Actualités chrétiennes, informations et religion, nouvelles évangéliques et Bible » Histoire de l’Eglise http://www.blogdei.com Christianisme. Religion. Protestantisme. Édification. Information. Discernement. Eschatologie. Bible. Sat, 22 Oct 2011 21:07:06 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.1.1 L’Eglise de Thyatire, par Alfred Kuen http://www.blogdei.com/16542/leglise-de-thyatire-par-alfred-kuen/ http://www.blogdei.com/16542/leglise-de-thyatire-par-alfred-kuen/#comments Thu, 20 Oct 2011 20:47:20 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16542

caef.net/koina.org

La ville
La plus longue lettre est adressée à la ville la moins importante » (R.H. Charles)
C.J. Hemer renchérit:« la lettre qui est aussi la plus difficile à la moins connue des Eglises ».

Thyatire était une petite ville à l’intérieur des terres, sur la grande route circulaire qui reliait les sept villes destinataires des lettres, à une soixantaine de km de Pergame. Sa situation stratégique était remarquable : au débouché d’une longue vallée qui réunissait l’Hermus et le Caïus.
Par elle passaient les routes de Byzance à Smyrne et de Pergame en Syrie. Son nom émerge en 290 av. J.-C. comme ville de garnison chargée de protéger l’accès vers Pergame à la frontière entre la Mysie et la Lydie.
A l’époque romaine, son importance n’était ni politique, ni religieuse, mais économique et
commerciale. Sa population était très mélangée et comprenait des Latins, des Grecs et des Orientaux. Thyatire étant une colonie fondée par des Macédoniens, il y avait parmi ses habitants d’anciens Macédoniens, des Grecs, des Lydiens et des Mysiens. On a relevé aussi des traces d’Egyptiens et de Perses. Ce mélange explique une tendance au syncrétisme religieux.
Sur le plan de la religion, les seuls vestiges sont ceux d’un temple d’Apollon, le dieu soleil (représentant aussi l’empereur) et d’une Sybille devineresse que l’on venait consulter pour connaître l’avenir. Il n’y avait pas de temple dédié au culte impérial. Il ne semble pas que le paganisme ou la pression de Rome aient constitué une menace sérieuse pour les chrétiens.
La lettre à Thyatire commence par un rappel de deux caractéristiques du fils de Dieu : « celui dont les yeux sont comme la flamme du feu et les pieds comme du bronze précieux éclatant ». On s’est demandé si c’était pour faire contrepoids aux qualités attribuées à Apollon, dieu soleil. Les Juifs devaient avoir une synagogue à Thyatire puisque Lydie était une prosélyte juive de cette ville (Ac 16.14) ; elle n’a pas pu le devenir à Philippes puisqu’il n’y avait pas là de synagogue.

L’Eglise
A-t-elle joué un rôle dans la fondation de l’Eglise une fois rentrée chez elle ? Ou bien l’Eglise devait-elle son existence à des chrétiens d’Asie convertis par l’apôtre Paul durant ses trois années de ministère à Ephèse ? Toujours est-il que l’Eglise semble importante et bien active vu les éloges que le Christ lui fait (v. 19). Contrairement à Ephèse, c’est même une Eglise en progression dont les « dernières oeuvres sont plus nombreuses que les premières ».
Lydie nous est présentée comme « une marchande de pourpre de Thyatire ». La pourpre était effectivement l’une des industries prospères de la ville. Les étoffes teintes en pourpre l’étaient soit par la sécrétion d’un petit coquillage (le murex), soit par les racines de la garance. Cette plante poussait en grandes quantités autour de Thyatire et alimentait cette industrie précieuse. En effet, Pline l’Ancien dit qu’une livre de pourpre valait plus de mille deniers. Si le denier était le salaire normal d’une journée (cf. Mt 20.2) cela voulait dire entre trois et quatre années de travail d’un ouvrier. Cela explique déjà en partie la prospérité de la ville au 1er siècle. A côté des teinturiers, on a relevé sur les inscriptions trouvées à Thyatire les métiers de tisserands, tanneurs, potiers, cordonniers, tailleurs, boulangers, bourreliers, fondeurs de bronze, fabriquants de chalcolibanos, sans doute un alliage de cuivre, d’airain de bronze ou de zinc, une spécialité de Thyatire puisqu’on n’a trouvé ce mot nulle part ailleurs qu’en Apoc. 1,15 et 2.18.

Dilemme
Or, selon les traditions antiques tous ces artisans étaient regroupés dans les guildes (corporations) aux règles et aux coutumes très strictes. Elles avaient leurs réunions régulières, leurs fêtes et leurs banquets qui commençaient toujours par un sacrifice et une libation aux dieux et se terminaient généralement par une orgie accompagnée de pratiques plus ou moins immorales.
Comment un commerçant ou un chef d’atelier pouvait-il maintenir ses affaires sans appartenir à la guilde de son métier ? Mais comment pouvait-il participer à ces manifestations s’il était chrétien ? C’est de là que venait le conflit pour les chrétiens de Thyatire.

Le compromis
Or, dans cette Eglise, il y avait une femme qui leur enseignait qu’ils pouvaient fort bien « participer au culte des idoles, se livrer à la débauche et manger les viandes des sacrifices » (v. 20). Elle est appelée Jézabel. Beaucoup d’hypothèses ont été échafaudées pour l’identifier. Tout ce que nous savons c’est qu’elle est dans l’Eglise (ce n’est donc pas la Sybille locale) et qu’elle y répand son faux enseignement. Le pseudonyme qui lui est donné renvoie à la femme d’Achab, roi d’Israël (1 R 16.31 ; 2 R 9.30-37), dont le péché fut d’avoir introduit en Israël le culte de ses divinités païennes.
La Jézabel de Thyatire corrompait donc la foi des chrétiens en y mêlant des éléments païens. Nous avons déjà dit que le syncrétisme était à l’ordre du jour dans cette ville. Jézabel introduisit dans l’Eglise une sorte de syncrétisme pagano-chrétien, non pas tant sur le plan doctrinal que sur le plan pratique : on mélangeait l’allégeance au Christ avec la participation aux cérémonies païennes. Solution séduisante pour les artisans et les marchands tiraillés entre leur fidélité au Christ et leurs intérêts économiques et professionnels.
La prophétesse Jézabel les délivrait de leur cas de conscience : vous pouvez tranquillement participer aux fêtes de votre guilde leur disait-elle ; un chrétien est un homme libre ; les idoles ne sont rien et l’âme n’est pas affectée par ce qui se passe dans le corps. C’est le même enseignement que celui des Nicolaïtes à Ephèse et à Pergame. Sur le plan des connaissances, elle leur proposait l’exploration des «profondeurs de Dieu » qui sont, en fait, « les profondeurs de Satan » (v. 24 cf.
2.9 où synagogue de Dieu est aussi changé en synagogue de Satan).

« A Thyatire la menace ne venait pas de l’extérieur de l’Eglise : de la persécution, du culte païen ou impérial. Elle venait de l’intérieur de l’Eglise, de ceux qui, dans l’Eglise proposaient de prendre vis-à- vis du monde la plus dangereuse de toutes les attitudes : une attitude de compromis »

A.K.

]]>
http://www.blogdei.com/16542/leglise-de-thyatire-par-alfred-kuen/feed/ 2
L’Eglise de Smyrne, par Alfred Kuen http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/ http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/#comments Wed, 19 Oct 2011 20:39:24 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16526

caef.net/koina.org


La ville
Le messager qui partait d’Ephèse trouvait, à une soixantaine de kilomètres au nord, la ville de Smyrne, « la gloire de l’Asie » comme elle aimait à s’appeler et, avec Ephèse, le port le plus important.

Située au fond d’un golfe de 70 km de profondeur, et à l’embouchure de l’Hermus, elle jouissait d’une situation exceptionnelle. Son avant-port, à l’ouest de la rade, pouvait être aisément fermé en cas de guerre, mettant la ville à l’abri de toute intrusion indésirable.
La cité, créée selon la légende par une Amazone qui lui aurait donné son nom quelque 1000 à 1200 ans av. J.-C., a subi maintes vicissitudes au cours de son histoire. En 624 av. J.-C., elle fut saccagée par Allyatte, roi de Lydie, et disparut pendant plusieurs siècles de l’histoire. Puis elle fut reconstruite à quelque 3 km de l’ancien emplacement sur ordre d’Alexandre par Antigone et Lysimaque. Elle eut, de plus, à souffrir de plusieurs tremblements de terre.
En l’an 23 de notre ère, l’un des meurtriers de Jules César vint s’y réfugier. Rome mit la ville à sang pour le capturer. Au cours des siècles, elle justifiait bien son nom ; Smyrne = myrrhe = souffrance (cf. v. 10). Cependant, en égard à sa longue tradition de loyauté, elle reçut de Rome le privilège, de préférence à dix autres villes candidates, de construire un temple à l’empereur Auguste et à sa mère.
La loyauté politique de la ville était, en effet, devenue proverbiale dans le monde antique ; on l’appelait « Smyrne la fidèle »2. Dès 195 av. J.-C., elle fut la première ville de l’Empire à ériger un temple à Dea Roma, la déesse Rome. Plus tard, lorsque « l’esprit de Rome » qui devait unir les peuples divers rassemblés dans le vaste Empire s’est incarné dans la personne des empereurs, Smyrne a demandé, avec six autres villes d’Asie mineure, le privilège d’édifier un temple à l’empereur régnant.
C’est elle qui fut choisie et, en l’an 26, elle construisit un temple à Tibère, à Livia et au Sénat.
Lorsque le culte impérial devint obligatoire, Smyrne se distingua par son zèle à l’imposer à tous ses citoyens. Redevenue florissante et splendide après son éclipse de plusieurs siècles, elle devint l’un des plus grands centres commerciaux et culturels de l’Asie, rivalisant constamment avec Ephèse pour la première place dans la province.
Les auteurs antiques exaltent la beauté de la ville : Aelius Aristides la compare à une fleur « fraîche comme un bosquet », en faisant allusion à l’emblème de la cité. Sur ses médailles, elle se déclarait elle-même « première par la beauté » – sous-entendu architecturale – de ses édifices. Au centre de la ville, la « rue Dorée » partait du port où se trouvait le temple de Cybèle, patronne de la ville, pour aller vers le pied de la colline de Pagus auquel s’adossait le temple de Zeus, en passant par les temples d’Apollon, d’Esculape et d’Aphrodite. La splendeur des temples païens contrastait avec les humbles lieux de réunion des chrétiens et la pompe du culte des dieux grecs éclipsait la simplicité de leurs rassemblements.

Symbolique
Les Smyrniotes étaient très fiers de leur ville, de ses écoles de science et de médecine. Ils voulaient être les premiers en beauté, les premiers dans le culte impérial, les premiers pour la culture (la ville n’était-elle pas le lieu de naissance d’Homère ?). Mommsen a appelé Smyrne « le paradis de la vanité municipale ». La lettre à l’Eglise de Smyrne contient plusieurs allusions à la situation locale.
Elle leur est adressée par « celui qui est le premier et le dernier » – face aux Smyrniotes qui voulaient être les premiers en toutes choses – par celui qui a été mort et qui est à nouveau vivant (v. 8). Exactement comme la ville elle-même entre sa destruction par Alyattes, le père de Crésus (Hérode 1.16) et sa refondation en l’an 290 av. J.-C. D’ailleurs Strabon (58-25 av. J.-C.) avait déjà parlé de mort et de résurrection de la ville (14.1.37). Aelius Aristide a comparé la ville au phénix, cet oiseau mythique qui se faisait périr sur un bûcher et renaissait de ses cendres. La même image était utilisée par certains Pères de l’Eglise pour le Christ. La plupart des légendes de la mort et de la résurrection du phénix mentionnent l’usage de la myrrhe lors de son ensevelissement et de sa réincarnation. Les auteurs chrétiens font le parallèle avec la myrrhe employée pour embaumer le corps de Jésus. La myrrhe était utilisée en Egypte (pays d’origine de la légende du phénix) pour embaumer les morts afin de préserver leurs corps pour la vie future. La myrrhe est donc associée à la fois à l’idée de mort et de survie ou de résurrection.
Or, le mot Smyrne signifie myrrhe. Jésus encourage les destinataires de la lettre de Smyrne : « N’aie pas peur des souffrances qui t’attendent » (v. 10). « Comme j’ai été mort et que je suis revenu à la vie, comme votre ville était morte et a revécu, vous aussi, même si vous passez par la mort, vous vivrez avec moi. Rappelez-vous le nom de votre ville et son symbolisme. »

Opposants
« Sois fidèle jusqu’à la mort », fidèle comme la devise de votre ville le rappelle. Elle veut être fidèle à son Kurios, son Seigneur (c’est-à-dire l’empereur). Soyez fidèle au votre. La fidélité au Christ était menacée par deux opposants : les Romains et les Juifs. Nous avons vu que Smyrne tenait à se distinguer par son loyalisme envers Rome.
A l’époque de Domitien, le culte de César devint obligatoire : une fois par an, chaque citoyen romain devait déposer quelques graines d’encens sur l’autel de l’empereur en disant : Kaisar Kurios (César est Seigneur). Après cela, il recevait un certificat attestant qu’il avait rempli ses devoirs civiques. L’un de ces certificats que l’on a retrouvé porte : « Nous, Serenas et Hermas, représentants de l’empereur, nous t’avons vu sacrifier ». Mais c’est précisément ce qu’un chrétien ne pouvait pas faire, car pour lui il n’y avait qu’un seul Seigneur : Jésus-Christ. « Nulle part la vie était plus dangereuse pour un chrétien qu’à Smyrne »5, à cause du zèle patriotique des autorités municipales.
Un second danger venait des Juifs (Ap. 2.9). Ils formaient une colonie nombreuse et bien considérée dans la ville. La destruction de Jérusalem en l’an 70 l’avait encore multipliée par un afflux massif de réfugiés. L’Eglise de Smyrne était sans doute composée en grande partie d’anciens Juifs considérés comme des apostats par leurs coreligionnaires. Ceux qui « se disent Juifs mais ne le sont pas » sont des Israélites attachés à leur appartenance ethnique comme à une garantie de la faveur divine (cf. Jn 8.33ss) et ils s’opposaient de toutes leurs forces aux chrétiens qui prétendaient être à présent le véritable Israël, le peuple de Dieu (cf. Rm 2.28 ; Ga6.15; Ph 3.23).
Etant ennemis des enfants de Dieu, ils étaient devenus une « synagogue de Satan » (v. 9), car ils se faisaient les auxiliaires du « diable » (v. 10), de l’Accusateur, en accusant les chrétiens auprès des autorités. La haine des Juifs de Smyrne s’est manifestée dans toute sa virulence quelques années plus tard : ce sont eux qui ont incité les autorités à se saisir de Polycarpe, le disciple de Jean et responsable de l’église de la ville : « C’est lui celui qui enseigne toute l’Asie, le père des chrétiens, le destructeur des dieux, qui enseigne à beaucoup à ne pas sacrifier aux dieux ni à les adorer » (Martyre de Polycarpe). Polycarpe mourut sur le bûcher un jour de sabbat. Violant l’interdiction du sabbat, les Juifs furent les plus zélés à apporter des fagots pour alimenter le feu.

Promesse
La pauvreté des chrétiens de Smyrne (v. 9) pouvait être due, du moins en partie, à la spoliation de leurs biens par des persécuteurs païens ou juifs. De plus, il devait être difficile pour un chrétien sans compromis de gagner sa vie dans une ville païenne. D’autre part, l’hostilité des Juifs excluait les chrétiens de la protection officielle et de la tolérance dont ils jouissaient eux-mêmes. A celui qui est fidèle jusqu’à la mort, Jésus promet « la couronne de la vie » (v.10), allusion à la couronne de lauriers qui récompensait le vainqueur des jeux athlétiques, mais peut-être aussi à une expression courante dans le monde antique : « la couronne de Smyrne », allusion au mont Pagus dominant la ville qui, coiffé d’édifices publics, lui faisait comme une couronne, image rappelée peut-être par la couronne qui ornait la tête de Cybèle sur les monnaies. Appollonius de Tyane y a fait allusion en souhaitant à la ville « une couronne de citoyens vertueux » plutôt que de bâtiments et de portiques.
La couronne de vie, promise par le Christ, est encore plus précieuse.
L’Eglise de Smyrne est, avec celle de Philadelphie, la seule à ne recevoir que des éloges. Cela s’explique en partie par l’opposition à laquelle les chrétiens devaient faire face. « Devenir chrétien n’importe où c’était devenir un hors-la-loi. A Smyrne, l’Eglise était un lieu pour des héros… Dans une ville où la splendeur du culte païen aurait bien pu étouffer la vie d’une Eglise païenne, une ville où l’orgueil des gens regardait de haut les humbles chrétiens, une ville où chaque chrétien se trouvait menacé d’un côté par les exigences du culte impérial, de l’autre par les calomnies et la méchanceté des Juifs, il y avait des chrétiens qui étaient fidèles jusqu’à la mort »
A.K.

]]>
http://www.blogdei.com/16526/leglise-de-smyrne-par-alfred-kuen/feed/ 0
L’Eglise de Pergame, par Alfred Kuen http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/ http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/#comments Tue, 18 Oct 2011 17:48:25 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16494

caef.net / livregroup.com

La ville
A quelque 70 km de Smyrne, toujours sur la grande route du sud au nord, se trouvait Pergame, à une vingtaine de km de la côte à laquelle la ville était reliée par la rivière Caïcus. Accrochée sur les flancs de l’Hermos, son site s’étage sur quelque 300 m au-dessus de la plaine dominée par une acropole imposante. « La connaissance que Christ a des églises va au-delà de leurs oeuvres (comme à Ephèse) et de leurs tribulations (comme à Smyrne) et s’étend à l’environnement dans lequel elles vivent. ‘Je sais où tu habites’, dit-il. Il savait que les siens étaient entourés d’une société non chrétienne et exposés de tous côtés à la pression des modèles et des valeurs du monde ». Mieux nous connaîtrons cet environnement, mieux nous comprendrons ces chrétiens et les lettres que le Christ leur adresse.

Au 1er siècle, Pergame semble encore avoir été la capitale politique de l’Asie, siège du proconsul romain et du tribunal suprême, mais se voyait disputer cette suprématie par Ephèse. (Selon Ramsay, le transfert officiel du gouvernement s’est fait sous Hadrien en 129.) Sa population de l’époque est estimée entre 150 000 et 200 000 habitants. Elle s’enorgueillissait de sa vie artistique, littéraire et scientifique. Sa richesse provenait en partie du trésor de guerre de Lysimaque, l’un des généraux d’Alexandre, confié à la ville et accaparé par elle. Ses rois avaient créé une école de sculpture, des ateliers pour travailler l’ivoire et les pierres précieuses, pour fabriquer des parfums et des parchemins. Le mot parchemin lui-même est une francisation de Pergamene charta (une feuille de Pergame, en allemand : ein Pergament).

La légende prétend que le roi Eumène de Pergame voulait attirer dans sa ville le bibliothécaire d’Alexandrie. Le pharaon Ptolémée l’ayant appris interdit l’exportation du papyrus à Pergame. C’est ce qui amena Eumène à chercher un produit de remplacement : il le trouva dans les peaux de mouton traitées et blanchies. L’industrie qui en naquit fut l’une des sources de richesse de la ville.
La bibliothèque municipale en fut le premier client pour confectionner les 200 000 volumes qu’elle abritait (qui furent offerts par Antoine à Cléopâtre et prirent le chemin de l’Egypte). La ville édifia aussi un temple à Athéna, la déesse de la poésie. Ses habitants avaient le choix entre cinq théâtres.
L’un d’eux, construit vers 170 av. J.-C., avait 80 rangées de sièges étagées sur 5 mètres de hauteur et pouvait contenir 60 000 spectateurs.

Temples et cultes païens
La vie religieuse était très développée à Pergame, « en partie parce que la religion devint l’un des principaux instruments de la politique ». On y trouvait des temples dédiés aux principales divinités grecques et à l’empereur romain. » Ces divers cultes étaient alliés et plus ou moins fondus entre eux, et s’arrangeaient fort bien avec celui des Césars. Le prêtre de Zeus-Soter était aussi prêtre du divin Auguste. Dionysos-taureau fraternisait avec Askiépios-serpent ; les mystères phrygiens déclaraient que ‘le taureau est père du serpent, et le serpent, père du taureau’ ».
Au-dessus de tous ces temples trônait celui de Zeus-Soter, visible du fond de la vallée, avec son autel de 12 m de haut, classé parmi les sept merveilles de l’Antiquité. La base de l’autel mesurait
37m sur 34, elle était entourée d’une frise représentant la lutte de Zeus et d’Athéna contre les géants. (Cet autel a été reconstruit à Berlin dans le musée Pergamentum.)
Dans la ville se trouvait le temple d’Asclépios (l’Esculape des latins) qui était en même temps un centre médical avec une source curative s’épanchant dans un bassin de marbre. Ce centre était réputé dans le monde antique depuis le 4e siècle av. J.-C. On soignait les malades par des bains d’eau et de soleil, par la musique, la suggestion, la prière et l’interprétation des rêves. L’auteur catholique Dallmayr écrit: « Ce n’est pas un blasphème que de penser à Lourdes… La source, les bains, le sanctuaire qui les domine, les nombreux miracles attestés – tout cela constitue bien des parallèles ».

Le symbole d’Esculape, le serpent (qui est resté celui de toutes les branches médicales et paramédicales) figurait sur les pièces de monnaie de la ville. Le serpent étant sensé incarner le dieu Asclépios. Les malades étaient couchés la nuit dans le temple où l’on élevait des serpents inoffensifs qui étaient lâchés la nuit et se répandaient parmi les malades. Leur toucher était interprété comme l’attouchement d’Asclépios en vue de la guérison.
Le culte d’Asclépios comprenait aussi certains aspects mystiques. Dans un Hymne à Asklépios, Aelius Aristide « dit avoir reçu d’Esculape, dans une incubation, le nom nouveau de Théodoros ».
L’incubation était un « rite divinatoire qui consistait le plus souvent à dormir dans ou près d’un temple pour obtenir par un songe les prescriptions d’un dieu guérisseur » (Larousse). Tacite et Pausanias nous disent que les malades qui accouraient de loin à l’Asclépéion attendaient que le dieu leur dicte en songe des prescriptions infaillibles.
Rite divinatoire, prescriptions données par un dieu, nom nouveau : tout cela fait penser à une parodie occulte du christianisme par celui que l’on a appelé « le singe de Dieu », Satan. Serait-ce à cause d’Asclépios, appelé « le dieu de Pergame » que le Christ dit que là « Satan à son trône » ?
C’est l’une des solutions proposées. Car, dans la Bible, le serpent symbolise Satan (Gn 3.1ss ; Ap 12.9 ; 22.2).
D’autres proposent comme trône de Satan l’autel gigantesque de Zeus-Soter qui dominait la ville. Or, pour les chrétiens, il n’y a qu’un seul Soter (Sauveur), c’est Jésus-Christ. Toute divinité qui usurpe la place du Sauveur est une création du diable.
L’abbé Fillion pensait que « l’interprétation la plus naturelle » de cette appellation était l’idolâtrie générale dont Pergame était le centre depuis le 3e siècle av. J.-C.. On a retrouvé les ruines d’une vingtaine de temples divers, dédiés à Bacchus, Vénus, Athéna, etc. « Par ce culte et par les orgies qui s’y associaient, Pergame était vraiment devenue le trône de Satan ». Mais Barclay nous dit qu’à
la fin du 1er siècle, les dieux grecs avaient tellement perdu leur crédit auprès des foules que cela ne valait guère la peine de les attaquer. Les histoires de guerres et de batailles, d’amours, de jalousies et d’adultères des dieux et des déesses de l’Olympe les avaient complètement discrédités. Ce n’étaient pas les hommes qui étaient si dépravés qu’ils ont abandonné leurs dieux : c’était plutôt les dieux qui étaient devenus si dépravés qu’ils furent abandonnés par les hommes.

Culte impérial
Mais un nouveau culte était sur le point d’absorber et de coiffer tous les autres: celui de l’empereur.
Pergame, capitale administrative de la province, se devait de donner l’exemple en la matière. Déjà les anciens rois de Pergame avaient revendiqué des honneurs divins. Eumène II s’était fait appeler Soter et Theos. Sa mère était décrite comme « la femme d’un dieu ». Il fit agrandir un temple édifié par Attalus 1er dans lequel le roi régnant avait des prêtres et des prêtresses pour célébrer son culte.
Pergame fut aussi la première ville d’Asie à instituer le culte de l’empereur. Dès l’an 29 av. J.-C. (trois ans avant Smyrne), Pergame reçut l’autorisation d’édifier un temple à Auguste. C’était le premier sanctuaire provincial de tout l’empire en l’honneur d’un empereur vivant. Pergame devint donc « le centre du culte impérial » (R.H. Charles).
A l’époque de Jean, trois temples étaient consacrés au culte impérial et, comme nous l’avons vu, le grand prêtre de Zeus était aussi grand-prêtre du culte de l’empereur. « Pergame était une ville où le culte de César était le plus intense, une ville dévouée à la glorification du culte de César. Un chrétien y avait déjà payé de sa vie sa loyauté à Jésus-Christ : Antipas (v. 13). Il fut un « témoin fidèle » jusqu’à la mort, comme le Christ lui-même (1.5; 3.14). « II n’est pas difficile de reconstruire la scène de la mort, dit J. Stott. Connu comme chrétien, il fut convoqué devant le proconsul de la province dont la résidence se trouvait probablement à Pergame »… Devant un buste de l’empereur il suffisait de jeter quelques grains d’encens sur le feu et de dire « César est Seigneur » et il était libre. Mais « il ne pouvait donner à César le titre qui appartenait à Christ et rejoignit ‘la noble armée des martyrs ».
Déjà sous l’empereur Auguste, des titres divins lui furent attribués à Pergame. On y a retrouvé une inscription disant : « L’empereur Auguste, fils de Dieu, Seigneur qui veille sur toute la terre et la mer ». Sous Néron, la pratique du culte impérial devint régulière : il fut désigné comme le Sauveur de la terre (no soter tès oikoumenès), le Seigneur du monde entier (no tu pantos kosmou kurios).
Domitien demandait que l’on s’adresse à lui comme dominus et deus (Seigneur et dieu), un titre qui correspond à la confession de Thomas en face du Christ ressuscité (Jn 20.28).
« Un certain nombre de termes techniques du culte impérial sont très parallèles à des expressions utilisées dans l’Apocalypse dans un sens chrétien, et certaines des preuves les plus évidentes de ce culte proviennent de ces mêmes villes de l’Asie »10. Ainsi l’expression « Parole de Dieu » (Ap 1.2) était utilisée dans les cultes païens seulement à Pergame, Smyrne et Ephèse. Le « jour du Seigneur » correspond au « jour d’Auguste » : une inscription se rapportant à l’empereur Hadrien àPergame. Les mots salut et Seigneur reviennent souvent dans l’Apocalypse (7,10 ; 12.10 ; 19.1, 18 ; 4.8, 11…) sans doute en contraste avec l’emploi de ces termes dans la liturgie du culte impérial.
« Nous concluons donc que l’expression ‘trône de Satan’ se réfère en premier lieu au culte impérial tel qu’il a été imposé à partir de Pergame à une époque de confrontation critique pour l’Eglise… Les revendications des Césars sont vues par Jean comme une parodie satanique de ceux du Christ ».
Au jus gladii (le glaive de la justice) de César s’oppose « celui qui tient l’épée aiguisée à double tranchant » (v. 12).

Secte des Nicolaïtes
Nous retrouvons aussi à Pergame, comme à Ephèse, les Nicolaïtes. Ici le contexte est plus explicite et nous permet mieux d’identifier leurs travers. Les reproches qui leur sont faits ici (v. 14) sont les mêmes que ceux qui frappent les disciples de la Jézabel de Thyatire (2.20ss). Il semble s’agir plutôt d’égarements de conduite que d’erreurs doctrinales (contrairement à ce qu’en dira Irénée : Adv. haer. 1.26.3).
La « doctrine de Balaam » consistait à séduire les Israélites par les filles madianites (Nb 25,1-2 ; 31.16). La tradition du judaïsme tardif voyait en lui le corrupteur par excellence d’Israël. « Le christianisme des origines a repris cette appréciation (2 Pi 2.15 ; Jd 11 ; Ap 2.14). Balaam est le modèle vétéro-testamentaire des gnostiques libertins, qui décomposent l’Eglise par leur hérésie ».
Dans Ac 15.20 et 29, l’abstention des viandes sacrifiées aux idoles et de la débauche sont deux impératifs imposés aux chrétiens. A Thyatire, Jézabel enseigne qu’ils n’ont pas besoin de se laisser imposer ces restrictions. Les Nicolaïtes étaient donc un mouvement antinomien (comme à Corinthe) qui avait pris pied au moins dans ces trois villes d’Asie: Ephèse, Pergame et Thyatire, en déformant la doctrine paulinienne de la liberté chrétienne. Dans une ville où le paganisme était si puissant et si omniprésent, il pouvait être séduisant pour des chrétiens d’entendre que, puisque les dieux n’étaient rien, on pouvait tranquillement participer aux festins qui suivaient les sacrifices aux idoles et maintenir ainsi de bonnes relations avec ses voisins, puisque le corps était destiné à périr, la débauche n’affectait pas notre âme. A ceux qui résistaient à cette séduction, le Christ ressuscité offre à la place des viandes sacrifiées aux idoles, la manne cachée (v. 17 ; cp. 2, 7 où les Nicolaïtes sont également mentionnés).

Promesses symboliques
Dans Ex 16.32-34, le Seigneur demande de préserver un spécimen de la manne dans le coffre sacré pour les générations futures. Selon 2 Maccabées 2.4-7, Jérémie aurait caché cette manne sous terre lors de la destruction du temple de Salomon. Elle devait rester cachée jusqu’à la venue du Messie.
Dans le bas-judaïsme, on enseignait que la manne cachée par Jérémie est réservée au ciel pour les élus qui en jouiront pendant l’ère messianique. Mais puisque, pour les chrétiens, l’ère messianique a commencé, les chrétiens ont déjà part à cette manne cachée. « Dès à présent, les chrétiens de Pergame reçoivent cette manne réservée pour les temps de la fin » (lorsqu’ils participent au repas du Seigneur).
Le vainqueur recevra aussi une pierre blanche sur laquelle est gravée un nom nouveau. Les exégètes font allusion à beaucoup de coutumes antiques qui pourraient être à l’origine de cette image: pierre d’acquittement au tribunal, contremarque des invités à un festin, diplôme d’un jeu athlétique avec le nom du vainqueur gravé dans la pierre, pierre qui dispense le gladiateur du jeu du cirque, amulette porte-bonheur, gage pour obtenir de l’argent ou du blé, billet d’entrée au théâtre à Pergame, pierre précieuse gardée au ciel avec la manne, allusion à un rite d’initiation dans le culte d’Asclépios… « Tous ces usages sont attestés et permettent une transposition facile dans les registres du symbolisme chrétien. Facile, mais purement hypothétique ».
Mais « l’important est le nom qui y est gravé »15. Or, Es 65.15 se lit dans la Septante: « A mes serviteurs sera donné un nom nouveau » et Ap 3.12 dit: «J’écrirai sur lui mon nom nouveau».
Quand on sait que, dans la Bible, le nom représente la personnalité, la signification de la promesse devient claire: c’est le caractère du Christ qui est gravé dans la vie du chrétien (cf.2 Cor 5.17).

A.K.

]]>
http://www.blogdei.com/16494/leglise-de-pergame-par-alfred-kuen/feed/ 6
En prison avec Dieu, par Richard Wurmbrand http://www.blogdei.com/16289/en-prison-avec-dieu-par-richard-wurmbrand/ http://www.blogdei.com/16289/en-prison-avec-dieu-par-richard-wurmbrand/#comments Sat, 01 Oct 2011 10:31:25 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=16289

entraidefraternelle.com

« Seul dans ma cellule, maintenant, je pouvais sentir presque physiquement la présence de Satan. Il faisait sombre, froid, et il se moquait de moi ».
La Bible parle de lieux retirés où les esprits mauvais dansent, et j’étais dans un de ces lieux. J’entendais sa voix, jour et nuit: « Où donc est ton Jésus? Ton sauveur ne peut pas te sauver. On t’a menti, et tu as menti aux autres. Il n’est pas le Messie ! Tu t’es trompé de personne ! » Alors j’ai crié: « Et qui est le vrai Messie qui doit venir? » La réponse fut simple, mais trop blasphématoire pour être répétée ici. J’avais écris des livres et des articles prouvant que Jésus était le Messie, mais je n’avais pas même un seul argument à présenter. Le diable, qui était parvenu à faire douter en prison Nils Hauge, le grand évangéliste norvégien, qui avait fait de même à Jean Le Baptiste dans son donjon, s’acharnait contre moi. J’étais sans défense. Ma joie, et ma sérénité, tout s’en était allé. J’avais senti le Christ si proche de moi auparavant, enlevant mon amertume, illuminant mes ténèbres, mais à ce moment je criais: « Eli, Eli, lama sabachtani »(Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné). J’étais totalement seul, abandonné. Durant ces jours effroyables de noirceur, lentement j’ai composé un poème, qui ne serait pas aisément accepté par ceux qui n’ont pas connu les mêmes expériences physiques et spirituelles. Ce poème me sauva. Avec ces mots, leur rythme, et leur répétition, j’ai réussi à vaincre Satan. Voici, sans les rimes, ni le rythme, le poème dans son sens exact traduit du roumain:

« Depuis mon enfance j’ai fréquenté églises et temples,
En eux, Dieu est glorifié.
Différents prêtres chantaient, avec zèle.
Ils disaient qu’il était bon de T’aimer.
Mais en grandissant, je vis tellement de malheurs dans le monde de ce Dieu que je me dis à moi-même: « Il a un cœur de pierre. Autrement, il ôterait les difficultés de notre chemin. »
Des enfants malades luttant contre la fièvre dans des hôpitaux, pendant que leurs parents prient pour eux.
Le Ciel reste sourd.
Ceux qu’on aime partent pour la vallée de l’ombre et de la mort, et pourtant nous avions prié très longtemps.
De jeunes hommes innocents brûlent vif dans une fournaise.
Et le Paradis est silencieux.
Il laisse les choses se faire.
Dieu ne s’est-Il jamais posé la question si, même à voix basse, les croyants eux-mêmes ne commençaient pas à douter?
Affamés, torturés, persécutés dans leur propre patrie, leurs questions demeurent sans réponse.
Le Tout-Puissant n’est pas concerné par les horreurs qui sont notre lot.
Comment puis-je aimer le Créateur des microbes, et des tigres mangeurs d’hommes?
Comment puis-je aimer Celui qui torture tous ses serviteurs parce que l’un d’eux une fois a mangé d’un arbre?
Plus triste que Job, je n’ai plus ni femme, ni enfants, ni consolateurs, et dans cette cellule, il n’y a pas de lumière, pas même un peu d’air, c’est trop dur à supporter.
De mon lit en planche, ils me feront un cercueil.
Étendu sur mes planches, je me demande encore pourquoi mes pensées vont vers Toi, pourquoi mes écrits vont vers Toi?
Pourquoi j’ai cet amour passionné pour Toi, pourquoi je n’arrive pas à chanter à quelqu’un d’autre qu’à Toi?
Je sais que je suis rejeté; dans un petit moment, je serai dans un trou, en train de pourrir.
La fiancée du Cantique des cantiques ne t’aime pas lorsqu’elle demande si Tu es « correctement aimé ».
L’amour est à lui-même sa propre justification.
L’amour n’est pas pour les hommes sages.
Même si mille embûches se dressaient sur sa route, elle continuerait d’aimer.
Même si le feu la brûlait ou si les vagues l’emportaient, elle continuerait d’embrasser la main qui la blesse.
Si elle ne trouve aucune réponse à ses questions, elle a confiance et elle attend.
Un jour, dans ces lieux retirés, le soleil brillera et tout ce qui est caché sera révélé pleinement.
Le pardon de ses nombreux péchés n’a fait qu’augmenter l’amour ardent de Madeleine.
Mais elle a donné son parfum, et versé ses larmes avant que Tu ne lui adresses les mots du pardon.
Si ces mots n’étaient pas sortis de Ta bouche, elle serait restée là, à t’aimer, en restant dans ses péchés.
Elle t’aimait avant que Ton sang ne se mette à couler.
Elle t’aimait avant que Tu ne la pardonne.
Je ne demande pas non plus s’il est bon et légitime de T’aimer.
Je ne T’aime pas pour obtenir un jour le salut.
Je t’aimerai même si mes malheurs durent éternellement.
Je T’aimerai jusque dans le feu de l’enfer.
Si Tu avais refusé de descendre jusqu’aux hommes, Tu serais resté mon rêve, lointain.
Si Tu n’avais pas voulu semer Ta Parole, je T’aurais aimé sans l’avoir entendue.
Si le jour de la Crucifixion, Tu avais hésité et même si Tu T’étais enfui, et que le salut n’existerait pas, je T’aimerais quand même.
Et si j’avais découvert qu’il y avait du péché en Toi, je le couvrirais de mon amour.
Maintenant, je n’ai plus peur de dire les paroles d’un fou, pour que tous sachent combien je T’aime.
Maintenant, je vais faire vibrer des cordes que personne n’a jamais touchées et je vais Te magnifier avec une musique nouvelle.
Si des prophètes annonçaient quelqu’un d’autre, je les quitterai pour rester avec Toi.
Qu’ils produisent un millier de preuves, mon amour n’ira qu’à Toi.
Si j’étais divinement averti que Tu fus un trompeur, en pleurant je prierais pour Toi, et même si je ne Te suivais pas dans l’erreur, mon amour ne diminuerait pas pour Toi.
Pour Saül, Samuel passa sa vie dans le jeûne et les larmes.
Même si j’apprenais que Tu avais perdu, mon amour résisterait.
Si c’était Toi et pas le diable qui T’étais révolté contre le ciel, et avais perdu la sympathie des anges, si Tu étais tombé comme un archange, de haut, de très haut, sans espoir, moi je continuerai d’espérer que le Père Te pardonne et qu’un jour Tu marcherais de nouveau dans les rues pavées d’or du Ciel.
Si Tu n’étais qu’un mythe, je fuirais la réalité et me réfugierais avec Toi dans le rêve.
Si l’on me prouvait que Tu n’existes pas, c’est mon amour qui Te donnerait la vie.
Mon amour est fou, sans motif et sans raisons, comme le Tien.
Seigneur Jésus, trouve un peu de bonheur dans ce lieu où je me trouve.
Je n’ai pas plus à t’offrir. »

Lorsque j’eus écrit ce poème, je n’ai plus jamais senti la proximité de Satan. Il était parti. Dans le silence, je sentais le baiser de Christ. Tout le monde est silencieux quand on l’embrasse. Le calme, et la joie revinrent.

Pasteur Richard Wurmbrand

]]>
http://www.blogdei.com/16289/en-prison-avec-dieu-par-richard-wurmbrand/feed/ 0
Les débuts du pentecôtisme: « La vérité doit être dite », par Frank Bartleman http://www.blogdei.com/8914/les-debuts-du-pentecotisme-la-verite-doit-etre-dite-par-frank-bartleman/ http://www.blogdei.com/8914/les-debuts-du-pentecotisme-la-verite-doit-etre-dite-par-frank-bartleman/#comments Fri, 02 Sep 2011 05:46:20 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=8914

blogdei

Frank Bartleman fut un témoin oculaire de l’effusion du Saint-Esprit en 1907 à la rue Azusa, de Los Angeles. On a pu l’appeler «le reporter du Reveil Azusa Street». Ce qu’il raconte est très éloigné de ce qui est pratiqué actuellement dans les églises dites « de Pentecôte ». Se peut-il que ces mouvements soient devenus des «systèmes» et des organisations humaines et pas des instruments dans les mains de Dieu et du Saint-Esprit? Voici quelques extraits du livre « Une autre vague déferle » (paru à l’origine sous le titre «Que s‘est-il vraiment passé à Azusa Street?») qui font des débuts de la Pentecôte un récit quelque peu différent de la version «officielle».

LA VERITE DOIT ETRE DITE

La vérité doit être dite: Azusa commença à s’éloigner du Seigneur très tôt dans son histoire. Dieu m’a un jour montré qu’ils allaient commencer à s’organiser, quoique personne ne m’en ait jamais parlé. C’est l’Esprit qui me l’avait révélé. Il m’a poussé à les avertir de ne pas agir dans un esprit de parti. Ils devaient demeurer comme ils avaient été appelés: être libres comme son Esprit était libre, sans devenir à nouveau liés par un joug de chaînes ecclésiastiques. L’église avait déjà arrêté de progresser pour la même raison. Dieu désirait une équipe du réveil, un canal au travers duquel il pourrait évangéliser le monde et bénir tous les gens ainsi que les croyants. Il ne pouvait pas atteindre ce but avec un groupe sectaire. Cet esprit a causé tôt ou tard le malheur et la mort de chaque groupe touché par le réveil. L’histoire se répète toujours dans ce domaine.

LA PLACE DU «PETIT DIEU»

Un après-midi, je débutais la rencontre à Los Angeles pendant qu’ils attendaient l’arrivée de Smale. Je les exhortai à ne pas s’attendre aux hommes, mais à s’attendre à Dieu. Ils s’attendaient aux hommes; le même esprit d’idolâtrie qui fut une malédiction sur l’Eglise pendant tous les siècles et qui empêchait Dieu d’agir. Comme les enfants d’Israël, les gens désirent avoir un roi. Dans les églises d’Etat en Europe, le pasteur prend souvent la place du prédicateur. Ce soir là, alors qu’ils attendaient que le concierge arrive avec les clés, je débutai la réunion sur les marches de l’église. Nous avons eu un temps de prière au bénéfice du voisinage. La rencontre du soir se déroula dans un souffle constant de victoire.

ISRAEL, LE MODELE TYPE

Combien nous nous sommes égarés du modèle premier et même du modèle-type de l’Eglise: Israël. Nous en sommes si différents qu’il est difficile maintenant de reconnaître le modèle authentique. Même l’Eglise romaine, dans tout son formalisme, nous surpasse en cela. Notre difficulté, notre honte et nos problèmes de division nous semblent sans espoir. Je suis allé prêcher à Lamanda Park et je passai la nuit dans le presbytère, priant et dormant alternativement. Je voulais avoir une plus grande révélation de Jésus dans mon âme. De la même manière que la pleine lune remplit de plus en plus notre vision alors qu’on la contemple sans relâche, Jésus devient plus réel à nos âmes lorsque nous continuons de le contempler. Nous avons besoin d’une communion plus proche, plus personnelle, d’une relation vitale, habituelle, avec Dieu. (Seuls ceux qui vivent une amitié réelle avec Dieu peuvent être utilisés par Dieu pour lancer un appel à son peuple). Je suis allé à l’église de Smale plusieurs fois, pour les retrouver à nouveau apathiques, attendant l’arrivée du prédicateur. Plusieurs ne semblaient avoir aucune idée du pourquoi ils étaient venus à la réunion. Je commençai alors à prier à voix forte et la réunion débuta avec puissance. Nous étions remplis de l’Esprit lorsque le frère Smale arriva. Dieu désirait que les gens regardent à Lui et non pas aux hommes. Ceux qui n’ont pas comme priorité la gloire de Dieu, manifesteront du ressentiment à cet égard. Mais c’est le plan de Dieu. J’ai découvert que la majorité des chrétiens ne veulent pas porter un fardeau de prière. C’est si difficile pour la chair.

LE SAINT-ESPRIT DIRIGE: L’EGLISE S’AUTO-DIRIGE

Déjà nous constatons que les réunions commencent à s’auto–diriger. Des âmes sont sauvées partout dans la salle alors que la réunion se déroule sans aucune direction humaine. La marée monte rapidement et nous nous attendons à des choses merveilleuses. Le ‘travail’ de l’âme devient un phénomène de plus en plus important et nous nous retrouvons emportés au-delà de toutes barrières sectaires. La crainte de Dieu est sur les gens comme un feu brûlant.

CONFESSER LES PECHES DU PEUPLE A SA PLACE

Le Seigneur m’inspira un autre traité que j’intitulai: «Confesser les péchés du peuple à sa place». Je l’ai apporté à l’imprimerie par la foi et Dieu envoya les finances à temps. C’était une forte exhortation à la prière. Tout comme les anciens prophètes, nous devons prier pour ceux qui ne prieront pas pour eux-mêmes. Nous devons confesser les péchés du peuple à sa place. A peu près à cette époque, alors que le frère Boehmer et moi-même étions en prière, le Saint-Esprit était répandu de façon merveilleuse sur plusieurs des réunions pour lesquelles nous avions prié. Nous ressentions que nous avions touché Dieu en leur faveur. Les témoignages appuyaient nos convictions. La prière change les choses. Il y a une merveilleuse puissance lorsque nous prions de la bonne manière. Regardez Elie sur le Mont Carmel: un homme de la même nature que nous. (Jacques 5:16). II peut aussi être nécessaire de faire des confessions dans ce sens. Un autre écrivait: Plusieurs personnes s’écroulaient comme agonisantes à cause de l’intensité de conviction de péché qui était tombée, remplissant le lieu en lamentations et en bruits de pleurs. Certains exprimaient les souffrances des contractions d’une femme qui accouche. Des hommes robustes pleuraient comme des enfants et s‘effondraient en se tordant, les joues remplies de larmes. Mais à travers une prière à Dieu certains criaient amèrement et brisaient l’action qui se faisait à travers Evan. « Ne chantez pas! » s’exclamait-il, c’est trop terrible pour que nous chantions!». (Il est arrivé parfois que la conviction quitte les gens s’il y avait trop de chants.) Ils firent diversion au moyen des sélections de cantiques et du choix des chants. C’était comme tuer l’Esprit et cela fut très douloureux pour certains d’entre-nous; mais la marée était trop forte contre nous. Les livres de chants d’aujourd’hui sont surtout commerciaux et cela ne serait pas une grosse perte si nous étions privés de la plupart d’entre eux. Même les anciens chants sont souvent violés par les changements qu’on y apporte et de nouveaux styles musicaux doivent sortir à chaque saison pour qu’il y ait un nouveau profit. Il n’y a pas vraiment en eux un esprit d’adoration. Ils font bouger les orteils des gens, mais non leur cœur. L’esprit de chant donné par Dieu au début était semblable à une harpe éolienne, douce et spontanée. C’était en fait le souffle même de Dieu, jouant sur les cordes des cœurs humains ou sur les cordes vocales. Les notes étaient merveilleuses par leur douceur, leur volume et leur durée. La plupart du temps elles étaient humainement impossible. C’était vraiment divin. Le frère Seymour était reconnu comme le responsable officiel. Mais il n’y avait pas de pape ou de hiérarchie. Nous étions tous frères. Nous n’avions pas de programmes humains, le Seigneur lui-même dirigeait. Nous n’avions pas de classe de prêtrise, ni de prêtres de métier. Ces choses sont arrivées plus tard avec l’apostasie du mouvement. Au début, nous n’avions même pas d’estrade, ni de pupitre. Tous étaient au même niveau. Les ministres étaient serviteurs dans le plein sens du mot. Nous ne voulions pas honorer les gens à cause de leurs avantages, leur éducation ou leurs richesses, mais plutôt à cause de ce que Dieu leur avait donné. Il a placé les membres dans le corps. Mais maintenant, des choses horribles se commettent au milieu d’eux, les prophéties sont fausses, les pasteurs écrasent l’assemblée et les chrétiens aiment être dominés. Jérémie 5/30-31.

SPONTANEITE DES REUNIONS

Le foin était engrangé pour les agneaux, non pour les girafes. Tous y avaient accès. Nous étions ainsi délivrés de cette manière des abus et de la hiérarchie ecclésiastique. Nous ne voulions que Dieu seulement. Lorsque nous arrivions à la réunion, nous évitions le plus possible les contacts humains et les salutations. Nous désirions rencontrer Dieu en premier. Nous courbions nos têtes sous l’un des bancs dans un coin et rencontrions les gens seulement dans l’Esprit. Nous ne connaissions plus personne selon la chair. Les réunions commençaient d’elles-mêmes spontanément par des témoignages, des actions de grâces, de l’adoration. Les témoignages n’étaient pas interrompus par des requêtes. Nous n’avions aucun programme qu’il ne faille bousculer par manque de temps. Notre temps appartenait au Seigneur. C’était des témoignages réels et provenant d’une expérience fraîche du cœur. D’autre part, les témoignages les plus courts étaient les plus forts. Une douzaine de gens pouvaient se lever en même temps, tremblant sous l’action de la puissance de Dieu. Il n’était pas nécessaire que les responsables donnent des directives et cependant il n’y avait pas d’anarchie. Nous étions en vase-clos, en prière avec Dieu pendant les réunions, nos pensées étaient tournées vers Lui. Tous obéissaient à Dieu avec douceur et humilité. Nous préférions honorer les autres que nous-mêmes. Le Seigneur était libre d’intervenir en tout temps. Nous priions sans cesse pour cela. Puis quelqu’un se levait finalement, oint pour apporter un message.

LES PREDICATEURS: S’ELEVER, NE PAS MOURIR A SOI-MEME ?

Certains hommes présomptueux venaient de temps à autre; spécialement des prédicateurs qui désiraient s’élever eux-mêmes. Mais leurs efforts ne duraient que peu de temps. Ils perdaient leur souffle, leurs pensées divaguaient et leur intelligence s’étiolait. Tout s’embrouillait devant eux et ils ne pouvaient plus continuer. Je n’en ai pas vu un seul s’en tirer en ces jours-la. Ils luttaient contre Dieu. Personne ne les empêchait, nous ne faisions que prier et le Saint-Esprit faisait le reste. Nous voulions que ce soit l’Esprit qui contrôle. Il les brisait en peu de temps. Et ils étaient emportés comme des cadavres, d’un point de vue spirituel. Nous avons vu des choses merveilleuses en ces jours-la. Même de très braves personnes en venaient à se prendre elles aussi en horreur devant la lumière plus puissante de Dieu. Les prédicateurs étaient ceux qui avaient le plus de difficulté à mourir à eux-mêmes. Il y avait tellement de choses en eux qui devaient mourir, tellement de gloire par les bonnes oeuvres.

PAS D’ESPRIT DE PARTI, PAS D’ORGANISATION HUMAINE

Le jour suivant, après leur avoir fait part de cet avertissement pendant la réunion, ils placèrent un écriteau à l’extérieur du bâtiment qui disait: Apostolic Faith Mission (Mission de la Foi Apostolique). Le Seigneur me dit: Ils l’ont fait sans unité. Il ne peut pas y avoir de division dans une vraie Pentecôte. Vouloir former un corps «séparé» n’est autre chose qu’annoncer notre faillite en tant que peuple de Dieu. Cela prouve au monde que nous sommes incapables de nous accorder ensemble, au lieu de les amener à croire en notre salut. (Jean 17:21). L’Eglise est un organisme et non pas une organisation humaine. Ils tentèrent plus tard de joindre à cette organisation toute l’œuvre de la côte du Pacifique, mais ils échouèrent misérablement. L’œuvre s’était répandue jusqu’a Portland et Seattle. Le peuple de Dieu doit demeurer libre de toute hiérarchie. Il a été racheté au prix du sacrifice de Jésus et il ne s’appartient plus à lui-même.

PAS DE PROGRAMME

Nous avons toujours reconnu Azusa comme étant la maison mère et il n’y eut jamais de friction ou de jalousie entre nous. Nous nous rendions visite de part et d’autre. Le frère Seymour venait souvent se réunir avec nous. J’écrivis ce qui suit dans le : Il n’y avait aucun programme et nous n’avons pratiquement jamais eu la possibilité de faire les annonces nécessaires. Personne ne fit la tentative de vouloir prêcher.

UNE PENTECOTE SANS CHRIST

Nous ne pouvons tenir une doctrine ou chercher une expérience, si ce n’est en dehors de Christ. Plusieurs désirent chercher la puissance pour faire des miracles, veulent attirer l’attention ou l’adoration des gens sur eux-mêmes. C’est ainsi qu’ils dérobent à Christ Sa gloire, et mettent l’homme charnel en évidence. Ce dont les vrais disciples qui ont le plus besoin, c’est du Jésus doux et humble de cœur. L’enthousiasme religieux monte facilement en graine, l’esprit humain veut prévaloir sur le spirituel, mais nous devons nous en tenir à notre texte: Christ. Toute oeuvre qui exalte le Saint-Esprit ou les charismes plus que Jésus aboutira finalement au fanatisme. Tout ce qui nous pousse à exalter et à aimer Jésus est bon et sain. Le contraire ruinera tout. Le Saint-Esprit est une grande lumière, mais qui est toujours dirigée sur Jésus, afin de Le révéler. Quand le Saint-Esprit contrôle la situation, Jésus est proclamé comme la tête, et le Saint-Esprit Son exécutif.

DIEU DOIT CONTROLER, PEU IMPORTE LE COUT

Nous étions dans l’obligation d’agir fermement avec les cas extrêmes. La plupart du temps, l’Esprit passait outre et enlevait hors du chemin les irrégularités sans autre publicité. Plusieurs ont déclaré que nous ne pourrions aujourd’hui tenir nos réunions publiques. Mais si cela est vrai, alors il nous faudrait aussi faire taire Dieu. Ce dont nous avons besoin c’est que Dieu contrôle la liberté d’intervention, et cela peu importe le coût. Les saints eux-mêmes sont beaucoup trop confus et rebelles. A travers la prière et l’humilité, Dieu prend le contrôle de la réunion. C’était là le secret au début. Nous étions ensemble dans la prière, l’amour et l’unité et aucune puissance n’aurait pu briser cela. Mais le «moi» doit être consumé.

]]>
http://www.blogdei.com/8914/les-debuts-du-pentecotisme-la-verite-doit-etre-dite-par-frank-bartleman/feed/ 22
De l’origine du pentecôtisme à nos jours http://www.blogdei.com/15699/de-lorigine-du-pentecotisme-a-nos-jours/ http://www.blogdei.com/15699/de-lorigine-du-pentecotisme-a-nos-jours/#comments Sat, 27 Aug 2011 10:12:21 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=15699

oikoumene.org/fr

Le mouvement pentecôtiste comprend de nombreuses dénominations, Eglises indépendantes et organisations para-ecclésiales qui s’efforcent de mettre en évidence l’action de l’Esprit Saint dans la vie des croyants chrétiens. Le pentecôtisme est né en Amérique du Nord au début du XXe siècle, quand des membres du mouvement wesleyen de l’Illumination commencèrent à parler en langues et virent en cela la « preuve biblique » qu’ils avaient été baptisés dans l’Esprit Saint (Actes 1,8; 2,1-4). Ils étaient convaincus que ce baptême dans l’Esprit donne le pouvoir de vivre une vie « apostolique » et de s’engager dans un ministère « apostolique » incluant les dons mentionnés en 1 Corinthiens 12,8-10. Le mouvement s’est désigné par différents noms tels que mouvement de la « foi apostolique », du « plein Evangile », de la « dernière pluie » ou « pentecôtiste ». L’un des premiers et des plus importants centres d’activité à se présenter comme « pentecôtiste » s’est formé sous la direction du pasteur afro-américain William Joseph Seymour, dans le cadre de la Mission de la foi apostolique qui s’installa au 312, Azusa Street à Los Angeles en avril 1906. Dix-huit mois après les débuts de la « Mission d’Azusa Street », de nombreux évangélistes sillonnaient l’Amérique du Nord et des missionnaires étaient à l’oeuvre en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie et au Mexique.

Les premiers pentecôtistes s’inspiraient de la vision méthodiste et wesleyenne de l’Illumination, décrivant leur entrée dans la plénitude de la vie chrétienne en trois étapes: la conversion, la sanctification, et le baptême dans l’Esprit. Chacune de ces étapes était généralement comprise comme une expérience de « crise » qu’on pouvait distinguer d’autres expériences et situer avec précision dans le temps. D’autres pentecôtistes se rattachant à la tradition réformée ou touchés par l’enseignement de Keswick sur la vie spirituelle supérieure, permettant d’accéder à une classe supérieure de chrétien, en vinrent à considérer la sanctification non pas comme une expérience distincte, mais comme une quête permanente. Ce débat suscita le premier grand schisme parmi les pentecôtistes. D’un côté, des groupes comme l’Eglise de Dieu en Christ, l’Eglise de Dieu (Cleveland, Tennessee) et l’Eglise pentecôtiste internationale de l’Illumination continuèrent à enseigner la progression vers « l’illumination » par étapes. De l’autre côté, des groupes comme les Assemblées de Dieu et l’Eglise internationale de l’Evangile aux quatre angles prirent position pour la seconde vision, la théorie du « travail fini ».

Un deuxième grand schisme se produisit entre 1907 et 1916, lors de discussions sur la formule baptismale « apostolique ». La plupart des pentecôtistes étaient favorables à la formule trinitaire classique, alors que d’autres soutenaient la formule « au nom de Jésus Christ » mentionnée dans les Actes (cf. Actes 2,38). En 1916, un nouveau groupe d’Eglises connues comme les Eglises « de l’Unicité » ou « du Nom de Jésus » se constitua. Parmi elles figuraient les Assemblées pentecôtistes du monde et l’Eglise pentecôtiste unie. Beaucoup de ces groupes finirent par se rallier à une conception de la divinité en termes proches d’une conception modale.

Les trois segments du pentecôtisme, « Illumination », « Travail fini » et « Unicité », croient au retour imminent de Jésus Christ et sont de ce fait portés par un élan fortement évangélisateur et missionnaire. En conséquence, le pentecôtisme est répandu aujourd’hui dans toutes les régions du monde et il continue à gagner des fidèles. Il constitue la plus large présence chrétienne non catholique en Amérique latine. Il s’est énormément développé en Afrique, suscitant souvent l’apparition d’Eglises indépendantes ou autochtones africaines. En Asie, le pentecôtisme est fortement présent dans des pays tels que les Philippines, la Corée et l’Inde, et il se manifeste dans la majorité des Eglises de maison en Chine. Les plus grandes communautés pentecôtistes du monde se trouvent à Séoul et à Surabaya. Dans les débuts du pentecôtisme, plusieurs Eglises pentecôtistes autochtones sont apparues au Chili (1910) et dans d’autres pays d’Amérique latine qui n’étaient pas directement touchés par les efforts des missionnaires nord-américains. Ce sont ces Eglises qui se sont montrées le plus ouvertes au mouvement oecuménique. Certaines sont devenues membres du COE dans les années 1960, et bon nombre d’entre elles ont adhéré au Conseil des Eglises d’Amérique latine créé en 1982.

La majorité des Eglises pentecôtistes ont choisi de ne pas participer à une organisation oecuménique quelle qu’elle soit. Cette attitude est due en partie à leur perspective restaurationniste de l’histoire de l’Eglise selon laquelle les Eglises existantes se sont soustraites aux intentions de Dieu en cédant au compromis et au péché. Une autre raison est la manière dont tant d’Eglises ont marginalisé et rejeté les pentecôtistes quand ils ont tenté de partager leurs témoignages de ce que Dieu avait fait dans leur vie. A la suite de cela, une réflexion sectaire a dominé une bonne partie du mouvement, qui a débouché dans bien des cas sur une position eschatologique craignant le contact oecuménique. En 1947, des pentecôtistes représentant tous les courants sauf celui de l’Unicité se réunirent à Zurich, Suisse, pour une Conférence pentecôtiste mondiale. Beaucoup de leaders espéraient mettre en place une organisation pentecôtiste semblable à celle du COE, alors en formation. Ils ne parvinrent pas à rallier à cette idée les pentecôtistes de Scandinavie et du Brésil, partisans d’une structure fortement centrée sur la paroisse. Depuis lors, les responsables pentecôtistes se réunissent dans le cadre de Conférences pentecôtistes mondiales lors desquelles un petit groupe (présidium) discute de préoccupations et de questions d’intérêt commun.
En 2004, l’organisation a pris officiellement le nom de Communauté pentecôtiste mondiale.

Lire la suite >…

]]>
http://www.blogdei.com/15699/de-lorigine-du-pentecotisme-a-nos-jours/feed/ 1
Jésus ou Mahomet? par Jacques-Daniel Rochat http://www.blogdei.com/15595/jesus-ou-mahomet-par-jacques-daniel-rochat/ http://www.blogdei.com/15595/jesus-ou-mahomet-par-jacques-daniel-rochat/#comments Thu, 18 Aug 2011 11:51:04 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=15595

Le Lien des Cellules de Prière

L’impact de nos croyances
Avec l’essor des découvertes scientifiques au 18e siècle, beaucoup de penseurs s’imaginaient que la modernité finirait par répondre à toutes les questions de la création et éradiquer les religions.
Deux siècles plus tard, les mystères scientifiques sont encore plus intenses et le progrès n’a pas éteint les ferveurs religieuses, au contraire, les croyances et les idéologies se répandent, façonnent les peuples et sont l’objet des grands enjeux géopolitiques. Cela devrait nous conduire à être très attentifs, car si toutes les religions et les idéologies prétendent détenir la vérité, elles peuvent conduire les hommes à la ruine.
Par exemple, l’idéologie communiste qui a ravagé de nombreux pays et causé des millions de victimes se basait sur des idées brillantes et qui ont conquis de nombreux intellectuels… et pourtant c’était un poison ! Ainsi, notre manière de vivre et de construire la société est directement liée à ce que nous croyons, et cela peut nous conduire au bonheur ou au malheur… Avec de tels enjeux, il est souhaitable d’examiner avec soin ce que nous plaçons au centre de nos coeurs.

Malheureusement, notre appartenance religieuse s’appuie le plus souvent sur notre environnement social : je suis animiste, musulman ou chrétien parce que mes parents, mes frères et mon village le sont…
Est-ce une bonne attitude, la dimension religieuse, aussi essentielle et fondamentale, ne devrait-elle pas se baser sur une recherche profonde et solide ? Et si oui, comment faire son choix devant la diversité des croyances et quand chacune des religions prétend être la vérité ?

>>> lire la suite

]]>
http://www.blogdei.com/15595/jesus-ou-mahomet-par-jacques-daniel-rochat/feed/ 5
Christianisation…et multiples questions, par Tommyab http://www.blogdei.com/15578/christianisation-et-multiples-questions-par-tommyab/ http://www.blogdei.com/15578/christianisation-et-multiples-questions-par-tommyab/#comments Tue, 16 Aug 2011 13:12:33 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=15578

Christ en vous, l’espérance de la gloire

Suite à la vidéo que j’ai mis en ligne le 5 juillet, et celle-ci, j’ai plusieurs réflexions.

J’ai d’abord trouvé ces vidéos plutôt émouvantes. Et cette vidéo de même que plusieurs autres lectures/rencontres/discussions/évènements sont en train de faire changer grandement ma vision des choses concernant l’histoire du christianisme et sur l’église.

Ce qui me frappe d’abord, c’est qu’il semble y avoir une participation d’une bonne partie de la population locale.

La deuxième chose qui frappe est comment ces gens définissent la « bonne nouvelle » qui leur est révélée dans les Écritures, non pas surtout comme un salut individuel leur permettant d’aller au ciel après leur mort, mais comme la révélation de Dieu leur permettant, par Jésus Christ, de vivre présentement dans la lumière.

……

En lisant sur la christianisation de l’Europe, nous constatons des phénomènes semblables à ce qu’on voit dans cette vidéo. Des populations entières sont devenues « chrétiennes » en quelques années. Il s’est produit essentiellement la même chose lors des missions catholiques et protestantes auprès des autochtones d’Amérique du Nord du 17e siècle, jusqu’au début du 20e siècle.

J’ai lu le récit d’un prêtre catholique du 19e siècle qui fut témoin des missions dans les contrées nordiques du Québec auprès des amérindiens, et il est étonnant avec quelle enthousiasme et facilité les autochtones se convertissaient au christianisme. Ces missionnaires faisaient un travail dans des conditions d’extrême difficultés, ils ont traduit le Nouveau Testament en langues amérindiennes, et ils ont mis leur langues par écrit.

Notre vision protestante/évangélique vivant en 2011 nous fait penser que ce n’était pas nécessairement une bonne chose, et après tous les scandales du colonialisme, et l’histoire d’horreur des derniers 100 ans concernant les pensionnats amérindiens, nous avons tendance à critiquer ce qui s’est produit, et à idéaliser l’époque d’avant la colonisation.

Mais nous situant 200-300 ans après les faits, nous sommes en vérité très mal placés pour conclure quoi que ce soit sur ce qui poussait les autochtones à embrasser la religion chrétienne. Et cette idéalisation du passé pré-chrétien est en réalité un vieux relent du mythe plein d’ignorance et très « 18e siècle » du « bon sauvage » qui vit heureux et innocent dans sa nature pure, comme des enfants plus ou moins débiles.

La réalité est tout autre.

Plusieurs aujourd’hui, à postériori, affirment donc que les religions traditionnelles de ces gens étaient mieux pour eux, et idéalisent la période pré-coloniale. C’est une réaction qui se comprend, et je ne veux surtout pas minimiser la violence avec laquelle les cultures autochtones furent méprisées par nos ancêtres. Mais c’est une réaction qui à mon avis ne vise pas le véritable problème, qui était plus l’idolâtrie envers certaines formes extérieures et de la culture du christianisme européen, idolâtrie qui nécessairement amena le mépris et la condescendance envers les autres cultures, et donc le racisme et toutes ses conséquences.

Et en réalité, la tâche de voir cette idolâtrie, et de se repentir de tout le mal fait par le racisme et la condescendance de notre culture chrétienne occidentale n’a jamais été faite de façon satisfaisante. Et je me pose même la question si dans une certaine mesure, la déchristianisation de nos pays n’est pas en partie lié à ces péchés historiques horribles.

Cependant, malgré les objections de plusieurs, et malgré les erreurs et les horreurs de l’histoire, la question suivante se pose: si le christianisme (même dans une version très imparfaite de notre point de vue) ne représentait pas une « bonne nouvelle » pour les peuples autochtones, comment se fait-il qu’ils se soient converti si facilement, et si massivement? Et contrairement à ce qui est souvent propagée comme version, les conversions forcées n’étaient pas la norme.

……

J’ai fait un très long détours en parlant de la christianisation de l’Europe, et des autochtones nord-américain, parce qu’il y a des parallèles à faire avec les événements rapportés dans cette vidéo.

L’une des différences me semble être ce qui apparaît comme quasiment une absence d’aliénation culturelle, de ce qu’on voit dans ces vidéos, et au contraire, un grand respect de la culture traditionnelle des Kimyals. C’est une grande différence avec les missions « civilisatrices » du 19e siècle, sous la protection des pouvoirs militaires coloniaux… Je ne peux que témoigner de la situation en Amérique du Nord, mais la situation est celle d’une aliénation culturelle des peuples autochtones, de façon plus ou moins volontaires par les missionnaires.

En voyant cette vidéo il y a quelques mois, immédiatement, j’ai vu poindre l’institutionnalisation de l’église. Et je me suis dit: cette église contient probablement des dizaines de gens qui y sont pour suivre la foule; dans quelques décennies des hommes d’église prendront de plus en plus de pouvoir; il y aura éventuellement des schismes, etc, etc…

Mais la question est la suivante: est-ce évitable? est-ce « mal »?

L’autre question plus importante encore est celle-ci: l’institutionnalisation de l’église et du christianisme peut-elle être une bonne chose? Est-elle nécessaire? Est-elle aussi grave que j’aie pu l’affirmer dans les derniers 2 ans que dure ce blog? L’apparition, très tôt dans l’église, de la liturgie, par exemple, est-elle une « quasi-malédiction » telle qu’on en a le sentiment en lisant la littérature des Quakers, ou en lisant Frank Viola et autres tenants du culte « spontané » ?

Le fait est que nous situant après l’histoire de la formation de l’église en institution, et par la suite de la formation de multiples dénominations, et organisations, il nous est très facile de critiquer.

Et si le christianisme liturgique et hiérarchique était le « mal incarné », comment expliquer qu’il fut la norme pendant plus de 1000 ans en Europe ?

Ne pourrait-on pas penser que Dieu, par son Esprit-Saint, puisse en arriver à ses fins malgré toutes les imperfections de son Église? De même que Dieu arriva à ses fins avec Israël, avec l’incarnation de Christ, sa crucifixion, et sa résurrection, ultime réalisation du plan de Dieu, et de toutes les prophéties de l’Ancien Testament, de même Dieu a son plan qui va au-delà de notre pauvre perception. Que de la même façon que même pour un juif pieux et craignant Dieu à l’époque du Nouveau Testament, le discernement du plan de Dieu et de l’accomplissement des prophéties n’avait rien d’évident et de clair, mais que tout devint clair après la résurrection et la pentecôte, de même pour nous, nous avançons dans une certaine incertitude, avec des controverses qui se dénombrent à l’infinie sur tous les sujets possibles dans le christianisme (situation semblable au judaïsme du 1er siècle…).

Ne pourrait-on pas penser que toutes les errements de l’Église ait pour but entre autre de nous garder dans l’humilité?

Se pourrait-il que notre tendance « anti-institution », et « anti-liturgie » ne soient en réalité qu’une conformation au siècle présent? En notre époque ou la « spontanéité », « l’authenticité », et la liberté de parole, sont les valeurs suprêmes?

……

Plusieurs seront probablement surpris de lire ce genre de question sur mon blog. J’y reviendrais au cours des prochaines semaines.

]]>
http://www.blogdei.com/15578/christianisation-et-multiples-questions-par-tommyab/feed/ 34
La tombe de Philippe, un des douze apôtres, découverte en Turquie http://www.blogdei.com/15382/la-tombe-de-philippe-un-des-douze-apotres-decouverte-en-turquie/ http://www.blogdei.com/15382/la-tombe-de-philippe-un-des-douze-apotres-decouverte-en-turquie/#comments Mon, 01 Aug 2011 13:40:29 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=15382

Radio Canada

La tombe de saint Philippe, l’un des douze apôtres de Jésus-Christ, aurait été mise au jour par une équipe d’archéologues dirigée par l’Italien Francesco d’Andria. Elle aurait été découverte à Pamukkale, l’antique Hiérapolis, dans l’ouest de la Turquie.

La tombe, qui n’a toujours pas été ouverte, se trouvait dans les décombres d’une église que l’équipe de recherche avait mise au jour il y a quelques semaines.

>>> lire la suite

]]>
http://www.blogdei.com/15382/la-tombe-de-philippe-un-des-douze-apotres-decouverte-en-turquie/feed/ 1
La Bible n’est pas un puzzle (suite), par Frank A. Viola http://www.blogdei.com/15276/la-bible-nest-pas-un-puzzle-suite-par-frank-a-viola/ http://www.blogdei.com/15276/la-bible-nest-pas-un-puzzle-suite-par-frank-a-viola/#comments Sun, 24 Jul 2011 23:23:44 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=15276

suite de la première partie 

Deuxième partie
 

Revenons à notre histoire. Joe Housechurch a maintenant une « église de NT. » Comme dans tous les petits groupes comme celui de Joe, la question de la conduite est prélevée. Que fait Joe? Il glane la Bible à la recherche de versets sur la direction. Il s’arrête aux Actes 14, au verset 23 qui dit, « et ils ont nommé des anciens dans chaque église. » Joe obtient une autre révélation ! « La Parole de Dieu déclare que chaque église du NT a des anciens, » « Par conséquent, notre église de maison a besoin d’anciens ! »
 

Joe fait à cette découverte seulement deux semaines après l’ouverture de sa maison ! « Chaque église de NT avait des anciens, » dit Joe. Ainsi il prélève le verset hors de son contexte et Joe nomme des anciens. (Joe s’avère justement être l’un de ces anciens d’ailleurs.)
 

Quel est le contexte historique des actes 14 ? Deux planteurs d’églises, Paul et Barnabas, sont envoyés par leur église à Antioche. Avant cet envoi, les deux hommes avaient déjà éprouvé la vie d’église comme frères, pas comme dirigeants (Barnabas à Jérusalem et Paul à Antioche).

Actes 14:23 fait partie d’une description de ce qui a eu lieu après que ces deux planteurs d’églises furent envoyés. Ils sont dans le sud de la Galatie. Les deux hommes ont juste planté quatre églises. Maintenant ils retournent pour visiter ces églises six mois à un an après que ces églises ont été plantées. Paul et Barnabas reviennent à chacune des églises de Galatie pour « faire nommer publiquement des anciens» dans chaque église. [26]
 

Mais Joe a commis une erreur bien plus subtile. Le verset indique que Paul et Barnabas ont nommé des anciens dans chaque église. Joe comprend que chaque église véritable doit avoir des anciens. Pourtant ce texte n’indique aucunement une telle chose. Le verset se rapporte à un événement dans Galatie du sud pendant le premier siècle. « Chaque église » signifie chaque église dans Galatie du sud en A.D. 49 ! [27]Luc parle des quatre églises que Paul et Barnabas avaient plantées. Voyez-vous le problème vers lequel nous courons quand nous prélevons des versets de leur contexte historique ?

La vérité est que, Joe Housechurch est totalement à l’extérieur les bornes bibliques! D’abord, il n’est pas un planteur d’église ambulant. (Ce sont les hommes qui reconnaissaient les anciens au premier siècle.) En second lieu, l’église est trop jeune pour avoir des anciens. À Jérusalem, il s’est écoulé au moins 14 ans pour que des anciens apparaissent. Mais Joe Housechurch a son verset, ainsi il « se base sur les Écritures » (dans son imagination).
 

Plus tard, la question de donner de l’argent est prélevée. Ainsi Joe se réfère à 1 Corinthiens 16:2, « Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité. » Basé sur ce verset, Joe institue une règle que chacun dans son église de maison devrait donner de l’argent aux fonds de l’église le dimanche matin.

Encore, Joe a pris un passage hors contexte et a établi une pratique basée sur celui-ci. 1 Corinthiens 16:2 traite d’un projet d’une fois. Il fut écrit en A.D. 55 à l’église à Corinthe lorsque, Paul rassemblait l’argent de toutes les églises de gentils qu’il avait plantées. Paul avait un but en ceci : Il  voulait apporter cette collecte aux frères et aux sœurs à Jérusalem qui passaient par une profonde pauvreté. C’était une affaire d’une fois. Paul disait aux Corinthiens, « d’ailleurs, quand je viens pour visiter, je veux que cet argent prête à être apportée à Jérusalem. Chaque dimanche quand vous venez ensemble, vous mettez graduellement de côté des fonds de soulagement  » 1 Corinthiens 16:2 n’a donc  rien à faire avec un rituel superficiel de prendre une offrande chaque dimanche matin. [28]

Il y a plus. L’église de la maison de Joe commence à discuter la question de la mission de l’église. Naturellement, Joe sort sa glaneuse et recherche les versets qui apporteront une réponse. Il s’arrête à Matthieu 28:19, « allez donc vers toutes les nations, les enseignant … » il les renvoie à Marc 16:15 qui dit : « Allez par le monde et prêchez l’Évangile. » Il continue aux actes 5:42 qui dit, « et ils ne cessaient de prêcher et d’enseigner Jésus-Christ. »

Joe se dit, « notre mission est de prêcher l’Évangile. C’est pourquoi nous existons. Pourquoi, si Dieu ne voulait pas que nous prêchions l’Évangile il nous aurait fait mourir après que nous ayons obtenu le Salut ! Ainsi la seule raison pour laquelle nous respirons et pour laquelle nous avons des églises de maisons est pour prêcher l’Évangile. C’est ce que le NT indique. Je l’ai lu. »

À nouveau, M. Joe Housechurch a prélevé trois versets totalement hors contexte. Dans Matthieu 28:19 et Marc 16:15, Jésus ne parle pas à chaque chrétien. Il parle à douze hommes qui n’avaient jamais prêché l’Évangile jusqu’à ce que le Seigneur les ait envoyés. Et il ne les a pas envoyés jusqu’à ce qu’il les ait d’abord formés  pendant trois années.  [29]Ces hommes étaient des apôtres (planteurs d’églises). En conséquence, la prétendue « Grande Commission » est une Parole à ceux qui plantent des églises. Elle n’est pas donnée à chaque croyant.

De plus, dans le Grec original, la « grande Commission » se lit : « Après être allé sur votre chemin… » Par conséquent, c’est une prophétie (« étant allés »), pas un ordre (« allez »). [30]Le Seigneur n’a pas dit aux douze apôtres « d’aller. » Il leur a dit qu’ils iraient

Qui prêche l’Évangile dans les actes 5 ? Ces mêmes hommes. Les apôtres. Fait intéressant, aucun chrétien à Jérusalem autre que les douze apôtres n’ont prêché l’Évangile jusqu’à ce que huit ans aient passé. [31]Ils ont appris Jésus-Christ dans le contexte de la vie d’église avant qu’ils aient répandu la bonne nouvelle. D’ailleurs, quand les frères et les sœurs à Jérusalem ont commencé à répandre l’Évangile après que ces huit années aient passé, ils ne l’ont pas fait par devoir. Il s’est spontanément produit quand elles ont été dispersées dans l’ensemble de la Palestine. À la différence des chrétiens aujourd’hui, les premiers croyants n’ont pas partagé le Christ à partir de la culpabilité, d’un ordre, ou du devoir. Ils l’ont partagé parce qu’il se déversait et coulait hors de leurs cœurs reconnaissants, et ils ne pouvaient pas s’en empêcher !
 

Le processus de pensée de Joe au sujet de la mission de l’église a été formé par deux choses : le revivalisme du 19ième siècle (voir le chapitre 1), et l’approche presse-papiers (couper-coller) à la Bible.
 

L’effet net de l’approche presse-papiers

Reculons-nous et analysons l’histoire de Joe. Joe a excessivement mal traité le NT. Son motif est-il pur ? Oui. A-t-il un cœur pour Dieu ? Oui. Est-ce que ceci l’a gardé des mauvaises applications des Écritures ? Non.

Joe est venu au NT de la même manière que nous avec les ciseaux et la colle. Préparés à couper, coller, et créer une base pour nos doctrines et pratiques préférées.

L’effet net de l’approche presse-papiers est tragique. Il a produit un amas d’églises sans aucune base scripturale sur laquelle s’appuyer. (Je parle de l’église institutionnelle comme nous l’avons aujourd’hui.) Plus encore, il a produit une masse d’« églises de maisons », » pro forma mécaniques sans vie, sans couleur, et stériles.
 

Je me rappelle la vision qu’Ézéchiel a eue de la vallée des os desséchés. [32]Le Seigneur transporta Ézéchiel vers une vallée des os, et la Parole vivante de Dieu est venue en avant pour ressusciter ces os. Les Écritures indiquent que les os étaient placés sur les os. Les os se sont revêtus avec les tendons et la chair. Et quand le souffle de Dieu vint comme un vent impétueux, ces os morts sont devenus une armée puissante.

La plupart des « planteurs » d’églises de maisons modernes  peuvent être décrits comme des hommes qui sont venus à la vallée des os secs avec la colle, le fil, les aiguilles, et les versets du NT à leur disposition. Ils ont pris les os et les ont collés ensemble. Ils ont mis le fil par le tendon et la chair cousue par-dessus. Alors ils se sont reculés et ont dit : « Regardez, une église du NT construite sur le NT. Nous avons des anciens, nous nous réunissons dans une maison, nous n’avons pas un clergé professionnel, nous prenons une collecte chaque dimanche, et nous prêchons l’Évangile. »
Mais il n’y a aucun souffle impétueux et puissant!

L’Eglise de Jésus-Christ ne peut pas être commencée. Elle ne peut pas être soudée. Il n’y a aucun plan ou modèle que nous pouvons découper du NT en extrayant des versets tout en essayant de les imiter mécaniquement. L’église de Jésus le Christ est une entité biologique et vivante ! Elle doit être maintenue vivante.[33]

Si nous désirons les résultats du premier siècle, l’église doit naître de la même manière que toutes les églises du premier siècle. Si vous comptez toutes églises mentionnées dans le NT, il y a en environ[34]. Chacune d’entre elles a été plantée ou facilitée par un planteur d’église itinérant qui prêchait seulement Christ. Il n’y a aucune exception. L’église a été établie en raison de la présentation apostolique de Jésus-Christ.

Il y a plus de verset pour supporter ce principe qu’il y en a pour les assemblées dans les maisons. Il y a plus de verset pour ce principe que pour supporter des réunions ouvertes et participatives. Il y a plus de verset pour ce principe que pour une collecte le dimanche matin. Et comme nous l’avons vu, il y a beaucoup plus d’Écritures pour supporter cette pratique qu’il y en a pour toutes les choses non scripturaires que nous faisons dans l’église, incluant le pasteur ! Le principe des ouvriers extra locaux qui plantent et aident une église prévaut dans le NT.
 

Notez bien : Le NT n’est pas un manuel pour la pratique en matière d’église. C’est l’historique d’Emmanuel—Jésus Christ insufflant sa vie divine par son peuple au premier siècle ! Le livre des Actes n’est pas un livre d’instruction pour l’ordre d’église. C’est un historique de la façon dont la tête de l’église donne naissance à son corps et de la façon dont elle s’exprime ! Les épîtres ne sont pas des textes manipulables nous montrant comment être de bons chrétiens. Elles sont des lettres vivantes, écrites à différentes heures à différentes églises vivant dans différentes cultures éprouvant différentes circonstances !

Mais elles parlent toutes d’une seule voix. Et cette voix découle d’une saga cohérente qui s’écoule librement. Une saga qui doit être dévoilée si jamais nous ne revenons à la mentalité chrétienne primitive et à la pratique de l’église primitive. [35]
 

Un remède pratique

Quel est alors, l’antidote à l’approche de presse-papiers au NT ? Quel est le remède qui vous introduira dans une expression vivante du corps du Christ, style de premier siècle ? L’antidote commence par la compréhension de notre NT.
 

Nous avons été conditionnés à approcher le NT avec un microscope et à extraire les versets qui découvrent ce que faisaient les premiers chrétiens. Nous devons abandonner cette mentalité entière, prendre du recul, et jeter un coup d’œil frais dans les Écritures. Nous devons réapprendre la totalité du drame du commencement jusqu’à la fin. Nous devons apprendre à regarder le NT panoramiquement, pas au microscope.
 

F.F. Bruce, un des plus grands auteurs de notre temps, fait un rapport impressionnant. Il a dit que quand vous lisez les lettres de Paul, c’est comme écouter seulement que la moitié d’une conversation téléphonique. On a assez fait dans le domaine de la recherche biblique au cours des dernières années que nous pouvons reconstruire la saga entière de l’église primitive. Avec reconnaissance, nous pouvons maintenant entendre l’autre côté de la conversation !   Apprendre l’histoire de l’église primitive traite pour toujours la fièvre de l’approche presse-papiers au NT. L’étude de l’histoire mettra à nu les principes spirituels conformes dans tout le NT qui sont en Dieu lui-même. Nous manquons radicalement ces principes en raison de la manière dont nous approchons la Bible. Ce qui n’aide pas non plus, c’est que notre NT n’est pas dans l’ordre chronologique.
 

Quand vous apprenez l’histoire, vos versets doivent se marier et se plier à elle. Plus jamais vous ne pourrez prendre un verset hors du contexte et dire, « regarde, nous sommes censés faire ceci. » Plusieurs des versets que nous chrétiens retirons par habitude de la Bible ne se rapporteront simplement plus. Vous serez renversés parce que pour la première fois vous comprendrez l’image entière.
 

Défi final

Quelqu’un une fois a dit, « Il n’est peut-être rien de pire que d’atteindre le haut de l’échelle pour découvrir que vous êtes sur le mauvais mur. »  34 Après la lecture de ce livre, vous devriez pouvoir vous identifier en rapport avec cette citation. À cet égard, je me finirai avec un défi qui va directement au cœur.

Vous avez appris que les pratiques en matière d’église qui vous aviez silencieusement supposé être biblique étaient en fait non scripturaires. Vous avez découvert l’origine de ces pratiques. Vous savez qu’elles n’ont pas une origine divine mais humaine, même païenne. Et vous savez qu’elles contrecarrent l’intention finale de Dieu pour son église. 35 Vous vous êtes également rendu compte que vous étiez désespérément dépendant de ces traditions insurmontables. Même retenus par elles.
 

Dans cette lumière chancelante, je pose la question laconique : Est-ce que vous, dites-moi s’il vous plaît, abandonnerez ces traditions ? Ou continuerez-vous de pratiquer ce que vous savez être en désaccord avec la voie de Dieu ?

Allez-vous ignorer avec désinvolture ce que vous avez lu dans ce livre concernant vos pratiques en matière d’église ? Ou est-ce que vous serez fidèle aux fins absolues de la lumière en vous pour couper avec la tradition de l’homme, afin de poursuivre la plénitude du Christ et de son Eglise ?
 

Après la réception de la lumière, continuerez-vous à élever vos inventions religieuses au-dessus de la révélation inspirée de Dieu ? Ou porterez-vous attention à la lumière qui est en vous ?

Ferez-vous le pas hors de l’église institutionnelle qui embrasse les pratiques opposées au NT ou « annulez-vous ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition. » [36]Tradition qui persiste à attacher une lourde pierre de meule sur le cou de l’église de Christ [37]

Continuerez-vous à sacrifier dans la ville du Pharaon? Ou irez-vous sur les frontières pour estimer la distance et faire le plongeon?

L’histoire démontre que là où la conscience et la tradition sont en conflit, la grande partie du peuple de Dieu choisit la tradition. [38]

Alors maintenant, la question qui se pose à la maison est…

Qu’allez-vous faire ?

Depuis les 50 ou 100 dernières années les recherches sur le Nouveau Testament ont assidûment et avec succès dressé la tâche de l’élucidation de ce qui était connue comme « Ecclésia » dans le Christianisme primitif, très différent de ce qui s’appelle aujourd’hui l’église dans les camps romains et protestants… Cette approche, qu’une étude impartiale du Nouveau Testament et le besoin criant de l’église nous ont aidés à réaliser,  s’exprime comme suit : l’ « Ecclésia, » du Nouveau Testament est la communion avec Jésus Christ, c’est une communion pure de personnes et n’a rien à voir avec le caractère d’une institution; il est donc erroné d’identifier toute église historiquement développée, qui toutes sont marquées par un caractère institutionnel, avec la véritable communion chrétienne.
 

Notes

[1] Ce chapitre est basé sur un message que l’auteur a livré à une conférence d’église de maison à l’université d’Oglethorpe à Atlanta, en Géorgie le 29 juillet 2000.

[2] Pour une discussion sur la scholastique protestante, voir le Walter Elwell’s Evangelical Dictionary of Theology (Grand Rapids: Baker Book House, 1984), pp. 984-985. Francis Turretin (Reformed) et Martin Chemnitz (Lutheran) sont les deux principaux “Quakers” parmi les érudits  protestants (Evangelical Dictionary of Theology, pp. 1116 & 209 respectivement).

[3] Le Dispensationalisme et l’enlèvement pré-tribulationel sont deux d’entre eux. La série très réussie Laissé Derrière est basée sur ces enseignements (Time, July 1, 2002, pp. 41-48). Pour la fascinante origine de la doctrine de la pré tribulation de Darby, voir  Dave MacPherson’s The Incredible Cover-Up (Medford: Omega Publications, 1975).
 

[4] Voir See Donald Guthrie’s New Testament Introduction: Revised Edition (Downers Grove: InterVarsity Press, 1990). Pour une bonne  discussion sur notre Bible, voir Christian History, Issue 43, Vol. XIII, No. 3 and “How We Got our Bible,” Christianity Today, February 5, 1988, pp. 23-38.

[5] F.F. Bruce’s Paul: The Apostle of the Heart Set Free (Grand Rapids: Eerdmans, 1977), p. 465. Les specialists se réfèrent au canon de  Paul en tant que le  “ corpus Paulinien.” Pour en connaitre advantage sur l’histoire du canon du NT, voir  F.F. Bruce The Canon of Scripture (Downer’s Grove: InterVarsity Press, 1988), Chapters 8-23.

[6] Jerome Murphy-O’Connor, Paul the Letter-Writer (Collegeville: The Liturgical Press, 1995), p. 121

[7] Ibid., P. 120. Cette pratique est connue comme stichométrie.

[8] Pour une discussion complète sur l’ordre du canon Paulinien, voir Paul the Letter-Writer, Chapter 3.

[9] Hébreux ne semble pas être Paulinien, ainsi il ne fait pas partie du corpus Paulinien.

[10] En 1864, Thomas D. Bernard a fourni une série d’entretiens appelés « les conférences de Bampton. » Ces conférences ont été éditées dans un livre en 1872 intitulé The Progress of Doctrine in the New Testament. Dans le livre, Bernard argumente du fait que l’ordre actuel des lettres de Paul dans le NT a été divinement inspiré et recommandé. Ce livre est devenu très populaire parmi les enseignants de la Bible aux 19ième et 20ième siècles. En conséquence, pratiquement chaque texte théologique, texte exégétique, ou commentaire biblique écrit en ce siècle suit l’ordre chaotique actuel, ne réalisant pas combien il nous a aveuglés à la vision panoramique entière du NT. « La critique canonique » est grande parmi les séminaristes. C’est l’étude du canon en tant qu’unité afin d’acquérir une théologie biblique globale. Ce qui est nécessaire aujourd’hui est une théologie établie, non pas sur le canon actuel et son désordre, mais sur l’histoire chronologique de l’église primitive.

[11] Éphésiens dépasse réellement Galates d’un cheveux, mais les livres étaient dérangés en raison d’une préférence d’un scribe. Ceci n’étonne pas puisque la différence dans la longueur est si minime. Paul the Letter-Writer, p. 124).

[12] Voir l’introduction au Nouveau Testament de Donald Guthrie : Édition révisée ; Revised Edition; F.F. Bruce’s The Letters of Paul: An Expanded Paraphrase (Grand Rapids: Eerdmans, 1965); F.F. Bruce’s Paul: The Apostle of the Heart Set Free (Grand Rapids: Eerdmans, 1977).

[13] Il s’appelle également Robert Stephanus.

[14] Norman Geisler and William Nix, A General Introduction of the Bible: Revised and Expanded (Chicago: Moody Press, 1986), pp. 340-341, 451; Bruce Metzger and Michael Coogan, The Oxford Companion to the Bible (New York: Oxford University Press, 1993), p. 79.

[15] H. von Soden, Die Schriften des Newen Testamentes (Goettingen: Vandenhoek, 1912), I, 484; W. Kenneth Connolly, The Indestructible Book (Grand Rapids: Baker Books, 1996), p. 154. Un historien de la Bible a fait cette remarque au sujet de la versification de Stephanus du NT : « Je pense qu’il aurait été mieux fait sur ses genoux à la toilette. »

[16] La versification de la Bible hébraïque s’est produite en 1571. Theodore Beza a mis les versets de Stephanus dans sa version du Textus Receptus (1565) qui leur ont donné la place prépondérante qu’ils ont aujourd’hui (Die Religion in der Geschichte und der Gegenwart (3rd ed., III, 1141 f.).

[17] Dans les séminaires, on enseigne l’histoire de l’église primitive dans une classe « d’histoire de l’église » tandis qu’on enseigne les livres du NT dans une « étude » du NT. Et jamais les deux ne se rencontrent. Ainsi les séminaristes reçoivent rarement sinon jamais une vue panoramique de l’histoire de l’église primitive coulant librement avec les livres arrangés dans leur ordre chronologique. Si vous ne me croyez pas, essayez ceci : La prochaine fois que vous rencontrez un étudiant de séminaire (ou le diplômé) demandez-lui de vous préparer la série entière des événements de l’épître de Paul aux Galates jusqu’à son épître aux Romains. Demandez-lui d’inclure les dates, les lieux, les noms des personnages importants, et les événements mentionnés dans les actes.
 

[18] Certains d’entre nous ont été enseignés au sujet de l’historique de la Bible. Mais juste assez pour nous inoculer de la recherche plus loin et obtenir l’histoire entière.
 

[19] F.F. Bruce, ed., The New International Bible Commentary (Grand Rapids: Zondervan, 1979), p. 1095.

[20] G.C.D. Howley in “The Letters of Paul,” New International Bible Commentary (Grand Rapids: Zondervan, 1979), p. 1095.
 

[21] H. von Soden, Die Schriften des Newen Testamentes, p. 482.

[22] Voyez Rethinking the Wineskin, le chapitre 3.

[23] Voir Gene Edwards’ Overlooked Christianity (Sargent: Seedsowers, 1997

[24] Ceci ne signifie pas que les planteurs d’églises ne retournent jamais. Il y a beaucoup de fois où ils est nécessaire pour aider l’église. Mais après la plantation d’une église, les planteurs d’église devraient être absents davantage qu’ils sont présents.

[25] Ce que je décris ici n’est pas une philosophie de salon. J’ai travaillé avec les églises qui ont adopté cette démarche.

[26] Voyez Rethinking the Wineskin, Chapter 5 and Who is Your Covering?, Chapitre 2.

[27] Antioch de la Syrie et de Corinthe n’avaient aucun ancien dans la mesure où nous pouvons le dire.

[28] J’approuve pleinement le fait de donner régulièrement aux besoins de l’église (pas les salaires de pasteur ou les bâtiments d’église,). Mais vous ne pouvez pas employer ce verset pour faire une loi d’une offrande du dimanche matin.

[29] L’exception est quand ils sont allés sur une mission d’essai très courte en Galilée à la fin de leur formation.

[30] Kenneth S. Wuest, The New Testament: An Expanded Translation.

[31] Voyez la versetion  Berkeley Version of the New Testament.

[32] Voir Ezech. 37.

[33] Joseph Campbell est l’auteur de ce rapport. Dans une veine semblable, Artemus Ward a indiqué, « ce n’est pas tellement les choses que nous ne savons pas qui nous mettent dans l’ennui. Ce sont les choses que nous savons que nous ne connaissons pas. »

[34] Paul appelle cette intention finale « le but éternel » dans Eph. 3:11. Voyez Rethinking the Wineskin, Chapter 7 for an explanation as well as DeVern Fromke’s Ultimate Intention (Sure Foundation, 1998).

[35] Je propose que vous lisiez Gene Edwards’ Revolution: The Story of the Early Church (Seedsowers), and his First Century Diaries  (Tyndale). Je travaille également à un livre intitulé de Nazareth à Patmos qui documentera l’histoire entière de la première église dans un volume.

[36] Mat. 15:1-9.

[37] Cette triste tendance se retrouve dès l’ère de l’Ancien Testament. Voir Isa. 28:9 – 12 ; Jer. 5:31 ; 6:16 ; Os. 8:4. À cet égard, William Barclay a correctement remarqué, « Toute entreprise ayant perdu autant de clients comme c’est le cas avec l’église aurait essayé de nouvelles méthodes il y a bien longtemps ; mais l’église tend à a rejeter tout ce qui est nouveau. »

[38] Si vous projetez de quitter l’église organisée, je recommande vivement que vous considériez le prochain volume de cette série : So You Want to Start a House Church? First-Century Styled Church Planting For Today (www.ptmin.org/start.htm). Il vous donnera la prochaine étape.
 
 
 
 
 

]]>
http://www.blogdei.com/15276/la-bible-nest-pas-un-puzzle-suite-par-frank-a-viola/feed/ 0
La Bible n’est pas un puzzle (l’approche tic-tac-to), par Frank A. Viola http://www.blogdei.com/15203/la-bible-nest-pas-un-puzzle-lapproche-tic-tac-to-par-frank-a-viola/ http://www.blogdei.com/15203/la-bible-nest-pas-un-puzzle-lapproche-tic-tac-to-par-frank-a-viola/#comments Wed, 20 Jul 2011 20:55:44 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=15203

extrait du livre : » le christianisme paganisé »

Première partie

En considérant le sujet du ministère dans le Nouveau Testament il est essentiel de se rappeler l’ordre dans lequel les livres du Nouveau Testament ont été écrits. Supposer, que l’ordre dans lequel les livres du Nouveau Testament sont correctement présentés nous mènerait à supposer, que les Évangiles ont été écrits d’abord, et puis les Actes et puis les lettres de Paul, commençant par Romains et finissant avec les épîtres pastorales à Timothée, à Tite et à Philémon, nous ne pourrions jamais comprendre le développement des institutions et la pensée de l’église primitive.

- Richard Hanson
 

Comment se fait-il que nous chrétiens pouvons suivre les mêmes rituels perdus chaque dimanche sans jamais remarquer qu’ils sont en parfait désaccord avec le NT ? Une partie de la raison doit faire avec la puissance incroyable de la tradition. Mais il y a autre chose qui concerne notre NT. Le problème n’est pas dans ce que le NT nous indique. Le problème est dans la façon dont nous l’approchons.
 

L’approche de la Bible la plus utilisée généralement parmi les chrétiens modernes s’appelle la « preuve texte. » L’origine de la preuve texte remonte de la fin des années 1590. Un groupe d’hommes appelés Protestant Scholastiques a pris les enseignements des réformateurs et les a systématisés selon les règles de la logique aristotélicienne. [2]

La Scholastique protestante soutenait que non seulement les Écritures sont la Parole de Dieu, mais que chaque partie est la Parole de Dieu d’Elle-même et en Elle-même, sans égard pour le contexte. Ce qui ouvre la porte à l’idée que si nous prélevons un verset de la Bible, il demeure vrai intrinsèquement et peut être employé pour prouver une doctrine ou une pratique.
 

Quand John Nelson Darby émergea dans le milieu des années 1800, il établit une théologie basée sur cette approche. Darby a élevé la preuve texte à une forme d’art. En fait, c’est Darby qui a donné aux chrétiens fondamentalistes et évangéliques la plus grande part de leurs enseignements actuellement admis. [3] Tous sont construits sur la méthode preuve texte. Cette méthode preuve texte, alors, est devenue la manière dont  les chrétiens modernes approchent la Bible. On l’enseigne dans chaque école et séminaire protestants de Bible sur terre.
 
 
 

En conséquence, nous les chrétiens, rarement, obtenons de voir le NT dans l’ensemble. Plutôt, on nous sert un plat de pensées réduites en fragments, réunies au moyen de logique humaine dégénérée. Le fruit de cette approche est que nous avons dérivés loin de la pratique de l’église du NT. Pourtant nous croyons toujours que nous sommes bibliques. Permettez-moi d’illustrer le problème avec une histoire factice.
 
 

Rencontrez Marvin Snurdly

Marvin Snurdly est un conseiller matrimonial renommé dans le monde. En 20 ans de carrière en tant que conseiller matrimonial, Marvin a conseillé des milliers de mariages préoccupants. Il a une présence sur l’Internet. Des centaines de couples écrivent chaque jour des lettres à Marvin au sujet de leurs histoires matrimoniales en sanglot. Les lettres viennent de partout autour du globe. Et Marvin répond à toutes.

Cent ans passent, et Marvin Snurdly se repose paisiblement dans sa tombe. Il a un petit, petit fils appelé Fielding Melish. Fielding décide de récupérer les lettres perdues de son arrière grand-père, Marvin Snurdly. Mais Fielding peut seulement trouver 13 des lettres de Marvin. Des milliers de lettres que Marvin a écrits dans sa vie seulement 13 ont survécu ! Neuf d’entre elles ont été écrites aux couples en crise matrimoniale. Quatre d’entre elles ont été écrits à différents conjoints.

Toutes ces lettres ont été écrites dans l’espace de 20 ans: De 1980 à 2000. Fielding Melish planifie de compiler ces lettres dans un volume. Mais il y a quelque chose d’intéressant au sujet de la manière dont Marvin a écrit ses lettres qui rend la tâche de Fielding quelque peu difficile.

D’abord, Marvin avait une habitude ennuyante de ne jamais dater ses lettres. Aucun jour, mois, ou année n’apparaissent sur aucune des 13 lettres. En second lieu, les lettres ne dépeignent seulement qu’une demi-portion de la conversation. Les lettres initiales écrites à Marvin ayant provoqué ses réponses n’existent plus. En conséquence, la seule manière de comprendre le contexte des lettres de Marvin est en reconstruisant la situation matrimoniale de la réponse de Marvin.
 

Chaque lettre a été écrite à un moment différent, à des peuples de culture différente, traitant un problème différent. Par exemple, en 1985, Marvin a écrit une lettre à Paul et à Sally de la Virginie, États-Unis qui éprouvaient des problèmes sexuels tôt dans leur mariage. En 1990, Marvin a écrit une lettre à Jethro et Matilda d’Australie qui avaient des problèmes avec leurs enfants. En 1995, Marvin a écrit une lettre à une épouse du Mexique qui éprouvait une crise de remise en question.
 

Notez bien, 20 ans, 13 lettres, écrites à des peuples différents, à différentes heures, à différentes cultures éprouvant différents problèmes.

Le désir de Fielding Melish est de mettre ces 13 lettres dans l’ordre chronologique. Mais sans dates, il ne peut pas le faire. Ainsi Fielding les met dans l’ordre décroissant. C’est-à-dire, il prend la plus longue lettre et la met d’abord. Il met la seconde plus longue ensuite. Il prend la troisième plus longue et la place en troisième. La compilation finit avec la lettre la plus courte de Marvin. 13 lettres sont arrangées, pas chronologiquement, mais par longueur.

Le volume frappe les presses et devient un best-seller durant la nuit. Les gens l’achètent par charges de camion.

100 ans passent et les travaux rassemblés de Marvin Snurdly compilés par Fielding Melish passent l’épreuve du temps. L’œuvre est toujours très populaire. Encore 100 ans passent, et ce volume est employé copieusement dans tout le monde occidental. (Marvin s’est reposé dans sa tombe pendant 300 années maintenant.)

Le livre est traduit en des douzaines de langues. Les conseillers de mariage le citent à gauche et à droite. Les universités l’utilisent dans leurs cours de sociologie. Il est tellement employé couramment que quelqu’un a une idée lumineuse sur la façon de faciliter la référence au volume à des fins de citation.

Quelle est cette idée lumineuse ? Elle est de diviser les lettres de Marvin en chapitres et phrases numérotées (nous les appelons versets). Ainsi des chapitres et des versets sont opérés dans La Collection des Œuvres de Marvin Snurdly.

Mais en ajoutant des chapitres et versets à ces lettres autrefois vivantes, un changement passe inaperçu. Les lettres perdent leur contact personnel. Au lieu de cela, elles prennent l’allure d’un manuel.

Différents sociologues commencent l’écriture de livres concernant le mariage et la famille. Leur source principale ? La Collection des Œuvres de Marvin Snurdly. Prenez n’importe quel livre du 24ième  siècle au sujet du mariage, et vous trouverez l’auteur citant des chapitres et des versets des lettres de Marvin.

Ça ressemble habituellement à ceci : En faisant une remarque particulière, un auteur citera un verset de la lettre de Marvin écrite à Paul et à Sally. L’auteur prélèvera alors un autre verset de la lettre écrite à Jethro et à Matilda. Il extraira un autre verset à partir d’une autre lettre. Alors il coudra ces trois versets ensemble sur quoi il établira sa philosophie matrimoniale particulière.
 

Pratiquement chaque sociologue et thérapeute matrimonial qui écrit un livre sur le mariage fait la même chose. Pourtant l’ironie est ici. Chacun de ces auteurs contredit constamment les autres, quoiqu’ils aient tous la même source !

Mais ce n’est pas tout. Non seulement les lettres de Marvin ont été transformées en prose froide quand elles étaient vivantes à l’origine, des épîtres vraies à de vrais peuples dans de vrais endroits. Mais elles sont devenues une arme dans les mains d’hommes avec des intentions. Quelques auteurs sur le mariage commencent à isoler des textes preuves de l’œuvre de Marvin pour marteler ceux qui sont en désaccord avec leur philosophie matrimoniale.

Comment peuvent-ils faire cela ? Comment ça se fait ? Comment est-ce que tous ces sociologues se contredisent quand ils emploient exactement la même source ! ? C’est parce que les lettres ont été prélevées de leur contexte historique. Chaque lettre a été épluchée de son ordre chronologique et extirpée de son contexte originel.

Autrement dit, les lettres de Marvin Snurdly ont été transformés en série de sentences isolées, disjointes, réduites en fragments pour que n’importe qui prélève une phrase d’une lettre, une autre phrase d’une autre lettre, les colle ensemble pour créer la philosophie matrimoniale de leur choix.

Une histoire étonnante? En voici la leçon. Que vous le réalisiez ou pas, j’ai juste décrit votre NT !
 
 

L’ordre des lettres de Paul

Votre NT se compose la plupart du temps des lettres de Paul. Paul de Tarse en a écrit les deux tiers. Il a écrit 13 lettres dans l’espace de 20 ans. Neuf lettres ont été écrites aux églises dans différentes cultures, à différents moments, éprouvants différents problèmes. Quatre lettres ont été écrites à différents chrétiens. Les individus qui ont reçu ces lettres traitaient également différentes issues à différents moments.

Notez bien : 20 ans, 13 lettres écrites à différentes églises, à différents moments à des cultures différentes, éprouvant différents problèmes. [4]
 

Au début du deuxième siècle, quelqu’un a pris les lettres de Paul et les a compilées dans un volume. Le terme technique pour ce volume est « canonique. » [5]Les érudits se réfèrent à ce volume compilé comme « canon Paulinien. » C’est essentiellement votre NT avec quelques lettres supplémentaires après les quatre Évangiles et les Actes placés à l’avant, et la Révélation qui ferme le tout.

En ce temps-là,  personne ne savait quand les lettres de Paul furent écrites. Même si on l’avait, il n’aurait pas importé. Parce qu’il n’y avait aucune priorité pour l’ordre alphabétique ou chronologique. [6]Le monde Gréco-Romain du premier siècle  classait sa littérature selon la longueur décroissante. [7]

Regardez comment votre NT est arrangé. Que trouvez-vous ? La plus longue lettre de Paul apparaît d’abord.  [8]C’est Romains. Les 1Corinthiens  est la deuxième plus longue lettre, par conséquent c’est la raison pour laquelle elle suit Romains. 2 Corinthiens est la troisième plus longue lettre. Votre NT suit ce modèle jusqu’à ce que vous veniez à ce petit livre minuscule appelé Philémon. [9]

Voici l’ordre actuel qui apparaît dans votre NT. Les livres sont arrangés selon la longueur décroissante: [10]

Romains, Corinthiens 1,  2 Corinthiens, Galates, Éphésiens 11[11],  Philippiens, Colossiens,  1 Thessaloniciens, 2 Thessaloniciens, 1 Timothée, 2 Timothée, Tite, Philémon
 

Quel, alors, est l’ordre chronologique approprié de ces lettres ? [12]Selon la meilleure source disponible, voici l’ordre dans lequel elles ont été écrites:

Galates, 1 Thessaloniciens, 2 Thessaloniciens, Corinthiens 1, 2 Corinthiens, Romains, Colossiens, Philémon, Éphésiens, Philippiens, 1 Timothée, Tite, 2 Timothée
 
 

L’addition des chapitres et des versets

En l’année 1227, un enseignant à l’université de Paris du nom de Stephen Langton ajouta des divisions de chapitres à tous livres du NT. Puis,  en 1551, un imprimeur appelé [13] Robert Stephanus numérota les phrases de tous les livres du NT. [14]

Selon le fils de Stephanus, les divisions de verset que son père avait créées ne rendent pas service au sens du texte. Stephanus n’a employé aucune méthode approuvée. Tout en montant à cheval de Paris à Lyon, il versifia le NT en entier à partir des divisions par chapitre de Langton. [15]
 

Ainsi furent créés les versets dans les pages des Saints Écrits en l’année 1551. [16] Et depuis, le peuple de Dieu approche le NT avec des ciseaux et de la colle, copiant et collant des phrases isolées et disjointes de différentes lettres, les prélevant de leur emplacement réel en les collant ensemble pour prouver des doctrines flottantes. Et ce, tout en leur donnant le nom de « Parole de Dieu.»
 

Cette approche mi-cuite vit toujours dans nos séminaires, universités de Bible, églises, études de Bible, et (tragiquement) nos églises de maison aujourd’hui. [17]La plupart des chrétiens sont complètement hors de contact avec les événements sociaux et historiques de l’arrière-plan de chacune des lettres du NT. Au lieu de cela, ils ont transformé le NT en manuel utilisé pour prouver n’importe quel point. Le hachage de la Bible en fragments rend tout ceci particulièrement facile.[18]
 
 

Comment nous approchons le NT

On nous a enseignés à approcher la Bible de sept manières. Voyez combien vous pouvez faire de tic-tac to avec un crayon pour chaque façon qui s’applique à vous:
 

Vous recherchez les versets qui vous inspirent. Lorsque vous les trouvez, vous les accentuez, les apprenez par cœur, les méditez un moment, ou les mettez sur la porte du réfrigérateur.

Vous recherchez les versets qui indiquent ce que Dieu a promis de sorte que vous puissiez le confesser dans la foi et obliger le Seigneur à faire ce que vous voulez. (Si vous faites partie mouvement de « nommez-le, réclamez-le, » « parlez-en, saisissez-le » vous êtes passé maître dans cet art.)

Vous recherchez les versets qui indiquent ce que Dieu vous ordonne de faire.

Vous recherchez les versets que vous pouvez citer pour effrayer le diable ou lui résister dans l’heure de la tentation.

Vous recherchez les versets qui s’avéreront votre doctrine particulière de sorte que vous puissiez couper-coller votre co-religionnaire théologique en rubans bibliques. (En raison de la méthode preuve-texte, une vaste majorité de chrétiens se comportent comme si la seule citation d’un certain verset aléatoire et hors contexte des Écritures peut conclure toute discussion sur pratiquement tous les sujets.)

Vous recherchez des versets dans la Bible pour reprendre et/ou corriger d’autres.

Si vous êtes un prédicateur, vous recherchez les versets qui « prêchent » bien pour le sermon du dimanche matin prochain. (C’est une habitude enracinée pour les prédicateurs. Il est tellement encrassé que bon nombre d’entre eux sont incapables de lire leur Bible que pour glaner du matériel de sermon.)
 

Regardez maintenant cette liste encore. Vous êtes-vous trouvé là ? Remarquez comment chacune de ces approches est fortement individualiste. Toutes vous placent, vous, le chrétien individuel, au centre. Chaque approche ignore le fait que la majeure partie du NT a été écrite à des congrégations de personnes (églises), pas à des individus.
 

Mais ce n’est pas tout. Chacune de ces approches est construite sur la méthode-preuve texte isolé. Ils traitent le NT comme un manuel et nous aveugle à son vrai message. Il n’est donc pas surprenant que nous puissions avec approbation incliner la tête devant nos pasteurs payés, l’ordre de culte du dimanche matin, les sermons, les bâtiments d’églises, les costumes religieux, les chœurs, les équipes de culte, les séminaires, et un sacerdoce passif sans grimacer.

On nous a enseignés à approcher la Bible comme un puzzle. Pour la plupart d’entre nous, on ne nous a jamais dit l’histoire entière qui se trouve derrière les lettres de Paul, Pierre, Jacques, Jean, et Jude. On ne nous a enseigné que des chapitres et des versets, pas le contexte historique.

Par exemple, vous a–t-on jamais enseigné l’histoire derrière la lettre de Paul aux Galates ? Avant que vous n’incliniez la tête, voyez si vous pouvez répondre à ces questions de tête : Qui étaient les Galates ? Quelle était leur situation ? Quand et pourquoi Paul leur a-t-il écrit ? Que s’est-il produit juste avant que Paul ait complété son traité aux Galates ? Où était-il quand il l’a écrit ? Qu’est-ce qui l’a provoqué à écrire la lettre ? Et où dans les Actes trouvez-vous le contexte historique pour cette lettre ? Tous ces sujets de fond sont indispensables pour comprendre ce qu’est notre NT. Sans eux, nous ne pouvons simplement pas comprendre la Bible clairement ou correctement. [19]

Un auteur l’exprime ainsi, « l’arrangement des lettres de Paul dans le Nouveau Testament est en général celui de leur longueur. Quand nous les réarrangeons dans leur ordre chronologique, les adaptant autant que possible dans le contexte des actes des apôtres, elles commencent à révéler de plus en plus leur trésor; elles deviennent explicites, jusqu’à un plus haut degré que quand ce contexte est ignoré. » [20]
 

Un autre écrit: « si les futures éditions [du Nouveau Testament] veulent faciliter au lecteur la compréhension du Nouveau Testament, il devront réaliser que le moment est venu de faire disparaître les divisions de versets et de chapitres du texte et pour être placés dans la marge dans un endroit aussi inaperçu que possible. Tous les efforts un endroit doivent être fait pour imprimer le texte de  manière à mettre en évidence les unités que l’auteur lui-même avait à l’esprit. » [21]

J’appelle notre méthode d’étudier le NT l’ « approche presse-papier. » Si vous connaissez les ordinateurs, vous connaissez la fonction appelée « presse-papiers. » Si vous vous avérez justement à être devant une unité de traitement de texte, vous pouvez couper et coller des morceaux de texte par l’intermédiaire du presse-papiers. Le presse-papiers te permet de couper une phrase d’un document et de la coller dans un  autre.
 

Les pasteurs, les séminaristes, et les laïques de même ont été conditionnés par l’approche presse-papiers en étudiant la Bible. Voici comment nous justifions notre vision humaine, terre-à-terre, synthétique, encroûtée et emballée et la faisant passer comme « biblique. » C’est pourquoi nous passons à côté de ce que l’église primitive était toutes les fois que nous ouvrons notre NT. Nous voyons des versets. Nous ne voyons pas l’image entière.
 

Laissez-moi vous démontrer comment cette approche est encore aujourd’hui vivante et bien portante, et jusqu’à quel point elle régit nos esprits.
 
Rencontrez Joe Housechurch

Joe Housechurch a grandi dans l’église institutionnelle. Depuis les 10 dernières années, il en a été mécontent.

Joe prend un livre sur les «églises de maisons» et il fait une crise de conscience. Il en vient à apprendre des choses étonnantes. À savoir, il n’est aucun pasteur moderne dans le NT. Il n’y a aucun bâtiment d’église. Il n’y a aucun clergé payé, et les réunions d’église sont ouvertes pour la participation de tous.

Toutes ces découvertes font basculer le monde de Joe. De sorte qu’il quitte l’église institutionnelle. Pas sans faire face à la fureur du pasteur, d’ailleurs. Vous voyez, Joe fait l’erreur de partager ces « grandes révélations » avec d’autres dans son église. En conséquence, le pasteur en a eu vent, et Joe s’est retrouvé en conflit avec le pasteur. De son pupitre, Joe a été stigmatisé en tant qu’«hérétique dangereux, » et le rassemblement a été chargé de couper toute communion avec lui.

Après avoir soigné ses blessures, Joe prend son NT, ne se rendant jamais compte que l’approche de couper et coller vit toujours dans son cerveau. La « mentalité de presse-papiers » n’a jamais été disséquée de sa pensée. Mais il en est avec bonheur ignorant, comme le sont la plupart des chrétiens.
 

Joe commence à chercher les ingrédients pour commencer une « église de NT. » Ainsi il commence à faire ce que la plupart des chrétiens sont conditionnés faire en cherchant la volonté de Dieu. Il tire des versets du NT, ignorant le contexte historique et social de ces versets.

Joe trouve Mat. 18:20: «Où deux ou trois sont recueillis ensemble dans mon nom, Je suis là au milieu d’eux.» Joe continue à lire et trouve dans Actes 2:46: «et ils rompaient le pain dans les maisons.» Joe obtient une révélation. «Tout ce que j’ai à faire est d’ouvrir ma maison, à deux ou trois pour se réunir ici, et voilà ! J’ai planté une église de NT!»

Ainsi le dimanche suivant, Joe ouvre sa maison et commence une «église de maison» basée sur le NT (ainsi pense-t-il).

Joe obtient une autre révélation: «Je suis un planteur d’église comme Paul. J’ai commencé une église de maison juste comme lui.» Joe ne se rend pas compte qu’il a juste prélevé deux phrases de deux documents différents complètement hors contexte historique et les a cousues ensemble pour faire quelque chose qui n’a aucune racine dans les Écritures.
 

Mat. 18:20 n’est pas une recette pour fonder une église. Ce passage traite d’une réunion d’excommunication ! Les actes 2:46 est simplement un rapport de ce que les premiers chrétiens faisaient. Oui, les premiers chrétiens se sont réunis dans les maisons. Et on recommande fortement que nous nous réunissions dans les maisons aujourd’hui. [22]Mais, l’ouverture de la maison et l’invitation au peuple pour se réunir là ne fait pas une église. Ni fait-il du propriétaire de la maison un « planteur d’église ! »
 

Les églises qui ont été plantées au premier siècle ont été plantées avec du sang et de la sueur. Les hommes qui les ont plantés ne sont pas partis de la synagogue samedi et n’ont pas décidé qu’ils allaient planter des églises de maisons le dimanche. Chaque homme dans le NT impliqué dans la plantation des églises était premièrement une personne ordinaire dans une église déjà existante. En temps voulu, cette personne, après beaucoup de tribulation et de service dans une église, qui l’a connu si bien qu’on pouvait le lire comme un dictionnaire, était identifié et envoyé avec l’approbation de cette église. C’est un modèle cohérent dans tout le NT. [23]
 

Vous pouvez prouver n’importe quoi avec des versets, cher lecteur. Voir la naissance d’une église qui retrace les églises du premier siècle prend énormément plus de travail que d’ouvrir votre maison et faire asseoir du monde sur des divans confortables pour boire de la Java, manger des biscuits, et parler de la Bible.

Qu’est-ce que je veux dire par une église du premier siècle ? Je parle d’un groupe de personnes qui savent éprouver Jésus-Christ et l’exprimer lors d’une réunion, sans officiant ou directeur humain. Je parle d’un groupe de personnes qui peuvent fonctionner ensemble en tant que corps quand ils sont laissés à eux-mêmes après que le planteur d’église est parti. [24]

L’homme qui plante une église dans le style du premier siècle, la quittera sans pasteur, anciens, directeur de musique, aide à la Bible, ou enseignant de la Bible. Si cette église est bien plantée, ces croyants sauront accéder à la Souveraineté vivante et actuelle de Jésus-Christ lors d’une réunion. Ils sauront Lui laisser la direction de leurs rassemblements. Ils apporteront leurs propres chants, ils écriront leurs propres chants, ils serviront à partir de ce que le Christ leur montre sans le besoin de la présence d’un  dirigeant humain! [25]
 

Équiper un peuple dans ce but demande plus que l’ouverture de votre maison en disant: «venez faire l’étude de la Bible».
 

suite à venir (avec Notes)

 

]]>
http://www.blogdei.com/15203/la-bible-nest-pas-un-puzzle-lapproche-tic-tac-to-par-frank-a-viola/feed/ 11
Dieu est en train de faire une chose nouvelle dans son Eglise! http://www.blogdei.com/13749/dieu-est-en-train-de-faire-une-chose-nouvelle-dans-son-eglise/ http://www.blogdei.com/13749/dieu-est-en-train-de-faire-une-chose-nouvelle-dans-son-eglise/#comments Sun, 03 Apr 2011 16:53:33 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=13749

bible-foi.org / D. Wilkerson

L’église d’aujourd’hui a commencé avec une gloire qu’aucune génération n’avait connue.

L’église telle que nous la connaissons aujourd’hui a commencé par la repentance. Lorsque Pierre prêcha la croix le jour de la Pentecôte, des milliers vinrent à Christ. Cette nouvelle église était constituée d’un seul Corps, composé de toutes races, et ses membres étaient remplis d’amour les uns pour les autres. Sa vie communautaire était marquée par l’évangélisation, un esprit de sacrifice et même de martyr.

Ce merveilleux début reflète les paroles de Dieu à Jérémie : « Je t’avais plantée comme une vigne excellente et du meilleur plant « (Jérémie 2 :21). Pourtant, les paroles suivantes décrivent ce qui arrive souvent à de telles œuvres : « Comment as-tu changé, dégénéré en une vigne étrangère ? » (2 :21). Dieu voulait dire, « Je t’ai plantée comme il fallait. Tu étais à moi, tu portais mon nom et ma nature. Mais maintenant tu as dégénéré. »

Qu’est-ce qui a causé cette dégénérescence dans l’église ? Cela a toujours été et continuera d’être, l’idolâtrie. Dieu parle d’idolâtrie lorsqu’il dit à Jérémie, « Mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n’est d’aucun secours ! » (2 :11). L’idolâtrie a dévasté Silo, a dévasté le temple et a souillé l’église d’aujourd’hui. C’est la cause première derrière le fait que Dieu abandonne une œuvre ancienne pour en commencer une nouvelle.

Dans Ezéchiel 14, des anciens sont venus voir le prophète pour consulter l’Eternel. Ils voulaient savoir, « Qu’est-ce que Dieu est en train de dire à son peuple aujourd’hui ? » mais le Seigneur a dit à Ezéchiel, « Ces gens-là portent leurs idoles dans leur cœur, et ils attachent les regards sur ce qui les a fait tomber dans l’iniquité. Me laisserai-je consulter par eux ? » (Ezéchiel 14 :3). Autrement dit, « Ils sont venus ici comme s’ils me cherchaient vraiment. Mais ils cachent de méchantes idoles dans leurs cœurs. Pourquoi devrais-je leur répondre ? »

La plupart de l’enseignement chrétien aujourd’hui identifie une idole comme étant quelque chose qui vient entre Dieu et son peuple. C’est ce qui nous éloigne de lui. Pourtant, ceci n’est qu’une description partielle de l’idolâtrie. Après tout, les anciens qui vinrent trouver Ezéchiel n’en étaient pas empêchés par leurs idoles.

L’idolâtrie touche un problème beaucoup plus profond dans le cœur. En vérité, l’idolâtrie peut régner dans la maison de Dieu mais rester complètement invisible. C’est ce que le Seigneur voulait dire en parlant des anciens qui avaient un « obstacle d’iniquité devant leur face » (Ezéchiel 14 :3 traduction littérale de la version anglaise). L’obstacle, c’est n’importe quelle doctrine qui justifie une idole et empêche le peuple de voir ses péchés.

C’est exactement ce qui est arrivé dans l’église aujourd’hui. L’idole numéro un parmi le peuple de Dieu n’est pas l’adultère, ni la pornographie, ni l’alcool. C’est une convoitise beaucoup plus puissante. Qu’elle est cette idole ? C’est une ambition dévorante pour le succès. Elle a même une doctrine pour la justifier.

L’idolâtrie du succès touche beaucoup de gens dans la maison de Dieu aujourd’hui. Ces personnes sont droites, moralement propres, pleines de bonnes œuvres, mais elles ont établi une idole d’ambition dans leurs cœurs et elles ne peuvent pas en être détachées.

Tragiquement, c’était le même esprit qui agissait derrière Baal et Molech : prospérer et avoir du succès. Et aujourd’hui, cet esprit a pollué l’Evangile de Jésus Christ dans le monde entier. Il se présente comme un esprit de bénédiction, mais c’est une déformation de la bénédiction que Dieu veut donner à son église. Il anéantit la foi de millions de personnes.

Cet esprit est en plein dans le postmodernisme. L’un des principes du postmodernisme est que la société vous confère votre raison de vivre et votre valeur. Autrement dit, votre succès et votre acceptation sont mesurés selon les normes du monde. Le résultat c’est que beaucoup de chrétiens mesurent leur propre valeur d’après leur carrière, leurs biens, leur salaire.

Maintenant la théologie postmoderne s’infiltre parmi les dirigeants d’église. Pasteurs et évangélistes acceptent le mensonge comme quoi ce sont leurs collègues qui déterminent leur degré de succès. C’est la raison pour laquelle le succès, dans le domaine pastoral, se traduit par une assistance massive aux réunions, des grands bâtiments et un gros budget. Et c’est pourquoi des serviteurs de Dieu sont obligés de se surmener et de surmener leur assemblée pour accomplir ces objectifs.

Je vous le dis, ceci n’est pas l’église que Jésus Christ revient chercher pour la prendre pour épouse. Cette institution postmoderne, matérialiste, conduite par la chair a vieilli et elle est corrompue. Elle est à l’agonie maintenant.

Beaucoup de jeunes pasteurs dans le monde entier le ressentent. Ils en ont assez de cette vieille institution avec ses chamailleries et ses querelles confessionnelles. Ils ne veulent rien avoir à faire avec. Ils ont rejeté le besoin de grandeur et de notoriété. Au lieu de cela, ils se recentrent sur Christ, retournent à la recherche de Dieu et à la soif de la vérité. Et ils sentent qu’une œuvre nouvelle est dans l’air.

Quelle est la chose nouvelle que Dieu est en train de faire dans son église ?

« Voici, les premières choses se sont accomplies, et je vous en annonce de nouvelles ; avant qu’elles arrivent, je vous les prédis » (Esaïe 42 :9).

Dieu est sur le point de faire une chose nouvelle. Et cette œuvre nouvelle sera tellement glorieuse que son peuple le louera comme jamais il ne l’a fait : « Chantez à l’Eternel un cantique nouveau, chantez ses louanges aux extrémités de la terre, vous qui voguez sur la mer et vous qui la peuplez, îles et habitants des îles ! » (42 :10). Dieu est en train de nous dire, «Que tout mon peuple, dans le monde entier, chante mes louanges. Laissez moi entendre un chant nouveau de la part des marins sur la mer, des peuples de toutes les nations, de tous les pays de la terre. »

Nous savons que dans ces derniers jours, Satan descend sur la terre dans une violente fureur (voir Apocalypse 12 :12). Il est plein d’une grande colère car il sait que son temps est court. Et il va envoyer un flot d’iniquité sur l’église. Mais Dieu déclare, « Que mon peuple sache que le Lion de Juda descend, avec toute la puissance du ciel. Le Rédempteur arrive à Sion ! »

Ne pensez pas un seul instant que Dieu va permettre à Satan de prendre le contrôle de son église et dévaster ses enfants. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre le corps de Christ. Et je crois que le Seigneur est en chemin pour Sion maintenant même pour visiter son peuple.

Comme il l’a fait avec Sodome, le Seigneur vient pour épurer, et ce temps d’épuration commencera dans son église. En ce moment même, le Seigneur commence à brûler la paille dans sa maison. Et il va faire une chose nouvelle. L’Ecriture nous dit, « L’Eternel s’avance comme un homme puissant, il excite la jalousie comme un homme de guerre ; il criera, oui, rugira ; il l’emportera contre ses ennemis. » (Esaïe 42 :13 traduction littérale de la version anglaise).

Pourquoi Jésus vient-il avec un tel rugissement ? Et que va-t-il crier ? Il va crier de jalousie pour son peuple. Voyez-vous, notre Seigneur est dans un état de jalousie au sujet de son église en ce moment. Et voici son cri de jalousie : « J’ai longtemps gardé le silence, je me suis tu, je me suis contenu ; je crierai comme une femme en travail, je détruirai et dévorerai tout de suite » (42 :14, traduction littérale de la version anglaise).

Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi Jésus crierai-t-il comme une femme en travail ? Le Seigneur nous dit qu’il est sur le point de donner naissance à quelque chose de nouveau. Pendant que Satan se déchaîne, trompant des multitudes, Dieu dit à son peuple : « Une chose nouvelle et sainte est en train de naître à la barbe de Satan. C’est une église qu’il ne peut pas tromper. C’est l’église victorieuse sans tache ni ride. »

Jusqu’à maintenant le Seigneur a été silencieux. Il a retenu sa colère pendant que des fausses doctrines, des faux prophètes et des loups en habits de brebis ont anéanti des multitudes dans le corps de Christ. Mais maintenant Dieu fait entendre Sa voix.

Il nous dit, « Des bergers ont transformé ma maison en caverne d’iniquité. Pourtant j’ai gardé le silence. Des prédicateurs matérialistes ont corrompu mon église dans le monde entier avec d’abominables doctrines. Pourtant je n’ai rien dit. Je suis resté silencieux pendant que des « méga-églises » ont supprimé l’offense de la croix de leurs assemblées. Je me suis retenu alors que des bergers satisfaits d’eux-mêmes permettaient à des clowns et à des fantaisistes d’apporter légèreté et frivolité dans ma sainte maison. « Mais ça suffit ! Maintenant je suis fatigué et je vais descendre dans ma maison pour la nettoyer avant de revenir pour mon épouse. Vous êtes prévenus, je viens à vous avec une sainte jalousie et je vais détruire toutes ces fausses doctrines. Je vais mettre en faillite tous les bandits et les voleurs qui ont rempli mes pupitres. J’assécherai leurs sources et dessécherai leurs rivières d’argent.

« Je ravagerai montagnes et collines, et j’en dessécherai toute la verdure ; je changerai les fleuves en terre ferme, et je mettrai les étangs à sec….ils reculeront, ils seront confus, ceux qui se confient aux idoles taillées, ceux qui disent aux idoles de fonte : vous êtes nos dieux ! » (Esaïe 42 :15,17).

Bien-aimés, voilà la chose nouvelle que Dieu fait dans son église. Il dit, « Je vais détruire tout ministère qui vient de la chair, de la publicité et du matérialisme. Et je vais susciter des bergers selon mon cœur, des serviteurs fidèles qui me connaissent. Je détruirai tout faux évangile, j’embrouillerai et je ferai honte à tout faux enseignant.

Toutefois, je n’abandonnerai pas ces millions de personnes sincères qui furent induites en erreur par de fausses doctrines. Ils ne connaissaient pas autre chose, mais maintenant ils vont entendre mon évangile pur. Quand ils l’entendront, ils se repentiront et auront honte de l’évangile superficiel et frivole qui les a fait dévier. Je vais les conduire dans la vérité. »

« Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu’ils ne connaissent pas, je les conduirai par des sentiers qu’ils ignorent ; je changerai devant eux les ténèbres en lumière, et les endroits tortueux en plaine : Voilà ce que je ferai, et je ne les abandonnerai point. » (42 :16).

Quelle promesse formidable ! Nous voyons maintenant pourquoi Esaïe a prophétisé, « Que le désert et ses villes élèvent la voix ! .. que les habitants des rochers tressaillent d’allégresse ! Que du sommet des montagnes retentissent des cris de joie ! Qu’on rende gloire à l’Eternel, et que dans les îles on publie ses louanges ! » (42 :11-12)

Chers frères et sœurs, Dieu est en train de faire une chose nouvelle en ce moment. Il appelle son peuple une fois de plus à abandonner toute idole et faire du Rocher, Jésus Christ, leur demeure. Je vous exhorte, soyez prêts à obéir à son cri : « Que les habitants du Rocher chantent ! »

David Wilkerson

Lire l’article:
http://www.bible-foi.org/edification/david-wilkerson/309-dieu-est-en-train-de-faire-une-chose-nouvelle-dans-son-eglise-.html

]]>
http://www.blogdei.com/13749/dieu-est-en-train-de-faire-une-chose-nouvelle-dans-son-eglise/feed/ 13
Une réflexion sur le réveil, par Paul Wells http://www.blogdei.com/13154/une-reflexion-sur-le-reveil/ http://www.blogdei.com/13154/une-reflexion-sur-le-reveil/#comments Sat, 05 Mar 2011 22:32:25 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=13154

Par Paul Wells (*)

Les réveils se font rares dans le protestantisme en Occident depuis trop longtemps… Est-ce que cela nous interpelle ? Que devrions-nous en penser ?

Un réveil est nécessaire après un état de sommeil ou de lassitude. Il se manifeste par une reprise d’activité empreinte de plus ou moins de vigueur. Une équipe jugée inerte au début d’une compétition peut finalement se réveiller et gagner !

Dans le domaine spirituel, le mot  » réveil  » concerne les individus ou les communautés. Sous l’influence de l’Esprit, une vitalité nouvelle se produit et l’inactivité, l’indifférence et le laxisme font place à un enthousiasme porteur de projets nouveaux. Pendant les périodes de sommeil, rien ne se passe ; avec le réveil, c’est-à-dire avec la conscience vive de la présence de Dieu, le désir et la vision d’accomplir de grandes choses en Son nom surgissent et stimulent l’esprit d’entreprise.

Les Eglises ou les personnes spirituellement mortes ne connaissent pas de vrai réveil spirituel, car il n’y a en elles aucune vie à réveiller. Elles ont seulement besoin d’une vie nouvelle. Dans un réveil, la vie, présente mais inerte, s’embrase soudainement et se concrétise dans un témoignage rayonnant. Le réveil touche, d’abord, la vie intérieure d’une communauté croyante et peut s’étendre, par la suite, par la conversion de personnes périphériques ou des non-croyants. C’est uniquement par le renouveau des individus et le grand nombre de ceux-ci que le réveil peut arriver à atteindre la vie d’une société, comme cela s’est produit, au XVIIIe siècle, dans l’Europe protestante et en Amérique du Nord.

L’anti-routine

Ainsi, il y a réveil lorsque le Saint-Esprit accomplit une œuvre extraordinaire parmi les croyants. Illuminés par la grandeur de Dieu, Sa patience et Sa grâce, convaincus, comme au premier jour, de Sa vérité et touchés au plus profond d’eux-mêmes par Son amour, les fidèles accomplissent un service et rendent un témoignage en plein essor, lesquels rompent avec la vie ordinaire de l’Eglise… Le réveil, c’est l’anti-routine de l’institution ecclésiastique, c’est ce qui interrompt son ronron.

Dire d’une personne ou d’une Eglise qu’elle a besoin d’être réveillée implique un jugement négatif sur un  » vécu  » présent par rapport à un idéal, ou une expérience passée, ou un modèle biblique comme celui de la Pentecôte. Ce jugement négatif est, cependant, tempéré par la crainte des excès de zèle, voire des débordements difficiles à contrôler, qui ont parfois caractérisé les réveils du passé. Aussi la question est-elle posée : la notion de réveil est-elle biblique ? Selon les tempéraments ou les expériences personnelles, on hésitera à répondre nettement et on préférera le terme de  » réforme  » à celui de  » réveil,  » comme si la Réforme n’avait pas été le plus grand réveil de l’histoire de l’Eglise chrétienne !

Le peuple de Dieu, tout au long de l’Ancien Testament, a connu des renouveaux sous l’influence des prophètes et de leaders fidèles comme les juges. Un des textes les plus évocateurs à ce sujet est celui d’Esaïe 63.15-64.11, qui rend compte des errements du peuple loin de Dieu, de Sa patience ; il exprime aussi l’aspiration humaine que l’on trouve à l’origine de tout renouveau religieux :

«  Ah! Si tu déchirais les cieux et si tu descendais, les montagnes s’ébranlerait devant toi «  (63:19).

Le réveil biblique est lié à l’ardeur avec laquelle on l’attend. Dans le Nouveau Testament, les Eglises de l’Apocalypse semblent avoir assez vite perdu le souffle de la Pentecôte (Apocalypse 2:3) et sont exhortées à retrouver leur premier état, c’est-à-dire une vie saine de l’Eglise selon le modèle des Actes. Actes 3 décrit l’événement de la Pentecôte comme une grande conversion du peuple de Dieu et laisse supposer que des périodes de  » rafraîchissement  » analogues interviendront jusqu’au jour où Jésus reviendra. «  Repentez-vous et convertissez-vous pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu’Il envoie Celui qui vous a été destiné, le Christ-Jésus. C’est Lui que le ciel doit recevoir jusqu’aux temps du rétablissement de tout…  » (Actes 3:19-21). Ce texte laisse entrevoir que, dans le futur et jusqu’à la fin des temps, des renouveaux se produiront, des moments où l’Evangile sera proclamé non seulement en paroles  » mais aussi avec puissance, avec l’Esprit Saint et une pleine certitude. » (1 Thessaloniciens 1:5) comme c’était le cas durant le ministère de l’apôtre.

Ces textes suggèrent qu’il y aura des moments où le peuple de Dieu vivra dans l’oubli et dans l’ignorance de la puissance de la vérité, qu’il y aura des temps où la conversion sera nécessaire et où il faudra chercher à nouveau la présence du Seigneur. L’Eglise a connu des hauts et des bas, mais Dieu est intervenu pour la maintenir en vie. C’est à ces moments extraordinaires que sa vie est spirituellement renouvelée et qu’elle progresse dans son témoignage. Un champ a besoin d’une pluie régulière, mais un arrosage d’appoint favorise une récolte plus abondante. Les réveils sont le résultat de cette intervention de Dieu lorsqu’il inonde Son peuple de bénédictions.

Attente et prière

Le réveil est la conséquence d’une attitude d’attente et de prière « par l’Esprit, » c’est-à-dire une prière constante (Ephésiens 6:18), en forme de lutte avec Dieu dans la nuit des incertitudes, comme celle de Jacob, afin de recevoir une bénédiction. Mais le surgissement du réveil ne dépend que de Dieu et de Son intervention, qui est inattendue et, quelquefois, inespérée. Les endroits où les réveils se produisent, par l’ironie de Dieu, sont souvent des lieux sans prestige, inconnus. Non pas Notre-Dame-de-Paris, l’Abbaye de Westminster ou St-Pierre-de-Rome, mais Wittenberg, Cambuslang en Ecosse, les vallées minières du Pays de Galles, Northampton dans la Nouvelle Angleterre, les bourgades de la Drôme ou des Alpes, Séoul et des îles perdues en Indonésie.

Ainsi les réveils soulignent l’impuissance de l’homme seul, même s’il se pare des apparences magnifiques du formalisme religieux. S’il recherche Dieu, il peut s’attendre à de grandes choses. En conséquence, il est clair que les tentatives faites pour organiser et programmer des réveils depuis plus d’un siècle se sont fourvoyés. Entre le « réveil » et le « revivalisme » qui s’efforce d’organiser l’intervention divine par des campagnes et des statistiques, il existe une différence majeure. Le réveil est inattendu. L’homme ne peut ni le commencer ni l’arrêter : il est une manifestation de la puissance de l’Esprit. L’Eglise est incapable de provoquer un réveil, mais elle peut en favoriser la venue en remplissant deux conditions : l’attendre avec ardeur dans la prière et veiller à ce que l’enseignement qu’elle dispense et sa prédication honorent la croix du Christ. Cela se vérifie historiquement. En tant que fidèles, il nous appartient donc de bien prendre la mesure de notre responsabilité individuelle et collective.

* Paul Wells professeur de théologie systématique à la Faculté Libre de Théologie Réformée d’Aix en Provence.

]]>
http://www.blogdei.com/13154/une-reflexion-sur-le-reveil/feed/ 9
La plénitude des temps, par E. Sauer http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/ http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/#comments Fri, 07 Jan 2011 23:09:54 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=12237

suite de la première partie

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. (L’Ecclésiaste 1.9)

Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils (Gal. 4 4)

Reportons-nous en l’année 823 avant Christ. Comme un léopard « volant» (Dan. 7 : 6), Alexandre a vaincu l’ours perse (Dan. 7 : 5), le bélier (Dan. 8.7) devenu sans force. Au printemps de 834, il a entrepris sa marche victorieuse avec 35 000 hommes seulement et, en automne de l’année 831, l’empire perse était en ruines. Alexandre avait déjà dirigé ses regards vers l’ouest, mais la mort l’enleva dans les jardins du palais de Nébucadnetsar à Babylone (Dan. 11 : 3-4). La grande corne fut brisée (Dan. 8 ) et son empire tomba en pièces (Dan. 8. 8, 22). Néanmoins, Alexandre garde une profonde signification dans l’histoire du monde et dans le déroulement du plan du salut de Dieu. En effet, il ne se contenta pas d’une conquête politique et militaire de l’est et de l’ouest. Son plan, en fait, visait à souder culturellement et à unir en une seule nation l’Occident et l’Orient. Il forma 80 000 Perses selon les règles militaires gréco-macédoniennes, introduisit le grec comme langue d’échange. Presque partout dans l’ancien Orient furent établis des théâtres, écoles, terrains de sport et avec eux pénétraient très loin à l’est, l’esprit et la mentalité grecs. Inversement, Alexandre transféra des coutumes perses dans le monde grec. Les costumes orientaux et le cérémonial perse (par exemple; la vénération du roi) furent introduits jusqu’à la cour royale. Alexandre lui-même épousa la princesse bactrienne Roxana, la « perle de l’Orient ». Huit de ses généraux, ainsi que dix mille de ses soldats macédoniens suivirent son exemple ce qui donna lieu à cinq jours d’une fête brillante riche en cadeaux de mariage, fête qui eut lieu à Suze, ville perse qui fut, on s’en souvient, la résidence de la reine Esther (Esther 1 :2).

Ainsi naissait une union culturelle entre l’est et l’ouest, mélange que l’on appela «hellénisme ». Sous ce rapport également, l’empire d’Alexandre fut semblable au léopard de la vision de Daniel, dont le pelage magnifiquement varié correspondait bien au coloris riche et multiple de la civilisation européenne orientale. L’hellénisme fut le produit d’une politique délibérée. C’est la civilisation créée par Alexandre lui-même. Et c’est en cela que réside son incomparable signification pour tous les temps. La conscience du peuple a indiqué cela, bien que sans le vouloir, sans doute, en donnant à Alexandre, pour la première fois à un mortel, le titre de «Grand ». Son empire tomba en pièces directement après sa mort, mais le travail véritable de la vie d’Alexandre subsista. Les Romains allaient en hériter plus tard, surtout à partir du deuxième siècle avant Christ. Mais il faut souligner, parce que cela a une signification particulière, que les Romains n’allaient jamais entreprendre de romanisation, contrairement à ce que l’on aurait pu penser. Bien plutôt, continuèrent-ils, dans leur action civilisatrice, l’hellénisation du monde. L’empire romain devenait ainsi le réceptacle relativement uniforme des cultures hellénistiques. Il s’étendit du levant au couchant du soleil, des eaux du Nil aux rivages du Tyne sur les frontières de l’Ecosse et du détroit de Gibraltar aux pays montagneux de l’Iran. Et pourtant, bien que les Romains aient été les maîtres politiques et militaires du monde, culturellement, ils étaient conquis par les Grecs de beaucoup supérieurs sous le rapport de la pensée et de la philosophie. Tout cela contribuait à faire naître le monde qui allait servir de berceau au christianisme primitif, accomplissement des temps. Ce monde nous semble caractérisé surtout par les six traits suivants

1. Centralisation mondiale

2. Unité culturelle

3. Commerce mondial et relations mondiales

4. Paix mondiale

5. Affaiblissement mondial de la moralité

6. Mélange religieux mondial.

I. Centralisation mondiale

Le Romain ne connaissait rien de plus grand que l’Etat. L’idéal du courage était un dévouement sans limite à l’Etat. Etre serviteur de la «Rome éternelle» était le sommet de son ambition. L’homme, l’individu disparaissait ainsi pour ne laisser que le citoyen. L’Etat ainsi conçu trouvait son expression, s’incarnait en quelque sorte dans la personne de son chef, le César (empereur). Il était le sommet unificateur du tout, en sa qualité de «premier citoyen de l’Etat », ce qui explique la portée significative de l’adoration de l’empereur. C’était l’expression religieuse de l’unité de l’Etat poursuivie surtout depuis Caligula (37-41) et Domitien (81-96). Sa signification principale était d’ordre politique en ce qu’elle constituait la reconnaissance religieuse de l’unité extérieure et intérieure de l’empire, véritable religion d’Etat et seule contrainte en matière de croyance imposée par l’empire romain, par ailleurs si tolérant. L’empereur se présentait comme « dieu et souverain sauveur de la vie humaine » (Jules César déjà !), « fils de dieu » (Auguste), «seigneur et dieu» (Domitien), «grand prêtre », « sauveur du monde» (Auguste, Claude et Néron), « roi des rois… » Ses décrets étaient appelés « évangiles », ses lettres « écrits sacrés », son arrivée « parousia » (avènement), ses visites, « épiphanies ». On voit combien un conflit avec le christianisme primitif était inévitable. C’est sur ce terrain qu’allait jouer principalement la persécution des chrétiens et c’est en cela qu’en même temps, l’empire du premier siècle devenait un type de l’empire final de l’antichrist, au temps de la fin (la bête portant des noms de blasphème, aux cornes ornées de diadèmes d’Apocalypse 13 : 1). C’est de ce César tout-puissant que sortaient les ordres destinés à tous les territoires de l’empire. Sa seule volonté gouvernait le monde méditerranéen entier. Même le Fils du royaume céleste en son incarnation devint un sujet romain (Mat. 22 : 21). Pourtant, cette volonté impériale était, en fait, assujettie à la volonté du Très-Haut. Du centre de ce monde méditerranéen sortit un ordre purement politique, affectant les nations, le décret de recensement de César Auguste (Luc 2.1). Cette ordonnance politique, en dernière analyse, était un moyen dans la main de Dieu, Seigneur des seigneurs, pour amener l’accomplissement d’une vieille prophétie concernant une très petite cité du pays de Juda, la petite ville de Bethléem Ephrata, la cité de David (Michée 5 : 1; Luc 2 : 1-7). Ici se rencontrent le grand et le petit, et dans ce qui est petit se cache en fait l’ultime grandeur!

II. Unité culturelle mondiale

Il y a eu des empires plus largement étendus que l’empire romain. Certains rassemblaient un plus grand nombre de citoyens, mais jamais on ne vit d’empire unissant en lui-même comme le fit l’empire romain, tous les peuples civilisés de son temps. Ce fut un puissant assemblage des civilisations, un gigantesque processus d’égalisation et d’association qui se développa par l’hellénisation et la romanisation de l’Orient d’une part et l’orientalisation de l’Occident d’autre part.

1. Les trois courants principaux. — Dans son essence, l’hellénisme de l’empire romain était la conjonction de trois principaux courants: Le grec qui inclut l’art, les sciences et la philosophie; le romain avec sa vie militaire, politique et juridique, et l’oriental avec ses cultes mystiques et religieux. Aucun universalisme organique ne fut cependant créé. La cause en est imputable, semble-t-il, à l’absence, dans l’antiquité, d’une notion de l’« humanité », exception faite de la philosophie stoïcienne. La conscience générale s’était cependant élargie dans le sens d’une meilleure conscience du monde, en sorte que celui-ci était préparé à l’universalisme du message du salut qu’apportait le Christ.

2. Le grec, langage de la mission chrétienne mondiale. — Un autre fait revêt une importance encore plus grande: le langage unique employé dans les relations internationales. En dépit de la persistance de l’emploi des langues nationales et dialectes locaux (Actes 14 : 11 21 : 40), le grec était compris partout à tel point qu’on l’appelait dans tout l’empire « le langage commun» (grec de la Koine). Une des principales difficultés rencontrées dans le travail missionnaire des premiers chrétiens était ainsi ôtée à l’avance. Ils n’auraient pas à étudier la langue des pays dans lesquels ils allaient être envoyés, ce qui permettrait à l’Evangile de poursuivre sa marche victorieuse beaucoup plus rapidement qu’il ne l’aurait pu sans cela. Ce fut vrai surtout pour les grandes villes des côtes. Paul fut l’évangéliste des grandes cités et des ports. Dieu, dans sa providence, à travers tout le développement de la période des empereurs, préparait le grec pour en faire la langue de la mission mondiale des premiers chrétiens, en même temps que la langue du Nouveau Testament.

III. Commerce et transports internationaux

1. Communications mondiales. — Au milieu de la place du marché de chaque ville, il y avait une borne kilométrique indiquant la distance qui la séparait de Rome. Sur le marché de la « Rome éternelle », la borne était en or. Erigée par Auguste, elle décrivait la ville capitale comme le cœur battant de cet organisme géant des peuples. Entre Alexandrie et l’Asie-Mineure, il y avait une liaison maritime journalière (Ramsey, Lettres aux sept Eglises. 18, 435).

Selon Pline, on pouvait aller d’Espagne à Ostia, le port de Rome, en quatre jours et en deux jours depuis l’Afrique. L’inscription tombale d’un marchand phrygien nous apprend qu’il avait fait 72 fois le voyage d’Hiérapolis, près de Colosse en Asie-Mineure, jusqu’à Rome, ce qui représente 72 fois plus de 2000 kilomètres. Sans ce trafic mondial important, l’avance rapide du christianisme primitif eût été inconcevable. Le trafic maritime était particulièrement important, le travail évangélique s’effectuant en grande partie dans les ports, surtout en ce qui concerne Paul. « Pour la plus grande part, le monde de l’apôtre Paul doit être cherché là où souffle le vent de la mer» (Deiszmann, Paulus. Tiibingen 1911, p. 25). Que l’on pense seulement aux séjours de Paul dans les ports de Césarée, Troas, Ephèse, Athènes, Corinthe et Rome…

Les relations par voies terrestres étaient cependant, elles aussi, de la plus grande importance. Même les pays les plus isolés et les plus lointains ont été ouverts, grâce aux routes et aux ponts. Un réseau assez complet de grandes voies bien construites protégées par des murs et des forteresses, se répandait sur tout l’empire. «Toutes les routes mènent à Rome ». Un peu plus tard, sur ces routes impériales, les messagers de l’Evangile allaient courir pour porter au monde la bonne nouvelle du Rédempteur qui venait d’apparaître. A lui seul, Paul parcourut par terre et par mer, un total de plus de 25 000 kilomètres.

2. La diaspora juive. — Les Juifs, eux aussi, prirent part au commerce mondial. Beaucoup de citoyens de ce pays encore à peu près inconnu de l’ouest au Ive siècle avant Christ, allèrent s’établir en dehors de la Palestine. Ainsi commença-t-on à parler de la diaspora (dispersion). Alexandre le Grand avait transporté 10 000 Juifs vers Alexandrie qu’il était en train de construire. Le roi Ptolémée Lagos et ses successeurs y établirent une colonie de plus de 100 000 Juifs. Au temps des apôtres, 50 000 Juifs environ habitaient Rome. C’est en Babylonie et en Syrie orientale qu’ils étaient le mieux représentés. En Egypte, ils constituaient un huitième de toute la population et à peu près la moitié de la population d’Alexandrie, la capitale. Des cinq sections de la ville, deux étaient entièrement occupées par des Juifs, tandis que de nombreux autres occupaient les quartiers mixtes. Presque tout le commerce des céréales était entre leurs mains (cf. Actes 2 : 9-10).

3. Les prosélytes. — Par le moyen des Juifs dispersés, Israël commença à être connu des nations du monde. Les Gentils prenaient contact, en même temps, avec sa religion. Plusieurs se sentirent attirés par la foi simple et sublime en ce Dieu unique. Les Juifs, y compris les pharisiens, les « séparés» et les plus zélés représentants de leur nationalisme (Mat. 13 : 15), portaient au loin le travail missionnaire. Ceux qui avaient été gagnés recevaient l’appellation d’« additionnés » ou « ajoutés » (en grec: prosélytès – Actes 2 : 11; 8 : 26-40; 10 : 1-2). Un prosélyte à part entière était reçu dans le judaïsme par la circoncision et le baptême par immersion.

Partout, Paul s’associait à la diaspora juive (Actes 13 : 5, 14; 14 : 1; 17 : 1, 10; 18 : 4; 19 : 8). Sans la synagogue, le lieu juif de la prière (proseuché, Actes 16 : 13), l’activité d’évangélisation de l’apôtre eût été à peine concevable. Depuis l’époque d’Alexandre le Grand, les rapports mondiaux édifiaient ainsi la base d’une des méthodes les plus importantes du travail des premiers chrétiens dans la proclamation de l’Evangile.

4. Point de départ des voyages missionnaires de Paul. — Il y a plus. Paul devait certainement des remerciements indirects au monde juif de la diaspora. Ce fut grâce au service des Juifs de la diaspora, convertis à Chypre et à Cyrène, que naquit l’église chrétienne d’Antioche (Actes 11 : 20), tandis que les Juifs de la Palestine, manquant de contacts et de compréhension pour le monde non-juif, se cantonnaient à la proclamation de 1’Evangile aux Juifs et aux vrais prosélytes (Actes 15 : 1-6). Dans l’Antioche de Paul, centre de luxure et de péché de l’ancien monde, « cité des buveurs » comme devait l’appeler plus tard un des empereurs, là même, les disciples reçurent pour la première fois le nom de «chrétiens » (Actes 11 : 26). L’Antioche d’Antiochus, la petite « corne », antichrist du troisième empire mondial (Dan. 8 : 9-14 11: 21-45), devenait le point de départ de la mission mondiale du christianisme. Ironie du gouvernement divin de ce monde par Dieu (Ps. 2 4). Vraiment, la lumière luit dans les ténèbres (Jean 1 : 5).

5. La Bible de la mission mondiale. — Ce cours des idées devait atteindre son zénith dans la version des Septante. Les Juifs qui vivaient hors de Palestine oublièrent assez vite la langue hébraïco-araméenne. Après quelques générations, la nécessité d’une traduction grecque de la Bible juive se fit sentir pour les services de la synagogue. En quelques décades, une telle traduction devint réalité. Ce fut la Septuaginta. Cette version aurait été appelée ainsi (du latin) parce que, selon la tradition juive, elle aurait été l’œuvre de 72 scribes palestiniens qui y auraient travaillé 72 jours, séparés les uns des autres en 72 cellules, pendant les jours du roi Ptolémée II Philadelphe (284-246 avant Christ). En fait, elle fut l’œuvre de beaucoup de traducteurs et prit corps graduellement en Egypte (Alexandrie) entre 250 et 100 avant Christ. Il semble que la dernière partie à avoir été traduite soit le livre de l’Ecclésiaste (probablement pas avant le premier siècle avant notre ère)150. Cette version devint ensuite un moyen puissant entre les mains de Dieu pour préparer et poursuivre l’œuvre de la proclamation de l’Evangile par les premiers chrétiens. A travers elle, le monde des Gentils fut mis en contact avec la foi révélée du judaïsme. Paul et les autres prédicateurs de l’époque l’employèrent au cours de leurs voyages. En fait, c’est même des Septante que les auteurs du Nouveau Testament tirent leurs citations de l’Ancien Testament. Cette Bible originellement juive devint ainsi l’instrument missionnaire par excellence du christianisme primitif, ce qui explique pourquoi les Juifs dans leur opposition au christianisme, cessèrent de l’employer dès le second siècle.

IV. Paix mondiale

Cette paix mondiale fut un fruit particulier du gouvernement des Césars. Les Romains étant devenus seigneurs de toute la terre, les passions se modérèrent et l’on vit s’établir la très louée paix romaine ou « pax romana ». Quoique l’époque d’Auguste n’ait pas été entièrement exempte de toute guerre, le temple de Janus, dieu de la guerre, à Rome, pouvait enfin être fermé en l’an 29 avant Christ, après plus de deux cents ans de batailles ininterrompues (depuis 286). Tous les récits des efforts d’évangélisation dans le monde montrent le rôle que peut jouer la guerre ou la paix par rapport à l’activité missionnaire. Il est donc permis de dire que sur ce point-là aussi, le chemin était préparé pour l’Evangile.

V. Dégénérescence mondiale

Au point de vue moral, ce monde si magnifiquement civilisé portait en soi un germe de mort. Les flots d’or qui coulaient dans la capitale du monde, surtout depuis la victoire sur Annibal (202 avant Christ), conduisirent à une telle luxure que la souillure et la vulgarité levèrent bientôt la tête avec insolence. L’aristocratie et le prolétariat étaient les classes les plus dépravées. Selon les descriptions de Tacite, Suétone et Juvénal, on ne saurait trouver de peinture assez noire pour décrire la déchéance de la moralité dans l’aristocratie et parmi les officiers d’Etat les plus hauts placés. Débauche, gloutonnerie et licence étaient l’ordinaire, spécialement au milieu du premier siècle. Les classes les plus basses étaient tombées très bas, elles aussi. Dans les grandes villes helléniques, le manque de travail ruinait les masses. Panem et circense, du pain et des jeux. Telles étaient leurs revendications auprès du gouverneur. Le jour, ils flânaient paresseusement. Le soir, ils se rendaient à l’amphithéâtre, exutoire de la brutalité romaine. Si denses étaient les foules qui se rendaient aux combats de bêtes sauvages, aux combats de gladiateurs et autres jeux analogues, que les empereurs Vespasien et Titus durent faire construire à Rome le vaste amphithéâtre Flavien auquel on donna (au Moyen Age) le nom de Colisée (Colosseo), sans doute à cause de la statue colossale de Néron (colossus Néronis) dressée à proximité. Cet amphithéâtre comptait 55 000 sièges. Lors de sa dédicace, douze mille bêtes et dix mille gladiateurs périrent en un spectacle qui se renouvela cent vingt jours. Il en était autrement de la classe moyenne. Les papyrus témoignent que là se trouvait encore une certaine charpente de décorum, moralité, vie de famille et sentiments religieux. Par contre, on ne croyait plus guère aux divinités de la Grèce ou de l’Italie. La masse du peuple s’était tournée vers les dieux orientaux de l’est lointain qui gagnaient du terrain en grand nombre en ce temps-là.

VI. Mélange religieux mondial

Ce point représente donc le dernier trait caractéristique essentiel de la période de l’empire romain. Des communautés religieuses orientales, d’Egypte, de Perse, de Babylone et d’Asie-Mineure opéraient une réelle poussée et formaient des associations secrètes appelées « mystères ». On connut rarement époque aussi religieuse que celle de « l’accomplissement des temps ». De l’Egypte vint la vénération d’Isis et d’Osiris (Sérapis) ; de Perse sortit le culte de Mithra, surtout dans l’armée. A son côté était le culte de Cybèle d’Asie-Mineure, avec le service d’Attis. D’Orient était venue aussi la vénération de l’empereur.

De l’Orient venait une véritable migration de dieux et d’idoles, un amalgame et une fusion de religions et de cultes qui semblent bien avoir été uniques dans l’histoire humaine par sa confusion toute «babylonienne» de divinités ; dieux d’Etat, dieux grecs, dieux de l’Orient, religions et mystères mélangés, le tout se mariait toujours plus étroitement en une puissante rivière unique et colorée. Au point de vue religieux, l’est faisait la conquête de l’ouest. Rome donnait sa vénération à toutes les divinités souvent horriblement grotesques, insensément confuses et d’une fantaisie maladive. Ce monde méditerranéen tout entier ressemblait à une gigantesque marmite remplie de mixture. Un chaos religieux orientalo-occidental sans parallèle voyait le jour. Les anciennes religions étaient en banqueroute spirituelle. Mais, par là même, elles servaient de dessein de Dieu dans sa préparation du monde à la proclamation du salut.

1. Egalité des dieux. — Grâce aux relations internationales et à ce mélange des civilisations survenus depuis Alexandre le Grand, les peuples apprirent à se connaître mutuellement en même temps qu’ils entraient en contact avec la foi et l’adoration caractéristiques des uns et des autres. Une question allait se faire jour tout naturellement: Qui d’entre eux avait raison? Les Perses attestaient que Ahura Mazda était le dieu principal; les Grecs affirmaient que c’était Zeus. Pour les Romains, c’était Jupiter, pour les Babyloniens, Marduk, pour les Egyptiens, Ammon de Thèbes… Et si, par hasard, ils avaient tous également raison? Si tous ces dieux n’étaient en fait que des noms différents donnés à une même divinité? C’était au moins une solution très pragmatique. Ainsi s’établit une égalité internationale et innombrable de divinités. Avec le mélange et la fusion des opinions diverses sur la divinité s’étendait graduellement une conformité de cérémonial. On Vit poindre les premières tendances à l’harmonie des peuples sur les questions religieuses. L’idée d’un dieu à la tête de tous ces autres qui, jusque-là, prévalaient dans chaque pays isolément, gagna de plus en plus d’esprits. Les hommes imaginèrent un dieu principal commun dont tous les autres ne seraient en fait que révélations et manifestations individuelles. Sur le monde non-juif du  temps des empereurs, commençait ainsi à planer une croyance plus ou moins perceptible en un dieu. Nébuleuse et vague, avec tout ce qu’elle avait d’incertain, c’était pourtant déjà une foi centrée sur un Dieu, c’était déjà le pressentiment d’un vrai dieu des cieux et de la terre, encore «inconnu» mais que les messagers de l’Evangile allaient proclamer au monde (Actes 17 : 23).

2. Religions secrètes d’Orient. — Plus importante encore que cette identification de toutes les divinités fut l’activité missionnaire des religions de l’est en voie d’établissement. Que ces religions soient venues de l’est était en soi significatif au plus haut degré. Lorsque des maîtres religieux viendraient de l’Orient pour enseigner l’Occident, on ne s’en étonnerait pas et l’on prêterait l’oreille à leur message. De plus, la plupart de ces religions orientales avaient en commun l’idée fondamentale d’un dieu de la nature qui meurt et revient à la vie. Cela est si vrai qu’ils en étaient venus à déifier le dépérissement et la revivification du monde végétal ou bien encore le coucher et le lever du soleil, de la lune ou des étoiles 151. Ces diverses « foi » de l’Orient étaient évidemment édifiées sur une base totalement différente de celle du christianisme. Il est à peine utile de souligner tout ce qui oppose la déification de la nature ou encore l’interprétation mystique des mouvements des astres à la base sur laquelle repose l’Evangile, à savoir la révélation réelle de Dieu et les faits historiques de la mort littérale et de la résurrection tout aussi littérale du Rédempteur (I Cor. 15 : 18-19). Dans un sens pourtant, toutes les religions de la nature préparaient les Gentils à comprendre le message relatif à la mort de Jésus en croix et à sa résurrection.

Mais la question essentielle en tout cela est que ces religions étaient toutes des religions de la rédemption. Par là, elles répondaient à l’état d’esprit fait d’affliction et d’aspiration à quelque chose de transcendant qui caractérise la période des empereurs romains, comme c’est le cas, d’ailleurs, dans toute époque de décadence d’une civilisation quelconque. Dans les mystères de Mithra, cette fuite hors du monde évolua même vers le suicide de repentance.

3. Aspirations vers une rédemption. — Qu’une telle prise de conscience du besoin de rédemption s’éveille à ce moment précis, se justifie par la révolution effective opérée dans tous les domaines par la conquête du monde, les relations internationales et l’affaiblissement de la moralité. C’est en cela que nous percevons le mieux combien le monde gentil avait été préparé au message de l’Evangile et pourquoi la Bible dit que « les temps étaient enfin accomplis ».

L’ancien monde était centré sur le côté subjectif de l’univers, son propre côté. On n’y reconnaissait de réalité que le côté visible. L’autre côté était regardé comme chimérique et obscur. Sous cet angle, la pente de l’esprit humain allait du dedans vers le dehors, d’où le goût de l’architecture, de la sculpture, du décoratif, du drame, des spectacles, processions et marches triomphales. De là, aussi, la disparition de l’homme en tant qu’individu et personnalité libre au bénéfice de la nation dont il n’était plus qu’un simple « citoyen ». Maintenant tout changeait. Une transformation s’opérait qui allaite conduire du dehors vers le dedans, en même temps que de ce côté-ci vers ce côté-là. La conquête du monde méditerranéen par Rome, la mise à sac par ce conquérant des trésors trouvés, l’injustice, l’oppression des provinces, le matérialisme et l’immoralité des classes dirigeantes et inférieures associés au commerce et aux rapports mondiaux, ne pouvaient qu’amener finalement une réaction contre toute cette splendeur et cette frivolité extérieures, en même temps qu’un sentiment de déception et de vide dans le cœur de ceux qui gardaient encore quelque sens du noble et du vrai.

Or, si le bonheur ne peut se trouver de ce côté-ci, le regard le cherche naturellement avec d’autant plus d’instance de l’autre côté. Si la vie dans ce monde est mélancolique et sans joie, si la terre ne peut offrir le bonheur et les réalités profondes auxquelles l’âme ne renonce jamais tout à fait, alors, l’existence réelle et vraie, heureuse et pleine doit être là-haut. Aussi commença-t-on à considérer le corps comme la « prison» de l’âme, la mort comme la mise en liberté et une « naissance à l’éternité » comme le disait Sénèque152.

A ce changement du présent vers l’avenir se joignit un revirement de l’extérieur vers l’intérieur. Le visible avait failli, le regard allait donc se tourner vers l’invisible qui comprend l’intérieur, donc le cœur avec le conflit qui s’y est toujours livré entre le bien et le mal. L’introspection est souvent une triste déception. La conscience du péché augmenta surtout dans les IIe et IIIe siècles de notre ère, après les orgies du temps des premiers empereurs, en sorte qu’une attitude générale de pénitence gagna l’ensemble du monde méditerranéen. De plus, à ce revirement du visible et de l’extérieur vers l’invisible, et l’intérieur s’ajoutait une attirance nouvelle vers le transcendantal, le mystique. Le sentiment de déception né des expériences antérieures donnait à cette mystique un caractère de tristesse et de mélancolie parfois changée en horreur ou désir de fuir par auto-châtiment, mortification et même mutilation volontaire, dans le seul but de gagner la paix de l’âme. Cela explique que des dizaines de milliers de personnes se soient tournées vers les dieux de l’est qui promettaient à l’homme la délivrance désirée. Le contrôle de la vie et même de la mort devait être conquis dans l’existence individuelle. Cela, les religions orientales semblaient l’apporter. Les dieux de l’est n’étaient pas seulement la déification de la mort, mais la victorieuse conquête sur la mort d’une nouvelle vie sortant de la mort. Or l’homme fait partie de cette nature complexe qui sans cesse disparaît pour renaître à nouveau. La délivrance pour l’homme devait donc consister en une étroite association à la loi universelle. Cela signifiait dans la pensée des Gentils déifiant la nature, une union mystique avec le dieu de la nature mourant et revivant. Ce qui est ancien doit « mourir » — d’où les peines, mortifications ou tortures volontaires. Ce qui est nouveau doit « revenir à la vie » — d’où les repas sacrés, les degrés mystiques, les immersions, les initiations secrètes153. Victoire sur la mort, re-naissance, immortalité et bonheur éternel, tels étaient les bénédictions poursuivies par les religions à mystères de l’Orient. In aeternum renatus « né à nouveau pour toujours », était l’inscription courante employée sur la pierre tombale des dévots du dieu perse Mithra. « Soyez consolés, vous pieux. Car comme le dieu a été sauvé, ainsi serez-vous sauvés, vous aussi, de toute détresse ». Telle était l’une des formules religieuses de la religion d’Attis en Asie-Mineure.

4. L’attente des peuples. — Ces lointaines approximations répandaient cependant en cercles larges le pressentiment d’une pleine délivrance prête à être manifestée. Sous ce rapport aussi, les regards se tournaient vers l’est. C’est de là que l’aide viendrait. Les pressentiments s’habillaient souvent de vêtements païens. «Le cycle des saisons — ainsi disait-on — est complété. L’âge d’argent sort de l’âge d’or et de l’âge d’argent celui du fer. Maintenant que ce dernier a accompli sa course, le cycle va recommencer. Saturne, une fois de plus reprendra le pouvoir et l’âge d’or reviendra.

Jusqu’à un certain point, les pressentiments prirent une couleur juive. On peut d’ailleurs aisément retrouver leur origine dans le cadre des prophéties d’Israël. Suétone aussi bien que Tacite font mention d’une rumeur largement répandue d’après laquelle l’Orient devait devenir puissant et un courant considérable viendrait des Juifs154. Extrêmement digne de remarque est l’écho de ces pressentiments dans le quatrième chant du berger dû au poète romain Virgile, au premier siècle avant Christ. Là, le poète chante l’âge d’or qu’un enfant ramènera, venant des cieux. Alors la paix régnera sur la terre, les terres dispenseront leurs dons sans exiger le rude travail des hommes. Le bœuf ne craindra plus le lion et le joug sera ôté de dessus les bêtes qui labourent. Le vendangeur ne travaillera plus à la sueur de son front. Cela n’est rien d’autre que la prophétie israélite du royaume à venir (Es. 9 : 6 ; 11 : 6-7). Parmi les peuples du monde extérieur retentissait, pleinement perceptible, l’écho de la prophétie messianique.

Jusqu’à ce que, à la fin, venant de l’est, du lever du soleil, par la bouche de simples témoins, éclatât de plus en plus fort, la proclamation qui allait conquérir le monde:

Réconciliation pour l’humanité Salut pour tous les pécheurs,

Celui qu’Israël sciemment attendait

Celui que les peuples du monde, inconsciemment désiraient,

Le Christ est apparu!

Ainsi, toute l’histoire pré-chrétienne du salut est l’histoire de la manière dont l’humanité fut conduite vers le Rédempteur du monde. Le peuple d’Israël avait été préparé par la révélation, les peuples du monde, par les événements et le cours de la politique et de la civilisation.

L’Ancien Testament est promesse et attente, le Nouveau est réalisation et accomplissement. Dans l’Ancien Testament, les armées se rangent pour la bataille de Dieu. Dans le Nouveau éclate le triomphe du Crucifié. L’Ancien Testament est l’aube du matin, le Nouveau est le lever du soleil et l’apogée du jour éternel.

Notes

148 Spécialement Marius et Sylla, César et Pompée, Antoine et Octave (Auguste).

149 La septième et dernière étape est la chute déjà prédite par Balaam (Nomb. 24 24). Chute de l’empire d’Occident en 476 après Christ et chute do l’empire d’Orient en 1453.

150 A. Schiatter, Geschichte Israël von Alexander dem Grossen bis Hadrian, pp. 50-52. Cal. 1906.

151 Ainsi, par exemple, en Asie-Mineure, on célébrait au printemps (du 22 au 25 mars) la fête de la réanimation du dieu Attis, dieu de la nature. Au troisième jour de la fête, le grand prêtre annonçait au peuple que «Attis est revenu ; réjouissez-vous à sa parousie ». En Syrie, le printemps dépérissant en sécheresse de l’été était l’occasion d’un deuil, celui du dieu Tammus Adonis (Ez. 8 14-15). Du 13 au 16 novembre, quand le Nil baissait et que le blé était semé pour mourir. l’Egypte portait Je deuil du dieu du Nil, Osiris, et le 25 décembre, date approximative du solstice d’hiver, il y avait en Perse l’anniversaire du jour du réveil de Mithra, dieu soleil, de Baal, en Syrie et d’autres ailleurs. La Grèce avait des divinités similaires Dyonisos, Orphée et Hyacinthe. Tyr avait Melkhart, et Tarse, Sandan (voir Bröckner, Der Sterbende und Auferstehende Gott Heiland in den orientalischen Religionen. Tübingen, 1920).

152 Philosophe stoïcien, précepteur de Néron, frère de Gallion (Actes 18 : 12).

153 On peut citer par exemple l’horrible baptême de sang perpétré dans le «Taurobolium» des mystères de Cybèle en Asie-Mineure. L’initié était debout dans une fosse recouverte de planches. Sur celles-ci était immolé un taureau. Le sang coulait à flots par les interstices des planches sur la personne qui se tenait dessous.

154 Les deux historiens, écrivant en l’année 120 (après Christ) environ, rapportent que les anciens livres sacerdotaux contiennent des affirmations d’après lesquelles les descendants des Juifs saisiraient l’autorité du monde (voir Tacite, Hist. V. 13 et Suétone, Vesp. 4).


]]> http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/feed/ 4 Selon un prédicateur américain, l’Enlèvement de l’Eglise aura lieu le 21 mai 2011 http://www.blogdei.com/12155/selon-un-predicateur-americain-lenlevement-de-leglise-aura-lieu-le-21-mai-2011/ http://www.blogdei.com/12155/selon-un-predicateur-americain-lenlevement-de-leglise-aura-lieu-le-21-mai-2011/#comments Tue, 04 Jan 2011 08:26:41 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=12155

Associated Press

Agé de 89 ans, Harold Camping, pasteur basé en Californie, a calculé que l’Enlèvement de l’Eglise et la fin du monde commenceraient le 21 mai 2011. Ses partisans sillonnent les Etats-Unis pour faire connaître cette date. « Si après le 21 mai je suis toujours là », affirme Camping, « c’est que je n’ai pas été sauvé ».

Cette croyance du retour de Jésus et de l’Enlèvement est très ancienne mais bien peu de dénominations évangéliques sont prêtes à donner des dates, conformément aux paroles de Jésus dans les évangiles de Marc et de Matthieu. Pourtant, malgré cette mise en garde de la Bible, plusieurs se sont essayé au calcul du retour du Seigneur. Un exemple marquant fut, aux Etats-Unis, celui du dirigeant baptiste William Miller, qui prédît la Fin du monde pour le 22 octobre 1844, causant une immense déception parmi ses membres dont certains fondèrent par la suite l’Eglise Adventiste du 7e Jour.

>>> lire la suite (en anglais)

]]>
http://www.blogdei.com/12155/selon-un-predicateur-americain-lenlevement-de-leglise-aura-lieu-le-21-mai-2011/feed/ 51
Revenir à la simplicité de l’Eglise primitive pour que le Seigneur prépare son Epouse http://www.blogdei.com/10717/revenir-a-la-simplicite-pour-que-le-seigneur-nous-prepare-en-tant-quepouse/ http://www.blogdei.com/10717/revenir-a-la-simplicite-pour-que-le-seigneur-nous-prepare-en-tant-quepouse/#comments Wed, 22 Sep 2010 15:28:27 +0000 jean T http://www.blogdei.com/?p=10717

Blogdei


Ce soir du 22 septembre 2010 débutera le 15 tichri, premier jour de la fête de Succot, c’est à dire des « cabanes » ou « tentes ». Elle nous rappelle que nous ne sommes encore que des pèlerins sur cette terre et dans ce temps… mais que le jour vient où juifs et gentils récoltés et rassemblés par notre Bien-aimé Seigneur, habiterons une demeure éternelle en dur, dans son règne de mille ans, puis dans la Nouvelle Jérusalem pour l’éternité (Apoc. 21-22).

Pour l’heure nous sommes encore pèlerins, mais le temps des dernières récoltes approche, nous devons être préparés et mûrs pour cette dernière. Le Seigneur a besoin tout à la fois que ses enfants (nous chrétiens premièrement) se préparent en tant qu’épouse (Matth. 24, Apoc. 21) et en tant que guerrier (Eph. 6) combattant, non contre la chair et le sang, mais spirituellement avec Lui et par Lui, contre les autorités et les dominations dans les lieux célèstes… C’est hélas très peu le cas aujourd’hui où de nombreux systèmes « chrétiens » se substituent au lien personnel direct et simple avec le Seigneur. Il appele aujourd’hui un corps de vainqueurs pour avoir cette armée qui permettra à tous les rachetés de rentrer à leur suite dans le royaume… comme autrefois les sacrificateurs portant l’Arche du témoignage ont dû s’avançer, d’abord, dans le Jourdain afin que l’ensemble du peuple puisse passer (Josué 3: 11-17) au temps de la moisson (v 15), le Seigneur appelle de tels sacrificateurs porteurs de son témoignage à se préparer en se sanctifier et à se lever. Pour celà aussi il appelle tous ceux qui ont des oreilles pour l’entendre (lettres aux sept Eglises) à sortir des systèmes religieux à le suivre, à lui obéïr (pas aux systèmes pyramidaux et donc babyloniens par essence)… et souvent il appelle son peuple : « sortez du milieux d’elle… » (2 Cor 6: 17, Apoc. 18: 4)

Comment en est on arrivé à cette situation où seul un reste pourra porter le témoignage du Seigneur lors des temps difficiles qui précèdent l’entrée dans le Royaume (la terre promise) ?

1- Un peu d’Histoire :

Dans l’Eglise primitive, nous voyons souvent de petites assemblées se réunissant dans les maisons (Actes des apôtres, épîtres). Elles étaient peu organisées, peu dépendantes les unes des autres et par la force des choses très dépendantes du Seigneur, organisées entre elles… par l’Esprit de Dieu, non par une organisation humaine. Quelques apôtres circulaient entre elles, conduits par le même Esprit, pour les fortifier, les instruire dans la Parole et leur montrer l’exemple.

Leurs situations étaient précaires. Cette précarité engendrait un déséquilibre moteur : outre, ceux qui arrivaient ou partaient en d’autres lieux (plus des voisins ou amis qui étaient ajoutés ou, au contraire, abandonnaient), toute persécution locale en poussait les membres vers des villes plus clémentes. Ainsi les églises locales se multipliaient de proche en proche.

L‘image qui s’en dégage, à l’examen, est celle de cellules vivantes « arrondies » (membres en communion vivante ou tous pouvaient « fonctionner » autour d’un noyau plus expérimenté de membres plus anciens). Elles devaient s’adapter aux fréquents évènements qui l’affectaient et donc crier vers le Seigneur… une communion intime avec Lui et avec les autres membres était indispensable ! Elles étaient ainsi très vivantes et mouvantes… en rapport avec la volonté du Seigneur. Elles n’avaient pas le loisir de grossir exagérément, ni, par conséquent de devoir s’organiser pour gérer des évènements ou les croyants, bien au contraire, comme déjà mentionné elles essaimaient là ou l’Esprit du Seigneur ouvrait des portes. La petite taille -quelques membres à quelques dizaines- permettait en outre d’être un peu cachées et d’autant moins saisissables pour les autorités locales qu’elles pouvaient changer de locaux ou de lieux de rencontre dans la cité : dans telle ou telle maison ou lieu, plutôt que telle autre… ce qui rendait les persécutions moins efficaces que dans le cas d’assemblées plus importantes et bien localisées. -Et des persécutions il y en aura encore, car nous savons que des temps difficiles viennent (Apoc. 6: 9-11)-

Cependant très vite et de plus en plus, ces cellules vivantes et mobiles ont pu grossir, s’installer dans tous les sens du terme, chaque membre étant moins sollicité, moins vigilant, le premier Amour de beaucoup a faibli, laissant le champ à quelques uns de conduire et à quelques autres d’encadrer (plus brûlants, ou simplement éloquents, ayant une meilleure connaissance de la bible)… De fait il y a eu l’instauration de relations enseignants-enseignés (clergé-laïc =  Nicolaïtes des églises d’Apoc. 2-3). C’est dans cette situation que sont apparues des pyramides hiérarchiques avec sommets et arêtes. Subrepticement les cellules vivantes plutôt « arrondies » et suivant Christ se sont figées en structures pyramidales ! Simultanément des corps de doctrines posaient des bases à suivre plutôt que la conduite du Saint-Esprit. Alors ces structures pyramidales se sont empilées en organisations plus grandes fédérées en tours… L’église vivante s’était peu à peu transformée en tours babyloniennes construites par des hommes… mais pas selon le désir du Seigneur  !

Par la suite chaque restauration, retour à la Parole, retour aux sources depuis 2000 ans… a fini par suivre cette « quasi-loi » et par se retrouver organisé en pyramides et tours de toutes tailles et formes ! Et bien sûr encore de nos jours ! Ce n’est évidemment pas la volonté de Dieu : il s’agit de systèmes humains et qui, du fait même de leur organisation décident de ce qui leur semble bon, utile, efficace… pour Dieu… mais selon leurs propres concepts, leurs propres idées … mais pas celles de Dieu… Un système qui rassure les hommes (« vois ces grandes constructions »… -Matth. 24: 1-2-… nous sommes nombreux ici, donc forts, unis, ce ne peut être que véritable, nous voyons bien que Dieu en est la base, il ne peut nous tromper). Ils ont l’illusion qu’il servent Dieu… mais ces systèmes sont en abomination aux yeux de ce dernier ! Il est là d’abord pour servir les hommes, d’abord pour leurs besoins et problèmes, leurs propres joies dans le Seigneur, mais guère pour le Royaume de Dieu, c’est à dire SES BESOINS A LUI pour que Son règne vienne ! Ce système humain ne peut amener ce règne divin… car il ne correspond pas au modèle que Dieu voulait (Exode 25: 8-9, 40  « fais selon le modèle qui t’es montré ») ! Depuis 2000 ans se sont surtout des individus ou de petits groupes d’entre eux qui plurent à Dieu, pas les systèmes !

L‘Eglise véritable est pour Dieu, animée de Sa Vie, se sanctifiant et se laissant transformer à Son image… et par suite le servant Lui, par Amour… alors il donne en retour tout le nécessaire à l’homme, ce n’est jamais l’inverse, l’Homme puis Dieu, non jamais. En tous temps, mais surtout à la fin des temps Dieu dit « sortez du milieu d’elle mon peuple ! » (Apoc. 18: 4). « Elle » c’est la Grande Babylone, fédérant finalement tous les systèmes religieux, même ceux qui n’ont rien à voir avec le christianisme : La composante « religieuse » du monde plus ou moins « unifié » qui existera quand l’Antichrist (l’homme régnant à la place de Dieu), son futur dirigeant (comme Nimrod, l’homme-dieu qui régna à Babel) viendra pour en être la tête. Elle est aussi nommée la « grande prostituée » car elle sera, au moins pour la moitié de son règne de 7 ans, « l’épouse » de cet antichrist (contrefaçon de l’Epouse de Christ), avant qu’il ne la répudie et ne règne sans partage dans la dernière moitié de son règne, comme tête du monde et du système religieux !

2- Le reste fidèle aura des airs de famille avec la primitive Eglise : petites église locales vivantes.

Ne soyez pas étonnés du développement actuel d’églises ou de petites assemblées de maison ! Je crois que c’est un mouvement profond de l’Esprit de Dieu pour préparer Son Eglise véritable aux temps difficiles qui viennent ! La dernière Eglise sera forcément semblable au modèle que nous voyons dans les Actes des Apôtres et les Epîtres : petites cellules vivantes, obéissant à la Parole vivante du Seigneur, la pratiquant (meilleur moyen de la « garder »), aimant l’Epoux de tout coeur et se laissant transformer par l’application de la croix par chacun des membres !  Recherchant Sa volonté (ce qui implique le discernement de ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas dans notre conscience : Hébr. 4: 12-13). Eglises locales conduites par l’Esprit Saint, donc en bute à l’hostilité puis à la persécution de la religion et du monde ! Alors « je bâtirai mon Eglise » (Matth. 16: 18) trouvera son accomplissement final. Il pourra venir chercher Son Epouse préparée tout au long des siècles  !

Dans sa grâce le Seigneur me conduit, avec d’autres, sur ce chemin-là.  Des voisins ont été touchés, gagnés et se réunissent avec nous simplement parce qu’ils ont remarqué « quelque chose de différent dans notre façon d’être »… reste à les inviter chez nous, à parler, à expliquer… puis à prier ensemble pour qu’ils reçoivent le Seigneur…  la suite c’est que nous avons de plus en plus de voisins à suivre et épauler dans le Seigneur, de services mutuels à se rendre … et un réel Amour fraternel qui nous édifie les uns avec les autres ! Le prix ? C’est la vie de notre âme qui s’estompe (intérêts uniquement personnels surtout) mais la joie et la paix du Seigneur qui s’épanouit !

Que chacun demande au Seigneur de le conduire, car il ne faut pas faire les choses de soi-même sans qu’Il en ait choisi les circonstances et le temps, c’est l’assurance d’êtres conduits par Lui. Sinon nous quitterons peut-être des systèmes… mais les systèmes nous suivrons au-dedans de nous… à quoi bon les reproduire ?

Prions ensemble afin que le Seigneur puisse accomplir Sa volonté, finir de préparer Son Epouse et manifester Sa Gloire !

Jean T

]]>
http://www.blogdei.com/10717/revenir-a-la-simplicite-pour-que-le-seigneur-nous-prepare-en-tant-quepouse/feed/ 6
La papauté s’apprête à reconquérir l’Angleterre, par Richard Bennett http://www.blogdei.com/10445/la-papaute-s%e2%80%99apprete-a-reconquerir-l%e2%80%99angleterre-par-richard-bennett/ http://www.blogdei.com/10445/la-papaute-s%e2%80%99apprete-a-reconquerir-l%e2%80%99angleterre-par-richard-bennett/#comments Thu, 02 Sep 2010 12:45:03 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=10445

BeranBeacon.org / blogdei

Chers amis,
Le pape Benoît XVI doit visiter le Royaume-Uni du 16 au 19 septembre 2010. Des responsables politiques et ecclésiastiques saluent à l’avance sa venue. Cette visite intervient moins d’un an après la ratification du Traité de Lisbonne concernant l’Union européenne (1er décembre 2009). Une caractéristique essentielle de ce traité est qu’il fait de l’Union Européenne une « personne morale unique ». Dans une large mesure, donc, le Royaume-Uni est désormais intégré dans cette entité légale qu’est l’Union Européenne. Aujourd’hui, 477 ans après le début du conflit entre Henry VIII et la papauté, le pape fait une visite officielle en tant que chef d’un état civil souverain, pour s’adresser à la société civile britannique devant les deux Chambres du Parlement. Il convient de ne pas oublier qu’il vient en qualité de chef de l’Église catholique romaine, afin de restaurer le catholicisme en tant que religion du Royaume-Uni. Il est indispensable de replacer ces événements dans le contexte qui est le leur. C’est ce que nous faisons dans cet article intitulé : « La papauté s’apprête à reconquérir l’Angleterre ». R. Bennett

La papauté s’apprête à reconquérir l’Angleterre

Le fruit des travaux de John Henry Newman
Richard Bennett

Quatre cent soixante-dix-sept années ont passé depuis qu’en 1533 le roi Henry VIII divorça d’avec sa première épouse, la catholique espagnole Catherine d’Aragon, afin d’épouser Anne Boleyn. Jean-Henri Merle d’Aubigné, cet historien respecté, décrit le contexte de ce divorce :
« Il avait fallu à la papauté tout le septième siècle pour conquérir la Grande-Bretagne chrétienne… La lutte que la Grande-Bretagne dut soutenir plus tard pour se libérer du pouvoir qui l’asservissait depuis neuf siècles fut l’œuvre positive de la Réforme, c’est-à-dire la remise en lumière de la vérité et de la vie si longtemps obscurcies… L’œuvre négative de la Réforme, sa lutte avec la papauté, n’est pas centrée sur ce divorce, qui fournit seulement une occasion : ce fut l’instauration même de cette opposition, avec ses conséquences capitales. Le divorce entre Henri Tudor et Catherine d’Aragon est secondaire, mais le divorce entre l’Angleterre et la papauté fut un événement de première importance, une des grandes lignes de partage des eaux de l’histoire… » (1).
Henri VIII voulait une église qui lui accorderait le divorce désiré. Il voulait aussi la liberté financière vis-à-vis de l’Église romaine. Cependant, en 1529 le cardinal catholique Wolsey disposait de pouvoirs étendus en Angleterre, allant jusqu’à défier le roi Henry VIII lui-même. Aussi le roi conçut-il le projet de libérer le clergé de l’autorité papale pour le ramener sous l’autorité royale. Cela ne pouvait se faire par un simple décret royal, en raison de principes constitutionnels déjà établis. Le clergé devait donc s’affranchir lui-même de son asservissement à la Rome papale (2). Providentiellement, William Tyndale venait de terminer sa traduction anglaise du Nouveau Testament : dès 1526, des marchands allemands se chargèrent de la transporter d’Anvers jusqu’en Angleterre, où on la lisait avidement. L’Angleterre se préparait ainsi à rejeter le joug de la Rome papale pour rendre à Dieu un culte conforme à la liberté biblique.

Malgré la rupture politique entre Henry VIII et la Rome papale, le roi adhérait encore aux doctrines catholiques romaines. Il comprit cependant qu’il pouvait utiliser à ses propres fins politiques ce mouvement de la Réforme qui prenait de l’ampleur. Si les vérités bibliques qui fondent la Réforme atteignaient, dans une certaine mesure, toutes les couches de la société, le clergé lui-même pourrait se détacher des dogmes de Rome, et donc du contrôle papal. Mais Henry VIII n’entendait pas affranchir le clergé anglais du contrôle qu’il exerçait lui-même en tant que souverain de son pays.

Par la suite, Henry VIII nomma Thomas Cranmer Archevêque de Cantorbéry, c’est-à-dire primat d’Angleterre (3). Cranmer fut le principal rédacteur de la confession de foi de l’Église anglicane, « Les Trente-neuf Articles », qui véhiculent une doctrine solidement chrétienne. Ces articles furent diffusés peu après la mort d’Henry VIII (4). L’assemblée épiscopale de l’Église d’Angleterre les ratifia une première fois en 1553, puis de manière plus formelle en 1562. Ces articles affirment qu’en matière de salut, l’autorité suprême appartient à la Bible seule ; ils définissent clairement le salut comme un don de Dieu accordé par la grâce seule, reçu par la foi seule, en Christ seul. Ces Trente-neuf Articles récusent donc les doctrines et les pratiques de l’Église catholique.

Constamment, depuis le jour où Henry VIII mit fin à l’asservissement de l’Angleterre au pape, le Vatican a cherché à saper l’influence religieuse et politique de l’Église d’Angleterre et du monarque du Royaume-Uni. La visite que le Pape se propose de faire en septembre 2010 est dans le droit fil de cette politique vaticane séculaire. En décidant de béatifier John Henry Newman au cours de cette visite, ce qui est une démarche parfaitement typique du catholicisme romain, le pape Benoît XVI monte une offensive pour démontrer au monde entier que le Royaume-Uni revient sous le joug catholique romain. Le pape serait alors en position de force pour influencer la politique sociale du Royaume-Uni, et pour utiliser le gouvernement civil du pays afin d’imposer à la population entière, par le biais de lois civiles, la politique sociale catholique romaine.

La réémergence du « Saint Empire Romain »

Avec en toile de fond la réémergence du « Saint Empire Romain », cette lutte presque cinq fois séculaire entre l’Angleterre protestante et la papauté demeure une réalité. Il y a un peu plus de deux siècles, en 1798, un général de l’armée napoléonienne fit descendre le pape de son trône romain, confisqua les biens de l’Église catholique, laissant le « Saint Empire romain » se débattre au milieu des ruines. Mais malgré les apparences, la papauté elle-même n’avait pas été définitivement détruite en tant que puissance religieuse et civile ; elle passa une bonne partie du dix-neuvième et du vingtième siècle à reconquérir le terrain perdu.

Le premier décembre 2009, le Traité de Lisbonne entra en vigueur dans l’Union européenne. Ce traité est un pas de plus vers la centralisation du pouvoir civil dans l’U. E. Une de ses principales caractéristiques est de faire de l’Union une « personne morale unique » (5). Dans une large mesure, donc, cette modification contrecarre la souveraineté des états membres et les intègre comme états ou régions dans une entité légale nouvelle, sans que l’appellation « Union européenne » ait été modifiée en quoi que ce soit.

L’Empire refait surface, doté d’un pape

Le Saint-Siège étant une nation souveraine à part entière, et n’étant pas membre de l’Union européenne, il échappe au pouvoir juridique de cette Union. Mais en tant que chef de l’Église catholique romaine, le pape dispose d’une cinquième colonne extrêmement fiable au sein des nations membres de l’Union européenne. Le Saint Empire Romain refait donc surface, doté de son pape (6). Aux membres de cette cinquième colonne, dont le catholicisme constitue l’identité première, le Pape impose « d’évangéliser », c’est à dire de promouvoir la politique sociale catholique romaine. Ainsi, dans le cadre de l’Union européenne, la papauté dispose-t-elle d’un pouvoir politique et spirituel immense.

Le Traité de Lisbonne étant à présent en vigueur, la papauté est de nouveau très en vue en tant que puissance de cohésion politico-religieuse : elle a maintenant l’occasion d’affirmer sa position sur la scène en Occident. Moins de quatre mois après la ratification de ce traité, le 16 mars 2010, la reine Elizabeth II annonça au Royaume-Uni : « Sur l’invitation de Sa Majesté la reine, Sa Sainteté le pape Benoît XVI effectuera une visite papale au Royaume-Uni du 16 au 19 septembre 2010… » (7). Le site Internet catholique Zenit fournit quelques détails supplémentaires :
« Benoît XVI effectuera sa visite du 16 au 19 septembre. Les responsables gouvernementaux et ecclésiastiques saluent à l’avance sa venue. Au cours d’une conférence de presse commune, les autorités de l’Etat, en même temps que les représentants des évêques d’Écosse, d’Angleterre et du pays de Galles ont fait ressortir que la visite du pape est ‘une occasion sans précédent de resserrer les liens entre le Royaume-Uni et le Saint-Siège à propos des initiatives planétaires concernant le rôle essentiel de la foi dans l’établissement de sociétés robustes.’ Un communiqué de presse de l’ambassade britannique auprès du Saint-Siège signale qu’il s’agit de la toute première visite papale officielle au Royaume-Uni, le voyage du pape Jean-Paul II ayant été une simple visite pastorale. Le Pontife… s’adressera aux civils britanniques à Westminster Hall [c'est-à-dire devant le Parlement britannique.] » (8).

Voila donc qu’aujourd’hui, 477 ans après le début du conflit déclenché par Henry VIII, le pape fait une visite officielle en tant que chef d’un état civil souverain, pour prendre la parole devant la société civile britannique, devant la Chambre des Communes aussi bien que devant la Chambre des Lords à Westminster Hall. En même temps, il faut noter qu’il vient comme chef de l’Église catholique romaine, pour restaurer le catholicisme romain en tant que religion du Royaume-Uni.

Très habilement, le pape Benoît XVI a choisi d’utiliser la béatification de John Henry Newman pour promouvoir son contrôle religieux et politique sur l’Église d’Angleterre. Cet objectif est indéniable, pour peu qu’on étudie les faits concernant John Henry Newman et le «Mouvement d’Oxford». De plus, on trouve une confirmation dans l’histoire de la doctrine sociale catholique telle qu’elle apparaît dans le «Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église», document émanant du Vatican; on en trouve une aussi dans les documents du Concile Vatican II sur l’œcuménisme, et dans bien d’autres accords faussement œcuméniques, postérieurs à Vatican II. De plus, en juin 2009, le pape a préconisé une structure supra gouvernementale chapeautant les Nations-Unies, afin d’imposer au plan mondial la politique sociale des Nations-Unies, c’est-à-dire, pour l’essentiel, la politique sociale de l’Église catholique (9).

Le pape doit se rendre d’abord en Écosse

Ce n’est pas non plus un hasard si cette visite intervient exactement 450 ans après que l’Écosse ait répudié le catholicisme en tant que religion d’Etat, en refusant formellement l’autorité papale (10). Mais le quotidien national écossais, «The Scotsman», déclare: «Les responsables d’églises déclarent que le pape profitera de sa visite pour rappeler à la Grande-Bretagne ses racines catholiques» (11). Le 450e anniversaire de l’abolition du pouvoir papal en Écosse sera donc déshonoré par un pape qui entend rappeler à la Grande-Bretagne «ses racines catholiques». En réalité, l’Histoire atteste que les racines de l’Écosse sont authentiquement bibliques, et qu’elles sont dues à Columba. En 563, ce dernier fonda sur l’île d’Iona une église et un centre destiné à former des responsables pour annoncer l’Évangile dans le pays.

La scène mondiale s’apprête à accueillir le pontife

John Henry Newman a donc une place centrale dans ces célébrations destinées à enchanter le monde entier, qui aura sous les yeux la Rome papale, avec sa pompe et son faste dans toute leur gloire. Le point culminant des cérémonies télévisées sera la messe publique au cours de laquelle le pape béatifiera John Henry Newman. C’est le deuxième stade du processus de canonisation du cardinal anglais, c’est-à-dire de son acheminement vers la «sainteté» : Newman sera déclaré «bienheureux». En 1991, il avait été déclaré «vénérable» : c’était là la première étape de la canonisation catholique. Il est coutumier de procéder à la béatification dans le pays même du «bienheureux».
Toutefois, Benoît XVI tient personnellement à mettre l’accent sur les enseignements de Newman, qui au fil des ans sont devenus le fondement du faux œcuménisme prôné par le Vatican. La «reformulation de la doctrine» selon Newman, et son enseignement sur «la révélation continue» connaissent un grand succès. Le pape Benoît XVI appelle cela «l’herméneutique de la continuité», et il l’explique en ces termes: «Bref, il convient moins de suivre les textes [de Vatican II] que l’esprit de ce Concile. Bien évidemment, on dispose d’une vaste marge de manœuvre pour parvenir à une définition de cet esprit, et il y a place pour toutes les idées» (12) Le concept défini par Newman d’une «révélation continue» donne donc au pape une grande liberté d’interprétation, y compris pour les documents du Concile de Vatican II. Il est extrêmement dangereux de s’attribuer pareille marge de manœuvre quand il s’agit d’interpréter la Bible et l’Histoire. Ce concept s’avéra particulièrement opportun pour ceux que durent formuler les « Accords » de la « Commission Internationale Catholique-Anglicane » (ARCIC) (13). Cette entreprise faussement œcuménique a déjà remporté bien des succès : de nombreux prêtres anglicans, avec des membres de leur Église, sont dès maintenant soumis à la Rome papale. En élevant Newman à la condition de «bienheureux», le pape va bien plus loin encore. En ce 21e siècle, il déploie de grands efforts pour ramener enfin l’Angleterre protestante dans le bercail catholique romain. C’est le fruit de l’œuvre entreprise par Newman lui-même vers le milieu du dix-neuvième siècle.

Qui était John Henry Newman ?

Certains se demandent: Qui donc était John Henry Newman, et d’où tire-t-il son importance ? Le directeur des «Logiciels Bibliques Logos» répond en ces termes:
«Depuis sa jeunesse évangélique jusqu’au moment où il devint le chef de file du mouvement anglo-catholique d’Oxford, la carrière et l’héritage de John Henry Newman se signalent par leur éclat et suscitent des controverses. Engagé dans des mouvements libéraux, évangéliques et catholiques au sein de l’Église d’Angleterre de son temps, il est une figure centrale, une figure-clé pour la compréhension de ce qu’est la ‘Communion Anglicane’ actuelle» (14).

John Henry Newman naquit à Londres en 1801. Dans le cadre de l’anglicanisme, la famille Newman gardait des liens étroits avec la foi biblique, cette foi qui influença considérablement les convictions religieuses du jeune Newman. À l’automne de l’année 1816, il semble être passé par une conversion religieuse. Ses convictions à cette époque étaient réformées et évangéliques; signalons qu’il considérait alors le pape comme l’Antichrist. En décembre 1816, on le reçut à Trinity College, un collège universitaire d’Oxford. À partir de juin 1817, il résida à Trinity, terminant ses études en 1821.
Comme il désirait rester à Oxford, il fit des études pour y enseigner au Collège universitaire d’Oriel, alors le haut lieu de l’élite intellectuelle oxonienne. Il y fut élu professeur en avril 1822. Sur proposition de E.B. Pusey, lui aussi professeur à Oriel, il devint vicaire de la paroisse anglicane de St. Clément à Oxford. Dans ses sermons d’alors, il distinguait comme il se doit entre justification et régénération. Cependant, dès 1825, il se mit à nier le concept biblique de justification, acceptant progressivement l’idée non biblique d’une justice intérieurement conférée ; il penchait vers le sacramentalisme. Cette année-là, il écrivit dans son journal : « Je pense, sans en être certain, que je dois renoncer à la doctrine de la justice imputée, et à celle d’une régénération indépendante du baptême » (15).

En 1833, Newman était entièrement gagné à l’acceptation de ce qu’il pensait être l’héritage catholique romain de l’Église anglicane, y compris du dogme papal de la justification infusée et de la régénération baptismale. L’historien anglican Walter Walsh relate les conséquences dans la correspondance entre Richard H. Froude et Newman :
« Le Cardinal Newman faisait toujours remonter au 14 juillet le début du ‘mouvement religieux de 1833’. Quelques mois avant cette date, Newman voyageait en Europe avec son ami Richard Hurrell Froude. À Rome, ils rendirent visite à Mgr. Wiseman [le futur Cardinal Wiseman]. Froude écrit : ‘Nous nous fîmes présenter à lui… pour demander si on nous admettrait [dans l'Église catholique romaine] dans des conditions que nous pourrions forcer notre conscience à accepter. Nous fûmes atterrés d’apprendre que nous ne pourrions pas faire un seul pas sans adhérer à la totalité des Décrets du Concile de Trente’ (extrait de Froude’s Remains, Vol. 1, p. 306). Au cours de ce voyage Newman tomba gravement malade, avec une forte fièvre. Il relate les faits suivants : ‘Affaibli, je m’assis sur mon lit, secoué de sanglots violents. Mon serviteur, qui m’avait servi d’infirmier, me demanda ce que j’avais. Je ne pus donner que cette seule réponse : Une tâche m’attend en Angleterre’ (Newman, Apologia Pro Vita Sua, p. 35, édition de 1889). Nous savons bien à présent quelle était la nature de cette tâche : il s’agissait de ramener au catholicisme romain l’Église d’Angleterre» (16).

La romanisation de l’Église d’Angleterre

À Oxford, Newman se joignit à d’autres érudits de la « Haute Église », entre autres John Keble, Froude, William Palmer, et E.B. Pusey, pour former une société secrète, au nom de laquelle Newman se mit à publier de nombreux tracts, diffusant efficacement son message. Ce premier groupe fut connu sous le nom de « Mouvement d’Oxford », ou encore de «Mouvement ritualiste». Walsh révèle les buts du Mouvement d’Oxford en puisant sa documentation dans la « Union Review », un des principaux magazines trimestriels du mouvement.
« Le grand objectif du Mouvement Ritualiste dès sa naissance en 1833, était de former un jour un seul corps avec l’Église de Rome… Dès 1867, une publication trimestrielle des ritualistes ‘de pointe’ déclarait que plutôt que de faire sécession pour rejoindre Rome, ‘il vaut bien mieux que nous œuvrions là où nous sommes : que deviendrait l’Angleterre si nous [les Ritualistes] quittions son Église ? Elle serait alors perdue pour le catholicisme. Une chose est sûre: grâce à l’Église d’Angleterre elle-même, on peut catholiciser l’Angleterre.’ » (17).
Dans le même article, on lisait au sujet de cette unité organique et visible avec l’Église de Rome :
« Là résident le cœur et l’âme même du Mouvement actuel : c’est là que bat son cœur, de là qu’est issue sa substance vitale » (18).

Les Documents du Concile Vatican II et le «Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église» émanant du Vatican insistent sur ce même but, «l’unité organique et visible». La stratégie employée en Amérique diffère quelque peu de celle qui fut initialement déployée dans l’Église d’Angleterre (19), mais le faux œcuménisme proclamé par Vatican II dans les années 1960 va bien dans le même sens : celui de «l’unité organique et visible» (20). Tel est l’objectif qui se profile derrière les propos du Vatican quant au but de la future visite papale en Angleterre : « une occasion sans précédent de resserrer les liens entre le Saint-Siège… concernant le rôle essentiel de la foi dans l’établissement de sociétés robustes [c'est-à-dire d’églises] ».

Pendant bon nombre d’années, Newman resta dans l’Église d’Angleterre. Son plan était de la transformer insensiblement, tout d’abord en évitant de faire connaître aux paroissiens les grandes vérités scripturaires concernant l’expiation des péchés, la foi et les œuvres, et la gratuité de la grâce de Dieu. Pour remplacer ces vérités, Newman et ses compagnons d’œuvre se mirent tout doucement à introduire des dogmes romains fondés sur les rituels, au lieu d’enseigner les grandes vérités bibliques de la foi en se fondant sur les Écritures seules (21). À cause des intrigues furtives auxquelles se livrèrent Newman et ses associés pour parvenir à leurs buts, il est juste de les qualifier de « loups en vêtements de brebis».

Newman pervertit l’Évangile

Dans son ouvrage « Conférences sur la doctrine de la justification », paru en 1838, Newman explique sa conception de l’Évangile. Il anticipe les idées qu’on retrouvera dans le dialogue œcuménique actuel, du vingtième siècle à nos jours : il fait un amalgame entre la position catholique et la position biblique. L’enseignement de Newman déforme et sape indéniablement la vérité centrale, selon laquelle la justice de Dieu qui est dans le Christ Jésus est imputée au chrétien, c’est-à-dire portée à son crédit. Dans ces « Conférences », Newman enseigne ce que le Jésuite Sheridan appelle « une synthèse de la justification et de la régénération » (22). Telle est la marque distinctive du « Newman deuxième manière », qui niait ce qu’il avait professé auparavant. Dans ses « Conférences sur la Justification », on lit : «La Loi gravée sur notre cœur, c’est-à-dire le renouvellement spirituel, voilà ce qui nous justifie » (23). L’Écriture Sainte, sous la plume de l’apôtre Paul, affirme l’inverse: «Car personne ne sera justifié devant lui [Dieu] par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Romains 3:20). Par sa nature même, la Loi nous convainc de péché et nous condamne : jamais elle ne peut nous justifier. Martin Luther découvrit que cette doctrine est au cœur même de l’Évangile; la Réforme allait le confirmer.
Newman avait bien conscience du caractère forensique de la justification, connaissant les Écritures Saintes en grec et en hébreu. Le message apostolique du Nouveau Testament est que Jésus-Christ est mort pour nos péchés, ayant été «fait malédiction pour nous » (Galates 3:13), et ayant « souffert… pour les injustes» (1 Pierre 3:18). Comme le déclarent les Écritures, «Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, et n’imputant point aux hommes leurs offenses… Celui qui n’a point connu le péché [Christ], il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu». Par imputation, Dieu a mis nos péchés sur Christ; le Juste a souffert pour les injustes. «Il a été mis au nombre des malfaiteurs» (Esaïe 53:12). C’est ainsi que Christ a été fait «péché pour nous». Il n’y avait rien en lui qui méritât la mort. Mais ayant été fait péché par imputation, il fut condamné par le juste jugement de Dieu. En ce sens-là, il était juste et bon que Christ supportât la colère de Dieu. Il a dû être traité comme s’il avait été un pécheur.
Dieu nous applique le même principe. Il porte au crédit du pécheur croyant la justice de Christ. Il déclare ce pécheur juste et bon en lui imputant la parfaite justice de Christ, comme le proclament ces paroles prodigieuses de l’apôtre: «ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ» (Romains 3:24).
Newman avait conscience du poids de cet argument biblique; il n’était pas disposé à le réfuter, comme de nombreux érudits catholiques avant lui avaient vainement tenté de le faire. Il affirma néanmoins que «être justifié» signifie «être rendu juste», et non «recevoir une justice imputée par Dieu». Sur ce point crucial, Newman réalisa (en apparence) une brillante synthèse entre les Écritures et l’enseignement catholique romain.

Newman fabrique un outil à l’usage de la papauté

Newman pensait avoir trouvé une «voie moyenne», qu’il appelait une «via media» entre le dogme papal et les Écritures. Selon sa «doctrine reformulée», la justification et la création sont de nature identique. Il enseignait que comme au commencement, Dieu avait dit: «Que la lumière soit, et la lumière fut», de même que la Parole de Dieu et l’œuvre de Dieu allaient de pair lors de la Création, tout se passe à nouveau de la même manière dans la régénération (24). Un tel enseignement paraît avoir «l’apparence de la piété» (2 Timothée 3:5), mais il est faux, parce qu’il nie les nombreuses déclarations bibliques au sujet de la justice imputée (25). Lors de la justification, Dieu ne crée pas une substance qu’on pourrait appeler «justice» : non, il impute la justice de son Fils, «sans les œuvres». Romains 4:6 «exprime le bonheur de l’homme à qui Dieu impute la justice sans les œuvres.» Une déclaration divine est un verdict, et non un processus.

Cette subtile duperie théologique de Newman ouvre la voie pour que les fidèles comptent sur les sacrements de Rome afin d’être remplis de justice, comme s’il pouvait y avoir là une sorte de station-service où les âmes iraient faire le plein de la grâce. Cette mise en parallèle de la création et de la justification revient à enseigner que la justification confère une justice subjective. Elle viole donc la Parole divine écrite et infaillible; elle n’est rien de moins qu’une tromperie caractérisée.

Newman, l’homme de la situation pour la reconquête de l’Angleterre

En 1840, Newman était encore prêtre de l’Église anglicane; auparavant on l’avait soupçonné de faire la promotion du catholicisme, mais le soupçon devint une quasi-certitude le jour où il publia son célèbre «Tract N° 90». À coups de sophismes et de casuistique, il soutenait que les Trente-neuf Articles (qui affirment la position biblique de l’Église anglicane sur le salut) étaient compatibles avec les doctrines et les dogmes de l’Église de Rome. Bien que ces Trente-neuf Articles récusent les enseignements et les pratiques de l’Église catholique (26), ce tract sapait avec beaucoup d’habileté et de subtilité l’identité protestante de cette confession de foi historique de l’Église d’Angleterre. Par exemple dans la cinquième partie de la conclusion de Newman, on lit:
«Ils affirment que l’Église a autorité en cas de controverse, mais ils ne précisent pas quelle est cette autorité. Ils affirment qu’elle ne peut rien imposer qui aille au-delà des Écritures, mais ils ne disent pas en quoi consiste le remède si elle le fait. Ils disent que les œuvres accomplies antérieurement à la grâce et à la justification sont sans valeur et même pire encore, et que les œuvres postérieures à la grâce et à la justification sont acceptables, mais ils ne disent rien des œuvres accomplies avec l’aide DE DIEU antérieurement à la justification (27) ».
Ces raisonnements fallacieux contrecarrent le principe même de l’autorité des Écritures, et encouragent assurément les ratiocinations au sujet de la Bible. La parution du Tract N° 90 manifesta clairement que Newman s’était engagé à défendre la doctrine de la papauté. Il fut accueilli officiellement dans l’Église catholique romaine en 1845, et il y reçut l’ordination sacerdotale un an plus tard.

C’est ainsi qu’au dix-neuvième siècle, la papauté vit en John Henry Newman l’homme de la situation pour subvertir l’Église d’Angleterre en amenant celle-ci au catholicisme, et pour instruire le développement d’un plan destiné à refaire de l’Angleterre une nation catholique (28). Certains diront peut-être que ce sont là les échos d’un lointain passé, des conflits largement périmés. Il ne faut cependant jamais oublier que le Vatican raisonne en termes de siècles. Benoît XVI, cet habile politicien, sait fort bien que l’Angleterre a perdu son statut d’Etat souverain en décembre 2009 quand le Traité de Lisbonne est entré en vigueur. Il ne faut donc pas nous étonner de ce que la deuxième étape dans la canonisation de Newman, la «béatification» ait dû attendre jusqu’à aujourd’hui.

Conclusion

L’habile stratégie du pape Benoît XVI, ce chef d’Etat, reste sans valeur devant le Seigneur Dieu Tout-Puissant. Soyons sincèrement reconnaissants de ce que dans sa sagesse infinie, le Seigneur Dieu assigne une limite aux intrigues de la Rome papale. Celle-ci sera châtiée pour avoir continûment rejeté la Seigneurie de Christ. Pour l’heure, le peuple du Seigneur n’a pas à se laisser séduire par le spectacle attrayant qui sera offert au monde en septembre 2010.

Nous savons tous que nous vivons en des jours difficiles, en des temps d’apostasie. Dans une situation comparable, au dix-neuvième siècle, J. C. Ryle encourageait les chrétiens du Royaume-Uni à rester forts et à se garder des compromis. Il déclarait:
«La voilà, l’Église qui accomplit l’œuvre de Christ sur la terre. Ses membres ne sont pas nombreux, ils ne forment qu’un petit troupeau: un ou deux ici, deux ou trois là, quelques-uns dans cette région, et quelques autres ailleurs. Mais ce sont eux qui ébranlent l’univers. Ils infléchissent le cours des royaumes par leurs prières; ce sont eux qui répandent activement la connaissance de la religion pure et sans tache; ils sont le sang qui nourrit le pays, le bouclier, la défense, l’appui et le soutien de toute nation dont ils font partie.»

Ainsi, le peuple de Dieu combat «pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes» (Jude 3), sachant que «tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi» (1 Jean 5:4).

Notes

1. Jean-Henri Merle d’Aubigné, «The Reformation in England» [La Réforme en Angleterre] 2 vols. Éditions Banner of Truth, 1962, Vol. I, pp. 337-8.
2. Pour plus de détails, voir d’Aubigné, Vol. II, pp. 55-56.
3. Le divorce proprement dit entre l’Angleterre et la papauté romaine fut consommé au prix du sang de nombreux martyrs (dont Thomas Cranmer), ces serviteurs de Jésus-Christ qui obéirent aux Écritures.
4. Ces événements eurent lieu pendant le court règne du roi Édouard VI.
5. Voir http://eu/lisbon_treaty/glance/index_en.htm
6. Voir dans la rubrique française du site « Berean Beacon » l’article : http://www.bereanbeacon.org/articles_french/La_Rome_papale_et_l%60Union_Europ%E9enne.pdf
7. www.royal.gov.uk accédé le 8/04/2010
8. Voir http://www.zenit.org/index.php?l=english accédé le 22/03/2010
9. Voir sous la rubrique française du site « Berean Beacon » l’article : « Le programme politique, économique, et religieux du pape à l’échelle mondiale » http://www.bereanbeacon.org/articles_french/Le_programme_politique_du_pape.pdf
10. En août 1560, les forces françaises avaient été chassées d’Écosse grâce à une aide en provenance de l’Angleterre, et la régente était décédée. Le Parlement écossais libéré put alors se réunir pour abolir formellement le pouvoir papal en Écosse. http://www.reformation-scotland.org.uk/articles/john-knox-and-scottish-reformation.php
11. Le 17 mars 2010 : http://news.scotsman.com/glasgow/Holyrood-to-play–.6157450.jp
12. http://adoremus.org/1107BXVI_122205.html accédé le 9/06/2010
13. La Commission Internationale Anglicane-Catholique fut mise en place par l’archevêque de Cantorbéry Michael Ramsey et le pape Paul VI en 1967. Ses références furent établies par le «Rapport de Malte» un an plus tard, et ses travaux s’étendent sur deux périodes : 1970-1981, et 1983-2003.
14. www.facebook.com/note.php?note_id=338121888230 Accédé le 14/05/2010. caractères gras ajoutés.
15. John Henry Newman, “Autobiographical Writings”, p. 203.
16. Walter Walsh, “The Secret History of the Oxford Movement”, 4e edition, Swan Sonnenschein et Cie, Londres, 1898, p. 263. Italiques dans l’original.
17. Ibid. Walsh, pp. 260-261
18. Ibid. Walsh, p. 261. Italiques dans l’original.
19. Consulter dans notre rubrique française les articles sur le faux œcuménisme.
20. Déclaration tirée du Document N° 42 des Documents post-conciliaires de Vatican II : « Réflexions et suggestions concernant le dialogue œcuménique ». Ce document déclare: «le dialogue n’est pas une fin en soi… le dialogue œcuménique ne se limite pas au plan théorique et purement conceptuel. Au contraire, ‘il sert à transformer les modes de pensée, les comportements, et la vie quotidienne de ces communautés [non catholiques]. Il prépare ainsi la voie vers leur unité dans la foi au sein de l’Église une et visible’ ».
21. Walsh, pp. 3-10.
22. Thomas L. Sheridan, “Newman on Justification”, Éditions. Alba House, 1967, p. 108.
23. Newman, “Lectures on Justification” p. 45.
24. Ibid., p. 81.
25. L’apôtre Paul, par exemple, enseigne le concept d’imputation onze fois rien que dans le chapitre 4 de son Épître aux Romains.
26. Par exemple, ces Articles récusent l’enseignement catholique au sujet de la transsubstantiation (Art. 28), et du caractère sacrificiel de la messe (Art. 31). Ils commandent que l’on distribue à la fois le pain et le vin à tous les participants du repas du Seigneur (Art. 30) et précisent que les ministres du culte peuvent se marier (Art. 32)
27. http://anglicanhistory.org/tracts/tract90/conclusion.html Accédé le 16/01/2010
28. Pour des informations détaillées sur ce plan et sur sa mise en oeuvre au cours du 19e siècle, voir Walsh, « Secret History of the Oxford Movement ».

Richard Bennett, Association “Berean Beacon”, http://www.bereanbeacon.org/
La libre reproduction de cet article est autorisée, y compris sur l’Internet, à condition qu’elle soit intégrale, et qu’aucune modification ne soit effectuée. Voir aussi les autres articles en français de Richard Bennett, à l’adresse: http://www.bereanbeacon.org/index.php?link=french

]]>
http://www.blogdei.com/10445/la-papaute-s%e2%80%99apprete-a-reconquerir-l%e2%80%99angleterre-par-richard-bennett/feed/ 3
3000 morts et 700 déportés dans un « pogrom » anti-chrétien http://www.blogdei.com/10199/3000-morts-et-700-deportes-dans-un-pogrom-anti-chretien/ http://www.blogdei.com/10199/3000-morts-et-700-deportes-dans-un-pogrom-anti-chretien/#comments Fri, 13 Aug 2010 06:30:46 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=10199

Le Point

Trois mille morts, près de sept cents hommes envoyés aux galères au large de Marseille, des villages dévastés, des femmes violées, des enfants vendus… Tel est le triste spectacle qu’offre le Luberon quinze ans à peine avant les guerres de Religion. En avril 1545, François Ier ordonne au baron d’Oppède de mener à Mérindol 3 000 soldats qui remontaient des guerres d’Italie et d’éradiquer l’hérétique Eglise évangélique vaudoise, par peur de la montée du protestantisme.

>>> lire la suite

]]>
http://www.blogdei.com/10199/3000-morts-et-700-deportes-dans-un-pogrom-anti-chretien/feed/ 0
Histoire d’un puissant réveil : Vie de William Bramwell (1759-1818) http://www.blogdei.com/7646/histoire-dun-puissant-reveil-vie-de-william-bramwell-1759-1818/ http://www.blogdei.com/7646/histoire-dun-puissant-reveil-vie-de-william-bramwell-1759-1818/#comments Sat, 24 Apr 2010 17:16:56 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=7646

blogdei / La foi de nos pères

NDLR: Jeune homme, jeune fille, voici un puissant témoignage venu du fond des âges, qui te parle d’humilité, en notre époque où même les ministres de l’Evangile se croient grands. Puisses-tu entrer dans le service de Ton Maître avec les mêmes sentiments que ce puissant homme de Dieu. Pour lire une biographie de Bramwell, cliquez ici (Google books) et pour lire l’intégralité de cet ouvrage, cliquez ici.

Le ruisseau de Dieu
est plein d’eau
Psaume 65;9
 
 
 
» Sanctification
» La plénitude de Dieu
» Mon âme est tout amour
» Je suis moins que rien
» Le vrai repos
» Conseils aux prédicateurs
» Le Saint-Esprit dirige tout
» Toutes choses ne sont rien comparées à Dieu
» La grâce suffit dans la maladie
» Prêt pour la gloire éternelle


Sanctification

L’immense avantage qui découle pour nous d’une entière sanctification, est pour moi plus que jamais évident. Une entière sanctification garde l’âme en repos à travers tous les orages de la vie; elle rend pleinement satisfait de la place où Dieu nous met, quelle qu’elle soit; elle approuve pleinement les ordres de Dieu; celui qui la possède est complètement délivré de lui-même, préoccupé de la gloire de Dieu et possédé d’un ardent désir de faire le bonheur d’autrui.

Quand nous sommes entièrement sanctifiés, le monde pour nous n’est plus, nous vivons en haut, « nous demeurons en Dieu et Dieu demeure en nous; » nous pouvons parler quand nous voulons et nous taire de même.

Une pareille victoire, un pareil salut, est pour nous chose acquise. Et nous ne sommes rien, nous le sentons. Nous ne pouvons rien sans Dieu, c’est pourquoi nous Lui rendons gloire pour toute bonne pensée et toute bonne action.

Demeurez toujours dans l’amour de Dieu. J’ai connu bien des personnes qui ont reçu cet amour et qui l’ont perdu. Mais nous pouvons le garder, rester debout; car Dieu est capable de nous garder à jamais. Vivez dans cet amour, parler, prêchez en lui.

Si nous faisons cela, l’enfer, le monde et beaucoup de gens qui font profession d’être chrétiens chercheront à empêcher nos succès. Mais prions sans jamais nous arrêter, sans nous laisser émouvoir et sans reculer d’une ligne…


La plénitude de Dieu

(Eph.3;19)

La plénitude de Dieu est tout d’abord l’ensemble des grâces que Dieu a promises pour l’accomplissement de notre plein salut ici- bas, de notre entière préparation à la gloire éternelle. Etre rempli de toute la plénitude de Dieu, c’est avoir le coeur vidé et purifié de tout péché et de toute souillure; et rempli d’humilité, de douceur, de patience, de bonté, de sainteté, de justice, de miséricorde, de vérité, d’amour pour Dieu et pour les hommes.

La possession de toutes ces vertus dans leur plénitude implique, évidemment, l’enlèvement complet de tout ce qui n’est pas de Dieu et ne conduit pas à Lui; car ce que Dieu remplit, ni le péché, ni Satan ne peuvent le remplir, ni l’occuper à aucun degré.

Quand un vase est rempli d’un liquide, pas une goutte d’un autre liquide ne peut y entrer sans en déplacer une quantité équivalente. Et l’on ne peut dire que Dieu remplisse notre âme quand une partie quelconque de notre être est remplie, plus ou moins occupée par le péché ou par Satan. Ni le péché, ni Satan ne peuvent être à aucun degré où Dieu remplit le tout. L’exaucement de la prière de Paul comporte donc que Satan soit entièrement expulsé de notre être et n’ait plus aucune prise sur nous.

La plénitude de l’humilité exclut tout orgueil; la plénitude de la douceur exclut toute colère; la plénitude de la patience exclut toute impatience; la plénitude de l’amabilité exclut toute dureté, toute brusquerie, toute rudesse, toute méchanceté; la plénitude de la charité exclut toute aigreur, toute amertume, toute irritation, toute mauvaise humeur; la plénitude de la justice exclut toute injustice; la plénitude de la sainteté exclut tout péché; la plénitude de la miséricorde exclut tout ressentiment, toute vengeance; la plénitude de la vérité exclut toute dissimulation, toute fausseté.

Chez celui qui aime Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force, il n’y a plus aucune place pour l’inimitié à l’égard de Dieu, ou à l’égard de ce qui est de Lui, aucune place pour l’avarice, l’amour du monde et les choses qui sont au monde. Celui qui aime son prochain comme lui-même, ne lui fera jamais aucun mal; au contraire, il lui fera tout le bien qu’il pourra.

Etre rempli de toute la plénitude de Dieu produira donc une obéissance à Dieu constante, remplie de joie, d’amour et d’adoration, ainsi qu’une bonté inaltérable envers le prochain, quel qu’il soit. Celui qui est rempli de toute la plénitude de Dieu est sauvé de tout péché, la loi est accomplie en lui; il possède l’amour divin; il n’agit que par cet amour, amour pour Dieu et pour l’homme, amour qui est l’accomplissement de la loi. »


Mon âme est tout amour

A la Conférence de 1801, Bramwell fut désigné pour le Circuit de Leeds. Il y commença son ministère le 6 septembre, avec son zèle ordinaire, et Dieu fut tellement avec lui, ainsi qu’avec ses collègues, qu’en deux ans, cinq cents membres furent ajoutés à la Société wesleyenne. Sa correspondance pendant ce temps fut moins étendue que précédemment, mais elle montre, toujours grandissant, la même foi, le même renoncement, le même amour pour les âmes.

Le Révérend Blackett, Conducteur de deux des classes de Leeds, dit qu’à cette époque il semblait que tous les habitants de la ville allaient être convertis; les pécheurs étaient tellement troublés, qu’on voyait les hommes les plus dépravés, les persécuteurs les plus violents, témoigner de la repentance et se mettre à prier. « Je visitai chacune des maisons de la High street dit le Révérend Blackett, je parlai à chacun du salut de son âme, et il se trouva qu’un grand nombre de personnes dont je n’attendais pas grand chose, avaient la conscience réveillée et cherchaient Dieu en secret. Beaucoup de gens désiraient venir aux réunions de classe, mais ne l’osaient pas, parce qu’ils n’étaient pas invités. Ils furent remplis de joie quand je leur dis que je venais chercher les brebis perdues et que je les invitais à venir recevoir instruction dans les réunions des enfants de Dieu.  »

Bramwell écrit de Leeds, à la date du 16 décembre 1801, au Révérend Drake

 » J’ai besoin d’avoir de vos nouvelles, vous pesez beaucoup sur mon cœur et je prie beaucoup pour vous.

 » Vous avez une grande croix à porter, mais vous pouvez la recevoir avec joie de la main du Seigneur; c’est ainsi qu’elle produira une gloire infiniment excellente. Ce n’est que par la prière et la foi que vous serez rendu capable de surmonter la douleur, mais la chose est possible…

O mon frère, le temps est court, il faut que nous le mettions à profit… Je me suis de nouveau consacré à Dieu pour être à Lui en sacrifice continuel et qu’il soit mon tout en toutes choses. Je vis avec Lui et j’attends chaque jour son appel.  » Mon ami monte plus haut,  » dira-t-il bientôt.

 » Je n’ai pas toujours recueilli tout le fruit que j’aurais pu recueillir des croix que Dieu m’a envoyées j’en suis honteux, confondu, et je me prosterne devant le Seigneur dans la plus profonde humiliation.

 » Ma femme est véritablement consacrée au Seigneur et notre petit John est une joie pour nous. Beaucoup d’âmes ici et dans d’autres localités du circuit se tournent vers le Seigneur. Cependant l’ennemi me tente souvent; il voudrait me faire abandonner tout mon travail. Lisez, veillez, priez; en toutes choses, soyez comme l’apôtre Paul.  »

Le 30 novembre 1802, Bramwell écrivait de Leeds, à son ami Taft, une lettre qui a trait à la crise dont nous venons de parler; nous en extrayons quelques lignes.

Je suis toujours témoin de grandes choses à Leeds; beaucoup d’âmes sont sauvées dans la ville, —pas autant dans la campagne. Nous avons eu dans une des rues de la ville une œuvre comme j’en ai rarement vu : beaucoup de ceux qui étaient les pires sont devenus les meilleurs.

 » Je n’ai pas le secours dont j’ai besoin, et je me dis parfois :  » Malheur à moi! car je suis assiégé par toutes les puissances de l’enfer.  » Vous seriez bien surpris si vous saviez quelles machinations j’ai découvertes; on voulait empêcher notre victoire sur le Prince des ténèbres, cependant la main de Celui qui déjoue les manœuvres de l’ennemi se fait sentir. Mais l’œuvre n’a pas pris l’extension que je désirais; j’en pleure et j’attends la délivrance.

 » Jamais je n’ai autant vécu avec Dieu qu’à présent. Je puis dire que ma vie est une prière semblable souvent à une agonie. J’attends constamment l’appel de Dieu qui me fera monter plus haut; cependant je pense parfois que pour moi la plus grande œuvre est encore à faire. Oh! que Dieu me garde prêt pour la vie comme pour la mort!

A la Conférence de Manchester en 1803, Bramwell fut nommé prédicateur itinérant du Circuit de Wetherby. Il avait alors quarante-quatre ans. Pendant huit ans, il avait travaillé dans des districts populeux, oh les sociétés étaient importantes, les congrégations nombreuses et l’œuvre étendue, souvent glorieuse; il se trouvait maintenant au milieu d’une population rurale relativement peu nombreuse, et son action paraissait fort restreinte. Mais c’est parfois dans l’ombre que le serviteur de Dieu se développe le mieux. Il devait en être ainsi, pendant un an, pour Bramwell dont la vie était une prière continuelle. Il écrit de Wetherby à un ami intime:

 » Le temps est maintenant venu pour moi d’être façonné comme il convient pour occuper la place dans la gloire où Dieu va m’appeler. Je combats chaque jour de toute mon âme; et jamais je n’ai joui d’une plus grande puissance et d’un plus grand amour. Je vois des âmes arriver au salut à peu près chaque soir. Mais dans quel état de mort est ce circuit! chaque jour je suis dans l’agonie pour obtenir le réveil de quelques âmes. »

 » Mon âme est toute amour! gloire à mon Sauveur!  » dit-il dans une autre lettre datée de Wetherby.

A son ami Drake, il écrit:

 » Nous sommes tous bien et beaucoup d’âmes sont sauvées. Le circuit de Wetherby est confortable, mais petit; notre action y est fort limitée. On me sollicite vivement de me rendre dans un circuit plus important et je devrai probablement me rendre à cet appel.

 » Mon cher frère, ma vie est une prière continuelle. Je vous assure que je suis comme dans le ciel. Le ciel, c’est le Seigneur.  »

« Nous avons eu dimanche passé une grande réunion dans une grange d’une vingtaine de mètres de longueur. Il y vint des personnes de presque toutes les communes du Yorkshire. Je n’ai, je crois, jamais vu un plus grand nombre d’âmes être remplies du Saint-Esprit; il y eut, en outre, beaucoup de pécheurs qui reçurent le pardon de leurs péchés. »


Je suis moins que rien

La Conférence de 1804 jugea comme beaucoup des amis de Bramwell; elle pensa qu’il devait être placé dans un circuit plus important, aussi l’appela-t-elle à celui de Huil, ainsi que Walter Griffith et Samuel Taylor qui étaient comme lui, des hommes « remplis de foi et du Saint-Esprit.  »

Bramwell travailla deux ans avec grand succès dans ce nouveau circuit et vit de quatre à cinq cents nouveaux membres s’ajouter à la Société wesleyenne. Aucune croix n’était pour lui trop lourde, aucune privation trop rude, aucun service trop pénible, quand il s’agissait de sauver des âmes.

En octobre 1804, il écrit de Huil

 » J’ai eu trois semaines d’agonie, mais maintenant je vois le Seigneur à l’œuvre. Depuis quelque temps je ne prêche plus sans voir quelque fruit de mon travail. Le Seigneur sauve des âmes. Oh! que rien ne vienne y faire obstacle. Priez, priez beaucoup pour moi! Que le Seigneur vous bénisse!  »

 » Trois semaines d’agonie,  » aussi ne nous étonnerons-nous pas que ses armes aient été  » puissantes  »

pour renverser les forteresses de l’ennemi « . Cette même puissance, il la désirait ardemment pour ses frères. Nous lisons dans une lettre qu’il écrit le 29 novembre 1804

Mon cher frère Cranswick,

 » Je pense chaque jour à vous et à votre famille. J’ai besoin souvent de savoir comment vous êtes tous. Satan usera de mille moyens pour refroidir notre amour; il fera tout ce qu’il pourra pour donner à toutes choses le plus triste aspect; puis il nous dira que nous ferions aussi bien d’abandonner notre œuvre… Mais, bien que nous ne puissions sauver tout le monde, ni peut-être beaucoup de personnes, il n’en est pas moins vrai qu’une seule âme a la plus grande importance. Les églises, quoique petites, ont une valeur infinie. Rappelez-vous comment vous avez été sauvé, aussi ne négligez jamais la moindre prière. C’est en priant continuellement que nous conservons la grâce : j’en suis plus convaincu que jamais. Oh! abandonnez tout à Dieu, qu’il ait tout! Votre chère femme et vos précieux enfants sont à lui; remettez-les entre ses mains chaque matin, faites cet acte à genoux. Dieu vous répondra; il aplanira votre chemin et vous verrez sa gloire.

Je sais, cependant, que ce n’est que par un combat continuel que nous pouvons rester debout au milieu de l’incrédulité générale. Faites toute l’œuvre que vous avez à faire dans votre maison, avec le moins de paroles possible. Soyez toujours bon avec tous, même avec les ingrats. Vous en retirerez les plus grandes bénédictions. Vivez pour Dieu, en toutes choses; soyez entièrement abandonné entre ses mains. Je désire vous voir bientôt. Que chacun de nous porte ses frères à Dieu, et ne brisons jamais les liens célestes qui nous unissent !  »

Le 30 mai 1805, Bramwell écrit de Huil à M. John Angrave

« Mon cher père dans le Seigneur Jésus,

 » J’ai été tout réjoui en recevant des nouvelles de vous et de votre famille. J’ai confiance que vous marchez toujours dans le même chemin et que vous avez toujours les mêmes sentiments. J’ai été souvent édifié en méditant ces paroles de saint Jacques qui nous parlent du  » Père des lumières chez qui il n’y a ni changement ni ombre de variation.  » Quelle révélation! Quelle certitude de recevoir le plein salut !.. .Prenez donc et efforcez-vous de prendre le tout. La prière continuelle sera le moyen; heurtez, heurtez souvent et fort, allez avec assurance; ne dites pas, j’y suis allé ce matin, ce soir; allez à Dieu continuellement…

 » Je suis moins que rien, et cependant je sens en moi un grand accroissement de l’amour et de la puissance de Dieu. Je vous retrouverai bientôt là où il n’y aura plus de séparation. Que le Seigneur dirige toutes choses pour sa gloire! etc.  »

Le 30 juin il écrit: « Marcher, voir, parler, souffrir dans le Seigneur, c’est le ciel sur la terre. Dans la gloire, il n’y aura pas la plus petite chose qui ne soit en Dieu…  »

Les progrès de Bramwell dans l’amour, la lumière et la puissance de Dieu sont encore affirmés dans la lettre suivante adressée à William Burrows, un de ses amis intimes qu’il s’efforçait d’encourager:

Hull, 27 novembre 1805

« Que la grâce vous soit multipliée ainsi qu’à toute votre famille. J’ai pensé à vous presque chaque jour…

« Oh! la patience de Dieu! Combien il est opposé à notre destruction! et prêt à pardonner, à bénir, à nous purifier de tout péché! Bien plus, à nous purifier de toute notre vieille nature! Il n’est jamais fatigué d’encourager ses enfants et de les remplir de son Esprit. Je suis émerveillé de son amour…

 » Combien l’incrédulité déshonore son nom! Hésiter, ne fût-ce qu’un instant, dans la confiance en Lui, quel outrage envers sa personne! Je suis de plus en plus choqué à la pensée de l’incrédulité. Le péché, la mondanité, les ténèbres, la mort, en voilà l’effet immédiat; tandis que la vie, la lumière, la sainteté, le ciel, sont les fruits de la foi.

 » J’ai confiance que vous persévérez dans vos efforts, que vous courez, que vous combattez, que vous croyez, que vous êtes un homme faible qui a été rendu puissant, un pauvre rendu riche, un malheureux qui a été mis en état de se réjouir éternellement…

 » Ne faiblissez jamais, quand même d’autres autour de vous cèdent. Rester debout, même seul, c’est la plus grande gloire.

 » Je bénis Dieu, je fais des progrès dans la grâce, je vis dans l’union avec Jésus, je suis plus près que jamais du trône. Satan me poursuit toujours davantage, il veut détruire les fruits de notre travail; mais je le combats journellement et j’ai l’espoir de le vaincre. Je vois le Seigneur faire son œuvre;

il opère plus puissamment qu’au commencement mais l’œuvre n’est pas encore générale. Des âmes sont sauvées; mais combien il me tarde de voir davantage ! Quand je prêche, je suis plus que jamais rempli de la Puissance d’En Haut! Priez, priez, priez pour moi!  »

Le 30 mai 1805, Bramwell écrit:

 » Le Seigneur est avec nous, il émonde, il taille, il plante. Quelques âmes sont sauvées dans nos réunions.

Un mois après, il dit encore

« Dieu opère dans notre circuit, Dans une localité quarante personnes se sont jointes à notre société; plusieurs étaient des catholiques romains; dans le nombre se trouve un beau jeune homme qui était clerc d’un prêtre, ce qui a fort irrité les gens de son Église. n

Le 16 décembre 1806, il écrit:

 » Je suis plus que jamais uni à Dieu. Je vois des âmes arriver au salut, mais l’œuvre n’est pas générale.

Le 6 janvier 1806, il peut enfin écrire

 » Le salut, la flamme de l’amour brille maintenant de toutes parts à Huil. Je connais que nous ne pouvons pas jeûner et prier en vain.  »

Bramwell n’en dit pas davantage; mais de tout œ que l’on pouvait souhaiter de connaître, c’est là le point capital. Un réveil général des âmes vint donc couronner ses efforts pendant le dernier semestre de son activité dans le Circuit de Huil.

Plusieurs exaucements à ses prières et à celles de ses amis furent notés pendant les deux ans qu’il passa dans ce circuit.

A la suite d’une chute, M. Brayshaw, de Huil, se trouva dans un état désespéré. La gangrène l’envahissait, et l’on n’attendait que sa mort. Il prit en conséquence, congé des siens et leur donna ce qu’il croyait être sa dernière bénédiction. A ce moment, Bramwell et son collègue Griffiths vinrent le voir, et Mme Brayshaw leur recommanda de prier dans la réunion de chrétiens où ils se rendaient. Ils le firent; et pendant qu’ils le faisaient une effusion extraordinaire du Saint-Esprit était accordée à l’assemblée. M. Brayshaw entra aussitôt en voie de guérison et fut bientôt entièrement rétabli. Pour sa famille et ses amis, la réponse aux prières fut évidente.


Le vrai repos

En 1806, Bramwell fut nommé prédicateur de l’important Circuit de Sunderland. Il y fut reçu avec une affection toute particulière. « Nous avons une trop belle maison, écrit-il peu après son arrivée à Sunderland, et les amis ici sont trop bons pour nous; j’ai beaucoup à veiller, à prier et à jeûner, de peur que les bonnes choses ne causent notre ruine. »

Les doctrines pernicieuses d’un certain M. Cooke et ses pamphlets qui avaient été fort répandus, avaient profondément divisé les sociétés du circuit et avaient fait un mal considérable. Bramwell pensa que la meilleure manière de combattre le mal, était d’annoncer pleinement la vérité sans parler de l’erreur. Il ne fit donc aucune controverse et prêcha d’emblée et hardiment un  » plein et entier salut  » offert présentement et gratuitement à tous. Il n’avait d’autre objet en vue que de sauver les âmes, sauver les chrétiens de l’esprit de dispute qui s’était emparé d’eux. Aussi s’efforça-il de répandre partout l’esprit de prière, ce à quoi il réussit.

Dès le commencement de ses travaux dans ce nouveau circuit, il écrit à un de ses collègues

« Je suis à présent adonné à la prière. L’esprit et les doctrines de Cooke ont aveuglé le peuple; ce circuit donne cependant de grandes espérances.

Les foules viennent entendre la prédication de l’Évangile et les yeux commencent à s’ouvrir. Dans l’agape que nous avons eue dimanche passé, Dieu nous a accordé une abondante effusion de son Esprit; c’était une vraie averse: dix personnes sont arrivées à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.

Un réveil général ne tarda pas à se manifester. « L’œuvre devient de plus en plus profonde dans tout le circuit; quand j’y suis arrivé, on ne connaissait rien de la sanctification entière; et, à ce sujet, j’ai encore lieu de gémir; mais j’ai formé un groupe de chrétiens choisis et j’espère que tous recevront la bénédiction. Priez pour moi que je puisse faire toute la volonté de Dieu. Je pense que ma femme a une plus puissante foi que moi : toutes ses classes sont embrasées du feu de l’amour divin.  »

Au bout d’une année, cinq cents nouveaux membres, dans le Circuit de Sunderland, étaient entrés dans la société.

 » La paille, le foin et le chaume de Cooke ont été maintenant balayés, écrit Bramwell.

Quarante soldats ont été convertis, et un bon nombre ont abandonné leurs habitudes mondaines pour entrer dans les classes. n

Cette œuvre excellente se continua et, dans tout le circuit, un grand nombre d’âmes furent ajoutées aux églises.

Dans une lettre adressée par Bramwell au Rév.

Dunn, le 7 février 1807, nous lisons

 » Environ deux cents personnes se sont jointes à nous pendant ce dernier trimestre, et parmi elles soixante soldats, lions qui ont été changés en agneaux.

J’admire l’œuvre de Dieu parmi ces hommes. Nous en avons maintenant soixante et dix dans nos

classes; et ces gens ont prouvé qu’ils étaient tout à fait changés. Le réveil commence en plusieurs localités. A Durham nous avons jeté les fondements d’une nouvelle chapelle.

« Satan m’assaille avec une violence extraordinaire;

et cependant je grandis dans la grâce de Dieu. Mon cher frère, remettez toutes choses entre les mains du Seigneur et votre chemin sera aplani, votre âme sera vivifiée et vos travaux seront couronnés de succès. Le temps est court, tout ici-bas menace ruine; mais Dieu est et sera avec nous.

Priez pour moi. J’ai confiance que j’aurai toujours raison de vous aimer en Jésus. »

Bramwell recherchait si ardemment le salut des pêcheurs, qu’il arrêtait souvent les personnes dans les rues pour leur parler du salut de leur âme. La gloire de Dieu était sa préoccupation constante.

Passant la nuit avec un de ses collègues chez un excellent frère, Bramwell apprend que la famille de son hôte est dans une grande anxiété. Le propriétaire veut qu’elle évacue la maison et il n’y a pas moyen d’en trouver une autre convenable. Bramwell et son collègue prient jusqu’à l’aube. Le lendemain toute difficulté est aplanie, et l’hôte reconnaît que « la prière fervente du juste a une grande efficacité. »

A peu près à la même époque notre ami écrit à William Burrows

« Je suis affligé de ce que mon amour n’est pas plus puissant et de ce que je ne suis pas plus semblable à notre Sauveur… je me jette à ses pieds avec honte.

Comment se fait-il qu’une seule âme ayant un si grand prix, que Dieu étant si grand et l’éternité si proche, nous n’en soyons pas davantage émus? Peut-être pourrez-vous répondre à cette question.

« La vérité, sa profondeur, la grandeur des promesses de Dieu, ce sont des choses qui me submergent entièrement; je suis perdu dans l’admiration et la louange. Mon âme pénètre en Jésus-Christ. Sa parole me saisit plus fortement que jamais. Oh! combien je puis lire, pleurer, aimer, souffrir! Oh! oui, que ne pourrais-je souffrir, quand je vois le Seigneur comme je le vois maintenant! Être justifié est une grande chose; être purifié est une grande chose; mais qu’est-ce que la justification et la purification comparées à la grâce d’être ainsi incorporé à Sa personne?

Le monde et tout son bruit a entièrement disparu et l’âme porte la pleine empreinte de l’image de Dieu… »

 » O mon cher frère, priez, priez, persévérez dans la prière, plaidez avec Dieu, pleurez et gémissez dans la prière et la supplication. Vous connaissez le chemin; le Seigneur vous a montré son grand salut; vous ne pouvez pas rester en repos comme les autres et être heureux; non! vous devez tout obtenir, rien moins que toute la bénédiction ne peut mettre votre esprit en repos. Ne vous relâchez en rien!… »

Si l’âme sanctifiée n’a plus à  » lutter contre la chair et le sang,  » elle n’en est pas moins assaillie par  » les dominations, les autorités, les princes de ce monde de ténèbres, les esprits méchants qui sont dans les airs.  » (Eph. VI, 12.)

L’ennemi sera même d’autant plus terrible au dehors, qu’il aura perdu toute position au dedans.

C’est ce qu’éprouvait Bramwell, les fragments de

lettres suivants en donnent mainte preuve.

 » Ces derniers temps mes regards ont pénétré plus profondément dans l’Evangile. Nos corps sont  » les

temples du Saint-Esprit  » : je suis convaincu que, quant à notre corps particulièrement, notre gloire est peu de chose en comparaison de œ qu’elle pourrait être. Il est nécessaire au plus haut point d’être pur quant à l’homme extérieur. Il faut pour cela être dans la prière continuelle, les yeux toujours fixés sur Jésus-Christ…

« Quant à rechercher la gloire qui vient des hommes, le monde, ou quant à se rechercher soi-même, cela est devenu si choquant pour moi, que je m’étonne que nous ne tombions pas tous morts quand si peu que ce soit d’un pareil péché vient à se produire parmi nous.

« Quand je fais de la peine au Seigneur, j’en ai immédiatement conscience, l’Esprit me le dit… Mon âme est sujette à la paresse; et je dois prendre de la peine, je vous assure, pour que tous mes devoirs soient faits aussi vite que possible.

 » Je suis aussi fort corporellement que je l’ai jamais été, mais ma vue baisse rapidement : c’est un coup retentissant frappé à ma porte.  »

« La guerre pour moi se prolonge, je suis entouré des puissances des ténèbres. Mes tentations à me relâcher, à mettre moins d’ardeur et de travail dans la prédication et la prière, sont plus grandes que jamais. Les invitations que je reçois de beaucoup d’amis fortunés sont plus nombreuses ici, à Sunderland, que dans toutes les localités que j’ai habitées précédemment, et ces invitations tendent à produire ce relâchement. Mais je reste dans le Seigneur, je demeure ferme en Lui. Je suis gardé par la puissance de Dieu; de cela, j’ai pleine certitude. Je grandis et je deviens plus petit; je suis plus honteux de moi-même, plus dépendant de mon Père céleste que jamais. Ma communion avec Lui est devenue plus étroite, plus constante; et mon amour pour Lui, plus puissant. Quant à ma prédication, je suis peiné au plus haut point : elle est tellement au-dessous de son sujet, la rédemption, le plein salut! Je tremble autant que jamais en présence de mes auditeurs.

Dans une lettre datée de 1807, Bramwell montre la grandeur des bénédictions dont il jouit et il exprime l’ardent désir que ses frères aient part aux mêmes grâces

 » J’espère que vous conserverez toute votre foi et toute votre patience. Plus nous nous approchons de Dieu, plus nous devenons conscients du moindre péché et de la moindre tentation. Ce qui pour moi est le meilleur, c’est de demeurer continuellement dans le Seigneur. Sentir que tout lui est abandonné, qu’on dépend de lui pour toutes choses, qu’on est un avec lui, et ne jamais être distrait de sa présence, c’est le ciel continuellement sur la terre.

 » Être constamment prêt pour la gloire: tel est, en effet, notre privilège. Oh! quel grand salut!

Tout ce qui est mauvais a été enlevé, toute grâce est obtenue, l’enfer est vaincu et Christ est sans cesse glorifié!

Le 20 mars de la même année, il écrit encore de Sunderland:

 » Mon cher frère,

« Il y a quelques temps que je pense à vous écrire, car je n’oublie pas mes amis; au contraire, je me sens toujours plus uni à eux et parfois je désire beaucoup les voir, afin que nous puissions, eux et moi lutter ensemble les uns pour les autres dans la prière et recevoir du Seigneur une grande puissance pour accomplir notre œuvre. Encore un peu de temps et la bataille sera gagnée. Nous devons vaincre pleinement par le sang de l’Agneau. La vieille nature doit être détruite. Le Seigneur qui a créé le monde d’un mot, peut d’un mot nous sauver; et l’incrédulité seule peut empêcher notre plein salut.

 » Oh! combien la vie est douce, calme et sereine quand toute guerre contre le péché et le mal intérieur est terminée!

 » Priez! oh! priez! mon frère. Ne vous dessaisissez jamais, jamais, de la pleine bénédiction que vous avez reçue. Je suis étonné que nous ne prions pas davantage et même que nous ne vivions pas à chaque instant comme sur le bord du royaume éternel…

J’espère que vous passerez au travers des choses périssables les yeux fixés sur celles qui sont d’En-Haut.

« Quand nous sommes purifiés du péché, il semble que nous ne faisons que commencer à vivre; se reposer alors sur Dieu, n’être jamais distrait par les choses de la terre, croître de toute façon en  » Celui qui est la tête  » ne jamais voir ni sentir que Lui, faisant tout en Lui et pour Lui, c’est le ciel commencé sur la terre…


Conseils aux prédicateurs

Bramwell avait à Sunderland plusieurs jeunes prédicateurs sous ses soins, l’un d’entre eux demeurait même sous son toit; et leur état spirituel était pour lui un grand sujet de préoccupation.

Le 6 décembre 1806, il écrit à l’un de ceux qui venaient de le quitter pour entrer dans le ministère:

 » Certainement Dieu est prêt à faire toutes choses nouvelles dans votre circuit; il sera avec quiconque a un œil simple et ne cherche qu’à sauver les âmes. Que vous vous trouviez si incapable, si honteux devant Dieu, ce n’est pas une preuve que vous ne soyez pas appelé au ministère.

 » A seize ans nous croyons savoir quelque chose, à vingt ans nous croyons savoir beaucoup; mais si nous croissons dans la connaissance, nous arrivons à savoir que nous ne sommes rien… dites–moi tout l’état de votre âme dès que vous le jugerez bon. Levez-vous de bonne heure. Ne restez jamais tard au lit à moins d’y être obligé. Priez lisez, priez!

A un second de ces jeunes gens il écrit:

 » Mon cher frère, levez-vous de bonne heure, lisez, écrivez, remettez tout entre les mains du Seigneur; il aplanira alors votre sentier, votre âme prospèrera et votre travail aura du succès.

Le temps est court… Priez pour moi. J’ai confiance que j’aurai toutes les raisons possibles pour vous aimer en Jésus-Christ…  »

A un troisième, il écrit une longue lettre dont nous extrayons les lignes suivantes qui auront une grande importance pour quiconque cherche avant tout la sanctification

 » Vous avez bien commencé, vous avez continué, vous êtes dans la faveur de Dieu; maintenant, mon cher frère, devenez semblable à Dieu; oh!

soyez l’image de votre Seigneur! Soyez pur de cœur, jamais orgueilleux, jamais colère, jamais de mauvaise humeur, jamais irrité. Que tout en vous soit du ciel, de Dieu qui est votre tout. J’ai confiance que vous n’aurez pas de repos que vous n’ayez reçu cette grâce; et que dans peu de jours, quand je vous verrai, vous pourrez me dire:  » Je me suis donné tout entier à Dieu, je lui ai tout abandonné, j’ai lutté avec lui, comme Jacob, lui disant que je ne le laisserais point aller qu’il ne m’eût béni, et il a purifié mon âme. Je le sens, tout mal a été enlevé de mon cœur. Je vis dans l’amour, tout en moi est amour, amour uniquement. n Dieu peut faire cela, il le fera pour vous. Le temps est court, votre œuvre est grande; ne craignez rien, soyez saint et vivez dans la plus étroite union avec votre Créateur et Sauveur.  »

En décembre 1807, Bramwell écrit de nouveau au même jeune prédicateur

« Les prédicateurs de notre circuit prospèrent et sont bien unis; nous nous réunissons chaque samedi et nous sommes pleinement bénis. Cependant la prédication de la sanctification et la possession de cette sanctification sont beaucoup en déclin parmi nous. Comment y remédier? Je ne sais. Cela finira mal, si cette gloire ne peut être rétablie. Je gémis et je me lamente. O Seigneur! montre ton bras et sauve-nous ! Un bon nombre de personnes dans ce circuit, ont obtenu la bénédiction dernièrement (la délivrance de toute tendance au péché), un nombre beaucoup plus grand en a faim et soif; mais la recevoir par la foi seule, voilà la difficulté. Il nous est presque impossible de persuader ces personnes que Dieu veut leur accorder cette grâce maintenant.

 » J’espère, mon cher frère, que ce plein salut vous tient à cœur.

 » J’espère que vous utilisez votre temps, particulièrement le matin. Oh! combien Satan va vous tenter pour vous faire rester au lit pendant ces froides matinées! tandis que vous devriez être engagé dans la prière, dans votre cabinet, chaque matin, dès cinq heures, ou même plus tôt.

« En ayant l’habitude de telles prières matinales, quelles merveilles vous obtiendrez de Dieu pour votre âme et pour ceux qui vous entourent! Oh! levez-vous de bonne heure, mon cher frère.

Vous quitterez bientôt cette terre;  » notre salut est maintenant plus proche que lorsque nous avons cru.  » Rappelez-vous de la Fléchère qui, lion qu’il était, fut changé en agneau. Que Dieu soit avec vous!

 » Oh! soyez une merveille dans votre circuit, une merveille dans la prédication, une merveille.

de zèle pour le salut des âmes. Soyez un puissant homme de Dieu! Je prie pour vous, je demande à Dieu que votre cœur, vos paroles, vos actions lui soient agréables et qu’il puisse vous dire au dernier jour:  » Cela va bien, bon et fidèle serviteur.  »

Les lignes suivantes sont adressées au Révérend,

A. F., jeune homme que Bramwell avait recommandé comme prédicateur, et aux progrès duquel il s’intéressait vivement.

7 décembre 1807

 » Mon cher Abraham,

« …Pour bien utiliser votre temps, vous verrez qu’il est nécessaire, votre œuvre terminée, de vous coucher aussi tôt que possible et de vous lever de bonne heure. Vous aurez à endurer le froid; ayez votre briquet et votre amadou prés de vous… Mais ayez grand soin d’entretenir le feu intérieur :  » c’est l’onction, disait M. de la Fléchère, qui fait le prédicateur. n Ayez toujours le cœur pur, soyez sauvé de tout péché et témoignez de cette œuvre de Dieu toutes les fois que vous en aurez une occasion convenable. Ne soyez jamais trop long dans ce que vous dites, ou dans vos visites, même dans la société la mieux disposée. Vous trouverez facilement le moyen de terminer vos discours et vos visites, et par là vous conserverez votre dignité. Ne dites jamais de mal d’une autre localité ou d’une autre société que celle où vous êtes. Ne dites jamais de mal de personne. Vous éviterez ainsi beaucoup de maux.

 » Quand vous prêchez, ne commencez pas sur un ton trop élevé; vous pouvez avoir autant de

force en parlant plus bas…

« Soyez un homme de Dieu, un prédicateur utile, amenant beaucoup d’âmes à la gloire; étudiez-vous à cela et vous y arriverez. Que votre but soit toujours le salut du monde. Écrivez tous vos semions avant de les prêcher, mais n’écrivez pas trop et ne soyez pas trop attaché à votre plan. Ne soyez jamais dur, fatigant ou ennuyeux.

Cependant ne soyez pas trop court… Faites en sorte que vos auditeurs reçoivent beaucoup en peu de mots.

 » Que vos discours soient modestes et graves, pleins de douceur et de simplicité…  »

Dans une lettre de Bramwell adressée à Mme Pawson, « sa chère mère selon l’Évangile, n et datée de Sunderland, janvier 1808, nous lisons:

 » Je dois vous le dire,  » ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. n J’ai travaillé plusieurs mois à ce que rien ne vînt jamais me distraire de Dieu, pas même un instant; et le Seigneur m’a donné d’y parvenir. Je fais maintenant la pleine expérience de cette parole :  » Il demeure en Dieu et Dieu demeure en lui .

 » En effet, je vis en Dieu. Oh! quelle vue de toutes choses j’ai maintenant! la création, la rédemption, le plein salut, l’état du monde, — avec quelle clarté je les vois! Je suis attristé, mais c’est en Dieu, je me réjouis, mais c’est en Dieu; je parle, mais je constate que c’est en Dieu; j’ai beaucoup de tentations, mais je suis inébranlable en Dieu.

Oh! combien il me tarde que l’Église connaisse ce grand salut! Et cependant je puis m’accommoder aux faibles mieux que jamais. Je suis confus devant le Seigneur; je ne puis rien sans lui; je m’étonne qu’il puisse m’aimer…

 » Chère Mme Pawson, que devons-nous faire

pour persuader l’Église de la possibilité d’une telle union avec Dieu? Etre purifié de tout péché est une grande chose, il est vrai; mais avoir la gloire demeurant en soi et qu’elle y soit pleinement efficace : voilà le salut.

Le Seigneur veille, attendant le moment où

il pourra accomplir ses promesses. Comme un bon père, et bien davantage, il désire que ses enfants aient la totalité des choses qu’il leur a promises. J’espère que vous progressez. Ne craignez rien; il vous a sauvée, il vous protège et il le fera jusqu’à la fin.

Bramwell avait une grande crainte que la simplicité et la puissance spirituelle qui distinguaient la première génération des prédicateurs wesleyens ne fissent place à un esprit mondain et sectaire. Il craignait particulièrement que la doctrine de l’entière sanctification ne fût de plus en plus abandonnée. Aussi employait-il toute son influence pour que la Société wesleyenne s’assurât des candidats au ministère pleins de foi et du Saint-Esprit. Ces préoccupations se montrent dans toutes ses lettres.

Dans les premiers jours de 1808, il écrit à un jeune prédicateur

 » Vous devez user de tous les moyens pour croître en intelligence, en zèle, en compassion pour autrui; vous devez être ému jusqu’aux larmes à la vue de ce monde qui se perd.

« Plaidez avec Dieu de toute votre âme pour obtenir le plein salut. Je sais que vous pouvez l’avoir, ne souffrez pas que rien l’empêche. Vous savez que  » toutes choses sont prêtes n présentement. Que tout votre être soit amour; soyez perdu en Dieu, et demeurez ainsi. Quand vous prêchez, que chaque mot et chaque regard témoignent de la plus grande affection pour vos auditeurs et que tout en vous montre que vous avez le plus ardent désir qu’ils soient sauvés. Faites preuve du plus profond respect pour eux et gardez-vous de tout ce qui serait dur. Dites les choses les plus fortes, mais que votre épée soit douce ; tous alors vous aimeront, même ceux qui ne délaisseront pas leur péché, et vous conserverez votre influence.

Jésus portait les agneaux sur son sein.

 » Il faut donc que vous acquerriez le pouvoir de vous  » faire tout à tous,  » et que vous soyez toujours attentif à être le serviteur de tous pour l’amour de Jésus-Christ.

 » Que votre exemple soit celui de la sainteté. Soyez beaucoup avec Dieu et votre physionomie resplendira. Que chacun voie en vous la nouvelle création. Je ne désire pas seulement que vous soyez un chrétien, je désire que vous receviez  » toute la plénitude de Dieu.  »

Bramwell écrit au Révérend Pilter, un de ses collègues

 » Mon cher frère,

 » … Notre œuvre, comme ministres de l’Évangile, est d’une telle importance que souvent je suis tout tremblant avant de monter en chaire; et je m’étonne que j’aie jamais pu m’engager dans une telle œuvre. Cependant quand ma prédication est commencée, je suis fréquemment pénétré de la présence divine à un tel point que pour rien au monde je ne voudrais cesser l’œuvre. Oh! combien notre Dieu Sauveur est miséricordieux! Il fortifie nos mains; il nous sauve!

 » En avant! mon cher frère : prêchez et priez,

arrachez et plantez. Faites tout en Dieu et il sera

avec vous, il opérera parmi vos auditeurs.

 » O mon frère, vivez dans l’entière sanctification, purifié de tout péché; vivez dans l’amour, dans la plénitude de Dieu. Soyez un ouvrier; faites toute la volonté de Dieu dans l’Église, puis allez partout dans le circuit à la recherche des âmes. Qu’une seule chose vous satisfasse : les amener à Dieu! c’est ainsi que vous vous sauverez vous-même et que vous sauverez ceux qui vous écouteront.

 » Ici, tout va bien par la bonté de Dieu. Un grand nombre d’âmes se tournent vers le Sauveur, pas autant cependant qu’il y a une année.

 » Oh! être prêt, être prêt! c’est pour cela que je travaille, que je lutte. Je vis et je grandis en Dieu; il est tout pour moi, en toutes choses. 0h! cette union avec Dieu! c’est le ciel. Jamais je ne me suis vu si petit; mais je suis gardé par sa toute puissance. Seigneur aide-moi et aide tous les tiens à chanter tes louanges à jamais  »

La lettre suivante est adressée à un jeune prédicateur qui faisait alors ses débuts.

 » J’apprends que vous êtes tout à fait satisfait de votre œuvre, je parle de celle de prédicateur itinérant, une œuvre qui, même jusqu’à maintenant, me fait trembler devant Dieu. Je suis toujours persuadé que seule la toute-puissance qui a ressuscité Jésus des morts peut nous soutenir dans l’accomplissement d’une telle œuvre.

 » Ce serait facile de l’accomplir comme une affaire de ce monde, comme une pure forme, de manière à ne pas s’en faire plus de souci que des choses ordinaires de la vie. Mais faut-il que le Seigneur nous ait adressé un appel céleste, qu’il nous ait revêtu de l’Esprit de zèle et de puissance et qu’il nous ait envoyé sauver les pécheurs de la perdition éternelle, pour qu’après tout cela nous perdions l’esprit de notre vocation? Quel compte alors pourrions-nous lui rendre? Comment pourrions-nous nous présenter devant son tribunal sans être couverts de honte? Il n’y a que le bon emploi de notre temps, de nos talents et de toutes nos ressources qui pourra nous excuser en ce moment-là.

 » Réfléchissez à tout cela, mon cher frère, et examinez-vous vous-même avec le plus grand soin. Vous adonnez-vous à la lecture et à la prière ? Vous donnez-vous vous-même à ce ministère?

Quand vous êtes en société faites-vous tourner toutes choses au profit des âmes? Êtes-vous un homme de Dieu en esprit, en paroles, et en actions? L’Esprit de Dieu vous rend-il clairement témoignage que vous êtes entièrement sanctifié?

et rendez-vous témoignage de cette œuvre?

 » Je désire que vous soyez un prédicateur accompli; et, dans ce but, ne serait-ce pas bien à vous de lire les Écritures sans commentaires, et d’en découvrir la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, en les approfondissant, en priant et en recevant la lumière de Dieu? Quiconque dépend d’un commentaire sera très superficiel et ne parlera jamais avec l’assurance nécessaire. Vous pourrez parfois lire un commentaire, pour voir quelle différence il peut y avoir entre l’auteur et vous, mais faites-le après votre travail, jamais avant.

 » Écrivez chaque jour quelque chose ; ayez un cahier spécial pour cela et ne perdez jamais une idée que Dieu, dans sa bonté, vous aurait donnée. En prêchant, ne soyez jamais ennuyeux; le monde n’a jamais supporté cela, et ne le supportera jamais.

« Que votre exorde soit une courte introduction au sermon, qu’elle prépare vos auditeurs à ce que vous avez à leur dire. Que votre sermon soit clair et fort, atteignant le cœur de chacun.  » Sauve-toi et sauve ceux qui t’écoutent! n

 » Si vous n’avez pas d’autre but que d’amener des âmes à Dieu, cet esprit pourvoira à peu près à tout. Luttez pour qu’à chaque sermon des âmes soient gagnées. Dieu sera alors avec vous et vous bénira; il vous donnera le désir de votre cœur. Soyez propre et convenable dans vos vêtements et dans toute votre personne; mais jamais de raideur, ni d’élégance! Soyez en harmonie avec le Seigneur Jésus, qu’il soit toujours devant vos yeux.

 » Ne soyez jamais cérémonieux; soyez poli et bon, jamais sombre, jamais léger. O mon frère, vivez pour l’éternité. Le Seigneur est tout proche; soyez à chaque instant prêt pour la gloire, et toujours aussi prêt à quitter la terre que vous l’êtes le soir à vous livrer au repos. Priez, priez, priez, et ne cessez jamais !

Dans une lettre écrite à un autre jeune prédicateur, nous lisons

 » Ayez fort à cœur le salut des âmes : avec cela, tout ira bien; vous lirez, vous étudierez, vous mettrez le temps à profit, vous prêcherez et travaillerez de toute façon. Si le salut des âmes vous est infiniment cher, vous vous lèverez de bonne heure et vous ferez chaque jour tout le travail que vous pourrez. Oh! l’importance du salut! ne fut-ce que d’une seule âme! Je m’étonne que nous ne soyons pas mille fois plus vivants dans notre service pour Dieu. Paul dit qu’il sert le Seigneur avec une entière humilité, avec beaucoup de larmes, enseignant publiquement et de maison en maison.  » Faites de cela votre devoir de chaque instant et abandonnez votre avenir à Dieu; c’est ainsi que vous serez toujours heureux car Dieu pourvoira à tout.

 » Ce grand salut est fort négligé parmi nous; prêchez-le dans chaque occasion favorable; soyez-en un témoin, et rendez-en témoignage toutes les fois que vous le pouvez. Vous trouverez des contradicteurs, mais n’y faites aucune attention, ne discutez pas, mais allez de l’avant avec patience.

Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent; ne soyez jamais paresseux en faisant le bien et vous moissonnerez en conséquence. »

Au Rév. J. Everett pour lequel il avait la plus haute estime, Bramwell écrit:

« Je vous porte sur mon cœur et je ne puis penser à vous sans amour et gratitude. Comme vous, je suis convaincu que seul le plein salut, l’entière sanctification, peut nous rendre heureux, nous qui avons reçu tant de lumières. Comment échapperons-nous si nous le négligeons? Ne tomberions-nous pas tôt ou tard? Les Juifs pouvaient atteindre à un certain degré de gloire sans avoir cette entière sanctification; mais nous qui avons été élevés jusqu’au ciel ?… J’espère que vous avez le témoignage clair et net de l’Esprit de Dieu comme quoi vous êtes purifié de tout péché par le sang de Jésus et que vous êtes prêt pour la gloire. Ne perdez jamais rien de votre zèle; vous pouvez le garder tout entier sans cependant faire ce travail extraordinaire qui, je le sais, est souvent au-dessus de vos forces.  »

La lettre suivante montre bien les vigoureux efforts que doit faire toute âme qui veut croître dans la grâce, vaincre le monde et le péché.

« . ..La lutte contre le péché extérieur est rude, la lutte contre les restes de la vieille nature l’est davantage; mais quand l’âme reçoit le sang qui purifie de tout péché, quand Dieu habite dans le cœur, et règne seul sur lui. — c’est alors que nous connaissons le grand salut que nous a conquis Jésus-Christ. Tout en nous est calme et paisible; l’eau, le feu, les hommes, les démons, rien ne peut nous troubler; et nous sommes prêts pour toute bonne œuvre; nous pouvons prier, prêcher et tout remettre entre les mains de Dieu.

« Quelques-uns disent:  » C’est bon; d’autres:

« C’est mauvais;  » mais nous ne cessons de donner gloire à Dieu et de continuer notre œuvre. Heureuse œuvre, heureuses gens, heureuse fin!

 » J’espère que vous n’avez pas décliné, que vous n’avez rien abandonné de votre foi ou de votre union avec Dieu. Nous endormirons-nous quand tant d’âmes s’en vont vers l’enfer? Pouvez-vous voir les pécheurs descendre plus bas? ne sont-ils pas déjà assez bas? Par la grâce de Dieu, il nous faut au moins retirer quelques tisons du feu. Si vous sauvez une âme par mois, songez à la couronne de gloire que cela vous fera! Et quand vous ne seriez pas encouragé à poursuivre votre œuvre, que la pensée de la place qui vous attend auprès de Dieu vous incite à glorifier le Seigneur, soit par votre vie, soit par votre mort.

 » Je crois que vous n’avez pas encore reçu toute la promesse. Quand nous entrons dans le pays, tout est si délicieux, que nous contemplons les fleurs et les campagnes, au lieu de nous hâter vers la gloire. Être tout en Dieu et Dieu en vous, voilà votre gloire. Ne vous arrêtez pas parce que d’autres s’arrêtent. Ayez de bonnes paroles pour tous, mais ne vous attardez avec personne. Tout ce que vous ferez pour Dieu sur la terre sera un pas vers le ciel. Les affaires elles-mêmes vous souriront si elle sont faites pour Dieu; vous verrez Dieu en toutes choses; vous ne pouvez, du reste, rien faire sans lui.

 » Vivez, mon cher frère, avec Abraham dans la foi; avec Elie dans la prière; avec Daniel dans le courage; avec Jean dans l’amour; avec Paul dans la commisération à l’égard du monde qui se perd (rappelez-vous ces larmes versées nuit et jour).

 » Les discussions sont en général stériles; évitez les, si possible, même sur les sujets les plus édifiants.

Soyez toujours bon et affectionné envers ceux qui pensent autrement que vous, bénissez ceux qui vous maudissent. Que le Seigneur soit avec vous!  »

Les lignes suivantes sont tirées d’une lettre à un jeune prédicateur, écrite peu de temps après les précédentes:

 » L’immense avantage qui découle pour nous d’une entière sanctification, est pour moi plus que jamais évident. Une entière sanctification garde l’âme en repos à travers tous les orages de la vie; elle rend pleinement satisfait de la place où Dieu nous met, quelle qu’elle soit; elle approuve pleinement les ordres de Dieu; celui qui la possède est complètement délivré de lui-même, préoccupé de la gloire de Dieu et possédé d’un ardent désir de faire le bonheur d’autrui. Quand nous sommes entièrement sanctifiés, le monde pour nous n’est plus, nous vivons en haut,  » nous demeurons en Dieu et Dieu demeure en nous;  » nous pouvons parler quand nous voulons et nous taire de même.

Une pareille victoire, un pareil salut est pour nous chose acquise. Et nous ne sommes rien, nous le sentons. Nous ne pouvons rien sans Dieu, c’est pourquoi nous lui rendons gloire pour toute bonne pensée et pour toute bonne action.

 » Demeurez toujours dans l’amour de Dieu. J’ai connu bien des personnes qui ont reçu cet amour et qui l’ont perdu. Mais nous pouvons le garder, rester debout; car Dieu est capable de nous garder à jamais. Vivez dans cet amour, parlez, prêchez en lui. Si nous faisons cela, l’enfer, le monde et beaucoup de gens qui font profession d’être chrétiens chercheront à empêcher nos succès. Mais prions sans jamais nous arrêter, sans nous laisser émouvoir et sans reculer d’une ligne…

« S’il y a quelque chose d’extravagant dans votre manière de faire, soyez toujours prêt à le reconnaître; mais prenez garde que, sans vous en apercevoir, vous ne soyez tiré hors de la vie pour tomber dans la grande masse de ceux qui sont morts.

Je voudrais parfois travailler jour et nuit pour avoir de bons sermons; et je pense que vous en pouvez dire autant. Mais faites bien attention que le but de vos lectures et de vos études soit de sauver des âmes, n’ayez que ce but en vue. Il n’y a que trop de prédicateurs qui travaillent pour être populaires.

On m’a dit qu’à la Conférence, un homme prêcha pendant une heure pour montrer aux membres de la Conférence qu’il savait quelque chose. Quel misérable travail! Quel compte rendront-ils à Dieu ceux qui agissent ainsi? Un homme se rend dans un circuit avec cette pensée: « Je leur ferai voir que je suis quelque chose!!! n Mon cher frère, le salut des âmes, et, si possible, une âme amenée à Dieu à chacune de nos journées de travail, voilà quelque chose de grand.  »

Le Rév. A. Bell qui avait été amené à Dieu par Bramwell, alors qu’il demeurait à Sunderland, a laissé quelques pages dont nous extrayons ce qui suit

 » J’ai fait connaissance de M. Bramwell en 1807, La piété et les succès extraordinaires de cet homme de Dieu étaient cause qu’on parlait beaucoup de lui, aussi me décidai-je à aller l’entendre. Ce fut pour moi une heure mémorable. Il avait pris pour texte Esaïe LXII, Sa gravité, sa manière sentie de lire les cantiques, la puissance de son esprit de prière

et d’intercession, puis sa prédication passionnée, énergique, non seulement rivèrent mon attention au sujet qu’il traitait, mais firent sur moi une telle impression que je fus à l’instant décidé : je me donnai à Dieu et à son peuple. J’obtins le salut et je me joignis à la Société. Depuis œ moment j’eus très souvent l’occasion de profiter de ce ministère si puissant pour réveiller et vivifier les âmes, et qui pour moi n’avait pas d’égal. Je ne perdais pas une occasion d’entendre M. Bramwell et chaque fois j’en étais encouragé et fortifié.

 » Il venait souvent, l’après-midi, dans de petits villages où il prêchait dans les cottages des pauvres, ce qui contribuait à amener du monde aux prédications du soir. Ses visites, tout inspirées par l’amour des âmes, contribuaient aussi à augmenter les auditoires qui étaient extraordinairement nombreux.

 » Après la prédication du soir, M. Bramwell réunissait la Société autour de lui, ou s’en allait chez quelques frères pour prier avec eux. Il prêchait en outre très souvent à cinq heures du matin.

« Partout où il allait, Dieu était avec lui; les auditeurs étaient grandement édifiés et l’on regardait ses visites comme un  » temps de rafraîchissement de la part du Seigneur.  »

 » Dans les réunions de la Société nous avions l’avantage de recevoir ses conseils, affectueux et instructifs au plus haut point. Sa grande expérience des choses de Dieu, sa connaissance des pièges de Satan et de la seule manière de les éviter, rendaient ses allocutions infiniment précieuses à toutes les classes de personnes composant la société. Les chrétiens les plus avancés, comme les nouveaux convertis, étaient suspendus à ses lèvres, pleins de joie et d’admiration pour les enseignements qu’ils recevaient. Avec la simplicité, l’affection et le saint zèle qui lui étaient habituels, il s’efforçait de convaincre chacun de la nécessité d’une piété vécue et pratique.

 » M. Bramwell faisait preuve d’une grande sagesse dans l’emploi de la discipline; il n’était en cela ni rigide, ni dur; il n’y avait rien en lui qui ressemblât à de la brusquerie. En fidèle surveillant de l’Église de Dieu, il usait de la discipline,  » selon le pouvoir que Dieu lui avait donné pour édifier et non pour détruire. > Il prit souvent les règles de la société pour texte de ses discours dans les réunions de société; et il eut toujours fort à cœur de répandre la connaissance de ces règles. Après s’être adonné quelque temps à cette œuvre, il exclut de la société plusieurs personnes qui n’avaient pas une conduite en harmonie avec ses principes. Plusieurs des conducteurs de classe exprimèrent la crainte qu’en voulant arracher l’ivraie, il n’arrachât le bon grain, mais il accomplit jusqu’au bout son devoir et en laissa les conséquences à Dieu.

Une des premières personnes exclues ainsi était une femme qui le fut pour avoir épousé un incrédule. Quand son mari apprit le fait, il prit la résolution d’aller entendre M. Bramwell. Il le fit et fut aussitôt profondément convaincu de péché; il chercha le Seigneur de tout son cœur et obtint l’assurance de son pardon, de sorte que dès la première visite que fit M. Bramwell dans la localité qu’il habitait, le serviteur de Dieu eut la joie d’admettre le mari et de réadmettre la femme dans la société.

 » J’étais présent, un soir, à la prédication que fit M. Bramwell dans une localité qui avait passé en proverbe pour l’état de mort spirituelle dans lequel elle se trouvait; mais l’Esprit de Dieu réveilla les auditeurs de sorte que vingt-cinq d’entre eux se présentèrent ce soir-là même comme candidats à l’admission dans la société, ce qui produisit un effet merveilleux sur les anciens membres qui furent contraints de chanter:

 » Que les arbres des forêts poussent des cris de joie,

Jésus ramène à Dieu les pêcheurs.  »

 » Tandis que l’œuvre de Dieu s’étendait, elle s’approfondissait chez un grand nombre de conducteurs de classes et de prédicateurs laïques qui furent conduits à chercher la sanctification et la puissance du Saint-Esprit. Beaucoup de ceux dont l’amour s’était refroidi,  » se repentirent et firent leurs premières œuvres.  »

Plusieurs jeunes gens, après avoir obtenu la purification du cœur, s’en allèrent de village en village et de maison en maison appeler les pêcheurs à la repentance; ils les invitaient aussi à venir entendre les prédications et à prendre part aux réunions de prières qu’ils avaient établies. Ils eurent ainsi de grands succès. Ils rencontrèrent beaucoup d’opposition, mais plusieurs de leurs adversaires les plus violents furent amenés à Dieu par leur fidélité.

 » Ma dernière entrevue avec M. Bramwell, dit encore M. Bell, eut lieu en 1816. Une grande assemblée de chrétiens s’était réunie pour l’entendre. Dans le chant et dans la prière toute son âme se répandait en une ardente aspiration vers l’immortalité glorieuse. Dans son allocution sur les privilèges du croyant, je me sentis humilié jusque dans la poussière devant Dieu; j’étais honteux de ma nullité à côté de cet homme de Dieu qui évidemment vivait sur le seuil même du sanctuaire éternel. Cependant je fus contraint de m’écrier: « Seigneur Jésus, il fait bon ici. »

 » Après la réunion, M. Bramwell me pressa de passer la nuit avec lui et j’acceptai. Pendant notre conversation, il m’apprit que douze des jeunes gens qui avaient été convertis lors du réveil de Sunderland étaient maintenant prédicateurs de l’Évangile.

 » Le lendemain matin, entre quatre et cinq heures, j’entendis dans le cabinet d’étude M. Bramwell qui se livrait à la prière selon son habitude. Peu après il vint m’inviter à me joindre à lui, et je n’oublierai jamais ses conseils paternels et ses prières ferventes pour le succès de mon ministère.

 » Après le déjeuner, quand je me séparai de lui, il me donna sa bénédiction avec tant d’affection et d’une manière si touchante que, malgré les trente années qui se sont passées depuis lors, j’en ai gardé un souvenir que rien ne pourra jamais effacer.

Oh! que le manteau de cet homme de Dieu tombe sur nous en ce jour!  »

Comme le remarquent les contemporains de Bramwell, il n’y avait pas d’alternance de hauts et de bas dans sa vie spirituelle, son cœur  » était fixé en Dieu;  » il n’y avait ni faux pas, ni halte dans sa course; entièrement purifiée, son âme croissait d’une façon normale et rapide; les progrès qu’il faisait dans la connaissance et l’amour de Dieu étaient continuels.

Pendant ses deux années de travail dans le Circuit de Sunderland, mille membres furent ajoutés à la société dans ce circuit; et l’œuvre de la grâce fut approfondie et affermie dans une multitude d’autres.


Le Saint-Esprit dirige tout

A la Conférence de 1808, Bramwell fut nommé, pour la seconde fois, prédicateur du Circuit de Liverpool. Six mois après il écrivait à un ami

« J’ai trouvé la société de ce circuit dans un misérable état; et, pendant le premier semestre, à Liverpool, j’ai dû exclure une centaine de membres. Pendant le second semestre, j’en ai regagné cent trente et j’ai vu revenir à Dieu un bon nombre de ceux qui avaient perdu la foi; j’ai vu aussi l’Esprit agir puissamment dans les auditoires, de sorte que l’œuvre a été renouvelée. Quand j’arrivai je ne trouvai que bien peu de personnes qui eussent gardé la bénédiction de la sanctification entière; mais un bon nombre l’ont retrouvée dernièrement. Il se fait une œuvre bénie dans toute la Société. Dans une réunion six ou huit personnes ont été sauvées en même temps. Il n’arrive guère qu’une classe se réunisse sans que les membres soient bénis. Samedi, à la réunion pour les âmes repentantes, douze personnes ont été sauvées. Des pauvres et des riches sont réveillés; plusieurs dames de la plus haute condition, et dont les noms vous sont familiers, ont été véritablement sauvées.  »

Bramwell jouissait constamment de cette pleine bénédiction dont il parle si souvent et qu’il désigne d’une manière diverse; tantôt c’est l’amour parfait qui bannit toute crainte, tantôt la glorieuse liberté, tantôt l’entière sanctification, tantôt le plein salut; et son grand souci est toujours d’y faire arriver les autres. Le 5 juillet 1809, il écrit à une Miss Brew :

« Vous avez reçu le pardon de vos péchés, c’est une bénédiction d’une grandeur inexprimable. Mais vous n’en resterez pas là; car en lisant la Bible, vous trouverez de  » grandes et précieuses promesses  » qui sont toutes pour vous; vous êtes à Christ :  » toutes choses sont à vous. « Qui pourra l’empêcher? n’est-ce pas Dieu qui a parlé, et ne vous donnera-t-il pas toutes choses?

« A vous d’avoir faim et soif, de prier, de plaider, par la puissance de l’Esprit qui est mise à votre disposition. Et si vous le faites, Dieu ne prendra-t-il pas votre cause en main? Ne craignez rien, vous trouverez  » le sang qui purifie de tout péché,  » vous recevrez l’Esprit de Christ; et souvenez-vous que ce ne sera jamais que par la foi.

 » Oh! quelle foi bénie que cette foi puissante qui amène la bénédiction! Quand vous l’aurez, vous ne serez plus rien à vos propres yeux, vous sentirez que tout en vous ne sera que par Dieu.

 » Le sacrifice de vous-même étant complet, votre âme sera complètement changée à la ressemblance de Dieu. Alors vous  » supporterez tout, vous croirez tout, vous espérerez tout.  »

Vous ne pouvez pas encore savoir en vue de quelle gloire Dieu vous a rendu heureuse comme vous l’êtes… »

A un M. Preston, Bramwell écrit:

Je crie à Dieu, chaque jour, à chaque heure, constamment, pour recevoir mille fois plus de son amour. Le sacrifice a été consommé; tout ce qui est de moi doit disparaître. Me perdre en Dieu, c’est ma gloire. Je ne veux rien en moi que Christ: dans mes pensées, dans mes paroles, dans ma prédication, dans mes prières, etc. ..Je pénètre de plus en plus en Lui. Là, le bruit du moi, du monde et du péché, n’existe plus; tout est amour, calme et repos; les yeux fixés sur Lui, le cœur est ferme, la langue déliée; l’Esprit dirige tout… C’est là le salut acquis à tous les croyants; c’est la glorieuse liberté des enfants de Dieu. C’est un bien qui est pour vous et je demande à Dieu que vous ne puissiez jamais être satisfait tant que vous ne le possédez pas.

« Si les Méthodistes en général en sont dépourvus, c’est qu’il y a parmi eux trop de sommeil, pas assez de piété et de renoncement, de travail pour le salut des âmes; trop de conversation mondaine, trop de prédications; c’est trop: entendre, entendre, entendre, et pas assez s’examiner, sonder son cœur et ses voies dans la prière. Beaucoup passent tout le dimanche en public, et quand ils n’entendraient que des anges, ils n’en seraient pas moins rétrogrades. C’est étonnant de voir avec quelle facilité Satan dupe les chrétiens; en un instant il remplit les cerveaux et vide les cœurs…

 » Dans toute les églises, Satan s’est servi de la beauté extérieure, celle de la forme, pour faire oublier la beauté intérieure, celle de la pureté du cœur. Est-ce trop tard pour comprendre?…

Bramwell faisait profession d’avoir reçu l’entière sanctification par la plénitude de l’Esprit obtenu dès le commencement de son ministère. Des faits sans nombre ont montré la valeur de son témoignage, et ceux que nous allons citer ont frappé même les moins clairvoyants. Ils y ont vu la preuve d’une communion avec Dieu toute particulière, une approbation toute spéciale par conséquent, donnée de Dieu à son serviteur.

A Liverpool, en 1809, une pieuse jeune femme, membre de la société, voulut aller faire un séjour chez des amis qu’elle avait à la Jamaïque. Elle prit son billet de passage à bord d’un navire qui devait partir le lendemain, et elle y fit transporter ses effets.

Mais comme elle avait une profonde vénération pour M. Bramwell, elle alla le voir avant de partir et lui demanda de prier pour elle. Le pasteur s’agenouilla et la recommanda à Dieu. Mais soudain il s’arrête et dit à la jeune femme: « Ma chère sœur, vous ne devez pas partir demain; Dieu vient de me dire qu’il ne le veut pas.  » La jeune dame fut surprise; mais Bramwell fut très catégorique; il la décida à renvoyer son voyage et se rendit avec elle sur le vaisseau pour lui aider à retirer son bagage. Le vaisseau partit le lendemain et peu après on recevait la nouvelle qu’il était perdu, corps et biens, sans qu’on eût pu sauver un seul de ceux qui le montaient.


Toutes choses ne sont rien comparées à Dieu

A la Conférence de 1810, sur les instantes requêtes des frères de Sheffield, Bramwell fut nommé une seconde fois au poste de cette ville. Et, dès la première assemblée, il déclara publiquement à ses auditeurs qu’il était résolu à ne savoir autre chose parmi eux que Jésus crucifié.  » Je ne permettrai à personne, dit-il, de me parler en particulier de dissensions entre des frères; mais je verrai toujours l’accusateur et l’accusé face à face; et je ne formerai de jugement, ni me ferai d’opinion sur aucun homme, avant de l’avoir entendu parler pour sa défense.  »

Cette décision, cette vigueur, cette parfaite justice en même temps que cet amour pour le prochain, ce sont bien là des signes auxquels on reconnaît l’âme remplie du Saint-Esprit. Bramwell retrouvait sa chère et belle Église de Sheffield passablement changée; beaucoup de ceux qui en avaient été les colonnes avaient passé dans un monde meilleur. Son intime ami, M. Longden, bien vieilli et très faible l’accueillit en lui disant qu’il venait remplir le dernier devoir de l’amitié.  » Vous remettrez mes restes à la terre, lui dit-il, et vous tacherez de faire profiter les survivants des expériences bénies que Dieu m’a donné de faire  » ce qui arriva en effet, mais deux ans plus tard.

Bien que ses forces physiques eussent décliné, l’infatigable pasteur institua de nouveau, à cinq heures du matin, des réunions de prières où beaucoup d’âmes furent vivifiées et un bon nombre sauvées. Et sous son influence les dissensions qui existaient à son arrivée disparurent promptement.

Bramwell prêchait très souvent sur la nature et la nécessité de la sainteté; il témoignait du don que Dieu lui en avait fait et chacun pouvait se convaincre de la réalité de ce don. Il insistait beaucoup sur le fait que cette sainteté est à la portée de tous ceux qui sont justifiés, et il pressait ses auditeurs de la rechercher de tout leur cœur. Il savait que s’ils ne le faisaient pas et n’avançaient pas vers cette perfection, ils étaient en danger de se perdre irrémédiablement, aussi insistait-il avec une grande force.  » La raison pour laquelle tant de chrétiens cherchent à être délivrés de tout reste de leur vieille nature et n’y parviennent pas, dit-il, c’est qu’ils sont secrètement retombés et ont perdu la justification. S’ils voyaient clair sur l’état de leur âme, ils verraient qu’ils ont tout de nouveau besoin d’être justifiés par la repentance et la foi en Jésus.  »

Nous reproduirons quelques fragments d’une lettre de Bramwell écrite peu après son installation à Sheffield, et adressée à sa fille.

Sheffield, 5 novembre 1810
Ma chère Amie,

 » J’ai reçu ta bonne lettre. Combien je me réjouis ’apprendre que tu es rentrée dans l’amour de Celui qui a répandu pour toi son sang sur la croix!

je vois que maintenant tu vas croître dans cet amour…

 » Etre délivrée de tout reste de mauvais caractère, être changée dans l’Esprit du Christ à l’image de Dieu, et vivre pour le louer et se réjouir en Lui éternellement, c’est ta gloire, ta vie éternelle…

« Un peu de religion ne peut jamais rendre heureux, mais la plénitude te rendra heureuse dans toutes les circonstances, quelles qu’elles soient. Je prie pour toi: il me tarde de te voir:

tu es continuellement sur mon cœur. Le Seigneur te rendra — il le doit, puis-je dire, — il te rendra sainte comme Lui.  »

A peu près à la même date il écrit à M. Burrows:

 » Je n’ai jamais autant vécu dans le ciel que maintenant. Prier continuellement, racheter le temps, ne passer que peu d’heures au lit, travailler beaucoup ce sont les moyens d’obtenir le repos continuel. Etre purifié du péché intérieur, c’est beaucoup, et Dieu me le donne; mais, dans sa grande miséricorde, il me donne beaucoup plus encore : il remplit mon âme de son amour.

 » Le Seigneur a répandu son Esprit sur nous pendant ce dernier trimestre; cent trente personnes ont été sauvées. Nous avons un réveil à Great Gomersal, à Little Gomersal, à Littletown, à Birkenshaw et à Drighlington. Beaucoup de personnes sont véritablement vivantes pour Dieu; un bon nombre sont entrées dans la liberté parfaite.

Le 22 février 1812, M. Longden mourut dans le complet triomphe de la foi. Bramwell fit la prédication funèbre. A ce sujet, il écrit:

 » . ..Un chrétien, un ami, un homme de Dieu, nous a quittés. Des milliers assistaient à ses funérailles, je n’ai jamais vu une pareille foule en telle occasion…. Toutes choses ne sont rien comparées à Dieu; une vue de sa gloire éclipse tout… »

Peu avant sa mort, Longden avait écrit un rapport sur l’activité de Bramwell pendant son second séjour à Sheffield. Nous y lisons, entre autres, que ~œ fidèle ministre avait été, dans la main de Dieu, un moyen de salut pour des milliers d’âmes et qu’il en était devenu extrêmement vénérable aux yeux des chrétiens.


La grâce suffit dans la maladie

La Conférence de 1812 plaça Bramwell à Birstal.

Il y avait dix-neuf ans qu’il avait quitté ce circuit, depuis lors ses forces physiques avaient beaucoup baissé; les effets de l’âge et d’un travail excessif se faisaient sentir. Le serviteur de Dieu venait, en outre, de ressentir les premières attaques d’un mal qui devait l’emporter; il n’en continua pas moins ses travaux avec un redoublement de zèle.

Dès le premier dimanche à Birstal, il réunit la société et fait remarquer à ses frères que  » chanter bas et lentement, faire de longues prières, de longues réunions et arriver tard aux services, était indubitablement la marque d’un état spirituel peu prospère.  » Puis il leur recommande de mettre la plus grande diligence à user des moyens de grâce, particulièrement des réunions de classes et des réunions de prières. Il leur annonce qu’il passera toutes ses soirées dans les différentes localités du circuit afin de pouvoir visiter tous les membres de la société; puis il leur dit que tous les efforts humains étant stériles sans l’opération du Saint-Esprit, il les prie tous instamment de s’unir à lui dans la prière pour obtenir cette divine efficace.

Il termine enfin en disant, avec une énergie qui lui était particulière:  » Je connais un homme qui prie pour Birstal treize fois par jour sur ses genoux; et qui de temps en temps reste quatre heures de suite en prières.  »

Ses efforts joints à ceux de ses fidèles collègues furent bientôt couronnés de succès. Avant la fin de 1812 il put écrire:

« En plusieurs localités du circuit il y a, dans les âmes une détresse telle que je n’en ai jamais vue. Un grand nombre se tournent vers Dieu…

« Pendant ce dernier trimestre, le Seigneur a abondamment répandu son Esprit, environ cent trente personnes ont été sauvées. Il y a un réveil en plusieurs localités du circuit.

 » A Birstal plusieurs familles se sont jointes à nous; et beaucoup de chrétiens dans cette ville sont vraiment vivants.

 » Une réunion des conducteurs de classes et des prédicateurs a lieu chaque jeudi après la prédication et le Seigneur est avec nous…

« La pauvreté est très grande et ne fait que s’accroître en plusieurs localités. Quand donc la guerre cessera-t-elle? Dieu châtie cette nation.

Oh! si elle pouvait se repentir et être sauvée!  »

Précédemment les conducteurs de classes de Birstal ne s’assemblaient que tous les quinze jours; Bramwell les réunit chaque semaine. Dans chaque localité du circuit, il réunit ceux de la localité après la prédication qu’il y fait le soir pendant la semaine.

Chaque année, il faisait un examen des conducteurs et leur posait entre autres, les questions suivantes:

1- Avez-vous des dettes?

2- Avez-vous la pleine assurance de votre réconciliation avec Dieu?

3- Etes-vous entièrement sanctifié?

4- Commencez-vous vos réunions à l’heure convenue, que les membres de la classe soient présents ou non?

5- Priez-vous avec votre famille matin et soir? etc.

Quelques mois plus tard, toujours avant la fin de 1812, il peut écrire ces paroles qui ne doivent pas rester inaperçues:

« Une œuvre glorieuse s’est faite dans notre circuit; de trois à quatre cents âmes ont été amenées au Sauveur. Nos assemblées de culte, agapes, réunions d’associations particulières, etc., ont été renouvelées par la présence de Dieu. Non seulement des pauvres; mais un bon nombre de gens de haute condition, et même par familles entières, se sont donnés à Dieu ! Oh. que cette œuvre puisse continuer Priez, priez, priez! Je prie continuellement.  »

II écrit aussi à son fils aîné:

« Mon cher John,

 » Je suis plus que jamais persuadé de la nécessité d’être constamment prêt à entrer dans la gloire éternelle. J’ai eu dernièrement une vue du monde à venir hautement bénie. Toutes choses ne sont que de la boue comparées à Jésus-Christ et à la gloire de son royaume. J’ai faim et soif~ je prie et me voue au service de Dieu de toute mon âme.

Le 5 mai 1813, Bramwell écrit de Birstal:

 » Vivez pour Dieu, mon frère Cranswick. Faites toujours marcher de front l’accomplissement de ces trois devoirs : actif au travail, fervent d’esprit, servant le Seigneur. Et c’est par beaucoup de prière, le matin, avant de vous mêler au monde, et beaucoup de vigilance, que vous y parviendrez.

Dites à vos chers amis, vos voisins, d’être persévérants, fermes dans le Seigneur. Nous en aurons bientôt fini avec toutes les choses de la terre et dès que nous quitterons ce monde, notre place sera fixée pour toute l’éternité. J’y pense souvent. L’entière sanctification, le plein salut, c’est la gloire de notre dispensation. Parlez-en dans votre classe et en chaire; insistez sur ce sujet et pressez vos auditeurs de vivre tous dans cette sanctification. Dieu sera avec vous; et, malgré la rage de l’enfer et l’opposition des hommes, un bon nombre croiront et seront sauvés… »

Dans une lettre du mois d’août 1813, nous lisons:

Ce matin, je me suis appliqué à résoudre ces questions :  » Suis-je prêt à entrer dans la gloire du ciel? Suis-je prêt à quitter cette terre en ce moment même? Suis-je prêt quant à mes devoirs envers Dieu et envers moi-même? Suis-je prêt comme prédicateur? comme époux? comme père? Est-ce que je fais tout ce que je puis chaque jour, dans chacune des fonctions que Dieu m’a assignées? O mon âme, ne peux-tu vivre beaucoup plus près de Dieu, jouir beaucoup plus de Lui, être remplie de toute sa plénitude?  » Et immédiatement je plaidai avec Dieu pour obtenir toute sa plénitude, et je n’aurai aucun repos que je ne l’aie obtenue.  »

 » Je suis certain que la plénitude de la gloire a été acquise à chacun de ceux qui croient; et j’espère que nous croirons pleinement de manière à recevoir pleinement.

Pendant la seconde année de ce second ministère à Birstal, Bramwell eut une grave attaque de fièvre rhumatismale qui commença un samedi. Il n’en prêcha pas moins le lendemain deux fois à Cleckheaton; mais incapable de remonter à cheval pour rentrer chez lui, il fut porté dans la maison d’un ami où il passa huit ou neuf jours.

Ses douleurs étaient grandes, mais il ne laissa jamais entendre aucune plainte; par contre, on l’entendit souvent s’écrier :  » Gloire à Dieu! ceci vaut mieux que les douleurs de l’enfer.  »

L’hiver suivant la maladie revint avec violence; et la santé de Bramwell en resta gravement atteinte; mais la souffrance avait rendu le serviteur de Dieu encore plus tendre dans sa sympathie pour tous ceux qui souffrent.

Nous donnerons ici quelques lignes d’une lettre, adressée au père d’un pasteur.

 » Cher frère,

 » Je tenais beaucoup à voir toute votre famille et je suis bien triste de n’avoir pu me rendre auprès de vous. J’espère que vous agissez en vue du monde à venir. Votre salut est de la plus haute importance; si vous vivez dans la liberté que donne Jésus-Christ, votre chemin sera paisible et agréable.

Vous savez que seule l’image du Seigneur, reproduite en vous, causera l’union avec Lui et la qualification nécessaire pour entrer dans la gloire éternelle. La prière continuelle est absolument nécessaire. Il vous faut prier non seulement avec votre famille, mais le matin et le soir dans le secret de votre cabinet. Et vous devez de même vous retirer quelques minutes dans la solitude pendant la journée…

« Soyez un homme de Dieu, entièrement consacré à son service; soyez saint, vivez une vie d’amour, de patience, d’espérance et de joie. Ces grâces sont vôtres, en Jésus-Christ…  »

Pendant les deux années du second ministère de Bramwell à Birstal, cinq cents nouveaux membres furent ajoutés à la société, dans le circuit de cette ville; et les anciens membres furent extraordinairement bénis, fortifiés et encouragés.


Prêt pour la gloire éternelle

A la Conférence de 1814 Bramwell fut nommé prédicateur du Circuit Ouest de Londres. La société qu’il allait rencontrer là, différait tellement du peuple simple et rustique du West Riding dans le Yorkshire, que cette nomination lui causa une grande anxiété et qu’il ne cessa de prier à ce sujet. Mais s’il partit en tremblant, il fut reçu avec des démonstrations de joie; sa réputation l’avait précédé.

Il ne lui fallut pas longtemps pour constater qu’il pouvait être plus utile dans la capitale que partout ailleurs. Il y rencontrait, entre autres, un grand nombre de gens haut placés et d’une grande influence, qui avaient la plus haute estime pour son ministère. Il oublia donc bientôt ses craintes et se sentit tout à fait à sa place. Il fit alors plus que jamais l’expérience de cette promesse de Dieu:

 » J’honorerai ceux qui m’honorent.  »

Il eut à Londres les collègues les plus aimables et les plus affectionnés, tous jeunes gens qu’il avait visités autrefois chez leurs parents. Le savant et vénérable Joseph Sutcliffe écrivait plus tard, alors qu’il était le dernier survivant de la seconde génération des ministres wesleyens

 » L’année que j’ai passée avec M. Bramwell dans le Circuit Ouest de Londres l’a été dans une véritable communion avec lui; nous pensions et parlions de même.

 » Cet homme de Dieu se plaignit parfois que dans cette grande cité, il ressentait quelque peu de la crainte des hommes, mais je crois qu’il en fut délivré dès ses premières prédications.

 » Je l’entendis à Lambeth Chapel; il avait pris pour texte cette parole: « Si tu peux croire, toutes choses sont possibles à celui qui croit;  » et assurément son Maître était avec lui. Chaque phrase prononcée par lui était un trait de lumière accompagné de la puissance de Dieu; et je ne crois pas qu’il soit possible d’être plus à son aise qu’il le fut.

 » C’est dans œ Circuit que Dieu le fit passer par la fournaise de l’épreuve. Il fut pris de goutte rhumatismale pendant trois mois d’hiver, et pendant deux mois ses souffrances furent telles, jour et nuit, qu’il lui fut impossible de dormir. A la grande édification de tous ceux qui l’entouraient, il fit preuve de toute la foi et de toute la patience qu’il avait si longtemps prêchées aux autres.

 » Un jour ses souffrances cessèrent tout à coup, ce qui naturellement le remplit de reconnaissance. Il était si heureux qu’il lui sembla, pendant une demi-heure, que Jésus-Christ et les anges remplissaient la chambre. Il fallut cependant encore tout l’été suivant avant que sa santé fût complètement rétablie.  »

La lettre suivante adressée à M. Thomas Crowtlier, montre les dispositions de Bramwell peu après son arrivée à Londres.

 » J’ai dû soutenir une vive lutte quand j’ai été appelé ici; mais dès ma première réunion à Londres, le Seigneur a répandu son Esprit sur les auditeurs. Un homme en fut tellement rempli qu’il louait Dieu à haute voix. Je vis alors, et je l’ai toujours vu depuis, que c’était bien Dieu qui m’avait appelé ici. J’ai eu depuis lors plusieurs moments extraordinairement bénis.

 » Je suis corporellement plus faible que jamais; et il ne faut rien moins que la toute-puissance de Dieu pour me maintenir dans le poste où je suis.

 » Nous prêchons seulement deux fois le dimanche; puis nous avons une réunion de sociétés. Ma tournée régulière est d’environ cinquante kilomètres par semaine; mais en plusieurs localités des amis me logent pour la nuit. Je suis pleinement satisfait de ma position.

 » Mais quelle douleur quand je considère l’état de Londres! Plus d’un million d’habitants, trente mille prostituées, et si peu de gens qui craignent Dieu! En voyant les magnifiques édifices de cette ville, je pense souvent à cette parole de Jésus-Christ :  » Vous voyez ces belles pierres, ces magnifiques monuments : tout cela sera détruit. « La pensée que tant de milliers de gens s’en vont à la perdition, est parfois plus que je n’en puis supporter; cependant avec l’aide de Dieu je continue mon chemin. Oh! envoie ton Esprit, Dieu tout-puissant! Que de ton trône un fleuve d’eau vive vienne à nous; et qu’il vienne bientôt! Amen et amen!  »

A son vieil ami, M. Wilkinson de Sheffield, Bramwell écrit le 22 septembre 1814

 » … Je prie sans cesse, et je suis pleinement convaincu que je suis à ma place. Dieu est véritablement avec moi. Mais je n’ai jamais été plus tenté que maintenant. Chaque fois que je vais prêcher, Satan me suggère que cela devrait être pour la dernière fois. Avec quelle violence l’enfer s’acharne contre moi! Peut-être que le Seigneur, dans sa miséricorde, me mettra de côté. Père, que Ta volonté soit faite! Puissé-je boire la coupe de la crainte et du tremblement jusqu’à ce que je voie Ta gloire!… »

 » Oh! quelle grâce que d’être tout à fait prêt à entrer dans la gloire éternelle, et de l’être continuellement!

 » N’ayez aucun repos que vous ne puissiez dire :  » Seigneur, ton sang m’a purifié de tout péché.  » Oh! quelle grâce de le sentir et de le prêcher!

 » De plusieurs villes de France nous sont venues des demandes de prédicateurs; nous n’avons jamais eu connaissance d’autant de portes ouvertes pour nous dans ce pays…  »

A son vieil ami Thomas Crowther, Bramwell écrit:

 » 11 avril 1805

 » Mon cher frère,

 » … Je n’ai jamais eu, dans la prédication, une puissance aussi grande que maintenant et je vois des fruits bénis presque à chacun de mes sermons. Je n’ai jamais vécu dans une union aussi intime avec Dieu que présentement. Je travaille à être prêt à chaque instant. La vue que j’ai eue de Dieu et de la vie éternelle pendant ma maladie a été extraordinaire. Avoir continuellement le sentiment de la présence de Dieu, c’est notre gloire en ce monde : il faut vivre en lui et en avoir conscience.

Quel grand salut! salut de tout péché! rien moins que la gloire de l’Évangile,  » être changé à l’image de Jésus-Christ!  » Je me perds dans l’admiration, l’amour et la louange. Oh! buvons toujours plus profondément dans l’océan des eaux vives. Vous savez comment: prière constante, prière privée. J’ai dû quitter mon lit dernièrement, pendant la nuit, pour répandre mon cœur devant Dieu; je sentais que je ne priais jamais assez; la prière est ma vie, mon tout en Lui.

J’ai été grandement troublé à Londres, navré! nos missionnaires nous rapportent qu’en France, on permet aux prêtres de prendre les bibles que les prisonniers français ont rapportées dans leur pays et de les brûler; et qu’un grand nombre de bibles envoyées en Espagne ont été saisies et renvoyées à leur lieu d’origine. Cependant il s’est produit, depuis cela, un grand changement en France. Quelle chose étonnante que Bonaparte ait pu reprendre son trône! Nous aurons de nouveau de grands événements. Je prie ardemment que Dieu empêche, s’il le trouve bon, la grande effusion de sang qui se prépare. Plusieurs des hommes les plus pieux de notre société, officiers et soldats, sont de nouveau appelés sous les armes. On se prépare en toute hâte pour la guerre; toutes les mains y travaillent. Je devais partir pour Dunkerque, aussi secrètement que possible, car nous avons une congrégation dans cette ville; mais ce projet est abandonné pour le moment.

 » O Seigneur viens!

A M. Sigston, de Leeds, le 25 mai 1815, Bramwell écrit:

 » Je prie continuellement pour vous, que vous puissiez faire l’expérience de la purification de tout péché, de la vie dans l’amour parfait et la pratique de toute la volonté de Dieu.  »

Le 3 juin, il écrit à son fils John

 » Je désire qu’il ne soit pas question maintenant de notre départ de Chelsea. Je suis tellement béni au milieu de ce peuple que je ne le quitterais qu’avec la plus grande peine. Et cependant s’il est vrai, selon l’opinion de la faculté, que je ne puis rester encore un hiver ici sans être atteint de rhumatisme, je partirai par devoir. Que Dieu me montre mon chemin!  »

Et il écrit peu après à un ami:

 » Quant à mon départ de Londres, je n’ai jamais été plus béni dans la prédication que maintenant, et jamais plus heureux dans mon âme. Nous avons eu un bon nombre d’âmes sauvées dimanche dernier; l’effusion du Saint-Esprit a été véritablement une averse dans la chapelle de Queen street.

Nous avons déjà remarqué que Bramwell rend constamment témoignage non seulement de l’entière purification du péché intérieur qu’il a obtenue par la foi au sang de Christ, et par le Saint-Esprit, mais encore des progrès continuels que l’Esprit lui fait faire dans la connaissance et dans l’amour de Dieu; et que l’entière sanctification, loin d’être la fin du progrès, en est plutôt le commencement et la condition. Or, voici ce que dit Bramwell, dans une lettre datée de Londres, le 27 juillet 1815, c’est-à-dire après avoir constamment rendu témoignage de son entière sanctification pendant trente et un ans:

 » Je fais toujours effort pour obtenir davantage, sans quoi j’enfoncerais et je mourrais; la prière m’est plus nécessaire que jamais.  »

A la même époque cependant, il écrit à sa fille:

 » Tu ne manqueras pas de t’unir à moi pour louer Dieu quand je te dirai que j’ai reçu ce que j’appelle une extraordinaire plénitude de l’Esprit. Je ne sais pas si, après une pareille grâce je prêcherai mieux ou si je verrai mieux toutes choses comme voient les anges; mais il est certain que j’ai fait l’expérience d’une communion avec Dieu et avec les choses d’En Haut, telle que je n’en avais jamais connu auparavant.

Oh! la gloire qui sera révélée! Il est impossible d’en dire la grandeur. Je suis submergé, perdu en Dieu, dans les lieux célestes.

Vu l’état misérable de la santé de Madame Bramwell et la crainte où l’on était qu’un nouvel hiver passé à Londres ne fût fatal à son mari, la Conférence de 18i 5 appela ce dernier au poste de Newcastle-on-Tyne. Le départ de Londres fut très pénible, mais Bramwell s’y soumit comme à un ordre de Dieu; du reste, il lui était indifférent de résider ici ou là, pourvu qu’il fît la volonté de Dieu.

]]>
http://www.blogdei.com/7646/histoire-dun-puissant-reveil-vie-de-william-bramwell-1759-1818/feed/ 0
Les 6 principes du Méthodisme, par John Wesley http://www.blogdei.com/7644/les-6-principes-du-methodisme-par-john-wesley/ http://www.blogdei.com/7644/les-6-principes-du-methodisme-par-john-wesley/#comments Sat, 24 Apr 2010 16:54:58 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=7644

blogdei / La foi de nos pères

1Nous n’écouterons pas de propos négatifs au sujet d’un frère, et ne chercherons pas volontairement à entendre de tels propos.

2S’il nous arrive d’entendre dire du mal d’un frère, nous ne serons pas prompt à le croire.

3Dès que possible, nous ferons connaître ce que nous avons entendu en parlant à la personne concernée ou en lui écrivant.

4Tant que nous n’aurons pas fait cela, nous ne communiquerons pas un ïota de ces propos à qui que ce soit d’autre.

5Et lorsque nous l’aurons fait, nous n’en dirons pas un seul mot à qui que ce soit.

6A ces règles, il ne sera pas fait d’exception, à moins que notre conscience nous y oblige pour une raison de vie ou de mort.

]]>
http://www.blogdei.com/7644/les-6-principes-du-methodisme-par-john-wesley/feed/ 1