et l’homme s’asservit de plus en plus, à des degrés divers et sous des formes diverses, au culte de l’égoïsme et des intérêts matériels. De là, dans la vie publique, la faiblesse des convictions, la frayeur des responsabilités et des initiatives, l’acceptation docile du fait accompli, le désintéressement des grands devoirs patriotiques et du bien général, l’abdication insouciante aux mains du pouvoir qu’on sait bien critiquer mais non contrôler sérieusement, et auquel on laisse tout faire, pourvu qu’il garantisse notre repos, nos positions et nos biens ; et avec cela, une prodigieuse infatuation de nous-mêmes, une illusion permanente sur notre force nationale, un dédain de l’étranger qui n’est égalé que par notre ignorance. D’autre part, dans les mœurs privées, un relâchement qui frappe l’observateur le moins sévère. Où est l’antique simplicité ? où est l’antique bonne foi ? où est l’antique pudeur ? Le sentiment du devoir s’affaiblit, la conscience est molle et complaisante, les vertus de famille sont rares, les habitudes sobres et laborieuses se perdent, chacun veut gagner et jouir, la soif du luxe et du bien-être s’empare de toutes les âmes ; et la corruption à laquelle notre siècle offre des facilités inconnues, la corruption excitée par la littérature, par les arts, par les spectacles, va se propageant dans les provinces les plus reculées, et atteint dans les grandes villes, dans notre capitale surtout, ces proportions colossales qui appellent un jour ou l’autre, sur un pays les jugements de Dieu !

Si ce jour ne venait pas, mes frères, si à certains moments de l’histoire, la puissance du mal n’apparaissait pas comme une puissance de malédiction, il n’y aurait point de limite à ses ravages et la perte morale d’une nation serait irréparable…Mais tout-à-coup Dieu se lève pour juger la terre. Il dit aux péchés des princes et aux péchés des peuples, aux péchés des familles et aux péchés des individus : portez vos fruits amers…et ils les portent, et nous somme forcés de les savourer. Un fléau se déchaîne, la guerre, le plus terrible de tous parce qu’ici l’homme châtie l’homme avec tout l’acharnement de ses passions, avec toutes les ressources de son génie. Alors la fiction d’une fraternité universelle se dissipe en un instant, la civilisation la plus brillante se tourne en sanglante barbarie, le vice d’une politique énervante se révèle soudain, une grande nation se cherche elle-même et ne se trouve plus, l’édifice d’une prospérité factice s’écroule, la richesse tant convoitée fait place à une ruine rapide, le bien-être tant recherché se change en souffrance, et Babylone assoupie dans l’ivresse du plaisir se réveille dans le sang !

Humilions-nous donc sous la puissante main de Dieu et reconnaissons que dans ces campagnes ravagées, dans ces récoltes anéanties, dans ces villes assiégées, dans ces armées jonchant le sol, ou emmenées prisonnières, dans ces désastres consommés et dans ceux qui nous menacent encore, c’est Dieu qui frappe et qui châtie les péchés de notre politique, les péchés de notre littérature, les péchés de notre civilisation, les péchés de nos riches et de nos pauvres, les péchés de notre peuple, les péchés de nos Églises…. oui, les péchés de nos Églises, car nous tous qui avons une foi au cœur, nous n’avons pas été à la hauteur des devoirs qu’elle créait pour nous : nous n’avons pas été le sel de la terre, la lumière du monde ; nous avons été plus ou moins les complices de l’iniquité générale, si ce n’est par une participation directe, du moins par une participation indirecte, par « cette faiblesse du bien (une voix austère l’a dit au milieu de nous) plus redoutable que la puissance du mal » ! Ne nous distinguons donc pas de notre peuple humilié et châtié, mais plutôt mettons-nous à sa tête, pour jeter avec lui, du fond de l’abîme, ce cri de la détresse humaine à la pitié céleste « O Dieu, nous avons péché ! O Dieu aie pitié de nous ! »

Et Il aura pitié de nous, mes frères ! Ah ! malgré toutes nos misères, nous espérons que nous n’avons pas encore atteint ce degré d’endurcissement qui précède la ruine irréparable. Non, nous n’avons pas définitivement rejeté l’Évangile, nous n’avons pas repoussé, nous ne voulons pas repousser Jésus-Christ. Non, nous ne voulons pas méconnaître le jour de notre visitation. Non, les choses qui appartiennent à notre paix ne sont, point cachées à nos yeux. Elles nous apparaissent, au contraire, avec plus de puissance que jamais à la lueur du terrible orage !


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L’hiver 1956 en photos, un petit rappel pour ceux qui se désolent du froid… http://www.blogdei.com/12296/lhiver-1956-en-photos-un-petit-rappel-pour-ceux-qui-se-desolent-du-froid/ http://www.blogdei.com/12296/lhiver-1956-en-photos-un-petit-rappel-pour-ceux-qui-se-desolent-du-froid/#comments Tue, 11 Jan 2011 12:38:16 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=12296

MétéoPassion

Ndlr: Pour les plus curieux, lisez également les archives du magazine américain « Life », numérisées par Google.

On entend souvent parler les « anciens » de neiges profondes, de froid glacial ou de tempête dévastatrice… Mais il ne faut pas toujours prendre tous ces souvenirs pour argent comptant ! Car la mémoire météorologique est traître… Elle ne retient que les évènements extrêmes ! Chacun l’arrange à ses sensibilités, ses préférences et son ressenti… Elle oublie peu à peu, amalgame et mélange ! Elle peut faire d’un cas isolé une généralité… Qui n’a jamais entendues ces fameux « on n’a jamais vu ça ! », ou ces « il n’y a plus de saisons ! » ? En oubliant la mémoire humaine pour se plonger dans les archives, on découvre une réalité moins subjective… Ce sont ces évènements, petits ou grands, que j’essaierai de vous livrer à travers des documents d’époque ! Avec, si possible, un regard décalé et ironique…

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Le temps des Nations, par E. Sauer http://www.blogdei.com/12224/le-temps-des-nations-par-e-sauer/ http://www.blogdei.com/12224/le-temps-des-nations-par-e-sauer/#comments Fri, 07 Jan 2011 22:04:44 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=12224

Tiré de l’Aube de la rédemption (1937)

(Les quatre empires mondiaux de la prophétie de Daniel)

Les peuples sont comme la mer mugissante, comme des vagues furieuses qui font rage tumultueusement (cf. Es. 17 : 13).

L’expression « temps des nations » désigne le temps pendant lequel Israël est abandonné aux mains des puissances du monde. Ce «temps des nations» (Luc 21 : 24) commença avec Nébucadnetsar (586 avant Christ). Il ne finira qu’avec l’établissement du royaume de Dieu. Nébucadnetsar et Daniel eurent, tous deux, le privilège d’entrevoir tout le développement des grandes puissances mondiales en une prophétie qui couvre l’histoire du monde en général. Ils le virent cependant, tous deux, d’un point de vue différent correspondant à leur propre position dans le plan du salut.

Nébucadnetsar, le gouverneur païen, vit le côté extérieur de l’histoire du monde en même temps que son contenu humain, c’est-à- dire son « humanité» avec ce qu’elle contient de grandiose, d’héroïque et d’imposant. Le lien organique y est noté : c’est une statue colossale d’un éclat extraordinaire (Dan. 2 : 31). Par contre, le royaume de Dieu ne lui apparaît que comme une petite pierre détachée de la montagne (Dan. 2 : 34, 44-45).

Daniel, ministre d’Etat, mais en même temps saint prophète de Dieu, vit le côté intérieur de l’histoire, sa nature extra-humaine. Cette histoire est alors celle de « bêtes sauvages » (Dan. 7 : 4-7), faite de brutalité, de tiraillements discordants, de conflits entre peuples (Dan. 8 : 4, 6-7; 11 : 2, 4, 11) et d’oppression (Dan. 7 : 7, 19); il y distingue l’élément blasphématoire (Dan. 7 : 8, 25), tandis que le royaume de Dieu est dans cette optique nouvelle, le royaume du « Fils de l’homme » (Dan. 7 : 13-14, 27) en ce que, par lui, sera établi pour la première fois sur la terre, la domination d’une vraie humanité au sens scripturaire du terme.

Le premier royaume mentionné était une unité (une tête: la Babylonie); le second, une dualité (le buste avec les deux bras: MédoPerse); le troisième était quadruple (un léopard à quatre têtes: les quatre états qui succédèrent à Alexandre le Grand); le quatrième sera une décuple unité (dix orteils, dix cornes, mais unies en la personne de l’antichrist: le quatrième empire mondial, au temps de la fin). Mais à l’apparition du Christ, tout cela deviendra une multiplicité de débris (Dan. 2 : 35; Apoc. 16 : 19; 19 : 11-18; Mat. 21 : 44); le Seigneur, alors, comme monarque légitime des hommes, amènera tous les peuples et toutes les races à une unité réelle, sous une seule tête, lui-même (Eph. 1 : 10; Zach. 14 : 9).

Le développement et la direction de l’histoire d’est en ouest peuvent être comparés à la course du soleil ayant la nuit pour achèvement. Dans leur « évolution » régressive, de plus en plus loin de Dieu, le péché et le monde s’avancent vers leur maturation: de l’or à l’argent (Dan. 2 : 89-40), de l’argent au cuivre, du cuivre au fer (cf. Les quatre âges du monde d’Ovide). Le colosse de Nébucadnetsar est debout sur des pieds d’argile (Dan. 2 : 33).

Tout cela, à la fin, sera mis en pièces. La statue géante sera brisée (Dan. 2 : 35, 45) et la souveraineté sera enlevée aux bêtes (Dan. 7: 12). Soudainement, au sein de la nuit profonde, le soleil se lèvera. Le Fils de l’homme venant des cieux (Dan. 7 : 13; Mat. 26 : 64) établira le vrai royaume d’une authentique humanité. La pierre deviendra une montagne et remplira toute la terre (Dan. 2 : 35). « Le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut » (Dan. 7 : 27).

Du VIIIe au VIe siècle avant Christ, les peuples du monde connurent leur « printemps ». Aucune autre époque de l’histoire du monde pré-chrétien n’a eu plus de signification que celle-là dans la formation de la vie intellectuelle de l’humanité. Une vague d’inspiration traversa le monde civilisé tout entier. En Asie orientale vécurent Confucius et Lao-Tsé, les plus grands des Chinois. En Asie septentrionale, Bouddha, l’Indien le plus influent. En Perse, Zoroastre, le prophète de la religion de Cyrus. En Asie occidentale, Israël connaissait le plein épanouissement du prophétisme avec Esaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel. En Grèce apparaissaient les premiers germes de la philosophie: Talès, Héraclite, Pythagore et Socrate, et l’épanouissement de la poésie classique avec Sophocle, Euripide et Eschyle.

Politiquement, ce printemps n’était pas sans orage. En 650 avant Christ, Ninive était encore debout et le grand roi d’Assyrie était seigneur du Moyen-Orient. En 612, Ninive tombait, premier d’une série d’événements qui vont, dès lors, se suivre comme les vagues successives d’un courant rapide. Après quelques décades, l’empire de Nébucadnetsar est vaincu par Cyrus (538), l’empire de Cyrus par Alexandre le Grand (333), l’empire d’Alexandre est divisé après sa mort en quatre états (301) pour revenir en héritage, finalement, à Rome, premier empire qui ait connu plusieurs siècles de quiétude sans orage.

I. Le nouvel empire mondial Babylonnien

« Tu es la tête d’or. » Ainsi Daniel expliqua-t-il la statue de Nébucadnetsar142. La première des quatre bêtes que Daniel lui-même put voir en vision correspond à ce royaume. Le nouvel empire babylonien était le lion à tête d’aigle (Dan. 7 : 4), le lion étant aux bêtes de la terre et l’aigle aux oiseaux du ciel, ce que l’or est aux métaux et la tête aux membres. Le nouvel empire babylonien combinait la majesté royale du lion à la rapidité et la promptitude de l’aigle. Il fut fondé par Nabopolassar (625 avant Christ), consolidé par Nébucadnetsar (604- 562) et détruit par Cyrus, le Perse (538). Son existence se prolongea environ 70 ans, soit à peu près le temps de la captivité des Juifs en Babylonie (606-536). Avec sa destruction s’accomplissait la prophétie de Jérémie : « L’Eternel a excité l’esprit des rois de Médie, parce qu’Il veut détruire Babylone. Car c’est la vengeance de l’Eternel, la vengeance de son temple » (Jér. 51 : 11, 24 ; Es. 13 : 17).

II. L’empire mondial médo-perse (588-332 avant Christ)

L’Ancien Testament salue Cyrus d’une manière unique. De toute l’histoire des nations, il est le seul guerrier qui ait été mentionné par son nom, un siècle au moins avant sa naissance, dans la prophétie israélite (Es. 44 : 28; 45 : 1). Le Seigneur, à cause de son serviteur Israël, l’a pris par la main droite pour soumettre les peuples devant lui (45 : 1, 4). Il l’appelle son «berger» (44 : 28), son « oint» qui accomplira sa volonté (45 : 1) et lui dit : « J’irai devant toi, j’aplanirai les chemins montueux, je romprai les portes d’airain et je briserai les verrous de fer. Je te donnerai des trésors cachés, des richesses enfouies, afin que tu saches que je suis l’Eternel qui t’appelle par ton nom» (Es. 45 : 2-3). L’empire des Mèdes et des Perses était le buste d’argent avec les deux bras (Dan. 2 32), l’ours qui se lève sur un côté (Dan. 7 5), le bélier aux deux cornes inégales dont la plus haute a poussé la dernière (Dan. 8 : 3, 20).

Les Mèdes et les Perses étaient des peuples frères ; cependant, les Perses, au début, étaient sous la domination des Mèdes. En 559 avant Christ, le prince persan Cyrus de Ansan vainquit et soumit Astyage, roi des Mèdes. Dès lors, le royaume mède devint perse. L’ours s’était, si l’on veut, levé sur un côté, le côté perse, le côté mède restant en bas. Des deux cornes du bélier, l’une, poussée plus tard, surpassait l’autre.

D’une poussée puissante, le royaume perse donna l’assaut, spécialement après la chute de Babylone (538 avant Christ) : «Je vis le bélier qui frappait de ses cornes à l’occident, au septentrion et au midi » (Dan. 8 : 4). Il est significatif que l’est ne soit pas mentionné ici. C’est, en effet, la seule direction dans laquelle les rois de Perse ne firent aucune conquête, alors que cet empire insatiable dévorait successivement terre après terre, dans les autres directions. « Lève-toi, mange beaucoup de chair» (Dan. 7 : 5). Dans la gueule de l’ours, il y avait trois côtes, les royaumes lydien (depuis 546 avant Christ), babylonien (depuis 538 avant Christ) et égyptien (depuis 525). Avec ses cent vingt-sept provinces, cet empire embrassait la quasi-totalité du monde civilisé d’alors (Esther 1 : 1). Contre la Grèce seule, ses efforts furent vains. C’est là que résidait le germe de sa chute ultérieure (Dan. 11 : 2-3).

III. L’empire mondial gréco-macédonien (dès 833 avant Christ)

La chute de l’empire perse après une durée de 206 ans (538-332) eut pour instrument Alexandre le Grand de Macédoine, fils du roi Philippe. Son empire est le ventre de cuivre et les reins de la statue de Nébucadnetsar, la panthère aux quatre têtes et aux quatre ailes du songe de Daniel (Dan. 7 : 6), lui-même étant la grande corne du bouc qui, venant de l’e ouest» dans un furieux assaut, amène la défaite du bélier perse (Dan. 8 : 5-7, 21)143.

La marche victorieuse d’Alexandre est le spectacle le plus impressionnant de l’antiquité. Elle fut comparable à la course rapide et furieuse d’un bouc dont les pieds touchent à peine le sol (Dan. 8 : 5)… Tel un léopard à quatre ailes (Dan. 7 : 6), Alexandre fondit impétueusement sur le bélier moins actif, l’ours, plus pataud. En d’incomparables victoires à Granique (dans l’ouest de l’Asie mineure – 334 avant Christ), à Issos (en Cilicie, non loin de Tarse – 333) et Gaugamèles (près de Ninive – 331), le jeune guerrier détruisit la gigantesque armée du faible Darius Codomanus144, «…sans que le bélier eût la force de lui résister » (Dan. 8 : 7).

Après trois ans de guerre à peine, Alexandre, jeune homme do 25 ans, était maître de l’ancien Orient, deux fois millénaire. La domination fut donnée au léopard (Dan. 7 : 6); le bouc devint très puissant (Dan. 8 : 8). Alors le spectacle devint une tragédie. Tandis qu’il était au faîte de sa puissance, dans la fleur de l’âge145, Alexandre mourut à Babylone, centre mondial, après une fête. Une forte fièvre l’emporta subitement. Il ne laissait point d’héritier sur le trône. La « corne» était « brisée» (Dan. 8 : 8, 22). «Il s’élèvera un vaillant roi, qui dominera avec une grande puissance, et fera ce qu’il voudra. Et lorsqu’il sera élevé, son royaume se brisera et sera divisé vers les quatre vents des cieux; il n’appartiendra pas à ses descendants, et il ne sera pas aussi puissant qu’il était car il sera déchiré, et il passera à d’autres qu’à eux» (Dan. 11 : 3-4). Après vingt ans de conflits dus à ses généraux sur l’héritage d’Alexandre, quatre royaumes principaux émergèrent qui sont:

1. Le royaume syro-babylonien (le roi du nord – Dan. 11 : 6-7, 11)

2. Le royaume égyptien de Ptolémée (le roi du sud – Dan. 11 : 5, 9, 11)

3. Le royaume gréco-macédonien de Cassandre, et

4. Le royaume ihraco-bitynien de Lysimachus.

Par la bataille d’Issos (Phrygie) en l’année 301 avant Christ, la prophétie de Daniel prononcée au VIe siècle (Dan. 7 : 1, 6; 8: 1) trouva son accomplissement littéral: « Le bouc devint très puissant; mais lorsqu’il fut puissant, sa grande corne se brisa. Quatre grandes cornes s’élevèrent pour le remplacer aux quatre vents des cieux» (Dan. 8 : 8). C’est pour cela que le léopard a, non seulement quatre ailes, mais encore quatre têtes (Dan. 7 : 6).

De ces quatre nouveaux états simultanés, ceux qui jouent le rôle le plus important pour l’histoire du salut sont les deux plus grands, le roi du sud, égyptien, et le roi du nord, syrien. De ces deux, le dernier est l’acteur essentiel. Une prophétie détaillée leur est d’ailleurs spécialement réservée au chapitre 11 du livre de Daniel. De 301 à 198 avant Christ, Israël fut sous la domination de l’Egypte. Ensuite, après la bataille de Panéa, il fut rattaché à la Syrie.

Après quelques décades seulement survint un puissant conflit entre la civilisation et la révélation, incarnées respectivement par Antiochus Epiphane d’une part et Judas Macchabée d’autre part. De l’une des quatre cornes du bouc qui grandirent à la place de la corne brisée, sortit une petite corne « qui s’agrandit beaucoup vers le midi, vers l’orient, et vers le plus beau des pays (la Palestine). Elle s’éleva jusqu’à l’armée des cieux, elle fit tomber à terre une partie de cette armée et des étoiles, et elle les foula » (Dan. 8 : 9-10). «Il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force; il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints» (Dan. 8 : 23-24). Antiochus IV Epiphane146, le roi du nord, ici en vue (175-164 avant Christ), en dépit de ses projets insensés et de sa férocité, ne peut être dépeint sous la seule figure d’un barbare sans expérience. C’était plutôt un artisan enthousiaste et fanatique de la culture grecque. Après la défaite infligée à son père Antiochus III par les Romains (190 avant Christ), il était demeuré 13 ans à Rome comme otage et y avait été tellement saturé des idées gréco-romaines que l’historien allemand Mornmsen pouvait l’appeler « le singe romain par profession ». Après l’année 168 avant Christ, quand les Romains lui eurent interdit de conquérir l’Egypte (Dan. 11 : 30), il proposa l’affermissement intérieur de son pouvoir par le moyen d’un savant et étroit amalgame politico-religieux de toutes les parties du royaume. A ce plan, il ne rencontra d’opposition qu’en Palestine. Pour briser cette résistance et pour justifier mieux son slogan «un roi, un état, une civilisation », il persécuta ceux des Juifs qui adoraient Yahwéh. Son but réel en cela était l’introduction de la civilisation grecque à l’intérieur du monde juif, civilisation jointe à l’adoration de Jupiter, dieu de l’Olympe.

Il prohiba la circoncision et les services au temple (Dan. 8 : 11; 11 : 81-36), interdit l’observation des sabbats et fêtes, fit saisir les écrits sacrés, en fit des tas auxquels il mit le feu, mettant à mort quiconque en était trouvé détenteur (Dan. 11 : 33). Dans le même but, il priva le temple de l’autel des parfums, du chandelier d’or, de la table de proposition et du voile qui séparait le lieu très-saint du lieu saint (169 avant Christ). Il contraignit le peuple à manger de la viande de porc; le 25 kisleu (vers le mois de décembre), en 168, à l’occasion de la fête annuelle du Zeus olympien, il fit dresser un grand autel consacré à ce dieu sur l’autel des sacrifices à Jérusalem (I Macch. 1 : 20-24, 41-64), « abomination de la désolation » à laquelle se référa Jésus dans son discours du mont des Oliviers, comme étant une prophétie typologique des événements futurs (Mat. 24 : 15 ; cf. Dan. 11 : 31; 9 : 27 ; 12 : 11). Par sa conduite, Antiochus devenait un type de celui que l’apôtre Jean appelle « Antichrist ». Et c’est là la raison pour laquelle il fut, lui aussi, dans la prophétie, représenté comme la petite corne du troisième empire mondial (Dan. 8 : 9, 28), de la même manière que l’antichrist est la petite corne du quatrième empire mondial (Dan. 7: 8, 20, 24-25).

Les Macchabées, héros de la liberté, levèrent l’étendard de la révolte contre cette violation de la foi révélée par la tyrannie de la civilisation (168-141 avant Christ). « Ceux du peuple qui connaissaient leur Dieu agirent avec fermeté» (Dan. 11 : 32). Après un conflit héroïque, ils retrouvèrent la liberté de religion (165 avant Christ) et même, finalement, l’indépendance politique (141). Cependant, c’est précisément à ce moment-là que l’histoire de leurs oppresseurs rendit évidente l’apparition d’une ère nouvelle pour les peuples du monde. Antiochus en effet se vit limité et contrecarré par une nouvelle puissance (Dan. 11 : 30), jusque-là inconnue de l’Orient: Rome.

IV. L’empire mondial romain (de 201 [133] avant Christ au retour du Christ)

Balaam, longtemps auparavant, avait prédit la chute de l’Orient et la montée de la puissance mondiale de l’Occident. C’était au temps de Moïse, environ douze siècles avant la naissance de Christ: «Hélas, qui vivra après que Dieu l’aura établi? Mais des navires viendront de Kittim (Chypre – voir Gen. 10 : 4; Es. 23 : 1, 12; Ez. 27 : 6; Dan. 11 : 30). Ils humilieront l’Assyrien, ils humilieront l’Hébreu et lui aussi sera détruit » (Nomb. 24 : 28-24). Douze cents ans plus tard, cette prophétie trouvait son accomplissement dans l’empire romain.

Insignifiante comme un grain de blé, en son commencement, maîtresse des peuples du Levant au Couchant en sa maturité, tel est le développement de Rome. Lorsque l’empire perse fut fondé, Rome n’était qu’une petite ville d’Italie, si petite que l’historien Hérodote ne la mentionne même pas. Aux jours du Seigneur, elle était devenue le centre du monde et son lieu de rencontre.

L’impulsion qui préside à son développement, Rome la tient de la Grèce. Par eux-mêmes, les Romains n’auraient sans doute jamais été à même de faire éclore une civilisation personnelle artistique et philosophique. Leur force reposait essentiellement dans le militarisme, le gouvernement et les lois. Pour ce qui est de la discipline et du dévouement à l’Etat, ils furent incomparables ; mais ils restèrent des demi- barbares même au faîte de la puissance. S’il en fallait une preuve, il suffirait de rappeler l’amphithéâtre où s’exprimaient, sous forme de jeux, la barbarie et la brutalité romaines. L’empire romain était bien de fer (Dan. 2 : 40), les jambes de la statue de Nébucadnetsar (Dan. 2 : 38), la première phase du développement du quatrième empire, quatrième bête de la vision nocturne de Daniel147, animal « terrible, épouvantable et terriblement fort » qui avait de grandes dents de fer, mangeait, brisait et foulait aux pieds ce qui restait (Dan. 7 : 7).

A l’origine, ce fut un petit Etat de cultivateurs que l’accroissement rapide de la population poussa par besoin à la conquête. Ensuite, après plusieurs guerres victorieuses sur des voisins très semblables (par exemple: les Samnites – 343-290), Rome devint, vers 300 avant Christ, la grande puissance de l’Italie. Il s’ensuivit inévitablement l’entrée dans la politique mondiale. D’où la naissance d’une rivalité avec Carthage, la proche voisine d’au-delà de la Méditerranée. Par la victoire de Zama sur cet adversaire le plus dangereux (201 avant Christ : victoire de Scipion sur Annibal), Rome devint la puissance dirigeante incontestée de la Méditerranée occidentale. Dès lors, par la seule force des choses — sans même aucune intention préalable de devenir puissance mondiale — elle se devait d’intervenir en Orient.

Semblable au fer qui brise et rompt tout, Rome réalisait la prophétie (Dan. 2 : 40). Au bout de quatre ans, la Macédoine fut brisée (en 197, à la bataille des Cynocéphales, en Thessalie); elle allait être détruite en 168 à la bataille de Pydna. A la suite de la victoire de Magnésie du Sipyle, au nord de Smyrne, Rome s’imposait aux Syriens en 190. Elle annexait le nord de l’Afrique comme « province» après la destruction de Carthage en 146. Ensuite, ce fut le tour de la Grèce par la conquête de Corinthe, celui de l’Espagne par la conquête de Numance en 133 et l’incorporation de l’Asie-Mineure en 129 par l’héritage du royaume de Pergame. Zama, les Cynocéphales, Magnésie, Pydna et Numance sont les cinq principales étapes par lesquelles Rome atteignit la puissance mondiale. C’est ainsi que se réalisait, pendant le second siècle avant Christ surtout, la prophétie de Daniel : e Il dévorera toute la terre, la foulera et la brisera» (Dan. 7 : 23) « de même que le fer brise et rompt tout » (Dan. 2 : 40). Pour parler d’une façon schématique, disons que Rome a pris l’héritage d’Alexandre le Grand en sorte que dès 146 avant Christ elle fut généralement reconnue comme étant devenue la république militaire dominante des territoires de la Méditerranée occidentale et orientale. « Ce fut comme si le dieu de la guerre avait foulé la terre de ses pieds de fer, faisant couler à chaque pas des flots de sang » (Herder). Néanmoins, l’ascension avait été trop violente, le temps de la fermentation était proche. Une période de révolution allait suivre (133-131), ce qui faisait dire à Propertius, au premier siècle avant Christ, « Plaise à Dieu que je sois un menteur, mais je vois Rome l’orgueilleuse tombant comme un sacrifice à sa propre prospérité ».

Avec l’expansion de son gouvernement, Rome était devenue le centre du monde. Tous les trésors coulaient ensemble vers les classes dirigeantes. Cela eut pour résultat une luxure insensée, une prodigalité, une débauche et une corruption sans précédent. Déjà en 190 avant Christ, tandis que le jeune Antiochus Epiphane séjournait à Rome, un procès gigantesque fut intenté contre plus de dix mille personnes dont la plupart furent condamnées à la peine de mort. La Rome républicaine creusa sa tombe par la conquête du monde. Au début, Rome avait été un Etat paysan, mais après qu’elle fut devenue une puissance mondiale s’étendant tout autour de la Méditerranée (dès le second siècle avant Christ), tout changea. Pour maintenir l’unité de cet empire géant, il fallut maintenir une armée composée de citoyens vivant sur un pied élevé. Pendant la longue période de leur service militaire, la maison et les dépendances agricoles des soldats étaient à demi-abandonnées en sorte qu’on les vendait à de riches propriétaires. Ainsi naquit le riche possédant, cultivant de vastes propriétés par le moyen d’esclaves. La classe moyenne était ruinée. La population paysanne était poussée insensiblement des campagnes aux villes. L’abandon des terres commençait et, avec lui, naissait la grande antithèse du capitalisme et du prolétariat. Les districts campagnards se vidant, il ne fut plus possible de maintenir ce système de recrutement militaire et il fallut engager des mercenaires. Ceux-ci étaient aveuglément dévoués au général qui les engageait. Le facteur décisif pour eux était de savoir qui les conduirait à plus de rapines et de butin, tout en leur promettant la meilleure solde. La personnalité du démagogue pouvait à elle seule faire pencher la balance. L’apparition de chefs ambitieux entraîna des guerres civiles qui agitèrent l’Etat romain pendant plus d’un siècle (133-31 avant Christ)148. De ces guerres civiles devait sortir finalement la souveraineté exclusive des Césars au temps du Christ. Rome entrait ainsi dans sa sixième étape, devenant une monarchie militaire mondiale (dès 81 avant Christ)149. Ce développement unique est sans parallèle dans l’histoire du monde. La quatrième bête était différente de toutes les autres bêtes, avait écrit Daniel (7 : 7, 19). Dans l’histoire de cet empire, chaque chose découle forcément de la précédente. La volonté du divin Gouverneur du monde dirigeait l’histoire de Rome avec la force du destin. A cause du Christ, Rome devait devenir ce qu’elle devint. Il est vrai que les Romains furent les « ravisseurs du monde », mais sans qu’ils l’aient su, leurs « vols » jouaient une partie importante dans les annales du salut. Rome avait à créer un réservoir pour la civilisation, et cela en vue de l’extension de l’Evangile. Sa tâche fut donc de « rassembler » pour Christ.

Erich Sauer 1898-1959

à suivre « La plénitude des temps »

Notes

142 Bien longtemps auparavant, la vieille Babylone du temps d’Hammourabi (1900 avant Christ) avait déjà été le cerveau du Moyen-Orient et la tête intellectuelle de la civilisation.

143 Les mots «bélier » et «corne » étaient des images évidentes pour un chef militaire et un pouvoir royal (Jér. 48 : 25 Dar. ; Zach. 10 : 3). Ils étaient particulièrement adaptés à la Perse en opposition à l’empire d’Alexandre : le bouc. Le bélier est, en effet, plus pacifique, bien moins agile et moins apte à se défendre que le bouc ; il est aussi moins sauvage et moins entêté ; son épaisse toison de laine peut enfin présenter une image appropriée du confort et de la prospérité relative de l’empire perse au temps d’Alexandre. De plus, les rois perses, lorsqu’ils apparaissaient à la tête de leur armée, portaient souvent — littéralement — une tête de bélier au lieu d’un diadème et les colonnes de la capitale Persépolis étaient, elles aussi, ornées de têtes de bélier.

Au sujet du bouc comme symbole d’Alexandre le Grand, Hävernick fait remarquer: «La ville d’Edessa en Macédoine reçut du roi Caranus le nom d’Aega (cf. grec: Aix, ai gos, le bouc). De là, le nom donné aux Macédoniens «Egéens », nom qui, selon les auteurs classiques, aurait été donné à cause des boucs qui auraient permis au roi de capturer la ville (Justin). Sous ce nom, la ville resta longtemps la résidence du gouvernement macédonien antérieur (Diodore-Sic.). Le fils d’Alexandre et de Roxane fut appelé le bouc alexandrin. Plusieurs des rois macédoniens ont leur effigie sur les monnaies, accompagnée des cornes d’un bouc, de même que cet animal servit d’emblème sur les bannières et les étendards de l’armée macédonienne (Justin). »

144 A Gaugamèles, l’armée d’Alexandre était vingt fois inférieure en nombre à l’armée perse.

145 Il mourut le 13 juin 333, âgé de 32 ans seulement.

146 A cause de ses nombreuses folies, ses contemporains l’appelèrent «Epimanes» (le fou) au lieu d’ « Epiphane » (le brillant).

147 L’assimilation des diverses parties de la statue de Nébucadnetsar et des quatre bêtes de la vision nocturne de Daniel (Dan. 2 : 31-43; 7) aux quatre empires mondiaux de Babylone, des Mèdes et Perses, d’Alexandre et de Rome, se trouve déjà sous la plume d’Irénée (mort en 102), de Josèphe et des rabbins juifs. Luther écrit, quant à lui «Sur cette interprétation, tout le monde est d’accord, les faits et l’histoire la prouvent solidement ». Parmi les commentateurs récents qui soutiennent cette interprétation, on peut citer, entre autres, Hengstenberg, Ebrard, v. Hofmann, Dilchsel, Hävernick, Keil, Auberlen et de nombreux autres.
Il n’y a d’ailleurs aucune difficulté si l’on admet que le Dieu de toute connaissance peut tout aussi aisément faire connaître à ses serviteurs les événements les plus éloignés que ceux de l’avenir le plus immédiat (cf. Es. 42 2; 44 : 7).

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La Toussaint reprend une fête païenne, voici son histoire http://www.blogdei.com/11338/la-toussaint-reprend-une-fete-paienne-voici-son-histoire/ http://www.blogdei.com/11338/la-toussaint-reprend-une-fete-paienne-voici-son-histoire/#comments Mon, 01 Nov 2010 18:35:13 +0000 jean T http://www.blogdei.com/?p=11338

Lettres à l’Epouse (schoenel)

La pratique des fêtes païennes a ceci de particulier, c’est qu’immanquablement elles font reculer le christianisme et ses valeurs.  Le diable sait très bien cela, c’est pour cela qu’il pousse les feux pour entretenir et développer ces pratiques totalement antéchrist. Une des manifestations les plus spectaculaires du recul des valeurs chrétiennes est la multiplication des défilés de zombies qui accompagne Halloween dans nos villes occidentales. Inexistantes il y peu, ce qui est vécu comme un jeu se répand comme un poison dans notre jeunesse.  Inspirés de films d’horreur et de jeux vidéo d’épouvante ces personnages sanguinolents sont à la fête à l’occasion de la Biennale Internationale du Zombie à Lyon par exemple ou avec la société AMC qui a organisé plusieurs marches zombies à travers le monde afin de promouvoir sa série télévisée The Walking Dead qui sort ce week-end. Ces nouvelles pratiques changent radicalement l’âme de nos sociétés modernes qui se corrompt avec de pareilles habitudes. L’horreur contamine des pans entiers de la vie des jeunes aujourd’hui au travers des jeux, séries TV, films, ou fêtes en tous genres.

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Mais l’origine de ces pratiques est anciennes. En 500 av. J-C, le monde celte ne se limite pas aux régions que sont aujourd’hui la Bretagne, l’Irlande, le pays de Galles ou l’Ecosse mais s’étend jusqu’à l’Auvergne et même l’Europe centrale. La vie quotidienne de ces tribus était inscrite dans un calendrier qui se comptait, non en jours, mais en nuits, l’année finissant le 31 octobre, date approximative du changement de climat entre l’été et l’hiver. Ainsi, à la pleine lune la plus proche du 31 octobre, les populations célébraient la fête de Samhain, défaite de Muck Olla, dieu du soleil, de l’été, des moissons et donc dieu de la vie, face au dieu Samhain, dieu des ténèbres, des nuits longues et froides, dieu de la mort. Cette célébration servait d’exutoire à la peur qu’engendrait dans ces populations paysannes la perspective de l’hiver et de la famine possible. Et comme Samhain triomphait, on disait qu’il emmenait avec lui sur la terre les âmes des défunts de l’année qui revenaient hanter les chaumières.

Cette société celte est dominée par une caste de décideurs politico-spirituels, celle des druides, instruits de sciences et de magie, qui parcourent la campagne les nuits de Samhain pour percevoir l’impôt dû aux sacrifices du dieu de la mort. Les paysans payent donc en espèces ou en nature, sous la menace de recevoir un mauvais sort de la part des druides, qui tiennent ces populations par la peur et la superstition. Ensuite commencent les nuits de Samhain qui pouvaient durer pendant deux semaines à compter du 31 octobre et au cours desquelles des cérémonies de sacrifices assemblaient les populations autour de feux nocturnes pour y immoler des animaux, des esclaves ou des prisonniers ennemis, dans l’optique d’apaiser le dieu dont on craignait la puissance néfaste.

De même, les participants se couvraient de peaux de bêtes pour apaiser ou effrayer les mauvais esprits et pensaient les tenir loin des feux en faisant le plus d’agitation possible : cris, danses et chants pour les éloigner.

Puis les druides clôturaient les cérémonies en étouffant le feu sacré qui brûlait toute l’année sur l’autel des sacrifices, avant de le rallumer avec des branches du chêne lui aussi sacré. Enfin, chaque chef de famille emportait dans sa maison des braises dudit foyer, afin d’y entretenir lui aussi ce feu au long de l’année.

Depuis toujours, l’Eglise catholique eut le souci de pérenniser les fêtes païennes par des fêtes religieuses aux couleurs catholiques et de les placer aux mêmes dates, semant ainsi la confusion, notamment parmi les populations fraîchement converties, tentées de sombrer dans le syncrétisme. Il en est ainsi de la fête de la Nativité placée le jour de l’équinoxe, de la fête solaire et de la fête du dieu romain Mithra, de Pâques à l’époque des fêtes celtiques du Renouveau, de la Saint Jean le jour du solstice d’été. De même, la fête de la Toussaint (fête de tous les saints), initialement instaurée au mois de mai par le Pape Grégoire IV (840), est rapidement déplacée au 1er novembre et le lendemain, 2 novembre, est consacré au culte des morts par saint Odilon, abbé de Cluny (1248), dans le but de célébrer l’union de l’Eglise triomphante, de l’Eglise militante et de l’Eglise souffrante qui ne forment qu’une seule Eglise. Les dates des 1er et 2 novembre ont donc été choisies précisément dans le but de remplacer les fêtes de tradition païenne.

Mais les superstitions rurales locales subsistent et, dès lors, le mot désignant la veille de la Toussaint devient All Hallow Evening, le soir de tous les esprits, que l’usage transformera en All Hallow’en puis Halloween.

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Pour l’Unesco, la tombe de Rachel serait également une mosquée http://www.blogdei.com/11291/pour-lunesco-la-tombe-de-rachel-serait-une-mosquee/ http://www.blogdei.com/11291/pour-lunesco-la-tombe-de-rachel-serait-une-mosquee/#comments Fri, 29 Oct 2010 22:53:19 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=11291

Juif.org

En février dernier, le gouvernement israélien décidait d’inclure dans son patrimoine national le Caveau des Patriarches, à Hébron, et la tombe de Rachel, à Bethlehem. De son côté, le Conseil exécutif de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) vient de « confirmer » que le Kever Rahel est également une mosquée.

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lire aussi

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De l’esprit de révolte dans les sociétés http://www.blogdei.com/11215/de-l%e2%80%99esprit-de-revolte-dans-les-societes-ou-la-genese-et-les-racines-du-developpement-des-grandes-secousses-revolutionnaires/ http://www.blogdei.com/11215/de-l%e2%80%99esprit-de-revolte-dans-les-societes-ou-la-genese-et-les-racines-du-developpement-des-grandes-secousses-revolutionnaires/#comments Tue, 26 Oct 2010 13:32:21 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=11215

Auteur : Pierre Kropotkine (1842- 1921)

Source : la revue des ressources

Voyez comment, en ce texte vieux de treize décennies, le jeune anarchiste russe attire l’attention sur les contributions essentielles de quidams à l’avènement de la Révolution française, et voyez à quel point ce texte est sans rapport avec la situation des sociétés européennes actuelles…


I- Le terreau fertile

Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des Etats, sur les lois d’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le cabaret, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruine ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui.

Un besoin de vie nouvelle se fait sentir. Le code de moralité établi, celui qui gouverne la plupart des hommes dans leur vie quotidienne ne paraît plus suffisant. On s’aperçoit que telle chose, considérée auparavant comme équitable, n’est qu’une criante injustice : la moralité d’hier est reconnue aujourd’hui comme étant d’une immoralité révoltante. Le conflit entre les idées nouvelles et les vieilles traditions éclate dans toutes les classes de la société, dans tous les milieux, jusque dans le sein de la famille. Le fils entre en lutte avec son père : il trouve révoltant ce que son père trouvait tout naturel durant toute sa vie ; la fille se révolte contre les principes que sa mère lui transmettait comme le fruit d’une longue expérience. La conscience populaire s’insurge chaque jour contre les scandales qui se produisent au sein de la classe des privilégiés et des oisifs, contre les crimes qui se commettent au nom du droit du plus fort, ou pour maintenir les privilèges. Ceux qui veulent le triomphe de la justice ; ceux qui veulent mettre en pratique les idées nouvelles, sont bien forcés de reconnaître que la réalisation de leurs idées généreuses, humanitaires, régénératrices, ne peut avoir lieu dans la société, telle qu’elle est constituée : ils comprennent la nécessité d’une tourmente révolutionnaire qui balaie toute cette moisissure, vivifie de son souffle les cœurs engourdis et apporte à l’humanité le dévouement, l’abnégation, l’héroïsme, sans lesquels une société s’avilit, se dégrade, se décompose. La machine gouvernementale, chargée de maintenir l’ordre existant, fonctionne encore. Mais, à chaque tour de ses rouages détraqués, elle se butte et s’arrête. Son fonctionnement devient de plus en plus difficile, et le mécontentement excité par ses défauts, va toujours croissant. Chaque jour fait surgir de nouvelles exigences. « Réformez ceci, réformez cela ! » crie-t-on de tous côtés. « Guerre, finance, impôts, tribunaux, police, tout est à remanier, à réorganiser, à établir sur de nouvelles bases. » disent les réformateurs. Et cependant, tous comprennent qu’il est impossible de refaire, de remanier quoi que ce soit, puisque tout se tient ; tout serait à refaire à la fois ; et comment refaire, lorsque la société est divisée en deux camps ouvertement hostiles ? Satisfaire les mécontents, serait en créer de nouveaux.

Incapables de se lancer dans la voie des réformes, puisque ce serait s’engager dans la Révolution ; en même temps, trop impuissants pour se jeter avec franchise dans la réaction, les gouvernements s’appliquent aux demi-mesures, qui peuvent ne satisfaire personne et ne font que susciter de nouveaux mécontentements. Les médiocrités qui se chargent à ces époques transitoires de mener la barque gouvernementale, ne songent plus d’ailleurs qu’à une seule chose : s’enrichir, en prévision de la débâcle prochaine. Attaqués de tous côtés, ils se défendent maladroitement, ils louvoient, ils font sottise sur sottise, et ils réussissent bientôt à trancher la dernière corde de salut ; ils noient le prestige gouvernemental dans le ridicule de leur incapacité. A ces époques, la Révolution s’impose. Elle devient une nécessité sociale ; la situation est une situation révolutionnaire.

Lorsque nous étudions chez nos meilleurs historiens la genèse et le développement des grandes secousses révolutionnaires, nous trouvons ordinairement sous ce titre : « Les Causes de la Révolution », un tableau saisissant de la situation à la veille des évènements. La misère du peuple, l’insécurité générale, les mesures vexatoires du gouvernement, les scandales odieux qui étalent les grands vices de la société, les idées nouvelles cherchant à se faire jour et se heurtant contre l’incapacité des suppôts de l’ancien régime, rien n’y manque. En contemplant ce tableau, on arrive à la conviction que la Révolution était inévitable en effet, qu’il n’y avait pas d’autre issue que la voie des faits insurrectionnels. Prenons pour exemple la situation d’avant 1789, telle que nous la montrent les historiens. Vous croyez entendre le paysan se plaindre de la gabelle, de la dîme, des redevances féodales, et vouer dans son cœur une haine implacable au seigneur, au moine, à l’accapareur, à l’intendant. Il vous semble voir les bourgeois se plaindre d’avoir perdu leurs libertés municipales et accabler le roi sous le poids de leurs malédictions. Vous entendez le peuple blâmer la reine, se révolter au récit de ce que font les ministres, et se dire à chaque instant que les impôts sont intolérables et les redevances exorbitantes, que les récoltes sont mauvaises et l’hiver trop rigoureux, que les vivres sont trop chers et les accapareurs trop voraces, que les avocats de village dévorent la moisson du paysan, que le garde champêtre veut jouer au roitelet, que la poste même est mal organisée et les employés trop paresseux… Bref, rien ne marche, tous se plaignent. « Cela ne peut plus durer, ça finira mal ! » se dit-on de tous les côtés.

De l’insurrection à la révolte

Mais, de ces raisonnements paisibles à la révolte, il y a tout un abîme, celui qui sépare, chez la plus grande partie de l’humanité, le raisonnement de l’acte, la pensée de la volonté, du besoin d’agir. Comment donc cet abîme a-t-il été franchi ? Comment ces hommes qui, hier encore, se plaignaient tout tranquillement de leur sort, en fumant leurs pipes, et qui, un moment après, saluaient humblement ce même garde champêtre et ce gendarme dont ils venaient de dire du mal, comment, quelques jours plus tard, ces mêmes hommes ont-ils pu saisir leurs faux et leurs bâtons ferrés et sont-ils allés attaquer dans son château le seigneur, hier encore si terrible ? Par quel enchantement, ces hommes que leurs femmes traitaient avec raison de lâches se sont-ils transformés aujourd’hui en héros, qui marchent sous les balles et sous la mitraille à la conquête de leurs droits ? Comment ces paroles, tant de fois prononcées jadis et qui se perdaient dans l’air comme le vain son des cloches, se sont-elles enfin transformées en actes ?

La réponse est facile. C’est l’action, l’action continue, renouvelée sans cesse, des minorités, qui opère cette transformation. Le courage, le dévouement, l’esprit de sacrifice, sont aussi contagieux que la poltronnerie, la soumission et la panique.

Quelles formes prendra l’agitation ?

Eh bien, toutes les formes, les plus variées, qui lui seront dictées par les circonstances, les moyens, les tempéraments. Tantôt lugubre, tantôt railleuse, mais toujours audacieuse, tantôt collective, tantôt purement individuelle, elle ne néglige aucun des moyens qu’elle a sous la main, aucune circonstance de la vie publique, pour tenir toujours l’esprit en éveil, pour propager et formuler le mécontentement, pour exciter la haine contre les exploiteurs, ridiculiser les gouvernants, démontrer leur faiblesse, et surtout et toujours, réveiller l’audace, l’esprit de révolte, en prêchant d’exemple.

II

Lorsqu’une situation révolutionnaire se produit dans un pays, sans que l’esprit de révolte soit encore assez éveillé dans les masses pour se traduire par des manifestations tumultueuses dans la rue, ou par des émeutes et des soulèvements, c’est par l’action que les minorités parviennent à réveiller ce sentiment d’indépendance et ce souffle d’audace sans lesquels aucune révolution ne saurait s’accomplir. Hommes de cœur qui ne se contentent pas de paroles, mais qui cherchent à les mettre à exécution, caractères intègres, pour qui l’acte fait un avec l’idée, pour qui la prison, l’exil et la mort sont préférables à une vie restant en désaccord avec leurs principes ; hommes intrépides qui savent qu’il faut oser pour réussir, ce sont les sentinelles perdues qui engagent le combat, bien avant que les masses soient assez excitées pour lever ouvertement le drapeau de l’insurrection et marcher, les armes à la main, à la conquête de leurs droits.

Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. Il se peut qu’au premier abord la masse soit indifférente. Tout en admirant le courage de l’individu ou du groupe initiateur, il se peut qu’elle veuille suivre d’abord les sages, les prudents, qui s’empressent de taxer cet acte de « folie » et de dire que « les fous, les têtes brûlées vont tout compromettre. » Ils avaient si bien calculé, ces sages et ces prudents, que leur parti, en poursuivant lentement son œuvre, parviendrait dans cent ans, dans deux cents ans, trois cents ans peut-être, à conquérir le monde entier, et voilà que l’imprévu s’en mêle ;

l’imprévu, bien entendu, c’est ce qui n’a pas été prévu par eux, les sages et les prudents. Quiconque connaît un bout d’histoire et possède un cerveau tant soit peu ordonné, sait parfaitement d’avance qu’une propagande théorique de la Révolution se traduira nécessairement par des actes, bien avant que les théoriciens aient décidé que le moment d’agir est venu ; néanmoins, les sages théoriciens se fâchent contre les fous, les excommunient, les vouent à l’anathème. Mais les fous trouvent des sympathies, la masse du peuple applaudit en secret à leur audace et ils trouvent des imitateurs. A mesure que les premiers d’entre eux vont peupler les geôles et les bagnes, d’autres viennent continuer leur œuvre ; les actes de protestation illégale, de révolte et de vengeance se multiplient.

De l’indifférence à l’adhésion de la masse

L’indifférence est désormais impossible. Ceux qui, au début, ne se demandaient même pas ce que veulent les « fous » sont forcés de s’en occuper, de discuter leurs idées, de prendre parti pour ou contre. Par les faits qui s’imposent à l’attention générale, l’idée nouvelle s’infiltre dans les cerveaux et conquiert des prosélytes. Tel acte fait en quelques jours plus de propagande que des milliers de brochures.

Surtout, il réveille l’esprit de révolte, il fait germer l’audace. L’ancien régime, armé de policiers, de magistrats, de gendarmes et de soldats, semblait inébranlable, comme ce vieux fort de la Bastille qui, lui aussi, paraissait imprenable aux yeux du peuple désarmé, accouru sous ses hautes murailles, garnies de canons prêts à faire feu. Mais on s’aperçoit bientôt que le régime établi n’a pas la force qu’on lui supposait. Tel acte audacieux a suffi pour bouleverser pendant quelques jours la machine gouvernementale, pour ébranler le colosse ; telle émeute a mis sens dessus-dessous toute une province, et la troupe, toujours si imposante, a reculé devant une poignée de paysans, armés de pierres et de bâtons ; le peuple s’aperçoit que le monstre n’est pas aussi terrible qu’on le croyait, il commence à entrevoir qu’il suffira de quelques efforts énergiques pour le terrasser. L’espoir naît dans les cœurs, et souvenons-nous que si l’exaspération pousse souvent aux émeutes, c’est toujours l’espoir de vaincre qui fait les révolutions.

Le gouvernement résiste : il sévit avec fureur. Mais, si jadis la répression tuait l’énergie des opprimés, maintenant, aux époques d’effervescence, elle produit l’effet contraire. Elle provoque de nouveaux faits de révolte, individuelle et collective ; elle pousse les révoltés à l’héroïsme, et de proche en proche ces actes gagnent de nouvelles couches, se généralisent, se développent. Le parti révolutionnaire se renforce d’éléments qui jusqu’alors lui étaient hostiles, ou qui croupissaient dans l’indifférence. La désagrégation gagne le gouvernement, les classes dirigeantes, les privilégiés : les uns poussent à la résistance à outrance, les autres se prononcent pour les concessions, d’autres encore vont jusqu’à se déclarer prêts à renoncer pour le moment à leurs privilèges, afin d’apaiser l’esprit de révolte, quitte à le maîtriser plus tard. La cohésion du gouvernement et des privilégiés est rompue.

Les classes dirigeantes peuvent essayer encore de recourir à une réaction furieuse. Mais ce n’est plus le moment ; la lutte n’en devient que plus aiguë, et la Révolution qui s’annonce n’en sera que plus sanglante. D’autre part, la moindre des concessions de la part des classes dirigeantes, puisqu’elle arrive trop tard, puisqu’elle est arrachée par la lutte, ne fait que réveiller davantage l’esprit révolutionnaire. Le peuple qui, auparavant, se serait contenté de cette concession, s’aperçoit que l’ennemi fléchit : il prévoit la victoire, il sent croître son audace, et ces mêmes hommes qui jadis, écrasés par la misère, se contentaient de soupirer en cachette, relèvent maintenant la tête et marchent fièrement à la conquête d’un meilleur avenir.

Enfin, la Révolution éclate, d’autant plus violente que la lutte précédente a été plus acharnée.

La direction que prendra la Révolution dépend certainement de toute la somme des circonstances variées qui ont déterminé l’arrivée du cataclysme. Mais elle peut être prévue à l’avance, d’après la force d’action révolutionnaire déployée dans la période préparatoire par les divers partis avancés.

Tel parti aura mieux élaboré les théories qu’il préconise et le programme qu’il cherche à réaliser, il l’aura beaucoup propagé par la parole et par la plume. Mais il n’a pas suffisamment affirmé ses aspirations au grand jour, dans la rue, par des actes qui soient la réalisation de la pensée qui lui est propre ; il a eu la puissance théorique, mais il n’a pas eu la puissance d’action ; ou bien il n’a pas agi contre ceux qui sont ses principaux ennemis, il n’a pas frappé les institutions qu’il vise à démolir ; il n’a pas contribué à réveiller l’esprit de révolte, ou il a négligé de le diriger contre ce qu’il cherchera surtout à frapper lors de la Révolution. Eh bien, ce parti est moins connu ; ses affirmations n’ont pas été affirmées continuellement, chaque jour, par des actes dont le retentissement atteint les cabanes les plus isolées, ne se sont pas suffisamment infiltrées dans la masse du peuple ; elles n’ont pas passé par le creuset de la foule et de la rue et n’ont pas trouvé leur énoncé simple, qui résume en un seul mot, devenu populaire. Les écrivains les plus zélés du parti sont connus par leurs lecteurs pour des penseurs de mérite, mais ils n’ont ni la réputation, ni les capacités de l’homme d’action ; et le jour où la foule descendra dans la rue, elle suivra plutôt les conseils de ceux qui ont, peut-être, des idées théoriques moins nettes et des aspirations moins larges, mais qu’elle connaît mieux, parce qu’elle les a vu agir.

Des moyens d’agitation qui réveillent l’esprit de révolte

Le parti qui a le plus fait d’agitation révolutionnaire, qui a le plus manifesté de vie et d’audace, ce parti sera le plus écouté le jour où il faudra agir, où il faudra marcher de l’avant pour accomplir la Révolution. Celui qui n’a pas eu l’audace de s’affirmer par des actes révolutionnaires dans la période préparatoire, celui qui n’a pas eu une force d’impulsion assez puissante pour inspirer aux individus et aux groupes le sentiment d’abnégation, le désir irrésistible de mettre leurs idées en pratique (si ce désir avait existé, il se serait traduit par des actes, bien avant que la foule tout entière ne soit descendue dans la rue), celui qui n’a pas su rendre son drapeau populaire et palpables ses aspirations et compréhensibles, ce parti n’aura qu’une maigre chance de réaliser la moindre part de son programme. Il sera débordé par les partis d’action. Voilà ce que nous enseigne l’histoire des périodes qui précédèrent les grandes révolutions. La bourgeoisie révolutionnaire l’a parfaitement compris : elle ne négligeait aucun moyen d’agitation pour réveiller l’esprit de révolte, lorsqu’elle cherchait à démolir le régime monarchique : le paysan français du siècle passé le comprenait aussi instinctivement lorsqu’il s’agitait pour l’abolition des droits féodaux, et l’Internationale, du moins une partie de l’Association, agissait d’accord avec ces mêmes principes, lorsqu’elle cherchait à réveiller l’esprit de révolte au sein des travailleurs des villes, et à le diriger contre l’ennemi naturel du salarié l’accapareur des instruments de travail et des matières premières.

III

Une étude serait à faire, intéressante au plus haut degré, attrayante, et surtout instructive une étude sur les divers moyens d’agitation auxquels les révolutionnaires ont eu recours à diverses époques, pour accélérer l’éclosion de la révolution, pour donner aux masses la conscience des évènements qui se préparaient, pour mieux désigner au peuple ses principaux ennemis, pour réveiller l’audace et l’esprit de révolte. Nous savons tous très bien pourquoi telle révolution est devenue nécessaire, mais ce n’est que par instinct et par tâtonnements que nous parvenons à deviner comment les révolutions ont germé.

L’état-major prussien a publié dernièrement un ouvrage à l’usage de l’armée, sur l’art de vaincre les insurrections populaires, et il enseigne, dans cet ouvrage, comment l’armée doit agir pour éparpiller les forces du peuple. Aujourd’hui, on veut porter des coups sûrs, égorger le peuple selon toutes les règles de l’art. Eh bien, l’étude dont nous parlons serait une réponse à cette publication et à tant d’autres qui traitent le même sujet, quelquefois avec moins de cynisme. Elle montrerait comment on désorganise un gouvernement, comment on relève le moral d’un peuple, affaissé, déprimé par la misère et l’oppression qu’il a subies.

Jusqu’à présent, pareille étude n’a pas été faite. Les historiens nous ont bien raconté les grandes étapes, par lesquelles l’humanité a marché vers son affranchissement, mais ils ont peu prêté d’attention aux périodes qui précédèrent les révolutions. Absorbés par les grands drames qu’ils essayèrent d’esquisser, ils ont glissé d’une main rapide sur le prologue, mais c’est ce prologue qui nous intéresse surtout.

Et cependant, quel tableau plus saisissant, plus sublime et plus beau que celui des efforts qui furent faits par les précurseurs des révolutions ! ! Quelle série incessante d’efforts de la part des paysans et des hommes d’action de la bourgeoisie avant 1789 ; quelle lutte persévérante de la part des républicains, depuis la restauration des Bourbons en 1815, jusqu’à leur chute en 1830 ; quelle activité de la part des sociétés secrètes pendant le règne du gros bourgeois Louis-Philippe ! Quel tableau poignant que celui des conspirations faites par les Italiens pour secouer le joug de l’Autriche, de leurs tentatives héroïques, des souffrances inénarrables de leurs martyrs ! Quelle tragédie, lugubre et grandiose, que celle qui raconterait toutes les péripéties du travail secret entrepris par la jeunesse russe contre le gouvernement et le régime foncier et capitaliste, depuis 1880 jusqu’à nos jours !

Que de nobles figures surgiraient devant le socialiste moderne à la lecture de ces drames ; que de dévouement et d’abnégation sublimes et, en même temps, quelle instruction révolutionnaire, non plus théorique, mais pratique……

Ce n’est pas ici à entreprendre une pareille étude. La brochure ne se prête pas à un travail d’histoire. Nous devons donc nous borner à choisir quelques exemples, afin de montrer comment s’y prenaient nos pères pour faire de l’agitation révolutionnaire, et quel genre de conclusions peuvent être tirées des études en question.

La situation à la veille de la révolution de 1789

Nous jetterons un coup d’œil sur une de ces périodes, sur celle qui précéda 1789 et, laissant de côté l’analyse des circonstances qui ont créé vers la fin du siècle passé une situation révolutionnaire, nous nous bornerons à relever quelques procédés d’agitation, employés par nos pères.

Deux grands faits se dégagent comme résultat de la Révolution de 1789-1793. D’une part, l’abolition de l’autocratie royale, et l’avènement de la bourgeoisie au pouvoir ; d’autre part l’abolition définitive du servage et des redevances féodales dans les campagnes. Les deux sont intimement liés entre eux, et l’un sans l’autre n’aurait pu réussir. Et ces deux courants se retrouvent déjà dans l’agitation qui précéda la Révolution : l’agitation contre la royauté au sein de la bourgeoisie, l’agitation contre les droits des seigneurs au sein des paysans. Jetons un coup d’œil sur les deux.

Le rôle décisif de la presse (pamphlet, Libelle placard) dans l’évolution des pensées en vue de la révolution.

Le journal, à cette époque, n’avait pas l’importance qu’il a acquise aujourd’hui, c’est la brochure, le pamphlet, le libelle de trois ou quatre pages qui le remplaçaient. En conséquence, le libelle, le pamphlet, la brochure pullulent. La brochure met à la portée de la grande masse les idées des précurseurs, philosophes et économistes, de la Révolution ; le pamphlet et le libelle font de l’agitation, en attaquant directement les ennemis. Ils ne font pas de théories : c’est par l’odieux et le ridicule qu’ils procèdent.

Des milliers de libelles racontent les vices de la cour, la dépouille de ses décors trompeurs, la mettent à nu avec tous ses vices, sa dissipation, sa perversité, sa stupidité. Les amours royales, les scandales de la cour, les dépenses folles, le Pacte de famine cette alliance des puissants avec les accapareurs de blé pour s’enrichir en affamant le peuple, voilà le sujet de ces libelles. Ils sont toujours sur la brèche et ne négligent aucune circonstance de la vie publique pour frapper l’ennemi. Pourvu qu’on parle de quelque fait, le pamphlet et le libelle sont là pour le traiter sans gêne, à leur manière. Ils se prêtent mieux que le journal à ce genre d’agitation. Le journal est toute une entreprise, et l’on y regarde de près avant de le faire sombrer ; sa chute embarrasse souvent tout un parti. Le pamphlet et le libelle ne compromettent que l’auteur et l’imprimeur, et encore, allez cherchez l’un et l’autre !…

Il est évident que les auteurs de ces libelles et pamphlets commencent, avant tout, par s’émanciper de la censure ; car à cette époque, si on n’avait pas encore inventé ce joli petit instrument du jésuitisme contemporain, « le procès en diffamation » qui annihile toute liberté de presse, on avait pour mettre en prison les auteurs et les imprimeurs, « la lettre de cachet », brutale, il est vrai, mais franche en tout cas. C’est pourquoi les auteurs commencent par s’émanciper du censeur et impriment leurs libelles, soit à Amsterdam, soit n’importe où, « à cent lieues de la Bastille, sous l’arbre de la Liberté ». Aussi ne se gêneront-ils pas de frapper sur, de vilipender le roi, la reine et ses amants, les grands de la cour, les aristos. Avec la presse clandestine, la police avait beau perquisitionner chez les libraires, arrêter les colporteurs, les auteurs inconnus échappaient aux poursuites et continuaient leur œuvre.

La chanson, celle qui est trop franche pour être imprimée, mais qui fait le tour de la France en se transmettant de mémoire, a toujours été un des moyens de propagande des plus efficaces. Elle tombait sur les autorités établies, elle bafouait les têtes couronnées, elle semait jusqu’au foyer de la famille le mépris de la royauté, la haine contre le clergé et l’aristocratie, l’espérance de voir bientôt venir le jour de la Révolution.

Mais c’est surtout au placard que les agitateurs avaient recours. Le placard fait plus parler de lui, il fait plus d’agitation qu’un pamphlet ou une brochure. Aussi les placards, imprimés ou écrits à la main, paraissent chaque fois qu’il se produit un fait qui intéresse la masse du public. Arrachés aujourd’hui, ils reparaissent demain, faisant enrager les gouvernants et leurs sbires. « Nous avons manqué votre aïeul, nous ne vous manqueront pas ! » lit aujourd’hui le roi sur une feuille collée aux murs de son palais.. Demain, c’est la reine qui pleure de rage en lisant comment on affiche sur les murs les sales détails de sa vie honteuse. C’est alors que se préparait déjà cette haine, vouée plus tard par le peuple à la femme qui aurait froidement exterminé Paris pour rester reine et autocrate. Les courtisans se proposent-ils de fêter la naissance du dauphin, les placards menacent de mettre le feu aux quatre coins de la ville, et ils sèment ainsi la panique, ils préparent les esprits à quelque chose d’extraordinaire. Ou bien, ils annoncent qu’au jour des réjouissances, « le roi et la reine seront conduits sous bonne escorte en Place de Grève, puis iront à l’Hôtel-de-Ville confesser leurs crimes et monteront sur un échafaud pour y être brûlés vifs ». Le roi convoque-t-il l’Assemblée des Notables, immédiatement les placards annoncent que « la nouvelle troupe de comédiens, levée par le sieur de Calonne (premier ministre), commencera les représentations le 29 de ce mois et donnera un ballet allégorique intitulé Le Tonneau des Danaïdes. Ou bien, devenant de plus en plus méchant, le placard pénètre jusque dans la loge de la reine, en lui annonçant que les tyrans vont bientôt être exécutés.

Mais c’est surtout contre les accapareurs de blé, contre les fermiers généraux, les intendants, que l’on fait usage des placards. Chaque fois qu’il y a effervescence dans le peuple, les placards annoncent la Saint-Barthélemy des intendants et des fermiers généraux. Tel marchand de blé, tel fabricant, tel intendant sont-ils détestés du peuple, les placards les condamnent à mort « au nom du Conseil du peuple », etc., et plus tard, lorsque l’occasion se présentera de faire une émeute, c’est contre ces exploiteurs, dont les noms ont été si souvent prononcés, que se portera la fureur populaire.

Si l’on pouvait seulement réunir tous les innombrables placards qui furent affichés pendant les dix, quinze années qui précédèrent la Révolution, on comprendrait quel rôle immense ce genre d’agitation a joué, pour préparer la secousse révolutionnaire. Jovial et railleur au début, de plus en plus menaçant à mesure que l’on approche du dénouement, il est toujours alerte, toujours prêt à répondre à chaque fait de la politique courante et aux dispositions d’esprit des masses ; il excite la colère, le mépris, il nomme les vrais ennemis du peuple, il réveille au sein des paysans, des ouvriers et de la bourgeoisie la haine contre leurs exploiteurs ; il annonce l’approche du jour de la libération et de la vengeance.

Pendre ou écarteler en effigie, c’était un usage très répandu au siècle passé. Aussi était-ce un des moyens d’agitation les plus populaires. Chaque fois qu’il y avait effervescence des esprits, il se formait des attroupements qui portaient une poupée, représentant l’ennemi du moment, et pendaient, brûlaient ou écartelaient cette poupée. « Enfantillage ! » diront les jeunes vieillards qui se croient si raisonnables. Eh bien, la pendaison de Réveillon pendant les élections de 1789, celle de Foulon et de Berthier, qui changèrent complètement le caractère de la Révolution qui s’annonçait, n’ont été que l’exécution réelle de ce qui avait été préparé de longue date, par l’exécution des poupées de paille. Voici quelques exemples sur mille.

Le peuple de Paris n’aimait pas Maupéou, un des ministres bien chers à Louis XVI. Eh bien, on s’attroupe un jour ; des voix crient dans la foule : « Arrêt du Parlement qui condamne le sieur Maupéou, chancelier de France, a être brûlé vif et les cendres jetées au vent ! » Après quoi, en effet, la foule marche vers la statue de Henri IV avec une poupée du chancelier, revêtue de tous ses insignes, et la poupée est brûlée aux acclamations de la foule. Un autre jour, on accroche à la lanterne la poupée de l’abbé Terray en costume ecclésiastique et en gants blancs. A Rouen, on écartèle en effigie le même Maupéou ; et lorsque la gendarmerie empêche un attroupement de se former, on se borne à pendre par les pieds un simulacre de l’accapareur, du blé s’échappant en pluie du nez, de la bouche et des oreilles.

Toute une propagande dans cette poupée ! et une propagande bien autrement efficace que la propagande abstraite, qui ne parle qu’au petit nombre des convaincus.

L’essentiel, c’était que le peuple s’habituât à descendre dans la rue, à manifester ses opinions sur la place publique, qu’il s’habituât à braver la police, la troupe, la cavalerie. C’est pourquoi les révolutionnaires de l’époque ne négligèrent rien pour attirer la foule dans les rues, pour provoquer ces attroupements. Chaque circonstance de la vie publique à Paris et dans les provinces était utilisée de cette manière. L’opinion publique a-t-elle obtenu du roi le renvoi d’un ministre détesté, ce sont des réjouissances, des illuminations à n’en plus finir. Pour attirer le monde, on brûle des pétards, on lance des fusées « en telle quantité qu’à certains endroits on marchait sur le carton ». Et si l’argent manque pour en acheter, on arrête les passants bien mis et on leur demande, « poliment mais avec fermeté », disent les contemporains, quelques sous « pour divertir le peuple ». Puis, lorsque la masse est bien compacte, des orateurs prennent la parole pour expliquer et commenter les évènements, et des clubs s’organisent en plein air. Et, si la cavalerie ou la troupe arrivent pour disperser la foule, elles hésitent à employer la violence contre des hommes et des femmes paisibles, tandis que les fusées qui éclatent devant les chevaux et les fantassins, aux acclamations et aux rires du public, arrêtent la fougue des soldats.

Dans les villes de province, ce sont quelquefois des ramoneurs qui s’en vont dans les rues, en parodiant le lit de justice du roi ; et tous éclatent de rire en voyant l’homme à la face barbouillée qui représente le roi ou sa femme. Des acrobates, des jongleurs réunissent sur la place des milliers de spectateurs, tout en décochant, au milieu de récits drolatiques, leurs flèches à l’adresse des puissants et des riches. Un attroupement se forme, les propos deviennent de plus en plus menaçants, et alors, gare à l’aristocrate dont la voiture ferait apparition sur le lieu de la scène : il sera certainement malmené par la foule. Que l’esprit travaille seulement dans cette voie, que d’occasions les hommes intelligents ne trouveront-ils pas pour provoquer des attroupements, composés d’abord de rieurs, puis d’hommes prêts à agir lors d’un moment d’effervescence.

Tout cela étant donné : d’une part, la situation révolutionnaire, le mécontentement général, et d’autre part, les placards, les pamphlets, les chansons, les exécutions en effigie, tout cela enhardissait la population et bientôt les attroupements devinrent de plus en plus menaçants. Aujourd’hui, c’est l’archevêque de Paris qui est assailli dans un carrefour ; demain, c’est un duc ou un comte qui a failli être jeté à l’eau ; un autre jour, la foule s’est amusée à huer sur leur passage les membres du gouvernement, etc. ; les faits de révolte varient à l’infini, en attendant le jour où il suffira d’une étincelle pour que l’attroupement se transforme en émeute, et l’émeute en Révolution. « C’est la lie du peuple, ce sont les scélérats, les fainéants qui se sont ameutés », disent aujourd’hui nos historiens prudhommesques. Eh bien, oui, en effet, ce n’est pas parmi la gent aisée que les révolutionnaires cherchent des alliés. Puisque celle-ci se bornait à récriminer dans les salons, c’est bien dans les caboulots mal famés de la banlieue qu’ils allaient chercher des camarades, armés de gourdins, lorsqu’il s’agissait de huer Monseigneur l’archevêque de Paris, n’en déplaise aux Prudhommes qui sont trop bien gantés pour se compromettre en de pareilles entreprises.

Si l’action s’était bornée à attaquer les hommes et les institutions du gouvernement, la grande Révolution eût-elle jamais été ce qu’elle fût en réalité, c’est-à-dire un soulèvement général de la masse populaire, paysans et ouvriers, contre les classes privilégiées ? La Révolution eût-elle duré quatre ans ? Eût-elle remué la France jusqu’aux entrailles ? Eût-elle trouvé ce souffle invincible qui lui a donné la force de résister aux « rois conjurés » ? Certainement non ! Que les historiens chantent tant qu’ils voudront les gloires des « messieurs du Tiers », de la Constituante ou de la Convention, nous savons ce qu’il en est. Nous savons que la Révolution n’eût abouti qu’à une limitation microscopiquement constitutionnelle du pouvoir royal, sans toucher au régime féodal, si la France paysanne ne se fût soulevée et n’eût maintenu, quatre années durant, l’anarchie, l’action révolutionnaire spontanée des groupes et des individus, affranchis de toute tutelle gouvernementale. Nous savons que le paysan serait resté la bête de somme du seigneur, si la jacquerie n’eût sévi depuis 1788 jusqu’à 1793 jusqu’à l’époque où la Convention fut forcée de consacrer par une loi, ce que les paysans venaient d’accomplir en fait : l’abolition sans rachat de toutes les redevances féodales et la restitution aux Communes des biens qui leur avaient été jadis volés par les riches sous l’ancien régime. En attendre des Assemblées, si les va-nu-pieds et les sans-culottes n’avaient jeté dans la bascule parlementaire le poids de leurs gourdins et de leurs piques, eût été une duperie.

Mais ce n’est ni l’agitation dirigée contre les ministres, ni par l’affichage dans Paris des placards dirigés contre la reine, que le soulèvement des petits villages pouvait être préparé. Ce soulèvement fut certainement le résultat de la situation générale du pays, mais il fut préparé aussi par l’agitation faite au sein du peuple et dirigée contre ses ennemis immédiats : le seigneur, le prêtre-propriétaire, l’accapareur de blé, le gros bourgeois.

Ce genre d’agitation est bien moins connu que le précédent. L’histoire de France est faite, celle du village n’a jamais été commencée sérieusement : et cependant, c’est cette agitation qui a préparé la Jacquerie, sans laquelle la Révolution eût été impossible.

Le pamphlet, le libelle ne pénétrait pas dans le village : le paysan à cette époque ne lisait presque pas. Eh bien, c’est par l’image imprimée, souvent barbouillée à la main, simple et compréhensible, que se faisait la propagande. Quelques mots tracés à côté, et tout un roman se forgeait avec ces estampes secrètes et ces enluminures populaires concernant le roi, la reine, le comte d’Artopis, Madame de Lamballe, le pacte de famine, les seigneurs, « vampires suçant le sang du peuple » ; il courait les villages et préparait les esprits. Là, c’était un placard fait à la main, affiché sur un arbre, qui excitait à la révolte, promettant l’approche des temps meilleurs et racontant les émeutes qui avaient éclaté dans d’autres provinces, à l’autre bout de la France. Sous le nom des « Jacques », il se constituait des groupes secrets dans les villages, soit pour mettre le feu à la grange du seigneur, soit pour détruire ses récoltes, ou son gibier, soit pour l’exécuter ; et, que de fois ne trouvait-on pas dans le château un cadavre percé d’un couteau, qui portait cette inscription : De la part des Jacques ! Un lourd équipage descendait le long d’une côte ravinée, amenant le seigneur dans son domaine. Mais deux passants, aidés du postillon, le garrottaient et le roulaient au fond du ravin, et dans sa poche on trouvait un papier disant : De la part des Jacques ! Ou bien, un jour, au croisement de deux routes, on apercevait une potence portant cette inscription : Si le seigneur ose percevoir les redevances, il sera pendu à cette potence. Quiconque osera les payer au seigneur, aura le même sort ! et le paysan ne payait plus, à moins d’y être contraint par la maréchaussée, heureux, au fond, d’avoir trouvé un prétexte pour ne rien payer. Il sentait qu’il y avait une force occulte qui le soutenait, il s’habituait à l’idée de ne rien payer, de se révolter contre le seigneur, et bientôt, en effet, il ne payait plus et il arrachait au seigneur, par la menace, la renonciation à toutes les redevances. Continuellement, on voyait dans les villages des placards annonçant que désormais, il n’y aura plus de redevances à payer ; qu’il faut brûler les châteaux et les terriers (cahiers de redevances), que le Conseil du Peuple vient de lancer un arrêt dans ce sens, etc., etc. « Du Pain ! Plus de redevances ni de taxes ! » voilà le mot d’ordre que l’on faisait courir dans les campagnes. Mot d’ordre compréhensible pour tous, allant droit au cœur de la mère, dont les enfants n’avaient pas mangé depuis trois jours, allant droit au cerveau du paysan harcelé par la maréchaussée, qui lui arrachait les arriérés des taxes. « A bas l’accapareur ! » et ses magasins étaient forcés, ses convois de blé arrêtés, et l’émeute se déchaînait en province. « A bas l’octroi ! » et les barrières étaient brûlées, les commis assommés, et les villes, manquant d’argent, se révoltaient à leur tour contre le pouvoir central qui leur en demandait. « Au feu les registres d’impôts, les livres de comptes, les archives des municipalités ! » et la paperasse brûlait en juillet 1789, le pouvoir se désorganisait, les seigneurs émigraient, et la Révolution étendait toujours davantage son cercle de feu.

Tout ce qui se jouait sur la grande scène de Paris n’était qu’un reflet de ce qui se passait en province, de la Révolution qui, pendant quatre ans, gronda dans chaque ville, dans chaque hameau, et dans laquelle le peuple s’intéressa bien moins aux menées de la cour qu’à ses ennemis les plus proches : aux exploiteurs, aux sangsues de l’endroit.

Les enseignements de la période prérévolutionnaire

Résumons. La Révolution de 1788-1793, qui nous présente sur une grande échelle la désorganisation de l’Etat PAR la Révolution populaire (éminemment économique, comme toute Révolution vraiment populaire), nous sert ainsi d’enseignement précieux. Bien avant 1789, la France présentait déjà une situation révolutionnaire. Mais l’esprit de révolte n’avait pas encore suffisamment mûri pour que la Révolution éclatât. C’est donc sur le développement de cet esprit d’insubordination, d’audace, de haine contre l’ordre social, que se dirigèrent les efforts des révolutionnaires. Tandis que les révolutionnaires de la bourgeoisie dirigeaient leurs attaques contre le gouvernement, les révolutionnaires populaires, ceux dont l’histoire ne nous a même pas conservé les noms, les hommes du peuple préparaient leur soulèvement, leur Révolution, par des actes de révolte dirigés contre les seigneurs, les agents du fisc et les exploiteurs de tout acabit. En 1788, lorsque l’approche de la Révolution s’annonça par des émeutes sérieuses de la masse du peuple, la royauté et la bourgeoisie cherchèrent à la maîtriser par quelques concessions ; mais, pouvait-on apaiser la vague populaire par les Etats Généraux, par le simulacre de concessions jésuitiques du 4 août, ou par les actes misérables de la Législative ? On apaise ainsi une émeute politique, mais avec si peu de choses on n’a pas raison d’une révolte populaire. Et la vague montait toujours. Mais en s’attaquant à la propriété, en même temps elle désorganisait l’Etat. Elle rendait tout gouvernement absolument impossible, et la révolte du peuple, dirigée contre les seigneurs et les riches en général, a finit, comme on le sait, au bout de quatre ans, par balayer la royauté et l’absolutisme.

Cette marche, c’est la marche de toutes les grandes Révolutions. Ce sera le développement et la marche de la prochaine Révolution, si elle doit être, comme nous en sommes persuadés, non un simple changement de gouvernement, mais une vraie Révolution populaire, un cataclysme qui transformera de fond en comble le régime de la propriété.

Pierre Kropotkine (1842- 1921)

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Un important trésor découvert sous un acacia http://www.blogdei.com/10966/un-important-tresor-decouvert-sous-un-acacia/ http://www.blogdei.com/10966/un-important-tresor-decouvert-sous-un-acacia/#comments Sat, 09 Oct 2010 17:54:11 +0000 Thunderstorm http://www.blogdei.com/?p=10966

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Selon des chercheurs américains, le partage des eaux devant les Hébreux lors de la fuite d’Egypte aurait un fondement scientifique http://www.blogdei.com/10740/selon-des-chercheurs-americains-le-partage-des-eaux-devant-les-hebreux-lors-de-la-fuite-degypte-aurait-aussi-un-fondement-scientifique/ http://www.blogdei.com/10740/selon-des-chercheurs-americains-le-partage-des-eaux-devant-les-hebreux-lors-de-la-fuite-degypte-aurait-aussi-un-fondement-scientifique/#comments Thu, 23 Sep 2010 22:05:47 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=10740

la-Croix

Des chercheurs américains pensent avoir localisé l’endroit où Moïse a fait traverser la mer aux Hébreux il y a 3000 ans lors de la fuite d’Egypte, avec un coup de main de la nature, comme le raconte la Bible.

« Les gens ont toujours été fascinés par l’histoire de l’Exode en se demandant si cela avait pu être fondé sur la réalité », explique à l’AFP Carl Drews, principal auteur de l’étude et membre du Centre national pour la recherche atmosphérique.

« L’étude montre que le partage des eaux a un fondement scientifique », affirme le chercheur.

La Bible rapporte que « les enfants d’Israël ont traversé la mer à pied sec et que les eaux ont formé une muraille à leur droite et à leur gauche » tandis que Moïse étendait sa main sur la mer.

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La présence Romaine en Judée (-63 à 135): 1ère partie http://www.blogdei.com/10631/la-presence-romaine-en-judee-63-a-135/ http://www.blogdei.com/10631/la-presence-romaine-en-judee-63-a-135/#comments Tue, 14 Sep 2010 12:52:07 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=10631

« un écho d’Israël »

Des Asmonéens jusqu’à la venue d’Hérode le Grand (1ère partie)

Au retour de la captivité de Babylone les Juifs sont assujettis aux Perses pendant 207 ans : de Cyrus (-539) à la conquête d’Alexandre le Grand (-332). À sa mort, la Judée reste une théocratie juive sous le contrôle des Ptolémées d’Égypte puis des Séleucides de Syrie (descendants des généraux d’Alexandre). Ils accordent à la Judée une autonomie presque complète et l’autorité morale, religieuse et juridique est exercée par le grand prêtre, le Cohen haGadol, et par la Gerousia, le Conseil des anciens.

Les nombreuses colonies militaires grecques qui sont fondées, ainsi que la réorganisation des anciennes villes suivant le modèle politico-social des cités grecques (polis), introduisent la culture hellénistique. La première couche de la société juive, la haute bourgeoisie, résidant dans ces centres urbains, est influencée par la nouvelle culture.

Révolte des Maccabées

La Judée jouit d’une autonomie religieuse et sociale mais la situation change quand les Romains vainquent le Séleucide Antiochos III à la bataille d’Apamée (Syrie) en -188. Le fardeau financier, imposé sur les Séleucides (15 000 talents d’argent,) force ceux-ci à trouver de nouveaux revenus. Son fils, Antiochus IV (-187 à -175), dit Épiphane, pille le Temple de Jérusalem et s’empare de son trésor. Il profane le lieu le plus saint des Juifs par des sacrifices d’animaux impurs en y instituant le culte de Zeus olympien (Jupiter), considéré comme ‘l’abomination de la désolation’ : « Le 15ème jour de Kislev, il construisit l’Abomination de la dévastation sur l’Autel des sacrifices et ils construisirent des autels dans les villes de Juda alentour […]. » (1 Mac 1. 54). Par cet acte et d’autres mesures restrictives concernant la religion juive, il provoque la révolte dirigée par le parti fidèle à la Loi. C’est la révolte des Maccabées qui éclate en -167 sous la conduite du prêtre Mattathias et de ses cinq fils dont Judas appelé « Maccabée (marteau) ».

Judas Maccabée qui désire atteindre l’indépendance politique décide de nouer des liens avec Rome et y envoie une délégation : « Judas choisit Eupolème, fils de Jean d’Accos, et Jason, fils d’Éléazar ; il les envoya à Rome pour faire proposer aux Romains l’amitié et l’alliance, et aussi dans la pensée que ceux-ci ôteraient le joug de dessus eux, parce qu’ils verraient que le royaume des Grecs réduisait Israël en servitude. […] ils entrèrent au Conseil (Sénat), prirent la parole et dirent : ‘Judas Maccabée, ses frères et le peuple des Juifs nous ont envoyés vers vous pour que nous soyons inscrits parmi vos alliés et amis.’ […] » (1 Mac 8. 17-32). L’alliance conclue entre les deux peuples était le début de la reconnaissance de la Judée par la République romaine.

Son frère Jonathan, devenu souverain sacrificateur et gouverneur général de la Judée, utilisant l’arme diplomatique, envoie aussi une délégation à Sparte et à Rome pour resserrer les liens déjà existants : « Le grand prêtre Jonathan et la nation des Juifs nous ont envoyés pour renouveler, conformément à ce qu’elles étaient auparavant, l’amitié et l’alliance établies avec eux. […] Quant à nous, nous avons été entourés de nombreuses tribulations et de nombreuses guerres […]. Cependant nous n’avons pas voulu vous importuner, vous et vos autres alliés et amis dans ces guerres-là […]. » 1 Mac 12. 3-18).

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Le Mont Karkom dans le Neguev serait le vrai Mont Sinaï http://www.blogdei.com/9709/le-mont-karkom-dans-le-neguev-serait-le-vrai-mont-sinai/ http://www.blogdei.com/9709/le-mont-karkom-dans-le-neguev-serait-le-vrai-mont-sinai/#comments Wed, 07 Jul 2010 12:56:20 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=9709

« Jerusalem-religions.net »

« En fait, ce n’est pas une théorie. C’est une réalité. J’en suis convaincu », a déclaré Anati au Jerusalem Post par téléphone, depuis sa maison de Capo di Ponte. « Mes découvertes archéologiques à Har Karkom ces dernières années ainsi que mes lectures intensives de la Bible me conduisent à affirmer catégoriquement que Karkom est le vrai mont Sinaï, la montagne de Dieu. »

En 2001, Anati a publié la version anglaise d’un livre paru deux ans plus tôt en italien, intitulé L’énigme du mont Sinaï – Découvertes archéologiques à Har Karkom. Dans cet ouvrage, il affirme que Karkom, situé à 25 km du cratère Ramon, est probablement le pic sur lequel Moïse a reçu les Dix Commandements. Il ne s’agirait donc pas du sommet du Sinaï égyptien qui abrite le monastère Sainte-Catherine.

Vers un incident diplomatique ?

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