<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>blogdei &#187; LFDNP</title>
	<atom:link href="http://www.blogdei.com/category/la-foi-de-nos-peres/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.blogdei.com</link>
	<description>Actualités chrétiennes. Christianisme. Religion. Protestantisme. Édification. Information. Discernement. Eschatologie. Bible.</description>
	<lastBuildDate>Wed, 23 May 2012 11:32:04 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.1.1</generator>
		<item>
		<title>Le pays enchanté, par Ruben Saillens</title>
		<link>http://www.blogdei.com/19965/le-pays-enchante-par-ruben-saillens/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/19965/le-pays-enchante-par-ruben-saillens/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 08 May 2012 14:40:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colibri</dc:creator>
				<category><![CDATA[20e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[contes et paraboles]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Encouragement]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[amour de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[bon berger]]></category>
		<category><![CDATA[brebis perdue et retrouvée]]></category>
		<category><![CDATA[chercher Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[compassions divines]]></category>
		<category><![CDATA[conversion à Jésus-Christ]]></category>
		<category><![CDATA[discerner la présence de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[enfants d'adoption]]></category>
		<category><![CDATA[grâce de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[ingratitude]]></category>
		<category><![CDATA[provision divine]]></category>
		<category><![CDATA[reconnaissance]]></category>
		<category><![CDATA[rejet de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[salut en Jésus-Christ]]></category>
		<category><![CDATA[se laisser trouver par Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[trouver Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[vie éternelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=19965</guid>
		<description><![CDATA[I Deux jeunes garçons à peu près du même âge, orphelins tous les deux et engagés à bord du même navire en qualité de mousses, échappèrent par un hasard singulier au naufrage dans lequel tout l’équipage avait péri. Sur la rive où le flot les avait jetés, ils demeurèrent plusieurs heures sans connaissance, tandis que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><div class="wp-caption alignleft" style="width: 320px">
	<img src="http://3.bp.blogspot.com/_5tNjzqCMEIE/Rcjd00aRkCI/AAAAAAAAAMA/GP3ri8F_uoM/s320/jesus%2Bsheep%2B2.jpg" alt="" width="320" height="240" />
	<p class="wp-caption-text">&quot;Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui est blessée&quot;.</p>
</div>
<p><strong>I</strong></p>
<p>Deux jeunes garçons à peu près du même âge, orphelins tous les deux et engagés à bord du même navire en qualité de mousses, échappèrent par un hasard singulier au naufrage dans lequel tout l’équipage avait péri. Sur la rive où le flot les avait jetés, ils demeurèrent plusieurs heures sans connaissance, tandis que la mer furieuse, achevant son œuvre, mettait en pièces le navire et les embarcations de sauvetage.</p>
<p>Quand le jour parut, la tempête avait cessé, les vagues baisaient mollement le rivage, les deux enfants crurent avoir fait un mauvais rêve… Mais devant l’horrible réalité, ils poussèrent un cri d’effroi ; ce fut le premier son qui sortit de leurs lèvres sur cette terre inconnue.</p>
<p>Les petits naufragés s’embrassèrent en pleurant et, tournant le dos à la mer, considérèrent le pays où la Providence les avait conduits. Dès les premiers pas ils reconnurent qu’il était habité, et même que ses possesseurs étaient des gens civilisés, car devant eux se présentaient des chemins parfaitement entretenus, bordés de fleurs, ombragés d’arbres magnifiques, parmi lesquels il s’en trouvait dont les branches ployaient sous le poids de leurs fruits.</p>
<p>Bien qu’ils leur fussent inconnus, ces fruits les tentèrent, et d’ailleurs ils avaient faim. Jamais ils n’en avaient goûté d’aussi délicieux. Bientôt, enivrés des parfums pénétrants qu’exhalaient ces fleurs merveilleuses, fortifiés par le repas frugal qu’ils avaient fait, les enfants oublièrent un moment leur misère et leur isolement.</p>
<p>Cependant ils avaient beau avancer, ils ne rencontraient personne, ils ne voyaient aucune habitation, et déjà les ombres du soir s’allongeaient sur la campagne. Nos deux jeunes mousses ne craignaient pas de dormir en plein air, mais une larme perla sous leur paupière lorsque, à la lueur des premières étoiles, ils se virent seuls, abandonnés, sur une terre dont ils ne savaient pas le nom, chez des étrangers qu’ils n’avaient même pas entrevus. Pour tous ceux qui vivent près de la nature, l’approche de la nuit est toujours solennelle ; les deux enfants marchaient encore, mais n’osaient plus parler qu’à demi-voix, lorsque soudain, au bout d’une magnifique avenue de chênes, les fenêtres illuminées d’une grande maison brillèrent à leurs yeux.</p>
<p>Ils s’arrêtèrent, saisis en même temps de crainte et d’espérance. Comment les recevrait-on dans cette belle demeure ? Ils jetèrent un triste regard sur leurs pauvres habits de marins, tout déchirés par la pointe des rochers sur lesquels ils avaient été jetés la nuit précédente. Mais il n’y avait pas à hésiter, et d’ailleurs ils avaient pour eux ce qui rend toujours fort : l’innocence. Ils se dirigèrent donc vers le perron. A leur grande surprise, la porte était ouverte, et cependant on ne voyait âme qui vive aux alentours.</p>
<p>Ils entrèrent. Sur un très large vestibule s’ouvraient plusieurs pièces brillamment éclairées et meublées richement. La première était une salle à manger ; le couvert était mis pour deux convives, et sur la table étaient disposés des mets fort appétissants. Puis venaient des chambres à coucher avec d’excellents lits. Mais dans aucune des chambres dont ils ouvrirent les portes ils ne trouvèrent un hôte ou un domestique. Tout était vide et silencieux.</p>
<p>– Décidément, dit Yvon, l’aîné des deux mousses, nous sommes dans le pays des rêves. En tout cas, je pense que ce que nous avons de mieux à faire, c’est de souper d’abord, et de nous aller coucher ensuite. Demain matin, sans doute, tout ce mystère nous sera éclairci.</p>
<p>– Je n’y comprends rien non plus, dit Pornic et je suis trop fatigué pour réfléchir. Tu as raison : demain nous expliquera tout. Pour ce soir mangeons et dormons !</p>
<p>Nos deux héros se mirent à table et mangèrent comme… des naufragés. Tout ce qui était placé devant eux était simple, mais excellent. Leur repas achevé, ils allèrent se coucher, et on les aurait entendus rire d’aise tandis qu’ils allongeaient entre les beaux draps blancs leurs membres fatigués.</p>
<p>Ils dormirent sans souci, sans rêve d’aucune sorte, jusqu’au lendemain à midi.</p>
<p>En ouvrant les yeux ils eurent un moment de surprise et se rappelèrent les événements de la veille.</p>
<p>– Voilà qui est drôle ! dit Yvon ; les propriétaires doivent être levés à cette heure, et cependant ils nous laissent tranquilles dans cette chambre où nous sommes entrés comme des voleurs. Et leur souper que nous avons mangé sans leur permission !</p>
<p>– Ils vont sûrement nous chasser ! dit Pornic en regardant son bon lit avec un grand soupir.</p>
<p>Les deux garçons rentrèrent dans la salle à manger. Ils la trouvèrent en ordre ; les traces du précédent repas avaient disparu, et la table était servie de nouveau aussi abondamment que la veille ; mais d’habitant, pas le moindre indice. Ils recommencèrent leurs recherches, ils parcoururent la maison dans tous les sens, ils ouvrirent des portes qu’ils n’avaient pas encore aperçues, mais ce fut peine inutile ; ils ne virent personne. Ils sortirent ; les allées des jardins avaient été soigneusement ratissées. Après toute une journée d’exploration à travers le vaste domaine, Yvon et Pornic se retrouvèrent le soir dans la salle à manger, aussi bien pourvue, mais aussi silencieuse que jamais.</p>
<p>– Eh bien, dit Yvon, je n’aurais pas de peine à m’habituer à cette vie. Nos hôtes sont absents, tant mieux, pourvu que la table soit toujours mise !</p>
<p>Cela nous dispense de les remercier !</p>
<p>– Pourtant, dit Pornic, cet abandon n’est pas naturel. Le maître reviendra un jour dans son château ; peut-être se cache-t-il pour nous éprouver ?</p>
<p>– Hum ! J’aimerais autant qu’il ne vînt jamais marmotta Yvon.</p>
<p>– Je ne suis pas de ton avis, dit Pornic. Il me semble qu’il me manque quelque chose, tant que je n’ai pas remercié les braves gens qui nous hébergent ; d’ailleurs je sens bien que toutes ces belles choses ne sont pas faites pour nous seuls et que cette maison est vide, même quand nous y sommes, lorsque le maître n’y est pas.</p>
<p>– Ta, ta, ta, tu es bien sentimental à l’égard d’un homme que tu n’as jamais vu ! Quant à moi, je veux jouir paisiblement de ce que j’ai, sans m’inquiéter d’où cela vient.</p>
<p><strong>II</strong></p>
<p>Ainsi s’écoulèrent plusieurs jours dans un enchantement continuel, bien qu’à la longue un peu monotone. Rien ne manquait au bien-être de nos voyageurs. Yvon passait à table un peu plus de temps chaque jour, prolongeant à dessein les repas et le sommeil pour rendre ses journées plus courtes ; le reste du temps il courait tantôt seul, tantôt avec Pornic, à travers bois, à travers champs, à la poursuite de quelque gibier ou à la recherche des limites de ce domaine qui semblait n’en point avoir.</p>
<p>Quant à Pornic, sa mélancolie grandissait de jour en jour. Il mangeait peu, errait comme une âme en peine à la recherche du maître invisible.</p>
<p>Parfois il s’arrêtait comme si une voix avait frappé son oreille ; mais ce n’était qu’un leurre, et il reprenait sa marche plus découragé que jamais.</p>
<p>Son camarade se moquait de lui :</p>
<p>– Il n’y a point de propriétaire, te dis-je ; ce château est venu là comme chez nous les champignons…</p>
<p>– Ne parle pas ainsi, Yvon. Peut-être, à cet instant même, le maître est-il derrière quelque arbre, écoutant ce que nous disons.</p>
<p>– Ah ! ah ! ah ! en voilà un peureux ! Regarde, regarde !</p>
<p>Et l’espiègle tournait autour de tous les arbres voisins pour lui montrer qu’il n’avait aucune crainte.</p>
<p>– Tu vois bien qu’il n’est pas là !… Je te dis que tu es un grand niais. Ce domaine est à nous, puisque nous l’avons trouvé abandonné, et je défie qui que ce soit de nous le disputer. Après tout, il y a dans la nature des choses bien surprenantes. Qui sait si les savants ne sauraient pas nous expliquer comment cette maison s’est bâtie toute seule ?</p>
<p>– Tu es fou, Yvon. Non, jamais personne ne me persuadera qu’il n’y a pas autour de nous des êtres constamment occupés à nous servir !</p>
<p>– Eh bien, que ne se montrent-ils pas alors ? Au fait, je l’aime mieux ainsi : invisibles, ils ne nous gênent pas. Grand merci, messieurs les esprits !</p>
<p>Mais malgré les fanfaronnades de son compagnon, Pornic ne se lassait pas de chercher. Il avait plusieurs fois renoncé au sommeil, espérant surprendre ses bienfaiteurs mystérieux au milieu de la nuit, mais jamais il n’avait pu les voir. Dans une ou deux occasions seulement, il avait cru entendre au milieu des ténèbres des sons doux et harmonieux qui semblaient partir du centre de la maison. Alors, sautant hors du lit, il s’était dirigé du côté de ce bruit, le long des grands corridors, mais il s’était bientôt heurté aux murailles impénétrables et n’avait pu découvrir aucune porte dérobée. Les voix s’éteignaient à l’approche de l’aurore, et le jeune marin découragé regagnait sa chambre, où il ne pouvait plus trouver le sommeil. Lorsque, au matin, il racontait à Yvon ses impressions nocturnes, celui-ci se mettait à rire.</p>
<p>– Mais tu rêves, mon pauvre vieux, tu rêves ! je ne suis pas plus sourd que toi, et je t’assure que je n’entends jamais rien, moi, ni le jour, ni la nuit. Je t’avouerai bien, si ça peut te faire plaisir, que le silence est un peu lourd, et que je m’ennuie quelquefois, moi aussi… Mais bah ! j’en suis quitte pour rester plus longtemps à table. Les bons dîners empêchent les mauvais songes. Je ne vois rien de mieux à faire, et je ne désire en somme rien au delà.</p>
<p>– Tu es heureux, toi, répondit Pornic.</p>
<p>Et cependant pour rien au monde, Pornic n’eût consenti à échanger ses espérances et ses désirs contre la grossière satisfaction de son camarade.</p>
<p><strong>III</strong></p>
<p>Un jour, Yvon et Pornic arrivèrent par hasard dans une partie du domaine qu’ils n’avaient pas encore explorée. C’était un coin de terre montagneux, escarpé ; il y croissait des fleurs d’un éclat étrange et d’un parfum capiteux. Mais on n’y voyait aucun arbre fruitier ; aucun ruisseau n’y roulait ses flots limpides ; aucun oiseau n’y faisait entendre sa voix. Le paysage était à la fois séduisant et sauvage. Yvon s’applaudissait d’avoir découvert ce pays ; Pornic n’avançait qu’en hésitant ; il n’aimait pas à se sentir enveloppé, maîtrisé par les effluves de ces fleurs singulières ; la volupté même qu’il éprouvait lui causait une inexprimable souffrance. Cependant ils avançaient toujours.</p>
<p>Tout à coup une barrière se dressa devant eux, avec ces mots écrits sur un poteau :</p>
<p>Défense d’aller plus loin sous peine de mort.</p>
<p>Les explorateurs s’arrêtèrent.</p>
<p>– Tu vois bien, s’écria Pornic, que ce domaine a un maître ! Cet écriteau l’atteste comme tout ce que nous avons vu jusqu’ici !</p>
<p>Yvon, d’abord interloqué, releva la tête :</p>
<p>– Ce poteau est vieux, dit-il ; on l’a placé là probablement lorsqu’on faisait quelques réparations à la route, et l’on aura oublié de l’enlever. Y a-t-il apparence qu’un sentier si uni mène à la mort ? Je n’en crois rien. D’ailleurs, regarde ! Vois-tu de l’autre côté de la barrière, ces fleurs, les plus belles que nous avons vues ? Il y en a à foison, j’en veux au moins cueillir quelques-unes avant de m’en retourner. Et sur ce monticule, vois cet arbre aux beaux fruits d’or ; nous en retournerions-nous sans en goûter un seul ? Mais reste là si tu veux, puisque tu n’as pas le courage de me suivre !</p>
<p>Or, s’il y avait un point faible dans le caractère de notre ami Pornic, c’était la crainte de paraître lâche ; il avait cela de commun avec beaucoup de jeunes garçons, et même d’hommes, de ma connaissance.</p>
<p>– Nous ferions mieux de nous en aller, dit-il, mais puisque tu veux braver l’écriteau, marchons. Tu verras que je suis aussi courageux que toi.</p>
<p>En parlant ainsi, il enjamba la clôture, et ce fut Yvon qui passa le second.</p>
<p>Les jeunes téméraires n’avançaient pas sans crainte ; mais ils étaient portés par une curiosité plus grande encore. Qu’allaient-ils découvrir ?</p>
<p>– Qui sait si ce chemin ne mène pas à quelque trésor caché par le propriétaire ? se demandait Yvon. Quant à Pornic, il se disait : Peut-être allons-nous enfin rencontrer le Maître lui-même, qui se dérobe dans une retraite au bout de ce sentier. Qu’il sera courroucé en nous voyant, puisque nous avons enfreint sa défense !</p>
<p>Ils n’eurent pas le temps de faire de grandes réflexions. Au moment où ils tendaient la main vers l’arbre chargé des fruits qu’ils avaient désirés, le sol manqua sous leurs pieds. Ce qui leur avait paru un roc n’était qu’un morceau d’argile pourrie qui s’effrita sous leurs pas. Ils roulèrent la pente d’une falaise, haute de plus de cent pieds, et tombèrent lourdement sur de vrais rochers, au bord de la mer, dont ils ne s’étaient pas crus si près. Sanglants, brisés par ce nouveau naufrage, bien plus terrible que le premier, ils poussèrent de longs gémissements auxquels les flots seuls répondirent.</p>
<p>Yvon enfin s’écria :</p>
<p>– O Maître inconnu et cruel, pourquoi n’as-tu jamais daigné te montrer à nous, et nous as-tu conduits par un chemin trompeur jusqu’au bord de l’abîme ? Tu aurais pu si aisément nous épargner cette chute ! Qui que tu sois, je ne te sais aucun gré de ton hospitalité, de tes bontés prétendues. C’est par ta faute que je meurs, et je te maudis !</p>
<p>Mais Pornic, grièvement blessé, lui aussi, reprit doucement son compagnon :</p>
<p>– Comment oses-tu parler ainsi, cher Yvon ?</p>
<p>Si le Maître ne s’est pas montré, c’est que peut-être ni toi ni moi ne l’avons cherché comme il faut ; à coup sûr il avait ses raisons, et nous les aurions connues un jour. Mais nous ne pouvons, en aucun cas, l’accuser d’avoir causé notre chute. Ne nous avait-il pas avertis par l’écriteau placé tout près de la barrière ?… Non, non, Maître inconnu et désiré, si je meurs, c’est par ma faute et non par la tienne ! Plus coupable que mon ami, puisque j’ai franchi le premier la barrière, je m’en accuse pour nous deux. Ah ! si du moins avant de mourir je pouvais entendre ta voix, cette voix que j’ai cru percevoir dans le silence de la nuit ! Si je pouvais te voir et te parler ! Sois béni, toi qui nous as ouvert cet asile d’où la folie seule nous a fait sortir ! je meurs en te demandant pardon et en te disant merci !</p>
<p><strong>IV</strong></p>
<p>Le jeune mousse avait cessé de parler. Les deux garçons gisaient sur les rochers, et la marée allait emporter leurs cadavres, lorsque, au sommet de la falaise, se dessina une silhouette humaine, et une voix se fit entendre, dans laquelle Pornic reconnut celle qu’il avait ouïe auparavant.</p>
<p>– Me voici, disait la voix. Quiconque m’entend ne mourra point.</p>
<p>Et le nouveau venu descendit jusqu’au bord de la mer, par un chemin que lui seul connaissait.</p>
<p>Il arriva, non sans peine, auprès des deux enfants.</p>
<p>Il se pencha d’abord sur Yvon.</p>
<p>– Mort ! s’écria-t-il, et une grande pitié se peignit sur ses traits.</p>
<p>Alors il s’approcha de Pornic, dont les yeux se fixaient sur lui, pleins d’amour et de reconnaissance. Il prit le blessé dans ses bras et commença avec lui l’ascension de la falaise. Ce fut un rude labeur, mais il en vint à bout.</p>
<p>Pornic s’était évanoui. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il se vit dans une chambre magnifique, qu’il ne reconnut pas.</p>
<p>– Où suis-je ? demanda-t-il faiblement.</p>
<p>– Dans la chambre du Maître, lui répondit un serviteur en souriant. Tu n’as jamais su, pauvre enfant, découvrir la porte secrète qui donne accès à ses appartements ; tu croyais connaître tout le palais, tu n’en connaissais que la moindre partie. Mais voici le Maître lui-même.</p>
<p>Il entra, et jeta sur le jeune garçon déjà guéri par le baume dont on avait pansé ses plaies, un regard plein de tendresse.</p>
<p>– Je réponds à ta question, mon enfant, avant même que tu la fasses entendre. Tu veux savoir pourquoi je me suis si longtemps caché ? Écoute ! je vous ai vus aborder tout deux ce rivage ; j’ai eu pitié de vous, j’ai tout disposé pour que vous fussiez heureux dans ma maison. Je résolus d’adopter l’un de vous, mais je voulais savoir lequel des deux était le plus propre à cette faveur. J’ai voulu vous connaître, et pour cela je vous ai éprouvés. J’ai vu tes recherches persévérantes et ta tristesse quand tu ne me trouvais pas. J’ai vu que ton compagnon ne désirait pas ma présence et n’aurait pu être mon fils. Il est mort, hélas ! Tandis que je venais pour le secourir, mort en me maudissant ! Oublie, pauvre enfant, tes misères et cet affreux malheur dont ni toi, ni moi ne sommes la cause. Serviteurs, dans ce naufragé, reconnaissez votre Maître, car je l’adopte. Voilà mon héritier, voilà mon fils !</p>
<p>A l’ouïe de ces paroles, les serviteurs s’inclinèrent et Pornic, hors de lui, se jeta aux pieds de son père adoptif, et les embrassa.</p>
<p>Ruben Saillens (1855- 1942) &laquo;&nbsp;<a href="http://ba.21.free.fr/a5_pdf/a5_saillens_contes.pdf">Contes du dimanche</a>&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p><small>© colibri for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/19965/le-pays-enchante-par-ruben-saillens/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/19965/le-pays-enchante-par-ruben-saillens/#comments">Pas de commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/19965/le-pays-enchante-par-ruben-saillens/&title=Le pays enchanté, par Ruben Saillens">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/amour-de-dieu/" rel="tag">amour de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/bon-berger/" rel="tag">bon berger</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/brebis-perdue-et-retrouvee/" rel="tag">brebis perdue et retrouvée</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/chercher-dieu/" rel="tag">chercher Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/compassions-divines/" rel="tag">compassions divines</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/conversion-a-jesus-christ/" rel="tag">conversion à Jésus-Christ</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/discerner-la-presence-de-dieu/" rel="tag">discerner la présence de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/enfants-dadoption/" rel="tag">enfants d'adoption</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/grace-de-dieu/" rel="tag">grâce de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/ingratitude/" rel="tag">ingratitude</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/provision-divine/" rel="tag">provision divine</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/reconnaissance/" rel="tag">reconnaissance</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/rejet-de-dieu/" rel="tag">rejet de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/salut-en-jesus-christ/" rel="tag">salut en Jésus-Christ</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/se-laisser-trouver-par-dieu/" rel="tag">se laisser trouver par Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/trouver-dieu/" rel="tag">trouver Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/vie-eternelle/" rel="tag">vie éternelle</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/19965/le-pays-enchante-par-ruben-saillens/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Caïn, qu’as-tu fait de ton frère? par Ernest Hello</title>
		<link>http://www.blogdei.com/19680/cain-qu%e2%80%99as-tu-fait-de-ton-frere-par-ernest-hello/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/19680/cain-qu%e2%80%99as-tu-fait-de-ton-frere-par-ernest-hello/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 20:59:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colibri</dc:creator>
				<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme pratique]]></category>
		<category><![CDATA[contes et paraboles]]></category>
		<category><![CDATA[Caïns spirituels]]></category>
		<category><![CDATA[châtiment]]></category>
		<category><![CDATA[condamnation du coeur]]></category>
		<category><![CDATA[conviction de péché]]></category>
		<category><![CDATA[crime spirituel]]></category>
		<category><![CDATA[culpabilité]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[le fantôme d'Abel]]></category>
		<category><![CDATA[remords et repentir]]></category>
		<category><![CDATA[voix de la conscience]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=19680</guid>
		<description><![CDATA[&#160; Ma chère Marie, ne t’occupe plus de moi. Tout est fini, je suis perdu. Je ne te dis pas ce que je vais devenir ; je n’en sais rien moi-même. Je sais seulement que j’ai reçu hier le dernier coup, celui dont on ne se relève pas. Je venais de finir cette œuvre dont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><div class="wp-caption alignleft" style="width: 305px">
	<img src="http://www.np.edu.sg/sdar/cca/special/PublishingImages/Campus_Crusade.jpg" alt="" width="305" height="202" />
	<p class="wp-caption-text">« Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l&#39;aurore, Et ta guérison germera promptement » (Esaïe 58).</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ma chère Marie, ne t’occupe plus de moi. Tout est fini, je suis perdu. Je ne te dis pas ce que je vais devenir ; je n’en sais rien moi-même. Je sais seulement que j’ai reçu hier le dernier coup, celui dont on ne se relève pas. Je venais de finir cette œuvre dont j’ai tant parlé : le <em>Premier Regard</em>. – C’est la figure d’un jeune homme qui s’éveille à la vie, et regarde autour de lui, comme s’il voyait chaque chose pour la première fois. Quelques-uns de mes amis qui ont vu le tableau l’ont trouvé sublime, et ont ajouté qu’il ne rapporterait rien, parce que mon nom est inconnu du public. Après d’innombrables tentatives, toutes atroces et toutes infructueuses, j’eus à le montrer hier à un très riche amateur, M. le baron William de B. Il examina le tableau, le trouva remarquable, puis me demanda si j’avais beaucoup exposé. Sur ma réponse négative, sa physionomie changea.</p>
<p>– En effet, me dit-il, je ne connais pas votre nom. Il faudrait avant tout vous faire connaître. Ce tableau a du mérite, cette esquisse aussi, dit-il en jetant un coup d’œil rapide sur l’autre tableau commencé, tu sais, Marie, <em>Caïn après le crime</em> ; mais enfin, dit-il, on ne vous connaît pas.</p>
<p>– Vous voyez, monsieur, lui dis-je, que je cherche à me faire connaître</p>
<p>– Voyez-vous, monsieur, me dit-il, vous avez du talent, je m’y connais ; mais je doute que ce talent soit de nature à être apprécié du public ; j’achèterais votre tableau qu’on me demanderait d’où je l’ai sorti ! Tel que le voilà, il a un certain prix ; mais, si vous étiez mort, il vaudrait cent fois plus et peut-être qu’il trouverait des acheteurs, moi tout le premier. Mais que voulez-vous ! Les hommes sont ainsi : ils font des folies pour des objets d’art dont la valeur est garantie par la signature et n’aiment point à se faire les preneurs d’un talent encore inconnu. Moi qui vous parle, ajouta-t-il avec un sourire heureux, j’ai acheté cent mille francs un tableau que je ne mets pas au-dessus du vôtre. C’est un Murillo ! Je suis un homme modeste ; je me range volontiers à l’avis du plus grand nombre. Le plus grand nombre finit toujours par avoir raison, et pour ma part je n’ai pas l’orgueil de penser que j’en sache à moi tout seul plus que le genre humain tout entier,</p>
<p>Faites-vous connaître, tout est là, faites-vous connaître, exposez : soyez médaillé, décoré ; <em>mais surtout mourez</em>, vos tableaux vaudront de l’or. Voyez-vous, ajouta-t-il, vous parlez à un homme pratique qui ne croit pas aux génies incompris. Au revoir. . . monsieur. . . vous avez vraiment du talent, plus que cela même, je ne marchande rien, vous avez du génie, au revoir. . . monsieur.</p>
<p>Voilà, Marie, ma dernière aventure ; toutes les autres lui ressemblent ; c’est ce qui me dispense de les raconter. Je te dis en peu de mots ce qui, en fait, a été très long. Mais le désespoir est bref. Il n’a pas le courage des détails. Il résume ses causes, et ne montre que ses effets.</p>
<p>Voilà, ma bonne Marie, l’affaire d’hier. Celle d’avant-hier, c’était un autre monsieur. Celui-ci n’avait pas le temps d’examiner mon œuvre comme elle mérite de l’être. Il m’a expliqué cela, deux heures durant, sans regarder le tableau ; le temps lui manque. Par exemple, il visite tous les matins de dix heures à midi ses chevaux, de quatre à six il fait le tour du lac.</p>
<p>Quant à M. le baron, il m’a quitté en m’assurant qu’il avait pour mon talent la plus haute estime ; qu’il voudrait avoir une galerie de tableaux tous peints par moi, et qu’il aurait probablement là une belle fortune, car plus tard mes tableaux vaudraient de l’or, et qu’il en vendrait cher la collection. S’il y a pour moi un plus tard, plus tard je le trouverai quand je n’aurai plus besoin de lui et il se fera honneur d’avoir le premier. . .</p>
<p>Adieu, Marie, j’étais tellement habitué à l’espérance qu’il leur a fallu du temps, à ces gens qui n’ont le temps de rien, il leur a fallu du temps pour me mener où me voilà. Le baron a vu, je crois, le désespoir sur ma figure, car il m’a dit, en me quittant, un mot singulier que rien ne provoquait :</p>
<p>– Cher monsieur, ne prenez pas un air funèbre. Je ne suis point le don Quichotte des génies en herbe ; faites-vous connaître, faites-vous connaître, vous me trouverez ! Mais si vous manquez de courage, si vous faites des sottises et si vous gâtez votre talent, je n’en serai point responsable ; comme Pilate, je m’en lave les mains !</p>
<p>Je les écoutai descendre.</p>
<p>– Non, vois-tu, dit-il à sa femme, pour mon portrait, je veux un maître, une signature.</p>
<p>– Peut-être, répondit la baronne, peut-être avons-nous tort de décourager ce jeune homme?</p>
<p>– Décourager, que dites-vous donc ? Je lui ai dit qu’il avait un grand talent. Voulez-vous savoir, ajouta-t-il en s’arrêtant devant elle, voici ma pensée ; ce qui perd l’art dans le siècle où nous sommes, c’est qu’on le gorge d’or et qu’il ne meurt pas assez d’hommes de génie à l’hôpital, c’est comme cela !</p>
<p>Adieu Marie,</p>
<p>Il y eut quelque chose que Paul n’entendit pas. Au moment de monter en voiture, la baronne s’arrêta.</p>
<p>– Eh bien, que fais-tu là ? lui dit son mari.</p>
<p>– Je ne suis plus très bien, dit-elle.</p>
<p>– Raison de plus pour monter en voiture, qu’as-tu ?</p>
<p>– La figure de ce jeune homme me poursuit. Qui sait de quel désespoir il peut être capable ? Qui sait que de choses il cache en lui ? Remontons. Je suis comme si nous venions de commettre un crime. Remontons : j’ai lu, il y a une trentaine d’années, un conte que j’avais oublié depuis, mais qui revient vaguement à la mémoire comme un avertissement. Je ne me souviens plus de l’histoire, mais l’impression me revient, vague et terrible après trente ans. Remontons.</p>
<p>Le baron s’arrêta en éclatant de rire.</p>
<p>– Ah çà, es-tu folle ! Est-ce que je n’ai pas le droit, par hasard, de choisir les tableaux que j’achète ? Est-ce qu’il y a une loi qui m’oblige à acheter les tableaux de ce monsieur ? Je te le dis très sérieusement, ma chère ; c’est avec des pensées comme celles-là que tu deviendras folle. Il y a beaucoup de folies dans le temps où nous vivons.</p>
<p>Prenons garde, prenons garde !</p>
<p>A la réception de la lettre de son frère, Marie, qui le connaissait bien, monta en chemin de fer. Arrivée à Paris, elle courut à la petite maison du quartier latin où demeurait Paul. Son agitation l’avait empêchée de prendre une voiture. Il lui semblait que la vitesse de la marche, mieux sentie que celle du cheval, la soulageait. En chemin de fer, elle aurait voulu pousser le train. Dans la rue, elle aurait voulu avoir des ailes. A la porte, elle se serait voulue au bout du monde. Elle n’osait pas monter. Elle s’arrêta suffoquée par les battements de son cœur. S’il était trop tard, pensait-elle avec horreur ! S’il était une minute trop tard !</p>
<p>Enfin dans l’escalier, elle pleura. Alors elle osa sonner. J’ai pleuré, pensait-elle, il est sauvé. Instruite par une longue et singulière expérience, la jeune fille savait que les larmes étaient pour elle le signe mystérieux et certain d’un désir exaucé. Elle sonne, une femme de ménage la conduit, sans parler, près d’un lit, et dit un seul mot : mort ! Dans deux heures, ajouta-telle, l’enterrement. Il s’est jeté dans la Seine, la hauteur du pont d’Austerlitz. – Il n’est</p>
<p>pas mort, dit Marie.—La constatation du décès a été faite, dit la femme de ménage.</p>
<p>Sans répondre, Marie, l’œil fixe, se disait : il n’est pas mort. J’ai pleuré. Il n’est pas mort. Elle appela :</p>
<p>– Paul !</p>
<p>Silence.</p>
<p>– Paul !</p>
<p>Silence.</p>
<p>Elle décrocha un miroir et l’approcha des lèvres de son frère. Au moment où elle saisit le miroir, elle fondit en larmes. Vous voyez bien qu’il est sauvé ! dit-elle. La femme de ménage la crut folle.</p>
<p>Marie plaça le miroir devant les lèvres de Paul. Le miroir fut terni.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sept ans plus tard, M. le baronW. causait dans une société nombreuse et choisie : c’était à un grand dîner. Les femmes étaient couronnées de fleurs. La conversation tomba sur un crime célèbre qui venait de se commettre, et dont le récit remplissait, dans chaque journal, deux colonnes. Tout à coup M. le baronW. Témoigna une singulière agitation. Puis, d’une voix qu’il s’efforçait de rendre calme, et dont le tremblement était encore accentué par cette contrainte : La justice, dit-il, n’est pas, à ce qu’il paraît, sur les traces de l’assassin.</p>
<p>– Je ne sais, répondit un convive.</p>
<p>– Je crois que non, dit quelqu’un.</p>
<p>– Pardonne-moi, répondit un troisième personnage. Aux nouvelles de la dernière heure, la justice avait sinon des certitudes, au moins de grandes espérances.</p>
<p>M. le baronW. était beaucoup plus pâle que sa serviette. Voulant dominer et cacher ce qu’il éprouvait, il essaya de manger. Cet effort exaspéra le malaise contre lequel il combattait. Il s’affaissa, la tête en avant, sans connaissance.</p>
<p>On se leva, on s’empressa autour de lui ; on lui jeta de l’eau sur le front ; on lui fit respirer des sels. La maîtresse de la maison n’omit aucune des cérémonies usitées en pareil cas. Pour comble de bonheur, il y avait un médecin parmi les convives. Les soins les plus intelligents furent prodigués à M. le baron. On appela sa voiture ; on le transporta chez lui.</p>
<p>Le lendemain, il allait mieux ; au bout de trois jours, il allait bien.</p>
<p>Il se fit apporter et lire une quantité de journaux. Mme la baronne, qui lui faisait cette lecture, s’interrompit tout à coup :</p>
<p>– Tiens, dit-elle, voici cette vilaine histoire dont on parlait quand</p>
<p>tu t’es trouvé mal.</p>
<p>– Eh bien ? dit le baron, d’une voix singulière.</p>
<p>– Eh bien ! L’assassin est arrêté. . . Mais quel intérêt étrange portes-tu donc à cette affaire ?</p>
<p>– Moi ? Oh! Absolument aucun ! Je t’en réponds ! Est-ce que par hasard tu te figurerais le contraire ?</p>
<p>– Non, mon ami ; mais c’est ta vivacité qui m’a paru bizarre.</p>
<p>– Ah çà, voyons, reprit-il, de quelle vivacité parles-tu ? T’imagines-tu par hasard, comme ces imbéciles au milieu desquels j’étais là, à table, que cette affaire m’intéresse en rien ? Ils étaient là tous, qui me regardaient, qui me regardaient. . . avec des yeux. . . avec des yeux. . . vas-tu me regarder, toi aussi, avec ces yeux-là, maintenant ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Madame se leva, et écrivit un billet de deux lignes : Cher docteur, venez à l’instant.</p>
<p>– Portez cela, dit-elle, au télégraphe !</p>
<p>– Elle ne compte pas les mots, dit avec étonnement le domestique qui s’éloignait. Il y a quelque chose de grave.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le baron avait, depuis trois mois, repris sa vie ordinaire, quand, dans un salon du faubourg Saint-Honoré où il passait la soirée :</p>
<p>C’est étonnant, dit un vieillard, comme les crimes se multiplient depuis quelque temps. Et il raconta le dernier assassinat que le dernier fait divers du dernier journal lui avait mis sous les yeux.</p>
<p>– Pourquoi, monsieur, dit le baron, dites-vous de ces sortes de choses ? Jamais les crimes n’ont été si rares qu’aujourd’hui. Les mœurs sont fort douces. On pourrait presque avancer qu’il n’y a plus de criminels, car il n’y en a plus dans les classes élevées, et la nation est tout entière dans l’aristocratie. Et même, à vous dire le vrai, je crois fort peu à tous ces forfaits dont les journaux remplissent leurs colonnes, quand les nouvelles politiques font défaut.</p>
<p>– Vous êtes bien incrédule, monsieur le baron, répondit l’interlocuteur, le comte de S. . . ; ce n’est probablement pas par complaisance pour les journalistes que la police cherche les coupables et que le tribunal les jugera.</p>
<p>– Vous dites, reprit le baron, que la police cherche les coupables. Vous avez menti, monsieur ; et d’abord il n’y a qu’un coupable. Et la police ne le cherche pas ; elle l’a trouvé, et il n’y a pas de complice. Elle l’a trouvé, vous dis-je, elle l’a trouvé, et cet homme n’a pas de complice. Je le sais bien, moi, peut-être !</p>
<p>Pendant que le baron, pâle comme un mort, accroissait sa terreur de tous les mots qu’elle lui faisait prononcer, le comte le regardait fixement :</p>
<p>– Vous dites que j’ai menti, monsieur ; voudriez-vous répéter ? Il m’a semblé que vous aviez dit cela, mais je me suis peut-être trompé.</p>
<p>– Je n’ai dit qu’une chose, monsieur, reprit le baron, c’est que le coupable est reconnu et arrêté.</p>
<p>– Mais il y a une minute vous avez nié la réalité du crime.</p>
<p>– Je ne dis qu’une chose, monsieur, c’est qu’aucun doute n’est permis sur le nom du coupable.</p>
<p>Le maître de la maison prit le comte par le bras, et le conduisit dans l’embrasure d’une fenêtre.</p>
<p>– Ha! Très bien ! Très bien, je ne savais pas, dit le comte en s’éloignant.</p>
<p>Pendant leur aparté, le baron, couvert de sueur, faisait, pour se lever, d’inutiles efforts. Il éprouvait cette angoisse suprême d’un homme, qui, encore en possession de ses facultés, sent qu’elles lui échappent, d’un homme qui n’est pas évanoui, mais qui va s’évanouir, et qui se sent sur les tempes les premières gouttes de la sueur froide.</p>
<p>La baronne dissimula comme elle put la rapidité de son départ.</p>
<p>Et quand elle fut seule avec son mari.</p>
<p>– Qu’as-tu ? dit-elle.</p>
<p>– Et toi aussi, toi aussi ! répondit-il en la repoussant, et ses yeux s’injectaient.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>– Il faut, dit le docteur, entrer dans sa manie pour tâcher d’en découvrir le fond. Il faut le faire parler sans l’interroger. Connaissez-vous, madame, dans la vie de M. le baron, quelque souvenir. . .</p>
<p>– Docteur, voulez-vous dire quelque souvenir criminel ?</p>
<p>– Non, madame, je veux dire quelque souvenir effrayant.</p>
<p>La baronne chercha longtemps. – Aucun, dit-elle aucun. Notre vie a toujours été la plus tranquille qu’il soit. Vous savez comment vivent les gens du monde Eh bien ! C’est ainsi que nous vivons, et que nous avons toujours vécu. Mon mari est un homme doux qui de sa vie n’a eu de querelle avec personne, et n’a fait de mal à qui que ce soit.</p>
<p>– Vous n’avez jamais surpris chez M. le baron une inquiétude de conscience ?</p>
<p>– Une inquiétude de conscience ! Lui ! Et pourquoi en aurait-il ? Mais il n’a pas eu dans sa vie un reproche à se faire.</p>
<p>– Le baron, reprit le docteur, a la réputation d’un homme bienveillant. Je ne crois pas qu’il soit naturellement exalté, n’est-ce pas, madame ?</p>
<p>– Ah! Docteur, je ne crois pas qu’il soit possible d’être plus loin de l’exaltation ! Je dirai même qu’il avait peu de croyances.</p>
<p>– Mais quand et où avez-vous surpris le premier germe de sa manie ?</p>
<p>– Ce fut un jour où rien d’étrange ne s’était passé. On avait causé ici de M. D. . ., ce jeune sculpteur qui fait aujourd’hui tant de bruit. Un ami nous racontait qu’il devait sa fortune à un riche banquier qui avait deviné ses aptitudes à un signe imperceptible et qui l’avait aidé de sa fortune et de son influence. Au sortir de cette conversation et dès que nous fûmes seuls, je crus qu’il allait se tuer ! Comme cela, sans raison.</p>
<p>– A-t-il dans la vie journalière quelque bizarrerie que j’ignore encore ?</p>
<p>– Bizarrerie pas précisément, dit Mme de B. . ., ses goûts ont changé, mais sans bizarreries, il mettait sa fortune en tableaux, il en a de fort beaux qu’il admirait beaucoup. Aujourd’hui il ne les veut plus voir. Mais il avait un caractère léger.</p>
<p>– Parle-t-il la nuit ?</p>
<p>– Non ; mais un jour, c’est vous qui m’y faites penser, il se leva effrayé d’un rêve qu’il avait fait. – Ah! Quel rêve j’ai fait ! me dit-il. Il avait le visage fatigué, et, comme je le priais de me raconter son rêve, il détourna les yeux et refusa net ; j’insistai, mais il s’obstina dans son silence et je n’ai jamais pu le décider à me le raconter.</p>
<p>Le docteur réfléchit.</p>
<p>– Peut-être que tout est là, dit-il. Mais si nous allions le lui demander maintenant, peut-être que demain il faudrait l’enfermer.</p>
<p>– L’enfermer, s’écria la baronne, docteur, la chose vous semble donc grave.</p>
<p>– Très grave, madame, et d’autant plus grave que M. le baron est plus sain, relativement à toutes les choses de la vie. Sa manie est bornée à un point, c’est ce que nous appelons folie lucide. Mon devoir m’oblige à vous le dire, madame, c’est un des cas où la science est jusqu’ici très impuissante.</p>
<p>– Mais, docteur, jamais homme ne fut moins fou. Ainsi pour les tableaux, qui est la seule passion que je lui aie connue jamais, il ne faisait pas ce qu’on appelle de folie, lui-même se plaisait à le dire, il n’acheta que des tableaux connus, signés, d’une valeur cotée Moi qui vous parle, j’en aurais fait plus que lui ; je me souviens même qu’il refusa. . .</p>
<p>– Cependant, interrompit le docteur, le cas est très grave.</p>
<p>Le baron étant seul dans sa chambre, sa femme colla son oreille contre la porte et écouta, puis son œil contre le trou de la serrure et regarda.</p>
<p>Le baron regardait sous son lit et levait les housses de ses fauteuils. Quand il se fut bien assuré qu’il était seul, il se parla à voix basse, mais sa femme entendit.</p>
<p>– Personne ne se doute, disait-il, non, pas même elle. Cependant tout devrait les avertir, tout… Les circonstances qui ont accompagné la chose se reproduisent à chaque instant. Les nuages, par exemple, ont dans le ciel, presque toujours, la même forme qu’à ce moment-là ? Les nuages font exprès. Ils ont affecté depuis ce jour-là, certaines ressemblances, toujours les mêmes. A quoi ressemblent-ils ? C’est ce que je ne veux pas dire. Mais je le sais bien, depuis mon rêve. Oh! Ce rêve ! J’ai froid !. . . Comment se fait-il que jamais on ne me parle de ce rêve ? Comment se fait-il que dans cette maison ils ne se souviennent de rien ? Ils étaient là, pourtant, dans le rêve. Ma femme y était, et l’autre aussi, ajouta-t-il en baissant la voix.</p>
<p>Et après un silence mêlé de paroles inintelligibles jointes à une pantomime étrange, il ajouta :</p>
<p>– C’est effroyable comme cet homme tenait à la vie !</p>
<p>Et parlant toujours de plus en plus bas :</p>
<p>– Il se cramponnait à moi, et quand je le repoussais dans l’eau, il prenait une expression de figure qui ne s’est vue que cette fois-là sur la terre. C’était auprès du pont d’Austerlitz. Quel regard il m’a lancé, quand il a disparu pour la dernière fois ! Comment se fait-il que dans la rue les passants ne se disent pas, en me voyant : Voilà l’homme ! Le voilà ! L’homme qui a fait le rêve ! Mais était-ce un rêve ou la réalité ? Il y a des gens qui passent vite, à côté de moi, dans la rue ; qui sait si ceux-là ne voient pas ou n’entendent pas quelque chose ?</p>
<p>Le baron remuait d’une façon étrange, se retournant vivement. Et avec un soupir : Comment font, dit-il tout bas, les autres hommes, ceux qui ne sont pas poursuivis ? Ils peuvent donc faire un pas sans entendre derrière eux un autre pas qui se ralentit ou se précipite suivant la vitesse de leur propre marche ? Il y a donc des gens comme cela qui n’entendent derrière eux aucun pas en marchant !</p>
<p>Pourtant, moi, je cherche toujours les endroits les plus bruyants. Aucun bruit ne couvre le bruit de ce pas, si faible pourtant, mais invincible. Le bruit des voitures ! Le bruit du canon. J’ai essayé de tout. Si je pouvais, j’irais dans le tonnerre ! Mais la foudre éclaterait autour de moi, et m’embrasserait tout entier dans son fracas le plus formidable, que j’entendrais peut-être encore ce petit bruit imperceptible, un pied qui se pose à terre ! J’ai froid ! Comme il fait froid ! Le feu ne chauffe donc plus à présent ! Comme ce pied se pose à terre légèrement ! Il ne pèse pas comme les nôtres ! Non, décidément, ce n’était pas un rêve. C’était la réalité. – Ce pied-là ne connaît pas la fatigue. Mais quand je m’arrête, il s’arrête. Il a une certaine manière de s’arrêter qui fait sentir qu’il est toujours là, et qu’il reprendra sa marche, dès que je reprendrai la mienne. Quelquefois j’aime encore mieux l’entendre et je marche pour le faire marcher. Il y a dans son silence une menace plus effrayante encore que son bruit. Encore s’il changeait de place ! Mais non ! Toujours à égale distance de moi impitoyablement ! Encore si je voyais quelqu’un ! Il me semble que le spectacle le plus horrible serait moins effrayant que ce vide. Entendre et ne pas voir !</p>
<p>Ici le baron fit un saut rapide en arrière, et avança très violemment la main comme pour saisir quelque chose en l’air.</p>
<p>– Non, dit-il, il a échappé ! Échappé comme toujours !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Du reste dans le courant de la vie, rien n’était changé dans les habitudes du baron, et pour qui ne le voyait pas de près, il était l’homme d’autrefois.</p>
<p>L’été suivant, il voulut aller sur le bord de la mer. On partit pour la Bretagne. Dans la conversation, comme il s’agissait d’une promenade, le baron demanda d’un air distrait à quel point du rivage le sable était fin. Il ne voulait pas visiter de falaise. Il voulait le sable, rien que le sable. On lui indiqua Gâvre. Ce fut à table d’hôte que cette indication lui fut donnée, par un convive non averti.</p>
<p>Le baron manifesta l’intention d’aller à Gâvre.</p>
<p>– A quelle heure partons-nous ? dit la baronne. Ce nous déplut évidemment au baron. Il voulait être seul. Il chercha mille prétextes pour éloigner sa femme. Comme elle ne les acceptait pas, il dit, contrairement à son habitude : Je veux.</p>
<p>– Je veux me promener seul, dit-il. Suis-je en prison ! Me prend-on pour un criminel ?</p>
<p>Le baron partit par le bateau à vapeur de Port-Louis. La baronne le suivit, sans être vue, sur un bateau de passage, à quelque distance, armée d’une longue-vue, et dirigeant ses mouvements de façon à être toujours cachée, mais toujours présente, elle distingua son mari sur la plage de Gâvre. Or, voici à quel exercice il se livrait. D’abord, comme toujours, il s’assurait de la solitude. Puis il faisait quelques pas, se retournait vivement ; ne voyant rien, il interrogeait le sable, et distinguant la trace de ses pas, à lui, il cherchait, un peu plus loin, la trace des pas de l’autre. Ne trouvant rien, il allait ailleurs, et recommençait, toujours voyant sa trace et jamais ne voyant l’autre. Il avait espéré dans le sable, le sable l’avait trahi comme toute chose.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pendant ce temps-là, le docteur causait à Paris dans un salon du faubourg Saint-Germain. La conversation tomba sur la folie. On interrogea beaucoup la célèbre aliéniste sur la nature et les causes de la folie.</p>
<p>– Les causes de la folie, dit-il, sont si profondes, qu’il faudrait, pour les connaître, avoir fait le tour du monde invisible.</p>
<p>– Moi, dit un des causeurs, j’ai connu des fous qui se croyaient coupables d’un crime qu’ils n’avaient jamais commis ; des hommes honnêtes, sages, rangés, incapables de faire le moindre mal à un oiseau, et qui se prenaient pour des assassins.</p>
<p>Il se trouvait là, par hasard, dans le salon, un peintre célèbre, M. Paul B. . ., auteur de plusieurs chefs-d’œuvre, entre autres le <em>Premier Regard</em>, et <em>Caïn après son crime</em>.</p>
<p>– Quant à moi, dit-il, je n’ai pas étudié, comme vous, docteur, sur le vif. Je ne connais pas de fous, et ce que je vais vous dire n’est fondé sur rien. Mais pour expliquer ces étranges remords chez des innocents, voici ce qui me vient à l’esprit.</p>
<p>Qui sait s’ils n’auraient pas commis spirituellement, le crime dont ils se croient coupables matériellement ? Dans cette hypothèse, ils ont profondément oublié le crime réel et spirituel qu’ils ont commis réellement et spirituellement. Ils ne l’ont même ni connu, ni compris dans l’instant où ils le commettaient. Mais ce crime réel, spirituel et oublié, se transforme, par la vertu de la folie, en un crime matériel qu’ils n’ont pas fait et qu’ils croient avoir fait.</p>
<p>Peut-être tel homme, qui a trahi son ami, au lieu de s’accuser de cette trahison, s’accuse d’une autre faute qui ressemble à celle-là, comme le corps ressemble à l’âme. Je vous le répète : je ne peux pas citer d’exemple. C’est une pure hypothèse. Mais quelque chose que je ne peux définir la rend vraisemblable. Le coupable a trompé sa conscience. La conscience le trompe à son tour. Pour se faire entendre d’un enfant, on prend des exemples dans les choses sensibles. Peut-être, la justice se conduit-elle ainsi vis-à-vis de ces gens-là. Peut-être, les trouvant insensibles dans la sphère de l’esprit, transporte t-elle leur crime dans la sphère des corps.</p>
<p>Peut-être est-ce un crime vrai, mais trop subtil pour être vu par eux, qui, se mettant à leur portée, les poursuit sous les apparences du crime extérieur et grossier, le seul qu’ils puissent comprendre.</p>
<p>Il y a des scrupules bizarres qui ressemblent à la folie, comme l’exagération ressemble au mensonge. Qui sait si ces scrupules ne sont pas les égarements, ou, si vous aimez mieux, les transpositions du remords ? Je dis remords : je ne dis pas : repentir, car le repentir éclairerait et le remords aveugle. Entre le repentir et le remords, il y a un abîme. Le premier donne la paix, et le second l’arrache.</p>
<p>Peut-être la conscience, ne pouvant se faire entendre du coupable, sur le terrain où elle est, lui parle, pour se venger, un langage grossier comme lui, sur le terrain où il est. Peut-être la conscience, par une épouvantable justice, lui fait-elle un reproche injuste à la surface, et mille fois juste au fond. Peut-être la conscience, qui vous a parlé vraiment, quand l’homme était devant vous, s’arme-t-elle maintenant, contre vous, du fantôme. Nous sommes des hommes ici, ce soir, les uns pour les autres. Mais <em>qui sait si nous ne sommes pas pour quelqu’un, quelque part, en ce moment, des fantômes</em> ?</p>
<p>Le docteur se leva, et prenant la main du peintre : – Je ne sais pas au juste ce qu’il y a de vrai dans votre théorie, dit-il. Je ne sais qu’une chose, c’est que vous avez beaucoup à m’apprendre. Je réfléchirai à vos paroles. Elles m’ouvrent des horizons.</p>
<p>– J’ai toujours été poursuivi par cette pensée, dit le peintre, qu’il</p>
<p>y a un moment où un homme voit pour la première fois ce qu’il voit depuis son enfance. Il voit pour la première fois, le jour où les yeux de l’esprit s’ouvrent. C’est ce que j’ai voulu montrer dans mon tableau : un <em>Premier Regard</em>. Or l’horizon reculant toujours, j’essaye de jeter sur chaque chose, à chaque instant, un regard que je puisse appeler : le premier regard. Dans cette autre composition, <em>Caïn après son crime</em>, j’ai voulu montrer dans Caïn, non pas un assassin de mélodrame, mais un homme vulgaire. Le stigmate de la colère, dont il reçoit l’empreinte visible, lui ouvre les yeux de l’âme. Il jette sur son crime un premier regard. Il y a des <em>Caïns spirituels</em> dont le bras est innocent. Peut-être en existe-t-il parmi les fous dont nous parlons, et, en ce cas, leur folie contiendrait plus de vérité que n’en contenait leur sécurité précédente. Leur folie les trompe seulement sur le genre des choses, leur sécurité les trompait sur les choses elles-mêmes.</p>
<p>Le docteur était pensif. Il prit le peintre à part, et lui parlant à demi-voix : – Voulez-vous, dit-il, que nous sortions ensemble. – Et ils sortirent.</p>
<p>Après leur départ, la conversation roula sur la conversation qu’ils avaient eue.</p>
<p>– Etes-vous toujours matérialiste ? demanda quelqu’un à son voisin.</p>
<p>– Vous n’êtes pas généreux, monsieur, répondit le voisin, de choisir ce moment-ci pour me faire cette question.</p>
<p>– Moi, dit une jeune dame, je n’aime pas entendre parler ce monsieur. C’est un grand peintre ; je ne dis pas non ; mais quand il se lance dans des considérations de cet ordre-là, il m’agace.</p>
<p>– Serait-il indiscret, madame, de vous demander pourquoi ? demanda timidement un jeune homme dont la cravate était mal mise.</p>
<p>– Eh bien, parce que j’ai peur qu’il n’ait raison. Moi, voyez-vous, j’aime à aller devant moi, mon petit bonhomme de chemin. Si on l’en croyait, la vie serait tellement sérieuse qu’il faudrait faire attention à tout. A entendre ces gens-là, on se croirait vraiment entouré de mystères.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>– Je veux voir et étudier avec vous votre tableau de Caïn, j’allais dire notre portrait de Caïn, dit le docteur au peintre. Car il me semble que vous l’avez connu personnellement, à la manière dont vous m’en parlez.</p>
<p>– Peut-être, dit Paul, l’ai-je connu. En tous cas, venez, – et ils allèrent ensemble.</p>
<p>Arrivé devant le tableau, le docteur eut un mouvement, de surprise.</p>
<p>Le portrait de Caïn était celui du baron, horrible de ressemblance. Il y avait tout sur cette figure, la froideur du criminel et l’épouvante du maudit. Et la froideur ne nuisait pas à l’épouvante, et l’épouvante ne nuisait pas à la froideur………….</p>
<p><em>L’indifférence</em> et le désespoir étaient ensemble dans ces yeux, sur ces lèvres et sur ce front. Et le désespoir n’était pas déchirant, car le repentir manquait ; ce désespoir avait quelque chose de satisfaisant comme le repas de la justice qui mangeait son pain.</p>
<p>Le docteur resta très longtemps immobile, l’horizon s’élargissait à ses yeux, et sa science s’approfondissait. Il ne réfléchissait pas précisément ; mais il se souvenait. Il eut, pour la première fois de sa vie peut-être, une heure de contemplation.</p>
<p>– Vous le connaissez donc ? dit-il enfin à Paul.</p>
<p>– Qui ?</p>
<p>– Mais, mon client !</p>
<p>– Je ne connais pas un seul de vos clients.</p>
<p>La discrétion professionnelle arrêta le nom propre sur les lèvres du docteur.</p>
<p>– Mais enfin, monsieur, dit-il, cette tête est un portrait. Vous ne l’avez pas faite au hasard.</p>
<p>– Ni l’un ni l’autre, dit Paul. Personne n’a posé devant moi, et je n’ai pas agi au hasard. Il me semble, quand je travaille, que certaines figures s’offrent à moi, sans s’imposer. Je les aperçois presque intérieurement, les yeux fermés, sans rien voir. Apercevoir n’est pas le mot propre, car le sens de la vue n’est pas en jeu. Si je les aperçois, c’est avec un sens inconnu, qui n’est pas celui de la vue. Je perçois ces sortes de choses dans un état particulier, près duquel la veille est un sommeil profond. Je pense que ces perceptions répondent à quelque réalité, ou lointaine ou future, dont l’image photographique me passe en ce moment devant les yeux de l’esprit. Cette faculté, qu’on peut appeler inspiration naturelle, ne m’a jamais abandonné. L’aptitude à soupçonner ce que je ne sais pas est la forme la plus haute de mon activité. Et non seulement je soupçonne ce que je ne sais pas, mais très souvent je le fais, je le réalise, sans intention et sans connaissance. On dirait que je suis acteur dans un drame que j’ignore. Je récite un rôle que je ne sais pas dans une pièce dont je ne connais ni le titre ni le dénouement.</p>
<p>Cependant je me sens libre. Le sentiment profond de ma liberté éclate surtout dans le souvenir de mes fautes. J’ai voulu me donner la mort ; la mort n’a pas voulu de moi. Je me suis demandé quelque temps, si ayant voulu perdre la vie, je n’aurais pas perdu l’inspiration ; ce qui eût été pour moi une façon cruelle et subtile de mourir. Il m’a semblé que la question s’agitait quelque part, et que l’inspiration, qui a pitié des faibles, me revenait gratuitement.</p>
<p>Si j’avais été criminel par malice, elle m’eût peut-être abandonné, ou peut-être elle fût devenue en moi l’auxiliaire d’un crime futur. Ou elle m’eût refusé ses services, ou elle m’eût servi à faire le mal.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quelques jours après cet entretien, le baron, revenu à Paris, semblait plus calme qu’à l’ordinaire.</p>
<p>– Allons, très bien, disait la baronne : le docteur m’avait presque alarmée ; mais je savais très bien, au fond, qu’il n’y avait aucun danger. Mon mari est un homme froid, je n’ai rien à craindre pour sa raison.</p>
<p>La nuit suivante, le baron se leva sur la pointe du pied, comme s’il eût peur d’être surpris et dérangé : il se rendit à sa galerie, déchira un à un tous les tableaux avec un canif, creva les toiles avec son genou une à une, et, la chose faite, sortit vers le matin.</p>
<p>Le concierge le vit passer et ne le reconnut pas.</p>
<p>– Quel est donc ce vieillard, dit-il à sa femme, qui a passé la nuit dans la maison ?</p>
<p>Les cheveux du baron, noirs la veille, étaient blancs comme la neige.</p>
<p>On l’attendit pour déjeuner, on l’attendit pour dîner ; il ne rentra pas. Fouillant dans les tiroirs, sa femme trouva un papier avec ces mots :</p>
<p>« Cette fois, je n’échapperai pas. La police est sur mes traces. »</p>
<p>– Je m’en étais toujours douté, dit-elle, il devait m’arriver malheur.</p>
<p>Le lendemain, le corps du baron fut trouvé dans la Seine à la hauteur du pont d’Austerlitz.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>– Vous me voyez désolé, mais non étonné, dit le docteur à la baronne. J’ai toujours regardé cette folie comme absolument incurable.</p>
<p>– Ah! Docteur ! Il a tout détruit : je n’ai pas même son portrait.</p>
<p>– Vous l’aurez, madame, dit le docteur.</p>
<p>Huit jours après, le docteur tint sa promesse. Il apporta à la baronne une photographie.</p>
<p>Frappée au fond de l’âme, pour la première fois de sa vie peut-être, elle fut sur le point de s’évanouir.</p>
<p>– Ah! Quelle ressemblance, dit-elle, quelle ressemblance ! Docteur, comment avez-vous fait ? Ceci n’est pas naturel. Ce n’est pas son portrait, c’est lui-même. Il va parler, j’ai peur.</p>
<p>Il y avait de l’horreur dans l’étonnement de cette femme. Elle jetait sur son mari et sur elle-même un premier regard.</p>
<p>– Mais enfin, docteur, comment avez-vous fait ?</p>
<p>– Permettez-moi de garder le secret, madame.</p>
<p>En effet, la chose était bien simple. Il avait suffi de dresser un appareil photographique devant le tableau du grand peintre :</p>
<p style="text-align: center;">CAÏN APRÈS SON CRIME</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p><small>© colibri for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/19680/cain-qu%e2%80%99as-tu-fait-de-ton-frere-par-ernest-hello/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/19680/cain-qu%e2%80%99as-tu-fait-de-ton-frere-par-ernest-hello/#comments">6 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/19680/cain-qu%e2%80%99as-tu-fait-de-ton-frere-par-ernest-hello/&title=Caïn, qu’as-tu fait de ton frère? par Ernest Hello">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/cains-spirituels/" rel="tag">Caïns spirituels</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/chatiment/" rel="tag">châtiment</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/condamnation-du-coeur/" rel="tag">condamnation du coeur</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/conviction-de-peche/" rel="tag">conviction de péché</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/crime-spirituel/" rel="tag">crime spirituel</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/culpabilite/" rel="tag">culpabilité</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/justice/" rel="tag">justice</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/le-fantome-dabel/" rel="tag">le fantôme d'Abel</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/remords-et-repentir/" rel="tag">remords et repentir</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/voix-de-la-conscience/" rel="tag">voix de la conscience</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/19680/cain-qu%e2%80%99as-tu-fait-de-ton-frere-par-ernest-hello/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les deux ennemis, par Ernest Hello</title>
		<link>http://www.blogdei.com/19384/les-deux-ennemis/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/19384/les-deux-ennemis/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 21:22:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colibri</dc:creator>
				<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme pratique]]></category>
		<category><![CDATA[contes et paraboles]]></category>
		<category><![CDATA[Des relations dans l'amour]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[Problématiques chrétiennes]]></category>
		<category><![CDATA[affection]]></category>
		<category><![CDATA[amertume]]></category>
		<category><![CDATA[amitié]]></category>
		<category><![CDATA[amour fraternel]]></category>
		<category><![CDATA[complicité affective]]></category>
		<category><![CDATA[haine]]></category>
		<category><![CDATA[intimité]]></category>
		<category><![CDATA[pardon]]></category>
		<category><![CDATA[réconciliation]]></category>
		<category><![CDATA[repentance]]></category>
		<category><![CDATA[ressentiment]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=19384</guid>
		<description><![CDATA[&#160; Par Ernest Hello (1828- 1885) &#160; C’était aux eaux de Kreusnach. Une société brillante était réunie. La France, l’Allemagne, la Russie et toutes les nations européennes y avaient leurs représentants. Le matin, dès six heures, on se réunissait à la fontaine ; car le café au lait ne se prenait qu’ensuite ; il fallait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>&nbsp;</p>
<p>Par Ernest Hello (1828- 1885)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’était aux eaux de Kreusnach. Une société brillante était réunie. La France, l’Allemagne, la Russie et toutes les nations européennes y avaient leurs représentants. Le matin, dès six heures, on se réunissait à la fontaine ; car le café au lait ne se prenait qu’ensuite ; il fallait l’avoir digéré pour prendre le bain d’onze heures ; puis le dîner réunissait les convives, puis le casino, les promenades, et la soirée se passait, commencée par la musique et terminée par le souper. C’était l’heure des toilettes.</p>
<p>Quelques groupes plus intimes se formaient au milieu de cette société ; la conformité de langues, de goûts, de tempéraments établissait quelques intimités qui commençaient comme si elles devaient durer toujours, et qui quelquefois mouraient avant d’avoir bien vécu.</p>
<p>Deux hommes particulièrement, d’une soixantaine d’années peut-être, semblaient unis par un lien si serré qu’il leur était difficile d’aller l’un sans l’autre, soit à la source, soit partout ailleurs. On les voyait toujours ensemble, le long de la Nahe, du côté des Rochers-Rouges.</p>
<p>Une mélancolie prononcée se lisait sur leurs deux visages, et c’était sur l’un et sur l’autre à peu près la même teinte de mélancolie. L’un se faisait appeler M. Pierre, l’autre M. Jean, et on ne connaissait pas leur nom de famille. S’il était inscrit sur le registre de l’hôtel du Palatinat, il n’était jamais prononcé ni rappelé nulle part.</p>
<p>Ces deux hommes semblaient avoir souffert profondément, diversement, et être arrivés par deux routes fort différentes à deux états de brisement qui se traduisaient à peu près de la même manière chez l’un et chez l’autre. L’un et l’autre avaient certains sourires tristes et significatifs qui avaient l’air de pleurs versés sur les illusions perdues. Ils vivaient tous deux dans une demi-conversation faite de mots échangés, puis de réticences, puis d’allusions.</p>
<p>Devant le monde, à la table commune, au casino, ils gardaient généralement un silence singulier. Étrangers à la conversation générale, ils se jetaient l’un à l’autre un regard d’intelligence, quand quelque chose se disait qui choquait trop fortement leur sentiment intérieur. Les autres convives parlaient, et ne s’entendaient pas. Ceux-ci ne parlaient pas et s’entendaient. Les autres se livraient quelquefois à de longues et bruyantes expansions qui les laissaient aussi étrangers et peut-être plus étrangers les uns aux autres, après une dépense de paroles apprêtées. Jean et Pierre ne se disaient presque rien, mais ils se comprenaient d’un regard. Un peu isolés dans la foule par leur supériorité intellectuelle, ils la dominaient aussi par leur silence, car le silence est une force à nulle autre pareille ; l’homme qui ne se livre pas semble garder en réserve une chose précieuse. La chose cachée semble toujours importante.</p>
<p>Quand le soleil baissait, vers quatre heures de l’après-midi, ils se trouvaient, sans s’être donné rendez-vous, à la porte de l’hôtel. Celui qui arrivait le premier attendait l’autre instinctivement, sans savoir qu’il l’attendait. On eût dit qu’il y avait dans ces deux hommes déjà très mûrs, et dont les cheveux exagéraient encore la maturité, car ils étaient l’un et l’autre blancs comme la neige, on eût dit qu’il y avait quelques-unes des douceurs et des rêveries de la jeunesse. Quand ils s’étaient rencontrés, ils partaient ensemble, sans savoir où ils allaient, se dirigeaient vers les bords de la Nahe, admiraient silencieusement les magnificences du paysage, se communiquant leurs impressions par des coups d’œil rapides, échangeaient quelques mots qui étaient ordinairement des réflexions générales, bientôt coupées par des réticences qui ressemblaient à des souvenirs. Car le souvenir avait évidemment une grande place dans leur vie. Mais une discrétion extrême et mutuelle éteignait sur leurs lèvres mille paroles qui auraient dû s’allumer. Cette discrétion n’était pas une gêne. Elle était plutôt un instinct.</p>
<p>Au lieu d’être une contrainte, cette discrétion semblait une liberté. S’ils se parlaient peu, ce n’était pas pour se cacher leur pensée et leur vie, c’était plutôt parce qu’ils se trouvaient dispensés d’explication, par le fait même de leur intimité. Il leur semblait qu’ils s’étaient connus toujours, et qu’ils s’étaient dit les choses qu’ils avaient à se dire. Leurs confidences leur semblaient si naturelles à faire, qu’ils croyaient presque les avoir faites. Au lieu de les exprimer, ils les avaient sous-entendues. Mais le résultat était le même. Le résultat était le même, surtout pour Pierre, non pas tout à fait pour Jean. Jean se disait de temps à autre : « Il est singulier qu’après tant d’heures passées ensemble, nous soyons encore si peu au courant l’un de l’autre ! » Mais ces étonnements se produisaient surtout quand ils étaient loin l’un de l’autre.</p>
<p>A peine l’heure du repos ou de la promenade les réunissait-elle, qu’un certain assoupissement endormait chez Jean comme chez Pierre le désir de parler et d’entendre. Et le commerce intérieur reprenait, plus intime que la conversation, et de temps en temps ce commerce prenait avec le souvenir quelque ressemblance bizarre et indescriptible. Ils se trouvaient l’un et l’autre subitement reportés à trente ans de là. Leur jeunesse leur apparaissait avec ce caractère merveilleux que le lointain lui donne. Car le souvenir efface les angles. Il a un prestige prodigieux pour embellir tout ce qu’il touche. Il montre la jeunesse passée à travers un prisme qui lui ôte toutes les douleurs et qui exagère toutes les joies. Il prend la substance des choses : il en supprime l’accident : il montre, dans une beauté idéale, des matins, des soirs, des printemps et des automnes qui ont souvent renfermé bien des tristesses et des laideurs. Mais le souvenir est un prestidigitateur qui cache tout ce qu’il veut cacher et qui colore ce qu’il montre de la couleur qu’il veut montrer.</p>
<p>Peut-être cette faculté du souvenir se développait-elle spontanément chez ces deux hommes, quand ils étaient près l’un de l’autre, et peut-être le charme de cette émotion était-elle le lien secret de leur amitié. Le son de la voix de Pierre remuait quelque chose dans l’âme de Jean, et le regard de Jean remuait quelque chose dans l’âme de Pierre.</p>
<p>Il y avait une certaine ressemblance dans la cause même de leur présence à Kreusnach. Une certaine hypocondrie avait déterminé chez l’un et chez l’autre un affaiblissement du système nerveux. La ressemblance de leur état physique augmentait peut-être leur intimité. Peu à peu leurs conversations devinrent plus intimes, sans encore être personnelles, par le fait des questions qu’ils abordaient ensemble. Elles roulaient presque toujours sur l’âme, sur ses blessures. Qu’elle fût littéraire, philosophique, politique, religieuse, ou qu’elle se localisât dans les faits que les circonstances mettaient sous leurs yeux, c’était toujours l’âme humaine qui en faisait le fond, et toujours l’âme humaine blessée.</p>
<p>Plus les jours s’écoulaient, plus le lien qui les attachait l’un à l’autre se serrait. Un jour Pierre resta au lit. Sa sensibilité nerveuse était plus maladive qu’à l’ordinaire. Jean sorti, pour faire la promenade qui faisait partie de son traitement. Mais une tristesse insurmontable s’empara de lui, et à peine était-il arrivé au pont qui précède le casino des bains, qu’il revint écrasé d’ennui et, rentré à l’hôtel, s’assit sur une chaise, près du lit de Pierre. Les deux amis sentirent mieux ce jour-là qu’à l’ordinaire ce qu’ils étaient l’un pour l’autre. La tristesse tenait ces deux célibataires si complètement célibataires, qu’ils semblaient absolument isolés dans le monde, sans famille et sans amis.</p>
<p>Un soir, quand Pierre eut repris quelques forces, il accompagna Jean au casino. La musique était ou du moins leur parut mille fois plus pénétrante qu’à l’ordinaire. La soirée était superbe; après une journée brûlante, un vent frais s’était levé vers quatre heures. Pierre, appuyé sur Jean, reprit avec lui le chemin de la Nahe. Les champs de vigne, disposés en amphithéâtre, semblaient se reposer, comme les hommes, de la chaleur du jour. Un silence profond semblait tomber du haut des montagnes. Ces montagnes qui bordent la Nahe s’éclairent le soir de reflets imprévus, quand le soleil dit adieu à cette masse de terre dont la couleur étrange a donné leur nom aux Rochers-Rouges. Cette terre, qui ressemble à de la brique rouge, s’empourprait ce soir-là avec plus d’éclat qu’à l’ordinaire.</p>
<p>Ce silence ne semblait pas un silence mort, mais un silence vivant composé de bruits infiniment légers qu’on devinait sans les entendre. La molle splendeur de cette soirée disposait l’âme à s’ouvrir, et l’inclinait vers l’expansion.</p>
<p>– Où serais-je, maintenant, dit Pierre, si ma vie n’avait pas été brisée autrefois ?</p>
<p>– C’est justement là, dit Jean, ce que je me demandais à l’instant même.</p>
<p>– Votre vie a donc été brisée comme la mienne ?</p>
<p>– Brisée.</p>
<p>– J’ai vécu seul. Je mourrai seul.</p>
<p>– Et moi aussi.</p>
<p>– Et comment, reprit Pierre, comment êtes-vous entré dans cette solitude ?</p>
<p>– Par l’abandon d’un ami, répondit Jean.</p>
<p>– Singulier hasard ! Et moi aussi.</p>
<p>– C’est un lourd poids, dit Jean, que celui de haïr, et je le porte depuis trente ans.</p>
<p>– On dirait, reprit Pierre, que vous êtes l’écho de mes pensées.</p>
<p>– Je pense avec douleur, dit Jean, que nous avons été pris au piège tous les deux. Ceux qui ont été mis sur notre route étaient donc précisément ceux qu’il fallait pour nous perdre.</p>
<p>– Ah! dit Pierre avec un profond soupir, si j’avais eu un ami comme vous !</p>
<p>– C’est ce que je me dis tous les jours, répondit Jean. Ah! Si j’avais eu un ami comme vous !</p>
<p>– Mais voyez donc ! On dirait que nos deux situations sont copiées l’une sur l’autre ! Où la ressemblance s’arrêtera-t-elle ?</p>
<p>– Pour le savoir, il faut que nous nous disions ce soir même toute notre vie l’un à l’autre. Et tous deux firent silence comme pour se préparer à dire des choses secrètes.</p>
<p>– Peut-être, dit Pierre, dans le principe, alors que nos cœurs étaient tout chauds encore de notre amitié, peut-être aurais je dû prier mon ami à genoux de ne pas s’éloigner de moi, peut-être qu’un accent, une inflexion de voix, un rien l’aurait retenu. J’ai fait cependant ce que je vous dis, mais si je l’avais fait une fois de plus, qui sait ? Un grain de sable peut quelquefois faire pencher la balance.</p>
<p>– Oui, qui sait ? dit Jean. Moi qui vous parle, il me semble aujourd’hui que si l’ami que j’ai perdu était venu une fois de plus me dire, ce qu’il me dit un jour : « Je vous supplie par le plus sacré de vos désirs ! » Je serais revenu.</p>
<p>– Chose étrange, dit Pierre, votre ami vous a dit cela ?</p>
<p>– Oui.</p>
<p>– Et moi j’avais dit cela à mon ami, et la haine est venue quand j’ai vu fuir celui que j’aimais.</p>
<p>– Et moi, dit Jean, mon cœur s’est endurci. Personne ne peut connaître la souffrance de celui qui porte un cœur endurci, il n’y a qu’en ce moment, où je veux parler comme autrefois je parlais à mon ami, que je sens quelque chose s’amollir au fond de mon cœur et ce commencement d’attendrissement me dévoile un peu nos torts. Car, oui, je crois m’en apercevoir, cet ami dont je vous parle je l’ai abandonné et trahi ; mon cœur, moins dur, se gonfle en ce moment comme si je lui parlais, à lui même.</p>
<p>– Que ne lui est-il donné de vous entendre parler ainsi, dit Pierre d’une voix émue, à votre accent qui me pénètre, je devine qu’il vous pardonnerait. Vous accepteriez son pardon, comme il accueillerait votre repentir, car le pardon n’est fait que pour ceux qui se repentent, et ce mot, pardon, jette en ce moment dans mon cœur un trouble étrange, il me tente. Votre besoin, que je sens, me touche ; je voudrais satisfaire votre désir et si celui qui a jeté en moi le sentiment terrible de la haine se trouvait devant moi, je lui accorderais peut-être le bénéfice de l’émotion généreuse que soulèvent dans mon cœur vos regrets. Oh! que la distance, l’absence et le silence sont terribles ! Et pendant que celui-ci parlait, il se passait dans l’autre quelque chose de singulier. S’il était là, se disait-il, oui, s’il était là, il comprendrait ce qu’il n’a pas compris. Il sentirait ce qu’il n’a pas senti. Et il revoyait l’ancienne figure de l’ancien ami devenu ennemi ; mais ce n’était plus l’ennemi, c’était l’ami qui prévalait. Au lieu de considérer l’homme d’autrefois sous l’angle de la haine, il le considérait sous l’angle de l’amitié.</p>
<p>Le regard ennemi rend mauvaise l’âme sur laquelle il porte ; non seulement il voit le mal, mais il le fait. Il produit la haine, parce qu’il est né de la haine. Il fait le mal qu’il voit.</p>
<p>Le regard ami améliore l’âme sur laquelle il porte. Il fait le bien qu’il voit. Il féconde les germes que tue le regard ennemi. Et tout à coup Pierre, pensant à Jean, au lieu de le considérer sous l’angle de la haine, le considéra sous l’angle de l’amitié. Et tout à coup Jean, pensant à Pierre, fit le même acte intérieur.</p>
<p>L’ennemi du genre humain aime la division ; mais il l’aime surtout entre ceux dont il devine que l’amitié serait douce et féconde. Aussi, quand deux âmes sont spécialement faites l’une pour l’autre, il emploie toutes ses forces à les diviser ; et il supporterait plus facilement la réconciliation de mille ennemis ordinaires, que celle de deux ennemis extraordinaires qui risqueraient, s’ils étaient amis, d’être de grands et forts amis.</p>
<p>Et il y a plus d’attrait pour lui à diviser deux âmes exceptionnelles, destinées par leur commune supériorité à une union exceptionnelle, qu’à diviser cent mille âmes inférieures qui n’ont jamais quitté la voie de la division.</p>
<p>C’est pourquoi, quand deux âmes sont faites pour s’unir, ou pour se réunir, il met en jeu, dans l’une vis-à-vis de l’autre, tout l’arsenal de la calomnie. Il évoque, dans chacune d’elles, toutes les amitiés trompées, toutes les bonnes intentions méconnues, toutes les illusions généreuses qui ont été flétries par l’ingratitude, et il combat dans chacune d’elles les tentatives de l’amitié par les tentations de l’hostilité, et il confond à dessein la circonstance présente et favorable avec d’anciennes circonstances passées et défavorables : il engage la mémoire et le jugement dans des voies fausses pour trouver des ressemblances qui n’existent pas.</p>
<p>Et, pour comble de scélératesse, il donne aux mensonges et aux imprudences qu’il suggère, les apparences de la sagesse ; il dit à sa victime :</p>
<p>« Tu n’es plus un enfant. Jusqu’à quand seras-tu trompé par les illusions de l’enfance ? Jusques à quand seras-tu le jouet de tes ennemis et la dupe de la générosité ? Profite au moins de l’expérience, et ne va pas t’engager dans la route que tu as déjà suivie à ton grand préjudice. »</p>
<p>Ainsi il donne au mensonge l’apparence de la sagesse, et à la fermeture du cœur l’apparence de l’énergie. Ainsi, pour mieux duper l’homme, il allume en lui la crainte d’être dupe, et pour le mieux précipiter dans l’abîme, il lui parle de force, d’expérience, de sagesse et de prudence.</p>
<p>Vous cherchez une personne amie ; dans la rue, devant vous, quelqu’un se présente, qui lui ressemble de loin, vous approchez ; ce n’est pas elle : mais, un instant après, c’est elle ; c’est bien elle. On dirait que son image l’a précédée, et que, devant elle, marchait un mirage.</p>
<p>Ainsi, sur le chemin de la vie. Vous croyez avoir trouvé, et c’est une illusion ; mais quand vous trouvez réellement, quand la chose est devant vous, la chose et non le mirage, l’ennemi s’approche et vous dit à l’oreille : « Voici encore une illusion. Souviens-toi de tes erreurs passées. Tu étais un enfant, mais à présent tu es homme, et tu serais sans excuse si tu retombais dans les illusions de l’enfance. Souviens-toi que tu as ouvert ton cœur mal à propos, et ferme-le désormais. »</p>
<p>Car il y a une amertume qui se donne pour le fruit de la sagesse, et qui est le poison même de l’illusion noire, fermant la porte à l’espérance, et corrompant les sources de la vie&#8230;..</p>
<p>L’amertume qui vient de l’ennemi, la tristesse qui décourage, les mauvais souvenirs qui flétrissent, tout cela, c’est la vieillesse, eussiez-vous vingt ans. Mais l’oubli complet et généreux, qui est la magnificence du pardon, l’espérance alerte et allègre, qui donne des ailes à la vie, pour voler aux deux tours de la cathédrale où l’on adore, cela, c’est la jeunesse, eussiez-vous quatre-vingts ans.</p>
<p>Ne pas aimer, se dit en latin : ne pas voir, invidere. La mal veillance est une cécité. Et comme la lumière produit la lumière, les ténèbres produisent les ténèbres. La lumière du regard qui voit augmente la lumière dans l’âme de celui qui est vu : les ténèbres du regard qui ne voit pas augmentent les ténèbres dans l’âme de celui qui n’est pas vu.</p>
<p>Celui qui n’est pas vu, c’est celui qui n’est pas aimé. Et ainsi les deux murs de ténèbres vont s’épaississant de part et.d’autre, entretenus et soignés par l’absence et le silence. Et l’ennemi triomphe d’un triomphe d’autant plus malin et d’autant plus cruel qu’il soupçonne ceci :</p>
<p>Si ces deux âmes, faites l’une pour l’autre, s’aimaient, elles se verraient ; si elles se voyaient, elles s’aimeraient, et de leur vue et de leur amour il naîtrait peut-être quelque chose d’admirable.</p>
<p>Ainsi roulaient dans l’âme de Pierre et de Jean mille pensées bonnes et mauvaises, les unes par les autres combattues. Ils marchaient en silence, comme il arrive quand une grande émotion est dans le voisinage. On dirait que, même à votre insu, elle vous enveloppe et vous oppresse. Ils avaient perdu de vue leur promenade, dans la distraction de leurs pensées, et, sans s’en apercevoir, ils avaient gravi la montagne qui domine la Nahe et permet d’apercevoir le Rhin à gauche, à droite le mont Taunus. Or le soleil se couchait ; le Taunus embrasé se couronnait de pourpre et d’or ; dans la vallée les vitres du village étincelaient comme des diamants exposés au feu des lustres ; le fleuve brillait aussi, et semblait animé par les feux du soleil couchant ; l’embrasement du jour et la fraîcheur du soir se combinaient ; la chaleur, tempérée par la montagne, devenait enivrante comme la lumière, tempérée par la nuit. Les splendeurs et les ombres, les montagnes et les vallées, les nuages de pourpre et les fleuves de diamants, le château du rhingrave et les ruines historiques, les forêts de sapins noirs vaguement traversées par les derniers éclairs du soleil couchant : Tout ruisselait d’or et de feu.</p>
<p>Ces magnificences élevèrent l’âme des deux voyageurs. Les mauvais souvenirs moururent en eux. Les splendeurs du soir allumèrent en eux l’étoile du matin. La beauté réveilla la bonté qui dormait ; elle lui cria : Voici le jour ; ouvre les yeux ; admire !</p>
<p>Il y a dans l’admiration des forces inconnues, des forces qui ressemblent à des larmes, comme elles cachées, et comme elles puissantes. Ce sont des sources endormies, qui se réveillent bouillonnantes, et le bandeau tombe, et l’aveugle voit. L’admiration secoue les longues torpeurs ; elle puise d’une main avide dans les trésors longtemps cachés, et verse d’une main généreuse, sur les choses du dehors, ce qu’elle a puisé dans celles du dedans. L’admiration peut donner naissance à mille splendeurs, qui, au premier abord, ne lui ressemblent pas et ne semblent pas ses filles. Le pardon, par exemple, que mille discours auraient peut-être été impuissants à produire, naquit de l’admiration dans Jean et dans Pierre, ou du moins ce fut elle qui fit déborder le vase contenant la liqueur précieuse. Et le pardon naquit de l’admiration, comme le fruit naît de la fleur.</p>
<p>Si Jean était là, pensait Pierre, je tomberais dans ses bras.</p>
<p>Si Pierre était là ! pensait Jean.</p>
<p>Tout à coup le regard de l’un éclairci par la lumière qui se levait dans leur âme, tomba sur la face de l’autre, et un point d’interrogation singulière, presque terrible, s’alluma dans leurs yeux !</p>
<p>S’il était là ?</p>
<p>Mais peut-être il est là ?</p>
<p>Si c’était lui ?</p>
<p>Mais c’est peut-être lui ?</p>
<p>Mais il est là !</p>
<p>Mais c’est lui !</p>
<p>Jean reconnut Pierre, et Pierre reconnut Jean, leurs bras s’ouvrirent dans une étreinte puissante qui les retint un instant, puis ils demeurèrent en silence, promenant leurs regards autour d’eux sur les adieux magnifiques de la lumière, comme s’ils eussent craint de troubler par le bruit de leur voix le silence de la splendeur qui les avait réveillés de leur sommeil.</p>
<p>Extrait du livre &laquo;&nbsp;<a href="http://ba.21.free.fr/a5_pdf/a5_hello_contes.pdf">Contes extraordinaires</a>&laquo;&nbsp;</p>
<hr />
<p><small>© colibri for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/19384/les-deux-ennemis/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/19384/les-deux-ennemis/#comments">Un commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/19384/les-deux-ennemis/&title=Les deux ennemis, par Ernest Hello">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/affection/" rel="tag">affection</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/amertume/" rel="tag">amertume</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/amitie/" rel="tag">amitié</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/amour-fraternel/" rel="tag">amour fraternel</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/complicite-affective/" rel="tag">complicité affective</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/haine/" rel="tag">haine</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/intimite/" rel="tag">intimité</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/pardon/" rel="tag">pardon</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/reconciliation/" rel="tag">réconciliation</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/repentance/" rel="tag">repentance</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/ressentiment/" rel="tag">ressentiment</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/19384/les-deux-ennemis/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Zinzendorf et les Moraves: La prière façonne l&#8217;Histoire, par David Smithers</title>
		<link>http://www.blogdei.com/18912/zinzendorf-et-les-moraves-la-priere-faconne-lhistoire-par-david-smithers/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/18912/zinzendorf-et-les-moraves-la-priere-faconne-lhistoire-par-david-smithers/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Mar 2012 07:10:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Michoud</dc:creator>
				<category><![CDATA[18e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[Intercession]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages divers]]></category>
		<category><![CDATA[amour passionné]]></category>
		<category><![CDATA[effusion du Saint Esprit]]></category>
		<category><![CDATA[prière]]></category>
		<category><![CDATA[réveil morave]]></category>
		<category><![CDATA[Zinzendorf]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=18912</guid>
		<description><![CDATA[Un homme de prière Comme conséquence découlant de l&#8217;amour passionné qu&#8217;il avait pour Christ, Zinzendorf vécut une vie disciplinée dans la prière. &#160;&#187; Le comte Zinzendorf avait appris tôt dans sa vie le secret de la prière prééminente. Il avait été si actif dans ses efforts pour établir des cercles de prière qu&#8217;au moment de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Un homme de prière</p>
<p>Comme conséquence découlant de l&#8217;amour passionné qu&#8217;il avait pour Christ, Zinzendorf vécut une vie disciplinée dans la prière. &nbsp;&raquo; Le comte Zinzendorf avait appris tôt dans sa vie le secret de la prière prééminente. Il avait été si actif dans ses efforts pour établir des cercles de prière qu&#8217;au moment de quitter le collège de Halle à l&#8217;âge de 16 ans, il apporta au célèbre professeur Franke une liste de sept organisations de prière. </p>
<p>&nbsp;&raquo; Ce fut également le comte Zinzendorf qui fut utilisé pour encourager la prière en vue d&#8217;une fraîche effusion du Saint-Esprit, ce qui précéda le grand réveil morave. John Greenfield nous relate la prière constante qui suivit le réveil de 1727. &nbsp;&raquo; Y a-t-il jamais eu dans toute l&#8217;histoire de l&#8217;Eglise une si impressionnante réunion de prière telle que celle qui a commencé en 1727 et qui s&#8217;est prolongée pendant 100 ans?<br />
Cela était connu sous le nom &nbsp;&raquo; d&#8217;Intercession de chaque heure &laquo;&nbsp;. Et cela voulait dire que des frères et sœurs se relayaient pour que des prières sans interruption montassent vers Dieu pour tout le travail et tous les besoins de Son Eglise. &nbsp;&raquo;</p>
<p> Le meilleur antidote pour une Eglise sans puissance est l&#8217;influence d&#8217;un homme de prière. L&#8217;influence de la vie de prière du comte Zinzendorf ne se limita pas à une seule petite communauté. Elle s&#8217;exerça en définitive sur le monde entier.</p>
<p>http://sentinellenehemie.free.fr/index.html</p>
<hr />
<p><small>© Myriam Michoud for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/18912/zinzendorf-et-les-moraves-la-priere-faconne-lhistoire-par-david-smithers/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/18912/zinzendorf-et-les-moraves-la-priere-faconne-lhistoire-par-david-smithers/#comments">Un commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/18912/zinzendorf-et-les-moraves-la-priere-faconne-lhistoire-par-david-smithers/&title=Zinzendorf et les Moraves: La prière façonne l&#8217;Histoire, par David Smithers">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/amour-passionne/" rel="tag">amour passionné</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/effusion-du-saint-esprit/" rel="tag">effusion du Saint Esprit</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/priere/" rel="tag">prière</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/reveil-morave/" rel="tag">réveil morave</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/zinzendorf/" rel="tag">Zinzendorf</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/18912/zinzendorf-et-les-moraves-la-priere-faconne-lhistoire-par-david-smithers/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une vision de la perdition, par Amy Carmichael</title>
		<link>http://www.blogdei.com/12941/une-vision-de-la-perdition-par-amy-carmichael/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/12941/une-vision-de-la-perdition-par-amy-carmichael/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Mar 2012 22:39:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolas</dc:creator>
				<category><![CDATA[20e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[apostasie]]></category>
		<category><![CDATA[Etat du monde chrétien]]></category>
		<category><![CDATA[Mission et évangélisation]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[Prophétisme]]></category>
		<category><![CDATA[amy carmichael]]></category>
		<category><![CDATA[damnation]]></category>
		<category><![CDATA[inde]]></category>
		<category><![CDATA[mission]]></category>
		<category><![CDATA[vision de la perdition]]></category>
		<category><![CDATA[vision of the damned]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=12941</guid>
		<description><![CDATA[blogdei Ndlr: Amy Carmichael (1867-1951) fut missionnaire en Inde durant plusieurs décennies. Le récit de sa vie peut inspirer ceux qui cherchent leur vocation et se rendent compte qu&#8217;ils s&#8217;ennuient ferme dans les églises où l&#8217;on se contente d&#8217;enfiler des perles ou de tresser des couronnes de fleurs &#171;&#160;à la gloire de Dieu&#160;&#187;. L&#8217;aspect hédoniste [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>blogdei</p>
<p><img src="http://wjules.files.wordpress.com/2008/11/amy_carmichael_with_children21.jpg"></p>
<p><em>Ndlr: Amy Carmichael (1867-1951) fut missionnaire en Inde durant plusieurs décennies. Le <a href="http://sentinellenehemie.free.fr/bio_carmichael.htm">récit de sa vie</a> peut inspirer ceux qui cherchent leur vocation et se rendent compte qu&#8217;ils s&#8217;ennuient ferme dans les églises où l&#8217;on se contente d&#8217;enfiler des perles ou de tresser des couronnes de fleurs &laquo;&nbsp;à la gloire de Dieu&nbsp;&raquo;. L&#8217;aspect hédoniste de la &laquo;&nbsp;louange&nbsp;&raquo; actuelle, où le summum de l&#8217;engagement chrétien consiste à chanter des chansonnettes et des louangettes fait partie, à mon avis, de ces objectifs dévoyés où les moyens sont devenus un fin en soi. Le prophétisme actuel, centré lui aussi sur nos propres besoins, peut devenir un leurre supplémentaire s&#8217;il ne consiste à encourager la mise en action du don que chacun a reçu. Si nous avons reçu le baptême dans l&#8217;Esprit, notre équipement est suffisant pour monter à l&#8217;assaut de ce que Dieu a en réserve pour nous et bon nombre de nos soucis, de nos angoisses existentielles, se résoudront comme &laquo;&nbsp;par miracle&nbsp;&raquo; ! La vision ci-dessous, très classique du piétisme évangélique, devrait nous en convaincre, s&#8217;il était besoin, que Dieu nous veut en mouvement pour sauver les perdus plutôt qu&#8217;à perdre notre temps dans une religion stérile et égo-centrée.</em></p>
<p><span class="lettrine">L</span>e son des tams-tams avait duré toute la nuit, tandis que l&#8217;obscurité frissonnait autour de moi comme un être palpable et vivant. Incapable de trouver le sommeil, je restais couchée les yeux ouverts. C&#8217;est alors que j&#8217;eus la vision que voici: Je me trouvais dans une verte prairie, debout au bord d&#8217;un précipice sans fond.</p>
<p>Je me penchais mais ne vis en bas que des nuages noirs qui s&#8217;agitaient furieusement, de grands creux voilés d&#8217;ombre et des profondeurs insondables. Je reculais, saisie de vertige. Puis j&#8217;aperçus des silhouettes humaines qui s&#8217;avançaient dans le pré en file indienne. Elles se dirigeaient vers l&#8217;abîme. Une femme tenait un bébé dans ses bras, un petit enfant la suivait en s&#8217;agrippant à sa robe. Elle était maintenant tout au bord. Je remarquais alors qu&#8217;elle était aveugle. Au pas suivant, elle bascula dans le vide, et ses deux enfants avec elle. Quels cris déchirants ils poussèrent en tombant !</p>
<p>Puis je vis d&#8217;autres flots de gens venant de toutes les directions. Ils étaient tous aveugles, complètement aveugles. Tous marchaient droit vers l&#8217;abîme. On entendait des cris lorsqu&#8217;ils se sentaient soudain tomber, on voyait leurs bras s&#8217;agiter désespérément, tenter de se raccrocher, mais ne saisir que l&#8217;air. D&#8217;autres basculaient sans un mot et tombaient en silence. Je me demandais, dans une angoisse atroce, pourquoi il n&#8217;y avait personne pour les retenir avant qu&#8217;il ne soit trop tard. Je ne le pouvais pas moi-même: j&#8217;étais comme clouée au sol, et ne pouvais pas crier non plus. Malgré tous mes efforts, seul un murmure s&#8217;échappa de mes lèvres. Je vis ensuite qu&#8217;il y avait bien des sentinelles le long du bord. Mais elles étaient trop espacées: il restait entre elles de vastes intervalles non gardés, où les gens tombaient sans que personne les avertisse du danger.</p>
<p>Puis je vis un tableau idyllique: quelques personnes étaient groupées sous des arbres, tournant le dos à l&#8217;abîme. Ces gens étaient occupés à tresser des pâquerettes pour en faire des couronnes. Parfois, lorsqu&#8217;un cri plus perçant que les autres traversait le silence jusqu&#8217;à eux, ils étaient contrariés. Et si l&#8217;un d&#8217;eux se levait pour tenter d&#8217;apporter son aide, les autres le retenaient: &laquo;&nbsp;Pourquoi te tracasser ainsi? Attends d&#8217;avoir une vocation évidente. D&#8217;ailleurs, tu n&#8217;as pas terminé ta couronne de fleurs: ce serait égoïste de nous laisser finir seuls.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Un autre groupe était très désireux d&#8217;envoyer d&#8217;avantage de sentinelles, mais ne trouvait pas assez de volontaires, de sorte qu&#8217;il y avait souvent des espaces de plusieurs kilomètres entre deux gardiens. Une fille faisait du bon travail, retenait les gens et leur faisait faire demi-tour. Mais sa famille l&#8217;appela, lui disant que la date de son congé était venue et qu&#8217;elle devait respecter le règlement. Un enfant tomba dans le vide en criant. La jeune fille qui avait quitté son poste entendit faiblement ce cri; elle se leva d&#8217;un bond pour repartir. Mais ses proches la réprimandèrent, lui rappelant que personne n&#8217;est indispensable, l&#8217;assurant qu&#8217;il y avait sans doute eu quelqu&#8217;un pour prendre la relève.</p>
<p>Et ils entonnèrent un cantique. Puis le son du cantique fut couvert par un autre son, celui de la douleur d&#8217;un million de cœurs brisés exprimée en un unique sanglot. Alors l&#8217;horreur la plus noire m&#8217;oppressa, car je savais ce que c&#8217;était: le cri du sang. Une voix retentit comme le tonnerre. C&#8217;était celle du Seigneur qui disait: &laquo;&nbsp;Qu&#8217;as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie du sol jusqu&#8217;à Moi.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le battement des tam-tams n&#8217;avait pas cessé, les ténèbres continuaient à frissonner autour de moi; j&#8217;entendais les cris des danseurs païens, et juste derrière le portail le hurlement surnaturel de l&#8217;homme possédé du démon. Mais quelle importance, après tout? Cela dure ainsi depuis des siècles, cela peut continuer encore des siècles&#8230; Pourquoi se tracasser?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p>    Amy Carmichael was a missionary to India, and one night in a village in India she wrote these words. Listen carefully: “I could not go asleep. So I lay awake and looked; and I saw, as it seemed, this: that I stood on a grassy sward and at my feet a precipice broke sheer down into infinite space. Back I drew, dizzy at the depth. Then I saw people moving single file along the grass. They were making for the edge. There was a woman with a baby in her arms and another little child holding onto her dress. She was on the very verge. Then I saw that she was blind. She lifted her foot for the next step – it trod air. Oh, the cry as they went over!</p>
<p>    “Then I saw more streams of people from all parts. They were blind, stone-blind; all made straight for the precipice edge. There were shrieks as they suddenly knew themselves falling, and a tossing up of helpless arms, clutching at empty air. Then I saw that along the edge there were sentries set at intervals. But the intervals were far too great; they were wide, there were unguarded gaps between. And over these gaps the people fell in their blindness, quite unwarned, and the gulf yawned like the mouth of hell.</p>
<p>    “Then I saw, like a little picture of peace, a group of people under some trees, with their back to the gulf. They were making daisy-chains. There was another group. It was made up of people whose great desire was to get more sentries; but they found that very few wanted to go. Once a girl stood alone in her place, waving the people back; but her mother and other relatives called, and reminded her that her furlough was due. Being tired and needing a change she had to go and rest for a while; but no one was sent to guard her gap, and over and over the people fell, like a waterfall of souls.</p>
<p>    “Once a child caught a tuft of grass that grew on the very brink of the gulf; it clung convulsively and it called, but nobody seemed to hear. Then the roots of grass gave way, and with a cry the child went over. And the girl who longed to be back in the gap thought she heard the little one cry and she sprang up and wanted to go, at which they reproved her; and then sang a hymn. Then through the hymn the pain of a million broken hearts rung out in one full drop, one sob. It was the Cry of Blood”.</p>
<hr />
<p><small>© nicolas for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/12941/une-vision-de-la-perdition-par-amy-carmichael/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/12941/une-vision-de-la-perdition-par-amy-carmichael/#comments">3 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/12941/une-vision-de-la-perdition-par-amy-carmichael/&title=Une vision de la perdition, par Amy Carmichael">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/amy-carmichael/" rel="tag">amy carmichael</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/damnation/" rel="tag">damnation</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/inde/" rel="tag">inde</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/mission/" rel="tag">mission</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/vision-de-la-perdition/" rel="tag">vision de la perdition</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/vision-of-the-damned/" rel="tag">vision of the damned</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/12941/une-vision-de-la-perdition-par-amy-carmichael/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Frédéric Godet, le théologien rempli de Christ   (1812-1900)</title>
		<link>http://www.blogdei.com/18690/frederic-godet-le-theologien-rempli-de-christ-1812-1900/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/18690/frederic-godet-le-theologien-rempli-de-christ-1812-1900/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 08:27:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Michoud</dc:creator>
				<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages divers]]></category>
		<category><![CDATA[coeurs]]></category>
		<category><![CDATA[connaissance de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[érudition théologique]]></category>
		<category><![CDATA[Esprit de Christ]]></category>
		<category><![CDATA[esprit de sagesse]]></category>
		<category><![CDATA[expériences spirituelles]]></category>
		<category><![CDATA[fanatisme]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Godet]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[libéralisme protestant]]></category>
		<category><![CDATA[prière]]></category>
		<category><![CDATA[révélation]]></category>
		<category><![CDATA[sagesse]]></category>
		<category><![CDATA[Saintes Ecritures]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=18690</guid>
		<description><![CDATA[Frédéric Godet LE THEOLOGIEN REMPLI DE CHRIST (1812-1900) par Claude Royère et ERM Deux tendances néfastes ont souvent heurté l&#8217;Eglise de front : la première est celle qui consiste à mettre sur un piédestal la science et l&#8217;érudition théologique lesquelles, à la longue, n&#8217;étant pas imbibées du Souffle divin de vie, deviennent connaissance stérile et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Frédéric Godet<br />
LE THEOLOGIEN REMPLI DE CHRIST (1812-1900)<br />
par Claude Royère et ERM</p>
<p>Deux tendances néfastes ont souvent heurté l&#8217;Eglise de front : la première est celle qui consiste à mettre sur un piédestal la science et l&#8217;érudition théologique lesquelles, à la longue, n&#8217;étant pas imbibées du Souffle divin de vie, deviennent connaissance stérile et lettre morte; la deuxième, à l&#8217;inverse, est de déprécier l&#8217;intelligence et toute étude théologique, au profit des expériences spirituelles qui, à défaut d&#8217;être maintenues sous la tutelle de la Parole prophétique sûre, la Parole de Dieu, finissent par s&#8217;échouer sur les sables mouvants du fanatisme et de l&#8217;illuminisme. Frédéric Godet, commentateur et exégète biblique d&#8217;une rare profondeur spirituelle, incarne parfaitement le ministère de docteur rempli de sagesse et de l&#8217;Esprit de Christ, accordé à l&#8217;Eglise en vue de son perfectionnement. Lorsque la prière s&#8217;empare de l&#8217;âme d&#8217;un théologien, sa théologie devient l&#8217;expression la plus haute et la plus vive de la lumière de la révélation projetée sur le Livre saint. Notre heure critique où la doctrine de Christ et la saine doctrine apostolique sont menacées par le libéralisme et le modernisme rampants, ou battues en brèche par d&#8217;étranges personnages se vantant d&#8217;avoir atteint de hautes sphères spirituelles, exige des hommes de la carrure de Frédéric Godet, qui sachent, par la puissance et la précision de leurs écrits, ramener les esprits à l&#8217;autorité des Saintes Ecritures et à la beauté de Christ ressuscité. Puissent nos écoles de théologie former de futurs serviteurs suivant l&#8217;exemple de Frédéric Godet !</p>
<p>Né et mort dans le canton de Neuchâtel, Frédéric Godet est une haute figure du protestantisme suisse ; ses commentaires bibliques, traduits dans les principales langues, sont universellement signalés pour leur profondeur, leur originalité et leur rigueur ; mais peut-être faudrait-il dire avec plus de justesse qu&#8217;ils se distinguent par leur luminosité. Car Frédéric Godet n&#8217;est pas un commentateur ordinaire.</p>
<p>Le lecteur sérieux remarquera vite en effet chez lui un don spécial : celui de dissiper par une lumière intense qu&#8217;il projette sur le texte, les ombres des fausses idées que nous traînions depuis longtemps sur tel ou tel passage biblique.</p>
<p>Dans cet instant privilégié nous comprenons que ce qui avait tordu notre perception du texte n&#8217;était pas tant sa difficulté que notre manque de droiture d&#8217;esprit. Il faut l&#8217;avouer, les exégètes de la Bible font rarement de l&#8217;honnêteté intellectuelle une de leurs exigences, sans doute à cause du côté passionnel du sujet. C&#8217;est ainsi que lorsque l&#8217;un d&#8217;entre eux la possède, il se détache nettement des autres. En ce sens l&#8217;originalité de Godet se rapproche de celle de C.S.Lewis, autre écrivain à qui tous les chrétiens évangéliques accordent une place à part. L&#8217;analyse de la singularité de ces deux écrivains montrera qu&#8217;on ne trouve pas chez eux de traces de cette bigoterie, qui en véritable antithèse de l&#8217;honnêteté d&#8217;esprit, fausse si souvent le jugement des auteurs les mieux intentionnés.</p>
<p>Cependant une capacité d&#8217;analyse hors pair ne pourrait à elle seule rendre compte de l&#8217;œuvre de Godet ; il possède aussi à un haut degré l&#8217;intuition, vertu magique, proche du pouvoir créateur, qui à partir d&#8217;indices infimes trouve la clef de l&#8217;énigme, soulève le voile et fait resplendir la vérité. Qu&#8217;on lise par exemple son Etude sur le Cantique des cantiques et qu&#8217;on juge ensuite si ces éloges sont justifiés. Nous ne savons pas que Godet ait jamais été réfuté sur l&#8217;interprétation de ce livre. Sa clairvoyance s&#8217;affirme encore dans un autre mystère millénaire : l&#8217;Apocalypse. Avec la création de l&#8217;état d&#8217;Israël, un demi-siècle après sa mort, l&#8217;avenir a confirmé la justesse de ses vues, et nous pensons qu&#8217;il continuera à le faire, au rebours des idées reçues.</p>
<p>L&#8217;intuition jointe à l&#8217;analyse ne serait pas encore une formule suffisante pour résumer Godet : il est avant tout un chrétien fasciné par la personne du Sauveur. C&#8217;est le mystère du Fils de l&#8217;homme, du Fils de Dieu, qu&#8217;il a essayé de sonder en commentant les Ecritures. Le fruit de son travail il l&#8217;a résumé dans deux études, l&#8217;une sur la personne de Jésus-Christ, l&#8217;autre sur l&#8217;œuvre de Jésus-Christ ; aucun chrétien ne pourra les lire sans que sa figure intérieure de Jésus-Christ ne brille d&#8217;un éclat nouveau. L&#8217;admiration de Jésus-Christ, voilà le secret de Godet, voilà la marque si reconnaissable qu&#8217;il a laissée sur chacun de ses écrits. Paraphrasant un mot d&#8217;Hector Berlioz on pourrait dire :</p>
<p>Godet c&#8217;est Godet, comme Bach c&#8217;est Bach&#8230;</p>
<p>Car en dépit du sens que Berlioz donnait à sa boutade, Bach ne s&#8217;explique pas sans Dieu, Godet non plus.</p>
<p>Quelques dates sommaires de son ministère :</p>
<p>1838, précepteur du prince royal de Prusse, Frédéric-Guillaume.<br />
1844, de retour en Suisse, pasteur au Val-de-Ruz<br />
1851, élu pasteur de Neuchâtel<br />
1868, il quitte le pastorat pour se consacrer à son enseignement en faculté de théologie<br />
1873, fondation de l&#8217;Eglise Indépendante de Neuchâtel, suite à la votation d&#8217;une loi tendant à placer l&#8217;Eglise sous le contrôle du pouvoir politique<br />
1887, il se retire de son poste de professeur, au profit de son fils Georges, et consacre les dernières années de sa vie à la révision de ses commentaires<br />
Frédéric Godet restera surtout connu dans l&#8217;histoire du protestantisme comme le champion de l&#8217;orthodoxie évangélique face à la haute critique allemande, qui prétendait démythifier la Bible, en la vidant de ses miracles, et en lui ôtant toute crédibilité historique.</p>
<p>Après un tel panégyrique, on s&#8217;attendrait à ce que cet écrivain soit lu et médité de tous les pasteurs français, qui ont souvent du mal à trouver de bons ouvrages écrits dans leur propre langue : il n&#8217;en est rien ; l&#8217;absence de réédition de ses commentaires le montre. C&#8217;est là un fait qui s&#8217;explique sans peine, sinon sans tristesse : Godet n&#8217;est pas aimé des protestants qui le trouvent trop évangélique, et il n&#8217;est pas aimé des évangéliques qui le trouvent trop protestant. En termes plus explicites, les protestants libéraux tiennent à se démarquer d&#8217;un auteur qui affirme sans concession la véracité de la Bible dans ses récits miraculeux ou historiques ; quant aux évangéliques, ils ne supportent guère la candeur intellectuelle, dont nous parlions au début, lorsque celle-ci s&#8217;oppose à leurs interprétations traditionnelles des textes ; l&#8217;érudition et l&#8217;intelligence de Godet s&#8217;accordent mal avec leur conception de la piété. En fait, Godet avait déjà eu de son temps à combattre cette même double opposition : le libéralisme protestant qui vise à ruiner l&#8217;autorité divine des Ecritures, mais également un piétisme étroit, incapable de nuances, et qui a depuis si profondément affecté le monde évangélique.</p>
<p>Enfin il faut le dire, l&#8217;exégèse n&#8217;intéresse plus aujourd&#8217;hui les pasteurs ; la communication, le leadership, la psychologie&#8230;, voilà la nouvelle manne, le pain béni des formateurs de futurs ministres du culte. Quoiqu&#8217;il en soit, aussi loin le balancier a été dévié dans un sens, avec d&#8217;autant plus de force il revient. L&#8217;interprétation de la Parole restera toujours l&#8217;aliment fondamental de l&#8217;Eglise et la gloire des serviteurs qui en ont la charge..</p>
<p>Les œuvres de Frédéric Godet ne se démoderont pas car elle tirent leur substance du Livre divin. Il se trouvera toujours quelque chrétien pour les exhumer, et rendre ainsi à l&#8217;Eglise un de ses trésors les plus précieux.</p>
<p>D&#8217;où lui venaient une telle lumière, une telle perspective célestes ? De quelle source puisait-il ses riches commentaires bibliques donnant un si profond relief aux vérités de la Parole de Dieu, y compris les mystères de l&#8217;accomplissement eschatologique ? C&#8217;est Frédéric Godet lui-même qui rendra raison à l&#8217;éminent Sundar Singh qui déclarait :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je ne condamne pas la science théologique, ni tous les théologiens dont plusieurs sont des saints. Je ne suis pas opposé aux études, mais celles-ci sans la vie obscurcissent la vision spirituelle. Une théologie sans prière est une fontaine sans eau. J&#8217;ai appris bien des choses utiles dans mes études, mais l&#8217;enseignement de l&#8217;Esprit je l&#8217;ai reçu aux pieds du Maître.&nbsp;&raquo;</p>
<p>En effet, la fraîcheur et la profondeur qui se dégagent des oeuvres de Frédéric sont, de son propre aveu, le résultat d&#8217;une incessante et proche communion dans la prière avec son Seigneur et Sauveur :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mes chers frères, il est des connaissances pour l’acquisition desquelles la prière n’est nullement indispensable ! Vous pouvez devenir habile chimiste, fort mathématicien, historien érudit, sans avoir ployé le genou. Mais il n’en est pas ainsi de la connaissance de Dieu. Dieu n’est pas une chose que l’on puisse manier, retourner, observer, disséquer, analyser, étudier à volonté, comme une pierre ou un livre. Dieu, comme tout être vivant, plus que tout autre être vivant, car il habite, lui, une lumière inaccessible, n’est connu qu’autant qu’il veut bien se donner à connaître. Et il ne se donne à connaître qu’à celui qui consent à se recueillir pour le contempler et l’écouter. C’est alors seulement que se déchire pour nous le voile de la chair, bien plus épais encore chez nous, chez qui il est comme doublé de celui du péché, que chez Christ, et que la lumière divine descend dans notre âme.</p>
<p>La Parole de Dieu elle-même ne peut remplacer cette révélation intérieure. Saint Paul disait aux Ephésiens, au moment même où il leur exposait par écrit le plan de Dieu : Je prie le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, d’éclairer les yeux de votre cœur, de vous donner l’esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance. Sans cette illumination intérieure, fruit de la prière, l’apôtre sait que la Parole de Dieu elle-même restera pour eux obscure, inintelligible, semblable à un pays enveloppé de brouillards. Mais quand la lumière d’En-haut est accordée à l’homme, ce saint livre ressemble à une contrée sur laquelle vient à tomber un brillant rayon de soleil.</p>
<p>[...] Il est bien des domaines où, pour travailler avec succès, il n’est point nécessaire de prier. On peut fabriquer, spéculer, administrer sans avoir recours à la force d’En-haut. Mais l’œuvre à laquelle vous vous consacrez, vous, mes jeunes frères, ne se fait par aucune force naturelle. Faire passer des âmes de la mort à la vie est une opération dont Dieu s’est réservé le monopole. Pour que vous réussissiez à l’accomplir, il faut que Dieu lui-même s’associe à vous et vous prête sa force. Un sermon pour lequel vous avez beaucoup prié, fût-il médiocre pour les idées et pour le style, portera coup dans les cœurs. Il ressemblera à une épée peu précieuse, mais dont la lame est bien aiguisée.</p>
<p>[...] Vous n’êtes pas seulement appelés à être des hommes de science religieuse. Vous êtes surtout des hommes d’action. Au service de Christ, toute connaissance tourne à l’action. Vous le voyez chez Christ lui-même.&nbsp;&raquo; </p>
<p>http://sentinellenehemie.free.fr/index.html</p>
<hr />
<p><small>© Myriam Michoud for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/18690/frederic-godet-le-theologien-rempli-de-christ-1812-1900/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/18690/frederic-godet-le-theologien-rempli-de-christ-1812-1900/#comments">Un commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/18690/frederic-godet-le-theologien-rempli-de-christ-1812-1900/&title=Frédéric Godet, le théologien rempli de Christ   (1812-1900)">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/coeurs/" rel="tag">coeurs</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/connaissance-de-dieu/" rel="tag">connaissance de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/erudition-theologique/" rel="tag">érudition théologique</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/esprit-de-christ/" rel="tag">Esprit de Christ</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/esprit-de-sagesse/" rel="tag">esprit de sagesse</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/experiences-spirituelles/" rel="tag">expériences spirituelles</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/fanatisme/" rel="tag">fanatisme</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/frederic-godet/" rel="tag">Frédéric Godet</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/intelligence/" rel="tag">intelligence</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/liberalisme-protestant/" rel="tag">libéralisme protestant</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/priere/" rel="tag">prière</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/revelation/" rel="tag">révélation</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/sagesse/" rel="tag">sagesse</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/saintes-ecritures/" rel="tag">Saintes Ecritures</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/science/" rel="tag">science</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/18690/frederic-godet-le-theologien-rempli-de-christ-1812-1900/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Philip Jacob Spener: un prophète du 17ème siècle</title>
		<link>http://www.blogdei.com/18680/philip-jacob-spener-un-prophete-du-17eme-siecle/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/18680/philip-jacob-spener-un-prophete-du-17eme-siecle/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Mar 2012 10:02:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[17e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme pratique]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement prophétiqu]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[Prophétisme]]></category>
		<category><![CDATA[17ème siècle]]></category>
		<category><![CDATA[église de maison]]></category>
		<category><![CDATA[Francke]]></category>
		<category><![CDATA[George Muller]]></category>
		<category><![CDATA[Philip Jacob Spener]]></category>
		<category><![CDATA[Piétistes]]></category>
		<category><![CDATA[revivalistes]]></category>
		<category><![CDATA[Zinzendorf]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=18680</guid>
		<description><![CDATA[sentinellenehemie.free.fr Dans chaque génération, Dieu a eu un reste qui s&#8217;est efforcé de rétablir le vrai christianisme selon le modèle apostolique. L&#8217;Allemagne du 17ème siècle fut justement la terre d’accueil de tels gens connus sous le nom des Piétistes. Les Piétistes languissaient et priaient pour voir l’Eglise rétablie dans sa pureté et sa puissance originelles. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>sentinellenehemie.free.fr</p>
<p><img alt="" src="http://sentinellenehemie.free.fr/philipspener_id.jpg" title="spener" class="alignleft" width="159" height="201" /></p>
<p><strong><em>Dans chaque génération, Dieu a eu un reste qui s&#8217;est efforcé de rétablir le vrai christianisme selon le modèle apostolique. L&#8217;Allemagne du 17ème siècle fut justement la terre d’accueil de tels gens connus sous le nom des Piétistes. Les Piétistes languissaient et priaient pour voir l’Eglise rétablie dans sa pureté et sa puissance originelles.</em> </strong></p>
<p>Le ministère de Philip Jacob Spener représente une voix prophétique matérialisant la vision et les rêves de ces fervents chrétiens. Spener, que l’on considère comme le père du piétisme, fut un homme tant de vision que de direction pratique. Il y a plus de 300 ans en arrière, Spener avait une bonne compréhension des besoins des églises et de la façon d’y remédier.<em> Les concepts que l&#8217;on considère aujourd&#8217;hui nouveaux et innovateurs dans beaucoup de cercles chrétiens furent déployés il y a bien longtemps par le vieux prophète allemand.</em></p>
<p>Philip Jacob Spener, comme la plupart des piétistes du 17ème siècle, était un Luthérien. Spener était devenu profondément préoccupé par le fait que les enseignements de Luther avaient produit une Eglise à demi reformée seulement. L&#8217;Allemagne était remplie de chrétiens professants qui avaient été instruits dans la théologie académique du salut par la foi, mais qui manquaient pourtant des saints fruits de la foi. Spener s’aperçut que plusieurs étaient dépourvus de toute trace de crainte mêlée d’amour et de dévotion pour le Seigneur Jésus.<em> Un esprit de présomption était entré dans l’Eglise, amenant plusieurs à considérer la grâce de Dieu comme allant de soi.</em></p>
<p>En 1670, Spener commença à rassembler des petits groupes de croyants qui, comme lui, n’étaient pas satisfaits d&#8217;une religion sans vie. Ils se réunirent dans le but d&#8217;étudier la Bible, de prier et de se prendre soin les uns des autres. &laquo;&nbsp;En peu de temps, ces réunions furent organisées partout dans la ville. Les personnes ayant le même souci d&#8217;édification spirituelle s’empressèrent ensemble de former des cellules qui promouvaient la piété chrétienne et une dévotion sérieuse.&nbsp;&raquo; Spener ne considérait pas ces réunions comme une nouvelle église, mais comme une extension de la Réforme dans les églises de la Réforme. Ils encouragèrent la formation &laquo;&nbsp;des groupes de cellule,&nbsp;&raquo; c&#8217;est-à-dire de petites églises dans l’Eglise. &laquo;&nbsp;Le piétistes du Pays-Bas furent les premiers à utiliser le terme de `huis Kerk&#8217; ou église de maison pour désigner leurs réunions de renouveau.&nbsp;&raquo; Dans ces réunions, Spener trouva le moyen d’exprimer les fardeaux de son cœur. Avec une grande ardeur , il prêcha la repentance, proclamant l&#8217;apostasie de l’Epouse de Christ par l’abandon de son premier amour. &laquo;&nbsp;De façon cohérente, il annonçait un message qui soulignait le commandement biblique d’avoir un caractère saint et une vie sainte.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Spener était aussi un hardi défenseur de la doctrine luthérienne du sacerdoce des croyants. Les piétistes estimaient que l&#8217;on n&#8217;avait pas donné suffisamment aux laïcs dans l&#8217;Église l’occasion de s’impliquer dans la vie d’Eglise. Lors des réunions dans les maisons, tous les croyants eurent la possibilité d&#8217;exprimer leur cœur et de poser des questions. Spener apprit que &laquo;&nbsp;les croyants ne sont pas passifs dans les questions spirituelles, mais ont la responsabilité de s’édifier dans la foi.&nbsp;&raquo; Suite aux efforts de réveil de Spener, il fut sévèrement diffamé et persécuté. Il fut littéralement transporté à travers l&#8217;Allemagne. Alors que Spener s’échappait de ville en ville, de nouvelles églises de maison dans la ville apparurent brusquement, ranimant l’Eglise Luthérienne sèche et formelle.</p>
<p><em>Sans aucun doute,<strong> Philip Jacob Spener</strong> est un des grands revivalistes de l&#8217;Église, quoiqu&#8217;oublié. Bien qu&#8217;oublié, Spener nous a touchés à travers ceux-là même qu’il avait personnellement influencés. Ce fut le disciple de Spener, <strong>Francke</strong>, qui inspira le célèbre <strong>George Muller</strong> à pourvoir aux besoins des orphelins par la foi simple et la prière. Spener eut aussi un impact sur le jeune <strong>comte Zinzendorf</strong> avec son puissant enseignement et sa vision d&#8217;une Église Apostolique restaurée. Le comte Zinzendorf à son tour fut à la tête du grand effort missionnaire de la la Mission Morave d’évangélisation du monde. <strong>John et Charles Wesley </strong>comptaient parmi ceux qui furent gagnés à Christ par les Moraves. Le ministère de Spener impacta vraiment le monde dans lequel nous vivons.</em></p>
<p>Le but de tous les efforts de Spener était que l&#8217;Église de son temps reflète la première communauté Chrétienne Apostolique. Qui parmi nous désire suivre l&#8217;exemple de Spener dans sa recherche de restauration d’une telle Église ? Désirons-nous nous dévêtir de nos traditions humaines complaisantes et de nos voies à moitié reformées ? Un tel empressement nous coûtera beaucoup plus que ce que nous comprenons, cependant à la fin il nous laissera avec moins de regrets. </p>
<p>source: <a href="http://towel.mysitehosted.com/~awakeand//index.php?option=com_content&#038;task=view&#038;id=3&#038;Itemid=4">watchword.org</a></p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/18680/philip-jacob-spener-un-prophete-du-17eme-siecle/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/18680/philip-jacob-spener-un-prophete-du-17eme-siecle/#comments">3 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/18680/philip-jacob-spener-un-prophete-du-17eme-siecle/&title=Philip Jacob Spener: un prophète du 17ème siècle">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/17eme-siecle/" rel="tag">17ème siècle</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/eglise-de-maison/" rel="tag">église de maison</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/francke/" rel="tag">Francke</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/george-muller/" rel="tag">George Muller</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/philip-jacob-spener/" rel="tag">Philip Jacob Spener</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/pietistes/" rel="tag">Piétistes</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/revivalistes/" rel="tag">revivalistes</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/zinzendorf/" rel="tag">Zinzendorf</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/18680/philip-jacob-spener-un-prophete-du-17eme-siecle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un grand prédicateur calviniste: Jonathan Edwards</title>
		<link>http://www.blogdei.com/17580/un-grand-predicateur-calviniste-jonathan-edwards/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/17580/un-grand-predicateur-calviniste-jonathan-edwards/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 14:21:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Michoud</dc:creator>
				<category><![CDATA[18e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Mission et évangélisation]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages divers]]></category>
		<category><![CDATA[calvin]]></category>
		<category><![CDATA[Jonathan Edwards]]></category>
		<category><![CDATA[la Cène]]></category>
		<category><![CDATA[la grâce]]></category>
		<category><![CDATA[le Grand Réveil]]></category>
		<category><![CDATA[ouvrages théologiques]]></category>
		<category><![CDATA[revivaliste]]></category>
		<category><![CDATA[Whitefield]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=17580</guid>
		<description><![CDATA[Paul Ranc Qui connaît Jonathan Edwards? Peu, de nos jours. Et pourtant, lors d&#8217;un sondage d&#8217;opinion publique effectué en&#8230; 1900, seul Georges Washington, le premier président des Etats-Unis, remporte le plus de suffrages devant le pasteur Jonathan Edwards! Mais qui est cet homme, contemporain de Whitefield, très connu outre-atlantique et pratiquement inconnu dans nos pays [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Paul Ranc</p>
<p>Qui connaît Jonathan Edwards? Peu, de nos jours. Et pourtant, lors d&#8217;un sondage d&#8217;opinion publique effectué en&#8230; 1900, seul Georges Washington, le premier président des Etats-Unis, remporte le plus de suffrages devant le pasteur Jonathan Edwards! Mais qui est cet homme, contemporain de Whitefield, très connu outre-atlantique et pratiquement inconnu dans nos pays francophones d&#8217;Europe? D&#8217;autant plus étonnant que les superlatifs qui lui sont attribués sont énormes. Jugez plutôt: «le plus grand revivaliste de l&#8217;Amérique», «le plus brillant interprète de Calvin» ou encore «le porte-parole du peuple de Dieu en Amérique»!</p>
<p>Une conversion en trois semaines</p>
<p>Jonathan Edwards est né en 1703 dans le village d&#8217;East Windsor, dans le Connecticut. Fils et petit-fils de pasteur, seul garçon d&#8217;une famille de onze, il a toujours manifesté une piété personnelle. Lorsqu&#8217;il était enfant, il aimait construire des cabanes au milieu des champs afin de pouvoir s&#8217;y retirer et prier. A l&#8217;âge de treize ans, il partit faire des études à Yale. Par la suite il étudia la théologie. Le souvenir que laissa Edwards fut celui d&#8217;un étudiant «sobre, renfermé, austère et rigide»&#8230;</p>
<p>Après avoir terminé ses études de théologie, il fut invité en 1722 par une petite église presbytérienne de New-York. C&#8217;est là qu&#8217;il se convertit: Selon ses biographes, sa conversion dura trois semaines! Trois semaines de luttes et de combats qui l&#8217;amenèrent à une profonde transformation spirituelle. Sa piété connut une nouvelle ferveur et ce fut pour lui le point de départ d&#8217;un ministère fructueux.</p>
<p>Jonathan Edwards quitte New-York en 1723 et devient répétiteur à Yale. Il tombe sérieusement malade et il s&#8217;en remettra difficilement. Puis il exercera une suffragance dans le village de Bolton. Enfin, en 1727, il se fixe à Northampton où il devient le pasteur de l&#8217;église presbytérienne. C&#8217;est là qu&#8217;Edwards épousera Miss Sarah Pierrepoint, «une jeune dame animée par ce Grand Etre qui a fait le monde et le gouverne». Les Edwards y vivront un mariage heureux et auront onze enfants.</p>
<p>Le «Grand Réveil»</p>
<p>Au moment de l&#8217;installation du pasteur Edwards, la situation religieuse de la Nouvelle Angleterre était catastrophique. Le puritanisme était froid. Par ailleurs, c&#8217;était le relâchement religieux et Edwards en souffrait beaucoup. Il cherchait vainement un remède capable de réveiller ses paroissiens&#8230;</p>
<p>Jonathan Edwards pria alors pour le Réveil. Il s&#8217;imposa une vie sévère et stricte: lever à quatre heures (cinq heures en hiver) et treize heures par jour dans son bureau pour méditer la parole de Dieu et pour prier! Ce qui ne l&#8217;empêchait pas de faire des visites et de s&#8217;occuper de sa famille. Le résultat ne se fit pas attendre&#8230;</p>
<p>Le pasteur de Northampton comprit progressivement que le danger venait de la confusion qu&#8217;il y avait entre l&#8217;Eglise et le monde. L&#8217;Eglise, en perdant contact avec les réalités spirituelles, devient amorphe et insensible aux appels de Dieu. Le libéralisme doctrinal et le relâchement des moeurs en sont les premières conséquences.</p>
<p>En 1734-35, sa paroisse fut touchée par le «Great Awakening». Edwards, saisi par le Réveil, donna alors des sermons qui déclenchèrent toute une série de conversions. La «moisson des âmes» était telle que le village de Northampton devint «une cité sur la montagne». Le message d&#8217;Edwards était centré sur deux points: la corruption totale de l&#8217;homme et la grâce souveraine de Dieu. Ce qui était extraordinaire, c&#8217;est qu&#8217;Edwards n&#8217;était pas un prédicateur doué de dons vocaux (comme ce fut le cas pour Whitefield), mais sa voix était faible et parfois à peine audible. Ce qui n&#8217;empêcha pas ses auditeurs d&#8217;être saisis par une profonde conviction de péché, et parfois de crainte et de tremblements&#8230;</p>
<p>En 1741, c&#8217;est l&#8217;embrasement du «Grand Réveil». Toute la Nouvelle Angleterre est enflammée par le feu du Réveil. La venue de George Whitefield va accentuer la flamme et cela va se traduire par un très important mouvement de conversions. De l&#8217;avis des historiens, le «Grand Réveil» &#8211; qui durera jusqu&#8217;à 1760 &#8211; a profondément bouleversé le paysage religieux de la Nouvelle Angleterre, et même des Etats-Unis.</p>
<p>Le problème de la Cène</p>
<p>La discipline religieuse était stricte, pour lui comme pour les autres. Cela l&#8217;amena à une profonde réflexion théologique qui dura vingt ans. Il étudia en particulier la doctrine de la Sainte-Cène. Il se posa ainsi la question: «Faut-il donner la Cène à tous, convertis et inconvertis» ? Edwards arriva à la conclusion que seuls les régénérés pouvaient prendre le pain et le vin. Ce virage de sa pensée a été le commencement de ses ennuis.</p>
<p>Jonathan Edwards ne donnait plus la Cène à ceux dont la conversion était douteuse et il s&#8217;attira de solides inimitiés. Il tint bon et il poussa même à aller scruter la vie personnelle de ses paroissiens! Bien entendu, cela déclencha un tollé, mais le réveil ne s&#8217;éteignit pas pour autant.</p>
<p>Ces mesures furent peu prisées par un certain nombre de paroissiens. Après une longue crise, Edwards se résolut à donner sa démission, bien qu&#8217;il eût encore huit enfants à charge.., Il vécut alors dans un état de grande pauvreté à Stockbridge. Sa femme et ses filles furent obligées de confectionner des éventails en papier pour les vendre. Malgré cela, Edwards continua son activité d&#8217;évangélisation parmi les Indiens. Cependant, l&#8217;activité principale d&#8217;Edwards fut la rédaction d&#8217;ouvrages théologiques de grande valeur (1). Il publia entre autres un traité dans lequel il développa ses vues sur la discipline dans l&#8217;Eglise. Incroyable, mais vrai: quelques années après, ce traité fut accepté dans la plupart des églises réformées américaines.</p>
<p>A la fin de l&#8217;année 1757, il fut nommé président d&#8217;un collège. Il mourut peu après, le 22 mars 1758, emporté par la petite vérole. Sa femme Sarah, qui avait été admirable de courage et d&#8217;abnégation, ne lui survivra que quelques mois.</p>
<p>Le message de Jonathan Edwards</p>
<p>Il est impossible de décrire ici la pensée de Jonathan Edwards. Son oeuvre est immense et sa théologie renferme des trésors inestimables (2). Soulignons cependant qu&#8217;il a été, comme Whitefield, le proclamateur de la grâce. Toutes ses prédications et ses livres portent la trace indélébile de la grâce de Dieu. Le salut est pure grâce et il est l&#8217;oeuvre du Dieu souverain. En d&#8217;autres termes, cela signifie qu&#8217;Edwards croit en la corruption totale de l&#8217;homme. Le revivaliste américain va loin: il dit que la chute n&#8217;est pas une «blessure locale», mais un cataclysme! Tout est corrompu chez l&#8217;homme, même sa volonté et son intelligence. Edwards met donc en évidence deux points: La souveraineté absolue de Dieu et la dépravation totale de l&#8217;homme. Ainsi, Jonathan Edwards se situe dans la lignée de Calvin.</p>
<p>Dieu d&#8217;abord</p>
<p>Jonathan Edwards a été tout au long de sa vie le type même du pasteur de réveil. Il a été celui qui a prêché l&#8217;équilibre entre la foi du coeur et la raison. Pour lui, le but de la vie chrétienne, c&#8217;est de connaître Dieu avec son coeur comme avec son intelligence renouvelés par l&#8217;Esprit. En découvrant Dieu et sa volonté, l&#8217;homme régénéré manifeste la «vertu parfaite» et glorifie ainsi son Créateur.</p>
<p>Edwards a été un instrument du «Grand Réveil» américain, mais il a payé le prix de sa fidélité à Dieu. Parce qu&#8217;il a mis Dieu à la première place, et en particulier à cause de ses positions évangéliques sur la Cène, il a connu des années d&#8217;épreuves et de dénuement.</p>
<p>Quelle leçon pour nous? Nous désirons un Réveil? C&#8217;est bien. Mais sommes-nous vraiment prêts à en payer le prix? Edwards, Whitefield et bien d&#8217;autres l&#8217;ont fait. Et nous, sommes- nous prêts à suivre leur exemple?</p>
<p>Notes<br />
(1) Parmi les titres, citons: L&#8217;investigation sur le libre arbitre, La défense de la grande doctrine chrétienne du péché originel et surtout L&#8217;histoire de l&#8217;oeuvre de la Rédemption.<br />
(2) A l&#8217;attention de ceux qui lisent l&#8217;anglais, nous signalons que la plupart des ouvrages de Jonathan Edwards sont constamment réédités. A quand une édition française ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>http://www.promesses.org/index.php</p>
<p>Sommaire du n° 101 jul &#8211; sept 1992</p>
<div><span style="font-size: 11px; line-height: normal;"><br />
</span></div>
<hr />
<p><small>© Myriam Michoud for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2012. |
<a href="http://www.blogdei.com/17580/un-grand-predicateur-calviniste-jonathan-edwards/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/17580/un-grand-predicateur-calviniste-jonathan-edwards/#comments">4 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/17580/un-grand-predicateur-calviniste-jonathan-edwards/&title=Un grand prédicateur calviniste: Jonathan Edwards">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/calvin/" rel="tag">calvin</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/jonathan-edwards/" rel="tag">Jonathan Edwards</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-cene/" rel="tag">la Cène</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-grace/" rel="tag">la grâce</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/le-grand-reveil/" rel="tag">le Grand Réveil</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/ouvrages-theologiques/" rel="tag">ouvrages théologiques</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/revivaliste/" rel="tag">revivaliste</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/whitefield/" rel="tag">Whitefield</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/17580/un-grand-predicateur-calviniste-jonathan-edwards/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le voyage du pélerin, par John Bunyan</title>
		<link>http://www.blogdei.com/17201/le-voyage-du-pelerin-par-john-bunyan/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/17201/le-voyage-du-pelerin-par-john-bunyan/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 21:24:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[17e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme pratique]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[séduction et discernement]]></category>
		<category><![CDATA[allégories]]></category>
		<category><![CDATA[John Bunyan]]></category>
		<category><![CDATA[la grâce de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[le coeur de l'homme]]></category>
		<category><![CDATA[voyage du pélerin]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=17201</guid>
		<description><![CDATA[Ch XVIII: Marques auxquelles on reconnaît l&#8217;oeuvre de la grâce divine dans une âme. Là-dessus le Fidèle rejoignit le Chrétien de paroles et lui dit: Comment allez-vous maintenant? Comment vous trouvez-vous? Le Chrétien de paroles: Je ne vais pas mal, mais je croyais que nous allions avoir plusieurs entretiens ensemble? Le Fidèle: Si vous l&#8217;agréez, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p><strong>Ch XVIII: Marques auxquelles on reconnaît l&#8217;oeuvre de la grâce divine dans une âme. </strong></p>
<p><img alt="" src="http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQS-l7JHw6NXOftfvLitjzjfzKUgCQrKlfJV3jyVhmc7NWcFUSw6A" title="pélerinage" class="alignleft" width="275" height="183" /></p>
<p>Là-dessus le Fidèle rejoignit le Chrétien de paroles et lui dit:  Comment allez-vous maintenant? Comment vous trouvez-vous?</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles:</strong>  Je ne vais pas mal, mais je croyais que nous allions avoir plusieurs entretiens ensemble?</p>
<p><strong>Le Fidèle: </strong> Si vous l&#8217;agréez, je le veux bien. Et puisque vous m&#8217;avez laissé le choix du sujet de notre entretien, examinons, je vous prier, cette question: Comment l&#8217;oeuvre de la grâce se manifeste-t-elle dans le coeur de l&#8217;homme?<br />
<strong>Le Chrétien de paroles:</strong> Je comprends que nos discours doivent rouler maintenant sur l&#8217;efficace de la grâce. C&#8217;est là un excellent sujet, et je consens volontiers à en faire la matière de notre conversation. Pour cet effet, je vais le traiter en peu de mots. Premièrement, lorsque la grâce de Dieu se déploie dans le coeur, elle fait que l&#8217;homme déclame vivement contre le péché. En second lieu &#8230;</p>
<p><strong>Le Fidèle:</strong>  Arrêtez-vous un peu là, et examinons de plus près ce premier point. Il me semble que vous devriez dire que cette grâce se manifeste en ce qu&#8217;elle dispose l&#8217;âme à détester le péché.</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles:</strong>  Eh bien! Quelle si grande différence entre déclamer contre le péché et détester le péché?</p>
<p><strong>Le Fidèle: </strong> Oh! Très grande! On peut se récrier beaucoup contre le péché par une certaine coutume, sans pourtant le détester encore réellement. Détester le péché c&#8217;est avoir contre lui une antipathie, une haine et une horreur extrêmes. J&#8217;ai vu plusieurs individus crier et déclamer contre le péché, tout comme s&#8217;ils avaient été en chaire, quoiqu&#8217;ils ne fissent aucune peine de le souffrir dans leur coeur et dans leur maison. La maîtresse de Joseph se récria hautement contre le péché de l&#8217;impureté, comme si elle eût été la femme la plus sainte du monde, et cependant elle ne cherchait qu&#8217;à satisfaire avec lui son amour impudique. Plus d&#8217;une mère crie contre son enfant que cependant elle allaite, et elle le nomme souvent un méchant enfant, un enfant pervers, pendant qu&#8217;elle le presse contre son sein et qu&#8217;elle le baise.</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles: </strong> Je remarque que vous avez quelques desseins à m&#8217;embarrasser.</p>
<p><strong>Le Fidèle:</strong>  Nullement; je veux simplement expliquer la question et la mettre dans son véritable jour. Mais quel est votre second caractère qui démontre l&#8217;oeuvre de la grâce?</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles:</strong>  C&#8217;est une grande connaissance du mystère de l&#8217;Evangile.</p>
<p><strong>Le Fidèle:</strong>  Ce caractère me paraît devoir être le premier. Mais, soit qu&#8217;il précède ou qu&#8217;il suive, c&#8217;est là une marque fort équivoque, car une personne peut avoir une connaissance fort étendue de l&#8217;Evangile, et avec cela n&#8217;avoir point l&#8217;oeuvre de la grâce dans son coeur. Quand un homme aurait toute la science, il ne serait qu&#8217;un esclave du démon, sans l&#8217;amour. Lorsque Jésus Christ demanda à ses disciples s&#8217;ils savaient toutes ces choses, et qu&#8217;ils eurent répondu oui, il ajouta:</p>
<p><em>Jean 13 : 17<br />
17 Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez.</em></p>
<p>Il n&#8217;attache point le salut à la connaissance ni au savoir, mais à l&#8217;oeuvre; car il existe une connaissance destituée de l&#8217;application; et il y en a qui savent la volonté du Maître, mais qui ne la font pas. C&#8217;est pourquoi cette marque n&#8217;est pas suffisante. Les hommes vains s&#8217;applaudissent présomptueusement dans leur connaissance, mais ce qui est agréable à Dieu c&#8217;est l&#8217;obéissance, non que le coeur puisse être bon sans la connaissance (car une âme sans connaissance n&#8217;est pas un bien:</p>
<p><em>Proverbes 19 : 2<br />
2 Le manque de science n&#8217;est bon pour personne, Et celui qui précipite ses pas tombe dans le péché.</em></p>
<p>Mais il y a une connaissance qui ne consiste que dans une simple spéculation, et une autre connaissance accompagnée de grâce, de foi, d&#8217;amour, et qui apprend à l&#8217;homme à faire la volonté de Dieu. Un véritable chrétien n&#8217;existe jamais sans celle-ci, et sa prière est: <em>“Donne-moi de l&#8217;intelligence et je garderai ta loi, je l&#8217;observerai de tout mon coeur” (Psaume 119:34).<br />
</em><br />
<strong>Le Chrétien de paroles: </strong> Je vois de plus en plus que vous cherchez à me surprendre. Cela n&#8217;est pas bien.</p>
<p><strong>Le Fidèle:</strong>  Proposez donc, s&#8217;il vous plaît, une autre marque de la manifestation de la grâce dans le coeur de l&#8217;homme.</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles:</strong>  Non, car je vois bien que nous ne serons pas mieux d&#8217;accord que ci-devant.</p>
<p><strong>Le Fidèle:</strong>  Si vous ne voulez pas le faire, voulez-vous permettre que je le fasse?</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles: </strong> Cela dépend de vous.</p>
<p><strong>Le Fidèle: </strong> L&#8217;oeuvre de la grâce se manifeste à celui qui l&#8217;a et aux autres qui le fréquentent. A celui qui l&#8217;a elle se manifeste de cette manière: elle le convainc de péché, en particulier de la corruption de sa nature.</p>
<p><em>Jean 16 : 8<br />
8 Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement :</em></p>
<p><em>Romains 7 : 24<br />
24 Misérable que je suis ! Qui me délivrera du corps de cette mort ?.</em></p>
<p>Et du péché de l&#8217;incrédulité, ce qui lui fait sentir, avec certitude, qu&#8217;il sera condamné s&#8217;il ne reçoit la grâce en Jésus Christ.</p>
<p><em>Marc 16 : 16<br />
16 Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.</em></p>
<p>Cette vue réveille en lui, à cause du péché, une tristesse et une honte salutaires. Il trouve ensuite le Sauveur du monde qui se manifeste à lui, et il voit la nécessité absolue d&#8217;être uni à ce Sauveur, et de recevoir de lui la vie. Enfin, la grâce produit un désir violent d&#8217;en être participant, et excite dans son âme cette faim et cette soif de la justice.</p>
<p><em>Matthieu 5 : 6<br />
6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés !</em></p>
<p>A laquelle sont attachés les promesses. Et, selon que cette foi est forte ou faible, le chrétien sent augmenter ou diminuer sa joie, sa paix, son amour pour la sainteté et son désir de croître dans la connaissance de Jésus Christ. Mais, quoique j&#8217;aie dit que c&#8217;est de cette manière que l&#8217;oeuvre de la grâce peut nous être manifestée à nous-mêmes, l&#8217;homme se trouve cependant rarement en état de conclure, lorsqu&#8217;il sent quelque chose de pareil dans son coeur. Que ce soit là encore la véritable oeuvre de la grâce, parce que sa corruption naturelles et les illusions de son esprit peuvent facilement le jeter dans l&#8217;erreur à cet égard. C&#8217;est pourquoi, il ne suffit pas d&#8217;avoir ces caractères en soi-même, il faut, de plus, avoir beaucoup de discernement pour en conclure que c&#8217;est l&#8217;oeuvre de la grâce, et pour s&#8217;affermir dans cette assurance. J&#8217;ai dit aussi que l&#8217;existence de la grâce dans le coeur d&#8217;un homme se manifestait aux autres. Et cela, premièrement par une confession sincère de sa foi en Jésus Christ (Romains 10:40). Deuxièmement, par une vie sainte sur la terre, par la sainteté du coeur, par celle de notre conduite dans l&#8217;intérieur de nos maisons, et de notre conversation dans le monde. Un fidèle déteste généralement le péché au fond de son coeur, et même il se hait soi-même à cause du péché. Il travaille à former les siens à la sainteté et à avancer dans la piété parmi ce monde. C&#8217;est de cette manière qu&#8217;un enfant de Dieu fait connaître aux autres la grâce qu&#8217;il a reçue d&#8217;en haut, et non uniquement par un vain babil, comme le font les chrétiens de paroles et les hypocrites. Si vous avez quelque chose à objecter contre cela, dites-le; sinon, permettez que je passe à une seconde question.</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles:</strong>  Non, je ne veux rien dire présentement contre ce que vous venez d&#8217;avancer. Vous pouvez ainsi librement proposer votre question.</p>
<p><strong>Le Fidèle: </strong> Ma question est celle-ci. Sentez-vous dans votre coeur cet amour ardent pour la sainteté qui caractérise tout converti? Votre piété paraît-elle dans toute votre conduite? La mettez-vous en pratique ou contentez-vous d&#8217;en parler? Si vous avez dessein de me répondre, je vous prie de mettre la main sur la conscience, et de juger de votre état, non seulement votre imagination trompeuse, ou sur les illusions de votre coeur, mais selon le jugement qu&#8217;en fera un jour le Dieu du ciel; car ce n&#8217;est pas celui qui se loue lui-même, dit un apôtre, mais celui que Dieu approuve, qui sera justifié. Et c&#8217;est une grande impiété que de dire: “Je suis ceci ou cela” lorsque nos actions ou ceux qui nous connaissent peuvent nous démentir.</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles</strong>, entendant ce discours, en fut d&#8217;abord couvert de confusion; mais après s&#8217;être un peu rassuré, il répondit: &#8211; Vous en venez maintenant au sentiment, et vous en appelez à la conscience et à Dieu. Je ne m&#8217;attendais pas à cette espèce d&#8217;entretien, et je n&#8217;ai pas dessein de répondre à de pareilles questions, ne croyant pas d&#8217;y être obligé en aucune manière, à moins que vous ne vouliez vous ériger à mon égard en catéchiste; et même dans ce cas, je ne vous reconnais pas pour mon juge. Mais, je vous prie, pourquoi me faites-vous de pareilles questions?</p>
<p><strong>Le Fidèle:</strong>  Parce que j&#8217;ai cru remarquer et que j&#8217;ai ouï dire que votre piété ne consistait qu&#8217;en paroles, et que votre vie et vos actions ne répondaient pas à vos discours. On dit que vous êtes une tache parmi les chrétien et que la piété est décriée à cause de vous, que votre conduite en a déjà détourné plusieurs du bon chemin, et qu&#8217;un grand nombre sont encore exposés à périr par votre exemple. Vous alliez, dit-on, la piété avec l&#8217;avarice, l&#8217;impureté, les jurements, le mensonge, l&#8217;ivrognerie et la fréquentation des mauvaises compagnies.</p>
<p><strong>Le Chrétien de paroles</strong> ne pouvant plus soutenir ces reproches: &#8211; Vous êtes, dit-il, bien crédule et bien prompt à juger d&#8217;autrui. En vérité, je ne puis porter sur vous d&#8217;autre jugement, sinon que vous êtes un esprit mélancolique et opiniâtre avec qui on ne saurait raisonner; C&#8217;est pourquoi portez-vous bien, adieu!</p>
<p>Alors le Chrétien, s&#8217;approchant de son compagnon, lui tint ce langage: &#8211; Je vous ai bien dit que cela arriverait. Vos discours n&#8217;étaient pas ce qu&#8217;il cherchait. Il a mieux aimé quitter votre compagnie que son mauvais train. Le voilà maintenant qui se retire; laissons-le courir. Il nous a épargné de nous séparer de lui, car s&#8217;il demeure tel qu&#8217;il est, c&#8217;est un de ces hommes dont les apôtres nous recommandent de nous séparer.</p>
<p><em>2 Corinthiens 6 : 17<br />
17 C&#8217;est pourquoi, Sortez du milieu d&#8217;eux, Et séparez-vous, dit le Seigneur; Ne touchez pas à ce qui est impur, Et je vous accueillerai.</em></p>
<p>Il ne peut attribuer sa perte qu&#8217;à lui-même.</p>
<p>- Je suis ravi, dit <strong>le Fidèle</strong>, que nous ayons eu ce petit entretien avec lui. Peut-être y pensera-t-il encore une fois? Mais dans tous les cas, je lui ai parlé clairement, et s&#8217;il périt, je serai net de son sang.</p>
<p><strong>Le Chrétien: </strong> Vous avez fort bien fait de lui parler ainsi. Il est rare aujourd&#8217;hui qu&#8217;on use de cette sincérité les uns envers les autres. Cela vient de ce que la piété est aujourd&#8217;hui si odieuse aux hommes. Ces chrétiens de paroles, dont la piété trompeuse ne consiste que dans les discours, sont si vicieux et si corrompus dans leurs actions qu&#8217;ils s&#8217;insinuent néanmoins souvent dans la compagnie de véritables gens de bien. Ils sont ceux qui causent le plus de troublent dans le monde. Ils souillent si fort le christianisme et affligent si sensiblement les vrais enfants de Dieu. Je souhaiterais que chacun usât, envers de telles gens, de la même fidélité dont vous avez usé envers celui-ci. Il arriverai, ou qu&#8217;il s&#8217;adonnerait plus sérieusement à la piété, ou que la compagnie des fidèles leur deviendrait tellement à charge qu&#8217;ils ne pourraient plus la supporter.<br />
Sur cela, et pour terminer cette matière, ils se mirent à chanter ce qui suit.</p>
<p><em>Un faux chrétien, qui dans l&#8217;école<br />
Du Saint Esprit ne fut jamais instruit,<br />
Se vante et fait beaucoup de bruit;<br />
De son savoir de lettre il se fait une idole.<br />
Mais en vain à sa langue il donne un libre cours;<br />
Il n&#8217;est qu&#8217;une peste publique<br />
Qui détruit plus par sa pratique<br />
Qu&#8217;il ne bâtit par ses discours.</em></p>
<p><em>En vain il couvre sa malice<br />
De son savoir sans force et sans vertu:<br />
Il s&#8217;enfuit honteux et battu<br />
Dès qu&#8217;il voit un rayon du soleil de justice.<br />
S&#8217;il est couvert de honte et de confusion<br />
Devant un homme, poudre et cendre,<br />
Quel désespoir doit-il attendre<br />
Devant le juge de Sion!</em></p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/17201/le-voyage-du-pelerin-par-john-bunyan/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/17201/le-voyage-du-pelerin-par-john-bunyan/#comments">2 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/17201/le-voyage-du-pelerin-par-john-bunyan/&title=Le voyage du pélerin, par John Bunyan">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/allegories/" rel="tag">allégories</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/john-bunyan/" rel="tag">John Bunyan</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-grace-de-dieu/" rel="tag">la grâce de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/le-coeur-de-lhomme/" rel="tag">le coeur de l'homme</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/voyage-du-pelerin/" rel="tag">voyage du pélerin</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/17201/le-voyage-du-pelerin-par-john-bunyan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Georges Fox: Journal de sa vie, de ses voyages, de ses souffrances et de ses expériences chrétiennes</title>
		<link>http://www.blogdei.com/17014/georges-fox-journal-de-sa-vie-de-ses-voyages-de-ses-souffrances-et-de-ses-experiences-chretiennes/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/17014/georges-fox-journal-de-sa-vie-de-ses-voyages-de-ses-souffrances-et-de-ses-experiences-chretiennes/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 13:42:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolas</dc:creator>
				<category><![CDATA[17e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme pratique]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages de conversion à Jésus-Christ]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages divers]]></category>
		<category><![CDATA[autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[georges fox]]></category>
		<category><![CDATA[quaker]]></category>
		<category><![CDATA[quakerisme]]></category>
		<category><![CDATA[william penn]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=17014</guid>
		<description><![CDATA[voxdei Georges Fox (1624-1690) Ndlr: Un document unique, palpitant (on croirait lire les Actes des Apôtres au 17e siècle) tellement introuvable en français que j&#8217;ai dû numériser moi-même le propre exemplaire de l&#8217;homme qui fut le responsable du mouvement Quaker en France dans les années 80. On trouve sur le web, en revanche, l&#8217;édition anglaise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p> voxdei<br />
<img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/76/Fox_by_Lely_2.jpg/220px-Fox_by_Lely_2.jpg"><br />
Georges Fox (1624-1690)</p>
<p><em>Ndlr: Un document unique, palpitant (on croirait lire les Actes des Apôtres au 17e siècle) tellement introuvable en français que j&#8217;ai dû numériser moi-même le propre exemplaire de l&#8217;homme qui fut le responsable du mouvement Quaker en France dans les années 80. On trouve sur le web, en revanche, l&#8217;<a href="http://www.ccel.org/ccel/fox_g/autobio">édition anglaise en intégralité</a> très facilement. La numérisation de l&#8217;ouvrage n&#8217;est pas complète, par manque de temps, mais j&#8217;ai toujours l&#8217;ouvrage à la maison et reprendrai ce travail à temps perdu. Si un autre peut se procurer le livre et poursuivre le travail, il sera volontiers publié ici !</em></p>
<p>PREMIERE PARTIE</p>
<p>TÉMOIGNAGE D’UN CONTEMPORAIN<br />
par WILLIAM PENN<br />
son collaborateur et ami, fondateur de la Pennsylvanie</p>
<p>Extraits de sa Préface à l’édition originale du &laquo;&nbsp;Journal de George Fox &laquo;&nbsp;, 1694</p>
<p>George Fox fut un homme doté par Dieu d’un esprit clair et merveilleusement profond, qui devinait le caractère des autres &#8211; et avait la maîtrise du sien. Sans doute sa façon de penser et, surs tout, sa façon de s’exprimer, peuvent paraître frustes et inélégantes à des oreilles raffinées, mais, ce qu’il disait était si profond que plus on le méditait plus on lui trouvait de valeur et de substance. Sans doute ses réflexions sur les sujets religieux tombaient-elles parfois de ses lèvres de manière inattendue et sans rapport avec le sujet, mais on sait que, comme textes de méditation elles furent souvent préférées à des phrases plus élégantes. Et vraiment, sans qu’il fut permis d’en douter, on sentait que Dieu l’avait envoyé et qu’elles ne devaient rien, pas plus dans le fond que dans la forme, au talent ou à l’art. Ces vérités si grandes, si nécessaires, qu’il eut à prêcher n’empruntaient aucun des agréments de l’esprit et de la sagesse du monde. Aussi, n’étant la copie de personne, George Fox passait-il aux yeux de tous pour un original.</p>
<p>Son ministère et ses écrits montrent bien, eux aussi, que leur auteur n’avait pas été enseigné par les hommes et que son savoir ne venait pas de l’étude, car il ne prêchait pas des notions intellectuelles ou purement spéculatives, mais des vérités pratiques, pleines de bon sens, visant à régénérer, à convertir les hommes et à faire naître le Royaume de Dieu dans leur cœur.<br />
Son premier but dans son témoignage ou son ministère, était de donner à ses auditeurs une idée de la vérité et de fonder sa doctrine dans leurs cœurs sur le grand principe, le fondement de tout, Jésus-Christ, la lumière du monde, afin que, les renvoyant à ce principe divin du dedans d’eux-mêmes, ils apprennent à le connaître et se connaître eux-mêmes.</p>
<p>Il avait un don particulier pour expliquer les Ecritures ; il allait droit au vrai sens et quoique avec simplicité, en faisant sentir l’esprit, l’harmonie et l’accomplissement, de la manière la plus consolante et la plus édifiante.</p>
<p>Mais il n’y avait rien en quoi il excellât comme dans la prière. Son esprit était alors si détaché de toutes pensées terrestres et si plein de la majesté de Dieu, sa contenance était si grave et si respectueuse, il disait tant en si peu de mots, que les étrangers en ont été souvent aussi frappés que ses frères en étaient consolés. Il paraissait si pénétré de la vie, du respect, et de la crainte de Dieu, lorsqu’il priait, que je n’ai jamais rien vu, ni senti qui en approchât, et c’était bien une preuve qu’il connaissait mieux Dieu et vivait plus près de lui que les autres hommes ; car mieux on le connaît, mieux on sent la nécessité de l’approcher avec crainte et révérence.</p>
<p>On trouvait en lui tant de douceur, de contentement d’esprit, de modestie, d’aisance, de solidité et de tendresse, que c’était un plaisir d’être dans sa compagnie. Il n’exerçait son autorité que contre le péché, mais il l’attaquait en quelque lieu, en quelque personne qu’il le découvrit, le faisant avec amour, compassion et surtout avec patience. Il était très miséricordieux et aussi prompt à pardonner que difficile à offenser et soigneux à ne point offenser les autres.</p>
<p>Il était infatigable dans son ministère, car dans sa jeunesse avant que les grandes et nombreuses souffrances qu’il essuya, et ses voyages, eussent affaibli son corps et l’eussent rendu incapable de voyages, il travaillait avec la plus grande ardeur à la propagation de la parole, de la doctrine et de la discipline, en Angleterre, en Ecosse et en Irlande ; gagnant des âmes à Dieu, fortifiant dans la foi ceux qui avaient reçu la vérité, et établissant parmi eux le bon ordre pour régler les affaires de l’église.</p>
<p>Quoique Dieu lui eut donné un caractère visible de prééminence et d’autorité, et que sa présence seule inspirât un aspect religieux, cependant il n’en abusait jamais mais il tenait sa place dans l’Eglise de Dieu avec une douceur, une humilité et une modération qui lui gagnaient les cœurs. Car toutes les fois que l’occasion s’en présentait, il se rendait, à l’exemple de son divin Maître, le serviteur de tous les autres, il n’exerçait son autorité en qualité d’Ancien que selon le pouvoir invisible qui les avait rassemblés, en révérant le Chef et veillant soigneusement sur le corps. Et il était reçu seulement selon l’esprit et la puissance du Christ comme le premier et le chef des Anciens de son temps, qui était digne de double honneur ; et les fidèles étaient enclins à le lui rendre, parce que son autorité était intérieure et non extérieure.</p>
<p>Je n’écris point par ouï-dire, mais d’après ma propre connaissance et mon témoignage est vrai; car j’ai, à différentes époques, passé des semaines et des mois entiers avec lui, dans des temps d’épreuve et des circonstances très pénibles, et cela de jour et de nuit, par terre et par mer.</p>
<p>En toutes occasions, il se conduisit en homme, en homme énergique, en homme nouveau et dont l’âme à la fois divine et humaine était de Dieu. Ses questions et ses réponses sur des problèmes de bon sens étaient pour moi un sujet d’étonnement, car, s’il ignorait les sciences inutiles et faites de raisonnements vides, il possédait les bases des connaissances utiles et s’y intéressait toujours. Il était poli plus que ne l’aurait recommandé l’éducation la plus raffinée, très sobre, mangeant peu, dormant moins encore quoiqu’il fut très gros.</p>
<p>Ainsi a-t-il vécu et habité parmi nous et il est mort comme il a vécu, sentant dans ses derniers moments le pouvoir éternel qui l’avait élevé et préservé pendant sa vie. Il avait tant de certitude qu’il triompha de la mort et; jusqu’à la fin même, comme si la mort ne méritait guère d’attention&#8230; et, comme on lui demandait des nouvelles de sa santé, quelques heures avant sa mort, il répondit &nbsp;&raquo; Cela est sans importance, la force du Seigneur triomphe de la faiblesse et de la mort, la Semence règne, béni soit le Seigneur&#8230;</p>
<p>Il eut le bonheur de souffrir peu de temps et de conserver toute sa lucidité jusqu’à la fin. Et il nous est permis de dire, avec un homme de Dieu des anciens temps &nbsp;&raquo; bien que mort il continue de parler &nbsp;&raquo; et quoique son corps ne soit plus là, son esprit demeure, car ni le temps, ni l’espace ne peut interrompre la communion des saints ou détruire la fraternité des esprits des justes.</p>
<p>Ces œuvres le louent car elles furent écrites à la louange de Celui dont il fut l’instrument et, à cause de cela, sa mémoire est et sera bénie éternellement. Et j’en ai terminé avec cette partie de ma préface en laissant cette courte épitaphe pour lui &nbsp;&raquo; Bien des hommes ont agi vertueusement en ce jour, mais toi, mon cher George, tu les surpasses tous. &nbsp;&raquo;</p>
<p>CHAPITRE PREMIER</p>
<p>Naissance et premières expériences spirituelles</p>
<p>(1624-1649)</p>
<p>Avant de faire le récit de mes voyages au service de la Vérité, je crois bon de retracer brièvement ma jeunesse, l’origine et le développement graduel de l’œuvre de Dieu en moi dès mon enfance. En voyant les peines, les épreuves multiples auxquelles il m’a soumis pour me préparer au travail auquel il me destinait, on sera amené à admirer et à glorifier sa sagesse et sa bonté infinie.</p>
<p>Je suis né en juillet 1624, à Drayton-in-the-Clay, dans le Leicestershire. Mon père, tisserand de son état, se nommait Christopher Fox. C’était un honnête homme, et il y avait en lui une &nbsp;&raquo; semence s de Dieu, aussi ses voisins l’avaient-ils surnommé : Christophe le Juste. Ma mère était une femme au cœur droit; son nom de jeune fille était Mary Lago, de la famille des Lagos et de la lignée des martyrs.</p>
<p>Dès mon plus jeune âge, j’avais une gravité, une fermeté d’âme et d’esprit très rares chez un enfant et, lorsque je voyais des gens âgés se conduire de façon légère et inconsidérée, j ‘en ressentais une répugnance instinctive; je me promettais, si jamais je devenais un homme, de ne pas agir ainsi; je serais plus sérieux.</p>
<p>Quand j’arrivai à l’âge de onze ans, je connaissais la pureté et la justice; car on m’avait appris dès l’enfance comment il fallait marcher pour rester pur. Le Seigneur m’avait enseigné à être fidèle en toute choses intérieurement vis-à-vis de Dieu, extérieurement vis-à-vis des hommes et à m’en tenir au &nbsp;&raquo; Oui &nbsp;&raquo; et au &nbsp;&raquo; Non &nbsp;&raquo; en toutes choses (s’en tenir à la vérité absolue).</p>
<p>Plus tard, on pensa, dans mon entourage, à faire de moi un prêtre; en fin de compte, on me plaça chez un cordonnier qui faisait en outre le commerce de la laine, l’élevage et la vente du bétail. Pendant tout le temps que je restai avec lui e ne fis de tort à personne; car la puissance du Seigneur était sur moi et me préserva. Pendant que j’étais dans cet emploi, je me servais avec mes pratiques du terme &nbsp;&raquo;  En vérité &nbsp;&raquo; ; et ceux qui me connaissaient disaient: &nbsp;&raquo;  Quand George dit : &nbsp;&raquo; En vérité &nbsp;&raquo; il n’y a pas moyen de le faire changer d’avis. &nbsp;&raquo; Parfois des gens se moquaient de moi ; je les laissais dire et passais mon chemin; mais on m’aimait en général pour mon innocence et mon honnêteté.</p>
<p>IL QUITTE SES PARENTS</p>
<p>Un jour — j’avais alors dix-neuf ans — j’étais à la foire pour mes affaires ; un de mes cousins nommé Bradford, chrétien pratiquant, vint à moi, accompagné d’un autre chrétien, et m’invita à boire avec eux un pot de bière; j’acceptai. Quand nous eûmes bu chacun un verre, ils commencèrent à &nbsp;&raquo; porter des santés &laquo;&nbsp;, commandant de nouvelles boissons et convenant entre eux que celui qui ne voudrait plus boire paierait le tout. Ils me firent beaucoup de peine car je n’avais jamais vu des chrétiens se conduire ainsi ; c’est pourquoi je me levai et après avoir posé un groschen sur la table, je partis mais ne me couchai pas cette nuit-là, car je ne pus dormir. Le Seigneur me dit : &nbsp;&raquo; Tu vois comment les jeunes se dissolvent dans la vanité et les vieillards dans la poussière ! Abandonne-les tous, jeunes et vieux, tiens-toi à l’écart, et sois comme un étranger parmi eux.</p>
<p>Alors, sur l’ordre de Dieu, le neuvième jour du septième mois, 1643 (G. Fox pour éviter d’employer des mots païens tels que Lundi &#8211; jour de la lune etc. les remplaça par des chiffres.) &#8211; 9 septembre 1643 (A cette époque, l’année commençait en Mars), je quittai ma famille et rompis toute relation, toute camaraderie avec quiconque, vieux et jeunes. Je me rendis à Lutterworth, puis à Northampton, ensuite à Newport, Parnett et à Barnet. au quatrième mois, appelé Juin, en 1644. Pendant que je voyageais ainsi à travers le pays, des gens réputés pour leur piété me remarquaient et cherchaient à faire ma connaissance; mais j’avais peur d’eux, car je sentais qu’ils ne possédaient pas ce qu’ils professaient.</p>
<p>Pendant que j’étais dans cette dernière ville, je fus envahi par un profond découragement. Alors je vis comment le Christ avait été tenté, et la souffrance s’appesantissait sur moi; quelquefois je demeurais confiné dans ma chambre ; souvent je marchais seul dans la campagne, cherchant le Seigneur. Je me demandais pourquoi ces choses m’arrivaient ; j’examinais scrupuleusement ma conscience : avais-je jamais été en un pareil trouble ? Pourquoi ?&#8230; Avais-je mal agi en quittant ma famille ? Ainsi je repassai en esprit tout le chemin que j ‘avais parcouru me demandant si j’avais fait tort à qui que ce fût. Les tentations redoublèrent, mon trouble, ma souffrance furent inexprimables.</p>
<p>J’avais environ vingt ans, quand je fus soumis à ces épreuves et je demeurai quelques années dans cet état d’angoisse que rien ne pouvait alléger. Je recourus à des prêtres (G. Fox appelait &nbsp;&raquo; prêtre &nbsp;&raquo; tout homme d’Eglise, qu’il fut prêtre ou pasteur.) mais ne trouvai nul secours auprès d’eux.</p>
<p>De Barnet, j’allai à Londres. Là, ma détresse morale continua, car je vis que les gens religieux de la cité étaient tous dans les chaînes des ténèbres.</p>
<p>Je retournai alors chez moi, dans le Leicestershire, par égard pour mes parents que je savais affligés par mon absence.</p>
<p>A mon retour, mes parents voulurent me marier, mais je leur dis que je n’étais qu’un enfant qui devait d’abord acquérir de la sagesse. D’autres auraient voulu que j’entre dans l’armée; je refusais toutes ces propositions qui me causaient grande affliction. Je m’en fus alors à Coventry, où je pensais trouver des esprits plus compréhensifs, mais je revins bientôt chez moi où je restai encore un an, en proie à de grandes souffrances et à des angoisses cruelles ! Combien de nuits ai-je passées à errer tout seul !</p>
<p>GEORGE FOX ET LES PRÊTRES</p>
<p>Le prêtre de Drayton, ma ville natale, un nommé Nathanaël Stevens, venait souvent vers moi, et j’allais souvent le voir; un autre prêtre l’accompagnait quelquefois ; ils se montraient disposés à m’écouter. Je leur posais des questions et discutais avec eux.</p>
<p>Ce prêtre Stevens me demanda un jour : &nbsp;&raquo; Pourquoi le Christ s’est-il écrié sur la croix: &nbsp;&raquo; Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? s et pourquoi a-t-il dit : &nbsp;&raquo; S’il est possible, que cette coupe passe loin de moi; toutefois que Ta volonté soit faite et non la mienne ? &nbsp;&raquo; Je lui dis qu’à ce moment-là, tous les péchés des hommes étaient sur lui, qu’il avait été blessé pour leurs iniquités et leurs transgressions, qu’il avait dû les porter et s’offrir en sacrifice parce qu’il était homme, mais qu’il ne mourut pas parce qu’il était Dieu; qu’ainsi étant mort pour tous les hommes, ayant goûté la mort pour chacun d’eux, il était une offrande pour les péchés du monde entier. C’est ainsi que je parlai, ayant conscience en quelque mesure des souffrances de Christ. Le prêtre me dit que c’était une bonne réponse, très complète, telle qu’il n’en avait pas entendue. A cette époque il m’approuvait et parlait de moi avec éloges ; et ce que je lui disais dans la conversation pendant la semaine il le prêchait les Premiers jours (Dimanches). Ce prêtre devint plus tard un de mes grands persécuteurs.</p>
<p>Après cela, j’allai trouver un autre vieux prêtre à Mancetter dans le Warwickshire, et je discutai avec lui sur la cause de la souffrance et de la tentation ; mais il ne comprenait rien à mon état ; et il me conseilla de prendre du tabac et de chanter des psaumes. Or je n’aimais pas le tabac et quant aux psaumes je n’étais pas en état de chanter ! Quand je revins le voir, il se montra irrité et impatient, parce que mes premières paroles lui avaient déplu. Il raconta mes chagrins et mes angoisses à ses domestiques. Je m’affligeai d’avoir ouvert mon cœur à un tel homme.</p>
<p>Je vis qu’ils étaient tous de pauvres consolateurs et ma peine s’en aggrava. Alors j’entendis parler d’un prêtre habitant près de Tamworth, qui passait pour un homme expérimenté, et je fis sept milles peur aller le voir; mais je ne trouvai en lui qu’une outre creuse et vide. J’entendis encore parler d’un Dr Cradock, de Coventry, et j’allai vers lui. Je lui demandai la raison d’être de la tentation et du désespoir, et comment la peine était venue sur l’homme.</p>
<p>Et comme nous marchions ensemble dans son jardin, j’eus le malheur de poser le pied sur le bord d’une plate-bande; mon homme alors entra autant en colère que si j’avais mis le feu à sa maison. Aussi toute notre conversation fut-elle vaine et je m’en allai plus triste encore que je n’étais venu, car tous ces prêtres me semblaient de misérables consolateurs qui ne pouvaient rien comprendre à mon état. Après cela j’allai encore trouver un nommé Macham, un prêtre très réputé. Il me conseilla de me faire saigner, mais ils ne purent me tirer une seule goutte de sang, pas plus du bras que de la tête (quoiqu’ils eussent essayé de le faire); mon chagrin, ma peine et mes angoisses étaient tels que j’aurais voulu n’être jamais né, ou être né aveugle, pour ne pas voir la méchanceté et la vanité, et sourd, pour ne pas entendre les paroles vaines ou mauvaises et le nom de Dieu blasphémé.</p>
<p>Quand le temps appelé &nbsp;&raquo; Noël &nbsp;&raquo; arriva, pendant que d’autres festoyaient et s’amusaient, j ‘allai vers de pauvres veuves de maison en maison, et je leur donnai quelque argent, car j’avais de quoi m’entretenir sans être à charge aux autres et de quoi venir en aide en quelque mesure à ceux qui étaient dans le besoin.</p>
<p>Vers le commencement de l’année 1646, comme j’étais en route vers Coventry, en approchant de la porte de la ville, une pensée me vint à propos de cette parole : &nbsp;&raquo; Tous les chrétiens sont des</p>
<p>croyants, qu’ils soient protestants ou papistes s; et le Seigneur me révéla que seuls étaient croyants ceux qui, nés de Dieu, étaient ainsi .passés de la mort à la vie.</p>
<p>LE MINISTÈRE CHRÉTIEN</p>
<p>Une autre fois, comme je marchais dans un champ, le matin d’un Premier jour (un dimanche), le Seigneur me révéla qu’être &nbsp;&raquo; instruit à Oxford ou à Cambridge ne suffisait pas à qualifier des hommes pour le ministère de Christ &nbsp;&raquo; ; je m’en étonnai d’abord, car c’était contraire à l’opinion courante. Mais je compris ensuite, et j’en remerciai le Seigneur.</p>
<p>Je vis que cette révélation portait atteinte au ministère même du prêtre. Les miens étaient très peinés que je ne veuille plus aller entendre le prêtre avec eux car je m’en allais seul avec ma Bible me promener dans les vergers et les champs.</p>
<p>Je leur demandai : Est-ce que les apôtres n’ont pas dit aux fidèles s qu’ils n’avaient besoin d’aucun homme pour les enseigner, mais uniquement du Saint-Esprit ? s Ils savaient que c’était vrai, puisque conforme aux Ecritures, mais ils s’affligeaient quand même de mon refus d’aller avec eux.</p>
<p>Je ne pouvais donc me joindre ni à eux ni à aucun des (pasteurs) Dissidents ; j’étais un étranger pour tous, comptant entièrement et uniquement sur le Seigneur Jésus-Christ.</p>
<p> LES TEMPLES FAITS DE MAIN D’HOMME</p>
<p>Une autre fois, il me fut révélé que &nbsp;&raquo; Dieu qui a fait le monde n’habitait pas dans des temples faits de main d’homme &nbsp;&raquo; Ceci me sembla d’abord étrange, car pour le public comme pour les prêtres, églises et temples étaient des lieux sacrés, des maisons de Dieu.</p>
<p>Mais le Seigneur me faisait voir clairement qu’il ne demeurait pas dans ces temples conçus et édifiés par des hommes, mais dans les cœurs ; car Etienne et l’apôtre Paul n’ont-ils pas enseigné tous deux que Dieu lui-même avait déclaré que Son peuple était son temple, et qu’Il habitait en eux. Cela me fut révélé tandis que je me dirigeais à travers champs vers la maison de ma famille.</p>
<p>Quand j’y arrivai, on me dit que le prêtre Nathanaël Stevens était venu, et avait dit qu’il était inquiet pour moi, parce que &laquo;&nbsp;je suivais des voies nouvelles s. Je souris intérieurement, sachant ce que le Seigneur m’avait; révélé en ce qui le concernait, lui et ses semblables ; mais je ne le dis pas à ma famille qui, bien qu’elle ne fût pas inféodée aux prêtres, allait pourtant les entendre et s’affligeait de ce que je n’y allais pas. Mais je m8ntrai les Ecritures, et dis que chaque homme était l’objet d’une onction et d’une direction divines, et que le Seigneur enseignerait lui-même son peuple.</p>
<p>J’eus aussi de grandes révélations concernant les choses écrites dans l’Apocalypse; et quand j ‘en parlais, les prêtres et les gens pieux disaient que c’était un livre scellé, que je ne devais pas le lire ; mais je répondis que Christ pouvait ouvrir les sceaux, parce que ces choses étaient pour nous ; car si les Epîtres ont été écrites pour les chrétiens qui vivaient autrefois, l’Apocalypse concerne les choses à venir.</p>
<p>Après cela, je rencontrai une espèce de gens qui soutenaient que les femmes n’ont pas d’âme, ajoutant, d’un ton léger, &nbsp;&raquo; pas plus que les oies &laquo;&nbsp;. Mais je répondis fermement que ce n’était pas vrai; car Marie a dit : &nbsp;&raquo; Mon âme magnifie le Seigneur, et mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur.&nbsp;&raquo; -</p>
<p>Mais malgré ces grandes révélations, l’angoisse et la tentation m’assaillaient souvent; en sorte que, pendant le jour, j’aurais voulu qu’il fît nuit ; et la nuit, je soupirais après le jour. En raison des révélations qui m’étaient données au milieu de mes peines, j’aurais pu dire comme David : &laquo;&nbsp;un jour enseigne à un jour, une nuit à une autre nuit.&nbsp;&raquo; Ces révélations se répondaient l’une à l’autre, et elles étaient conformes aux Ecritures. Que j’en avais de grandes ! Quand j’étais dans le trouble, une difficulté répondait à une autre difficulté.</p>
<p>Vers le commencement de l’année 1647, je fus poussé par le Seigneur à aller dans le Derbyshire et puis dans le Leicestershire, le Nottinghamshire; parfois je vis des personnes orgueilleuses et superficielles, et parfois aussi, des personnes bienveillantes, -une femme en particulier, Elizabeth Hooton; et j’eus avec eux quelques réunions et entretiens. Mais mes angoisses continuaient, et j’étais souvent en proie à de grandes tentations; je jeûnais beaucoup et me promenais des jours entiers dans des lieux solitaires; je prenais souvent ma Bible et je m’asseyais au creux d’un arbre, dans un coin retiré, jusqu’à la tombée de la nuit ; et souvent je marchais triste et seul dans la nuit ; car j ‘étais un homme de souffrance à cette époque où le Seigneur commençait son œuvre en moi.</p>
<p>&laquo;&nbsp;UN HOMME DE SOUFFRANCE &nbsp;&raquo;</p>
<p>Pendant toute cette période, personne ne se joignit à moi dans la pratique de la religion; mais je me consacrai au Seigneur seul, et pris congé de père et mère, et de toute autre parenté. Je voyageai alors ici et là comme un étranger sur la terre, selon que le Seigneur inclinait mon cœur; prenant une chambre pour moi seul à la ville où j’arrivais, et y demeurant parfois un mois, tantôt moins ; car je n’osais pas rester longtemps dans le même endroit; je me méfiais également des profanes et des gens pieux, craignant qu’un contact prolongé avec eux ne fût nuisible au jeune homme inexpérimenté que j’étais. Pour cette raison, je me conduisais partout en étranger, cherchant la sagesse divine et me laissant enseigner par le Seigneur. J’étais amené à me séparer des choses extérieures pour compter uniquement sur Dieu seul!</p>
<p>Quoique mes épreuves et mes souffrances fussent grandes, cependant elles n’étaient pas continuelles au point de ne me laisser aucun répit; parfois, j ‘étais transporté d’une joie tellement céleste que je me croyais dans le sein d’Abraham. Si je ne puis décrire les peines que j ‘ai éprouvées, tant elles étaient lourdes et accablantes, je ne suis pas moins incapable de dépeindre la miséricorde dont Dieu usait envers moi, au milieu de ma douleur. Oh ! l’amour éternel de Dieu pour mon âme! Quand j’étais dans les pires détresses, quand mes angoisses et mes tourments me torturaient, alors son amour était plus grand encore&#8230;</p>
<p>&laquo;&nbsp;J’ENTENDIS UNE VOIX&nbsp;&raquo;</p>
<p>Et quand tout espoir en qui que ce soit eut disparu, de sorte que je n’avais aucun secours à attendre de l’extérieur et que je ne savais que faire, alors, oh ! alors, j’entendis une voix qui disait: &nbsp;&raquo; Il y en a un, Jésus-Christ, qui peut répondre à tes besoins! &laquo;&nbsp;Et quand j’entendis ces mots, mon cœur bondit de joie.</p>
<p>Alors le Seigneur me fit voir pourquoi personne sur la terre ne pouvait répondre à mes besoins ; c’était pour que je puisse lui rendre à lui toute gloire; car tous sont enveloppés dans le péché, et enfermés dans l’incrédulité, comme je l’avais été, afin que Jésus-Christ puisse avoir la prééminence, lui qui éclaire, qui donne la grâce, la foi et la puissance. Ainsi quand Dieu agit, qui parlera ? Et cela, je le savais par expérience. Ma soif de Dieu s’accrut, et mon zèle pour le connaître en vérité et pour connaître Christ seul, sans l’aide d’aucun homme, d’aucun livre, d’aucun écrit. Car, bien que je lusse les Ecritures qui parlaient de Christ et de Dieu, cependant je ne le connaissais que par révélation, pour autant que Celui qui avait la clé m’ouvrait la porte, et que le Père de la Vie m’attirait à Son Fils par son Esprit. Ainsi le Seigneur me conduisit doucement, et me fit voir Son amour infini et éternel, surpassant toute la connaissance que les hommes peuvent puiser dans l’histoire ou dans les livres ; et cet amour me permit de me voir moi-même tel que j’étais sans Lui. Je redoutais le commerce des hommes, car l’amour de Dieu me faisait lire en eux aussi clairement qu’en moi-même&#8230;</p>
<p>Une autre fois, je vis le grand amour de Dieu, et son immensité me remplit d’admiration ! &#8230; Je vis alors ceux qui étaient rejetés de Dieu, et ceux qui entraient dans son royaume : et qu’on y accède par Jésus, qui en ouvre la porte avec sa clé céleste. Je vis comment la mort, était &#8211; venue sur tous les hommes et en moi-même, étouffant en nous la semence de Dieu; comment ce germe s’était développé en moi, et vers quoi il tendait.</p>
<p>DOUTES</p>
<p>Cependant deux hommes semblaient se livrer bataille en moi ; des doutes s’élevaient dans mon âme au sujet des dons de l’Esprit et des prophéties ; je fus de nouveau tenté de désespérer, comme si j’avais péché contre le Saint-Esprit. Pendant bien des jours, je fus en proie à de terribles perplexités ; cependant je continuais à m’adonner à l’œuvre du Seigneur.</p>
<p>Un jour, comme je venais de rentrer d’une longue marche solitaire, je fus enveloppé dans l’amour de Dieu en sorte que je ne pouvais qu’admirer la grandeur de son amour.</p>
<p>Pendant que j’étais dans cet état d’esprit, il me fut révélé, par la lumière et la puissance éternelles, que tout était et devait être accompli en Christ et par lui ; comment sa puissance détruit le tentateur, et toutes ses œuvres. Il me fit voir que toutes ces peines étaient bonnes pour moi, que c’étaient des tentations pour éprouver ma foi, cette foi que le Christ avait produite en moi.</p>
<p>Quand survenaient les moments d’obscurité, ma conviction intérieure demeurait ferme, l’espoir me soutenait comme une ancre solidement attachée au fond de la &#8211; mer; ainsi mon âme immortelle, inébranlablement unie à son Sauveur, émergeait au-dessus de la mer du monde, de ses flots, de ses tempêtes et ses épreuves.</p>
<p>&laquo;&nbsp;LA LUMIÈRE QUI M’ECLAIRAIT&nbsp;&raquo;</p>
<p>Oh ! c’est alors que je vis mes souffrances, mes peines, mes tentations mieux que je ne les avais jamais vues. La lumière qui m’éclairait faisait apparaître tout ce qui était en dehors d’elle ; l’obscurité, la mort, les tentations, l’injustice, l’impiété; tout cela était manifesté et venait à la lumière. C’est alors qu’apparut en moi une flamme purificatrice; je vis à l’œuvre le feu qui éprouve l’or, le foulon qui blanchit la laine ; j’acquis ainsi le discernement spirituel qui me permit de comprendre mes propres pensées, mes gémissements et mes soupirs ; ce qui avait causé mes obscurités et ce qui les dissipait. Il me fut révélé que ce qui s’agitait en moi, ce qui ne supportait pas l’épreuve du feu, c’étaient les gémissement de la chair qui refusait de se soumettre à la volonté de Dieu ; ce moi charnel qui ne pouvait demeurer patient dans les épreuves, les angoisses et les tourments d’esprit et ne pouvait renoncer à lui-même pour mourir sur la croix.</p>
<p>Le Seigneur m’enseigna alors bien des choses. Il me montra ce qui peut résister à son feu purificateur, ce qui peut vivre pour Dieu et pour sa loi sainte. Il me fit voir comment la loi et les prophètes ont existé jusqu’à Jean (Baptiste) et comment le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que Jean&#8230;</p>
<p>Je vis aussi les montagnes s’embraser et tomber en cendres, les chemins tortueux se redresser, les collines s’aplanir, afin que le Seigneur puisse venir dans son tabernacle.</p>
<p>Je vis que beaucoup parlaient de la loi bien qu’ils ne se fussent jamais laissé enseigner par elle; d’autres parlaient de l’Evangile de Christ sans que la vie et l’immortalité leur eussent jamais été révélées par lui. Bien que le Seigneur m’ait alors révélé ces choses secrètement, Son Esprit les a publiées depuis lors, pour ainsi dire sur le toit des maisons&#8230;</p>
<p>Vers cette époque, il y eut une assemblée de Baptistes, à Broughton, dans le Leicestershire; des gens qui ne partageaient pas leurs idées se joignirent à eux, et moi aussi. Les Baptistes étaient peu nombreux, mais il y avait beaucoup de gens du dehors. Le Seigneur ouvrit ma bouche, et la vérité éternelle leur fut annoncée. Ce jour-là, la puissance du Seigneur commença à agir et j’eus de grandes révélations sur les Ecritures. Plusieurs furent convaincus dans cette région, et passèrent des ténèbres à la lumière, de la puissance de Satan à Dieu. Je discutai avec des professants &nbsp;&raquo; et d’autres gens et quelques-uns furent convaincus et persévérèrent dans la Vérité.</p>
<p> &laquo;&nbsp;LA MAISON A CLOCHER&nbsp;&raquo; (Fox appelait ainsi toute église)</p>
<p>J’étais encore soumis à de grandes tentations par moments, et mes souffrances intérieures étaient dures ; mais je ne trouvais personne à qui m’en ouvrir que le Seigneur seul, et je criais à Lui jour et nuit. Je retournai dans le Nottinghamshire et là le Seigneur me montra que la racine des choses, dont les mauvais effets se font sentir au dehors, était au dedans, dans le cœur et l’esprit des hommes méchants. Je criai au Seigneur, disant</p>
<p>&nbsp;&raquo; Pourquoi dois-je passer par là, moi qui n’ai jamais été adonné à ces choses mauvaises? s Et le Seigneur me répondit qu’il était nécessaire que je pusse me rendre compte de tout ce qui se passait dans les autres hommes : comment pourrais-je sans cela dire ce qui convenait à leur état ? Et je vis en cela l’amour infini de Dieu.</p>
<p>Je vis qu’il y avait un océan de ténèbres et de mort, mais aussi un océan infini de lumière et d’amour qui s’étendait au-dessus de l’océan de ténèbres, et j ‘avais de grandes révélations.</p>
<p>Comme je marchais du côté de la maison à clocher de Mansfield, le Seigneur me dit : &laquo;&nbsp;Ce que les hommes foulent aux pieds, tu dois en faire ta nourriture &laquo;&nbsp;. Ainsi me fut révélé que les hommes foulaient aux pieds la Vie, la Vie même du Christ; ils se nourrissaient et nourrissaient les autres de paroles, mais ils foulaient aux pieds le sang du Fils de Dieu, ce sang qui était ma vie ; ils vivaient d’idées creuses, se bornant à parler de Lui.</p>
<p>L’ŒUVRE DE G. FOX EST PROPHETISÉE</p>
<p>Alors des gens arrivèrent de près et de loin pour me voir, et je fus appelé a leur parler et a leur révéler des choses Il y avait un nommé Brown qui prophétisa et qui eut des visions à mon sujet sur son lit de mort Il parla ouvertement de ce que le Seigneur accomplirait par mon moyen</p>
<p>Quand cet homme fut enterre, une grande œuvre du Seigneur se fit en moi, excitant un profond étonnement chez beaucoup de gens qui crurent que j’étais mort ; et beaucoup vinrent me voir pendant environ quinze jours. J’étais beaucoup changé d’aspect, comme si mon corps avait subi une véritable refonte.</p>
<p>Cependant, le travail du Seigneur continuait à se faire en plusieurs; mes soucis et mes chagrins commencèrent à se dissiper, et je versais des larmes de joie, jour et nuit, dans mort humilité et ma contrition de cœur. Je voyais ce qui est éternel, la grandeur de l’amour infini de Dieu, des choses qui ne peuvent s’exprimer, qu’aucun mot ne peut décrire.</p>
<p>Je voyais blanchir la moisson, et la semence qui poussait drue dans le sol, plus serrée que dans aucun champ ensemencé de main d’homme, et personne pour la récolter ; mes larmes coulaient à cette idée. Le bruit commença à se répandre que j’étais un jeune homme au jugement sûr, aussi beaucoup de gens de toutes sortes, prêtres, fidèles, etc., venaient-ils à moi de près et de loin. La puissance du Seigneur se manifestait ; et j’avais de grandes révélations concernant l’avenir. Je leur parlais des choses de Dieu ; ils m’écoutaient en silence avec attention, et s’en allaient, parlant de ce qu’ils avaient entendu. Alors le Tentateur s’approcha et chercha de nouveau à m’ébranler et à me persuader que j’avais péché contre le Saint-Esprit; mais je ne pouvais savoir en quoi. Et alors je pensai à l’apôtre Paul ; comment il avait été transporté au septième ciel où il avait vu des choses qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer, et comment un messager de Satan lui avait été envoyé pour le souffleter. Ainsi, par la puissance de Christ, je vins à bout de cette tentation aussi.</p>
<p>Dans l’année 1648, comme j’étais assis dans la maison d’un ami, dans le Nottinghamshire, (car, à cette époque, la puissance de Dieu avait ouvert les cœurs de quelques-uns à la parole de vie et de réconciliation), je vis qu’un grand craquement devait se produire à travers la terre, accompagné d’une grande fumée, et qu’après le craquement, il y aurait un grand tremblement de terre; cette terre était celle du cœur des hommes qui devait être bouleversé de fond en comble pour que la semence de Dieu puisse lever en lui. Et il en fut ainsi ; car la puissance du Seigneur commença à ébranler les âmes, provoquant l’admiration de tous ceux qui en étaient les témoins.</p>
<p>Après cela j’allai encore à Mansfield, où avait lieu une grande~ réunion de gens pieux et pratiquants et de gens du dehors. Là, je fus poussé à prier, et la puissance du Seigneur fut si grande~ qu’il sembla que la maison tremblait. Quand j ‘eus fini, quelques uns de ces hommes pieux dirent que c’était comme au temps de apôtres. Après que j’eus prié, l’un d’eux voulut en faire autant, mais cela provoqua un silence de mort et jeta comme un voile sur l’assemblée. Quelques autres s’affligèrent et dirent au premier qu’il avait été en butte à une tentation. Alors il vint à moi et me demanda de prier de nouveau, mais je ne pouvais pas prier sur commande.</p>
<p>Peu après, il y eut une autre grande réunion de pratiquants, où ils discutèrent sur le sang de Christ; et tandis qu’ils en parlaient, j’eus comme par une intuition immédiate de l’esprit invisible, la vision du sang de Christ; et je m’écriai à haute voix &laquo;&nbsp;Ne voyez-vous pas le sang de Christ ? Voyez-le à l’œuvre dans vos cœurs pour purifier vos consciences des œuvres mortes afin que vous serviez le Dieu vivant s car je vis le sang de la nouvelle Alliance et comment il entre dans les cœurs&#8230;</p>
<p>MAISON A CLOCHER OU ÉGLISE?</p>
<p>Comme je traversais les champs dans le Comté de Leicester, je me sentis poussé à aller à Leicester ; en arrivant, j ‘appris qu’il devait s’y tenir un grand débat auquel devaient prendre part des Presbytériens, des Indépendants, des Baptistes et des Anglicans. Ils se réunissaient dans une maison à clocher; le Seigneur me poussa à m’y rendre. J’entendis leurs discours et leurs discussions; l’auditoire étant assis sur des bancs et le prêtre dans la chaire; ils formaient une nombreuse assemblée. A la fin, une femme posa une question concernant l’épître de Pierre; demandant ce qu’il avait voulu dire lorsqu’il parle de ceux qui sont nés de nouveau, d’une semence incorruptible, de la parole de Dieu qui vit et demeure éternellement. Et le prêtre lui dit : s Je ne permets pas à une femme de parler dans l’église s; quoiqu’avant cela, il eût donné la parole à qui voulait la prendre. Sur quoi je fus saisi, comme dans une transe, par la puissance du Seigneur. Je me levai et demandai au prêtre : Qu’appelles-tu une église ? Ce bâtiment ou cette multitude ?</p>
<p>Mais, au lieu de me répondre, il me demanda ce que j’appelais une église. Je lui dis que l’Eglise était le pilier et la base de la Vérité, faite de pierres vivantes, de membres vivants, un foyer spirituel dont Christ était le chef; mais qu’il n’était pas le chef d’une assemblée de ce genre, ni d’une vieille maison faite de mortier, de pierres et de bois. Cela les mit tous en ébullition. Le prêtre descendit de sa chaire, d’autres sortirent de leurs bancs et la dispute s’arrêta là. J’allai ensuite dans une grande auberge, et continuai la discussion avec des prêtres et des pratiquants de tout acabit ; tous très excités. Mais je maintins les droits de la véritable Eglise, et de son Chef véritable, contre eux tous ; ils finirent pas céder et abandonner la place. Il y avait un homme qui semblait touché; il parut d’abord vouloir se joindre à moi; mais bientôt, il se tourna contre moi, et plaida en compagnie d’un prêtre, la cause du baptême des enfants, quoiqu’il eût été, lui-même, Baptiste auparavant; il me laissa seul. Cependant, plusieurs furent convaincus ce jour-là, notamment la femme qui, dans l’église avait posé la question. Et la puissance et la gloire du Seigneur brillèrent sur eux tous.</p>
<p>Après cela, je retournai de nouveau dans le Nottinghamshire j’allai dans le val de Beavor. Sur mon chemin, je prêchai au peuple la repentance, et dans bien des villes beaucoup furent convaincus; je demeurai plusieurs semaines parmi eux. Un matin, comme j’étais assis près du feu, un grand nuage vint sur moi, je fus en butte à une tentation que je supportai avec calme. Une voix me disait : &nbsp;&raquo; C’est la Nature qui a fait toutes choses. &nbsp;&raquo; Les éléments, les étoiles, semblaient peser sur moi, de sorte que j’étais plongé dans l’obscurité. Mais comme je restais tranquille et silencieux, les gens de la maison ne se doutèrent de rien.</p>
<p>Tandis que j ‘étais assis sans rien dire, laissant les choses suivre leur cours, un espoir s’éveilla en moi, et cette fois ce fut la voix de la Vérité qui me dit : &nbsp;&raquo;  C’est Dieu qui a fait toutes choses. &nbsp;&raquo; Immédiatement, les nuages de la tentation se dissipèrent, la vie se leva victorieuse; mon cœur était joyeux et je louai le Dieu vivant. Quelque temps après, je rencontrai quelques personnes qui prétendaient qu’il n’y avait pas de Dieu, et que tout venait de la Nature. J’eus une grande discussion avec elles, les con vainquis et en amenai quelques-unes à confesser le Dieu vivant. Je compris qu’il était bon que j’eusse passé par cette épreuve.</p>
<p>PREMIÈRES RÉUNIONS D’AMIS</p>
<p>Nous eûmes de grandes réunions dans cette région, car la puissance de Dieu y éclata avec force. J’allai ensuite à Mansfield et aux environs, et l’Esprit de Dieu s’y manifesta d’une manière merveilleuse. Dans le Derbyshire également, près de Derby, il y eut une réunion d’Amis (nom que se donnèrent les disciples de G.Fox) où la puissance de Dieu se fit sentir de telle façon qu’ils étaient tout secoués, et bien des bouches s’ouvrirent pour louer Dieu. Beaucoup se sentirent poussés par le Seigneur à aller dans les maisons à clocher, vers les prêtres et vers le peuple et à leur annoncer la vérité éternelle.</p>
<p>LA LOUÉE DES SERVITEURS</p>
<p>Je me trouvais à Mansfield, un jour où les hommes de loi tenaient conseil pour discuter les salaires des domestiques. Le Seigneur me mit au cœur d’aller parler aux magistrats pour leur recommander de ne pas opprimer les salariés.</p>
<p>Arrivé à la maison où ils étaient assemblés avec de nombreux domestiques, j’exhortai les juges à ne pas leur imposer des salaires de famine, mais à se montrer justes et équitables envers eux; j ‘exhortai également les domestiques à faire leur devoir, à servir honnêtement, etc. Ils reçurent tous mes conseils avec -bienveillance, car c’était le Seigneur qui les avait inspirés. Je fus</p>
<p>en outre poussé à aller dans plusieurs tribunaux et dans des maisons à clocher, à Mansfield et ailleurs, pour engager les gens à renoncer à opprimer leur prochain et à prêter serment, à renoncer à la tromperie et à se tourner vers le Seigneur pour agir avec droiture.</p>
<p>Ensuite, je fus poussé à aller parler à l’un des hommes les plus méchants du pays, qui était un ivrogne notoire et un souteneur. Dans la crainte du Dieu tout-puissant, je lui reprochai sa mauvaise conduite. Quand j’eus fini de lui parler et le quittai, il me suivit et me dit qu’il avait été tellement frappé f pendant que je lui parlais, qu’il s’était senti presque sans force. Ainsi cet homme fut convaincu et se détourna de son iniquité; il devint et resta un homme honnête et sobre, au grand étonnement de ceux qui l’avaient connu auparavant. C’est ainsi que l’œuvre du Seigneur avançait, et beaucoup passèrent des ténèbres à la lumière pendant l’espace de ces trois années, 1646, 1647 et 1648. Des Amis se réunirent en différents lieux pour se laisser enseigner par la lumière et l’Esprit de Dieu. La puissance du Seigneur se déployait d’une façon toujours plus merveilleuse.</p>
<p>VISION</p>
<p>C’est alors que je fus introduit, par l’épée flamboyante, dans le paradis de Dieu.</p>
<p>Toutes choses étaient devenues nouvelles ; toute la création avait pris pour moi un parfum nouveau au delà de ce que je puis exprimer.</p>
<p>Je ne connaissais que la pureté, l’innocence, la justice, ayant été renouvelé à l’image de Dieu en Jésus-Christ, rendu semblable à Adam, tel qu’il était avant la chute. La création m’était ouverte: je vis comment toutes choses avaient reçu un nom correspondant à leur nature et à leurs vertus. Je .me demandai un moment si j’étudierais la médecine pour le bien de l’humanité, voyant comment la nature et les vertus des choses créées m’étaient révélées par le Seigneur. Mais je fus immédiatement amené à voir en esprit un état plus ferme que celui d’Adam dans son innocence première, l’état de Jésus-Christ qui ne devait pas connaître la chute. Et le Seigneur me montra que ceux qui lui seraient fidèles par la puissance et la lumière du Christ reviendraient à cet état où se trouvait Adam avant la chute; état dans lequel les œuvres admirables de la création, et leurs vertus intrinsèques leur seraient révélées par la parole divine.</p>
<p>Le Seigneur me montra de grandes choses, et des profondeurs merveilleuses me furent révélées, au delà de ce qui se peut eXprimer; mais, dans la mesure où l’on se soumet à l’esprit de Dieu, où l’on est transformé à l’image du Tout-Puissant, on est en état de recevoir la parole de sagesse, qui révèle toutes choses, et l’on arrive à connaître l’unité cachée dans l’Etre éternel.</p>
<p> TROIS GRANDES PROFESSIONS</p>
<p>Ainsi je voyageais au service du Seigneur qui me conduisait. Et quand j ‘arrivai à Nottingham, la puissance du Seigneur était à l’œuvre parmi les Amis. De là, j’allai à Clawson, dans le Leicestershire, dans le val de Beavor ; et là aussi cette puissance divine se déployait en plusieurs villes et villages où les Amis étaient rassemblés. Pendant que j ‘étais là, le Seigneur me &#8211; révéla trois choses concernant ces trois grandes professions : la médecine, la théologie et le droit. Il me montra que les médecins étaient en dehors de la sagesse de Dieu, par laquelle les choses ont été créées et qu’ainsi ils ne connaissaient pas les vertus des choses, parce qu’ils étaient hors de la parole de sagesse qui les avait fait naître. Il me montra que les prêtres étaient hors de la vraie foi, dont Christ est l’auteur ; la foi qui purifie et donne la victoire, par laquelle nous pouvons avoir accès auprès de Dieu et lui sommes agréables ; ce mystère de la foi qui repose dans une conscience pure. Il me montra aussi que les hommes de loi étaient hors de l’équité, de la justice véritable, hors de la loi de Dieu. Et je compris que les uns comme les autres, médecins, prêtres et magistrats, gouvernaient le monde hors de la vérité, les uns prétendant prendre soin des corps, les autres dès âmes, et les troisièmes de la propriété. Tandis que ces choses m’étaient révélées, je sentais que la puissance du Seigneur agissait sur tous, qu’elle pourrait les réformer tous s’ils voulaient l’accepter et s’incliner devant elle.</p>
<p>Je vis comment les gens lisaient les Ecritures sans les comprendre véritablement; ils les appliquaient aux autres, mais ils ne faisaient pas un retour sur eux-mêmes</p>
<p>LA STATURE DU CHRIST</p>
<p>Quand je fus transformé à l’image de Christ en sainteté et en justice et introduit dans le paradis de Dieu, Il me fit voir comment Adam devint une âme vivante; et Il me fit comprendre aussi la stature de Christ, ce mystère qui a été caché pendant des siècles et des générations ; ces choses qui sont difficiles à exprimer et que peu peuvent supporter. Car, parmi les membres de toutes les sectes chrétiennes (ainsi se nomment-elles) avec lesquelles j’ai discutés, je n’en ai trouvé aucun qui pût accepter l’idée qu’il était possible d’atteindre à la perfection d’Adam, à l’image de Dieu, à la justice et à la sainteté qui étaient celles d’Adam avant la chute, d’être innocent et sans péché comme lui. Comment donc auraient-ils supporté d’entendre dire que n’importe qui pouvait arriver à la stature et à la plénitude du Christ, alors qu’ils ne pouvaient admettre que qui que ce soit puisse, sur cette terre, posséder la même puissance; le même esprit qui animait les prophètes et les apôtres ? Pourtant, c’est une vérité certaine que personne ne peut comprendre vraiment leurs écrits, sans l’Esprit qui les a inspirés&#8230;</p>
<p>J’étais appelé à diriger les hommes vers l’Esprit qui avait inspiré les Ecritures, par lequel ils pourraient être conduits dans toute la Vérité, vers Christ et vers Dieu, comme l’avaient été les écrivains sacrés. Je devais les conduire à la grâce de Dieu et à la vérité du cœur, qui s’obtient par Jésus ; afin qu’ils pussent être enseignés et sauvés par cette grâce, que leurs cœurs fussent affermis par elle, que leurs paroles fussent pleines d’à propos, et qu’ils comprissent que le temps du salut est proche. Je comprenais que Christ est mort pour tous les hommes, qu’il a été fait propitiation pour eux, qu’il nous a éclairés, tous, hommes et femmes, de sa lumière divine et rédemptrice ; et que nul ne pouvait être un vrai croyant s’il ne croyait pas en elle. Je voyais que la grâce de Dieu, qui produit le salut, était apparue à tous les hommes, et que la manifestation de l’Esprit de Dieu était offerte à chacun de nous, pour qu’il en fasse son profit. Toutes ces choses ne me furent pas révélées par le secours de l’homme, ni par la lettre, quoiqu’elles soient écrites, mais par la lumière du Seigneur Jésus-Christ, directement, par son Esprit et sa puissance, tout comme les saints hommes de Dieu qui ont écrit les livres sacrés. Ce n’est pas que j’eusse une mince estime pour les Saintes Ecritures, qui m’étaient au contraire très précieuses; mais j’étais conduit par le même Esprit qui les a inspirées, et je découvris ensuite que ce que le Seigneur m’avait révélé leur était conforme.</p>
<p>Je pourrais parler longtemps de ces choses, et remplir bien des livres, mais tous ces écrits seraient trop courts pour exprimer l’amour, la sagesse et la puissance infinies que Dieu a déployées à mon égard, en me préparant, en me qualifiant et en m’armant pour le service auquel il m’avait destiné ; en me faisant voir, d’une part, les profondeurs de Satan, et d’autre part en me dévoilant les mystères divins de son royaume éternel.</p>
<p>G. FOX DÉFINIT SA MISSION</p>
<p>Ainsi, quand le Seigneur Dieu et Son Fils Jésus-Christ m’envoyèrent dans le monde pour prêcher l’Evangile éternel du Royaume, je fus heureux d’avoir reçu l’ordre de conduire les hommes à cette lumière intérieure, à cet esprit, à cette -grâce qui leur ferait trouver le salut, le chemin qui mène à Dieu.</p>
<p>Et je voyais l’immensité de ma tâche si belle : sortir les hommes de leurs églises édifiées par des hommes et les conduire dans l’Eglise de Dieu, cette assemblée de membres dont Christ est le Chef, lui dont le Père a dit : &nbsp;&raquo; Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez le &nbsp;&raquo; ! Les conduire loin des cultes humains, vers le culte en esprit et en vérité car ceux qui ne prient pas dans cet esprit, ne savent pas ce qu’ils adorent !&#8230;</p>
<p>Et je devais détourner les hommes de toutes les religions terrestres, qui sont vaines ; &nbsp;&raquo; afin qu’ils pussent connaître la religion pure, visiter les orphelins, les veuves et les étrangers et s’abstenir des souillures du monde &nbsp;&raquo; ; alors on ne verrait plus de mendiants comme ceux que je contemplais souvent avec tristesse, m’étonnant de constater tant de dureté de cœur chez des hommes qui se réclamaient du nom de Christ. Et je devais les détourner de toutes ces choses humaines, de ces prières, de ces chants qui n’étaient que des formes d’où l’esprit était absent, pour qu’ils pussent entrer en communion avec le Saint-Esprit, et dans l’Esprit éternel de Dieu ; pour que, de leurs cœurs, jaillissent des cantiques vers le Seigneur qui leur a envoyé Son Fils bien-aimé comme Sauveur, qui fait briller Son soleil sur tout le monde, qui fait tomber la pluie du ciel sur les justes et sur les injustes, dont l’amour inexprimable, comme le soleil, enveloppe toute créature. Et je devais détourner les hommes des cérémonies juives, des fables païennes, des inventions humaines, des doctrines de néant, au milieu desquels ils étaient ballottés, courant d’une secte à l’autre. Et je devais arracher les hommes à la misère du savoir humain, à ces écoles et à ces collèges où l’on forme de prétendus ministres de Christ qui sont en réalité des ministres fabriqués par des hommes et non par Christ ; les détourner de leurs images et de leurs croix, du baptême des petits enfants, de leurs jours sacrés (ou prétendus tels), de leurs vaines traditions élaborées postérieurement aux apôtres, et qui n’étaient pas conformes à la puissance du Seigneur; cette puissance par laquelle je me sentais poussé à m’opposer à eux tous et à déclarer ouvertement à ceux qui prêchaient l’Evangile que leur mandat ne venait pas de Dieu.</p>
<p>De plus, quand le Seigneur m’envoya dans le monde, il m’interdit d’ôter mon chapeau devant qui que ce soit, grand ou petit; Il me dit de tutoyer tout homme et toute femme, sans égard à sa condition ou à sa naissance. Et, au cours de mes voyages, je ne devais pas dire aux gens &laquo;&nbsp;Bon jour &laquo;&nbsp;, ni &nbsp;&raquo; Bon soir &laquo;&nbsp;, ni m’incliner, ni faire la révérence devant qui que ce soit ; cela excita de grandes colères chez les représentants de toutes les confessions. Mais la puissance du Seigneur me fit vaincre tous ces obstacles à sa gloire, beaucoup se tournèrent vers lui au bout de peu de temps car la lumière du Seigneur nous visita d’en haut en ces jours-là.</p>
<p>AVERTISSEMENTS ET CONSEILS</p>
<p>Vers cette époque, j’eus de rudes combats à livrer : je dus aller devant les tribunaux, parler et écrire aux juges et aux magistrats pour leur faire entendre la voix de la justice ; avertir les tenanciers des débits de boisson et des lieux de plaisir de ne pas laisser les gens boire plus que de raison. Il me fallut condamner les soirées, les fêtes, les jeux de Mai, les sports, les spectacles, les divertissements de toutes sortes qui conduisaient le peuple à la dissipation, à la débauche et l’éloignaient de la crainte de Dieu ; les jours qu’ils avaient mis à part comme des jours sacrés étaient en général ceux où ils déshonoraient le plus Dieu par leur conduite. Dans les foires, et dans les marchés aussi, je fus amené à dénoncer les fraudes, les tromperies, les supercheries, exhortant tous à agir justement, à dire la vérité, en sorte que leur Oui soit &nbsp;&raquo; oui &nbsp;&raquo; et leur Non, &nbsp;&raquo; non &nbsp;&raquo; à faire aux autres ce qu’ils voudraient qu’on leur fît; et je leur prédisais que le Jour grand et terrible du Seigneur viendrait sur eux tous. Je fus poussé aussi à dénoncer toutes sortes de musiques et les tours de saltimbanques; car ils étaient contraires à la pureté et ils avaient une influence dissolvante. Je fus aussi très préoccupé des maîtres et des maîtresses d’école; je les exhortai à enseigner à leurs enfants la sobriété et la crainte du Seigneur, pour qu’ils se détournassent de la légèreté, de la vanité et de la licence. De même, je fus poussé à exhorter les maîtres de l’enseignement privé, les pères et les mères, à prendre garde d’élever leurs enfants et leurs domestiques dans la crainte du Seigneur, et à être eux-mêmes pour eux des exemples, des modèles de sobriété et de vertu.</p>
<p> &nbsp;&raquo; J’EN RECEVAIS COMME UNE BLESSURE&nbsp;&raquo;</p>
<p>Mais l’esprit ténébreux du clergé empoisonnait ma vie ; et, quand j’entendais la cloche sonner pour appeler le peuple à se réunir dans les maisons à clocher, j ‘en recevais comme une blessure ; il me semblait qu’on appelait le peuple à se réunir sur la place du marché pour que le prêtre lui vende sa marchandise. Oh ! les sommes d’argent qui se dépensent dans ce commerce des Ecritures et de la prédication! Et tous s’y livrent, depuis l’évêque le plus haut placé jusqu’au dernier des prêtres ! Quel commerce est comparable à celui-là? Et pourtant les Ecritures ont été données gratuitement, et le Christ a commandé à ses ministres de prêcher gratuitement, et les prophètes et les apôtres ont dénoncé les mercenaires et ceux qui se font payer pour pratiquer la divination. Et c’est dans cet esprit de Jésus que j’étais envoyé pour annoncer gratuitement le message de vie et de réconciliation, afin que tous pussent venir à Christ qui donne librement et qui renouvelle les créatures à l’image de Dieu.</p>
<p>Le matin d’un &laquo;&nbsp;Premier jour &laquo;&nbsp;, je me rendis avec des Amis à une réunion à Nottingham. En arrivant sur le sommet d’une colline d’où l’on voyait la ville, j’aperçus la grande maison à clocher, et le Seigneur me dit : &laquo;&nbsp;Tu dois aller là-bas protester contre cette idole, et contre tous les adorateurs qui y sont rassemblés.&nbsp;&raquo; Je ne dis rien aux Amis qui m’accompagnaient et j’allai avec eux à la réunion, où la puissance du Seigneur se fit sentir parmi nous; puis je me dirigeai vers la maison à clocher. Quand j’y arrivai, l’auditoire me fit l’effet d’un champ en friche dont le prêtre (semblable à un gros bloc de terre) se tenait dans la chaire au-dessus d’eux. Il prit pour texte cette parole de Pierre: s Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole des prophètes, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour commence à luire et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs. &nbsp;&raquo; Et il dit aux fidèles qu’il s’agissait des Ecritures, pierre de touche de toutes doctrines, toutes religions, toutes opinions. La puissance du Seigneur fut si forte en moi que je n’y pus tenir et que je me sentis poussé à m’écrier : &nbsp;&raquo; Oh ! non, ce ne sont pas les Ecritures qui sont la vraie pierre de touche ! &nbsp;&raquo;</p>
<p>C’est le Saint-Esprit, c’est lui qui a inspiré aux saints hommes de Dieu les Ecritures, car il donne ainsi la connaissance de toute Vérité. Les Juifs avaient les Ecritures, et cependant ils ont résisté à l’Esprit-Saint et ils ont rejeté le Christ, l’étoile brillante du matin. Ils ont persécuté Christ et ses apôtres, et ils ont prétendu éprouver leurs doctrines par les Ecritures, mais leur jugement a erré, et leur examen a été faux, parce qu’ils l’ont fait sans le secours du Saint-Esprit.</p>
<p>PREMIER EMPRISONNEMENT</p>
<p>Tandis que je parlais ainsi, les gendarmes vinrent et m’emmenèrent. Ils me mirent dans une vilaine prison empestée.</p>
<p>Mais ce jour-là, la puissance du Seigneur résonna à leurs oreilles, et pendant quelque temps, continua à se faire entendre en eux. Le soir, on m’emmena devant le maire, les conseillers et les shérifs de la ville. Quand je fus introduit devant eux, le maire était irrité et de mauvaise humeur ; mais la puissance du Seigneur l’adoucit. Ils m’examinèrent à fond; et je leur dis comment j ‘avais été inspiré par Dieu. Au bout de quelques minutes d’entretien, ils me renvoyèrent en prison.</p>
<p>Un peu plus tard, le shérif principal, dont le nom était John Reckless, me fit venir dans sa maison. Sa femme vint à ma rencontre dans le corridor et dit : &nbsp;&raquo; Le salut est entré dans notre maison. &nbsp;&raquo; La puissance du Seigneur était à l’œuvre en elle, et agissait dans son mari, ses enfants et ses domestiques. Je logeai chez eux et nous eûmes de grandes réunions dans sa maison. Quelques personnes de haute condition vinrent, et la puissance de Dieu agit en elles.</p>
<p>Ainsi ce shérif fit appeler l’autre shérif, qui était son associé ainsi qu’une femme avec laquelle ils avaient été en relations d’affaires; et il lui dit qu’ils lui avaient tous deux fait tort dans ses affaires et qu’ils devaient réparer ce tort. Il disait cela gaîment. L’autre shérif nia, et la femme dit qu’elle ne savait rien de cette affaire. Mais le bon shérif insista, affirma que l’autre savait fort bien à quoi s’en tenir; et ayant expliqué ce dont il s’agissait et évalué le tort fait à la femme, il lui restitua son dû et exhorta son associé à en faire autant, et la puissance de Dieu opéra en lui un tel changement qu’il eut, lui aussi, de grandes révélations et prêcha au peuple, dans les rues, la repentance.</p>
<p>Plusieurs autres dans la ville furent également poussés à parler au maire, aux magistrats, au peuple. Sur quoi les magistrats furent très irrités; ils me firent chercher chez le shérif et me remirent dans la prison commune. Quand vint le jour des Assises, un assistant se leva et offrit de prendre ma place.</p>
<p>La puissance du Seigneur était à l’œuvre parmi les Amis; mais les gens commencèrent à se montrer grossiers et le gouverneur du château envoya des soldats pour les disperser. Mais, les prêtres et le peuple étaient étonnés de la merveilleuse puissance qui se déployait; plusieurs des prêtres furent touchés, et quelques-uns rendirent témoignage à la puissance du Seigneur.</p>
<p>Après avoir été relâché de la prison, je travaillai comme auparavant à l’œuvre du Seigneur. Arrivant à Mansfield Woodhouse, je vis une femme démente entre les mains d’un docteur elle avait les cheveux dénoués et il était sur le point de la saigner, après l’avoir liée; beaucoup de gens étaient autour d’elle, la maintenant de force. Je les priai de défaire ses liens et de la laisser tranquille, car ils n’avaient aucune puissance sur son esprit, siège de la maladie qui la tourmentait. Ils obéirent. Alors mû par l’Esprit de Dieu je lui parlai et lui commandai de la part du Seigneur de se calmer, ce qu’elle fit. Quelque temps après elle fut guérie, et plus tard elle reçut la vérité et y persévéra jusqu’à sa mort. Beaucoup de choses grandes et merveilleuses furent accomplies par la puissance céleste, en ces jours-là.</p>
<p>Pendant que j’étais à Mansfield Woodhouse, je fus poussé à aller dans la maison à clocher, un Premier-jour, en revenant de la réunion de Mansfield, et à annoncer la vérité aux prêtres et aux fidèles; mais ceux-ci tombèrent sur moi avec furie, me renversèrent et faillirent m’étouffer; je fus cruellement battu et meurtri par les coups qu’ils m’assénaient avec leurs mains, leurs Bibles et leurs cannes. Alors ils me traînèrent dehors, bien que je pusse à peine me tenir debout; et ils me mirent au pilori pendant quelques heures ; ils apportèrent alors des cravaches et des fouets, menaçant de me battre, et me jetèrent des pierres.</p>
<p>Au bout de quelque temps, ils m’amenèrent devant le juge, dans la maison d’un chevalier, où se trouvaient beaucoup de personnes de rang élevé, qui, voyant combien j’avais été maltraité, après beaucoup de menaces, me remirent en liberté. Mais ces gens brutaux me chassèrent à coups de pierres, et me menacèrent de leurs pistolets pour leur avoir annoncé la parole de vie. Je pouvais à peine me tenir debout et bouger par suite des mauvais traitements que j ‘avais subis ; cependant, j’arrivai, au prix de grands efforts, à m’éloigner de la ville d’environ un mille; là, je rencontrai des personnes qui me donnèrent un remède pour me soulager; car j’avais .des contusions internes; mais la puissance du Seigneur fut sur moi et me guérit. Ce jour-là, quelques personnes crurent à la vérité du Seigneur, et obéirent à Sa loi, ce dont je me réjouis.</p>
<p>En partant de là, j’entendis parler de gens qui étaient en prison à Coventry pour des motifs religieux. Comme je me dirigeais vers la prison, la parole du Seigneur me fut adressée en ces termes: &nbsp;&raquo; Tu as toujours été l’objet de mon amour, et tu es dans mon amour. &nbsp;&raquo; Je fus transporté de joie et mon être intérieur en fut grandement fortifié. Mais quand j’arrivai à la maison où étaient les prisonniers, des ténèbres me saisirent. Je demeurai tranquille, laissant mon esprit se recueillir dans l’amour de Dieu&#8230; A la fin, ces prisonniers commencèrent à pérorer, à se vanter et à blasphémer, ce qui m’affligeait grandement.</p>
<p>(à suivre)</p>
<hr />
<p><small>© nicolas for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/17014/georges-fox-journal-de-sa-vie-de-ses-voyages-de-ses-souffrances-et-de-ses-experiences-chretiennes/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/17014/georges-fox-journal-de-sa-vie-de-ses-voyages-de-ses-souffrances-et-de-ses-experiences-chretiennes/#comments">5 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/17014/georges-fox-journal-de-sa-vie-de-ses-voyages-de-ses-souffrances-et-de-ses-experiences-chretiennes/&title=Georges Fox: Journal de sa vie, de ses voyages, de ses souffrances et de ses expériences chrétiennes">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/autobiographie/" rel="tag">autobiographie</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/georges-fox/" rel="tag">georges fox</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/quaker/" rel="tag">quaker</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/quakerisme/" rel="tag">quakerisme</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/william-penn/" rel="tag">william penn</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/17014/georges-fox-journal-de-sa-vie-de-ses-voyages-de-ses-souffrances-et-de-ses-experiences-chretiennes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Eglise de Smyrne, par Alfred Kuen</title>
		<link>http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Oct 2011 20:39:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[20e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Bible]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Etudes bibliques]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'Eglise]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[A.Kuen]]></category>
		<category><![CDATA[Asie mineure]]></category>
		<category><![CDATA[culte impérial]]></category>
		<category><![CDATA[idolatrie]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolaîtes]]></category>
		<category><![CDATA[Smyrne]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=16526</guid>
		<description><![CDATA[caef.net/koina.org La ville Le messager qui partait d&#8217;Ephèse trouvait, à une soixantaine de kilomètres au nord, la ville de Smyrne, « la gloire de l&#8217;Asie » comme elle aimait à s&#8217;appeler et, avec Ephèse, le port le plus important. Située au fond d&#8217;un golfe de 70 km de profondeur, et à l&#8217;embouchure de l&#8217;Hermus, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>caef.net/koina.org</p>
<p><img alt="" src="data:image/jpg;base64,/9j/4AAQSkZJRgABAQAAAQABAAD/2wCEAAkGBhQSEBUUEhQWFRUUFxwaGBgYFxoYHBwaFxcXFRocGhccHCceGhsjGhobIC8gJCcpLCwsFx4xNTAqNSYrLSoBCQoKDgwOGg8PGiwkHyQvLiwsNCw0LCkvLCwsLCwsLCwsLywvLCwsKSwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLCwsLP/AABEIAP4AxwMBIgACEQEDEQH/xAAbAAACAwEBAQAAAAAAAAAAAAAEBQACAwEGB//EAEUQAAIBAwIFAgQDBAcGBAcAAAECEQMSIQAxBAUiQVETYQYycZFCgdEjobHwFBUzUmJywRYkgpKy4UNTY3M0g6KzwtLx/8QAGQEAAwEBAQAAAAAAAAAAAAAAAAECAwQF/8QALREAAgIBAwIEBQUBAQAAAAAAAAECESEDEjFBURMiYaGBkbHB8QQyQtHwcRT/2gAMAwEAAhEDEQA/APf1mpClRQKjSVZBiCxGCD2OSZ86F4vlF/W1NVKwLlW94kAxgEQswNzoLg+Rh5ZKoMBVBCAbUUAkEkGMQNvm/vHTHh6hpKlBJqOCZ7BVLMZO/sAP4AGNVBuSUTtjOlgUVqaUK7OlMWlbg5SxiTcMiBbMEnAwm2dU4LjqNKHSgFJt2+b9pDQMZOVJGJn209NTiBuimNxcVJ2yJwMzgk4EyNtLqnHuVqKKTAw8liMXMYBg5wWmD28mBt4Lm818w3YtdAGhzCg3Eo4oo1WZvV/71QUgdoJ/xATgjGjeHq0qxrg2xVCM37SZBSIJB3A3A2J76K/qGncIIQ92C2kbbGmVPbz99cfhUQxUsaRJLLAwRk3E3FsGSdx76UpaUo1fGBQ3XXxCU5dTQvUbpNRArEncQAO8SQO2frpRW4emqWURVdSEIIYMogsEHW+BIM4jAB31olXh6TmaQVlZohbiABO8CJBwFJGdxnRlLm9IE9JE79I3LFDJmBJzPcfvheHHuxyc7sDFE1CpJYFtlakygFjUqdUt3lkjsCPOtOG+H2UjqAIKwQpHy2wSJ3w31u9gNNeKoJUW0kwCDgWkFTMg/wCn/wDNY0W4hQbmWoAcACGKwdzMXSQMCBHvh+WauDohuSQv4TljUnT1KyqNizA2j52E5GJIGYEn8i14RGZAdpzn7947mc52nXKdS+4pMgwwIgqcHP5EZ8Ee2smDAG54GT+USe38NYSUnacXZqlVNMnMblQAAFmYASRC4LSd5GIjEkxInWTeqzBCsF+lLXtBJBZiSQTgDGJ33kRlV4xGU01qB2aICdZEsDJjYRJ321tzMBkIYSAV3F2zAxHfvrp00oRjcabdEvfNtYKUubojCnFlqiTKnZjTxBlzcpHSD286yPxIhW4tDMMA5JuCEGBsOtf3eRoI8tAt9KepAT1GDaQV+UxhiSD5yCN9X4dKS/Mlhx3aAEsjP1Rf+VfectWMdzu2denpPanEZcOtJ/DlQJzIN0sCwiDJkiZg+CNM+V8BSvEIimbgbRN2MjGCYH2GlPL6CIJQASBkGdhAzphQqkdR2nz99YPXlwm6MtXStO+T1uprHhuJDqCDrbVHmE1NTU0AcbbXRrjbak6AO6muTrugD563KwgDySCE/GQc27ljBBON/prT+itTR1SlBa1oVu3TKk7qbRbAkYjtqlQcSVUNkQC0QT0ECVJ2Nqhx2lmB9oavESSVljHdR2uOJ+WZAODBHvrd60nGmzuSynRlTFaCywirbfICwHARcMOzDcCP4apW4WtLRUyylple1OxSDbuWJk7ZnRwa+Cq03YLM2xYdrCWmXEbiBMyBjXRy5mpmoi+mbSS5a3bJ6QCoEjvn2OoTyVirfAD/AEqsrgVI2Ym5qYxLQScWx7T32200pUWDK7MC6HpJWVAtKkFLhO+8g7dsFVzbgYYllencpVUYh3mrTgG4HzTfpnzkaGSi4Yj1m7BRdcoN4IU9QPaM/wB45EzpOHVYKUt0aXA4HLEUAAIR3aFGTEz7nG3j6aWFnElqV+TEoICDKzH4pJJnxuNa0eUeso/36nEwyX3Zd3ZVbPVMCDA+UwNbcN8OPU6TxaMeoKodiGNlOW/xjdoiFLGNtPZT/Jn4kVyzE8zqliAJGR0o2RcUlTJUGOoDYZ330VT42CLrAwkOReSLkvhlwAqrmRPy7DMn8Jyh6VWKrh1vqsAC2PVYsFCkRgkkmZN0dhrlTlvCvVKMaysWPUxBBdXukTI+aqMQBkCJ0/LdLgzlqrsLuMVKjl7biolGVaZuddpvk2CD1AjvnA0DwtF1AFNwGgkQ2TtEyDIUdIjGxybtPanIuCZccQVDbgMgHULBi3EBIAxFp8k6y4j4TUsKlN76ZY3FFDMOuSUABmCBjMZMHbWniOqtjjPTd2LhwvELIR4BJgm3vt+HaJ2zOcjWHD8NU6HqthiDa5X++GJGB1FPGIO2teM+H3mwEAkjBUYUMSCUHy9LfLnJ+sVo8jFIhWqhVwDUtkC0FuoAgsZ6bjGAvgatTcY23l8Gm2Mv28dRlwiiJjLZyJIBMgZ8A7fXWrIDuF/5f5OhqPEiACrnA7ew98/zOupWdjhT+bAfugx/O2vNlOd2/qduxcmZ4crlCPdYMkbYEZ8/rtoxKwcAg4GImSO+e2d/5jWlTl7rTDOHUQA0AVJZiAtiqwIX/NG4xudYUuT0zVN9YKR/5TCSZyMiARuRk/bWzjfKMFracl5pcBnD8UUyJz/P0044fnQ2b76RVuX0wYo8UrErMO6kRKr86xBJYQCDPb2A4ylVCOQLlVmW4EASswDlfxADYCPbTjB8I55x0p+ZP7Ht6nMKaoXZwFXckwB9dEA6+Q0+Z1RwtX1W/aQYtYE2k0QCQjEDJbP10x4/4jrRXVOIVRTqJDJBARqtuWDYb+8rRFpjDa0ek0c/hM+mnSDnHKK1SuKlOwWUyqtcVe5j1fgIiyVGekuxgkDXl+I+PqytVCvTYKjlbkAhqb00zDyVNx3C7AjWXGfFdcVVZnpB6P8ASFyCqMFFJh0X/NGJu8/TRGLWbF4Uuw/4rg+Op0yfVZzAEJk7UwI/ZkjPqSYM42nE1jwfxw711psqAGqVIE3BBw4qg5be8xO0amqtx5SEoy7A9Dl1S5S1QOpEhWBYG4owUzkraIge2+dE0OEVXZWAu+YBCyABycWg9ojHYjbQnDc+X01NhICLBkD5kJA3Jkwfz1u3FIRSqZEwRMTDqfI2yCc4t1zylI69O2+oUXCAR0rsSFLWjJmwZOYH5z21Qc/NGnUWogC01mCCpYuVaFmQtt8kHa5B5OsuI5lTAqBiUt2ZrbTIU4KnHzLvG/109pfFFArcXgDBmRBzg/mpH1UjfT0k0sox15Js8lU4ikWsFJul5W0gQRUegpJkRGT/AIZEdtY8Jw9NyFtbPVk74ZZ37FSM+J317erzugZX1Fu+WNzJNsY98HW9KojAAxPv/pqpLtghatcnmeYcop0aBd1aVggeraDBVYJz7HYnGM65w/MOFWorotZmpNbCkFemnToz1EYtZR2OCSIGG3NOGet+zGQLvx2ZtIUyFJwTOxyAe2l54DiKbQa6IsBopr+Cn0sQGRt71MSZIjYnWkGmssh3dsLr/FdGCwpuxHaFB+Wq2xaf/CYQRO0AgzrKrzThT01KbC5rGEYDvUNwMNnrEkid1PcayCVzM8TSNthMOgyCkyfT6dnBJm4Ni2I1qnC8TfBqUXAZAMJcWVGuJ6IBuKyIm2YIOdG1Ik5yilwtVAUpMBZd874W51A32JNSR3N0g769DwVBFQBBC5O5PzEscknuSdLuScLWVia0TYoJAADNc7GFGIAYCdznxJZvxSgx31nLkYLxvKw7XCATuY/LcZ20EeQZy4H0H66acfxBRCwjHnXj+I576hADAhpzMeBnMgZxsTECJkS47uTp0I6ksRdIrT+G3NRvQclC03QQMXAoCZDKDB23BH0M4T4Z4ggF6gXoiA7SD2lh3B3I38a0oc6q0/DqB8sKpEDtAA/L+STwfxRTnrcZ+/8Ay7zpqafBpqw1fwN6iBxYwMAqZ7SpDD94Ggk+FKAa4Ag5yD2JDRtkSq7yehc41nW55QtNrmRt0uc9sW7nS7ifi1qSKYVy1pw4aFKuYba1+n37xJEG0pdDkenNcoYv8IUT+KoAABAYRAVEzjMhF37iRGu8NTHB02vN17kiLVgLTAgliAAEp5Yn7ncN/jilJFjkK0EgrEjI3YYOM7DvjOhOP+JaNanFSnUMEnoK43GD6gMlWIwfI+rqT5FtYz47nXDVJSoRgkBsGDIWVIkySYEdwR2OvOCtS6grzgsB6TC7AOCCRkZkgDPbXGpUaj20w6nySAEtqC4AhyJBzA/vT3OnA+HKKi+m5BG0k+wgydsD7DxqJNLDX0O2CWmlcnkVyFZwyq8DLUzessB+IqB3GPYaqa1JyJCLcfme2FxcWYTduO8ZIyNGghSVG5HjEAgk/wAzrP0bTMziJEjcz3+i/v1lujy4+507b8vXuAVuc0hUToUsZlwR2BAa75oIBAmCBjXdM/TH4hM+07ZEzvqaXiRf8Q8scIypMppm3qpqFliYiSUgg5MMp/I99Z1agJRkZRYZFyF0IPkLEx7H9dc5waVD0mJQG7pJYAiTLGWkxnyYunXa/NUUTUayImSIgiRB99h/DVtO1KKZjHi27AatKmQpYo3VLoAUKtUdaHWGPTCuSALYt74bRbcdw1zH0md6dzTPSCjNVk9YuF84HftGl3MXvIqAqU/AblVWC1aZgljBDL6m5zGtE4mqwcqFCOHghaZFrSqhqiqYBInMElYzroWabI1ILbSHnALwdSolJUqK0lQL/lNI/ihyVZvR3OT6Yzr1bcOpzGfIxrwaVuJVWdKaXIGVWC8OpVmqrERO6OOmQBOWYt0+v5FUqGmTVkEu2D2/vD6B7o/wx21M11s4WHmkJmNL+M5ZSd5YkELkBiAVDh5I/wAw0z0DxHBMxYyBIIH0NsfaCfz1EeeSJWlhC7/ZnhrQYMEQMn8VP0vH9yB/wg9tY0uTU6VUVULCCcmIEyI+UEgEnE7kEzAh3X4UkKBEL7kbAgQR/ONRqJZAMbifoDONVufcluRbh2JEyPt41f0BMkCfpqcNStUA79z59/rrQ6zZa4FHPn6CpnqFozgFgRJxOP00g4ng3Lioaiu85LKBgwJAAEEBT9z+TP4iGSYVoUiGBMTHUP8AEsY+u40isqAsBMF3JNyZBPSN52ziNoiM6TfZndoxqN0c/qOpaf2onAkNECWJgdvmHbsNUTk1VTcHBMsZkwbojb3F3uTB7a0o1q1wv+WBcYXe0HMRAu2gdjPnRlx77aylqSjizpS6/wC+oLy3lNUVFLMxWcrdM4AEkr1YxOPO+mnMqFMuhKIBDSflhh1BpGdlOd9tDvXhRm0GDJMe3fb+fbVadYu0bhc/nGI94kz9pzFxm7yZqP8AOyvLuHRwSWYU5ayAuwwTlTIOd/P3y4vgRBsaQdgUQTGRsMZ+v07aP4bijsSNoBPmY+u+g+ZcZVV0VQTBMiBmCgibYAi7x38AFb3J4NLmpNr/AHsLuPcpVU0EaxjkEKz5ZLgzAHfrOWG2+y6rQ5zUYYp7Wgi1pBY9Qt7xnx2PuSKvGVCPlmATIpMDMsBAKmBgAgiRIO22HE8YXn9kLhIFveLgcjYXAASR8wOtKb5SFCSSp2H8u401JLKVVWO8jsLf3tn/ACHHbW9SVJBnWNGp03RUOVhQJW0jMswvkEGATO3vomnzJACDEDcMYjwOrbWWpFtKi03baQBwNyk3qJMkZBMEsbT7AnGe/tOu6PPEIPwAe/1+oOu6z3S7iz2Yq59w9RjQZRVISmxJpqGILBYENgyBtrDn/Dn9ixQslN5ZQMwRExjYxj30/wCBrlqaGIJG2fp42O+s+MpgowI3ESASQpIuIUfNAkx5GtVPzJdsGUW49BNzpPU4ZQqsAXQ22EkANklR43j9dPvhrhaT0FksCoAqLb6YYhiVLJ9fET3HbSjiucql/WGCwVuBps4JgkSI38gYgyAdbcDz5qZLmmRdHVJICrUsiIna4zJ3GDga2hCcY01gy1mnEZJ8JqI62hQADbJMFjhuwhoI72p/dgnck5AOHe68HotICWj5rgQLjAA7CJLMTOIEPxK5oXovUzBQCCwH7SxjiJAAYzjttq9bnFcMf2NwSoaR6WBdmDGmVyQE/s7myP2h/unVLc1yccrvI64iubGYfhB/M4I/n31xKzKjM2YzERt2yTpA/wAQ1AYqKHEkMqU3lWVmgZJlnCEqBEEruCCXHJeJ9WiC6WMSwZOrcMV/EJ2jfzocaWTNp2F0qhugkTEkAHE7fXv9tZcHVLGewnEHacEHvtogUQsx33/LVQi0xOwEDJPcwN/eNRgKdlKXEMzEdgSNjsMb7b41lzvhGq0GRdyV8fhdWO4I2B3BHnW9OmqnB7kRcTk5OJ30LzCk5+U40N1lFwV4bPPV/h6uzP1r8sASIMF4WLQAArR4keNU/wBmao+aobVsmXXYM5YkR4CGJibtNqnECkQwJeNxvn28mdtX5qprUiQrgowvpmJIAkjpJDYYMBJB28jTjO+h1XJNLdhnneEUlfkyUQeozXMGX5ioGCGPuJEbzGtH4JgOqo9xyIjH/DG/10HS4uqABE7QxUmZaLjkRjNu48wNa0a9YsoanF5i4hkW4tA6jIj7nWM1OTxR3JqARTDKwdXlxJ/aAusEEfLcOx7RH00lTldYl2RghcWblWFqoMlVEAFQe4IOw09jeQBYYOZHSbMGMiR4+3alBVdoRotXqnAuBAEHzGD/AJRpLUnG0DjGfmYAnLqwqKwcQrMYns7lvA8gkbG2Nsmi8NxGLnDQFkliepXDY6c4G5yJAEacPSt+YRpRxdKuDUgEgnoEjAiD3G5g/QHbu46rlzRUoqsZGXCKwCgtkASd84B1pxAAMLAEdsDOf46V1avFFbeqCX6jb3utiDIiE75kjtOqPzCvmEVisZCzkqTBjaLfP/irtGh6KaxIlSdqVegyr8VbTnycAbyBgDVaTOrByyBh8oKX7iDMkHAJ7jtuNRWEr0mb26i0qV3ChOxHTJ72nJnHaijcmB3J2H1OwjSpwSrJcandqgD+tClwcSiMFDQB2nqY2j238edTW5NA3QoqbSyoHk/5zC+e86mtU11v5i2xfT2L/wBeMVzTI6Z+Y+fxQpK9hkZOPoPxXOmCmFIMmZMEC7GIwCDAOZKtjVafObAzV6NNqUhZChXBKBmtcE3ECTkDYQSdEUecUQpeqjOFaI9W4ElqwAi0dQWkWggZIzrTwVykce9R/dZrwXHCoxSwWqp3gwVKrnGIn3jydNKHFCgwMt6YHUs3AA7EA5Ax21txvJAiEqACxlsTJB7ieoECCPGNef5nwVSKrKUWQrWopUD05Nq5ODJO2/bOssbua+41Pcq5R6HnvLzVphqMDedx+Bgpx4a0/UA9tLVp1rBTR0VAVtF1pJHptutKB1KxkLn1DgQNKa1arTYKeIEAnKVHZSrIekuBOFAltx83cQfQ5FXC9NZXi0YZgIsgwYkYM3AmcTsdatOPDOdLHm+Ay4bg+LvL+uHF4JAAFyJkAXABbhKkTjeTplyyoPTpqtQVGRFBIMzusydxKn6xOdTk1JwtrnqtEkQeqACfvnQb/ByiLXaelSxiQoqer0WqAhumLYADbGFASkpLJlJU6PQFsaT8840XrSZrASjXgqCCC9RYDKQf7I4jcrGh+J+C6TCAxUQRgLu18mYnZyI26E/uwTeJ5tQpsQ4i0qpcp0g7gXbSA0+BJ0JLpkk8tUqcNaXX1QXLOJ9NG6nuZgzd1CFh+QOSBomieHp1C6F+gs6qVQL0JWIF24/GBd1QoxAnXoV4zhpZSaII7GycNbMTtcfudXIos0NTWbp+UbyDMx3IH21TmPLOczpUAJqkKDjOAfr/AD30n5rRq9Y4Rum003IqbVCbiSxab4Cp5/ajxhnzvhVq2Bj0HB7ypZWI+6j8idKeK+GCow4ZYDMWANzgobmXbcVDvn1m8DUw2xKy6s89Vp1PVaMxJAUkgEhTtO8k9pE6Oo1HZiKgG07HPy9iTMTBOhafKAGj1JggAExcAQ2xOQRgj2HgaF4us3DtTLNJqS4lrm9P8TFVJghZi45tUZIIEzhvxE9NTprcxxXqsKZtamoVrYulgLLy1kbQd5940Jw3MUAUAYAXA6iAWKH5Zkgg/XOsafOqQAFakLjKmGAmapQBi3337HGsT8QcNBK0nctkFQIzY0XTBa49vGoelb4sTm0qscJzlFnqwGjvGSVByIzGtF4hXz1NdaVIYqBmWuTF0rEYP5b6Xf1S1ZFe1EUgMCCztBlu5UL8xJwRnOiKHJwQAS7gYgtC+0qsA/mDrJuMeBpN9Qd+alOgmWnYhiTlpIprDDt2P5iDri8xrMABwzgSJZgUALLJ8tAje0b/AHbUeFFJSEWIEvYsAfW0bb/v8azXi0Y23ifcx3YfnlW28ap0+Ign3YHxtFyim4LaSQqD3Ey7zJiRsuqpwlOA8XRsWJc//VMGfHjTGrWRsAgxJwPJPvnbtOh6HD3MwRbt2wQB0jryY/vLjyfYnSUZPB0xnBRtkrCdiYJm3vP6aml9biWaQgtGIJBk9yZyIyB+R1NT4L6tGq1VHGQmoeKCwoxYcgqTk4InvG89hiDrejxZpIz1gVhgAykBiMASQQCJz1eTv3zHMa0kKqkL0zaYBEYJDHtme8RAkay4/jW/ZB0ObXZbTMh1mYmAvff5hvGt1uvp8DzEk8HouH+MKIgVai7fMSFHbDAmQ2YgA99oIHOL57wxHzIMHquWBbbPcGeoHbbXjhwt6O6U4q+vG5Obg/UDsJ8x576seCQU3nhiYe0t6jD5qjgjIttsohQxOC6+Z1tshLBzzgoSsdcR6VRSbxapIYqJUEiCC0ROYidzpO6U7iULle7KCQCT6YiBAHTUQSVkswHbTzkVtSo1NEel+0qNlgzB6bUbWAIhRmChG+cyTrfjPhdRVDuWaSSflyWa4nCyMk4ERMiDJKUY6bq2Lxd2KMeYcwfh6vDU6TTTpIgqG5eoNbTHSTLWrNQgRuugeC57xZBuYtctNWkMpDDLFYYADsYENgg9tMK1HiGrLarFErP6kmBa1b01CoRlUoAPAj5gcmdLqPD8cqN+zLl0VTfTEqwpi5lg7hiYgdRE5wNbRSroYDGh8VcTNIPSQl6izCuAEayZNxhluJk46TtGvQ8fwVELUqOCRBZoZo/s2QkLMSUJE98eBryh47i4P+60m6QMUGMGOGltwWH7Sr02g/svY6a8JzGtUqrTrJaGa0oEYKUPDsz/AD5cLUCiQoHWBJkxM49VXwEWZOEVwlQGnUJU+nc56mZY+QlbjCzGYica1PPqD1FYOOwE3CS2VAkdxmdhjzo6r8PUWEQwm2etshHvAMkyJx9MeNXTkFAFSEAKkEQWwQIHfxiNZPa1myk6FVbnJgiot0gGRTqAK2blIMyRAyImdtR/iARC0iQQJuNsYjwT+YGvQ1aAYQdCcdywOsKACO+spX0NtOWlhSXueA4zg6jVwQxRSHupjKsWLwSTEwCo2kCmI9lHC0Xoy3rsbuphY1MmSwB9Sl1T0nGwgxA17fjuXMDDCQNjt9CI76X0uVUYkrkjIBESJUeIxP301rWvNiju2xq45EvAVh6glKUnAeK1V7zcFP7RDEWkz4054xGJDU0I2lWqTOCCWY5jaBkCMgTiHgKSsSEBJ/FLAoZbqAGGPUcEj95GhlSovyg5IJyuWDAtGelCv54GM5T1E+GhbM20zT9upBBE5iCv/DKzGRgjRfDPUk3SBdj6H3ntOhqfFcRYMbdgIySBvOMT/wAujOXu7yT2cqScAx9Tv+njUamV/Qb0nbNG4cnsxJ9yAR7gGCPZsY2zoGp8PqCLWa6ZnGB1m1TEjLnz7zA07rDe0kjEgZH5ZzqlOlBliNjicg/rtrPe44TJT3Lc1kVHkPo9ayTbkMRMGoWmIH8iNcqILgsBsEi7sARJyP8AFt7nRvG1MqJGQs57HwPrA/PQ9SmrkSVMGRscjHv5/eNVKfWVnRp/trAOnGzPpnMTbAMQbcZj28a7o+jyexfVELOANjEk/wATqab1q6fMypTzYGjV6rA4YKQC11o+cEgC2fkAEGcz50XQ4Mo0kU1IABKCA1syzEmbjOTPbc6A5dRqqVb1FZUS5gjM0lkaVIIi4EKYx+/R3F8aLWEI0gCEb1AbwTGy9QUMSvcEZzrXUecI508m55ZWZKbUXVwoAwQoKoelZE3khmzgSBtmRE47i0c0hBYKLoVYuNMEQZE9czH4QYzpfw9JWVy/EBMLmxn6YpGJDRCm0iDImWOTpry9qNKtcKjFo2KOpdiXAhmwQSQBOJjyNbKKq/scrbWGeg5G1Rqd1ZYcFgDiSt3TttjtJ98625lwhqparWE7tEkDvHudp7fbW3DEFQymQwBB9jka21m3mzNHmTyDiFVVTiCLVC7sotUU1XAPSZViSMm+NtWHIuIRVWnXwFIyTiAyrAg4iz6FSc3Y9BVWYzGrnVb2AHRQ0wJ6ukAnO+xOT39zOlj/ANKUkpLSXIvtIAklAApUmQo3OPUHg6drTgEalJDuT+WpsQr4TjeJNUK9IKpYyY2UBozeZyFzAm49OCdNzUA76Ucw5pVSuFWmzUwBcQjHs5ORP+AAAbyMCSBU545UOeHceZumReYizAhR1drxg6pxb4GegapiRnXmeZUeINZzTEBrTkiRAIESCAs2kjcw0HMaf8FVvRHIKl1BtO4kAkfl9Nb4386nhjT7nk44pQqOwKEWwCoksYUFvmWJXOch/Kxi1LEl0ENbDEbhrIlYEFp7dxp7zjhEYi4ATg43HjXm+d8AH6Q4CjayIHSVXHaAdv4ay1NSP8kd36ZPiL9i0e8RCt6jL85MGy0HpJKgTkyNWbhyFOzTbBuZbMkk2j55GNxsPOkPE8uI6i0Q87TC3q2PEQT7ByNMeT0AjMC10iDG4KscxJ7mPy1Dlp8xo6ZaclFJ8GFFq4AuDGI2t8AnHc5jcSUOc6v/AEusCAQbVtuIUhRdgk7hOqNyNp0zqi1hJ3GDgAz4nzqNRnaYMSJIBgyJGzQdStaN1KI9tq0ycPzVWEo0g4kT3AOTHj92r+pdNsGBJPYDOSe2x+x0tPw+CFl2MCO2wVVUQIAItGfczvrZvhcCBsbpClBAn1Itz0/2p28DfTitF5tkSco8VYTWqECUqF1cKrAWgMqzgYkZJ77SPB0upctZl+cgwVMBkyFUAwDMiJPn6DTn+gJSphP7Rr7mk2yCWa2RMZ8bxBwdA8N1LKBDLZOXZLXLELU95tJO4H5a1uNZZEG5K9oy5TwLJdUqVbgZFgugElMwTGy7Ri46mkHpcQgCAkgKv4lwQiSCSMZkicmT4zNEmn1RnHRvJ6TiObUwCj3I1JTM5wloJgSQDcpBO8jyNANU9UW00LZkgA46iAZBEAwertO2vSV+U0WUzSQzk9I3PfV+X8tp0wSiKpbcgRMbapqN3RyLUaVCDhfh6j6kOkgnYs2OkKdjuYkncznTqryCiYNpBUQpDNiAQIzHfuDsPA0PzHlzs4se2AfO+PBEbQZBwTEHQdHk/GIYWuLTAOSxAVQgIvU5tE/5iSZmNOF1lhOW52ekpUwqgAQAIA9hgatrztLhOOnqrLAPYJBEDyk7/Tv7RyzjrslLY2BAyVbvaCACV+toyJMVt9UZjfm3DNUostNrXYQG8TiceBJ/LSXh+H45S6CopVfkLQSYRyJJBaCxQGSSADk7lty6pWsiqAHk7EHE42Ebfw0co86LrAhHy7iOJDH1crsPkmb3+a3drLJiBM776YPxpvCx3z+uirgBqj0rvERpPI16irhfi2k8Tct0AAiTcbsQM7BT/wDMXzoin8SUGi1iZAI6HzcUAjpzN6GPDA99d4vhKAIL06ckhZZRuwVABjJICr9B4GtBy6hM2U5ESQB2OP3gfYeNU9vYA23voXjCxpVFSQ4RgsHM2m0g/WNFLofjeIWmA7MFUQCTt1MFH7z+/UoR51k4wNcwJiIAIOEZVMCfxgFv+KNA06lQt+2psNiwW5SfmBhmIz8rQIwYkGRr1a1kq/K/ykggHZlMH7HGh6nJ7jJc/wAdRqO/4nTozSeXR5yzIDqWWTct1pKmcXiMiRJxMHadL6nASGfqQBgWNpIFg6Rf3MZu3P1IGvW1eS0wCS8RuSMDE/w0j5lw6srikzNIOJIBa2FNsxMRBPge2sFcF5lj0O6OpHUdRfzFK8qLA2OCVCraBbgrg4YTEzjMke2iOD4Y3BzUmDOxXDBxsfJk/l+esl5ZP/mKY2YRIuDYMHEhRicDRHDcmKWMzQ11xAGAAxYQMefHfbvpy1ItU2U4OLGi0jEk+MZkZ1BX7sST2M+NVUwCSfmnvk9s+2qUfmURO38dcu5dhqG6Lya8VWFxJ7Ez+RP6a89wvCyQEqG0AXEXCTBRRlp2zPaABiNMOdMLXJdVhj0fiYFSwbxZdHbMb9tL6PMDeIhiwE+0MZ2BwJYbz0e866IKSVrqXHa4PnAcOXuGuv8AmmR1bYAO++D7Z1NUXnDqlwQ32KIN28wTAG/sPJ3GprS5+hjHCqj11L4jp2pIYM9sKFLNDlQrECYU3Ayf4yNd4b4losqZZbgMMrSJW4AiJ+UEztAJmNa8JyalbJRTcqSCBAtkgDwAWY/VjrV+T0TM00yCDjsQQR9mI/M66fKeSW4Ti0qrchBDbEd4JHf3nRQ1lw3CLTACCABAGttQBNLuc8NVdU9FgpVwxkkAhc2mPwnuPbTHU006A8snKuMRcVLmF2bpJJNwPUCuCWG0ARGwGnfLkq2t6x6rzEQOnERG3fck/TYHa42m5WBwLpLxXBcT6palUAQxAnsoXcFSDJvGIi4EzEadka4iQI0k6AWVeSeqlL12YvTAMq0C8RLQAAxnaREdsnQNf4Ro2wLs4JhM9KpkFYM2g7GD1b69Curaak0B5qr8IKzghrUtacAuWcuZJjbrznqCqDtrX/ZRLHVmJV7MWhfkJbEYAzAAgKAIHcvidJ+H+KqLSTcoBIkqYjEGQMA3DeJnE6pSm+ABP9kFBQhywWOlgCCQ1xnzcd8f9x6fwaQP7T08oTCDNigA4O8i6fJbzprS+JqRLZZQpjKODgE7WyDhsHPQTEabEAjS3Tiws8w3wvaQA13TbAUDdEQ5uhZsu2EknOm68mBBNRi7NEsbQenYCAAB+Wu8w5itO2GRSxi5z0qACc5HiNxk/fDhfiekxZXPplbZuiJdQwjM7ZyBgE7AxLTlyXukqFfHcsqiqHVbmY2iSPlAJByCFM7x9vC6pUcMVqAqw3BiY3kZzr1a89oMSDUUWk5JAHSoYkewB30l+K0hGh+ir1ER+K0IsHeMDH+mNYz01zI7NDWlNqFIWF5PzDAjtEfXWtOsAR36gANyTIgRpR/V72xdsI+YiOgqcR2Yk751ZuHrXiwn5i03HtAAu3utLe+BnXOlFvk9DaorgZ0EiZksfmJM5z9h4HvrbgOWGrULCmjhMG9mUFmG8qCcDP5+dC8JWJURnA3G5GDP569H8MCEqN2Z8Hz0gGPznVaLbnkx/Uyag2IOO+HeLUn0upQAB1DLdMsUYQBlhMzgY76mvaDiD4z/AN9TXW0uqR5y/V6i6mtIYH01fVUOBq2g5ya4NcZwNzGuVKkaAL6mgq3MQo6etiYCggScnc4AgH7a24PihUQMBG4g9iCVIxg5B2xoA31w67rh0Ad1NTU0ATU1NTQAn55xlZcUFlrS20zBGJjHTd+ZX81hZgf2nCI5npIQgQQaURYckUxE4CsslYGvVEa45gapSroB4011zdwQtKtG6kAJ6jSWUSxLlT9GywJ03PMmNItGLioInIAE7gZDFl2Hy6eDWNbhQ0SMDSm7WCotJpsR8qrKapuMEDuR2E+Z2yJGYMTB0w4nk9Bzcwy53uInpMjfIsuEeC3k6J43gBUUCSsHcR3VkIyD2Y6VH4PTEO4jyFOYiTjv3HfvtogklyOc3J2bn4WomcNkR80iLbAIMghRsO2iOO5Uj0rG7LaCTJGI3O51ty3gBRSwMWEky2TkzvufqdZc45aa9MKGthg20gwDgicqTuO4kd9DzhsSk4u0eercnqI4usCE/OskDE5SZAkRgxmdZ8JwdQtim3eD0qO8GC1wnGCNOOG5bXXiA7PcpZyQGNqgiAAp/LzEHzh0RrN6Ueh1f+yfU8rw/wAK1bep1W6SwCyRPYGY8dvOvR8Fw3p0lURgRonU1SSRjq689X9wOlJh32/f/IjU0RqaqzCjPh/kX6D+A1prKnSAUDwB+7VvT9z/AD9dIYs5ryc1WJ6CGS2Wm5ILElCBgtMHb5RoCryTiZP7aVAEC9vwqRmfJgnOY+/orT5/dqCfbTt1Q06dnlaHJ663CqFZIWBM7bmCIGj+F440xFuBgDaPYAaeSfGqMoO6/uGsXCV2mbeMmqkhb/XZ8Rrv9czaAoJYwJNo2LZOewPY/wCurcVyxckY9oO+lz8IChBAaTsRIxJ2Op3TjLzcFbdKSxgNp/FNCDdUAIBJBxACqxzscMIIOZxompz6goY+qhtBJAZWPStxhQZJAzA15XjPh+m5JYEE98T+ADtsLFwcb6vS+HaJFrmoFF0KpAEupQ4t8E7RrZamm+SZaNK0z1K85pFiLx0iSfwjb8W3fzomnWViQCDG8EGPr415KryOk0AXi0AL8piz07cFYMemu4PeZ3065DyBOHlkullAMkHALMMgCYujPaNXcGsMycWuRsTrGq+RGc631yNSSIuK5nxCPUIpMyhgKahZuGzFmnGVMY/Gp+nH5/WDMPQLQJ6Q5ObioPTExZImRftAJ0/jXI1W5dgEP9dcRM/0c2gAlRddlaOBiCQXf2hDkaK5VzdqrlWpFIWZ6oJuK4uRcQJkwfaM6axqaG12AmpqampAmpqa4dAHdTU1NAE1NUqsQMammlYHY1ymD3IP0Ef6nQo9f/0vu36a7NfxS+7fpoAM1NBzX8Uvu36ak1/FL7t+mkAZpdzSrVlBS2u/aEAEhcDAP4uoH6AnOAdZr+KX3b9NKTyCrczTSub8UOHHWzNa4MrcrWyMwB4AFRS6gbNxnEkqDTABwcTE295xF+SZB9JoHlx6K+Brzp+HuJj/AOIySSWBYfMUmAMbKQJki8kaZcHw1emDJptJmTd4A8e0/UnVSS6AHtRz2jxH+uumgvgfbScc6qnK0w6/3lDR+/RfC8XVqLcvpx/xSD4IjB1Lg1yW9OUVbQa3Dqe2rxoQtW8Uvu36agat4pfdv01NEBUamfbQ11bxT+7fprgat4pfdv00wCs+2pJ0LdW8U/u36ak1vFL7t+migCrvbXZ0JdW8Uvu36al1bxS+7fpooAq7+Y1LtDTW8U/u36a5NfxS+7fpoALu1J0JNfxS+7fprsVvFP7t+migC9TWdJTHUBPeNtXt0gFFvE+oMiy55whkSbI2IER5Mz2jXdNrdTVbvRAd1NTU1IE1NTU0ATU1NTQBNUqpcpHkEffGr6zr0rlK7SCMe4jQNCiia9BQnpiqo2KtDRPdSMn6a1PFqaFVqUqwknsQ3uPOu0aldBaaYcDAYNGO0g6i8A/p1S0X1ZwDgYgD/vrodcuv7Ol1y656df8Aq/ANXaqtIVvUJMKSkC2DAjz331tVWpTamxqFrnCssC3q8eI0TxfDM1AIBmF/cROrcfw5YJHaopP0E6W5enUSmnV11+RTh67LWdGMgi9PpsR+R0DW4x/Rq1VYxeLPZVIB7d86I57TMI6/MDb9Q4tI1rxfAH+jemomAB9iCdEXHDfWvYcdq2yfWvbn7AnGJVp0Wb1SzErGAAOrIHtmNW4sVaNtQ1C8sAykCIYx0gbaN5pw5ekVUSZH7mB13mfDl0AXe5T+QMnQprF0KM06uuc+wDx3MB6pRqvpKoGREknOCQYAH8dX5Zx81DT9QVRFytid4IMfx1pX4Zkqs6qHDgXLImRgETjbWvBhyxZlCLEBcE/Ukfw0Nx2/78g3HZjt6c/UO1ND8HXLrLC0gkRM7GN9EaweDnarBNTU1zQI7qampoAmpqamgCampqaAJqaB4jmcMURGqMIkLAifJOPy1KHNVZHaGBpzcp3BAnVbHVl7JVdB2uXZjWB4wel6mYtu94idYVKyGpRJm5gxX/lBM/loUWJRYfqaX1eb9RWmjVLTDWxA/M7n2Gr/ANbJ6RqiSo3xmZAiDsc6Nkuw/Dl2DY1NYcVxgppeZjG3uQP9dD8ZzYU2ttZmIkACZzEf66FFvgShKXCD9c0DV5pFoCMzsJsESB/iOw0NwvEepXqwCP2YEHBBk6a03VlLTdWw1+XqagckkjYE4B2kDzorSKtUNIcNfMgmRuZt2xvnTDh+aAvYyMjESt3cDxHf21UoSq+Sp6cqvlf0w7U0Pw/GBy4APQ1pn6TjQ/Ecaj06shoQlWjBxG331G1mag7oYa5rlPYfTS2m/wDvTj/0x/HQo3YRjd+gySmAIAgatpdX5vYpZqVQAdzb/wDtq1Tm6qEJVh6gkCM9sR5M6eyRXhy7B+ppWOeiSrI6v2SJLfSMa14fmIqBwVZGUdSneCDocJLlA9OS5QdOug6WpzGmlKmYa18L3OxOdFcHxF6zayZ2YQdJxayJwayEampqakgmpqamgBQ9UtVcCotILE4FxxMkntobgCD/AEm1i8gQxMk9DDsNOqvBoxllViPIB1ZaCgkgAExJjxtrXekqN/FSVJdvsKTxyf0P5gf2cATmbYiN9XHz8N/lb/7Y0wHApJNiyd8DM6jcIpZWjKTbG2RG300b19fdB4kfr7oX8orqiujkKyuxaTEyZBz2jQ1UXUOIZQbWaV94iT9MadVeDRjLIrH3AOtAgiO2jxM2HipPckKObcYh4eAwJa2IPuDrZz/vaf8AtH/q0YvA0xMIonfpGdaekJmBO094+ujekqXr7i8RJUl39xcrhOJe4gXqtpONpBA/jqcLVVuKcqZ6AMezHTCrQVhDAMPBE6lOgq7KBiMCMeNLevahb1XrVAPM/wC1of5z/wBOucf/AG9D6v8A9OmLUwSCQJG3trjUgSCQCRt7fTQp8fEFOq9E187FnAVlWpXDMB13ZMYKjOe2hhUDUOJIOC7fwWNOavBoxllUkeQDq3oLBFog7iN/rp71z/z2K8Vc129jtL5R9B/DS5DHFuZ/8IfxOmYGqmipJMCSIOO3j6ahSqzOMqv1FC8QtapczKKaHpBIFxHcg9vGt+KZWrUCCCOvY+w0UeWUv/LT/lH6a0ThlEQoEbQBid48atzXQtzjeAJx/va/+2f+rWa//EVv/bX/APLTQ0xMwJ899c9ISTAk7nS3/QXifSvexJSH7Hhc/jX+B09GqCguBAxtjb6eNaaUpbhTnuJqampqDM//2Q==" title="Smyrne" class="alignleft" width="199" height="254" /><br />
<strong>La ville</strong><br />
Le messager qui partait d&#8217;Ephèse trouvait, à une soixantaine de kilomètres au nord, la ville de Smyrne, « la gloire de l&#8217;Asie » comme elle aimait à s&#8217;appeler et, avec Ephèse, le port le plus important. </p>
<p>Située au fond d&#8217;un golfe de 70 km de profondeur, et à l&#8217;embouchure de l&#8217;Hermus, elle jouissait d&#8217;une situation exceptionnelle. Son avant-port, à l&#8217;ouest de la rade, pouvait être aisément fermé en cas de guerre, mettant la ville à l&#8217;abri de toute intrusion indésirable.<br />
La cité, créée selon la légende par une Amazone qui lui aurait donné son nom quelque 1000 à 1200 ans av. J.-C., a subi maintes vicissitudes au cours de son histoire. En 624 av. J.-C., elle fut saccagée par Allyatte, roi de Lydie, et disparut pendant plusieurs siècles de l&#8217;histoire. Puis elle fut reconstruite à quelque 3 km de l&#8217;ancien emplacement sur ordre d&#8217;Alexandre par Antigone et Lysimaque. Elle eut, de plus, à souffrir de plusieurs tremblements de terre.<br />
En l&#8217;an 23 de notre ère, l&#8217;un des meurtriers de Jules César vint s&#8217;y réfugier. Rome mit la ville à sang pour le capturer. Au cours des siècles, elle justifiait bien son nom ; Smyrne = myrrhe = souffrance (cf. v. 10). Cependant, en égard à sa longue tradition de loyauté, elle reçut de Rome le privilège, de préférence à dix autres villes candidates, de construire un temple à l&#8217;empereur Auguste et à sa mère.<br />
La loyauté politique de la ville était, en effet, devenue proverbiale dans le monde antique ; on l&#8217;appelait « Smyrne la fidèle »2. Dès 195 av. J.-C., elle fut la première ville de l&#8217;Empire à ériger un temple à Dea Roma, la déesse Rome. Plus tard, lorsque « l&#8217;esprit de Rome » qui devait unir les peuples divers rassemblés dans le vaste Empire s&#8217;est incarné dans la personne des empereurs, Smyrne a demandé, avec six autres villes d&#8217;Asie mineure, le privilège d&#8217;édifier un temple à l&#8217;empereur régnant.<br />
C&#8217;est elle qui fut choisie et, en l&#8217;an 26, elle construisit un temple à Tibère, à Livia et au Sénat.<br />
Lorsque le culte impérial devint obligatoire, Smyrne se distingua par son zèle à l&#8217;imposer à tous ses citoyens. Redevenue florissante et splendide après son éclipse de plusieurs siècles, elle devint l&#8217;un des plus grands centres commerciaux et culturels de l&#8217;Asie, rivalisant constamment avec Ephèse pour la première place dans la province.<br />
Les auteurs antiques exaltent la beauté de la ville : Aelius Aristides la compare à une fleur « fraîche comme un bosquet », en faisant allusion à l&#8217;emblème de la cité. Sur ses médailles, elle se déclarait elle-même « première par la beauté » &#8211; sous-entendu architecturale &#8211; de ses édifices. Au centre de la ville, la « rue Dorée » partait du port où se trouvait le temple de Cybèle, patronne de la ville, pour aller vers le pied de la colline de Pagus auquel s&#8217;adossait le temple de Zeus, en passant par les temples d&#8217;Apollon, d&#8217;Esculape et d&#8217;Aphrodite. La splendeur des temples païens contrastait avec les humbles lieux de réunion des chrétiens et la pompe du culte des dieux grecs éclipsait la simplicité de leurs rassemblements.</p>
<p><strong>Symbolique</strong><br />
Les Smyrniotes étaient très fiers de leur ville, de ses écoles de science et de médecine. Ils voulaient être les premiers en beauté, les premiers dans le culte impérial, les premiers pour la culture (la ville n&#8217;était-elle pas le lieu de naissance d&#8217;Homère ?). Mommsen a appelé Smyrne « le paradis de la vanité municipale ». La lettre à l&#8217;Eglise de Smyrne contient plusieurs allusions à la situation locale.<br />
Elle leur est adressée par « celui qui est le premier et le dernier » &#8211; face aux Smyrniotes qui voulaient être les premiers en toutes choses &#8211; par celui qui a été mort et qui est à nouveau vivant (v. 8). Exactement comme la ville elle-même entre sa destruction par Alyattes, le père de Crésus (Hérode 1.16) et sa refondation en l&#8217;an 290 av. J.-C. D&#8217;ailleurs Strabon (58-25 av. J.-C.) avait déjà parlé de mort et de résurrection de la ville (14.1.37). Aelius Aristide a comparé la ville au phénix, cet oiseau mythique qui se faisait périr sur un bûcher et renaissait de ses cendres. La même image était utilisée par certains Pères de l&#8217;Eglise pour le Christ. La plupart des légendes de la mort et de la résurrection du phénix mentionnent l&#8217;usage de la myrrhe lors de son ensevelissement et de sa réincarnation. Les auteurs chrétiens font le parallèle avec la myrrhe employée pour embaumer le corps de Jésus. La myrrhe était utilisée en Egypte (pays d&#8217;origine de la légende du phénix) pour embaumer les morts afin de préserver leurs corps pour la vie future. La myrrhe est donc associée à la fois à l&#8217;idée de mort et de survie ou de résurrection.<br />
Or, le mot Smyrne signifie myrrhe. Jésus encourage les destinataires de la lettre de Smyrne : « N&#8217;aie pas peur des souffrances qui t&#8217;attendent » (v. 10). « Comme j&#8217;ai été mort et que je suis revenu à la vie, comme votre ville était morte et a revécu, vous aussi, même si vous passez par la mort, vous vivrez avec moi. Rappelez-vous le nom de votre ville et son symbolisme. »</p>
<p><strong>Opposants</strong><br />
« Sois fidèle jusqu&#8217;à la mort », fidèle comme la devise de votre ville le rappelle. Elle veut être fidèle à son Kurios, son Seigneur (c&#8217;est-à-dire l&#8217;empereur). Soyez fidèle au votre. La fidélité au Christ était menacée par deux opposants : les Romains et les Juifs. Nous avons vu que Smyrne tenait à se distinguer par son loyalisme envers Rome.<br />
A l&#8217;époque de Domitien, le culte de César devint obligatoire : une fois par an, chaque citoyen romain devait déposer quelques graines d&#8217;encens sur l&#8217;autel de l&#8217;empereur en disant : Kaisar Kurios (César est Seigneur). Après cela, il recevait un certificat attestant qu&#8217;il avait rempli ses devoirs civiques. L&#8217;un de ces certificats que l&#8217;on a retrouvé porte : « Nous, Serenas et Hermas, représentants de l&#8217;empereur, nous t&#8217;avons vu sacrifier ». Mais c&#8217;est précisément ce qu&#8217;un chrétien ne pouvait pas faire, car pour lui il n&#8217;y avait qu&#8217;un seul Seigneur : Jésus-Christ. « Nulle part la vie était plus dangereuse pour un chrétien qu&#8217;à Smyrne »5, à cause du zèle patriotique des autorités municipales.<br />
Un second danger venait des Juifs (Ap. 2.9). Ils formaient une colonie nombreuse et bien considérée dans la ville. La destruction de Jérusalem en l&#8217;an 70 l&#8217;avait encore multipliée par un afflux massif de réfugiés. L&#8217;Eglise de Smyrne était sans doute composée en grande partie d&#8217;anciens Juifs considérés comme des apostats par leurs coreligionnaires. Ceux qui « se disent Juifs mais ne le sont pas » sont des Israélites attachés à leur appartenance ethnique comme à une garantie de la faveur divine (cf. Jn 8.33ss) et ils s&#8217;opposaient de toutes leurs forces aux chrétiens qui prétendaient être à présent le véritable Israël, le peuple de Dieu (cf. Rm 2.28 ; Ga6.15; Ph 3.23).<br />
Etant ennemis des enfants de Dieu, ils étaient devenus une « synagogue de Satan » (v. 9), car ils se faisaient les auxiliaires du « diable » (v. 10), de l&#8217;Accusateur, en accusant les chrétiens auprès des autorités. La haine des Juifs de Smyrne s&#8217;est manifestée dans toute sa virulence quelques années plus tard : ce sont eux qui ont incité les autorités à se saisir de Polycarpe, le disciple de Jean et responsable de l&#8217;église de la ville : « C&#8217;est lui celui qui enseigne toute l&#8217;Asie, le père des chrétiens, le destructeur des dieux, qui enseigne à beaucoup à ne pas sacrifier aux dieux ni à les adorer » (Martyre de Polycarpe). Polycarpe mourut sur le bûcher un jour de sabbat. Violant l&#8217;interdiction du sabbat, les Juifs furent les plus zélés à apporter des fagots pour alimenter le feu.</p>
<p><strong>Promesse</strong><br />
La pauvreté des chrétiens de Smyrne (v. 9) pouvait être due, du moins en partie, à la spoliation de leurs biens par des persécuteurs païens ou juifs. De plus, il devait être difficile pour un chrétien sans compromis de gagner sa vie dans une ville païenne. D&#8217;autre part, l&#8217;hostilité des Juifs excluait les chrétiens de la protection officielle et de la tolérance dont ils jouissaient eux-mêmes. A celui qui est fidèle jusqu&#8217;à la mort, Jésus promet « la couronne de la vie » (v.10), allusion à la couronne de lauriers qui récompensait le vainqueur des jeux athlétiques, mais peut-être aussi à une expression courante dans le monde antique : « la couronne de Smyrne », allusion au mont Pagus dominant la ville qui, coiffé d&#8217;édifices publics, lui faisait comme une couronne, image rappelée peut-être par la couronne qui ornait la tête de Cybèle sur les monnaies. Appollonius de Tyane y a fait allusion en souhaitant à la ville « une couronne de citoyens vertueux » plutôt que de bâtiments et de portiques.<br />
La couronne de vie, promise par le Christ, est encore plus précieuse.<br />
L&#8217;Eglise de Smyrne est, avec celle de Philadelphie, la seule à ne recevoir que des éloges. Cela s&#8217;explique en partie par l&#8217;opposition à laquelle les chrétiens devaient faire face. « Devenir chrétien n&#8217;importe où c&#8217;était devenir un hors-la-loi. A Smyrne, l&#8217;Eglise était un lieu pour des héros&#8230; Dans une ville où la splendeur du culte païen aurait bien pu étouffer la vie d&#8217;une Eglise païenne, une ville où l&#8217;orgueil des gens regardait de haut les humbles chrétiens, une ville où chaque chrétien se trouvait menacé d&#8217;un côté par les exigences du culte impérial, de l&#8217;autre par les calomnies et la méchanceté des Juifs, il y avait des chrétiens qui étaient fidèles jusqu&#8217;à la mort »<br />
A.K.</p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/#comments">Pas de commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/&title=L&#8217;Eglise de Smyrne, par Alfred Kuen">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/a-kuen/" rel="tag">A.Kuen</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/asie-mineure/" rel="tag">Asie mineure</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/bible/" rel="tag">Bible</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/culte-imperial/" rel="tag">culte impérial</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/idolatrie/" rel="tag">idolatrie</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/nicolaites/" rel="tag">Nicolaîtes</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/smyrne/" rel="tag">Smyrne</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Eglise de Pergame, par Alfred Kuen</title>
		<link>http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 17:48:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[20e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Bible]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Etudes bibliques]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire de l'Eglise]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[A.Kuen]]></category>
		<category><![CDATA[Asie mineure]]></category>
		<category><![CDATA[culte impérial]]></category>
		<category><![CDATA[idolatrie]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolaîtes]]></category>
		<category><![CDATA[Pergame]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=16494</guid>
		<description><![CDATA[caef.net / livregroup.com La ville A quelque 70 km de Smyrne, toujours sur la grande route du sud au nord, se trouvait Pergame, à une vingtaine de km de la côte à laquelle la ville était reliée par la rivière Caïcus. Accrochée sur les flancs de l&#8217;Hermos, son site s&#8217;étage sur quelque 300 m au-dessus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>caef.net / livregroup.com</p>
<p><img alt="" src="http://www.turquirama.com/turkeyinformation-fr/images/spread.gif" class="alignleft" width="185" height="195" /></p>
<p><strong>La ville</strong><br />
A quelque 70 km de Smyrne, toujours sur la grande route du sud au nord, se trouvait Pergame, à une vingtaine de km de la côte à laquelle la ville était reliée par la rivière Caïcus. Accrochée sur les flancs de l&#8217;Hermos, son site s&#8217;étage sur quelque 300 m au-dessus de la plaine dominée par une acropole imposante. « La connaissance que Christ a des églises va au-delà de leurs oeuvres (comme à Ephèse) et de leurs tribulations (comme à Smyrne) et s&#8217;étend à l&#8217;environnement dans lequel elles vivent. &#8216;Je sais où tu habites&#8217;, dit-il. Il savait que les siens étaient entourés d&#8217;une société non chrétienne et exposés de tous côtés à la pression des modèles et des valeurs du monde ». Mieux nous connaîtrons cet environnement, mieux nous comprendrons ces chrétiens et les lettres que le Christ leur adresse.</p>
<p>Au 1er siècle, Pergame semble encore avoir été la capitale politique de l&#8217;Asie, siège du proconsul romain et du tribunal suprême, mais se voyait disputer cette suprématie par Ephèse. (Selon Ramsay, le transfert officiel du gouvernement s&#8217;est fait sous Hadrien en 129.)   Sa population de l&#8217;époque est estimée entre 150 000 et 200 000 habitants. Elle s&#8217;enorgueillissait de sa vie artistique, littéraire et scientifique. Sa richesse provenait en partie du trésor de guerre de Lysimaque, l&#8217;un des généraux d&#8217;Alexandre, confié à la ville et accaparé par elle. Ses rois avaient créé une école de sculpture, des ateliers pour travailler l&#8217;ivoire et les pierres précieuses, pour fabriquer des parfums et des parchemins. Le mot parchemin lui-même est une francisation de  Pergamene charta (une feuille de Pergame, en allemand : ein Pergament).</p>
<p>La légende prétend que le roi Eumène de Pergame voulait attirer dans sa ville le bibliothécaire d&#8217;Alexandrie. Le pharaon Ptolémée l&#8217;ayant appris interdit l&#8217;exportation du papyrus à Pergame. C&#8217;est ce qui amena Eumène à chercher un produit de remplacement : il le trouva dans les peaux de mouton traitées et blanchies. L&#8217;industrie qui en naquit fut l&#8217;une des sources de richesse de la ville.<br />
La bibliothèque municipale en fut le premier client pour confectionner les 200 000 volumes qu&#8217;elle abritait (qui furent offerts par Antoine à Cléopâtre et prirent le chemin de l&#8217;Egypte). La ville édifia aussi un temple à Athéna, la déesse de la poésie. Ses habitants avaient le choix entre cinq théâtres.<br />
L&#8217;un d&#8217;eux, construit vers 170 av. J.-C., avait 80 rangées de sièges étagées sur 5 mètres de hauteur et pouvait contenir 60 000 spectateurs. </p>
<p><strong>Temples et cultes païens</strong><br />
La vie religieuse était très développée à Pergame, « en partie parce que la religion devint l&#8217;un des principaux instruments de la politique ». On y trouvait des temples dédiés aux principales divinités grecques et à l&#8217;empereur romain.&nbsp;&raquo; Ces divers cultes étaient alliés et plus ou moins fondus entre eux, et s&#8217;arrangeaient fort bien avec celui des Césars. Le prêtre de Zeus-Soter était aussi prêtre du divin Auguste. Dionysos-taureau fraternisait avec Askiépios-serpent ; les mystères phrygiens déclaraient que &#8216;le taureau est père du serpent, et le serpent, père du taureau&#8217; ».<br />
Au-dessus de tous ces temples trônait celui de Zeus-Soter, visible du fond de la vallée, avec son autel de 12 m de haut, classé parmi les sept merveilles de l&#8217;Antiquité. La base de l&#8217;autel mesurait<br />
37m sur 34, elle était entourée d&#8217;une frise représentant la lutte de Zeus et d&#8217;Athéna contre les géants. (Cet autel a été reconstruit à Berlin dans le musée Pergamentum.)<br />
Dans la ville se trouvait le temple d&#8217;Asclépios (l&#8217;Esculape des latins) qui était en même temps un centre médical avec une source curative s&#8217;épanchant dans un bassin de marbre. Ce centre était réputé dans le monde antique depuis le 4e siècle av. J.-C. On soignait les malades par des bains d&#8217;eau et de soleil, par la musique, la suggestion, la prière et l&#8217;interprétation des rêves. L&#8217;auteur catholique Dallmayr écrit:  « Ce n&#8217;est pas un blasphème que de penser à Lourdes&#8230; La source, les bains, le sanctuaire qui les domine, les nombreux miracles attestés &#8211; tout cela constitue bien des parallèles ».</p>
<p>Le symbole d&#8217;Esculape, le serpent (qui est resté celui de toutes les branches médicales et paramédicales) figurait sur les pièces de monnaie de la ville. Le serpent étant sensé incarner le dieu Asclépios. Les malades étaient couchés la nuit dans le temple où l&#8217;on élevait des serpents inoffensifs qui étaient lâchés la nuit et se répandaient parmi les malades. Leur toucher était interprété comme l&#8217;attouchement d&#8217;Asclépios en vue de la guérison.<br />
Le culte d&#8217;Asclépios comprenait aussi certains aspects mystiques. Dans un Hymne à Asklépios, Aelius Aristide « dit avoir reçu d&#8217;Esculape, dans une incubation, le nom nouveau de Théodoros ».<br />
L&#8217;incubation était un « rite divinatoire qui consistait le plus souvent à dormir dans ou près d&#8217;un temple pour obtenir par un songe les prescriptions d&#8217;un dieu guérisseur » (Larousse). Tacite et Pausanias  nous disent que les malades qui accouraient de loin à l&#8217;Asclépéion attendaient que le dieu leur dicte en songe des prescriptions infaillibles.<br />
Rite divinatoire, prescriptions données par un dieu, nom nouveau : tout cela fait penser à une parodie occulte du christianisme par celui que l&#8217;on a appelé « le singe de Dieu », Satan. Serait-ce à cause d&#8217;Asclépios, appelé « le dieu de Pergame » que le Christ dit que là « Satan à son trône » ?<br />
C&#8217;est l&#8217;une des solutions proposées. Car, dans la Bible, le serpent symbolise Satan (Gn 3.1ss ; Ap 12.9 ; 22.2).<br />
D&#8217;autres proposent comme trône de Satan l&#8217;autel gigantesque de Zeus-Soter qui dominait la ville. Or, pour les chrétiens, il n&#8217;y a qu&#8217;un seul Soter (Sauveur), c&#8217;est Jésus-Christ. Toute divinité qui usurpe la place du Sauveur est une création du diable.<br />
L&#8217;abbé Fillion pensait que « l&#8217;interprétation la plus naturelle » de cette appellation était l&#8217;idolâtrie générale dont Pergame était le centre depuis le 3e siècle av. J.-C.. On a retrouvé les ruines d&#8217;une vingtaine de temples divers, dédiés à Bacchus, Vénus, Athéna, etc. « Par ce culte et par les orgies qui s&#8217;y associaient, Pergame était vraiment devenue le trône de Satan ». Mais Barclay nous dit qu&#8217;à<br />
la fin du 1er siècle, les dieux grecs avaient tellement perdu leur crédit auprès des foules que cela ne valait guère la peine de les attaquer.  Les histoires de guerres et de batailles, d&#8217;amours, de jalousies et d&#8217;adultères des dieux et des déesses de l&#8217;Olympe les avaient complètement discrédités. Ce n&#8217;étaient pas les hommes qui étaient si dépravés qu&#8217;ils ont abandonné leurs dieux : c&#8217;était plutôt les dieux qui étaient devenus si dépravés qu&#8217;ils furent abandonnés par les hommes.</p>
<p><strong>Culte impérial</strong><br />
Mais un nouveau culte était sur le point d&#8217;absorber et de coiffer tous les autres: celui de l&#8217;empereur.<br />
Pergame, capitale administrative de la province, se devait de donner l&#8217;exemple en la matière. Déjà les anciens rois de Pergame avaient revendiqué des honneurs divins. Eumène II s&#8217;était fait appeler Soter et Theos. Sa mère était décrite comme « la femme d&#8217;un dieu ». Il fit agrandir un temple édifié par Attalus 1er dans lequel le roi régnant avait des prêtres et des prêtresses pour célébrer son culte.<br />
Pergame fut aussi la première ville d&#8217;Asie à instituer le culte de l&#8217;empereur. Dès l&#8217;an 29 av. J.-C. (trois ans avant Smyrne), Pergame reçut l&#8217;autorisation d&#8217;édifier un temple à Auguste. C&#8217;était le premier sanctuaire provincial de tout l&#8217;empire en l&#8217;honneur d&#8217;un empereur vivant. Pergame devint donc « le centre du culte impérial » (R.H. Charles).<br />
A l&#8217;époque de Jean, trois temples étaient consacrés au culte impérial et, comme nous l&#8217;avons vu, le grand prêtre de Zeus était aussi grand-prêtre du culte de l&#8217;empereur. « Pergame était une ville où le culte de César était le plus intense, une ville dévouée à la glorification du culte de César. Un chrétien y avait déjà payé de sa vie sa loyauté à Jésus-Christ : Antipas (v. 13). Il fut un « témoin fidèle » jusqu&#8217;à la mort, comme le Christ lui-même (1.5; 3.14). « II n&#8217;est pas difficile de reconstruire la scène de la mort, dit J. Stott. Connu comme chrétien, il fut convoqué devant le proconsul de la province dont la résidence se trouvait probablement à Pergame »&#8230; Devant un buste de l&#8217;empereur il suffisait  de jeter quelques grains d&#8217;encens sur le feu et de dire « César est Seigneur » et il était libre. Mais « il ne pouvait donner à César le titre qui appartenait à Christ et rejoignit &#8216;la noble armée des martyrs ».<br />
Déjà sous l&#8217;empereur Auguste, des titres divins lui furent attribués à Pergame. On y a retrouvé une inscription disant : « L&#8217;empereur Auguste, fils de Dieu, Seigneur qui veille sur toute la terre et la mer ». Sous Néron, la pratique du culte impérial devint régulière : il fut désigné comme le Sauveur de la terre (no soter tès oikoumenès), le Seigneur du monde entier (no tu pantos kosmou kurios).<br />
Domitien demandait que l&#8217;on s&#8217;adresse à lui comme dominus et deus (Seigneur et dieu), un titre qui correspond à la confession de Thomas en face du Christ ressuscité (Jn 20.28).<br />
« Un certain nombre de termes techniques du culte impérial sont très parallèles à des expressions utilisées dans l&#8217;Apocalypse dans un sens chrétien, et certaines des preuves les plus évidentes de ce culte proviennent de ces mêmes villes de l&#8217;Asie »10. Ainsi l&#8217;expression « Parole de Dieu » (Ap 1.2) était utilisée dans les cultes païens seulement à Pergame, Smyrne et Ephèse. Le « jour du Seigneur » correspond au « jour d&#8217;Auguste » : une inscription se rapportant à l&#8217;empereur Hadrien àPergame. Les mots salut et Seigneur reviennent souvent dans l&#8217;Apocalypse (7,10 ; 12.10 ; 19.1, 18 ; 4.8, 11&#8230;) sans doute en contraste avec l&#8217;emploi de ces termes dans la liturgie du culte impérial.<br />
« Nous concluons donc que l&#8217;expression &#8216;trône de Satan&#8217; se réfère en premier lieu au culte impérial tel qu&#8217;il a été imposé à partir de Pergame à une époque de confrontation critique pour l&#8217;Eglise&#8230; Les revendications des Césars sont vues par Jean comme une parodie satanique de ceux du Christ ».<br />
Au jus gladii (le glaive de la justice) de César s&#8217;oppose « celui qui tient l&#8217;épée aiguisée à double tranchant » (v. 12).</p>
<p><strong>Secte des Nicolaïtes</strong><br />
Nous retrouvons aussi à Pergame, comme à Ephèse, les Nicolaïtes. Ici le contexte est plus explicite et nous permet mieux d&#8217;identifier leurs travers. Les reproches qui leur sont faits ici (v. 14) sont les mêmes que ceux qui frappent les disciples de la Jézabel de Thyatire (2.20ss). Il semble s&#8217;agir plutôt d&#8217;égarements de conduite que d&#8217;erreurs doctrinales (contrairement à ce qu&#8217;en dira Irénée : Adv. haer. 1.26.3).<br />
La « doctrine de Balaam » consistait à séduire les Israélites par les filles madianites (Nb 25,1-2 ; 31.16). La tradition du judaïsme tardif voyait en lui le corrupteur par excellence d&#8217;Israël. « Le christianisme des origines a repris cette appréciation (2 Pi 2.15 ; Jd 11 ; Ap 2.14). Balaam est le modèle vétéro-testamentaire des gnostiques libertins, qui décomposent l&#8217;Eglise par leur hérésie ».<br />
Dans Ac 15.20 et 29, l&#8217;abstention des viandes sacrifiées aux idoles et de la débauche sont deux impératifs imposés aux chrétiens. A Thyatire, Jézabel enseigne qu&#8217;ils n&#8217;ont pas besoin de se laisser imposer ces restrictions. Les Nicolaïtes étaient donc un mouvement antinomien (comme à Corinthe) qui avait pris pied au moins dans ces trois villes d&#8217;Asie: Ephèse, Pergame et Thyatire, en déformant la doctrine paulinienne de la liberté chrétienne. Dans une ville où le paganisme était si puissant et si omniprésent, il pouvait être séduisant pour des chrétiens d&#8217;entendre que, puisque les dieux n&#8217;étaient rien, on pouvait tranquillement participer aux festins qui suivaient les sacrifices aux idoles et maintenir ainsi de bonnes relations avec ses voisins, puisque le corps était destiné à périr, la débauche n&#8217;affectait pas notre âme. A ceux qui résistaient à cette séduction, le Christ ressuscité offre à la place des viandes sacrifiées aux idoles, la manne cachée (v. 17 ; cp. 2, 7 où les Nicolaïtes sont également mentionnés).</p>
<p><strong>Promesses symboliques</strong><br />
Dans Ex 16.32-34, le Seigneur demande de préserver un spécimen de la manne dans le coffre sacré pour les générations futures. Selon 2 Maccabées 2.4-7, Jérémie aurait caché cette manne sous terre lors de la destruction du temple de Salomon. Elle devait rester cachée jusqu&#8217;à la venue du Messie.<br />
Dans le bas-judaïsme, on enseignait que la manne cachée par Jérémie est réservée au ciel pour les élus qui en jouiront pendant l&#8217;ère messianique. Mais puisque, pour les chrétiens, l&#8217;ère messianique a commencé, les chrétiens ont déjà part à cette manne cachée. « Dès à présent, les chrétiens de Pergame reçoivent cette manne réservée pour les temps de la fin » (lorsqu&#8217;ils participent au repas du Seigneur).<br />
Le vainqueur recevra aussi une pierre blanche sur laquelle est gravée un nom nouveau. Les exégètes font allusion à beaucoup de coutumes antiques qui pourraient être à l&#8217;origine de cette image: pierre d&#8217;acquittement au tribunal, contremarque des invités à un festin, diplôme d&#8217;un jeu athlétique avec le nom du vainqueur gravé dans la pierre, pierre qui dispense le gladiateur du jeu du cirque, amulette porte-bonheur, gage pour obtenir de l&#8217;argent ou du blé, billet d&#8217;entrée au théâtre à Pergame, pierre précieuse gardée au ciel avec la manne, allusion à un rite d&#8217;initiation dans le culte d&#8217;Asclépios&#8230; « Tous ces usages sont attestés et permettent une transposition facile dans les registres du symbolisme chrétien. Facile, mais purement hypothétique ».<br />
Mais « l&#8217;important est le nom qui y est gravé »15. Or, Es 65.15 se lit dans la Septante: « A mes serviteurs sera donné un nom nouveau » et Ap 3.12 dit: «J&#8217;écrirai sur lui mon nom nouveau».<br />
Quand on sait que, dans la Bible, le nom représente la personnalité, la signification de la promesse devient claire: c&#8217;est le caractère du Christ qui est gravé dans la vie du chrétien (cf.2 Cor 5.17).</p>
<p>A.K.</p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/#comments">8 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/&title=L&#8217;Eglise de Pergame, par Alfred Kuen">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/a-kuen/" rel="tag">A.Kuen</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/asie-mineure/" rel="tag">Asie mineure</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/bible/" rel="tag">Bible</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/culte-imperial/" rel="tag">culte impérial</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/idolatrie/" rel="tag">idolatrie</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/nicolaites/" rel="tag">Nicolaîtes</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/pergame/" rel="tag">Pergame</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La lettre à Diognète</title>
		<link>http://www.blogdei.com/15511/la-lettre-a-diognete/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/15511/la-lettre-a-diognete/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 13 Aug 2011 13:08:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colibri</dc:creator>
				<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Encouragement]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[conformés à Christ]]></category>
		<category><![CDATA[dans le monde mais pas du monde]]></category>
		<category><![CDATA[étrangers sur la terre]]></category>
		<category><![CDATA[héritage céleste]]></category>
		<category><![CDATA[immitateurs du Fils de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[pèlerins sur la terre]]></category>
		<category><![CDATA[une lettre de Christ pour le monde]]></category>
		<category><![CDATA[vie chrétienne]]></category>
		<category><![CDATA[vous serez mes témoins]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=15511</guid>
		<description><![CDATA[Christ en vous l&#8217;espérance de la Gloire La lettre à Diognète fut écrite par un auteur inconnu vers la fin du 2e siècle. Elle est adressée à un certain Diognète, apparemment un non-chrétien, pour lui expliquer le mode de vie des chrétiens. J’ai mis ici quelques extraits. Tommyab ___________________________________ [...] « Les Chrétiens ne sont distingués [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p><a href="http://tommyab.wordpress.com/2011/07/25/la-lettre-a-diognete/">Christ en vous l&#8217;espérance de la Gloire</a></p>
<p><em>La lettre à Diognète fut écrite par un auteur inconnu vers la fin du 2e siècle.</em></p>
<p><em>Elle est adressée à un certain Diognète, apparemment un non-chrétien, pour lui expliquer le mode de vie des chrétiens.</em></p>
<p><em>J’ai mis ici quelques extraits.</em></p>
<p><strong> Tommyab</strong></p>
<p>___________________________________</p>
<p>[...]</p>
<p>« Les Chrétiens ne sont distingués du  reste des hommes ni par leurs pays, ni par leur langage, ni par leur  manière de vivre ; ils n’ont pas d’autres villes que les vôtres, d’autre  langage que celui que vous parlez ; rien de singulier dans leurs  habitudes ; seulement ils ne se livrent pas à l’étude de vains systèmes,  fruit de la curiosité des hommes, et ne s’attachent pas, comme  plusieurs, à défendre des doctrines humaines. Répandus, selon qu’il a  plu à la Providence, dans des villes grecques ou barbares, ils se  conforment, pour le vêtement, pour la nourriture, pour la manière de  vivre, aux usages qu’ils trouvent établis ; mais ils placent sous les  yeux de tous l’étonnant spectacle de leur vie toute angélique et à peine  croyable. »</p>
<p>« Ils habitent leur cités comme étrangers,  ils prennent part à tout comme citoyens, ils souffrent tout comme  voyageurs. Pour eux, toute région étrangère est une patrie, et toute  patrie ici-bas est une région étrangère. Comme les autres, ils se  marient, comme les autres, ils ont des enfants, seulement ils ne les  abandonnent pas. Ils ont tous une même table, mais pas le même lit. Ils  vivent dans la chair et non selon la chair. Ils habitent la terre et  leur conversations est dans le ciel. Soumis aux lois établies, ils sont  par leurs vies, supérieurs à ces lois. Ils aiment tous les hommes et  tous les hommes les persécutent. Sans les connaître, on les condamne.  Mis à mort, ils naissent à la vie. Pauvres, ils font des riches.  Manquant de tout, ils surabondent. L’opprobre dont on les couvre devient  pour eux une source de gloire ; la calomnie qui les déchire dévoile  leur innocence. La bouche qui les outrage se voit forcée de les bénir,  les injures appellent ensuite les éloges. Irréprochables, ils sont punis  comme criminels et au milieu des tourments ils sont dans la joie comme  des hommes qui vont à la vie. Les Juifs les regardent comme des  étrangers et leur font la guerre. Les Grecs les persécutent, mais ces  ennemis si acharnés ne pourraient dire la cause de leur haine. »</p>
<p>« Pour tout dire, en un mot, les chrétiens  sont dans le monde ce que l’âme est dans le corps : l’âme est répandue  dans toutes les parties du corps ; les chrétiens sont dans toutes les  parties de la Terre ; l’âme habite le corps sans être du corps, les  chrétiens sont dans le monde sans être du monde. L’âme, invisible par  nature, est placée dans un corps visible qui est sa demeure. Vois les  chrétiens pendant leur séjour sur la Terre, mais leur culte qui est tout  divin, ne tombe pas sous les yeux. La chair, sans avoir reçue aucun  outrage de l’esprit, le déteste et lui fait la guerre, parce qu’il est  ennemi des voluptés. Ainsi le monde persécute les chrétiens, dont il n’a  pas à se plaindre, parce qu’ils fuient les plaisirs. L’âme aime la  chair qui la combat et les membres toujours soulevés contre elle. Ainsi  les chrétiens n’ont que de l’amour pour ceux qui ne leur montrent que de  la haine. L’âme, enfermée dans le corps, le conserve ; les chrétiens  enfermés dans ce monde comme dans une prison, empêchent qu’il ne  périsse. L’âme immortelle habite un tabernacle périssable ; les  chrétiens, qui attendent la vie incorruptible des cieux, habitent comme  des étrangers les demeures corruptibles d’ici-bas. L’âme se fortifie par  les jeûnes, les chrétiens se multiplient par les persécutions : le  poste que Dieu leur a confié est si glorieux, qu’ils regardent comme un  crime de l’abandonner. »</p>
<p>« Je l’ai déjà dit et je le répète, la  parole qu’ils ont reçue n’est pas une invention de la terre. Elle n’est  pas un mensonge des mortels la doctrine qu’ils se font un devoir de  conserver avec soin. Enfin le mystère confié à leur foi n’a rien de  commun avec ceux de la sagesse humaine. »</p>
<p>[...]</p>
<p>« Ne vois-tu pas que l’on jette les  chrétiens aux bêtes féroces ? On voudrait en faire des apostats ; vois  s’ils se laissent vaincre ! Plus on fait de martyres, plus on fait de  chrétiens. Cette force ne vient pas de l’homme ; le doigt de Dieu est là  ; tout ici proclame son avènement. »</p>
<p>[...]</p>
<p>« Si donc, ô Diognète, tu désires  ardemment le don de la foi, tu l’obtiendra. D’abord, tu connaîtras Dieu  le père : vois comme il a aimé l’homme ; c’est pour lui qu’il a créé le  monde ; il a placé sous sa dépendance tout ce que le monde renferme ; il  lui a donné l’intelligence et la raison. C’est à l’homme seul qu’il a  permis de regarder le ciel ; il l’a formé à son image ; il lui a envoyé  son fils unique ; il lui promet son royaume ; il le donnera à ceux qui  lui rendront amour pour amour. O quelle joie sera la tienne quand tu le  connaîtras ! Combien tu aimeras celui qui, le premier, t’a tant aimé ?  Une fois touché de son amour, tu chercheras à l’imiter, à retracer sa  bonté. Quoi ! L’homme pourrait imiter Dieu ! Quel langage ! Cesse de  t’étonner, l’homme le peut, puisque Dieu le veut. »</p>
<p>[...]</p>
<hr />
<p><small>© colibri for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/15511/la-lettre-a-diognete/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/15511/la-lettre-a-diognete/#comments">Un commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/15511/la-lettre-a-diognete/&title=La lettre à Diognète">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/conformes-a-christ/" rel="tag">conformés à Christ</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/dans-le-monde-mais-pas-du-monde/" rel="tag">dans le monde mais pas du monde</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/etrangers-sur-la-terre/" rel="tag">étrangers sur la terre</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/heritage-celeste/" rel="tag">héritage céleste</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/immitateurs-du-fils-de-dieu/" rel="tag">immitateurs du Fils de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/pelerins-sur-la-terre/" rel="tag">pèlerins sur la terre</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/une-lettre-de-christ-pour-le-monde/" rel="tag">une lettre de Christ pour le monde</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/vie-chretienne/" rel="tag">vie chrétienne</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/vous-serez-mes-temoins/" rel="tag">vous serez mes témoins</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/15511/la-lettre-a-diognete/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le déterminisme et la science, de Stanislas Van Mierlo</title>
		<link>http://www.blogdei.com/15498/le-determinisme-et-la-science-de-s-van-mierlo/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/15498/le-determinisme-et-la-science-de-s-van-mierlo/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Aug 2011 08:19:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colibri</dc:creator>
				<category><![CDATA[20e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[problématique]]></category>
		<category><![CDATA[Science et foi]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences]]></category>
		<category><![CDATA[appréhension du monde spirituel]]></category>
		<category><![CDATA[causalité]]></category>
		<category><![CDATA[création]]></category>
		<category><![CDATA[déterminisme]]></category>
		<category><![CDATA[facultés spirituelles]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[libre-arbitre]]></category>
		<category><![CDATA[lois de la nature]]></category>
		<category><![CDATA[lois naturelles]]></category>
		<category><![CDATA[lois physiques]]></category>
		<category><![CDATA[lois spirituelles]]></category>
		<category><![CDATA[matérialisme scientifique]]></category>
		<category><![CDATA[miracles]]></category>
		<category><![CDATA[monde naturel]]></category>
		<category><![CDATA[science]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=15498</guid>
		<description><![CDATA[extrait de : &#171;&#160;La voie du salut&#160;&#187; &#160; Les sciences naturelles, qui se sont tant développées pendant la première moitié du XX° siècle, ne s’occupent que de phénomènes dans lesquels la liberté n’entre pas en jeu et qui sont habituellement régis par des « lois ». On dit alors : tout a une cause, donc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>extrait de : <em>&laquo;&nbsp;La voie du salut</em>&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les sciences naturelles, qui se sont tant développées pendant la première moitié du XX° siècle, ne s’occupent que de phénomènes dans lesquels la liberté n’entre pas en jeu et qui sont habituellement régis par des « lois ». On dit alors : tout a une cause, donc tout est déterminé. Cela est très logique273 mais on ne doit pas en déduire de fausses conséquences.</p>
<p>En premier lieu, il serait assez naïf d’admettre a priori, que toutes les causes sont physiques. Or, c’est ce que font les matérialistes. Ils négligent, ou nient systématiquement toute cause non matérielle. Il est vrai que le domaine des sciences naturelles est limité à ce que peuvent atteindre nos facultés naturelles. Toute autre sphère leur est interdite parce que les moyens d’investigation manquent. Cependant, la science est capable, sans pouvoir connaître le monde spirituel, de se rendre compte de son existence. D’abord, par le fait même de l’existence de la création et ensuite, par l’observation d’effets qui ne s’expliquent pas par des lois « naturelles » et qui, cependant, ne peuvent être niés par un homme non aveuglé274.</p>
<p>Ensuite, ne peut-on pas déduire de l’absence de liberté dans les phénomènes physiques, qu’il doive en être de même quand il s’agit de l’homme.</p>
<p>Enfin, rien ne permet d’affirmer que les causes ou les « interdépendances » restent nécessairement invariables. Le fait que nous pouvons répéter certaines expériences avec le même résultat, ne prouve qu’une chose : c’est que, pendant ce temps, les facteurs n’ont pas changé. Mais on ne peut rien conclure quant à la nature, ni à la constance de ces facteurs en dehors de cette période. Ceci est une raison de plus pour laquelle il est absolument anti-scientifique de nier le miracle. Les phénomènes dans lesquels intervient un facteur surnaturel, ont une tendance à ne pas se reproduire à volonté, ce qui n’a rien d’extraordinaire. Or, cela suffit pour qu’ils soient rejetés par la science actuelle !</p>
<p>Depuis quelques dizaines d’années, il s’est fait une véritable révolution, et le déterminisme a été ébranlé. Depuis Boltzmann, la plupart des « lois » sont devenues l’expression d’une probabilité. D’autre part, il est arrivé plus récemment, que le principe d’indétermination de Heisenberg ne permet plus d’avoir la certitude que, dans des conditions données, le résultat soit nécessairement déterminé. Ceux qui, pour des raisons non scientifiques, sont portés à maintenir le déterminisme, doivent au moins reconnaître qu’il est scientifiquement impossible d’en prouver la vérité. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les observations à faire pour pouvoir prédire un résultat modifient le phénomène. Nous ne pouvons jamais connaître exactement les causes (même théoriquement) et nous ne pouvons donc jamais vérifier si le résultat est nécessairement déterminé. La science montre ainsi la possibilité d’une intervention supra-matérielle dans tous les phénomènes.</p>
<p>Le monde spirituel peut agir et diriger les phénomènes, sans que nous puissions le savoir et sans interférer avec les propriétés « naturelles » de la matière. Tout ce que nous pouvons faire, c’est de constater un résultat probable, donné par un grand nombre de phénomènes du même genre, sans savoir ce qui peut modifier la probabilité275.</p>
<p>L’indétermination à laquelle se heurtent les savants modernes résulte de la théorie des quanta et amène les relativistes purs à dire que cette théorie n’est pas achevée. En effet, une des caractéristiques de la science moderne est <em>le rejet systématique de ce qu’on ne peut pas observer avec des moyens physiques</em>. On tâche de réunir les faits observés, à l’aide d’une théorie, de manière que tout ce qui n’est pas observable soit nécessairement dépourvu de sens. On veut donc faire plus que rejeter ou nier ce qu’on ne peut observer : ces choses ne devraient même pas se présenter à notre esprit, car elles seraient absurdes. Ainsi, dans les théories d’Einstein, les notions d’espace et de temps sont telles, que l’idée d’un mouvement relatif à l’éther, d’un mouvement absolu, ne peut plus se présenter276.</p>
<p>Vouloir une théorie qui rende impossible l’existence de ce que l’homme ne peut observer, c’est prétendre que l’homme peut tout observer, donc qu’il est au- dessus de tout. Il nous semble entendre de loin la voix de l’Adversaire : « Vous serez comme des dieux ». <strong>La vérité ne pourra être atteinte que si l’homme reconnaît son incapacité, entre en communion avec Dieu et voit ainsi s’étendre le domaine de ce qui est observable.</strong></p>
<p>Notons encore que « déterminisme » ne veut pas nécessairement dire « fatalisme ». Le déterminisme scientifique découle de l’hypothèse suivant laquelle il existe des relations bien déterminées entre certains phénomènes. Etant donné un certain nombre de facteurs, il s’ensuit automatiquement un certain résultat. Dans le cas où tous les facteurs sont connus, le résultat est certain. Parmi ces facteurs peuvent se trouver des actes « libres » et le résultat est alors déterminé partiellement par ceux-ci. Déterminisme dans ce sens ne veut donc pas dire fatalisme. Ce n’est que dans le cas où l’on admet, en plus, qu’aucun acte n’est réellement libre, mais que tous les actes sont entièrement déterminés par les facteurs agissant sur une personne, qu’on peut parier de nécessité et de fatalisme277.</p>
<p>du même auteur  :&nbsp;&raquo; <a href="http://www.blogdei.com/10792/les-lois-de-la-nature-et-les-miracles-par-s-mierlo/"><em>les lois de la nature et les miracles</em></a>&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Notes </strong></p>
<p><strong>273</strong> Cependant, le principe de causalité a nécessairement une application limitée et ne peut servir de théorie universelle. Car, si on remonte jusqu’à une cause première, celle-ci est sans cause et fait défaut au principe de causalité. La cause première doit être complète en elle-même, donc être absolue. La science ne peut atteindre que les causes dérivées, le relatif.</p>
<p>Il faut ajouter que depuis un certain temps, il y a une tendance à ne plus parler de cause et d’effet, mais seulement de relations interdépendantes. Il est vrai qu’il y a des « interdépendances » où cause et effet sont difficiles à distinguer, mais de là à nier toute cause et tout effet, il y a loin. Hume a essayé de nier les causes et est arrivé nécessairement au scepticisme. Cette philosophie inconséquente avec elle-même a été réfutée par Kant.</p>
<p><strong>274</strong> Pour avoir une science plus complète, il faut, ou bien avoir accès aux sphères supérieures, ou bien accepter les témoignages de ceux qui les connaissent. L’impuissance de l’homme est fondamentale : dans la sphère naturelle, il ne peut atteindre à aucune vraie connaissance de l’être des choses, il ne peut qu’interpréter plus ou moins bien les impressions qu’il reçoit. Il ne peut ainsi arriver ni à l’absolu, ni à la certitude. Et, de lui-même, il ne peut atteindre les sphères supérieures.</p>
<p><strong>275</strong> Voir aussi Le Plan Divin, appendice 4: «Les Lois de la Nature et les Miracles». Cet appendice sur les Lois de la Nature et les Miracles se trouvait dans la 1rere édition de Le Plan Divin (1934) et par contre n’y était plus dans la seconde édition de 1956. Nous l’incluons ici à la suite du présent appendice.</p>
<p><strong>276</strong> Voir à ce sujet l’article «The New Age in Physics» par le D H. Dingle dans Nature du 4 mai 1935.</p>
<p><strong>277</strong> On sait que le Mahométan est fataliste. Il y a eu, cependant, dans l’Islam, le mouvement des Motazélites, au deuxième siècle de l’Hégire, qui défendait le libre-arbitre.</p>
<p>M. A. Einstein est panthéiste et déterministe (Voir « Comment je vois le monde » p. 8, 37, 39, 162). Il rejette toute responsabilité humaine à l’égard de Dieu, et aussi l’existence d’un Dieu qui récompense et punit.</p>
<p>Présentation de l&#8217;auteur :</p>
<p><span style="font-size: x-large;">S.         Van Mierlo (1888-1962)</span></p>
<p><img src="http://f254.mail.yahoo.com/ya/download?mid=1%5f3288681%5fAIsKDNkAAWdYTkZLAgZ0KSu1sPk&amp;pid=2.2&amp;fid=Inbox&amp;inline=1" border="0" alt="" width="93" height="154" /></p>
<p><span style="font-family: Garamond; font-size: large;"> <strong>Stanislas Van Mierlo           est né à Anvers en 1888</strong> et mort à Aix en Provence en 1962.         Ingénieur de profession, il fut responsable des activités de         recherche des laboratoires de cinq pays européens d&#8217;une société         internationale de télécommunications. Il a apporté une         contribution majeure aux réseaux téléphoniques français et nord         américain.</span></p>
<p><span style="font-family: Garamond; font-size: large;">A ces responsabilités, il effectua des         recherches approfondies en archéologie, théologie, philosophie,         et en écritures anciennes. Il visita régulièrement la         bibliothèque du British Muséum et d&#8217;autres centres         d&#8217;informations. Il rencontra de nombreux experts des textes         bibliques dans le monde entier.</span></p>
<p><span style="font-family: Garamond; font-size: large;"> Cet homme, d’une profonde humilité et         d’une exceptionnelle érudition, possédait une parfaite         connaissance des ouvrages dont il dénonçait les thèses aussi         bien que de ceux dont les conclusions rejoignaient les siennes.         Les certitudes qu’il présente dans ses ouvrages ne sont pas le         fruit d’une tradition familiale ou d’un quelconque <em>a priori</em> :         « <em>Sceptique par éducation, initié aux sciences, nous avons           cru au début pouvoir trouver partout erreurs et contradictions</em> ». Sa famille appartenait en effet à la libre-pensée. Il en         avait lui-même accepté les thèses tenant la Bible comme un         ouvrage qui ne présentait pas beaucoup d’intérêt. Jusqu’au jour         où, de façon étrange et inattendue, une interrogation se fit         jour en son esprit. Au nom de quoi, pensa-t-il, rejeter ce livre         que je n’ai ni étudié, ni même lu ?</span></p>
<p><span style="font-family: Garamond; font-size: large;"> L’inconséquence scientifique d’un tel         rejet venait de lui apparaître. Il décida donc de réparer cette         lacune en étudiant méticuleusement la Bible. Oui ou non ce livre         était-il ce que les chrétiens prétendent, à savoir un livre         inspiré par Dieu, ou au contraire un livre purement humain ? Il         se mit au travail avec un réel acharnement, ne négligeant aucune         piste. Bientôt, il acquit la certitude que la Bible était         réellement ce qu’elle prétendait être. Dès lors, il poursuivit         l’étude de cet ouvrage jusqu’à sa mort. Ses réflexions le         conduisirent à l’écriture de plusieurs livres :</span></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Le plan divin et sa réalisation&nbsp;&raquo;</em> 1934</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Les enseignements de l&#8217;apôtre Paul&nbsp;&raquo;</em> 1936</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La voie du salut&nbsp;&raquo;</em> 1938</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La science, la raison et la foi&nbsp;&raquo;</em> 1948</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La révélation divine&nbsp;&raquo;</em> 1951</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;L&#8217;ancien calendrier des Hébreux&nbsp;&raquo; </em>1954</p>
<p><strong><em>Depuis les eaux stagnantes de la tradition jusqu&#8217;à la source d&#8217;eau vive de la vérité</em>, pourrait être une description adaptée du cheminement de l&#8217;auteur dans son exploration des écritures.</strong></p>
<p><strong><span style="font-family: Garamond; font-size: large;"> </span></strong></p>
<hr />
<p><small>© colibri for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/15498/le-determinisme-et-la-science-de-s-van-mierlo/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/15498/le-determinisme-et-la-science-de-s-van-mierlo/#comments">7 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/15498/le-determinisme-et-la-science-de-s-van-mierlo/&title=Le déterminisme et la science, de Stanislas Van Mierlo">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/apprehension-du-monde-spirituel/" rel="tag">appréhension du monde spirituel</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/causalite/" rel="tag">causalité</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/creation/" rel="tag">création</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/determinisme/" rel="tag">déterminisme</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/facultes-spirituelles/" rel="tag">facultés spirituelles</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/liberte/" rel="tag">liberté</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/libre-arbitre/" rel="tag">libre-arbitre</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/lois-de-la-nature/" rel="tag">lois de la nature</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/lois-naturelles/" rel="tag">lois naturelles</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/lois-physiques/" rel="tag">lois physiques</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/lois-spirituelles/" rel="tag">lois spirituelles</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/materialisme-scientifique/" rel="tag">matérialisme scientifique</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/miracles/" rel="tag">miracles</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/monde-naturel/" rel="tag">monde naturel</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/science/" rel="tag">science</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/15498/le-determinisme-et-la-science-de-s-van-mierlo/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>7</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;âme de notre ministère, c&#8217;est la prière, par Frédéric Godet</title>
		<link>http://www.blogdei.com/14918/lame-de-notre-ministere-cest-la-priere-par-frederic-godet/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/14918/lame-de-notre-ministere-cest-la-priere-par-frederic-godet/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 26 Jun 2011 16:17:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Encouragement]]></category>
		<category><![CDATA[Etudes bibliques]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[Intercession]]></category>
		<category><![CDATA[Mission et évangélisation]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[ajustement à l'Esprit de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[connaître la pensée de l'Esprit]]></category>
		<category><![CDATA[la mission]]></category>
		<category><![CDATA[la prière et la volonté de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[la soumission]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=14918</guid>
		<description><![CDATA[Frédéric Godet (1812-1900) Que faire pour être assurés du succès, autant que vous pensez l’être de vos efforts ? Que faire pour l’être de ces efforts eux-mêmes? Quel moyen employer pour bien commencer, bien continuer, bien finir, dans un ministère où il y va à chaque pas du salut de vos frères et du vôtre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p><strong>Frédéric Godet (1812-1900)</strong></p>
<p><em><strong>Que faire pour être assurés du succès, autant que vous pensez l’être de vos efforts ? </em><em>Que faire pour l’être de ces efforts eux-mêmes?</em><br />
 <em>Quel moyen employer pour bien commencer, bien continuer, bien finir, dans un ministère où il y va à chaque pas du salut de vos frères et du vôtre ?</strong></em> </p>
<p>C’est la réponse à cette question si grave que vous attendez en ce moment, je le sens; et c’est cette réponse que je vous apporte avec une douce assurance.<br />
Si vous aviez à exercer le saint ministère dans une Eglise où l’erreur a pris pied, où elle dispute hardiment le terrain à la vérité évangélique, je croirais devoir remettre en ce moment devant vos yeux l’Evangile dans son essence et vous crier: L’étendard de la vérité haut élevé ! Ne veuillez, comme saint Paul, vous glorifier en aucune autre chose qu’en la croix de Jésus-Christ, par laquelle le monde vous est crucifié et vous êtes crucifiés au monde.</p>
<p><em>Si dans notre Eglise le corps pastoral restait manifestement au-dessous de sa mission, négligeant ses saintes obligations pour ne penser qu’à ses intérêts propres et à ses jouissances, je ferais retentir aujourd’hui à vos oreilles cette imprécation redoutable du même apôtre :</em> <strong>Malheur à moi si je n’évangélise pas</strong>! Malédiction sur chaque instant que je dérobe à l’administration du trésor divin qui m’a été confié ! Et je vous répéterais ce mot d’ordre laissé par lui à tous les futurs serviteurs de l’Eglise: <em>A nous de mourir, afin que l’Eglise vive !</em></p>
<p>Mais, grâces au Seigneur, et puisse-t-il ne pas nous dépouiller de ces prérogatives, notre Eglise et ses pasteurs offrent un autre spectacle. L’Evangile parmi nous est purement prêché et notre Eglise, j’ose le dire, dignement servie. Et néanmoins prospère-t-elle, vit-elle, cette Eglise ? Dans un certain nombre de ses membres, oui ! Mais qu’il est petit, ce nombre, en proportion de l’Eglise entière ! La prédication du pur Evangile, l’accomplissement exact et consciencieux des fonctions du saint ministère, ne suffisent donc pas pour donner la vie.</p>
<p>Que faut-il encore ? La vie sous toutes ses formes, les plus élevées comme les plus basses, est un don du ciel, est le souffle de Dieu même.<em> Et ce souffle, dans la sphère spirituelle, ne s’impose pas; il ne descend qu’autant qu’il est appelé.</em> L’action du Saint-Esprit de la part de Dieu, et par conséquent, de la vôtre, la prière qui le fait descendre, voilà le moyen auquel je viens vous rendre attentifs et que l’état particulier de nos Eglises nous invite à considérer de plus près. <em>Voilà la garantie assurée de la persévérance de vos efforts et du succès de votre travail, dans la mesure fixée d’En-Haut.</em></p>
<p>O toi qui, après avoir prêché, et agi comme nul autre, sentais le besoin de rendre encore tout ce travail productif par la prière, place dans les mains de ces jeunes frères ce sceptre qui a opéré de si grandes choses dans les tiennes; <strong>apprends-leur à prier ;</strong> et qu’ainsi par eux, ton règne vienne ! </p>
<p>Et maintenant, pour l’accomplir, cette œuvre, que vous faut-il ? Trois choses qui procèdent d’une seule.</p>
<p><strong>La première, c’est l’intelligence de la pensée de Dieu.</strong> Il vous la faut aussi nécessairement qu’à l’homme qui construit une maison il faut la connaissance du plan de l’édifice. Or, cette lumière, d’En-Haut, vous ne l’obtenez que par la prière.</p>
<p><strong>La seconde, c’est la possession de la force divine.</strong> Il vous la faut; car l’œuvre de Dieu ne s’accomplit pas par la force humaine. Or, cette force, vous ne l’obtenez que par la prière.</p>
<p><strong>La troisième, c’est la grâce de l’adoption, l’état d’enfant de Dieu.</strong> Cet état, il vous le faut; <em>car un maître tel que Dieu n’est dignement servi que par des fils et des filles.</em> Cet état de grâce, vous ne pouvez l’obtenir et le conserver, après l’avoir obtenu, que par la prière.</p>
<p>Vous le voyez donc: être ouvrier de Dieu, c’est être, comme dit saint Paul, ouvrier avec Dieu, c’est-à-dire: prier. Pour vous en bien convaincre, reprenez maintenant avec moi ces trois points, en interrogeant à chaque fois l’exemple suprême, celui de Jésus.</p>
<p>I.</p>
<p><strong>D’abord, la lumière d’En-Haut.</strong></p>
<p>Lorsque celui qui, encore enfant, avait envisagé comme sa plus douce joie d’être employé aux affaires de son Père, vit le moment venu de réaliser le désir de son cœur, il se rendit au Jourdain, où baptisait Jean-Baptiste, afin de prendre entre ses mains l’engagement de se consacrer tout entier au salut du monde. Cette heure si désirée correspondait jusqu’à un certain point dans sa vie à celle à laquelle vous êtes arrivés maintenant dans la vôtre. Que se passa-t-il alors ! Vous le savez. Voici le récit sacré: </p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Comme il était baptisé et qu’il priait, le ciel s’ouvrit, l’Esprit descendit sur lui, et une voix du ciel se fit entendre.&nbsp;&raquo;</strong><br />
Il avait prié. Qu’avait-il demandé? Nous pouvons le conclure de ce qu’il a obtenu.<em> En premier lieu, le ciel s’ouvrit.</em> Ce voile de la chair que Jésus avait laissé dès sa naissance s’interposer entre le ciel et lui, se déchira: il put lire jusqu’au fond dans l’abîme des décrets divins; le plan conçu de toute éternité pour notre salut et notre gloire lui fut pleinement dévoilé.</p>
<p><em>La pensée de Dieu devint la sienne. Dès ce moment, un enseignement divin put retentir sur la terre, et Dieu être révélé au monde.</em></p>
<p>Et cette illumination incomparable était le fruit de la prière. Il avait heurté ; la porte lui fut ouverte. Cette porte, une fois ouverte, ne s’est pas refermée. Et c’est encore la prière qui l’a maintenue ouverte. Ce n’était point assez pour le Sauveur d’avoir compris d’une manière générale le conseil divin. Il fallait encore savoir dans chaque cas particulier de quelle manière et dans quelle mesure il convenait de le réaliser. La révélation première qu’il avait obtenue au baptême devait donc se continuer dans une communication constante, appropriée aux besoins de chaque moment; c’est ce qui a eu lieu <strong>: Je ne dis rien de moi-même, déclare Jésus ailleurs ; je ne dis que ce que mon Père m’a enseigné. </strong>Et encore :<strong> Les choses que je dis, je les dis comme mon Père me les a dites.</strong> Et cette communication continue entre le Père et lui, qui le mettait en possession, pour chaque prédication, pour chaque entretien, pour chaque acte, de la vraie sagesse de Dieu, comment avait-elle lieu? Un mot de Jésus éclaircit ce mystère :<strong> &laquo;&nbsp;Comme j’entends, je juge.&nbsp;&raquo;</strong> <em>Avant de parler, il écoutait; avant d’instruire, il se laissait instruire.</em> Or, écouter ainsi la voix de Dieu, se faire le disciple de sa sagesse, n’est-ce pas prier ? Tel fut l’enseignement de Jésus :<em> infaillible, parce que chacune des paroles qui le composent, éclose dans le silence de la prière, avant d’être donnée au monde, avait été reçue du ciel.</em></p>
<p><strong><em>Mes chers frères, il est des connaissances pour l’acquisition desquelles la prière n’est nullement indispensable ! Vous pouvez devenir habile chimiste, fort mathématicien, historien érudit, sans avoir ployé le genou. Mais il n’en est pas ainsi de la connaissance de Dieu. Dieu n’est pas une chose que l’on puisse manier, retourner, observer, disséquer, analyser, étudier à volonté, comme une pierre ou un livre. Dieu, comme tout être vivant, plus que tout autre être vivant, car il habite, lui, une lumière inaccessible, n’est connu qu’autant qu’il veut bien se donner à connaître. Et il ne se </strong><strong>donne à connaître qu’à celui qui consent à se recueillir pour le contempler et l’écouter. C’est alors seulement que se déchire pour nous le voile de la chair, bien plus épais encore chez nous, chez qui il est comme doublé de celui du péché, que chez Christ, et que la lumière divine descend dans notre âme.</em></strong></p>
<p>La Parole de Dieu elle-même ne peut remplacer cette révélation intérieure. Saint Paul disait aux Ephésiens, au moment même où il leur exposait par écrit le plan de Dieu: <strong>Je prie le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, d’éclairer les yeux de votre cœur, de vous donner l’esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance.</strong><br />
Sans cette illumination intérieure, fruit de la prière, l’apôtre sait que la Parole de Dieu elle-même restera pour eux obscure, inintelligible, semblable à un pays enveloppé de brouillards. Mais quand la lumière d’En-haut est accordée à l’homme, ce saint livre ressemble à une contrée sur laquelle vient à tomber un brillant rayon de soleil.</p>
<p><em>Mes chers frères, quel moment dans la vie d’un homme que celui où le plan de Dieu se révèle à lui tout entier et où il peut s’écrier avec saint Paul: Maintenant, je tiens la pensée du Seigneur! <strong>Quel tableau se déroule aux yeux de son esprit</strong> !</em><strong> Au centre</strong>, l’autel expiatoire, ce foyer lumineux d’où la clarté rayonne à droite et à gauche, jusques dans le passé le plus reculé, jusques dans le plus lointain avenir ! <strong>De l’un des côtés de cette croix</strong>, le décret éternel d’élection, en vertu duquel elle est dressée et qui fait don au Fils immolé de tous les croyants; <strong>de l’autre côté,</strong> la famille des rachetés, devenue, en réalisation de ce décret, semblable à son frère aîné, au Fils glorifié ; la création de l’humanité consommée dans l’Eglise parfaite; Dieu, de qui tout procède, devenu tout en tous. Ainsi, l’avenir éternel étroitement relié en Christ à l’éternel passé, la première création ne formant qu’un seul tout avec la seconde, et l’Ecriture tout entière, depuis la première page de la Genèse jusqu’à la dernière de l’Apocalypse, ne reflétant qu’une seule et même pensée ; vous-même, enfin, vous, atome imperceptible perdu au premier coup d’œil dans ce tout immense, objet pourtant, objet spécial, personnel, de l’amour infini qui s’y déploie, et pouvant vous dire que, fussiez-vous seul au monde, ce plan n’en existerait pas moins, n’en aurait pas moins été accompli pour vous seul ! Oh ! quand l’âme pénètre ainsi dans l’intimité de la pensée divine, c’est bien le ciel qui s’ouvre ! Un ministère séculaire ne suffirait pas à épuiser toutes les richesses de cette révélation longtemps attendue souvent, toujours sérieusement et ardemment demandée.</p>
<p><em>Et pour vous, comme pour Jésus, cette révélation première doit être suivie d’un enseignement céleste, continu et spécial :</em> un Nicodème vous visite ; vous rencontrez sur votre chemin une Samaritaine ; le dimanche vous attend, où vous devez monter en chaire. Ouvrier de Dieu, il vous faut pour chacun de ces cas une parole de Dieu. Laquelle? <em>Saurez-vous la discerner par votre propre sagesse? Non. Il faut la recevoir. Et<strong> pour recevoir, il faut demander, puis écouter</strong>. Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. L’œuvre de Dieu dans une paroisse, dans un cœur, comme dans un monde, est un profond mystère.</em> Pour ne pas travailler en aveugle, dans un tel domaine, croyez-le bien, mes chers frères, comme Jésus, vous devez élever vos yeux vers le siège des lumières et demander du jour, du jour encore, et de nouveau du jour.</p>
<p>II.</p>
<p><strong>Vous n’êtes pas seulement appelés à être des hommes de science religieuse. Vous êtes surtout des hommes d’action.</strong><br />
Au service de Christ, toute connaissance tourne à l’action. Vous le voyez chez Christ lui-même. L’ouverture du ciel lors de son baptême est immédiatement suivie de la descente du Saint-Esprit. A la clarté de l’illumination vient s’ajouter la vertu. de l’inspiration. Dans quel but ? Le ciel qui vient de s’ouvrir à lui, il ne l’a contemplé que pour le faire descendre et le réaliser sur la terre. Et pour cette œuvre-là, il lui faut une force divine ; et l’Esprit la lui apporte. <em>Et comment reçoit-il le Saint-Esprit?</em> Toujours par le même moyen:<strong> Comme il était baptisé et qu’il priait.</strong> Cette phrase plane sur tout le récit: <strong>il a demandé, et il lui est donné. Prier et pouvoir sont donc aussi étroitement liés chez lui que prier et savoir.</strong></p>
<p>Mais cette communication de force divine qui a commencé à son baptême, elle continue durant tout son ministère. Son activité présente constamment ces deux faces : <strong>la prière, c’est le côté humain ; une vertu surnaturelle, c’est le côté divin.</strong></p>
<p>Veut-il gagner le peuple? Il prêche, il guérit, sans doute mais après tout cela, <em>il éprouve le besoin de se retirer à l’écart pour prier. Pour gagner le monde, s’isolant de lui, il s’en va seul le demander à Dieu.</em> Opère-t-il des miracles ? Au tombeau de Lazare, <strong>il dit : Père, je sais que tu m’exauces toujours.</strong> Il a devant lui un sourd-muet avec lequel il ne peut s’expliquer en mots : <strong>il pousse un profond soupir et regarde vers le ciel,</strong> <em>pour lui bien montrer comment sa guérison est obtenue et d’où elle provient. </em>Parlant au peuple des guérisons de possédés, il déclare franchement qu’il les opère par le doigt de Dieu. Veut-il choisir, former, protéger les aides dont il a besoin pour continuer son œuvre ? <em>C’est après une nuit toute passée en prière qu’il choisit les douze. </em>Plus tard, c’est par la prière qu’il les défend contre l’ennemi invisible qui rôde autour d’eux: <strong>Satan a demandé à vous cribler comme on crible le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point, </strong>dit-il à Pierre. Se préoccupe-t-il de leur sûreté pour les temps qui suivront son départ? Vous savez avec quelle instance il les recommande à son Père dans la prière sacerdotale. A-t-il égard, enfin, à leur œuvre à venir: <strong>Je prierai mon Père, dit-il, qui vous donnera un autre soutien.</strong><em> La Pentecôte, cette pluie du ciel sans laquelle ses propres semailles et celles de ses apôtres fussent restées stériles, la Pentecôte elle-même est donc le fruit des prières de Jésus.</em></p>
<p>Prier et agir, c’est tout un pour lui. Par là <em>son impuissance même devient sa puissance. Il ne peut rien ; voilà pourquoi il demande tout</em>. Il demande tout; c’est par là qu’il obtient tout. Ce moyen nouveau, c’est son secret. <em>C’est ainsi que son œuvre a été réellement, l’œuvre de Dieu, non la sienne.</em></p>
<p>Il est bien des domaines où, pour travailler avec succès, il n’est point nécessaire de prier. On peut fabriquer, spéculer, administrer sans avoir recours à la force d’En-Haut. Mais l’œuvre à laquelle vous vous consacrez, vous, mes jeunes frères, ne se fait par aucune force naturelle.<strong> <strong><em>Faire passer des âmes de la mort à la vie est une opération dont Dieu s’est réservé le monopole</em></strong>.</strong> Pour que vous réussissiez à l’accomplir, il faut que Dieu lui-même s’associe à vous et vous prête sa force. Un sermon pour lequel vous avez beaucoup prié, fût-il médiocre pour les idées et pour le style, portera coup dans les cœurs. Il ressemblera à une épée peu précieuse, mais dont la lame est bien aiguisée. Je vous laisse le soin de développer vous-mêmes la contrepartie. Jésus vous le dit d’ailleurs, comme il se le disait à lui-même: <strong><em>porter du fruit c’est prier, et prier c’est porter du fruit.</em></strong><br />
<strong>Je vous ai choisis afin que vous ailliez et que vous portiez du fruit </strong>; et, ajoute-t-il comme si c’était la même chose qu’il répétait sous une autre forme: <strong>afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne.</strong></p>
<p><em>Ou craindriez-vous peut-être que prier beaucoup ne nuise chez vous à l’énergie de l’action? Mais c’est le contraire qui arrivera. La prière a la vertu de recruter, d’entraîner toutes les forces de l’âme au service de son grand et sublime objet; et, en concentrant ainsi leur action, elle double leur puissance. C’est elle qui fournit à l’éloquence ses plus nobles inspirations, ses mouvements vraiment saints et saisissants; c’est elle qui doue l’activité pastorale d’une prudence surhumaine et la revêt d’un charme et d’une douceur qui fléchissent les cœurs. Elle fait plus encor: tout en rendant l’activité efficace, elle la purifie.</em> <strong><em>Défiez-vous d’un zèle pastoral qui ne vous porte pas à prier. Ce zèle pourrait bien n’avoir d’autre objet que vous-même.</em></strong> Tenez pour suspect un élan, un entrain, un feu dans la prédication, qui ne s’est pas allumé au souffle de la prière. <em>Ce n’est pas pour la gloire de Dieu que vous brûlez, c’est pour la vôtre. </em>Dites-vous bien que vos mobiles sont impurs dans la mesure ou la prière est absente de votre travail. <em>On ne fait pour Dieu que ce qu’on fait par lui.</em> Et, dans le saint ministère, tout ce qui n’a pas été arrosé de prière n’est que linge souillé. Tout en rendant le travail fructueux et pur, la prière en fait aussi le charme et la douceur. Dans la prière se trouve pour le serviteur fidèle la récompense anticipée du travail. <em>Quelle est la plus grande joie d’un fidèle serviteur ? N’est-ce pas de travailler à côté de son maître, en commun avec lui ?</em></p>
<p>Et c’est la prière, mes chers frères, qui établit cette communauté de travail entre Dieu et vous, aussi bien que, jadis, entre le Fils et le Père. En délibérant avec votre Dieu sur chaque cas avant d’agir, en vous réjouissant ou vous attristant avec lui, après le travail achevé, <em>vous devenez ses confidents, comme lui le vôtre. </em>Quelle douceur, quel privilège qu’un travail ainsi partagé ! En échange, quel triste labeur pour le pasteur que celui dans lequel il n’a d’autre collaborateur que lui-même ! Travail fécond quant au résultat, pur dans sa source, doux et bienheureux dans son cours, n’attendez cela, mes chers jeunes frères, que d’un travail prié !</p>
<p>III.</p>
<p><strong>Lumière divine, force divine, cela suffit-il pour accomplir l’œuvre divine?</strong> Non; car ce ne sont là que des dons, et ces dons ne sont pas nous-mêmes. Et il faut que votre être lui-même soit en harmonie avec votre œuvre et passe tout entier dans votre travail. C’est dans ce sens que Jésus disait à ses disciples, tout réjouis des premiers succès qu’ils venaient d’obtenir: <strong>Ne vous réjouissez pas de ce que les démons vous sont assujettis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux.</strong> Reportons-nous encore une fois à l’entrée du ministère du Sauveur, après que le ciel s’est ouvert et que le Saint-Esprit est descendu.</p>
<p>Tout est-il fait ? Non : la voix de Dieu fait entendre à Jésus cette parole: <strong>Tu es mon Fils bien-aimé. Tu es, et désormais tu sais que tu es…</strong> Sur le fondement de ce divin témoignage, Jésus peut prendre maintenant cette position <strong>filiale</strong> qui lui appartenait par essence, mais à laquelle il avait renoncé quand il l’avait échangée contre la forme de serviteur. Il peut devenir ce qu’il est. C’est du haut de cette position suprême qu’il va désormais témoigner, en acte et en parole, de lui-même et du Père. Et cette grande révolution dans sa carrière terrestre, comment s’est-elle opérée? Encore une fois : <strong>Comme il était baptisé et qu’il priait.</strong> Il a cherché, et le Père s’est laissé trouver.</p>
<p><strong><em>Et ce qu’il a obtenu en ce moment par la prière, il l’a conservé par elle. Des tentations de divers genres l’ont assailli pendant son ministère et ont menacé sa soumission filiale. Tout d’abord, l’enivrement du succès. Sa renommée, est-il dit, se répandait de plus en plus, et les foules accouraient pour l’entendre et être guéries par lui. Au milieu de cet enthousiasme dont il est l’objet, ne perdra-t-il pas quelque chose de sa candeur première, de son humilité, de sa pureté ? C’est ici que l’écrivain sacré nous dit: Mais lui, se tenant retiré dans les déserts, priait. Contre l’élévation propre, son arme était la prière. Bientôt c’est la multiplicité des affaires, l’agitation d’une vie excessivement remplie d’incidents, qui le menacent. Dans cette activité multiple et incessante, ne perdra-t-il point quelque chose de son recueillement, de l’intimité de sa relation avec son Dieu ! Mais écoutez le récit sacré à ce point culminant de sa vie : Un jour qu’il était en prière, quand il eut fini… Il priait donc, et priait régulièrement même au milieu des péripéties d’un voyage. C’était là sa sauvegarde contre toute dissipation d’esprit et de cœur. Enfin, au terme de son ministère, la croix vient à se présenter à lui dans toute son horreur ; tout près de ses lèvres il voit la coupe que son Père lui donne à boire ; et elle est pleine de son propre sang. Le frisson le saisit, son âme est troublée. Ne va-t-il pas, dans ce moment d’inexprimable angoisse, cédant à la terreur, dévier quelque peu de la ligne étroite du dévouement filial? Ah ! la lutte est sérieuse ! Par trois fois il s’agenouille, et, le front dans la poussière, il ne prie plus seulement, il crie! Et il se relève pleinement soumis et même serein, et se déclare prêt à boire la coupe que son Père lui a donnée à boire.</em><br />
</strong><br />
Au travers de toutes ces épreuves, il demeure donc dans l’amour du Père. Comment ? Il nous le dit: par l’obéissance; en gardant ses commandements. Mais il garde ses commandements, comment? Vous l’avez vu: par la vertu de la prière. <em>Fils par essence, il demeure fils humble, tendre, soumis, <strong>par la prière.</strong><br />
</em><br />
Mes jeunes frères, vous allez vous mettre au service de Dieu. N’espérez faire son œuvre qu’autant que vous êtes devenus ses enfants et que vous en portez en vous le témoignage de la bouche de Dieu. Pour arriver là, il ne faut que deux choses:<em> la foi, la simple foi à votre réconciliation personnelle, renfermée en Jésus mort et ressuscité. Cette foi vous est imputée à justice, non en raison de sa force, mais en raison de son parfait et glorieux objet. </em>Et de cette justification prononcée découle immédiatement votre adoption. Rappelez-vous la parabole de l’enfant prodigue. On voit là combien foi, pardon, réhabilitation, sont choses qui se suivent de près. Puis, la prière; <em>cette prière spéciale par laquelle vous demandez, au nom de Jésus, le témoignage intérieur,</em> l’Esprit de Jésus la pleine conscience de votre position filiale, et tous les sentiments en rapport avec elle. Jésus a reçu ce témoignage: <strong>Tu es mon fils, par la prière</strong>. <em>Comment espéreriez-vous jamais l’obtenir autrement?<br />
</em><br />
<em>Après avoir reçu, il faut conserver. Si l’état filial de Jésus a été exposé à des assauts, comment le vôtre serait-il à l’abri de tout péril ? C’est votre couronne.</em> Il s’agit de la garder. Des ennemis jaloux aspirent à vous l’enlever. Quels sont ces ennemis ? Ce sera peut-être l’ivresse des premiers succès. Elle en a étourdi plus d’un qui a roulé dans l’abîme.<strong> N’oubliez jamais que c’est à l’heure de sa renommée croissante qu’il est dit de Jésus: <em>Mais lui priait.</em></strong></p>
<p><em>Ce sera bientôt aussi le tourbillon des affaires. Ah ! il y a là un danger qui menace justement les plus zélés, les meilleurs.</em> <em>La lutte s’engagera dans le cours de votre ministère entre l’activité extérieure et la prière. </em><em><strong>Ces deux sœurs, qui ne devraient marcher qu’en se donnant la main et s’appuyant l’une sur l’autre, deviendront rivales. La plus affairée rognera de plus en plus le terrain de l’autre et finira par lui laisser à peine l’espace pour poser ses pieds. Sachez alors prendre la défense de la plus modeste et résister à l’agression brutale dont elle est l’objet.</strong></em> Réservez à la prière une large, une inviolable place. Que chaque matin elle la trouve libre et puisse l’occuper sans débat.<em> Mais, demanderez-vous, l’esprit de prière ne suffit-il pas? qu’importe l’acte extérieur dans ce domaine? Jésus n’en jugeait pas ainsi. L’esprit de prière ne lui manquait pas. Cependant il est dit de lui: Quand il eut fini de prier !<br />
J’ai connu des gens qui s’imaginaient faire preuve de haute spiritualité en méprisant les actes de prière réguliers et positifs. <strong>Et ce que j’ai vu aussi, c’est qu’ils ont si bien prié toujours, qu’ils ont fini par ne plus prier du tout.</strong></em></p>
<p>Tout esprit, toute force morale que n’alimentent pas des actes positifs, se dissipe; c’est un parfum qui s’évente.</p>
<p>Plus enfin vous avancerez dans la pratique du ministère, plus vous y rencontrerez la souffrance intérieure ou extérieure. Sans doute nous ne sommes plus au temps où les ministres de Jésus-Christ étaient recherchés comme des malfaiteurs, traqués comme des bêtes fauves. Un certificat de consécration ne sera plus appelé à cette heure un brevet de potence. Mais des temps semblables peuvent revenir. Il est visible que l’incrédulité tend à repasser de l’état d’indifférence à celui d’agression. Et lors même que nos paroisses resteraient encore longtemps ce qu’elles sont à cette heure, attachées aux croyances évangéliques et à ceux qui les leur prêchent, la porte du jardin de Gethsémané ne manquera pas de s’ouvrir sur votre chemin, conducteurs de ces Eglises. Et vous aurez plus d’une promenade à faire sur ce sol arrosé de la sanglante sueur de votre Maître. Comment demeurer toujours dans la voie de la soumission filiale ? Comment vaincre? Un pasteur avait une retraite où il s’isolait de tous, même de ses plus intimes, pour travailler à l’acceptation de la croix journalière. Il appelait cette retraite son jet de pierre. Comprenez-vous ce nom?</p>
<p>Tout comme Jésus, c’est donc sur la prière que vous devez compter pour traverser sains et saufs la fournaise des premiers succès, le tourbillon toujours croissant des affaires, enfin les grosses eaux de l’angoisse et de la douleur. Cette unique fidélité, j’entends la fidélité dans la prière, est la garantie assurée de toutes les autres, et par là, la sauvegarde de votre position d’enfants de Dieu. Un jour, vous vous le rappelez, un rayon de gloire céleste éclaira tout à coup le front du Seigneur, resplendit sur toute sa personne, et rayonna même au travers de ses vêtements. Le ciel sembla se rapprocher de la terre ; les habitants des deux sphères communiquèrent un moment; enfin, la même voix qui avait retenti au baptême, se fit entendre et renouvela au cœur de Jésus, en face de la Passion qui s’approchait, le témoignage de l’amour divin. Que s’était-il passé ? Quelle puissance avait comblé l’abîme entre la terre et le ciel, et fait de cette montagne le vestibule du palais divin ? Ecoutez le récit sacré: <strong>&laquo;&nbsp;Jésus, ayant pris avec, lui Pierre, Jacques et Jean, monta sur la montagne pour prier. Et il arriva que, comme il priait…&nbsp;&raquo;</strong> Vous savez le reste.</p>
<p>Désirez-vous, mes jeunes compagnons de travail et de lutte, être parfois divinement consolés, saintement rafraîchis, magnifiquement fortifiés au milieu des luttes, des défaillances, des déceptions et des angoisses de votre ministère ; désirez-vous, au fort du combat, tressaillir quelquefois par avance des joies de la victoire? Avec Jésus, gravissez la montagne ; elle est proche de vous, elle est partout. Avec un ou deux amis qui partagent votre faim et votre soif de Dieu, mais plus souvent encore seul, tout seul, approchez-vous de Dieu, dans l’esprit de ce monologue de David:<strong> Mon cœur me dit de ta part : Cherche ma face. Je chercherai ta face, ô Eternel.</strong> Et il ne cachera point sa face de vous. Il parlera à son enfant, ce Père ! Vous recueillerez de sa bouche un puissant et doux témoignage; et quand, après avoir entendu sa voix, vous parlerez de lui à vos frères, <em>ils sentiront que vous descendez, bien plutôt que vous ne montez en chaire.</em></p>
<p>Mes jeunes frères, faire l’œuvre de Dieu, la faire dans la lumière de Dieu, par la force de Dieu, <em>avec un cœur d’enfant de Dieu</em>, voilà, si j’ose le dire ainsi, le programme de votre ministère ! La prière, voilà le moyen de le réaliser.<em> Cette vocation a pu, en d’autres temps, être plus périlleuse; jamais elle ne fut plus importante et plus difficile qu’à cette heure. De nouvelles questions religieuses se posent, de nouvelles aspirations sociales surgissent; l’Humanité, exaltée par le spectacle des œuvres de ses mains, est comme dans une crise d’enfantement.</em> </p>
<p><em>L’Evangile, qui trois fois déjà a renouvelé la Société, en des crises aussi graves, lors de sa première apparition, après le déluge social de l’invasion des barbares et aux temps de la Réformation, l’Evangile est appelé encore une fois, (sera-ce peut-être la dernière?), à déployer ses trésors de force et de lumière, à tendre la main à l’humanité dans le labyrinthe où elle est engagée.</em></p>
<p>Mais il faut pour cela des hommes qui, d’un côté, comprennent les besoins de leur temps, besoins religieux, intellectuels, sociaux, et qui, de l’autre, sachent interroger cet Evangile éternel tout à nouveau, pour obtenir de lui les réponses qu’il tient en réserve pour des jours tels que ceux-ci, et lui arracher, comme autrefois le prêtre à la Pythie, le mot que lui seul possède et qui pourra servir de fondement à l’ordre nouveau. <em>Et qui seront ces hommes, si ce n’est vous,</em> ministres de l’Evangile? Demandez à Dieu un cœur assez large pour comprendre votre temps ; demandez-lui en même temps les nouvelles ressources qui vous permettront de satisfaire à ces nouvelles exigences, dans votre sphère, petite on grande. Dites comme les apôtres : <em><strong>Augmente-nous la foi,</strong> la foi triomphante pour soutenir celle de ton Eglise qui va s’affaiblissant, la foi qui transporte les montagnes, la foi par laquelle l’Eglise pourra achever sa tâche, la conquête du monde !</em></p>
<p>Deux recommandations, mes chers frères, me semblent résumer tous les devoirs de votre ministère : Oublie-toi toi-même ! Et : Ne t’oublie pas toi-même ! Et chacun de ces deux préceptes doit se traduire en celui-ci: Prie ! Comment s’oublier soi-même, dans le sens où cela doit se faire, comment n’être plus rien pour soi, être sans cesse, tout entier, là pour tous, autrement que par la prière? Et comment se souvenir aussi de soi-même, dans le sens où nous devons le faire sans cesse, comment veiller sur notre cœur et réagir contre notre propre péché, tout en veillant et agissant sur autrui, autrement que par la prière?</p>
<p><em>C’est à vous détourner de l’accomplissement de ce devoir que Satan mettra toute son habileté. Ce point emporté, il vous laissera tranquilles sur tout le reste. Car, vos autres armes, il ne les craint guère ! Repoussez résolument tous les prétextes qu’il vous fournira en abondance et qu’il tirera de vos devoirs mêmes.</em></p>
<p>Pour obtenir aujourd’hui même le pardon de vos fautes et la réparation de vos négligences passées, et afin de ne pas traîner avec vous, dans votre ministère, ce fardeau qui paralyserait vos forces, <em><strong>priez</strong></em> ! Pour qu’il soit suppléé aux dons qui peuvent vous manquer,<em><strong> priez !</strong></em> Afin de mettre votre responsabilité à couvert, dans un ministère dont chaque acte, chaque parole a un retentissement éternel, <em><strong>priez !</strong></em></p>
<p>Pour que vos auditeurs ne fassent pas tourner votre parole à leur endurcissement, et qu’elle ne devienne pas pour eux odeur de mort,<strong><em> priez !</em></strong> Pour être préservés de l’accomplissement routinier de vos diverses fonctions, et afin que votre onction soit toujours d’huile toute fraîche,<em><strong> priez !</strong> </em>Pour que chaque fois que vous témoignez de Jésus, Jésus paraisse, <em><strong>priez !</strong></em></p>
<p>Quand vous entrez dans votre cabinet de travail, les yeux En-Haut, dites: Travaille avec moi! Au pied de la chaire, dites: <em>Tout par toi, tout pour toi ! </em>En franchissant le seuil de la maison où vous visitez un affligé, un malade, dites: Que ma paix soit sur cette maison ! <em>Quand vous aurez demandé quelque chose, vous laisserez quelque chose. </em>Et quand vous êtes obligé, comme Jésus, de finir votre prière, que l’esprit de prière ne cesse point de vous accompagner !</p>
<p>C’est peut-être le plus grand privilège attaché à la charge dont vous allez être revêtus, que de ne pouvoir être remplie, avec espoir de succès réel, qu’avec le Seigneur tout près de vous, au dedans de vous.</p>
<p>Pour prier de la sorte, le moyen est simple: nourrissez votre cœur de la Parole de Dieu: <strong>Si vous demeurez en moi et que MES PAROLES demeurent en vous,</strong> a dit Jésus, <strong>demandez tout ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.</strong></p>
<p>Vénérés pères, et vous tous, bien-aimés collègues, qui entourez avec sollicitude ces jeunes frères et qui vous reportez au jour où vous reçûtes la même consécration, ranimons tous aujourd’hui dans notre cœur cette conviction : que <strong>L’ÂME DE NOTRE MINISTÈRE, C’EST LA PRIÈRE.</strong> Peut-être est-ce sur ce point que plusieurs d’entre nous ont les plus graves reproches à s’adresser. Moi qui vous parle, en jetant aujourd’hui un regard en arrière sur mes trente-deux ans de ministère écoulés, je me vois obligé de reconnaître précisément en ce point le plus coupable de mes manquements, la vraie source de tous les autres. Luther priait deux heures chaque matin; et il a travaillé pourtant ! Saint Paul commence toutes ses lettres par des paroles telles que celles-ci : Je rends de continuelles actions de grâces à mon Dieu pour vous, ne cessant de faire mention de vous dans mes prières. Cela ne l’a pas empêché d’agir. Jésus passait des nuits à prier. Ses jours n’en étaient pas moins remplis pour cela. Frères ! nous avons prêché, visité, parlé, écrit, agi, je le sais. Avons-nous prié dans la même proportion, prié comme ne pouvant rien sans la prière, prié comme pouvant tout par elle?</p>
<p>Vous tous, mes chers frères et sœurs ici présents, votre titre de chrétiens vous confère aussi une charge spirituelle, un ministère au sein de la société qui vous entoure. Et l’esprit de cette charge, c’est encore l’esprit de prière ! On parle beaucoup aujourd’hui du sacerdoce universel. <strong><em>Mais le sacerdoce universel réel, ce ne sont pas quelques droits ecclésiastiques qu’une constitution humaine peut donner ou refuser, quelques fonctions électorales ou administratives de plus confiées aux laïques. Le vrai sacerdoce universel, c’est l’encensoir de la prière, mis par Jésus dans les mains de chaque croyant, l’accès au trône de la grâce ouvert en Christ à vous. </strong><strong>tous.</strong></em> <em>Ils sont puissants, ceux qui inventent les télégraphes, créent les chemins de fer et transforment la terre par ces magnifiques découvertes. Mais vous qui priez, vous êtes plus puissants qu’eux ! <strong>Ils ne remuent que la surface du sol.</strong></em><br />
<em>En priant, vous remuez le ciel, et par le moyen du ciel, les entrailles du globe, ce qu’il y a de plus profond, d’éternel sur la terre, <strong>le fond des âmes.</strong></em></p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/14918/lame-de-notre-ministere-cest-la-priere-par-frederic-godet/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/14918/lame-de-notre-ministere-cest-la-priere-par-frederic-godet/#comments">Pas de commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/14918/lame-de-notre-ministere-cest-la-priere-par-frederic-godet/&title=L&#8217;âme de notre ministère, c&#8217;est la prière, par Frédéric Godet">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/ajustement-a-lesprit-de-dieu/" rel="tag">ajustement à l'Esprit de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/connaitre-la-pensee-de-lesprit/" rel="tag">connaître la pensée de l'Esprit</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-mission/" rel="tag">la mission</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-priere-et-la-volonte-de-dieu/" rel="tag">la prière et la volonté de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-soumission/" rel="tag">la soumission</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/14918/lame-de-notre-ministere-cest-la-priere-par-frederic-godet/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le revêtement des vertus, par Alexandre Vinet</title>
		<link>http://www.blogdei.com/14883/le-revetement-des-vertus-par-alexandre-vinet/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/14883/le-revetement-des-vertus-par-alexandre-vinet/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 Jun 2011 17:36:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>colibri</dc:creator>
				<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme pratique]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Etudes bibliques]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Vinet]]></category>
		<category><![CDATA[amour fraternel]]></category>
		<category><![CDATA[bonté]]></category>
		<category><![CDATA[douceur]]></category>
		<category><![CDATA[entrailles de miséricorde]]></category>
		<category><![CDATA[fruits de la régénération]]></category>
		<category><![CDATA[l'amour]]></category>
		<category><![CDATA[l'humilité]]></category>
		<category><![CDATA[la charité]]></category>
		<category><![CDATA[la paix de Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[le fruit de l'Esprit]]></category>
		<category><![CDATA[patience]]></category>
		<category><![CDATA[revêtement des vertus]]></category>
		<category><![CDATA[soumission mutuelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=14883</guid>
		<description><![CDATA[soleil d&#8217;Orient suite de &#171;&#160;La sainte guerre d&#8217;extermination&#160;&#187; &#160; Première Partie Revêtez donc, comme des élus de Dieu, saints et bien aimés, des entrailles de miséricorde, la bonté, l&#8217;humilité, la douceur, la patience72 ; vous supportant les uns les autres, et vous pardonnant si quelqu&#8217;un a à se plaindre d&#8217;un autre ; comme Christ vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p><a href="http://epelorient.free.fr/vinet.html">soleil d&#8217;Orient</a></p>
<p>suite de <a href="http://www.blogdei.com/14752/la-sainte-guerre-dextermination-par-alexandre-vinet/">&laquo;&nbsp;La sainte guerre d&#8217;extermination&nbsp;&raquo;</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Première Partie</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p><em>Revêtez donc, comme des élus de Dieu, saints et bien aimés, des entrailles de miséricorde, la bonté, l&#8217;humilité, la douceur, la patience72 ; vous supportant les uns les autres, et vous pardonnant si quelqu&#8217;un a à se plaindre d&#8217;un autre ; comme Christ vous a pardonné, pardonnez aussi ; accompagnant toutes ces choses73 de la charité, qui est le lien de la perfection. Que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés en un même corps, triomphe dans vos cœurs ; et soyez reconnaissants.74 </em>(Colossiens 3.12-15)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les versets qui précèdent ce texte nous présentent une triste énumération des péchés qu&#8217;il faut exterminer, que l&#8217;homme nouveau est tenu de tuer et qu&#8217;il peut extirper entièrement. A cette énumération succède une liste de vertus qu&#8217;il faut implanter en nous, que l&#8217;homme nouveau est obligé de pratiquer et qu&#8217;il peut aussi « revêtir ».</p>
<p>Une liste de vertus, disons-nous ; mais desquelles ? Il s&#8217;agit non de toutes les vertus, mais de certaines vertus, de celles qui sont opposées non pas à tous les péchés énumérés précédemment, mais seulement aux péchés dont saint Paul a composé la seconde liste, c&#8217;est-à-dire à ceux de la seconde espèce : la colère, l&#8217;animosité, le ressentiment, tout discours outrageant et toute parole obscène (v. 8). Et cela n&#8217;est pas étonnant, car les péchés de la première liste, énumérés au verset 5 : la fornication, l&#8217;impureté, la passion, les mauvais désirs et l&#8217;avarice, n&#8217;ont proprement point de vertus qui leur soient opposées ; leur contraire, c&#8217;est l&#8217;absence de ces péchés ; le négatif n&#8217;a point de positif ; bien qu&#8217;elles naissent du seul principe positif, qui est l&#8217;amour, ces vertus sont et demeurent négatives, elles sont toutes d&#8217;abstinence et de répression. Aussi l&#8217;apôtre devait se borner à nous dire, quant à ces péchés de la première liste : « évitez-les ». Mais pour ceux qui sont indiqués dans la seconde, c&#8217;est différent : la méchanceté, la haine, la vengeance, et les autres ont des contraires positifs qui se nomment ; ce sont les vertus que l&#8217;apôtre énumère dans notre texte (v. 12 et suivants) ; en général, elles sont toutes d&#8217;une même espèce, des vertus sociales et elles se réunissent toutes dans l&#8217;idée générale exprimée par le mot de bienveillance, dont saint Paul recommande les œuvres ; elles découlent toutes de la recommandation qui précède et elles se rapportent toutes à l&#8217;amour comme à leur principe.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le renouvellement que l&#8217;Evangile opérait dans les disciples de Jésus-Christ se manifestait dans leurs mœurs diversement. Il y produisait d&#8217;abord une grande pureté, au moins comparativement à leurs habitudes précédentes et aux mœurs générales du temps qui étaient un abîme de souillures et d&#8217;abominations.</p>
<p>C&#8217;est la première chose dont le monde était frappé, en considérant la vie des chrétiens (1Pierre 4.3-4). Il les voyait, de plus, inoffensifs, pleins de respect pour les droits d&#8217;autrui, amis de l&#8217;ordre et soumis aux lois ; mais, si importants que fussent ces changements, ceux qui ne réfléchissaient pas pouvaient toutefois les rapporter à des principes déjà connus ; la méprise était possible parce que ces choses-là n&#8217;étaient pas entièrement ni absolument nouvelles, quoique, il est vrai, on n&#8217;eût jamais vu jusqu&#8217;alors toute une société vouée à une vie pure et bienveillante, ou un nombre considérable d&#8217;hommes uniformément soumis, sans le secours d&#8217;une contrainte extérieure, à de tels principes d&#8217;abstinence et de modération, ou s&#8217;y soumettre sans excès.</p>
<p>Mais une chose aussi devait frapper les yeux du monde, c&#8217;est que partout où la modération et l&#8217;abstinence avaient existé, ces vertus avaient manqué d&#8217;intelligence et de mesure ; c&#8217;est que là où l&#8217;on avait vu régner une certaine sévérité de mœurs, un détachement des biens terrestres, ces vertus, n&#8217;étant pas des fruits de l&#8217;amour, avaient eu quelque chose de légal, de rude, de triste en même temps que d&#8217;excessif, en sorte qu&#8217;on avait vu un caractère de contrainte, de dureté ou d&#8217;exagération dans ces vertus-là.</p>
<p>Il restait donc à voir autre chose, et les observateurs attentifs devaient trouver que ces vertus (la pureté des chrétiens et leur renoncement), présentaient quelque chose de nouveau, avaient un caractère nouveau de bénignité et de flexibilité unies à l&#8217;austérité, que c&#8217;étaient des vertus douces, humaines, plus douces et plus humaines que celles qu&#8217;avait produites la sagesse humaine ; et ils devaient se dire qu&#8217;un principe nouveau avait produit ces choses. En effet, si non seulement ces vertus étaient devenues le partage de toute une société spontanément soumise à leur empire, si non seulement elles étaient modérées et raisonnables, mais si elles se trouvaient réunies à d&#8217;autres, nous voulons dire accompagnées de ces autres vertus que trop souvent elles ont paru exclure, c&#8217;est qu&#8217;il y avait, à la base de toute cette vie, <em>le principe nouveau de l&#8217;amour </em>; c&#8217;est qu&#8217;il y avait, par ce principe même, une conciliation: les vertus qui avaient semblé opposées n&#8217;étaient plus exclues, mais accordées ; les vertus précédemment hautaines et dures étaient souples et humaines ; c&#8217;est que, soutenues à leur base par l&#8217;amour, elles étaient aussi couronnées à leur faîte par l&#8217;amour ; l&#8217;amour était le principe non seulement de ces vertus, mais de tout ; l&#8217;amour s&#8217;était introduit et il avait tout pénétré.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ceci était réservé au christianisme, car là, et là seulement, le même principe qui resserre dilate, qui subjugue affranchit, qui presse la conscience ouvre le cœur. Le monde n&#8217;a connu et ne reconnaît qu&#8217;en partie ces choses, ou plutôt il connaît ou l&#8217;une ou l&#8217;autre, mais non les deux à la fois, dans leur essence. Ces mots d&#8217;un poète :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>« Qui n&#8217;est que juste est dur, qui n&#8217;est que sage est triste » </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>représentent bien la vertu de l&#8217;antiquité et toutes les vertus qui, dans le monde païen, crient à toutes les jointures et auxquelles il manque <em>l&#8217;huile de la grâce</em>, nécessaire pour éviter le frottement. Au christianisme était réservé de former la vertu : il a rejoint les deux bouts, il a fait de la vertu et des vertus humaines une ligne qui rentre en elle-même ; on vit les deux effets à la fois et le monde ne se borna pas à dire : « Voyez comme ils s&#8217;abstiennent, comme ils se modèrent » ; mais il put dire aussi : <em>« Voyez comme ils aiment ! »</em> L&#8217;amour, ce commandement ancien et nouveau (1Jean 2.7-8), l&#8217;amour, non seulement avec ses grands traits, mais avec toutes ses délicatesses, avec tout son dernier fini, fut le premier mot des apôtres, leur plus fréquente recommandation, le caractère, le trait distinctif de l&#8217;Eglise chrétienne naissante, en sorte que celle-ci put dire, à l&#8217;applaudissement du monde, du moins sans craindre d&#8217;en être démentie : Ma livrée ou mon étendard est amour ! (Cantique des Cantiques 2.4).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce sont ces vertus que l&#8217;apôtre recommande à ses disciples comme à des hommes nouveaux (v. 10) ; la liste en est nombreuse, aussi nombreuse que celle des péchés ; l&#8217;amour est un arbre à mille rameaux. Saint Paul ne fait ici qu&#8217;en cueillir quelques-uns. Parcourons-les avec lui.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les entrailles de miséricorde</strong> (v. 12) sont, en d&#8217;autres termes, la pitié envers ceux qui souffrent. Remarquons d&#8217;abord que l&#8217;apôtre commence naturellement par là, car entre gens qui souffrent et gens qui ne souffrent pas, il est naturel qu&#8217;il commence par la bonté envers les premiers. Mais, de plus, le christianisme est la religion de la pitié. Il a découvert et il a élargi, pour la guérir, la plaie de l&#8217;humanité et il a fait connaître à tous cette plaie cachée. En la découvrant et en l&#8217;élargissant, il nous a tous et pour tous, appelés à la pitié.</p>
<p>Le chrétien est avant tout un homme de pitié. Tous les hommes, à ses yeux, sont des naufragés, des réchappés de la colère divine, ou des malades et des convalescents, en sorte que sa pitié ne naît pas et ne surgit pas seulement à chaque infortune particulière qui se rencontre, mais qu&#8217;elle est un état, subsistante, continue ; elle est, en quelque sorte, l&#8217;état normal, la vie du chrétien. Aussi ne suis-je pas étonné que la mélancolie soit sur le front du chrétien et que sa joie soit mélancolique. Il y a si peu de temps qu&#8217;il est sorti lui-même de l&#8217;abîme, et il y voit encore tant de gens malheureux qu&#8217;il y a laissés !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La vie a pris pour lui un caractère extrêmement grave. Dans le sentiment chrétien, la joie est comme trempée et baignée dans les larmes (Psaume 119.136 ; Philippiens 3.18). Soyons compatissants (Ephésiens 4.32). Objets nous-mêmes d&#8217;une incompréhensible compassion des entrailles de la miséricorde de notre Dieu (Luc 1.78), comment pourrions-nous ne pas être pleins de compassion, ne pas avoir des entrailles de miséricorde envers nos frères et envers tous nos semblables ?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Saint Paul parle ensuite de la bonté7</strong>5. C&#8217;est la disposition qui nous fait vouloir, aimer et chercher le bien de tous les êtres sensibles. Elle est à leurs yeux la mesure de notre valeur, de la valeur de tout homme. Ils appellent du même nom la chose qui leur apporte un avantage et la personne dont la disposition à leur égard est telle qu&#8217;ils peuvent considérer son existence comme avantageuse pour eux dans la mesure du pouvoir qu&#8217;elle a. Par cela seul qu&#8217;ils croient qu&#8217;elle serait disposée, le cas échéant, à leur faire du bien, ils l&#8217;appellent bonne76.</p>
<p>Il est vrai qu&#8217;il n&#8217;y a qu&#8217;un seul bon, grec[agathos], c&#8217;est Dieu (Marc 10.19). Lui seul est parfaitement bon, seul bon par essence ; mais l&#8217;homme peut être bon (Matthieu 5.45 ; Tite II, 5), quand il reçoit cette bonté morale de Dieu (grec[agathôsunè], Romains 15.14 ; Galates 5.22) ; il peut la réfléchir (refléter). Mais aussi Dieu seul est bon grec[chrèstos], Luc 6.35 ; 1Pierre 2.3), de cette bonté que nous pourrions appeler la bonté du cœur (grec[chrèstotès] Romains 2.4 ; 11.22 ; Ephésiens 2.7), et il l&#8217;est parfaitement et par essence ; et l&#8217;homme peut aussi être bon de cette bonté de Dieu, et la bonté qui émane de lui est toujours bonté, comme la lumière du soleil, réfléchie par la lune, est lumière. Soyons donc bons les uns envers les autres (Ephésiens 4.32), et comme l&#8217;Eternel, envers tous (Psaume 145.9 ; Galates 6.10).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Saint Paul indique ensuite l&#8217;humilité</strong>. Il en fait une vertu relative ou sociale, quoique nous n&#8217;ayons pas coutume de la considérer sous cet aspect. Il est remarquable qu&#8217;elle soit nommée dans la liste de ces vertus-là ; sur quoi il faut remarquer d&#8217;abord que l&#8217;humilité est la condition de plusieurs des vertus relatives ou sociales que nous ne pourrions exercer si nous n&#8217;étions pas réellement humbles, et qu&#8217;une vraie bienveillance n&#8217;est pas même possible sans l&#8217;humilité.</p>
<p>Remarquons ensuite que l&#8217;humilité est une forme même de la bienveillance, puisqu&#8217;on ne peut souvent obliger les gens qu&#8217;<em>en s&#8217;abaissant sous eux</em>, qu&#8217;ils le demandent à tort ou à raison, ou en <em>leur sacrifiant son amour-propre</em>. Le précepte : Rendez l&#8217;honneur à tout le monde (1Pierre 2.17) suppose l&#8217;humilité ; il en faut de même pour accomplir celui-ci: <em>assujettissez-vous les uns aux autres</em> (Galates 5.13), et pour suivre celui-ci encore : <em>que l&#8217;un estime l&#8217;autre plus excellent que soi-même</em> (Philippiens 2.3). Notre Maître a été humble de cœur (Matthieu 11.29), il est venu dans le monde pour servir et non pour être servi (Marc 10.45), il a lavé les pieds de ses disciples (Jean 13.3-17). Nous, ses disciples, soyons et faisons de même. Soyons ornés d&#8217;humilité (1Pierre 5.6) et marchons avec les humbles (Romains 12.16), avec toute sorte d&#8217;humilité (Ephésiens 4.2), dans toutes les affaires de la vie et dans tous les rapports avec nos frères et avec les hommes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vient après la douceur</strong>. C&#8217;est la vertu qui évite ou épargne aux autres, dans leurs rapports avec nous, tout ce qui peut <em>affliger, attaquer ou blesser</em> leur sensibilité (je ne parle pas ici de leurs intérêts positifs) ; mais la bienveillance qui ne ménage ou n&#8217;épargne pas notre sensibilité, qui ne nous ménage pas des émotions pénibles, ou qui ne nous épargne pas du trouble, qui se paie, pour ainsi dire, à elle-même par des paroles dures, rudes ou amères, par des brusqueries ou des reproches, le bien qu&#8217;elle nous fait, n&#8217;est pas bienveillante ou du moins n&#8217;est pas assez bienveillante. Rien sans doute n&#8217;est pire qu&#8217;une fausse douceur, c&#8217;est quelquefois une trahison, le baiser de Judas (Matthieu 26.48-49) ; mais quand la bonté est vraie, réelle, il ne faut pas que nos formes, les formes qu&#8217;elle doit revêtir, annoncent le contraire ou y soient contraires et soient des formes dures, violentes (Jacques 3.11) ; loin de là, il faut que, selon l&#8217;apôtre, nous marchions avec toute sorte de douceur (Ephésiens 4.2) et que notre douceur soit connue de tous les hommes (Philippiens 4.5).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La patience </strong>(ou l&#8217;esprit patient, l&#8217;indulgence, la longanimité) que saint Paul recommande encore ici, comme ailleurs (Ephésiens 4.2), après l&#8217;humilité et la douceur, s&#8217;accommode aux défauts des autres ; elle sait attendre et tout espérer ; elle ne se lasse et ne se rebute point (Comparez 1Corinthiens 13.4 et 7). Dieu a usé et use de patience envers nous (2Pierre 3.9) et même d&#8217;une grande patience (Romains 9.22) et de richesses de patience (Romains 2.4) ; regardons à lui et usons de patience envers tous (1Thessaloniciens 5.14).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Deuxième partie</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&#8217;apôtre détermine ensuite (v. 13) la manière dont doivent se manifester les vertus qu&#8217;il vient de nommer.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elles se manifesteront d&#8217;abord dans le support : <em>« vous supportant les uns les autres »</em>. Cette disposition, le chrétien l&#8217;exerce non seulement vis-à-vis des défauts et des infirmités (Romains 15.1 ; 1Thessaloniciens 5.14), mais aussi vis-à-vis des fautes des autres envers lui, des injures, des attaques et des torts dont il est l&#8217;objet de leur part.</p>
<p>Saint Paul, dans Ephésiens 4.2, ajoute à cette exhortation au support, ces mots : avec charité ; sur quoi Quesnel dit : « Supporter les défauts du prochain par insensibilité, par une douceur de tempérament, une complaisance humaine, une honnêteté du monde, un intérêt temporel, une hypocrisie de pharisien, rien de si commun : le faire par une charité véritable et bien chrétienne, rien de plus rare ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comme une manifestation ou une marque des vertus précédentes, l&#8217;apôtre indique aussi <strong>le pardon </strong>et il y insiste : « Vous pardonnant, dit-il, si quelqu&#8217;un a à se plaindre d&#8217;un autre » ; « comme Christ, ajoute-t-il, vous a pardonné, pardonnez aussi. »</p>
<p>La vertu qui est recommandée ici, dans le but sans doute de conserver ou de rétablir l&#8217;union quand elle a été troublée, c&#8217;est le pardon non seulement extérieur, mais intérieur, <em>l&#8217;amnistie</em> dans le sens propre du mot, l&#8217;oubli complet du cœur de tout le mal qu&#8217;on nous a fait et à l&#8217;égard de tous ceux contre lesquels nous avons un sujet ou des sujets de plainte.</p>
<p>Et qu&#8217;est-ce qui doit nous engager à pardonner ainsi ? C&#8217;est le pardon même qui a été accordé par le Sauveur. (Ce pardon dont nous sommes les objets peut être envisagé comme raison, motif, argument, ou comme comparaison, exemple, règle. La conjonction de l&#8217;original (grec[kathôs]) traduite par comme, peut signifier parce que, ou ainsi que. Nous insistons maintenant sur le second sens.) Ainsi que Christ nous a pardonné toutes nos offenses, ayant effacé la loi qui nous était hostile comme un titre qui témoignait contre nous, ayant aboli ce titre, l&#8217;ayant cloué à la croix (Colossiens 2.13-14), nous de même, en pardonnant, nous annulons, nous lacérons, nous clouons à la croix les titres que nous avons contre nos offenseurs ; ils redeviennent pour nous ce qu&#8217;ils étaient avant de nous avoir offensés, ou plutôt, nous les aimons particulièrement, mieux qu&#8217;auparavant, alors qu&#8217;ils nous étaient plus étrangers. Non seulement nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés (Matthieu 6.12), &#8212; et là déjà quelle douceur il y a, et même combien de grandeur ! &#8212; mais de plus, si nous les distinguons encore, c&#8217;est par une sollicitude particulière ; c&#8217;est là le complément du pardon d&#8217;un disciple de Christ, comme d&#8217;un imitateur de Dieu77 (Ephésiens 4.32 ; 5.1).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tous ces devoirs que saint Paul prescrit ici (ou du moins plusieurs d&#8217;entre eux), et qui sont négatifs, consistant à s&#8217;abstenir de quelque chose, semblent au vulgaire, à cause de cela, faciles, ou paraissent ordinairement comme plus faciles. Il semble plus aisé de s&#8217;abstenir que de faire ; il semble du moins que s&#8217;abstenir est souvent plus facile et que souvent aussi faire est le plus difficile. Mais ici il n&#8217;en est rien ; s&#8217;abstenir est plus difficile que faire et faire est souvent plus facile que s&#8217;abstenir.</p>
<p>Il y a plus de choses dans l&#8217;action qui nous soutiennent et qui nous soulèvent que dans la simple abstinence. Après que j&#8217;aurai appris qu&#8217;un homme est bienfaisant, je puis croire à sa bonté sans doute, mais je ne suis pas suffisamment informé, j&#8217;aurai encore à demander s&#8217;il pardonne, puis il me reste à savoir s&#8217;il supporte. Tandis que, si je pouvais m&#8217;assurer et si je sais qu&#8217;il pardonne et qu&#8217;il supporte véritablement, c&#8217;est-à-dire <strong>par amour, sans aucune aide de l&#8217;amour-propre ou de l&#8217;intérêt </strong>et sans apathie ou nonchalance, j&#8217;aurais à peine besoin de m&#8217;enquérir s&#8217;il est bienfaisant ; certainement cet homme ne peut pas ne pas faire le bien.</p>
<p>Pardonner les offenses, supporter les contrariétés des autres, suppose en lui les autres vertus ; on ne peut les lui refuser ; le plus suppose le moins. Ces vertus sont enveloppées dans le silence et dans l&#8217;ombre, mais elles sont cependant bien réelles et bien précieuses. Aussi tous ces actes négatifs ne peuvent être accomplis à fond et en réalité que par l&#8217;action et la vertu d&#8217;un principe qui n&#8217;est point négatif, que par la force d&#8217;<em>un principe positif puissant</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quel est ce principe ?</p>
<p>Tout le monde dira : c&#8217;est l&#8217;amour ; tout le monde dira que toutes ces vertus, si elles sont sincères, ne peuvent avoir d&#8217;autre principe que l&#8217;amour dont elles ne sont même que les différents noms. Aussi saint Paul ajoute ici (v. 14) : « accompagnant toutes ces choses de la charité » ; plus littéralement : « à, avec, ou par-dessus toutes ces choses, l&#8217;amour qui est le lien de la perfection ». C&#8217;est à ce verset que nous devons nous arrêter, mais seulement pour quelques instants aujourd&#8217;hui, car il est assez important pour être traité dans un discours à part, dans notre prochaine étude. Maintenant, pour nous en tenir à une simple et rapide explication, qu&#8217;il nous suffise de dire d&#8217;une manière générale ce que c&#8217;est que la charité que l&#8217;apôtre invite les Colossiens à ajouter à toutes les vertus qu&#8217;il vient de nommer et dont elle est le principe ; la charité de laquelle il dit qu&#8217;elle est le lien de la perfection, car pour comprendre cela, il faut bien savoir ce qu&#8217;est la charité. Ce n&#8217;est pas la simple bienveillance naturelle, telle que l&#8217;inspirent le caractère, le tempérament, une certaine culture des mœurs, ni même les principes que fournissent la conscience et la raison.</p>
<p>Nous avons connu ce que c&#8217;est que la charité, en ce que Christ a mis sa vie pour nous (1Jean 3.16). La charité a son type et sa mesure en Christ. C&#8217;est une consécration absolue de la vie à la gloire de Dieu et au bien des hommes ; elle ne suppose rien de moins qu&#8217;une entière dépossession de nous-mêmes. Ce qui distingue la charité de la bienveillance ordinaire est exprimé dans ces mots : Vous n&#8217;êtes point à vous-mêmes (1Corinthiens 6.19) ; si un est mort pour tous, tous donc sont morts (2Corinthiens 5.14). Cela n&#8217;est pas la charité ; mais la charité n&#8217;est point sans cela ; et elle en reçoit son caractère distinctif. De plus, la charité remonte à Dieu avant de redescendre sur les hommes, elle subordonne tout à Dieu ; elle n&#8217;abandonne rien au caprice, aux préférences charnelles, au goût, à l&#8217;arbitraire : elle est donc un principe d&#8217;ordre, de vérité et de justice. Si l&#8217;on réunit seulement ces deux traits (il y en a encore d&#8217;autres), on comprendra déjà que la charité doit être en effet le lien de la perfection, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elle rassemble les éléments dont la perfection se compose, qu&#8217;elle accorde et concilie tout, et qu&#8217;elle porte chaque vertu à son plus haut degré. Mais la charité veut être cultivée. Elle n&#8217;est pas seulement le principe des vertus recommandées ici par saint Paul : elle est une vertu. Elle a aussi son principe vers lequel il faut qu&#8217;elle retourne sans cesse. Elle a des motifs dont il faut qu&#8217;elle se pénètre incessamment. Ces moyens ou ces motifs (car ce sont à la fois des moyens et des motifs) sont indiqués par l&#8217;apôtre, et quoiqu&#8217;il les ait rattachés à des parties spéciales ou à des manifestations particulières de la charité, nous les appliquons de plein droit à la charité elle-même. Nous sommes (v. 12) « les élus de Dieu, saints et bien-aimés » (comparez Romains 8.33 ; Ephésiens 1.4 ; 1Thessaloniciens 2.13-14 ; Ephésiens 6.1) ; « Christ nous a pardonné » (v. 13) ; « nous avons été appelés à la paix de Christ ou de Dieu en un même corps » (v. 15). Ce sont différents aspects d&#8217;une même idée : l&#8217;amour de Dieu envers nous ; amour qui nous a élus et sanctifiés ou mis à part (séparés de la masse infidèle) ; amour qui a enseveli dans son sein tous nos crimes ; amour qui, répandu en même temps sur nous et sur les autres hommes, a créé une communauté plus étroite, nous a faits tous membres d&#8217;un même corps. Voilà les arguments que présente l&#8217;apôtre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il finit (v. 15) par un vœu qui renferme en même temps une exhortation : « Que la paix de Christ à laquelle vous avez été appelés triomphe dans vos cœurs ». La paix de Christ, la paix que donne Christ (Jean 14.27), lui-même notre paix (Ephésiens 2.14), voilà la condition pour avoir la charité. Tant que nous n&#8217;avons pas cette paix ou le sentiment que Dieu est apaisé, l&#8217;amour, la glorieuse liberté de la charité est impossible ; nous sommes encore sous la loi, entraînés par ses liens et nous sommes bientôt fatigués ; nous portons notre tâche, au lieu que, dans l&#8217;amour, ce soit notre tâche qui nous porte. Il faut que la paix de Christ s&#8217;enracine et s&#8217;établisse en nous ; alors nous aurons la charité, et les œuvres de la charité seront faciles. Aussi saint Paul dit : « Que la paix de Christ triomphe dans vos cœurs ! » Il emprunte une image aux jeux olympiques, où celui qui vainquait à la course, en arrivant le premier au terme, était couronné. Ainsi on pourrait traduire ce vœu de la manière suivante : Que la paix de Christ gagne toujours de vitesse sur toute autre chose dans vos cœurs, pour l&#8217;emporter sur les concurrents, sur les mauvaises passions qui entraînent et remplissent votre cœur ! Car Paul est ici plein des idées qu&#8217;il a exprimées quelques versets auparavant (12 et 13), quand il a parlé de la résistance généreuse de la charité à toutes les attaques de la haine. Ailleurs (Philippiens 4.7), exprimant une même pensée, il avait dit : Que la paix de Dieu garde vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ ! Il veut nous donner un principe de pacification intérieure qui est un protecteur contre toutes ces attaques, qui éteint les mauvais désirs et les mauvaises passions, et qui, par là, adoucit toutes nos relations avec nos frères.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Et soyez paisibles », ajoute-t-il. C&#8217;est ainsi que nous traduisons le mot grec, préférablement à « soyez reconnaissants de78  ». Et en effet, la paix naît de la paix ; nous ne pourrons donner la paix que quand nous aurons par Christ un Dieu réconcilié (2Corinthiens 5.18-21), ami et père ; c&#8217;est-à-dire qu&#8217;<strong>il faut, pour pouvoir donner la paix, que d&#8217;abord elle nous ait été donnée</strong>. « Etablis-toi premièrement dans la paix de Dieu, dit l&#8217;auteur l&#8217;Imitation, alors seulement tu pourras pacifier les autres. » Alors que nous avons tout obtenu, nous coûtera-t-il, riches comme nous le sommes (2Corinthiens 8.9 ; Apocalypse 3.18), de tout céder, de tout abandonner ?</p>
<p>Ah ! celui qui se sait et se sent, malgré son indignité, aimé par son Père céleste, aimé sans condition et irrévocablement (Romains 8.35), celui qui enferme en lui ce trésor d&#8217;ineffable félicité, celui qui n&#8217;a qu&#8217;à demander la confirmation de ces bienfaits reçus, que peut-il refuser? peut-il refuser quoi que ce soit ? peut-il résister ? peut-il ne pas tendre la joue droite à celui qui lui frappe la gauche ? (Matthieu 5.39). Nous disons que c&#8217;est difficile. Mais nous ne le dirions pas si la paix de Christ habitait et régnait en nous. Oui, il faut d&#8217;abord la foi en la charité de Dieu en Jésus-Christ. La seule véritable vie ne découle que de la connaissance que Dieu nous a aimés et nous aime en son Fils. Alors, en paix, nous n&#8217;avons plus d&#8217;ennemis, plus d&#8217;obstacles ; même les privations et les douleurs, tout est comme dispensation et verge de Dieu, preuve d&#8217;amour pour nous. <em>Goûtons, oui, goûtons le don ineffable de Dieu (2Corinthiens 9.15), la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur (Romains 6.23) et toutes les choses que Dieu nous donne avec lui (Romains 8.32)</em> ; pas de froide et sèche assurance de salut, car par là, rien n&#8217;est produit ; mais <strong>ayons et savourons la conviction que Dieu nous aime</strong>, c&#8217;est-à-dire la paix de Christ, et celui qui la possède en lui peut donner et donne la paix ; alors tout est facile. Si c&#8217;est difficile pour nous, c&#8217;est que nous n&#8217;avons pas vidé jusqu&#8217;au fond la coupe du salut. Ecoutons ici l&#8217;apôtre Jacques (4.1-5) : <em>D&#8217;où viennent parmi vous les dissensions et les querelles ?</em> N&#8217;est-ce pas de vos voluptés ? Vous convoitez et vous n&#8217;avez point ce que vous désirez, vous avez une envie mortelle, <em>vous êtes jaloux</em>, et vous ne pouvez obtenir ce que vous enviez ; vous vous querellez et vous vous disputez, et vous n&#8217;avez point ce que vous désirez&#8230;Vous demandez afin de l&#8217;employer à vos voluptés&#8230;L&#8217;amitié du monde est inimitié contre Dieu&#8230;</p>
<p><em>L&#8217;Esprit qui a habité en nous, nous inspire-t-il l&#8217;envie </em>? C&#8217;est donc la poursuite d&#8217;un autre bonheur que celui qui vient de Dieu en Jésus-Christ, ce sont les intérêts mondains qui brisent l&#8217;union, qui poussent aux inimitiés, et qui portent aux dissentiments et aux querelles, aux <em>procès </em>et aux <em>luttes</em>, aux froissements pénibles et aux <em>prétentions diverses</em> qui peuvent, hélas ! s&#8217;élever entre des frères, entre ceux qui sont appelés en un même corps. Mais remplis de la paix de Christ, nous demandons et nous ne demandons qu&#8217;à Dieu, notre Père, de nous donner notre pain quotidien (Matthieu 6.9,11) ; et notre paix se manifeste et se répand dans une vie éloignée des discordes, des disputes et des divisions ; nous la portons partout, poursuivant les choses qui vont à la paix (Romains 14.19), étant en paix entre nous (1Thessaloniciens 5.14), c&#8217;est-à-dire vivant en paix avec tous nos frères (2Corinthiens 13.11), puis ayant, autant qu&#8217;il dépend de nous, la paix avec tous les hommes (Romains 12.18 ; Hébreux 12.14). Soyons ainsi paisibles ; le Dieu de la paix et qui nous a appelés à la paix sera avec nous (2Corinthiens 13.11 ; 1Corinthiens 7.15). Or le Seigneur de la paix nous donne toujours la paix en toute manière ! (2Thessaloniciens 3.16).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Toutes les vertus que saint Paul a énumérées dans les versets que nous avons médités doivent être et se développer en nous et dans notre vie extérieure&#8230;Mais s&#8217;il faut qu&#8217;elles luisent et qu&#8217;on les voie dans nos relations avec nos frères et avec les autres hommes, s&#8217;il faut que <strong>par elles nous annoncions les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière</strong> (1Pierre 2.9), et cela, afin que les hommes le glorifient (Matthieu 5.16 ; 1Pierre 2.12), ces vertus ne sont pourtant point d&#8217;apparat et elles ne procèdent point du désir d&#8217;obtenir l&#8217;estime des hommes et de nous concilier leur faveur, mais ce sont des vertus réelles, que l&#8217;on pratique <em>aussi bien dans la vie cachée que dans la vie publique</em>&#8230;Ce sont des <strong>fruits de la régénération</strong>, des membres de l&#8217;homme nouveau que l&#8217;apôtre nous invite à revêtir (v. 10)&#8230;Qui nous donnera donc toutes ces choses et qui les produira et les fera croître en nous, si ce n&#8217;est Dieu lui-même, qui seul nous crée en Jésus-Christ (Ephésiens 2.10), nous régénère par son Esprit (Tite 3.5) et par sa Parole (1Pierre 1.23) ; et, après avoir commencé en nous la bonne œuvre, l&#8217;entretient et l&#8217;achève (Philippiens 1.6) ? Viens donc, ô notre Dieu, opérer puissamment en nous pour l&#8217;amour de ton Fils :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Qu&#8217;à ses pieds tombent abattus</p>
<p>Les faux dieux que l&#8217;erreur honore,</p>
<p>Nos vices, nos fausses vertus,</p>
<p>Démons que notre cœur adore.</p>
<p>Oh ! sauve nos frères païens ;</p>
<p>Oh ! guéris nos âmes païennes,</p>
<p>Et parmi des peuples chrétiens</p>
<p>Fais briller des vertus chrétiennes79.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>72</p>
<p>Ou l&#8217;indulgence.</p>
<p>73</p>
<p>Selon Calvin : à cause de toutes ces choses, ou en vue de toutes ces choses.</p>
<p>74</p>
<p>La paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos esprits en Jésus-Christ (Philippiens 4.7).</p>
<p>75</p>
<p>grec[Chrèstotèta], comitatem selon Calvin, « la bénignité, dit-il, par laquelle nous nous rendons aimables ».</p>
<p>76</p>
<p>Le mot grec grec[chrèstos] présente le même phénomène, et, comme le mot français bon, peut signifier utile et bienveillant. Si l&#8217;homme se sert du même mot pour désigner l&#8217;utilité et la bienveillance, il déclare que l&#8217;homme est bon s&#8217;il est utile, s&#8217;il est bienveillant, s&#8217;il aime.</p>
<p>77</p>
<p>« Il faut pour pardonner véritablement, faire plus que pardonner : il faut que le mal soit surmonté par le bien, et que, selon l&#8217;exemple de Dieu lui-même, là où l&#8217;offense a abondé, la grâce surabonde. » (Premières Méditations Evangéliques.)</p>
<p>78</p>
<p>Le mot grec[eukaristos] signifie quelquefois, comme nos versions ordinaires l&#8217;ont rendu, « reconnaissant », c&#8217;est-à-dire disposé à reconnaître les bienfaits que nous recevons et à en rendre grâces. Mais ici, est-ce reconnaissance envers des bienfaiteurs, sentiment que des chrétiens, certes, doivent éprouver ? C&#8217;est alors, cependant, une vertu qui n&#8217;est pas du même genre que celles qui sont indiquées avant, car la reconnaissance envers ceux qui nous ont fait du bien est plutôt justice qu&#8217;amour ; puis, le mot de l&#8217;original placé à la fin de l&#8217;énumération, après la conclusion, ne peut pas, semble-t-il, avoir ce sens. Est-ce reconnaissance envers Dieu ? Et certes les chrétiens doivent aussi agir dans le sentiment des grâces qu&#8217;ils ont reçues de ce suprême bienfaiteur. On a développé cette idée qui est sans doute dans l&#8217;analogie avec ce qui précède, puisque la paix de Christ, par ce sentiment, se maintient dans le cœur, s&#8217;y entretient et s&#8217;y augmente, et que l&#8217;esprit de charité, d&#8217;humilité, etc., dans les relations avec les autres, est donné, conservé et accru par lui. Mais au fond cette idée est isolée dans nos versets, et ce n&#8217;est pas la manière de Paul ; il y aurait d&#8217;ailleurs une répétition avec le verset 17, où l&#8217;action de grâces envers Dieu est mentionnée. Comme le mot de l&#8217;original signifie aussi doux, paisible, agréable, débonnaire, aimable, affable, bienveillant, bienfaisant, nous pensons qu&#8217;ici, en tenant compte de l&#8217;ordre des idées, ce mot ne se rapporte pas tant à la reconnaissance pour des bienfaits reçus qu&#8217;aux dispositions et aux mœurs douces et paisibles que la paix de Christ produit dans le cœur et dans la conduite, afin de nourrir une communion mutuelle avec tous nos frères. Calvin traduit : « Soyez gracieux ou aimables ». Ainsi nous croyons que ce qui conviendrait le mieux c&#8217;est : « Soyez paisibles ».</p>
<p>79</p>
<p>Cf. Vinet, Poésies (1890)</p>
<hr />
<p><small>© colibri for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/14883/le-revetement-des-vertus-par-alexandre-vinet/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/14883/le-revetement-des-vertus-par-alexandre-vinet/#comments">Pas de commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/14883/le-revetement-des-vertus-par-alexandre-vinet/&title=Le revêtement des vertus, par Alexandre Vinet">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/alexandre-vinet/" rel="tag">Alexandre Vinet</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/amour-fraternel/" rel="tag">amour fraternel</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/bonte/" rel="tag">bonté</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/douceur/" rel="tag">douceur</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/entrailles-de-misericorde/" rel="tag">entrailles de miséricorde</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/fruits-de-la-regeneration/" rel="tag">fruits de la régénération</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/lamour/" rel="tag">l'amour</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/lhumilite/" rel="tag">l'humilité</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-charite/" rel="tag">la charité</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-paix-de-dieu/" rel="tag">la paix de Dieu</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/le-fruit-de-lesprit/" rel="tag">le fruit de l'Esprit</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/patience/" rel="tag">patience</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/revetement-des-vertus/" rel="tag">revêtement des vertus</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/soumission-mutuelle/" rel="tag">soumission mutuelle</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/14883/le-revetement-des-vertus-par-alexandre-vinet/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La vie de résurrection, par Jessie Penn-Lewis</title>
		<link>http://www.blogdei.com/13562/la-vie-de-resurrection-par-jessie-penn-lewis/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/13562/la-vie-de-resurrection-par-jessie-penn-lewis/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Mar 2011 13:43:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bible]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Etudes bibliques]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[Jessie Penn-Lewis]]></category>
		<category><![CDATA[rédemption]]></category>
		<category><![CDATA[substitution]]></category>
		<category><![CDATA[vie chrétienne]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=13562</guid>
		<description><![CDATA[.journalchretien.net Le cœur brisé de Jésus au Calvaire. &#171;&#160;Mon cœur est comme de la cire, il se fond dans mes entrailles&#160;&#187;. Tel est le langage de Jésus-Christ sur la Croix ; selon que prophétise David, en ce psaume vingt-deuxième ; Cela fait penser aux soupirs, aux paroles entrecoupées, inachevées, d’un mourant. Dans le chemin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>.journalchretien.net</p>
<p><strong>Le cœur brisé de Jésus au Calvaire.</strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Mon cœur est comme de la cire, il se fond dans mes entrailles&nbsp;&raquo;</em>. Tel est le langage de Jésus-Christ sur la Croix ; selon que prophétise David, en ce psaume vingt-deuxième ; Cela fait penser aux soupirs, aux paroles entrecoupées, inachevées, d’un mourant.</p>
<p>Dans le chemin de l’âme amenée à la conformité avec son Sauveur, en sa mort, il vient un moment où elle comprend ce que signifie la communion avec ce cœur brisé qui fond comme la cire, sous l’attouchement de Dieu.<strong> Alors, elle acquiert cette tendresse, cette douceur, cette compassion qui caractérisent ceux qui vivent en Jésus.</strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Revêtez-vous comme des élus de Dieu, saints et bien aimés, d’entrailles de miséricorde&nbsp;&raquo;,</em> écrit l’apôtre aux Colossiens. Dans toutes ses lettres, dans sa vie, il fait preuve de compassion, de miséricorde, pour ceux qu’il a amenés à Christ, lesquels restent cependant souvent si enfants, si charnels. &laquo;&nbsp;<em>Moi je suis de Paul ! Et moi d’Apollos ! Et moi de Céphas ! Et moi de Christ !&nbsp;&raquo; disent les Corinthiens. Et l’apôtre proteste : Christ est-il divisé ? Paul a-t-il été crucifié pour vous ?</em> (Cor. 1 : 12-13). Cependant Il ne se sépare pas de ces bébés, spirituellement parIant.&nbsp;&raquo; <em>Auriez-vous dix mille maîtres en Christ, vous n’avez pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile&nbsp;&raquo;</em> (1 Cor. 4 : 15). Pourquoi ces divisions ? Pourquoi s’enfler d’orgueil ? L’apôtre met en garde les nouveaux convertis contre ce danger ; puis il trace comme un parallèle entre eux et leur père spirituel. Les Corinthiens, eux, se croient sages en Christ, ils règnent déjà. Paul et ApoIIos sont fous, par amour pour Christ. Les Corinthiens sont forts ; mais ceux que Dieu a choisis pour annoncer l’Evangile et qui ont à supporter de grandes souffrances, sont faibles. Les Corinthiens sont honorés ; mais les apôtres sont méprisés.</p>
<p>Quelle distance entre ces bébés qui se croient forts, et l’apôtre Paul ! Comme dans l’Eglise de Corinthe, autrefois, on trouve encore aujourd’hui bien des maîtres. Mais les pères, ceux qui acceptent de souffrir, de porter les bébés en Christ dans leur cœur, jusqu’à ce que leur croissance spirituelle soit accomplie, ceux-là sont peu nombreux.</p>
<p>Un cœur de père plein de compassion, de tendre pitié, d’ardent désir pour la croissance et la vie d’autres âmes, cela ne peut être que le fruit de la Vie divine dans le racheté. Cette Vie-là rend capable de souffrir, d’endurer l’incompréhension et le mépris, par amour pour Jésus. Quelques Chrétiens s’imaginent que la communion aux souffrances du Christ, en sa mort, endurcit nécessairement le cœur, et rend moins vulnérable aux émotions. D’autres s’élèvent contre cette conception. Ils ne croient pas possible d’éliminer l’émotion des expériences spirituelles. La vie même du Seigneur Jésus, et les lettres de l’apôtre Paul, nous montrent ce que sont vraiment les résultats de la vie crucifiée.</p>
<p><strong>Il est certain que la communion avec Christ en Sa mort délivre d’une émotivité exagérée, d’une sensibilité maladive, laquelle peut être une manifestation de la vieille nature.</strong> Ainsi libérée, l’âme devient toujours plus sensible, réceptive, pour tout ce qui concerne Christ et le prochain. <strong>Il est nécessaire que toute émotion superficielle disparaisse pour que la Vie divine puisse atteindre les profondeurs de l’être</strong>, pour que celui-ci soit accessible, réceptif. Ensuite, rempli de la Vie d’En-Haut, il peut la répandre en faveur des autres.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Revêtez-vous d’entrailles de miséricorde&nbsp;&raquo;, dit l’apôtre aux Colossiens (3 : 2). Expression bien suggestive qui évoque la profondeur, la réalité, la puissance du sacrifice ; ce qui ne peut résulter d’émotions de surface, ces émotions facilement ressenties en certaines réunions où l’orateur les éveille, sciemment ou non. D’autre part, <strong>de nombreux maîtres peuvent enseigner, communiquer la lumière et la connaissance, sans avoir ces entrailles de miséricorde, sans ce cœur rempli de compassion que recommande l’apôtre. Bref, c’est le cœur qui est nécessaire</strong>, c’est la capacité de sentir et de se sacrifier pour les autres qu’il faut.<strong> Et c’est le manque de cœur, le manque d’amour qui rend froide et indigeste la Vérité, lorsqu’elle est rejetée.</strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Mes entrailles ! mes entrailles !&nbsp;&raquo;</em> s’écrie le prophète Jérémie. <em>&laquo;&nbsp;Je souffre au dedans de mon cœur, le cœur me bat. Je ne puis me taire&nbsp;&raquo;</em> (4 : 19). C’est à cause d’Israël que le prophète est envahi par la douleur. Et c’est à cause de cette capacité de souffrance pour son peuple qu’on a comparé Jérémie à Celui qui vint ici-bas, comme l’Homme de Douleur, brisé par la souffrance.</p>
<p><strong>Son immense compassion pour l’humanité amène Dieu à envoyer ici-bas son Fils unique</strong> : &laquo;&nbsp;Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël de ce qu’il a visité et racheté son peuple&#8230; GRACE AUX ENTRAILLES DE LA MISERICORDE DE NOTRE DIEU, en vertu de laquelle le Soleil levant nous a visités d’en haut&nbsp;&raquo; (Cantique de Zacharie, Luc 1 : 68-80.) Ecrivant à Philémon, l’apôtre dit au sujet d’Onésime : <em>&laquo;&nbsp;Je te le renvoie, lui, mes propres entrailles </em>(c’est-à-dire un autre moi-même)&nbsp;&raquo;. D’autres traductions rendent ainsi cette expression : &laquo;&nbsp;<em>lui, mon propre cœur&nbsp;&raquo; </em>(Philémon 1 : 12). Lire aussi Eph. 4 : 32 ; Phil. 2 : 1,2.</p>
<p><strong>Tous ces passages montrent que Dieu peut communiquer a Ses rachetés ces entrailles de miséricorde, ce cœur compatissant, qui L’amenèrent Lui-même à envoyer Son Fils ici-bas. Compassion qui conduisit le Fils unique à mourir sur la Croix pour les pécheurs.</strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Soyez compatissants, vous pardonnant&#8230; comme Dieu vous a pardonné&nbsp;&raquo;</em>, dit l’apôtre Paul. Celui qui a senti son cœur s’émouvoir, se fondre sous les effets de la compassion divine, celui qui en a éprouvé la douceur et la joie, peut aisément aimer, pardonner à celui qui a tort, avant même que celui-ci ait manifesté aucune tristesse, aucun repentir de la faute commise. Et, d’avoir fait ces expériences rend capable d’annoncer le pardon de Dieu aux âmes qui se repentent. Un cœur compatissant, des entrailles de miséricorde se réjouissent de la joie des autres.</p>
<p>Et quelles paroles exquises, quel tact dans l’expression ils savent trouver pour plaider en faveur des coupables. Lisez la lettre de Paul à Philémon : <em>&laquo;&nbsp;Je te prie pour mon enfant, que j’ai engendré étant dans les chaînes, Onésime&#8230;&nbsp;&raquo;</em> (1 : 10-12). Avec quelle tendresse l’apôtre parle de cet esclave fugitif phrygien ! II l’a amené à Christ, il a prié pour lui jusqu’à ce que Christ fût formé en lui. Aussi maintenant, Onésime est pour lui un fils.</p>
<p>Dans les diverses Eglises qu’il a fondées au sein du paganisme, pour ceux qu’il a amenés à Christ, même en prison, nous voyons de quelle patience, de quelle compassion, de quelle tendresse l’apôtre est animé. Il a vraiment pour eux des entrailles de miséricorde. <em>&laquo;&nbsp;Ce ne sont pas vos biens que je cherche, c’est vous-mêmes&nbsp;&raquo;</em>, écrit-il aux Corinthiens.<em> &laquo;&nbsp;Pour moi, je dépenserai très volontiers, et je me dépenserai moi-même pour vos âmes, dussé-je, en vous aimant davantage, être moins aimé de vous&#8230;&nbsp;&raquo;</em> (2 Cor. 2 : 14-15). <em>&laquo;&nbsp;Maintenant nous vivons, puisque vous demeurez fermes dans le Seigneur&nbsp;&raquo;</em>. Une autre traduction dit :<em> &laquo;&nbsp;La vie est vraiment pour nous la vie, puisque vous demeurez fermes dans le Seigneur&nbsp;&raquo;</em> (1 Thess. 3 : 8). L’apôtre pense sans cesse à tous ceux qu’il a amenés à Christ. Il prie sans cesse pour eux, comme un père pour ses enfants.</p>
<p><strong>Dix mille maîtres ! Oui. Mais les pères</strong> ne sont pas nombreux. Ils sont peu nombreux ceux qui consentent à la souffrance pour les autres, à porter dans leur cœur le fardeau de leurs besoins, à éprouver de l’angoisse pour leurs âmes, à verser des larmes.</p>
<p>Dirons-nous que le langage de l’apôtre était exagéré ? Certes non ! Car dans la communion avec Dieu et avec son Fils Jésus-Christ, <strong>il a entendu le grand soupir de la Création</strong> ; en son cœur, il a ressenti l’immense douleur, l’angoisse des âmes sans Dieu dans le monde, sans Sauveur. Pour elles, son cœur est rempli de compassion, de tendresse. Pouvons-nous, comme l’apôtre, avoir un cœur rempli de compassion active, effective ? Assurément. &laquo;&nbsp;<em>Revêtez-vous, dit-il, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience&nbsp;&raquo;</em> (Colossiens 3 : 1-2). Il vient de les exhorter à <em>se dépouiller du vieil homme et de ses œuvres, et à revêtir l’homme nouveau, qui se renouvelle dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé</em> (versets 10-11). Ah ! Voilà le secret : le vieil homme a été crucifié ! La Croix du Calvaire est l’endroit de la bénédiction. Là tombent toute étroitesse, toutes ces barrières dressées par ce qui est terrestre. <strong>Là est dépouillée cette vie égoïste qui cherche la satisfaction du moi, qui ramène tout à soi.</strong> Ensuite, l’homme nouveau (ou la nouvelle nature) est revêtu, qui se renouvelle selon l’image de Celui qui l’a créé. Là, plus de distinctions terrestres, plus de divisions, de séparations, Christ est tout en tous. C’est seulement dans le Christ Jésus que nous pouvons recevoir ces entrailles de miséricorde, entrer dans la communion de Ses souffrances, et connaître cette ferveur d’amour, cette tendresse, qui sont d’essence divine.</p>
<p>Il est question du renouvellement du nouvel homme. Un processus de croissance suit effectivement le dépouillement de la vieille nature. Toute colère, toute animosité, toute malice, toute moquerie, toute parole déshonnête doivent être rejetées. Et, dans ce renouvellement progressif de l’homme nouveau, l’heure sonne de la communion aux souffrances de Christ pour le salut des perdus. Alors l’être intérieur tout entier, animé des compassions de Dieu, sera peut-être amené à plaider pour une nation comme Jérémie ; ou bien à travailler à la formation de Christ dans les âmes comme l’apôtre Paul ; ou encore à manifester l’amour de Dieu envers les autres ; à être bon, compatissant, à pardonner comme Dieu nous a pardonnés en Christ (Eph. 4 : 32). Il ne pourra pas fermer ses entrailles au frère dans le besoin (1 Jean 3 : 17) ; il ne pourra pas non plus négliger de prier pour les autres avec la tendresse de Jésus-Christ (Phil. 1 : 8). Enfin, il est prêt à donner sa vie aux frères, à exercer la miséricorde envers tous ; bien qu’aimant davantage, il soit moins aimé.</p>
<p>Comment cela se peut-il faire ? Par la foi. <em>&laquo;&nbsp;Celui qui croit en moi, dit Jésus&#8230;&nbsp;&raquo;</em> II y a là une foi qui unit celui qui croit à son Sauveur. <strong>C’est plus qu’un acquiescement mental</strong>, plus que le fait de croire à une autre personne. &laquo;&nbsp;<em>Quand j’aurai été élevé de la terre, dit Jésus, j’attirerai tous les hommes à moi&nbsp;&raquo;</em> (Jean 12 : 32-33).</p>
<p>Ainsi le Seigneur sur la croix attire le racheté qui croit en Lui ; et le sauvé est uni au Sauveur, en sa mort. Il est planté avec Lui en Sa mort (Romains 5 : 5), ou bien encore greffé en Lui au Calvaire, afin d’être fait participant de Sa Vie. Une seule vie désormais pour la greffe et la plante où elle a été insérée. La greffe est solidement maintenue par des liens. Ici, les liens de la foi et du don total de soi-même.</p>
<p>DEPOUILLE ! REVETU ! UNI AU CHRIST, EN SA MORT ! DESORMAIS UNE MEME PLAlNTE AVEC LUI ! FAIT PARTICIPANT DE SA VIE, LA VIE DIVINE ! Telles sont les étapes par lesquelles le Saint-Esprit conduit le racheté. Dès lors, des fleuves d’eau vive coulent de celui-ci ; en réalité de Jésus. Car le racheté est une même plante avec son Sauveur, CELUI QUI EST LA VIE.</p>
<p>Uni au cœur brisé du Sauveur en faveur d’un monde perdu, le racheté est constamment livré à la mort pour l’amour de Jésus, afin que la vie de Jésus puisse être manifestée dans sa chair mortelle. <em>&laquo;&nbsp;La mort agit en nous, mais la vie en vous&nbsp;&raquo;</em><em>, dit l’apôtre. La vie du Christ en abondance, en faveur des autres.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;C’est du cœur que procèdent les sources de la vie</strong>&laquo;&nbsp;, écrit Salomon. Et ceci est magnifiquement illustré par l’Amour dont nous sommes aimés, et comme enveloppés. <em>&laquo;&nbsp;<strong>Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils Unique, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle&nbsp;&raquo;</strong> </em>(Jean 3 : 16).</p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/13562/la-vie-de-resurrection-par-jessie-penn-lewis/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/13562/la-vie-de-resurrection-par-jessie-penn-lewis/#comments">Un commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/13562/la-vie-de-resurrection-par-jessie-penn-lewis/&title=La vie de résurrection, par Jessie Penn-Lewis">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/jessie-penn-lewis/" rel="tag">Jessie Penn-Lewis</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/redemption/" rel="tag">rédemption</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/substitution/" rel="tag">substitution</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/vie-chretienne/" rel="tag">vie chrétienne</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/13562/la-vie-de-resurrection-par-jessie-penn-lewis/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un seul est mort pour tous, donc tous sont morts</title>
		<link>http://www.blogdei.com/13557/un-seul-est-mort-pour-tous-donc-tous-sont-morts/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/13557/un-seul-est-mort-pour-tous-donc-tous-sont-morts/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Mar 2011 12:39:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bible]]></category>
		<category><![CDATA[Edification]]></category>
		<category><![CDATA[Encouragement]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[affranchissement]]></category>
		<category><![CDATA[Jessie Penn-Lewis]]></category>
		<category><![CDATA[la conquête de Canaan]]></category>
		<category><![CDATA[mourir pour vivre]]></category>
		<category><![CDATA[vie nouvelle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=13557</guid>
		<description><![CDATA[sentinellenehemie.free.fr/jpennlewis La Conquête de Canaan (Jessie Penn-Lewis) Ne demeurez pas attachés à vos expériences passées de la Croix. Vous êtes entrés dans le Jourdain par la foi, et, dès lors, vous devez vous tenir pour ensevelis dans ses eaux, hors de vue, cela est parfaitement vrai. Mais le fait qu’Israël, après cette expérience, eut à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p> sentinellenehemie.free.fr/jpennlewis</p>
<p>    La Conquête de Canaan  (Jessie Penn-Lewis)</p>
<p>   <strong> Ne demeurez pas attachés à vos expériences passées de la Croix</strong>. Vous êtes entrés dans le Jourdain par la foi, et, dès lors, vous devez vous tenir pour ensevelis dans ses eaux, hors de vue, cela est parfaitement vrai. Mais le fait qu’Israël, après cette expérience, eut à subir la circoncision, nous enseigne qu’ils eurent à expérimenter la Croix, opérant à vif dans leur chair. De même, si vous dites à propos de Galates 5 :24 : &laquo;&nbsp;Ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair, par conséquent je n’ai plus rien à faire avec la &laquo;&nbsp;chair&nbsp;&raquo; en moi, elle n’existe plus&nbsp;&raquo;, <strong>alors vous serez précisément en danger d’être pris au piège par l’adversaire, parce que vous ne compterez pas sur la puissance de séparation de la croix de Christ,</strong> pour qu’elle agisse en vous moment après moment. Dans la guerre spirituelle, la seule chance que vous pouvez avoir d’être protégé, est de posséder une foi présente et agissante dans la vertu présente et agissante de la Croix.</p>
<p>     Mourir Pour Vivre  (Jessie Penn-Lewis)</p>
<p>   <strong> Comment être libéré de l&#8217;esclavage du péché et de la vie propre ?</strong> Telle est la grande question que se posent de nombreux enfants de Dieu. Cet affranchissement semble impossible, mais &laquo;&nbsp;les choses qui sont impossibles aux hommes sont possibles à Dieu&nbsp;&raquo;. La Parole de Dieu déclare : &laquo;&nbsp;Un Seul est mort pour tous. Tous donc sont morts et Il est mort pour tous, <strong>afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux&nbsp;&raquo;</strong> (2 Corinthiens 5:14,15.) Quand nous sommes venus à Christ pour la première fois, chargés du fardeau et de la culpabilité de nos péchés, la délivrance nous paraissait tout aussi irréalisable, mais lorsque nous avons pris Dieu au mot et que nous nous sommes appropriés Sa Parole, le Saint-Esprit y a rendu témoignage et nous a prouvé qu&#8217;Il avait le pouvoir d&#8217;accomplir ce qui nous paraissait impossible, <strong>Revenons à cette première étape de notre délivrance, et rappelons-nous de quelle manière elle fut opérée.</strong></p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/13557/un-seul-est-mort-pour-tous-donc-tous-sont-morts/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/13557/un-seul-est-mort-pour-tous-donc-tous-sont-morts/#comments">Pas de commentaire</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/13557/un-seul-est-mort-pour-tous-donc-tous-sont-morts/&title=Un seul est mort pour tous, donc tous sont morts">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/affranchissement/" rel="tag">affranchissement</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/jessie-penn-lewis/" rel="tag">Jessie Penn-Lewis</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/la-conquete-de-canaan/" rel="tag">la conquête de Canaan</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/mourir-pour-vivre/" rel="tag">mourir pour vivre</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/vie-nouvelle/" rel="tag">vie nouvelle</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/13557/un-seul-est-mort-pour-tous-donc-tous-sont-morts/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le sage mondain et la loi, par John Bunyan</title>
		<link>http://www.blogdei.com/13430/le-sage-mondain-et-la-loi-par-john-bunyan/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/13430/le-sage-mondain-et-la-loi-par-john-bunyan/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Mar 2011 12:21:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>domy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités des églises]]></category>
		<category><![CDATA[Bible]]></category>
		<category><![CDATA[Encouragement]]></category>
		<category><![CDATA[Evangile de la prospérité]]></category>
		<category><![CDATA[Exhortations et sermons]]></category>
		<category><![CDATA[LFDNP]]></category>
		<category><![CDATA[Perfectionnement des saints]]></category>
		<category><![CDATA[Problématiques chrétiennes]]></category>
		<category><![CDATA[allégories]]></category>
		<category><![CDATA[John Bunyan]]></category>
		<category><![CDATA[le voyage du pèlerin]]></category>
		<category><![CDATA[légalisme]]></category>
		<category><![CDATA[mondain]]></category>
		<category><![CDATA[morale]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=13430</guid>
		<description><![CDATA[.regard.eu.org L&#8217;âme effrayée du sentiment de ses péchés veut presque toujours, au premier abord, essayer de se sauver par son obéissance à la loi de Dieu; mais quand elle vient à l&#8217;essayer sérieusement, elle en découvre l&#8217;effrayante impossibilité. ___________ Cependant le Chrétien poursuivait son chemin et il rencontra en marchant un homme qui venait au-devant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>.regard.eu.org</p>
<p><strong><em>L&#8217;âme effrayée du sentiment de ses péchés veut presque toujours, au premier abord, essayer de se sauver par son obéissance à la loi de Dieu; mais quand elle vient à l&#8217;essayer sérieusement, elle en découvre l&#8217;effrayante impossibilité.</em><br />
</strong></p>
<p>___________</p>
<p>Cependant le Chrétien poursuivait son chemin et il rencontra en marchant un homme qui venait au-devant de lui, de sorte qu&#8217;ils se trouvèrent en face l&#8217;un de l&#8217;autre dans le même chemin. C&#8217;était un gentilhomme, nommé le Sage-Mondain, qui faisait sa demeure dans une ville appelée la Sagesse Charnelle, grande ville voisine de celle où le Chrétien habitait auparavant.</p>
<p>Cet homme ayant rencontré le Chrétien dont il avait ouï parler (car sa sortie hors de la ville de Corruption avait fait du bruit de toute part), et ayant connu, à sa démarche triste, à ses soupirs et à ses gémissements, ce qui se passait en lui, commença à lui parler en ces termes:</p>
<p>- Qu&#8217;est ceci, mon cher ami? Où pensez-vous aller avec un si pesant fardeau?</p>
<p>Le Chrétien &#8211; Hélas! que vous avez raison de dire que mon fardeau est pesant! Jamais personne n&#8217;en a porté un plus accablant. Si vous me demandez encore où je vais, je vous dirai que je m&#8217;achemine vers la porte étroite qui est là devant moi, et où, selon que j&#8217;en ai été informé, on doit m&#8217;enseigner le chemin que je dois suivre pour être déchargé de ce même fardeau.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Avez-vous une femme et des enfants?</p>
<p>Le Chrétien &#8211; Oui, mais je suis tellement accablé sous mon fardeau que je ne puis plus y prendre plaisir. Il me semble que j&#8217;ai une femme comme si je n&#8217;en n&#8217;avais point (1 Corinthiens 7:31).</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Voulez-vous me croire? Je vous donnerai un bon conseil.</p>
<p>Le Chrétien &#8211; S&#8217;il est bon, je le veux bien, car j&#8217;ai maintenant très-grand besoin d&#8217;un bon conseil.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Le conseil que j&#8217;ai à vous donner est de vous décharger vous-même sans délai de ce fardeau, car sans cela vous n&#8217;aurez jamais aucun repos dans votre âme et vous n&#8217;obtiendrez jamais la bénédiction de Dieu.</p>
<p>Le Chrétien &#8211; C&#8217;est à cela même que j&#8217;aspire. Je cherche à être délivré de ce faix accablant. Mais, hélas! je ne puis le faire moi-même. Il n&#8217;y a personne dans nos contrées qui puisse m&#8217;en décharger, et c&#8217;est pour cela que je me suis mis en chemin. Mais il me semble apercevoir que vous-mêmes, malgré les conseils que vous me donnez, vous êtes aussi chargé d&#8217;un énorme fardeau semblable au mien. Il est vrai que vous le portez avec aisance, et que vous ne paraissez même pas vous en apercevoir.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Que me dites-vous là? Je n&#8217;ai point de fardeau, moi! D&#8217;ailleurs, c&#8217;est de vous que nous parlons. Dites-moi qui vous a conseillé de prendre ce chemin pour être délivré de ce poids accablant?</p>
<p>Le Chrétien &#8211; C&#8217;est un homme fort vénérable qu&#8217;on nomme l&#8217;Évangéliste.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; C&#8217;est un très-mauvais conseiller. Il n&#8217;y a point de chemin si dangereux et si fâcheux dans le monde que celui qu&#8217;il vous a montré, comme vous l&#8217;éprouverez bientôt si vous suivez son conseil. Au reste, il vous est déjà arrivé, à ce que je vois, divers malheurs. Je remarque la boue du bourbier du Découragement attachée à votre corps. Or, ce bourbier n&#8217;est encore que le commencement des incommodités qu&#8217;ont à essuyer ceux qui suivent cette route. Croyez-moi, je suis plus âgé que vous: vous trouverez dans ce chemin des douleurs, des fatigues, la faim, le péril, la nudité, l&#8217;épée, les lions, les ténèbres, enfin la mort même et une infinité d&#8217;autres maux encore. C&#8217;est là la pure vérité confirmée par beaucoup de témoignages. A quoi bon, pour obéir à autrui, se jeter soi-même inconsidérément dans un labyrinthe de maux?</p>
<p>Le Chrétien &#8211; Comment, monsieur? Ce fardeau que j&#8217;ai sur le dos me cause bien plus de frayeurs que toutes les choses que vous venez de nommer. Et quelques disgrâces qui puissent m&#8217;arriver, elles me seront peu de chose pour vu que je puisse obtenir le soulagement que je désire.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Comment avez-vous commencé à sentir ce fardeau?</p>
<p>Le Chrétien &#8211; Par la lecture de ce livre que j&#8217;ai entre les mains.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Je le crois bien. Il vous est arrivé comme à plusieurs autres esprits faibles qui, ayant voulu trop approfondir les choses, sont tombés subitement dans le trouble dont vous êtes agité. Et cette manie rend non-seulement les hommes inhumains et misanthropes, comme je m&#8217;aperçois qu&#8217;il vous arrive, mais elle leur fait entreprendre des choses impossibles, dans l&#8217;espérance d&#8217;obtenir je ne sais quoi.</p>
<p>Le Chrétien &#8211; Pour moi, ce que je prétends obtenir, c&#8217;est le soulagement de mon fardeau.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Quel soulagement voulez-vous chercher dans cette route où vous n&#8217;avez à attendre que mille dangers? Au lieu que je puis vous instruire, si vous voulez m&#8217;écouter patiemment, d&#8217;un moyen sûr pour obtenir ce que vous désirez avec tant d&#8217;ardeur, sans encourir aucun des dangers qui vous menacent dans le chemin où vous êtes. Oui, ce moyen est entre vos mains. Ajoutez à cela qu&#8217;à la place de ces incommodités auxquelles vous vous exposez, vous y trouverez beaucoup de douceur et de contentement.</p>
<p>Le Chrétien &#8211; Je vous prie, Monsieur, apprenez-moi donc ce secret.</p>
<p>Le Sage-Mondain &#8211; Je le veux bien. Dans un bourg nommé le bourg de la Morale habite un homme très vertueux dont le nom est la Loi, et qui a la réputation de pouvoir délivrer les hommes du fardeau qui vous presse. Je sais qu&#8217;il a fait beaucoup de bien à cet égard. Il a même la capacité de guérir ceux à qui ce fardeau à causé quelque renversement d&#8217;esprit. C&#8217;est pourquoi je vous conseille d&#8217;aller tout droit à lui, et vous trouverez bientôt du soulagement. Sa maison n&#8217;est pas éloignée. Si vous ne le trouvez pas lui-même chez lui, il a un fils nommé l&#8217;Honnêteté qui est un charmant jeune homme. Celui-ci peut vous aider autant que le vieux gentilhomme. C&#8217;est là que vous trouverez le soulagement de votre fardeau. Et si vous n&#8217;avez pas dessein de retourner chez vous &#8211; comme aussi je ne vous le conseille pas -, vous pouvez mander votre femme et vos enfants, et les faire venir auprès de vous dans le bourg, où il y a maintenant assez de maisons vacantes et où vous pourrez en avoir une à un prix raisonnable. Les vivres sont aussi fort bons et à bon compte. Et ce qui rendra votre vie encore plus heureuse, c&#8217;est que vous y jouirez de beaucoup d&#8217;estime et de crédit parmi vos bons voisins.</p>
<p>Le Chrétien, s&#8217;étant arrêté un moment pour délibérer sur tous ces avantages si précieux, prit tout à coup la résolution de s&#8217;y rendre. &laquo;&nbsp;S&#8217;il en est ainsi&nbsp;&raquo;, disait-il en lui-même, &laquo;&nbsp;Comme ce gentilhomme l&#8217;assure, je ne saurais mieux faire que de suivre son conseil&nbsp;&raquo;. Sur l&#8217;instant, il lui demanda le chemin qui conduisait à la maison de ce vieux gentilhomme.</p>
<p>- Voyez-vous bien, dit la Sage-Mondain, cette haute montagne?</p>
<p>- Oui, très bien, répondit le Chrétien.</p>
<p>- C&#8217;est à cette montagne que vous devez aller, lui dit le Sage-Mondain; et la première maison que vous trouverez est la sienne.</p>
<hr />
<p><small>© domy for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/13430/le-sage-mondain-et-la-loi-par-john-bunyan/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/13430/le-sage-mondain-et-la-loi-par-john-bunyan/#comments">6 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/13430/le-sage-mondain-et-la-loi-par-john-bunyan/&title=Le sage mondain et la loi, par John Bunyan">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/allegories/" rel="tag">allégories</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/bible/" rel="tag">Bible</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/john-bunyan/" rel="tag">John Bunyan</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/le-voyage-du-pelerin/" rel="tag">le voyage du pèlerin</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/legalisme/" rel="tag">légalisme</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/mondain/" rel="tag">mondain</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/morale/" rel="tag">morale</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/13430/le-sage-mondain-et-la-loi-par-john-bunyan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Abraham Lincoln, un battant</title>
		<link>http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/</link>
		<comments>http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Mar 2011 10:49:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Myriam Michoud</dc:creator>
				<category><![CDATA[19e siècle]]></category>
		<category><![CDATA[Encouragement]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages divers]]></category>
		<category><![CDATA[Abraham Lincoln]]></category>
		<category><![CDATA[défaite]]></category>
		<category><![CDATA[dépression nerveuse]]></category>
		<category><![CDATA[faillite]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[persévérance]]></category>
		<category><![CDATA[Président des Etats-Unis]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blogdei.com/?p=13293</guid>
		<description><![CDATA[SourcedOptimisme.com Abraham Lincoln est probablement l’un des meilleurs exemples de persévérance que l’on puisse trouver. Si vous désirez connaître quelqu’un qui ne lâchait pas, ne cherchez pas plus loin. Né dans la pauvreté, Lincoln a dû supporter la défaite toute sa vie. Il a perdu huit fois les élections, a fait deux faillites d’affaires et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>SourcedOptimisme.com</p>
<p>Abraham Lincoln est probablement l’un des meilleurs exemples de persévérance que l’on puisse trouver. Si vous désirez connaître quelqu’un qui ne lâchait pas, ne cherchez pas plus loin.</p>
<p>Né dans la pauvreté, Lincoln a dû supporter la défaite toute sa vie.<br />
Il a perdu huit fois les élections, a fait deux faillites d’affaires et a souffert d’une dépression nerveuse.</p>
<p>Il aurait pu abandonner plusieurs fois, il aurait pu se trouver suffisamment de raisons pour justifier un abandon ou maudire le sort ou Dieu, mais il ne l’a pas fait. Et parce qu’il n’a jamais abandonné, il est devenu l’un des plus grands présidents des Etats-Unis.</p>
<p>Lincoln avait une attitude de champion et il l’est, à force, devenu. Un champion n’abandonne jamais. Voici un aperçu du chemin parcouru par Lincoln avant d’arriver à la Maison Blanche :</p>
<p>1816 Les Lincoln sont chassés de leur maison. Abraham doit travailler pour subvenir aux besoins de la famille.</p>
<p>1818 Mort de sa mère</p>
<p>1831 Première faillite</p>
<p>1832 Se présente aux élections législatives ; est battu</p>
<p>1832 Perd aussi son emploi ; veut faire son droit mais est refusé au concours d’admission</p>
<p>1833 Emprunte de l’argent à un ami pour lancer une affaire et fait faillite avant la fin de l’année. Il passera 17 ans de sa vie à rembourser cette dette.</p>
<p>1834 Se présente à nouveau aux élections législatives ; est élu</p>
<p>1835 Projet de mariage ; mort de sa fiancée</p>
<p>1836 Grave dépression nerveuse ; reste six mois au lit</p>
<p>1838 Se porte candidat à la Présidence de la Chambre des Représentants de l’Illinois ; est battu</p>
<p>1846 Se présente encore au Congrès ; est élu ; se rend à Washington où il fait du bon travail</p>
<p>1848 Sollicite un deuxième mandat au Congrès ; n’est pas réélu</p>
<p>1849 Postule l’emploi d’agent des terres de son Etat natal ; ne l’obtient pas</p>
<p>1854 Se présente au Sénat des Etats-Unis ; est battu</p>
<p>1856 Pose sa candidature pour la vice présidence lors de la convention nationale du parti ; obtient moins de cent votes</p>
<p>1858 Se présente encore au Sénat ; est encore battu</p>
<p>1860 Est élu Président des Etats-Unis</p>
<p>La piste était glissante et la course éreintante. En cours de route mon pied à glissé et j’ai perdu l’équilibre, mais je me suis redressé et je me suis dit : « c’est un faux pas et non une chute ».</p>
<p>Michel Poulaert<br />
 www.sourcedoptimisme.com</p>
<hr />
<p><small>© Myriam Michoud for <a href="http://www.blogdei.com">blogdei</a>, 2011. |
<a href="http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/">Permalink</a> |
<a href="http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/#comments">3 commentaires</a> |
Ajouter
<a href="http://del.icio.us/post?url=http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/&title=Abraham Lincoln, un battant">del.icio.us</a>
<br/>
Post tags: <a href="http://www.blogdei.com/tag/abraham-lincoln/" rel="tag">Abraham Lincoln</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/defaite/" rel="tag">défaite</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/depression-nerveuse/" rel="tag">dépression nerveuse</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/faillite/" rel="tag">faillite</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/pauvrete/" rel="tag">pauvreté</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/perseverance/" rel="tag">persévérance</a>, <a href="http://www.blogdei.com/tag/president-des-etats-unis/" rel="tag">Président des Etats-Unis</a><br/>
</small></p>
<p><small>Feed enhanced by <a href='http://planetozh.com/blog/my-projects/wordpress-plugin-better-feed-rss/'>Better Feed</a> from  <a href='http://planetozh.com/blog/'>Ozh</a></small></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blogdei.com/13293/abraham-lincoln-un-battant/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

<!-- Performance optimized by W3 Total Cache. Learn more: http://www.w3-edge.com/wordpress-plugins/

Minified using disk: basic
Page Caching using disk: enhanced
Object Caching 3422/3719 objects using disk: basic

Served from: www.blogdei.com @ 2012-05-23 13:43:56 -->
