Actualités chrétiennes, informations et religion, nouvelles évangéliques et Bible » Antéchrist http://www.blogdei.com Christianisme. Religion. Protestantisme. Édification. Information. Discernement. Eschatologie. Bible. Tue, 18 Oct 2011 17:48:25 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.1.1 Analyse de l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean (2ème partie) http://www.blogdei.com/14541/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-2eme-partie/ http://www.blogdei.com/14541/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-2eme-partie/#comments Tue, 31 May 2011 14:00:26 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14541

blogdei

lire ici l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean

 

suite de la première partie

 

Le retenant

L’interprétation que fait Godet de ce qui retient l’apparition de l’impie peut sembler fantaisiste car trop incrusté dans un temps (et une explication historique) qui l’a déjà vidé de tout sens spirituel inhérent au texte biblique dans son ensemble. Se restreindre à l’interprétation qu’il en donne serait certainement une grave erreur; c’est l’interprétation la plus invraisemblable parmi toutes celles qui pourraient être avancées. Dans ce sens, il faudrait absolument préciser qu’il s’agit là d’une hypothèse pouvant exister parmi d’autres. Or au fur et à mesure de son développement sur ce point, Godet finit par affirmer cette interprétation comme étant une réalité incontournable de la pensée de Paul délivrée aux Thessaloniciens. Ainsi, en cherchant à connaître quelle pouvait être la pensée de l’Apôtre il finit par avancer que ce qu’il en comprend pour sa part est une certitude.

Il commence par cette supposition :

[[Le principe répressif, que saint Paul désigne par ce terme obscur : le retenant, est donc vraisemblablement le pouvoir dominant à cette époque, le pouvoir romain, l’Empire (neutre) ou l’Empereur (masculin).]]

Ainsi, selon Godet ce retenant (ce qui retient l’apparition de l’impie) serait dans son principe, selon la pensée de Paul, le pouvoir dominant de son époque : savoir le pouvoir Romain. Mais si tel était le cas cela fait par conséquent longtemps que l’impie serait déjà paru et écrasé (selon la suite de l’interprétation de Godet lui-même) par la puissance de l’avènement du Seigneur Jésus puisque ce retenant n’est plus là depuis longtemps.

Force est en effet de constater que l’impie, s’il devait s’incarner dans la réalité historique, n’avait en tout cas pas paru lorsque l’empire romain avait disparu dans l’histoire. Aussi le pouvoir dominant de l’époque de Paul, à savoir cet empire romain, ne pouvait représenter dans l’esprit de Paul ce qu’il considérait comme étant le retenant puisque Paul a certainement écrit cette lettre de façon inspirée.

Cependant il convient aussi de relever que ce que Godet affirmait au début comme une supposition devient peu à peu une affirmation (concernant le principe) avec les limites pourtant relevées ci-dessus. Il dit ceci :

[[Ce qui confirme cette explication, c’est le rôle religieux non moins que politique que Paul attribue à ce personnage et qui convient à un juif plutôt qu’à un monarque païen : Il s’établira comme dieu dans le temple de Dieu]].

Mais il faut préciser que cette partie de l’essai de Godet est un peu confuse. Il finit par admettre que ce ne pouvait être l’empereur romain de l’époque de Paul tout en maintenant le caractère de puissance politique de ce retenant ; et c’est alors que dans sa démonstration, ce retenant devient la puissance politique du temps de l’Antéchrist du futur ; le problème est que le principe voulant que ce retenant ait le caractère de puissance politique n’a jamais été exprimé par Paul. Cela peut juste être supposé comme peut certainement être supposé autre chose qui viendrait définir ce retenant.

A ce sujet, il convient de relever avant de passer au paragraphe suivant qu’à propos de la lettre de Paul aux Thessaloniciens sur l’apparition de l’Impie, Godet dit la chose suivante qui est certes osée mais à peine acceptable dans ce cadre pour la pertinence de ce qu’il écrit dans son essai :

[[Nous avons vu que dans la seconde aux Thessaloniciens Paul déclare que le pouvoir romain, qui comprimait de son temps l’explosion messianique juive, doit être ôté, pour que celle-ci puisse éclater.]]

Ici il ne s’agit pas juste d’une contorsion faite au texte : cela va bien plus loin car c’est non pas une simple interprétation mais carrément un rajout une interpolation, car le texte ne dit nulle part que Paul déclare que le pouvoir romain doit être ôté pour que l’impie apparaisse.  Il n’a tout simplement pas donné dans son épître l’identité de ce qui retenait la manifestation de l’impie. Il fallait préciser que cela est une pure interprétation de Godet concernant ce que Paul avait pu vouloir dire.

Il n’est pas impossible d’avoir d’un texte obscur, une interprétation qui ne soit pas expressément d’emblée apparente dans le texte. Mais dans ce cas, cette interprétation sera certainement le résultat d’une révélation du Saint-Esprit qui devra absolument être corroborée par des détails relevant d’une lecture de toute la pensée de Dieu révélée dans la bible et comprise selon l’analogie de la foi ; cela ne semble pas être le cas ici.

 

La restauration d’Israël : guérison de la tête frappée à mort

Godet semble faire une confusion lorsqu’il dit ceci :

[[Cet Israël restauré est glorifié en la personne de son suprême représentant, le faux Messie, le huitième, qui est en même temps la Bête elle-même sortant tout entière du fond des eaux, ]]

Disant cela il confond certainement comme il a déjà été démontré plus haut ( au chapitre apparition de l’Antéchrist), la première bête d’apocalypse 12 sortie des eaux, avec le faux prophète qui est la seconde bête qui elle, sort de la terre ; or même si Israël est, à ce moment de la fin, représenté par la seconde bête celle-ci ne sort pas des eaux comme le dit Godet mais de la terre. Il s’agit là de de deux entités différentes l’une issue des nations, l’autre issue de la terre que la plupart des théologiens dont Godet lui-même identifient comme représentant spirituellement Israël.

Par ailleurs, ce qui est aussi gênant dans cette partie, c’est que Godet parle de l’intuition de Jean et de Daniel en omettant de dire qu’il s’agit là non pas d’intuitions mais de révélations de l’Esprit de Dieu :

[[Voilà l’intuition de Jean, qui se rattache à celle de Daniel ; seulement il a dû modifier, agrandir celle-ci, afin de faire rentrer dans son cadre les phases nouvelles dues à l’incrédulité d’Israël envers le Messie divin.]]

Ce terme « intuition » attribué à Jean, donne l’impression que la Révélation qu’il livre serait de son fait et non pas le fait de Jésus-Christ alors qu’il est évident que Jean lui-même comme la plupart des Prophètes n’a pas du comprendre sur le coup la totalité ni la profondeur réelle de tout ce qui lui fut dit et montré.

 

Les 7 têtes de la bête

Ce que dit Godet concernant le mystère des 7 têtes de la bête sur laquelle la femme d’apocalypse 17 est assise est intéressant et pourrait se tenir sur un certain plan s’il n’existait par ailleurs des détails importants du texte qui annihilent d’une certaine façon une telle interprétation.

Cette interprétation est intéressante en ce qu’elle semble arriver comme une sorte de réponse pour remplir une case et il faut l’admettre : cela « semble coller » de prime abord dans son raisonnement.

Mais sa grille d’interprétation concernant ce passage n’est pourtant pas différente de celle utilisée par ceux qui selon lui désignaient Néron auparavant comme représentant la 5° tête ; dans son interprétation c’est juste l’identification de cette tête qui change puisque l’histoire l’ayant prouvé, Néron ne fut pas la tête escomptée même si certains croient sur cette base qu’un Néron reviendra.

 

Dans cet essai, au sujet des têtes, force est de constater qu’il y a également des confusions qui altèrent le sens de la Révélation. C’est comme si le texte était forcé pour coller à une intuition de Godet. Ce n’est pas que cette intuition soit obligatoirement fausse, mais le chemin emprunté pour la démonstration n’est pas forcément le bon. Il y a bien trop d’incohérences dans ce raisonnement sur ce chemin-là et pas mal de libertés avec le sens ou l’interprétation de certains mots.

Godet développe dans cette partie des choses qui contredisent non seulement une lecture selon l’analogie de la foi  du Livre, mais encore il contredit ses propres clés de lectures sur des éléments fondamentaux du texte d’apocalypse 13. Par conséquent, c’est tout l’ensemble de cette partie qui devient bancal malgré la séduction intellectuelle qu’elle peut présenter. En démolissant la compréhension de ses prédécesseurs, il fait néanmoins l’erreur de s’aligner sur le même type d’interprétation qu’eux, à l’endroit même où celui-ci pouvait être bancal parce que ne tenant pas compte des éléments internes de cette partie relatant la vision.

Et cela en fausse obligatoirement la compréhension d’ensemble certains aspect restant occultés, autrement cette intuition qu’il a eue n’aurait jamais été utilisée à cet endroit ce qui est de nature à l’affaiblir. Par ailleurs, Godet semble ici raisonner par défaut pour y parvenir comme un jeu où on bouge les pièces « si c’est pas celui-ci c’est celui-là » comme ceci :

[[Comme nous ne saurions voir dans la Bête ni Néron, ni l’Empire romain, il ne nous reste qu’à y reconnaître l’emblème du pouvoir terrestre opposé à Dieu]]

Et c’est après cela qu’il est obligé de faire appel aux livres d’Hénoc et d’Esdras car le livre de Daniel qu’il disait prendre pour appui ne parle pas d’Israël au titre de ces royaumes. Mais l’argumentation souffre à cet endroit car c’est comme si pour lui Jean avait dû puiser dans ces livres alors certainement qu’il est probable que celui-ci ne comprenait pas toujours ce qui lui était montré comme le montre le texte à plusieurs reprises : c’est d’ailleurs le propre des prophètes de ne pas toujours saisir sur le moment la profondeur de ce qu’ils reçoivent comme déjà dit.

La Révélation que Jean a livrée était brute à part les explications de l’ange qui lui parlait ; à tel point que jusqu’à aujourd’hui certains buttent sur la compréhension même des explications de l’ange, par exemple lorsqu’il dit que les 7 étoiles sont 7 anges des églises croient que les anges des églises sont le pasteur ou évêque de chacune de ces églises.

 

Godet dit aussi :

[[Comment Jean en arrive-t-il à faire de l’empire Romain la 6° tête et non pas la 4° tête comme dans Daniel?]]

Mais Jean a-t-il jamais dit que ces têtes représentaient expressément ces empires-là qui furent décrits certes différemment dans le temps par l’un ou l’autre des théologiens ? On ne trouve en tout cas rien de tel dans ce qu’a expressément livré Jean dans le cadre de cette révélation sur le mystère des têtes. Mais par contre il est clair que Godet part dans son interprétation avec comme postulat que Jean avait en pensée que ces têtes représentait ces empires peu importe l’ordre dans lequel nous les prenons.

Et c’est aussi dans ce même esprit que Godet fait la déclaration suivante déjà évoquée au paragraphe précédent :

[[Voilà l’intuition de Jean, qui se rattache à celle de Daniel ; seulement il a dû modifier, agrandir celle-ci, afin de faire rentrer dans son cadre les phases nouvelles dues à l’incrédulité d’Israël en vers le Messie divin.]]

Ce faisant, il vide cette révélation de toute substance divine et l’attribue à une recherche que Jean aurait pu faire dans le livre de Daniel pour mieux saisir la compréhension des plans de Dieu dans cette révélation, alors qu’il est manifeste que Jean n’a pas eu le contrôle intellectuel volontaire qu’on croit sur les phases de ce qu’il révèle. Jean ne fait rien d’autre que de révéler de façon brute ce qu’il voit et entend…avec quelques explications d’ange qui demeurent malgré tout obscures encore aujourd’hui puisqu’il existe tant d’interprétations.

Godet dit aussi :

[[Ne nous étonnons donc pas si Jean en fait une cinquième tête de la Bête]]

Doit-on préciser que Jean n’a jamais dit qu’il faisait cela. Pour Godet, ici Jean voit Israël dans l’identité de la 5° tête . Dans le même passage il explique que le chapitre 13 parle de cette 5° tête (Israël selon lui) qui est tombée à cause de la blessure infligée par l’épée Romaine ce qu’il interprète comme étant la fameuse plaie de l’Epée..

 

Au départ, en lisant ce qu’affirme Godet au sujet de ces têtes, tout parait d’abord évident logique et couler de source dans notre époque comme certainement devait le paraitre l’interprétation précédente  qui selon Godet concernait des rois Romains à l’époque de ceux qui firent une telle interprétation. Et c’est certainement là le danger d’une interprétation exclusivement intégrée dans ce qui peut être visible, matériel ou physique.

 

Le mystère des 7 têtes

Apocalypse 12 dit que le dragon avait 7 têtes couronnées par 7 diadèmes, et le décrit  au verset 9 comme celui qui séduit toute la terre. Il n’est pas interdit de penser que ce pouvoir de séduction a sa source dans les têtes alors que le pouvoir de domination (sa puissance) trouverait son expression plus spécifiquement dans les cornes : ce qu’exprime d’ailleurs généralement le terme « corne » dans la Bible.

Or en Apocalypse 13, la bête qui apparait surgissant de la mer présente elle aussi 7 têtes et 10 cornes ; mais à la différence du dragon ce sont les 10 cornes qui portent des diadèmes et non pas les têtes. Cela ne pourrait-il pas signifier que le siège de la domination gouvernementale terrestre visible de la bête, contrairement à ce que développe ici Godet  reposerait non pas sur les têtes mais sur les cornes ?

Ainsi, si elle exprime sa puissance de domination terrestre par les cornes comme le montre sans ambiguïté Apocalypse 17/12, ce sont les têtes nous dit Jean, qui servent d’assise à la femme adultère et impudique décrite comme ivre du sang des saints.

Mais selon la Révélation, ces têtes sont non seulement des rois mais aussi des collines ce qui devrait nous pousser à aborder cette énigme avec beaucoup plus de précautions. Aussi, il convient de se demander s’il s’agit réellement ici des rois humains ou gouvernements terrestres de même nature que ceux représentés par les 10 cornes ? Et si tel était le cas, pourquoi ces têtes-rois ne portent-elles pas aussi chacune dans la vision des diadèmes ? Ceux-ci étant auparavant sur les têtes du dragon, une telle description des têtes de la bête n’aurait-elle pas rendue plus manifeste le principe de domination exclusivement terrestre que prête Godet au caractère de ces rois ?  Il faut bien reconnaître que ce que rapporte Jean en apocalypse 17 au sujet des cornes laisserait entendre que ce sont bien plutôt les 10 cornes qui sont appelées à recevoir l’empire et l’autorité pour régner.

 

Et bien entendu toute cette partie souffre aussi du fait que Godet confond la 1° bête qui sort de la mer avec la 2° bête qui sort de la terre. Veut-il dire que la 2° bête sortant de la terre sera la tête dirigeante la 1° bête  (confédération d’états) sortant de la mer ?  À aucun moment il ne le dit expressément.

Godet commet certainement l’erreur d’évincer l’aspect spirituel évident de cette description pour en faire l’incarnation de quelque chose à la fois de visible (des rois d’empires mondiaux terrestres) et de matériel ou physique : les collines représentant selon lui la ville de Rome : nous en viendrons au paragraphe suivant. Mais pour terminer sur ce point, il convient aussi de relever que dans son interprétation, Godet, certainement comme des théologiens de l’époque, ne considère pas le monde dans son ensemble : l’Europe en est encore quelque part le centre ; en ce sens il dit ceci :

[[Ce sont donc tous les royaumes formés des débris de l’Empire romain après sa destruction, par conséquent les États européens actuels]].

Selon Godet ces états européens représenteraient à eux seuls les 10 cornes de la bête.  Et il ne faut pas non plus perdre de vue ici que les états européens visés par Godet dans son essai sont bien entendu ceux de son temps.

 

La ville aux 7 collines

De la même façon qu’il peut être surprenant que Godet  voie  dans la femme d’apocalypse 12 le Messie-roi tel qu’il définit cette réalité spirituelle liée à l’apparition du 1° signe dans le ciel, il est tout aussi étonnant qu’il voie en la femme d’apocalypse 17 une ville physique et matérielle (pouvant être décrite géographiquement), et non pas une ville spirituelle exacte antithèse de celle  d’apocalypse 21 selon le parallélisme d’interprétation spirituelle normal inhérent à toute prophétie divine.

Surprenant encore de constater qu’il considère que la femme décrite en apocalypse 17 soit la représentation de « Rome » qu’il décrit comme la ville aux 7 collines alors que rien dans le texte de la Révélation de Jean ne laisse supposer que la ville soit située sur 7 collines physiques ni même qu’elle serve de siège de résidence à la bête comme Godet prétend que cette pensée était aussi celle de Jean.

Beaucoup de Théologiens se basent aussi d’ailleurs sur ce passage pour dire qu’il décrit  la Rome des papes dont il est régulièrement dit qu’elle représente à elle seule Babylone la grande.

Lisons ce que Godet dit au sujet de cette ville :

[[Babylone est assurément la capitale de la monarchie universelle fondée par l’Antéchrist. Comme l’auteur la décrit assise sur sept montagnes, il est certain que, selon lui, cette ville désigne Rome. Ce serait donc à Rome que prendrait naissance le pouvoir du monarque juif.]]

Ici encore Godet affirme comme une certitude ce qu’il suppose être la pensée de Jean ; cette attitude est risquée. Car rien ne montre que Jean désignait spécifiquement la ville de Rome dans ce texte. Le texte ne laisse même pas entendre qu’il s’agit là d’une ville physique ou matérielle ; et les collines dont il est fait état sont celles de la bête (ce sont ses têtes). Ce que Jean dit expressément c’est que c’est la bête qui sert de siège à la femme-ville d’apocalypse 17 (elle est assise sur la bête plus spécifiquement sur ses 7 collines-têtes.

Aussi, même si Rome est une ville qui possède 7 collines (plusieurs se sont livrés à une recherche des villes possédant 7 collines : il y a semble-t-il parmi elles, Rome mais aussi Jérusalem et bien d’autres) et a pu être gouvernée dans le passé par 7 rois humains, ou encore même si elle est une citée terrestre matérielle à même de servir de résidence à la bête-confédérations d’états, Rome n’est  néanmoins pas la signification de la femme d’apocalypse 17 qui elle est bien dans la description de Jean une cité spirituelle comme l’est aussi la femme d’Apocalypse 21.

 

L’affirmation de Godet concernant Rome-Babylone la grande est une conception qui a tellement été reprise » du passé qu’elle a du mal à être déracinée : elle est ainsi devenue une véritable forteresse dans la pensée qui empêche souvent de voir toute autre réalité qui a pu être montré là au Prophète visionnaire.

Mais cette ville Babylone est elle aussi un mystère à ce moment-là, dont l’ange révèle la nature à Jean : un principe spirituel d’adultère et d’apostasie qui vise à la fois à la séduction du monde et à la perversion de la foi de ceux qui portent un témoignage de Dieu dans le monde, cherchant par-là à souiller ces derniers; c’est pourquoi nous avons ce cri adressé spécifiquement à ceux qui souhaiteront encore rester fidèle à Dieu : « sortez du milieu d’elle mon peuple ».

 

La durée du règne de la bête

Lorsque Godet dit que le règne de la bête est interrompu au milieu de son développement il considère que le règne complet normal aurait du être7 ans,  cependant il précise néanmoins que le règne de la bête est bien de 42 mois comme le dit le texte (peu importe ici comment on comprend cette durée). Voyons ce que dit précisément Godet concernant cette durée :

[[Ce nombre signifie par conséquent qu’au milieu de son développement, au fort de sa croissance, le pouvoir de l’Antéchrist sera subitement brisé.]]

Si ce règne sera brisé au milieu de son développement, est-ce à dire que la durée complète de ce développement aura été abrégée par rapport au temps normal (7 ans selon cette explication) qu’il aurait dû avoir ?  Godet poursuit sa pensée en affirmant plus loin :

[[Au lieu d’achever son cycle, il restera là comme un arbre que l’éclair a foudroyé]].

Si c’est le cas, cette éventuelle durée initiale de 7 ans ne serait pas sans rapport avec une certaine interprétation de la prophétie des Septaines d’années de Daniel 9, il convient certainement de le préciser.

 

Le sort des ressuscités après la Parousie

Que veut dire Godet ici  sur le fait que les fidèles ressuscités vivant dans une sphère supérieure mais rapprochée seront en communion avec la chrétienté terrestre ? De quelle chrétienté terrestre peut-il s’agir puisque tout ce qui sera de reste sur la terre parmi le peuple de Dieu au moment de la Parousie sera obligatoirement passé par la résurrection :  le texte de la Révélation de Jean montre clairement que tous ceux qui auront été fidèles dans la « chrétienté » sur terre au moment du règne de la bête auront été mis à mort par elle ?

D’ailleurs, la révélation de Jean fait état de cette résurrection avant les mille ans (peu importe ce qu’on met dans cette durée). Si certains vivent à ce moment-là non pas sur la terre, mais dans un endroit intermédiaire supérieur tel que le suggère Frédéric Godet, il faudrait certainement les désigner d’un autre terme que celui de  « fidèles ressuscité »s terme qui englobe tous ceux qui auront passé par la persécution (Apocalypse 20/ 4 et 5). De toute façon, ce paragraphe reste assez flou et pas suffisamment construit sur des éléments évidents du texte biblique. Mais ce serait néanmoins intéressant de savoir pourquoi Godet semble établir deux groupes parmi les fidèles enfants de Dieu : ceux qui seront sur la terre à ce moment-là et ceux qui seront dans un endroit plus élevé tout en étant en communion avec les premiers ; un développement de cette partie lui aurait certainement permis d’éclairer un point dont un aspect a semblé lui échapper auparavant.

 

Pour terminer, il est tout de même surprenant de lire cette déclaration de Godet concernant tout le contenu de son essai :

[[Il est à remarquer que, pour expliquer la vision jusqu’à ce moment, nous n’avons point été obligés de faire appel à d’autres données que celles de l’histoire sainte et de la révélation biblique.]]

Il est clair que si pour certaines parties cette déclaration s’avère juste, de nombreuses autres  parties de ce texte  sortent carrément des données de l’histoire sainte et de la révélation biblique ; ou alors, eu égard aux libertés qui ont parfois été prises ici ou là par l’auteur dans sa démonstration,  il aurait été bon de donner une définition plus précise de ce qu’il entend par les notions d’histoire sainte comme celle de révélation biblique.

 

Malgré tout,  il est clair que sur ce thème, le texte de Godet  recèle des trésors comme les textes de plusieurs qui l’ont précédé et d’autres qui l’ont suivi. Ils ont certainement chacun apporté dans les limites et selon la mesure de ce qui leur a été donné de comprendre de là où ils étaient à ce moment-là.

Si ces limitations sont de nature à nous pousser à marcher dans l’humilité dans nos prises de positions  habituelles en faveur ou contre telle ou telle interprétation figée, cela doit certainement aussi nous encourager à ne pas devoir en rester à la manne qu’il leur fut donnée à eux au jour de la semaine où ils étaient parvenus car si eux ont fini de marcher, nous nous marchons encore, et certainement plus nous marcherons en direction de la montagne plus notre vision de ce qui réside en cet endroit est appelée à s’affiner.

 

 

]]>
http://www.blogdei.com/14541/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-2eme-partie/feed/ 2
Analyse de l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean (1ère partie) http://www.blogdei.com/14533/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-1ere-partie/ http://www.blogdei.com/14533/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-1ere-partie/#comments Tue, 31 May 2011 13:48:33 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14533

blogdei

lire ici l’Essai de Frédéric Godet sur l’Apocalypse de Jean

NDLR :

Cette analyse n’a pas premièrement la vocation de donner de réponses aux thèmes abordés par Godet, mais celle de nourrir la réflexion à partir de quelques points d’interrogations suscités par des divergences relevées entre l’interprétation de Godet et une analyse de certains éléments internes du texte de la Révélation de Jean.

Elle n’est pas non plus exhaustive : cela signifie que d’autres points de divergence avec les éléments internes du texte de la Révélation de Jean sauraient certainement être relevés.

 

 

D’emblée, il convient de relever que cet essai de Frédéric Godet se base comme beaucoup d’autres, sur une lecture « globalement » chronologique de la Révélation de Jean. C’est certainement pour cette raison qu’il précise en préliminaire de son essai :

[[Aussitôt après que la septième trompette a sonné (11.15), commencent à se dérouler les événements préliminaires de la venue de l’Antéchrist]].

La lecture chronologique est celle qui veut que les évènements décrits dans ce livre de la Révélation seront réalisés dans l’ordre suivant lequel Jean les écrit : en l’occurrence ici, selon Godet, les évènements préliminaires de la venue de l’Antéchrist décrits en apocalypse 12, 13 etc, se dérouleront immédiatement après ceux décrits dans le chapitre 11 (c’est-à-dire après de la septième trompette) et pas avant.

Une telle lecture peut souvent se comprendre et même parfois se justifier ; cependant suivant cette analyse, Godet réduit lui-même à néant la pertinence qu’il semble placer dans la suite du développement de son essai.

En effet, le début du chapitre 11 décrit des évènements qui sont censés prendre place dans ce que Jean appelle le second malheur qui fait partie de la 6° trompette. Or ce n’est que dans la seconde partie du chapitre 11 (à partir du verset 15) que commencent les évènements de  la septième trompette ouvrant par la même occasion le 3° malheur annoncé par l’ange.

Et cette septième trompette,  comme nous pouvons le constater, ne décrit nullement  les évènements préliminaires de la venue de l’Antéchrist comme l’affirme Godet, mais un tout autre évènement qui est en rapport avec l’accomplissement de la colère et la justice de Dieu autant envers Ses serviteurs que pour Ses ennemis.

C’est par contre plutôt lors de la 6° trompette (décrivant aussi le second malheur) que nous voyons décrits des évènements en rapport avec la venue de l’Antéchrist ; ainsi donc nous trouvons au début de ce chapitre 11 une description du temps du témoignage des deux témoins (Chap. 11/ 3 : 1260 jours) correspondant au temps de règne de la bête (42 mois) : il est précisé à ce sujet que la bête qui monte de la mer les détruira : verset 7. Et tout ceci prend place avant la dernière trompette contrairement à ce qu’affirme Godet ;  d’ailleurs le verset 14 marque bien la séparation entre ces évènements du temps de règne de la bête et ceux qui doivent y mettre un terme il dit ceci :

[[Le second malheur est passé. Voici, le troisième malheur vient bientôt]]

Et ce 3° malheur n’est autre que le contenu de la septième trompette.

 

Le fils mâle

Selon Frédéric Godet, cet enfant mâle (vigoureux) que la femme est sur le point de mettre au monde, serait le principe du Messie-roi qu’il assimile au royaume glorieux du Messie. La raison de cette interprétation provient principalement du fait que le texte précise que ce fils mâle doit paître les nations avec un cep de fer. Cependant,  la lettre de Christ aux 7 églises d’Asie montre que la même promesse est faite par Jésus-Christ au vainqueur de l’église-type de  Thyatire :

« A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations ; Il les paîtra avec un cep de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père ».

 

La femme revêtue de soleil

Concernant la femme qui enfante ce fils mâle devant être enlevé auprès du trône de Dieu peu de temps après sa naissance, Frédéric Godet dit ceci :

[[Voilà pourquoi, au moment où le règne visible du Christ semble prêt à éclater, ce terme attendu et si longtemps espéré est tout à coup ajourné pour faire place au règne de l’Antéchrist. C’est cet ajournement qui est représenté sous l’image de l’enlèvement du Messie prêt à paraître ici-bas et transporté soudain sur le trône de Dieu]]

Et selon Frédéric Godet, ce que l’église aurait enfanté serait :

[[Le royaume de Dieu sur le point de se réaliser enfin sous la forme de l’état de choses extérieures et visibles]]

Toujours selon lui, cet ajournement serait lié au fait que ce n’était pas encore pour ce fils mâle le temps d’apparaitre puisque l’antéchrist devait d’abord venir.

Aussi, à cause de cet accouchement prématuré, ce royaume de Dieu sur le point de se réaliser « avant le temps » serait par conséquent « enlevé » pour être tenu caché auprès du trône de Dieu en attendant le temps d’apparaitre – c’est-à-dire après les 42 mois de règne de l’antéchrist.

Mais cette affirmation ne revêt pas ici un sens spirituel inhérent à la cohérence d’ensemble de la Révélation de Jean bien qu’elle puisse trouver de la cohérence dans un sens non développé ici par Godet – [voir ci-dessous Note (1) - Appendice].

Il est par exemple très difficile de saisir ici pourquoi Dieu (selon la pensée de Godet) ferait naître ce royaume prématurément [et non pas au terme normalement prévu par Lui]  pour l’ajourner tout à coup sous prétexte de ce que l’Antéchrist devait paraitre auparavant. C’est comme s’il laissait entendre que Dieu n’ayant pas été très vigilant sur les temps et les saisons spirituels fixés par Lui-même, s’était laissé surprendre. Comme si le Dieu Vivant et Souverain avait oublié l’ordre dans lequel les choses devaient paraitre ou comme si l’ennemi l’avait devancé en bouleversant l’horloge divin.

L’image de la femme qui accouche fait pourtant penser immédiatement à un fruit qui, parvenu à maturité (la bible évoque l’état de l’homme fait), sort au terme fixé normalement et initialement. Car le sein maternel a été conçu par Dieu pour conserver son précieux fruit dans des temps bien encadrés en dehors desquels on parle de « prématuré ».

Or Dieu qui fait toute chose bonne en son temps et qui a prévu un temps et une saison pour chaque chose, a certainement aussi la parfaite maitrise sur l’accomplissement dans les temps prévus par Lui, pour tout ce qui a trait à ce premier signe décrit au chapitre 12 du livre de la Révélation de Jean.

Nous savons que le sein maternel ne livre son fruit de façon prématurée que par accident par rapport à un ordre normal des choses. Or Dieu ne peut laisser le hasard décider d’une chose aussi primordiale que la naissance de ce fruit précieux de la femme surtout s’il est censé représenter ici ce que dit Godet. Au contraire, Dieu qui est tout-Puissant et Souverain, fera certainement tout pour que ce fruit arrive à maturité au terme prévu : tout le texte biblique lu et compris selon l’analogie de la foi démontre cette réalité éternelle inscrite dans la pensée de Dieu et sa pédagogie depuis la création.

Et de toute façon sur un plan naturel, dans la mesure où l’accouchement dépend aussi un peu des forces et donc de la santé de la femme enceinte, si la naissance devait échapper au contrôle souverain de la volonté du Seigneur pour ne dépendre exclusivement que des conditions inhérentes à la femme, on pourrait bien davantage imaginer dans ce cas un Bébé dépassant le terme, qu’un Bébé prématuré ; par ailleurs sur ce même plan, un bébé prématuré ne saurait être considéré comme vigoureux dès sa naissance.

Mais sachant que Dieu contrôle les temps et les saisons qu’il accomplit (mène à leur terme) conformément à Sa volonté éternelle, nous pourrons certainement éliminer un tel cas de figure car il est bien évident que nous sommes ici non sur un plan strictement naturel mais bien plutôt spirituel : il s’agit ici du premier signe dans le ciel décrit par Jean : (il en voit 3 au cours de cette révélation).

 

La chute du dragon :

Godet dit ceci :

[[Le combat entre Michaël et Satan ne peut donc signifier autre chose que la lutte du monothéisme, représenté par le christianisme et le judaïsme fidèle, contre le paganisme encore régnant, même depuis la venue du Christ, chez tant de peuples de la terre ; et la chute de Satan et de ses anges figure par conséquent l’abolition graduelle des cultes idolâtres là où ils se pratiquent encore.]]

Il semble que cette affirmation n’aie pas vraiment de sens spirituel en lien avec le contexte de la Révélation de Jean car ce combat a lieu dans le ciel avant la chute du dragon et ses anges sur la terre. Comment dire qu’à ce stade, la chute de satan et ses anges figure l’abolition des cultes idolâtres là où ils se pratiquent encore alors précisément que la suite du texte et tout le reste montre justement que c’est au contraire à partir de là, de ce combat céleste et de ses conséquences heureuses pour le ciel mais clairement malheureuses pour la terre, que ces puissances de ténèbres auront les coudées franches pour séduire la terre puisque il est dit à la suite de cette chute sur la terre :

[[ « Malheur à la terre et à la mer ! Car le diable est descendu vers vous, animé d'une grande colère, sachant qu'il a peu de temps »]].

Et cette grande séduction ainsi que le développement de l’idolâtrie atteindra certainement  son apogée lors du dévoilement total de la mystérieuse Babylone : la femme au nom de Mystère qui elle aussi sera aussi révélée en son temps : il est dit en Apocalypse 18 à propos de la femme Babylone dont il est montré à Jean le jugement, qu’elle était devenue une habitation de démons un repaire de tous esprits impurs.

Aussi, la chute de satan et de ses anges ne figurerait en rien comme le prétend Frédéric Godet, la fin des cultes idolâtres sur la terre là où ils se pratiquent ; ce serait même plutôt le temps du dévoilement de la plénitude de l’iniquité et de l’apostasie qui sera accomplie à ce moment-là grâce aussi à l’assise de cette femme adultère et impudique sur les peuples de la terre.

 

Selon une lecture directe d’Apocalypse 12, le combat entre Michel et le dragon n’a pas comme but d’arrêter l’idolâtrie sur terre, mais celui de précipiter au contraire sur la terre l’accusateur des frères en nettoyant le ciel de sa présence et c’est certainement bien pourquoi il est dit à la suite de cela : « réjouissez-vous cieux et vous qui l’habitez ».

Par conséquent,  l’interprétation  que fait Godet de cet évènement précis d’apocalypse 12 est certainement déplacée même en prenant comme il le fait Luc 10/ 18 pour appui : ce qui revient à forcer le texte hors contexte.

Du temps de Godet,  celui-ci pouvait certainement penser qu’avant l’apparition de l’antéchrist le paganisme serait presque en voie de disparition mais au jour d’aujourd’hui on constaterait plutôt une recrudescence du paganisme dans le monde ce qui va dans le sens de ce que disait Paul comme devant accompagner le temps d’apparition de l’Impie à savoir l’explosion concomitante de l’apostasie : 2Thess. 2/3.

 

En outre, comment expliquer que comme le prétend Godet :

[[« La lutte entre Michel et le dragon figure la lutte du monothéisme, représenté par le christianisme et le judaïsme fidèle, contre le paganisme encore régnant »]].

Pour le Christianisme on ne fera pas la fine bouche et on admettra qu’il ne parle pas d’une institution mais de ceux que le Livre qualifie de « vainqueurs » et dont il est dit dans le cadre de cette bataille d’apocalypse 12 : ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau etc.. » On peut certainement penser à des vierges sages par opposition à des vierges insensées qui elles aussi sont malgré tout des vierges.

Mais quid du Judaïsme fidèle ? Si Godet entendait par là le Judaïsme fidèle existant jusqu’à la venue au monde de Jésus son Messie, cela pourrait avoir un vrai sens spirituel en accord avec le texte de la Révélation. Mais ici Godet prend soin de préciser qu’il parle du Judaïsme fidèle juxtaposé à un Christianisme fidèle comme si le Corps de Christ était coupé en deux.  Ou alors Godet aurait dû préciser ce qu’il entendait par « Judaïsme fidèle ».

Il n’y a pas besoin de faire plus ample développement pour montrer que cette interprétation n’a rien à faire ici puisque la Révélation de Jean ici, s’appuie assez bien sur ce qui a été démontré longuement par les Apôtres du Seigneur, à savoir que la victoire contre l’ennemi de nos âmes n’est manifeste que par la puissance du sang de l’Agneau immolé ; c’est à ce moment-là qu’Il a dépouillé les dominations en les livrant publiquement en spectacle par le sacrifice sanglant de  sa propre vie à la Croix.

Et si nous pouvons être victorieux sur le serpent ancien et ses anges, ce n’est qu’en entrant pour notre part dans ce cortège de victoire : dans la mesure où notre vie sera cachée en Christ. Or cette position de victoire spirituelle ne se trouve pas dans le Judaïsme même un Judaïsme dit fidèle. Cette victoire n’est pas dans le judaïsme sinon si cela était, Jésus n’aurait pas besoin de venir offrir sa vie d’Agneau sans tâche pour que soit accompli ce qui avait été prophétisé dès le livre de Genèse ; il suffisait pour cela que le peuple continue d’observer la loi et que cette observance soit étendue par Dieu à l’ensemble des peuples de la terre ;  et alors l’ennemi était vaincu sur cette base.

Mais nous savons bien que ce n’est pas là l’essence de l’évangile du Christ, ni la base ou le fondement de la foi transmise aux saints une fois pour toutes.

 

Par ailleurs, il est utile de préciser dans le cadre de ce paragraphe que le dragon ne donne pas son pouvoir  à un homme comme le texte de Godet  l’affirme quelque part, mais à la bête toute entière qui est une confédération d’états. A ce sujet, et comme on le voit à plusieurs endroits dans la suite de l’essai, Godet semble faire une sorte de confusion entre les bêtes il semble se tromper sur l’identité de l’antéchrist qui « exerce » des pouvoirs surnaturels ; selon lui c’est la bête (celle à 10 cornes et 7 têtes) ; or le texte de la Révélation montre bien qu’il s’agit plutôt de la seconde bête (apocalypse 13/ 11 à 14) c’est-à-dire le faux prophète ; d’ailleurs cette partie du texte semble être quelque peu romancée par Godet à cause de nombre de d’extrapolations nourries par des suppositions, ce qui tend malheureusement à en escamoter la compréhension spirituelle. C’est ainsi qu’au chapitre « Apparition de l’antéchrist », il semble confondre carrément la première et la seconde bête.

 

Apparition de l’Antéchrist

Contrairement à ce que dit Godet au début de ce paragraphe et conformément à ce qui a déjà été rappelé plus haut, l’Antéchrist ne fait nullement l’objet exclusif de la septième trompette ; et s’appuyer sur une lecture chronologique du texte d’Apocalypse pour le prétendre soulèverait beaucoup d’autres difficultés excluant toute compréhension selon l’analogie de la foi.

Dans ce chapitre, Godet montre bien et à juste titre, que l’Antéchrist émerge de l’Océan représenté par la masse mobile des peuples. Il est par conséquent clair pour lui ici que cet Antéchrist vient des nations et non pas d’Israël.

Puis contrairement à ce qu’il dit, Jean ne parle pas de ce personnage mais plutôt d’anti christs qui ont existé et d’un Anti christ qui vient. Et dans tout ce chapitre, Godet confond la première et la seconde bête : à savoir l’ « antéchrist » des nations venant de la mer, et l’ « anti christ » qui vient de la terre : terme que Godet prend  bien soin d’identifier à Israël étant selon lui un membre de la nation Juive qu’il appelle « l’anti messie ».

 

 

Note :

(1) Appendice

Cette affirmation de Godet concernant l’ajournement de ce royaume visible du Christ après sa naissance (représentant selon lui l’enlèvement du fils mâle auprès du trône de Dieu), pourrait malgré tout avoir du sens dans un contexte précis mais qui n’est pas celui développé ici par Godet.

Ce contexte serait celui où ce que Jean voit représenterait non pas l’avenir, mais plutôt la description d’un passé proche par rapport à son temps :

Le peuple d’Israël croyait lors de la première venue de Jésus (puis aussi d’ailleurs la plupart des disciples aux tout premiers temps de l’église primitive), que le royaume devait et allait être établi peu de temps après la venue du Messie. Car les prophéties des prophètes jusqu’à Jean Baptiste n’étaient pas tout à fait clairs concernant certains détails précis : ainsi rien ne laissait clairement supposer qu’il y aurait deux venues du Messie, ni même un temps assez long entre ces deux venues.

Même Jean le Baptiste qui annonçait la proximité de ce royaume n’a pas toujours discerné exactement ni compris les temps précis contenus dans les détails de ce qu’il prophétisait par l’Esprit de Dieu; par conséquent il n’avait pas saisi comment ce royaume serait manifesté à la première venue de Jésus dont il fut témoin. Il est évident que certains signes qu’il annonçait n’étaient pas encore pour ce temps-là : il parlait du van, de la séparation du blé et de la paille qui serait jeté dans le feu (ce qui on le comprend par les paroles de Jésus ne devait s’accomplir qu’à la fin des temps), de la cognée qui serait mise à la racine des arbres pour déterminer ceux qui seraient jetés au feu etc. Il croyait que tout cela se mettrait en place dès la venue du fils de l’homme auquel il assistait. En fait la plupart des prophéties de l’ancienne alliance annonçant la venue du Messie pouvait laisser entendre que toutes ces choses devaient prendre place en une fois lors de la venue du Messie devant clore les temps avec le grand jugement subséquent.

Or les signes que Jésus a manifestés lors de sa première venue n’étaient pas de l’ordre de ceux qui manifestent le jugement mais plutôt de l’ordre de la grâce ; Il a accompli lors de sa première venue la première partie de la prophétie d’Esaïe qu’il a lu dans le temple en s’arrêtant exactement à l’année de grâce sans aller plus loin. Il a dit dans le temple lors de la lecture du  rouleau d’Esaïe : « aujourd’hui cette parole est accomplie ». Or cette parole accomplie dont il était question, ne comprenait pas le jour du jugement prophétisé Esaïe puis par Jean le Baptiste : ce n’était encore pas ce temps-là.

Et c’est certainement pourquoi Jean en prison envoie ses disciples demander à Jésus s’il est bien celui qu’ils devaient attendre, alors même que Jean savait très bien que Jésus était le Fils de Dieu : c’est lui qui dit à la foule que Jésus était l’Agneau de Dieu venu pour ôter  le péché (c’est ici une prophétie annonciatrice d’un sacrifice sanglant) ; mais Jean était troublé par la nature des signes du royaume qui n’étaient pas ceux qu’il attendait et il en était certainement de même de la plupart de ses contemporains.

Tous s’attendaient à ce que lorsque le Messie viendrait, il établisse aussi son royaume visible et à aucun moment ils ne semblaient s’attendre au règne d’un antéchrist qui s’intercalerait avant ce temps-là. Même parmi les disciples ni les apôtres, aucun n’a pensé que le règne visible de Christ ne suivrait pas de près l’ascension du Seigneur, surtout que selon Jean 16.16 Jésus leur avait dit : « Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez ».

Et c’est pourquoi nous les voyons en Actes1 poser la question au Seigneur concernant le temps du rétablissement du royaume d’Israël. C’est là que le Seigneur leur dit qu’ils n’avaient pas à connaitre les temps et les moments. Tout cela est très troublant : à aucun moment même en l’évangile de Jean Jésus ne lève le voile sur cet espace de temps assez long entre sa première venue et son retour.

Les disciples avaient été enseignés en abondance sur le royaume des cieux mais ils attendaient aussi le rétablissement du royaume d’Israël car cela fut prophétisé comme devant aussi coïncider avec la fin des temps, avec l’établissement du règne visible du Christ. Or plus le temps passait, plus il a semblé manifeste que ce règne était comme ajourné par rapport à ce qu’ils croyaient ; mais tout dans leurs prédications dans les premiers temps au début des Actes était encore basé sur le fait que le royaume était « proche », or dans les épîtres nous voyons que l’accent est mis sur tout autre chose : sur le royaume céleste en nous ainsi que l’espérance d’une chose encore à venir : Christ en nous l’espérance de la gloire.

Plusieurs choses sont cachées dans ces prophéties de l’ancien testament et qui ont trait à cet ajournement de l’apparition du règne visible de Christ sur terre (ce qui semble aller dans le sens de ce paragraphe de Godet) ; mais il faut préciser qu’on ne peut parler ici d’ajournement certainement non pas par rapport au plan de Dieu mais à l’espérance du peuple. Cependant, malgré tout il est possible de discerner dans les prophéties de l’ancien testament les différences d’accomplissement entre les deux venues du Messie. Ce sont des éléments qui existant en filigrane dans les prophéties de l’ancien testament ne pouvaient être totalement comprises ni interprétées correctement avant leur accomplissement : ces éléments sont nommés mystères.

Il s’agit de l’endurcissement d’Israël, de l’église qui est englobe des païens étrangers aux promesses et aux alliances faites à Israël, de l’évangile de la grâce de Dieu,  de l’épouse de Christ, de la résurrection accompagnée de la transformation des vivants lors de la venue de Christ, l’enlèvement, de Babylone la grande et des 7 têtes qui la soutiennent, de celui de l’Iniquité

Dans la bible toutes ces choses sont nommées comme étant des mystères qui n’étaient pas révélées dans l’ancienne alliance et certaines de ces choses attendent encore leur dévoilement.

 

C’est dans tout ce contexte des choses qui concernent le passé proche du temps de Jean, que la phrase de Godet sur l’ajournement du règne visible du Messie prend tout son sens. Mais il faut dire que son analyse à ce sujet rejoint entièrement son commentaire tout à fait pertinent du Cantique des cantiques où il nous fait percevoir à la fin comment le Berger doit quitter Sulamithe en fuyant vers la montagne des aromates, alors même qu’ils viennent enfin de se trouver après plusieurs contre temps. Godet qualifie d’ailleurs ce Cantiques d’Apocalypse de l’ancien Testament.

lire la suite ici

]]>
http://www.blogdei.com/14533/analyse-de-lessai-de-frederic-godet-sur-lapocalypse-de-jean-1ere-partie/feed/ 1
Essai d’interprétation de l’Apocalypse de Jean, selon Frédéric Godet http://www.blogdei.com/14457/essai-d%e2%80%99interpretation-de-l%e2%80%99apocalypse-de-jean-selon-frederic-godet/ http://www.blogdei.com/14457/essai-d%e2%80%99interpretation-de-l%e2%80%99apocalypse-de-jean-selon-frederic-godet/#comments Tue, 24 May 2011 16:48:44 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14457

soleil d’orient

 

Extrait tiré du texte : « Essai sur l’Apocalypse »

(1 Thessaloniciens 5. 21 : « Éprouvez toutes choses »)

 

Aussitôt après que la septième trompette a sonné (11.15), commencent à se dérouler les événements préliminaires de la venue de l’Antéchrist. Ils sont décrits au chapitre 12. Il y en a deux principaux qui sont tous deux placés dans le ciel, parce que les événements terrestres qui y correspondent reposent sur des conditions supraterrestres : La femme enfantant le Christ et Satan précipité du ciel sur la terre par l’archange Michaël.

 

Le Fils mâle enlevé vers le trône de Dieu

Le premier de ces symboles est rapporté par presque tous les interprètes modernes à l’Eglise juive mettant au monde le Messie. Cet enfant merveilleux est transporté dans le ciel, sans même avoir vécu ici-bas, pour y être gardé jusqu’au moment où il reparaîtra comme Messie glorifié et roi de l’univers (chapitre 19). On comprend que si c’était là vraiment le sens de ce tableau, M.Vischer serait fondé à dire qu’il ne peut avoir été tracé que par une main juive, et que M.Schön, qui admet le caractère chrétien de l’auteur de l’Apocalypse, aurait raison de concéder ici un emprunt à une composition d’origine juive. Car enfin quel auteur chrétien pourrait représenter le Christ comme ayant été enlevé au ciel et arraché à Satan immédiatement après sa naissance ? Mais, d’autre part, comment comprendre que le rédacteur de l’Apocalypse en vienne à raconter maintenant la naissance terrestre du Messie après l’avoir décrit au chapitre 5 comme l’agneau immolé assis sur le trône de Dieu, adoré des anges, prenant le livre des décrets divins et en brisant successivement les sceaux ? Il y a plus : la mère de cet enfant mystérieux, après l’avoir mis au monde, s’enfuit au désert pendant 1260 jours (12.6) ou trois ans et demi (12.14), période qui équivaut précisément à celle de 42 mois qui est le temps du règne de l’Antéchrist, (13.5). Or le rédacteur chrétien de notre Apocalypse pourrait-il faire coïncider la naissance de Jésus à Bethléem avec l’avènement de l’Antéchrist dont il fixait, prétend-on, la date à l’an 68, et placer la fuite au désert (sa dispersion) tôt après la naissance de Jésus, ainsi 70 ans avant la destruction de Jérusalem ? Comment lui prêter de semblables monstruosités qui dépassent encore celles qu’on devrait attribuer au chapitre 11 ? Si l’on veut absolument soutenir que l’auteur de l’Apocalypse a employé ici des matériaux d’origine juive, il faut en tout cas reconnaître, non seulement comme le fait M.Vischer, qu’il les a interpolés en les parsemant de quelques annotations chrétiennes, mais qu’il en a complètement transformé le sens de manière à les assimiler à sa conception chrétienne. Quel est en effet le sens de cette vision ?

 

La femme revêtue du soleil

La femme mystérieuse revêtue du soleil et couronnée de douze étoiles représente non la théocratie juive, mais le règne de Dieu apparu sous la forme d’Israël, puis de l’Eglise. L’enfantement du Christ n’est pas celui de Jésus à Bethléem, mais comme il est dit au verset 5, celui du Roi qui doit paître les Gentils avec un sceptre de fer. L’image de la femme qui enfante signifie que le moment est venu où le royaume de Dieu est sur le point de se réaliser enfin sous la forme de l’état de choses extérieures et visibles dont l’Eglise porte en elle depuis si longtemps le principe et qui se personnifie dans le Christ glorifié. Mais cette réalisation ne peut avoir lieu qu’après l’apparition complète du règne du mal ici-bas. Le dernier mot de Dieu sur la terre doit être la négation du dernier mot de Satan. Voilà pourquoi, au moment où le règne visible du Christ semble prêt à éclater, ce terme attendu et si longtemps espéré et tout à coup ajourné pour faire place au règne de l’Antéchrist. C’est cet ajournement qui est représenté sous l’image de l’enlèvement du Messie prêt à paraître ici-bas et transporté soudain sur le trône de Dieu, jusqu’à ce que l’Antéchrist ait fait son œuvre. Cette période d’attente dure, comme nous l’avons vu, trois ans et demi ou 1260 jours ou 42 mois ; et la vision signifie que l’Eglise laissée ici-bas sera exilée et persécutée durant ce temps, qui est celui du pouvoir de l’Antéchrist. Cette image du Messie que doit enfanter l’Eglise, est hardie, sans doute ; mais on peut la rapprocher de l’expression du psaume 2, qui s’applique à la résurrection : Je t’ai engendré aujourd’hui, et de cette expression de l’apôtre : Jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous (Galates 4.19). Ce sens est confirmé par le verset 17 où les croyants sont appelés les autres de la postérité de la femme.

 

La chute du dragon

Le second événement précurseur de l’apparition de l’Antéchrist est décrit sous l’image d’une lutte céleste entre Michaël et ses anges, d’une part, le Dragon avec ses anges, de l’autre. Celui-ci est précipité du ciel avec ses acolytes. En effet, comme le dit saint Paul, même depuis la venue de Christ, il a encore une place dans les lieux célestes, c’est-à-dire une position élevée d’où il exerce sa puissance sur l’humanité (Ephésiens 6 .12). Que signifient cette lutte et cette chute ? L’archange Michaël dont le nom signifie : Qui est comme Dieu est dans le livre de Daniel le champion du monothéisme. Satan, le séducteur des hommes, est au contraire celui qui les éloigne de Dieu en les poussant à l’idolâtrie et en détournant sur lui-même le culte qui ne revient qu’à Dieu. Toutes les divinités païennes devant lesquelles se prosternaient les peuples anciens, n’étaient qu’une vaine fantasmagorie derrière laquelle se cachaient Satan et ses anges : Ce que les Gentils sacrifient, dit saint Paul, ils le sacrifient aux démons. (1 Corinthiens 9.20) Le combat entre Michaël et Satan ne peut donc signifier autre chose que la lutte du monothéisme, représenté par le christianisme et le judaïsme fidèle, contre le paganisme encore régnant, même depuis la venue du Christ, chez tant de peuples de la terre ; et la chute de Satan et de ses anges figure par conséquent l’abolition graduelle des cultes idolâtres là où ils se pratiquent encore. C’est le grand fait dont Jésus contemplait le prélude dans les premières victoires des évangélistes envoyés par lui, lorsqu’il disait : Je voyais Satan tombant du ciel comme un éclair (Luc 10.18).

 

Par la chute progressive du paganisme Satan perd l’ancien pouvoir qu’il exerçait encore sur le cœur des hommes ; il doit renoncer peu à peu à ces prestiges par lesquels il séduisait l’imagination des nations. Tous ces cultes odieux dont il recueillait le sanglant hommage, disparaissent l’un après l’autre de la surface de la terre. Et quelle sera sa vengeance ? De susciter à Dieu et à son Christ un adversaire nouveau qui pourra changer cette défaite en victoire. Ce dessein il l’exécute par l’apparition de l’Antéchrist. Obligé de renoncer au pouvoir qu’il exerçait directement sur les hommes, il se résigne à livrer sa puissance à un homme, un nouveau Judas, qu’il découvre au sein de l’humanité, qu’il revêt de forces surnaturelles et dont il fait le rival du Christ. C’est comme le défi du désespoir qu’il jette à celui-ci : «En échange de mes païens dont tu as fait des chrétiens, je vais faire de tes chrétiens autant de païens».

 

Apparition de l’Antéchrist

Ce rival paraît au chapitre 13 ; c’est l’Antéchrist, dont le règne était prévu comme l’objet de la septième trompette. Il est évoqué par Satan qui, précipité du ciel, c’est-à-dire privé de la puissance qu’il exerçait sur la conscience de l’humanité idolâtre évoque l’Antéchrist pour livrer un suprême combat à Dieu et au Christ. Il se tint, est-il dit (13.1), sur le sable de la mer. Satan se tient là sur le rivage pour faire surgir du sein de l’océan, c’est-à-dire de la masse mobile des peuples, le personnage dont il a besoin.

 

1 Cet homme, que Jean lui-même appelle dans ses épîtres l’Antéchrist, porte dans le langage figuré de l’Apocalypse le nom de la Bête, la Bête féroce, nom qui fait évidemment antithèse à celui de l’Agneau, donné au Christ dans tout le cours du livre. Il est donc bien l’équivalent de celui d’Antéchrist. Celui-ci peut en grec signifier soit l’adversaire du Christ (en prenant la préposition anti dans le sens de contre), soit un faux Christ, un rival du Christ, qui prétend prendre sa place, (en prenant anti dans le sens de à la place de). Le second sens est certainement préférable, car il caractérise plus clairement la prétention de ce personnage de se donner lui-même pour le Messie, le grand Roi attendu depuis si longtemps et qui doit gratifier l’humanité de l’âge d’or tout terrestre auquel elle aspire. Si ce sens est le vrai, il en résulte tout naturellement que nous devons voir dans ce personnage qui jouera le rôle d’Anti-Messie, un membre de la nation juive. L’idée de Messie et le terme qui l’exprime sont hébraïques. Jésus, qui a vraiment réalisé cette idée, est sorti de ce peuple, au sein duquel les prophètes avaient annoncé sa venue ; il ne saurait en être autrement de son rival, du faux Christ. La nature des choses dit elle-même que, comme c’est par l’intermédiaire du peuple juif que l’humanité a produit ce qu’elle a enfanté de meilleur, c’est aussi par lui qu’elle mettra au monde ce qu’elle produira de plus mauvais. Corruptio optimi pessima, dit le proverbe latin (la corruption du meilleur donne le pire). Le peuple qui a pu enfanter le Christ est aussi le seul capable de mettre au jour l’Antichrist. Au milieu du second siècle, Justin dans le dialogue qu’il eut avec le Juif Tryphon, lui dit en face :

 

«Vous nous maudissez dans vos synagogues, nous qui croyons en Christ. Seulement vous n’avez pas la puissance de mettre la main sur nous, parce que ceux qui nous gouvernent (les Romains) vous en empêchent. Mais toutes les fois que vous l’avez pu, vous n’avez pas manqué de le faire.»

 

Un siècle déjà avant Justin, saint Paul avait déclaré la même chose. Voilà comment il décrivait les dispositions du peuple juif rebelle à Dieu :

 

Eux qui ont tué le Seigneur Jésus, ainsi que les prophètes, et qui ne cessent de nous poursuivrent, déplaisant à Dieu, et ennemis de tous les hommes, nous empêchant de parler aux Gentils pour qu’ils soient sauvés et comblant par là continuellement la mesure de leurs péchés. (1 Thessaloniciens 2 .15)

 

Les choses sont bien changées, extérieurement parlant, depuis le jour où l’apôtre écrivait ces lignes; mais le fond du cœur renferme les mêmes trésors de haine contre Jésus-Christ et l’Evangile, dont il débordait alors.

 

Ce qui retient l’apparition de l’impie (ou le retenant)

Quelle était l’idée que se faisait l’apôtre Paul lui-même de celui qu’il appelle l’homme de péché et l’Adversaire, et qui est évidemment le même personnage que l’Antéchrist de saint Jean ? Paul déclare que le mystère de l’apparition de cet impie commence déjà à agir. Seulement sa pleine manifestation est comprimée pour le moment par une puissance qu’il appelle le retenant et qu’il désigne tantôt par un pronom neutre, tantôt par un pronom masculin, parce que c’est à la fois à ces yeux un pouvoir et une personne. Quand le langage scripturaire use de ces termes énigmatiques, c’est ordinairement lorsqu’il fait allusion aux puissances politiques de l’époque, à l’égard desquelles le peuple de Dieu éprouve tout ensemble un sentiment de crainte et une impression de respect.

 

Le principe répressif, que saint Paul désigne par ce terme obscur : le retenant, est donc vraisemblablement le pouvoir dominant à cette époque, le pouvoir romain, l’Empire (neutre) ou l’Empereur (masculin). 2 Or si c’était la force des légions romaines qui empêchait alors la manifestation de l’Antichrist, il suit de là tout naturellement, comme l’a bien vu M.Reuss, que l’homme de péché ne pouvait être, dans la pensée de saint Paul, que le Messie juif, l’incarnation de l’esprit révolutionnaire qui déjà alors fermentait au sein du peuple et n’attendait pour éclater que le moment où la puissance romaine serait affaiblie.

 

Ce qui confirme cette explication, c’est le rôle religieux non moins que politique que Paul attribue à ce personnage et qui convient à un juif plutôt qu’à un monarque païen : Il s’établira comme dieu dans le temple de Dieu. L’adoration même que réclamait l’empereur romain ne répond point à la force de cette expression, encore moins au sens de la suivante d’après laquelle l’homme de péché sera l’auteur de l’apostasie, de la défection par laquelle une partie des anciens croyants, juifs et chrétiens, et à leur suite l’humanité soumise à leur influence, se laisseront entraîner loin du vrai Dieu. Tout cela nous fait penser à Israël et nous donne le droit de conclure que saint Paul était bien convaincu du caractère juif de celui qu’il attendait comme le faux Messie. Or comme il est probable qu’il s’était entretenu plus d’une fois à Jérusalem avec les autres apôtres sur un sujet si important aux yeux de l’Eglise primitive, il est difficile de croire que Jean eût sur ce point une idée entièrement différente de la sienne ou même directement opposée à celle-ci ; ce qui serait le cas si Jean eût envisagé comme l’Antéchrist précisément le pouvoir qui selon Paul empêchait sa manifestation.

 

Les 7 têtes de la bête

Mais la raison la plus décisive en faveur de l’origine juive de l’Antéchrist me paraît être l’explication très simple du fameux passage Apocalypse 17.10 et 11, à laquelle nous sommes conduits par cette idée :

 

Et les sept têtes sont sept rois ; cinq sont tombés, et l’un est ; l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit ne rester que peu de temps. Et la Bête qui était et qui n’est pas, c’est elle qui est la huitième, et elle est des sept, et elle va à la ruine.

 

Les mots : Cinq sont tombés, font naturellement penser à cette parole du chapitre 13, verset 3 : Et je vis une de ces têtes qui était comme égorgée mortellement, et sa plaie fut mortelle fut guérie. D’après l’interprétation qui était régnante il y a peu d’années, cette cinquième tête blessée à mort serait Néron, dont chacun connaissait le suicide ou le meurtre ; et la guérison de sa plaie mortelle serait la réapparition de ce même Néron comme Antéchrist. Nous avons déjà réfuté cette interprétation, et elle nous paraît échouer plus spécialement encore contre la parole que nous venons de citer. Car si la sixième tête, celle dont il est dit qu’elle règne actuellement, désigne Galba, le successeur de Néron, comme dans ce sens là on doit le prétendre, qui donc est le septième (empereur), intercalé sans raison entre lui et Néron qui va revenir ? Et de plus, comment Néron, qui n’était que l’une des têtes, pourrait-il être identifié par les mots : la Bête qui était et qui n’est pas, avec la Bête entière ? L’autre explication, qui tend à prévaloir actuellement et qui identifie la Bête, non plus avec Néron, mais avec le pouvoir impérial romain, fait droit jusqu’à un certain point à cette dernière observation. La Bête qui était et qui n’est pas désigne dans ce cas la puissance impériale, qui paraissait avoir reçu un coup mortel par le fait de la mort de Néron ; car cet événement fut suivi d’un temps d’anarchie durant lequel le pouvoir impérial, auquel prétendaient presque simultanément Othon, Galba et Vitellius, paraissait n’exister plus jusqu’au moment où Vespasien saisit énergiquement les rênes du gouvernement et releva soudain le prestige de l’Empire. L’Etat romain, avec ses huit premiers empereurs, les cinq de la maison de César et les trois Flaviens : ce serait donc là la Bête qui, après avoir été (jusqu’à Néron) et cessé d’être (depuis sa mort) reparaissait glorieuse dans une sixième tête, Vespasien. Après lui régnera Tite, son fils, qui sera le septième, et dont on peut présumer qu’il passera promptement ; et enfin viendra le frère de Tite, Domitien le huitième ; c’est celui qui persécutera l’Eglise avec la cruauté de Néron, achevant d’accomplir le rôle de l’Antéchrist. A ce que nous avons déjà dit pour réfuter cette interprétation, nous ajoutons à l’occasion du passage qui nous occupe ce qui suit. Quelle qu’ait été la ressemblance de caractère entre Domitien et Néron, il est impossible de les identifier personnellement au point de dire que l’un sera la réapparition de l’autre, comme l’impliquerait cette parole : Et celui-ci, le huitième, est des sept, ce qui ne peut que signifier que l’un d’entre les sept. Encore si les sept premiers empereurs étaient tous de la même famille, l’on pourrait à la rigueur supposer que Domitien est caractérisé ici comme le suprême descendant de toute cette race. Mais il n’en est rien. Domitien n’est le dernier que des trois Flaviens, mais non le huitième descendant des Césars.

 

Ajoutons qu’il est difficile de comprendre comment si la sixième tête était Vespasien, l’auteur pourrait dire à la fois que cette sixième est et que pourtant la Bête (l’Empire) n’est pas.

 

Comme nous ne saurions voir dans la Bête ni Néron, ni l’Empire romain, il ne nous reste qu’à y reconnaître l’emblème du pouvoir terrestre opposé à Dieu, en général, et qu’à assigner à l’Etat romain uniquement le rôle de l’une des têtes dans ce grand tout. Cette intuition, comme tant d’autres dans notre livre, repose sur la prophétie de Daniel au chapitre 7. Le prophète voit se succéder, sous l’image de bêtes féroces qui sortent successivement du sein de la grande mer, les monarchies qui ont occupé ou qui doivent occuper encore la scène du monde. C’est le lion babylonien ; c’est l’ours médoperse, c’est le léopard grec ; c’est la Bête sans nom qui doit succéder à la puissance grecque, un Etat auquel rien ne ressemble et qui renferme tous les précédents.3 Ces empires qui d’après Daniel se sont succédé et se succéderont dans l’histoire de l’humanité, Jean les contemple comme les phases diverses d’un grand organisme dont il saisit l’unité profonde ; c’est le pouvoir politique insoumis à Dieu qui doit finalement aboutir au Messie terrestre, l’idéal du peuple juif : voilà ce qu’il appelle la Bête. Il lui assigne par conséquent, chapitre 13 versets 1 et 2, tous les traits caractéristiques des Bêtes décrites par Daniel, le corps du léopard, les pieds de l’ours, la gueule du lion, ainsi que la force irrésistible de la quatrième bête sans nom. Il veut faire comprendre par là que la suprême apparition du pouvoir anti-divin réunira tous les attributs qu’avaient possédés les monarchies précédentes.

 

Il ne faudrait pas objecter ici qu’un si vaste coup d’œil sur l’ensemble de l’histoire du monde était étranger à l’esprit du temps où fut composée l’Apocalypse. Indépendamment du livre de Daniel, le livre d’Enoch, qui date sans doute d’un siècle et demi avant l’ère chrétienne, présente déjà une vue analogue des grandes phases de l’histoire de l’humanité, en rapport avec celle du peuple juif. Nous pouvons constater également par le quatrième livre d’Esdras, composé à peu près dans le même temps que l’Apocalypse, qu’il était d’usage à cette époque de relier dans un plan unique le passé, le présent et l’avenir de l’humanité. Dans ce poème prophétique, destiné à soutenir la foi d’Israël, après la grande catastrophe de l’an 70, l’auteur partage l’histoire de l’humanité en douze phases : six appartiennent à l’âge assyrien ; deux à l’époque persane et grecque ; une à l’âge romain. La douzième est l’ère messianique. C’était sans doute le livre de Daniel qui avait ouvert cette voie à la méditation religieuse et appris aux penseurs juifs à mettre les grandes phases de l’histoire du monde en relation avec le sort du peuple élu.

 

Mais comment Jean arrive-t-il à faire de l’empire romain, non plus la quatrième tête, comme dans Daniel, mais la sixième ? Car c’est là ce qui ressort clairement de cette parole : Le sixième est, est présentement. Et comment se fait-il qu’il attribue à la Bête sept et même huit têtes, au lieu des quatre dont parlait Daniel ? C’est ici que nous rencontrons les intuitions propres à l’Apocalypse.

 

Avant la monarchie assyrienne et babylonienne, cette première Bête de Daniel qui avait mis fin par deux coups terribles aux deux royaumes des Dix tribus de Juda et placé le peuple de Dieu sous la dépendance du pouvoir païen, le règne de Dieu avait déjà eu un adversaire plus ancien, contre lequel Dieu avait dû lutter à main forte et à bras étendu : l’Egypte, au souverain de laquelle il avait arraché son peuple encore enfant. C’est là dans le coup d’œil plus vaste de l’Apocalypse la première tête. Suit la grande monarchie mésopotamienne qui est la seconde ; la troisième est par conséquent la Perse, et la quatrième la Grèce. Le pouvoir de celle-ci avait abouti au plus terrible persécuteur d’Israël, Antiochus Epiphane, que certains chapitres du livre de Daniel (8 et 10 à 12) représentent comme un Antéchrist anticipé, l’Antéchrist de l’ancienne alliance.4 Telles furent les quatre formes du pouvoir terrestre hostile à Dieu dans les temps qui précédèrent la venue du Christ.

 

Après l’infructueuse tentative d’Antiochus Epiphane et l’expulsion des Syriens de la Palestine, le peuple juif recouvra son indépendance et redevint ; dans une faible mesure, il est vrai, son propre maître, jouissant d’une royauté nationale et d’une sorte d’autonomie. Quel fut son rôle à ce moment décisif de son histoire, où il occupait une place modeste parmi les puissances terrestres ? Il prit à l’égard du Christ apparu dans son sein l’attitude la plus hostile. Le rôle de persécuteur qu’avaient joué envers lui-même les empires précédents, il le joue à son tour à l’égard de la nouvelle forme du règne de Dieu qui vient de surgir chez lui. Comme Pharaon avait cherché à étouffer Israël à son berceau, ainsi Hérode le roi d’Israël, cherche à se défaire de Jésus qui vient de naître. Plus tard le Sanhédrin s’efforce de lui fermer la bouche ; enfin, avec ce cri blasphématoire : Nous n’avons d’autre roi que César, il le livre à l’autorité romaine pour le faire périr. Est-ce encore là le peuple de Dieu ? Non en parlant et agissant de la sorte, Israël a renié ouvertement cette position glorieuse, pour se ranger parmi les nations de la terre. Ne nous étonnons donc pas si Jean en fait une cinquième tête de la Bête, qu’il intercale entre la monarchie grecque et l’empire sans nom de Daniel. L’interprétation que nous donnons ici est bien conforme à l’intuition de l’auteur de l’Apocalypse ; car le peuple juif incrédule au Messie est désigné par lui, chapitre 2, verset 9 et chapitre 3, verset 9, comme la Synagogue de Satan.

 

La restauration d’Israël : guérison de la tête frappée à mort

A ce point de vue l’on n’a pas de peine à comprendre ce que signifie le coup d’épée mortel dont la cinquième tête a été frappée (12.2). C’est la destruction du peuple d’Israël par le glaive romain en l’an 70, et sa disparition du nombre des Etats existant sur la scène du monde. Israël dispersé parmi les peuples, voilà la Bête qui était, qui n’est plus (comme peuple), mais qui pourtant sera de nouveau d’après le chapitre 18, versets 10 et 11. C’est un «squelette» que le peuple juif, selon M.Renan ; mais un squelette sur lequel le temps n’a pas de prise, et qui est destiné à reprendre vie pour jouer encore un rôle décisif, en bien comme en mal.

 

On comprend également ce que c’est que la guérison dont parle le verset 3 du chapitre13 : Sa plaie mortelle fut guérie et toute la terre étonnée suivit la Bête. Ce ne peut être que la restauration d’Israël comme peuple ; bien plus son élévation à la tête des peuples de la terre. Cet Israël restauré est glorifié en la personne de son suprême représentant, le faux Messie, le huitième, qui est en même temps la Bête elle-même sortant tout entière du fond des eaux, c’est-à-dire des dernières profondeurs de l’humanité naturelle. A ce huitième s’applique on ne peut mieux ce qu’il était impossible de dire de Domitien : Il l’est l’un des sept. Comme cinquième tête, Israël a été abattu par le sixième qui est maintenant, le pouvoir romain. Mais avant qu’Israël règne, il doit y en avoir un septième, dont l’empire sera court. Qu’entendre par là ? Nous avons vu que dans la seconde aux Thessaloniciens Paul déclare que le pouvoir romain, qui comprimait de son temps l’explosion messianique juive, doit être ôté, pour que celle-ci puisse éclater. Oté, par qui ? Par un pouvoir quelconque qui lui-même fera promptement place à l’Antéchrist, après qu’il lui aura frayé la voie. C’est la septième tête de l’Apocalypse qui fait la transition entre le pouvoir romain (la sixième) et l’empire de l’Antéchrist (la huitième). Nous vivons aujourd’hui sous l’empire de lois et d’institutions que l’on peut envisager comme les derniers restes de la savante organisation romaine. Il faut que ces restes soient balayés pour que puisse surgir la monarchie derrière, celle du faux Messie, et c’est la tâche de ce septième pouvoir dont parle l’Apocalypse. Cette œuvre de destruction achevée, l’Antéchrist se présentera à l’humanité désorganisée et désespérée comme le Sauveur de la société. Il ne demandera pour accomplir œuvre de restauration devenue nécessaire que d’être reconnu par les hommes comme l’incarnation de l’esprit infini et inconscient des choses, ce que dans son état d’apostasie l’humanité lui accordera aisément ; et alors, à la grande stupéfaction du monde entier, ce détenteur du pouvoir universel, cette incarnation de l’Etre, se trouvera n’être autre chose que l’un des fils de cet Israël que l’on croyait rayé du nombre des nations. Sortant alors de sa tombe, en la personne de son illustre représentant, Israël montrera qu’il est bien le premier des peuples, fait pour tenir le sceptre du monde.

 

Ainsi quatre concentrations du pouvoir humain opposé à Dieu, dans le monde ancien ; la quatrième sous la forme d’un premier Antéchrist ; puis quatre concentrations aussi de ce même pouvoir dans le monde nouveau, qui date de la venue de Christ ; la quatrième réalisant l’Antéchrist proprement dit et définitif : Voilà l’intuition de Jean, qui se rattache à celle de Daniel ; seulement il a dû modifier, agrandir celle-ci, afin de faire rentrer dans son cadre les phases nouvelles dues à l’incrédulité d’Israël en vers le Messie divin.

 

Il y a dans le cœur d’Israël le gage d’un grand avenir : c’est le sentiment indestructible, qu’il porte en lui, de sa destination à posséder le monde. N’allons donc pas demander à quelque circonstance extérieure le secret de l’étonnante vitalité de ce peuple. Il vit parce qu’il veut vivre, et il veut vivre parce qu’il a la conscience de sa mission. Il la réalisera il est vrai diaboliquement, avant de la réaliser divinement. Il en est presque toujours ainsi dans l’histoire du monde. Les pensées divines ne parviennent à s’incarner dans les faits qu’après être apparues sous une forme caricaturée. Il semble que devinant le programme divin, le diable se plaise à en prévenir l’exécution. Il jette un singe sur la terre, au moment où Dieu va créer un homme. Ainsi, à la vue de la femme mystérieuse prête à enfanter le Christ comme Roi du monde, il se pose sur le rivage de la mer et il évoque l’Antéchrist ; il l’évoque du sein même du peuple d’où doit procéder le Christ.

 

L’Antéchrist a un acolyte représenté sous l’image d’une seconde bête ayant des cornes d’agneau et appelée le faux prophète (Apocalypse 13.11 et suivants). M.Renan renonce à expliquer ce personnage. On le comprend : ces cornes d’agneau sont évidemment le symbole d’une influence religieuse qui se met au service du pouvoir politique de l’Antéchrist. Or, quelle analogie découvrir, pour une apparition de ce genre, dans l’entourage d’un Néron ressuscité, ou (car c’est là la vraie pensée de M.Renan sur l’Antéchrist de saint Jean) dans la bande de soldats déserteurs qui entouraient le faux Néron dans l’île de l’archipel où il avait établi son repaire ? Pour nous, il nous paraît clair qu’une monarchie juive ne saurait manquer d’un clergé à sa dévotion, et qu’à côté du nouveau Salomon se trouvera infailliblement le complaisant souverain sacrificateur qui mettra sa piété et sa sagesse panthéistiques, et même ses artifices et ses prétendus miracles, au service de ce faux Messie. Tandis que le roi-Messie par ses légions exercera son empire absolu sur les corps, il l’exercera sur les esprits par le prêtre-prophète qui présidera aux mystères et au culte de la Bête.

 

Rome la ville aux 7 collines : siège du pouvoir de l’Antéchrist

Il est dit que la Bête commencera par porter en croupe Babylone ; puis qu’elle la brûlera et la livrera au pillage des dix rois ses alliés. Babylone est assurément la capitale de la monarchie universelle fondée par l’Antéchrist. Comme l’auteur la décrit assise sur sept montagnes, il est certain que, selon lui, cette ville désigne Rome. Ce serait donc à Rome que prendrait naissance le pouvoir du monarque juif. Ce sauveur de la civilisation humanitaire, ce patron du cosmopolitisme social, aurait au début la grande capitale religieuse des temps passés pour centre de son empire. Mais ce ne sera là qu’une tactique destinée à assurer ses premiers pas et à fonder son pouvoir. Comment un Juif oublierait-il le coup mortel que sa nation a jadis reçu de Rome, et négligerait-il l’occasion de la revanche ? L’heure de la vengeance si longtemps attendu par Israël, a sonné. Dieu s’est servi de Rome pour châtier Israël ; à Israël de juger Rome ! L’antagonisme entre les Juifs et les païens est la plus profonde antithèse de l’histoire ; il est arrivé maintenant à son paroxysme : Rome reçoit d’Israël triomphant le coup qui la réduit à l’état actuel de Ninive ou de Babylone. Après cet acte de rétribution, l’Antéchrist ira établir, comme on l’a vu au chapitre 11, sa résidence à Jérusalem, sa capitale naturelle. C’est la répétition du sort qu’a subi Rome, lorsque Constantin, l’abandonnant pour Constantinople, transporta en Orient le centre de la monarchie. Ici se placent la lutte de la Bête avec les deux témoins et la conversion de la nation israélite politiquement rétablie (le contenu du petit livre, chapitre 11).

 

Les dix rois qui accompagnent l’Antéchrist sont représentés dans la vision de la statue chez Daniel par les dix doigts de ses pieds (2.41), et dans celle des quatre animaux par les dix cornes de la quatrième Bête sans nom (chapitre 7, versets 7 et 20 à 24). Ce sont donc tous les royaumes formés des débris de l’Empire romain après sa destruction, par conséquent les États européens actuels.

 

Règne de l’Antéchrist interrompu au milieu de son développement

 

Le règne de l’Antéchrist durera trois ans et demi. On a cherché dans la chronologie l’interprétation de ce chiffre. C’est bien plutôt la symbolique des nombres qui en fournit l’explication. Sept représente un tout complet ; trois et demi désigne donc la moitié de ce tout. Ce nombre signifie par conséquent qu’au milieu de son développement, au fort de sa croissance, le pouvoir de l’Antéchrist sera subitement brisé. Au lieu d’achever son cycle, il restera là comme un arbre que l’éclair a foudroyé. Le Seigneur Jésus, dit saint Paul, détruira l’impie par le souffle de sa bouche. (2 Thessaloniciens 2.8)

 

Tentatives d’explication du nombre du nom de la bête

 

Reste l’explication du nombre 666, chiffre de l’Antéchrist. Remarquons d’abord qu’il est écrit en grec non avec le même chiffre trois fois répété, comme dans notre langue, mais avec trois lettres de figures différentes et dont le rapport de valeur (six centaines, six dizaines, six unités) ne saute point aux yeux. Voilà pourquoi Jean parle d’un calcul à faire pour trouver la valeur, puis le sens du nombre représenté par ces lettres : χξς (chi, ksi, stigma)5

 

On peut essayer d’expliquer ainsi la valeur de cette expression : Sept est l’emblème d’une divine totalité (1.20). Si donc la plénitude de l’essence divine devait être exprimée en chiffres, elle le serait par un 7, et même par un 7 trois fois répété ; car le nombre 3 désigne le cycle complet des phases par lesquelles un être arrive à sa perfection. D’après cela il serait donc possible que six et six trois fois répété fût l’expression d’une aspiration intense, mais impuissante, à la plénitude de la vie et de la force divine figurée par le chiffre 777. D’où il résulterait que le sens de 666 est celui-ci : Si jamais il se présente ici-bas une trinité impie, qui ose prétendre au rôle et aux honneurs de la trinité divine, cette tentative est d’avance condamnée à échouer.

 

Or, ce cas ainsi supposé est précisément de lui qui se présente ici dans le drame apocalyptique. Comme Dieu transmet, dans le ciel, son pouvoir au Fils et que celui-ci l’exerce dans l’Eglise par le Saint-Esprit qui le glorifie, ainsi Satan vient de transmettre son pouvoir au faux Messie qui, à son tour, l’exerce dans le monde par le faux prophète, dont l’influence est toute à son service. Rappelons pour compléter ce rapprochement, que Satan est appelé le Dieu de ce monde, que l’Antéchrist prétend être le Seigneur et que le faux prophète est la personnification de l’esprit émanant de ce Seigneur et de ce Dieu ; et l’on comprendra comment Jean a pu voir dans ce chiffre 666 le symbole de la fausse trinité et de sa triple impuissance : Impuissance du Dragon à égaler Dieu, impuissance de la Bête à égaler le Christ, impuissance du faux prophète à égaler l’Esprit. Le suprême effort de la créature pour se faire Dieu n’aboutit pas ; et la marque même de l’Antéchrist est l’aveu inconscient de sa défaite.

 

S’il en était ainsi, il n’y aurait donc aucun mesquin calcul à faire pour découvrir le sens de ce nombre. Nous aurions affaire ici au symbolisme, non à l’arithmétique.

 

Mais il y a une objection à cette explication : c’est que c’est la Bête qui doit avoir inventé ce signe pour l’imposer à ses adhérents. Or elle n’a pas pu vouloir signaler elle-même son impuissance. Il faudrait donc en tout cas recourir à une autre explication qui pût rendre compte de l’intention de la Bête elle-même dans l’emploi de cette marque. Il n’est pas impossible d’en trouver une.

 

Les trois lettres grecques χξς offrent une particularité que ne reproduit point notre mode d’écrire par chiffres. La première lettre χ(ch), qui vaut 600, et la troisième ς(s final), dont la valeur est 6, sont en grec la représentation abrégée du nom de Christ (χριστ oς).6 La lettre du milieu ξ(ksi), vaut 60, est par sa forme et le nom sifflant qu’elle représente, l’emblème du serpent. 7 Or, comme le nom que Jean donne le plus ordinairement à Satan, dans l’Apocalypse, est celui de serpent ancien, en allusion au récit de la tentation dans le troisième chapitre de la Genèse, on est naturellement conduit à voir dans ces trois lettres ainsi disposées un signe figuratif ayant ce sens : Le Christ (χς) de Satan (ξ) se subsistant au vrai Christ (χξς).

 

Et que l’on veuille bien ne pas taxer trop promptement cette explication de puérilité. Nous avons ici, comme dit le texte, une marque, une sorte de décoration graphique destinée à servir d’armoirie, de sceau officiel, de figure sur les médailles ou les monnaies, peut-être même d’amulette, dans les Etats de l’Antéchrist, et que devront porter ostensiblement, d’une manière ou d’une autre, tous ceux qui adhéreront à son pouvoir. Une telle coutume cadrerait bien avec une observation faite par M. de Rémusat dans son intéressant travail sur le Musée chrétien à Rome :

 

Les imaginations asiatiques sont naturellement portées à aimer les images. La foi chez ces peuples a son dessin officiel, à peu près comme les modernes ont leur blason.

 

Nous avons une preuve bien frappante de l’existence de l’usage signalé par cet écrivain dans les nombreuses gemmes, désignées sous le nom d’Abraxas, que l’on retrouve aujourd’hui et qui probablement servaient d’amulettes. Elles proviennent de partis religieux très anciens. Quelquefois elles portent une simple inscription. D’autres fois à l’inscription est jointe une figure symbolique, très fréquemment celle du serpent roulé sur lui-même. M.Didron en reproduit une qui représente le dominateur du monde, sous l’image d’un dragon à la queue repliée ; à sa droite est l’image du soleil, et à sa gauche celle de la lune, exactement comme dans le chiffre symbolique de l’Apocalypse la première et la dernière lettre du nom de Christos sont séparées par le ξ.

 

Cette lettre qui a la forme du serpent rappelle le nom de l’une des plus anciennes sectes chrétiennes, celle des Ophites ou adorateurs du serpent, qui remonte jusqu’au premier siècle de l’Eglise. Le serpent de la Genèse était aux yeux de ces premiers gnostiques le bienfaiteur de l’humanité, qui avait délivré celle-ci du pouvoir d’un Dieu cruel et jaloux, du Jéhovah biblique. Jean paraît faire allusion à des spéculations de ce genre quand il parle, dans la lettre à l’église de Thyatire, de la doctrine de ceux qui ont connu, comme ils disent, les profondeurs de Satan. La marque choisie par la Bête ne serait par conséquent autre chose que le résumé graphique de tout cet ordre d’idées historiquement constaté à l’époque de l’Apocalypse et dans les contrées où elle fut composée. 8

 

Il existe une singulière variante dans un passage de la première de saint Jean, relatif à l’Antéchrist. Le texte ordinaire dit : Tout esprit qui ne confesse pas Jésus venu en chair, est l’esprit de l’Antéchrist. Mais cette parole est citée par Irénée, Origène, Augustin, etc., sous cette forme : Tout esprit qui dissout (luei) Jésus venu en chair, est l’esprit de l’Antéchrist. Dissoudre le Christ, c’est précisément l’acte figuré dans ces trois lettres du nombre de la Bête, dont la moyenne brise en deux le nom de Christ formé par les deux extrêmes.

 

Malgré toutes ces analogies, nous sommes loin cependant de donner cette explication du chiffre 666 comme certaine. Mais ce dont nous sommes convaincu, c’est que les explications de César Néron et de Lateinos ne sont pas plus vraies l’une que l’autre.

 

Quant à l’opinion, encore plus répandue à cette heure, qui trouve le sens du chiffre 666 dans la chronologie, en le combinant avec celui de 1260 jours, dont on fait autant d’années, comment la mettre d’accord avec l’expression : le chiffre du nom de la Bête ?

 

M. Renan renonce à donner une explication quelconque du nom de Harmagueddon qui est celui du champ de bataille où l’apparition du Christ doit anéantir la Bête et son armée (16.16). Ce nom est celui d’une localité de Palestine, célèbre dans l’histoire du peuple juif ; il désigne la colline de Méguiddo, dans la vaste plaine située au pied de la chaîne du Carmel et où se sont livrées tant de batailles importantes dans les temps anciens et modernes. Si comme l’a déclaré Jean, la monarchie juive anti-chrétienne, après s’être établie à Rome, doit avoir son siège en Orient, à Jérusalem, le choix de ce champ de bataille n’a rien qui étonne. Ou bien peut-être le nom de cette localité ne serait-il que le symbole de la grande lutte définitive ?

 

La parousie : phénomène sensible ou uniquement spirituel ?

Faut-il voir dans l’apparition victorieuse du Christ, décrite au chapitre 19, un fait purement spirituel ou un phénomène sensible ? Jésus a comparé sa Parousie à l’éclair qui resplendit instantanément d’un bout du ciel à l’autre (Luc 17.24). Il me paraît que la seconde manière de voir est seule compatible avec cette expression. Mais d’autre part, il résulte de cette image même que Jésus n’a point voulu annoncer un séjour permanent et visible de sa personne glorifiée sur la terre, soit à Jérusalem, soit ailleurs, ainsi que l’ont imaginé les chiliastes de tous les temps (partisans de l’idée d’un règne visible de Jésus sur la terre pendant mille ans) . La Parousie ne peut être qu’un fait sensible, instantané, qui, semblable au contact subit du fer rouge qui fait tressaillir les chairs, secouera l’humanité plongée dans la vie des sens et décidera la puissante réaction morale que couronnera la plénitude des bénédictions spirituelles de l’époque millénaire.

 

Sort des ressuscités

 

Vivant dans une sphère supérieure, mais rapprochée, les fidèles, qui seront ressuscités à l’avènement du Seigneur, seront en communion avec la chrétienté terrestre, comme le Christ ressuscité fut en communion avec ses disciples jusqu’à l’ascension. Ce sera le temps de la glorieuse efflorescence du culte spirituel et de la civilisation chrétienne, où, comme au moyen-âge, mais sous un rayon de lumière plus intense et plus pur, la science, les arts, l’industrie, le commerce prêteront à l’esprit chrétien leurs ressources pour sa complète incarnation dans la vie humaine. Alors s’accomplira l’image du levain qui doit faire lever toute la pâte.

 

Règne symbolique de mille ans

Le nombre mille est symbolique, comme tous ceux de l’Apocalypse. Il représente un développement complet que rien d’extérieur ne viendra entraver ni abréger, une époque qui s’étalera, comme à son aise, au terme de l’histoire.

 

Le tableau apocalyptique du règne de mille ans ne renferme pas un seul trait qui dépasse la conception que nous venons d’esquisser. Ce règne est l’ordre de choses parfait auquel aspire l’humanité et qu’Ezéchiel avait décrit, sous la forme d’un sanctuaire juif idéal, dans les neuf derniers chapitres de sa prophétie. Si l’on s’étonne qu’à la suite de cet état de choses pénétré de l’esprit chrétien, il puisse y avoir encore une lutte sur la terre, comme celle qui est décrite chapitre 20, versets 7 et 8 (Gog et Magog), il faut penser au danger d’orgueil, de tiédeur et de charnelle sécurité que renferme une longue période de prospérité temporelle et spirituelle; durant laquelle l’humanité n’a plus connu ni la souffrance ni la tentation diabolique. A moins que quelqu’un ne veuille voir ici l’entrée en scène des habitants de sphères supérieures avec lesquels les progrès des arts auraient permis à l’homme d’entrer en relation.

 

Nous ne poursuivrons pas cette rapide et incomplète esquisse au-delà de ce point qui est le vrai dénouement du drame apocalyptique.

 

Il est à remarquer que, pour expliquer la vision jusqu’à ce moment, nous n’avons point été obligés de faire appel à d’autres données que celles de l’histoire sainte et de la révélation biblique. Le grand antagonisme posé par Dieu même, qui fait le fond du développement de son règne ici-bas, le contraste entre les Juifs et les Gentils, a été pour nous la clef de la prophétie, comme il est celle de l’histoire, ainsi que l’a montré saint Paul dans les chapitres 9 à 11 de l’épître aux Romains.

texte issu de  » Essai sur l’Apocalypse » : l’interprétation de Frédéric Godet

]]>
http://www.blogdei.com/14457/essai-d%e2%80%99interpretation-de-l%e2%80%99apocalypse-de-jean-selon-frederic-godet/feed/ 27
Interviews de Gérard Dagon et Suzanne Poirier sur les faux Christ http://www.blogdei.com/14443/interviews-de-gerard-dagon-et-suzanne-poirier-sur-les-faux-christ/ http://www.blogdei.com/14443/interviews-de-gerard-dagon-et-suzanne-poirier-sur-les-faux-christ/#comments Tue, 24 May 2011 12:06:42 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=14443

Jésus Sauve Aujourd’hui

Gérard Dagon (G.D.) effectue des recherches sur les sectes depuis 55 ans. Auteur de nombreux ouvrages épuisés comme «Les sectes en France» ou «Les sectes à visage découvert», il enseigne également dans quatre écoles bibliques. Aujourd’hui, il est le Président de Vigi-sectes, une association chrétienne fondée en 1997. Pour sa part, Suzanne Poirier (S.P.) est psychosociologue et réside à Montréal, au Québec. Conférencière et auteur de plusieurs travaux sur les sectes, elle est présidente de l’association «Opération Survie». Propos recueillis par Paul Ohlott (P.O.)

P.O. : Le phénomène des faux Christ est-il récent ?

G.D. : Depuis la venue de Jésus-Christ, on comptabilise environ 150 faux Christ (Voir : Les Faux Christ au fil des siècles). Et les premiers n’ont pas tardé à venir, puisque dans le livre des Actes, il y a un certain Juda le Galiléen, qui avait attiré quelques personnes par son discours. Et au cours de tous les siècles jusqu’à nos jours, on a été confronté à des messies en tous genres. Néanmoins, la plupart n’ont connu que très peu de succès. Celui qui a battu les records, c’est le fameux Christ Noir aux Etats-Unis, qui se faisait appeler «Father Divine» (Père divin). C’était au siècle dernier et il avait entre 200 et 300.000 adeptes. Il déclarait que Dieu l’avait envoyé pour montrer au monde qu’il n’était pas raciste. Une majorité de ses disciples étaient des Noirs.

C’est Moon qui possède la plus grande structure

P.O. : Et actuellement, les prétendants sont-ils encore nombreux ?

S.P. : Les groupes officiels, répertoriés par les spécialistes, et actuellement en activité, ne dépassent pas la dizaine. C’est Moon qui possède la plus grande structure. Mais nous avons d’autres personnes comme Eugène Richer, dit La flèche (1871-1925) qui se prenait non pour le Christ, mais pour le Saint-Esprit. Il prétendait officiellement être la troisième personne de la Trinité. Son mouvement, la Mission de l’Esprit Saint existe toujours au Québec. Il faut savoir aussi que tous les faux messies ne sont pas répertoriés. Plus les mouvements sont marginaux, plus ils sont difficiles à repérer et dévoiler.

G.D. : Oui, et quand on recense les faux Christ, on ne parle pas de ceux qui sont malades et qui dans leur folie se prennent pour le Christ. Dans tous les asiles de fous, il y a des Jeanne d’Arc, des Napoléons, des Jésus-Christ…etc. On note uniquement ceux qui ont fondé des mouvements en prêchant qu’ils sont le Messie.

>>> lire la suite

]]>
http://www.blogdei.com/14443/interviews-de-gerard-dagon-et-suzanne-poirier-sur-les-faux-christ/feed/ 0
La Bête établit son empire, mais qui la voit? par Jean-Luc-Burnod http://www.blogdei.com/14340/la-bete-etablit-son-empire-mais-qui-la-voit-par-jean-luc-burnod/ http://www.blogdei.com/14340/la-bete-etablit-son-empire-mais-qui-la-voit-par-jean-luc-burnod/#comments Mon, 16 May 2011 12:54:49 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=14340

blog porte parole

Beaucoup ont déjà sa « marque » dans leurs actions (la main) et dans leurs schémas de pensée (le front), mais combien en sont conscients…

Quelle « marque » ?

Il existe actuellement une catégorie de chrétiens qui cherchent absolument à découvrir quelle sera cette fameuse « marque de la Bête » qui va être posée « sur le front ou sur la main » (Apoc. 13 : 14-18.). Il le font avec la louable intention de pouvoir discerner ce qu’ils pensent être un « objet » dangereux, puisqu’il serait capable de leur faire perdre leur salut. Ils s’imaginent qu’il suffirait de refuser de le porter pour avoir droit à la vie éternelle.

Mais est-vraiment ce que la Bible nous en dit ? Suffirait-il vraiment d’accepter -ou de refuser- de porter un objet ou une « marque », pour perdre son salut ou le conserver? N’y a-t-il pas des choses bien plus sérieuses et plus profondes à comprendre dans ce texte prophétique ? Un code-barre ou une puce électronique feront-ils vraiment la différence concernant notre destinée éternelle ?

J’ai bien peur qu’en recherchant des éléments concrets et scientifiques concernant la « marque de la Bête », on ne perde le sens de la vision spirituelle qui est inscrit dans ces Lignes Inspirées. Pour sonder plus profond que la surface des choses, il est donc intéressant de revenir au vocabulaire biblique et au sens des mots employés . Car le vocabulaire employé par le livre de l’Apocalypse et en référence constante aux autres livres prophétiques écrits avant lui.

Les livres de la Nouvelle Alliance ont été écrit en référence continuelle aux annonces prophétiques qui les ont précédé. C’est à dire que les concepts et le vocabulaire de l’Ancien Testament sont la source des écrits du Nouveau Testament. Lorsque l’Apocalypse nous parle d’une « marque » en précisant qu’elle sera « sur le front ou sur la main », c’est comme s’il nous disait : « regardez ce que dit l’Esprit éternel à propos de la main et du front chez les témoins qui m’ont précédé ».

Un « signe » sur « la main et le front ».

Il est important de savoir que cette expression est employé précisément à propos de la Pâque dans le livre de l’Exode (13 : 8-9) :

« Tu feras en ce jour un récit à ton fils, en disant : C’est à cause de ce que l’Éternel a fait pour moi, lorsque je suis sorti d’Égypte. Ce sera pour toi comme un signe sur ta main et comme un rappel entre tes yeux, afin que la loi de l’Éternel soit dans ta bouche ; car c’est d’une main puissante que l’Éternel t’a fait sortir d’Égypte. »

… et à propos du « plus grand commandement » dans le livre du Deutéronome (6 : 4-9) :

« Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces paroles que je te donne aujourd’hui seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes fils et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. »

… et également en rapport avec la pratique de toute la Loi et en particulier concernant l’adoration d’un seul Dieu:

« Mettez dans votre coeur et dans votre âme ces paroles que je vous dis. Vous les lierez comme un signe sur vos mains, et elles seront comme des fronteaux entre vos yeux. Vous les enseignerez à vos enfants, et vous leur en parlerez quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. » (Deut. 11: 18-19.)

Dans ces trois enseignements, nous comprenons bien que ce « signe » ne concerne pas un objet mais un principe et qu’il est à pratiquer et à mettre « dans votre coeur et dans votre âme ».. Même si certains pharisiens littéralistes en ont fait des phylactères qu’ils s’attachent de façon concrète aux poignets et au front, n’oublions pas que le Christ a réprimé cette façon hypocrite d’afficher sa vie de croyant (Mat. 23: 5.). Il est intéressant de savoir que le mot « phylactère » est tiré d’un verbe grec qui signifie « garder », ou « observer », ou « pratiquer ». Ceux qui affichaient ainsi ces « signes visibles » voulaient montrer de façon ostentatoire et uniquement symbolique qu’ils étaient les observateurs et les gardiens de la Loi. Alors que pour l’Écriture il s’agissait plutôt de garder dans son coeur et ses pensées (le front) et dans ses actions (la main) l’oeuvre de salut de Dieu et la direction spirituelle qu’Il avait laissé.

En effet, si nous reprenons ces trois références à la main et au front, nous remarquons que la première est en rapport avec la transmission du souvenir de la liberté retrouvée grâce au sang de l’agneau lors du sacrifice de la Pâque (Ex. 13: 8.), alors que la deuxième référence est en rapport direct avec la conservation (et également la transmission) du souvenir du « plus grand commandement » (Deut. 6: 4.). La troisième faisant la synthèse des deux premières en abordant leurs conséquences (bonnes ou mauvaises selon l’attitude adoptée). Lorsque nous savons que la transmission d’un savoir chez les hébreux ne passait pas uniquement par des paroles théoriques, mais également par des actes pratiques, nous comprenons mieux ce que ce « signe » signifie. C’est encore plus parlant lorsque nous allons à la racine hébreu du mot « signe », qui signifie « accepter », « consentir », « être en accord ».

Résumons. Dans le contexte de ces trois références hébraïques à « la main et au front », le « signe » en question est donc l’acceptation et la transmission d’une oeuvre de libération, ainsi que de la soumission aux commandements divins. Lorsque cette expression était employée, les juifs comprenaient donc qu’il était question d’acceptation et de transmission d’une croyance.

En sondant l’Exode et le Deutéronome, nous pouvons constater qu’il n’est pas question de signes concrets (phylactères et compagnies), mais d’une image de principes spirituels. Et c’est encore le cas dans le dernier livre de la Bible. Il est possible qu’il y ait également un accomplissement physique, mais ce n’est pas à ce moment là que que nous pourrons nous prémunir contre la séduction. Il est impératif de le faire en amont. Car le « signe » visible ne sera que la confirmation de l’état du coeur. Les gens ne seront pas perdus parce qu’ils accepteront « le signe de la Bête », mais beaucoup plus logiquement parce que leurs pensées ou leurs gestes seront en phase avec le règne de ce pouvoir tyrannique, et qu’ils ne verront aucune raison de refuser d’afficher publiquement ce moyen d’échange financier indispensable

Le combat du chrétien ne consiste donc pas à se prémunir contre ce « signe » mais à marcher par la foi en nouveauté de vie, par le moyen du renouvellement de notre compréhension (Rom. 6 : 4 et 12 : 2.). Si nous sommes attentifs à la direction de l’Esprit et que notre conscience n’est pas étouffée, nous seront en mesure de « résister dans le mauvais jour après avoir tout surmonté. » (Eph. 6.)

Il me semble que c’est dans cette optique que nous pouvons chercher à sonder le sens spirituel de la « marque de la Bête » dont nous parle le livre de l’Apocalypse. Ne nous égarons pas dans la recherche de la forme physique que prendra éventuellement ce signe, mais cherchons plutôt à en comprendre les enjeux spirituels, afin de ne pas être entrainés dans le courant unanime qui l’adoptera comme signe visible de son acceptation de l’adoration de la « Bête » et de la mise en pratique de ses commandements.

Le livre de l’Apocalypse amène une nouvel élément, qui est l’aspect commercial. Car cette « marque » là a une utilité très pratique, elle concerne le commerce, l’échange de bien et de valeurs. C’est écrit très clairement:

« Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la Bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la Bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante–six. » (Apoc. 13: 16-17.)

Je ne vais pas me livrer ici à ce calcul, mais nous pouvons néanmoins constater que les seules références au nombre six cent soixante–six que nous ayons dans l’Ancien Testament, concernent la quantité de talents d’or que Salomon importait chaque année (1 Rois 10: 14 – 2 Chr. 9: 13.) et aussi un dénombrement des fils d’Adonikam (nom qui signifie « un seigneur s’est levé ») dans Esdras 2: 13. Là encore nous avons les « deux ou trois témoins » que l’Écriture nous demande (Deut. 19: 15 – Mat. 18: 16 – 2 Cor. 13: 1.)

Si nous reprenons ces éléments, nous voyons donc que: « un seigneur s’est levé », qui prendra le contrôle de l’économie mondiale et qui voudra être servi comme on sert une divinité. Ceux qui refuseront de participer à ce « culte économique » seront mis à mort sur ordre de « l’image de la Bête ».

« elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. » (Apoc. 13: 14-15.)

Ce n’est pas le refus de la « marque » qui sera le cause de mise à mort, mais bien le refus de servir la « Bête », c’est à dire le refus d’accepter son esprit. Le refus de penser (le front) et d’agir (la main) selon ces schémas de pensée économiques et marchants.

Qu’est-ce que l’Ancien Testament peut nous apprendre à propos du sens spirituel de la « Bête »?

- Le livre de Job nous parle de la Bête comme d’une entité puissante que les hommes ne peuvent pas dominer, ni contrôler (Job chap. 40 et 41.). Louis Second traduit maladroitement par «hippopotame» et «crocodile», mais il est question en hébreu de « Béhémoth » (la « Bête ») et du « Léviathan », ce qui se voit facilement au travers de la description qui en est faite et qui ne correspond absolument pas aux habitants naturels des eaux du Nil.

- Le livre de Daniel nous parle d’empires représentés par des bêtes, ce qui nous ouvre une piste intéressante. Ces entités incontrôlables formeraient donc des empires incontrôlables et le dernier d’entre eux sera « différent de tous les autres » (Dan. 7: 9.):

« Il me parla ainsi: Le quatrième animal, c’est un quatrième royaume qui existera sur la terre, différent de tous les royaumes, et qui dévorera toute la terre, la foulera et la brisera. »

Les royaumes précédents géraient des portions de la terre, le dernier empire la dominera en entier, la dévorera, la foulera et la brisera.

N’est-ce pas la description même de l’empire économique mondial qui est en train de se mettre en place? Qui remplit pratiquement toute la terre, la dévorant, la polluant et finissant carrément par la détruire (Apoc. 11: 18.)… Voilà donc la « Bête » qui étend sa domination sur le monde et qui mettra à mort ceux qui ne la serviront pas. Qui établit son empire par « la libre circulation des personnes et des biens » en prenant son éco au passage et qui s’enrichit par l’ampleur de son trafic.

L’Ancienne Alliance nous donne des « types », des images de ce combat entre deux « règnes » (1 Cor. 10: 6 et 11.). Celui des « marchands » (« cananéen » est synonyme de « marchand ») qui sont éliminés par un peuple de bergers (Israël).

Pour approfondir cette image des « marchands » et bien comprendre quel est la nature du conflit, voire ici :

http://blog-porte-parole.blogspot.com/2010/02/le-regne-du-don_27.html

L’avertissement du Seigneur.

Notre Seigneur Jésus Christ lorsqu’Il était parmi nous, nous a laissé des mises-en-garde concernant cet empire. En particulier ici:

« Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » (Mar. 6: 24 – Luc 16: 13.)

Ces deux avertissement du Christ sont insérés dans un contexte de rapport à l’argent, en particulier sur l’illusion de sécurité qu’il prétend procurer. Et le Fils de Dieu nous montre que ce rapport d’intérêt est semblable aux relations faussées que nous établissons avec la Divinité pour en obtenir quelque chose, alors que tout est déjà donné. Selon Lui, il s’agit réellement d’un culte rendu au principe du commerce, et pas simplement d’un point d’appui sécurisant qui serait amassé pour les temps difficiles. Il me semble qu’il serait bien de se laisser sonder par ses Paroles, car elles ont un travail thérapeutique à effectuer en chacun de nous, pour nous amener dans la bonne direction, de façon à travailler à établir le règne qui «subsistera éternellement» après avoir brisé et anéanti toutes les dominations, humaines et bestiales.

« Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un Royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple; il brisera et anéantira tous ces royaumes–là, et lui–même subsistera éternellement. » (Daniel 2: 44.)

Guerre entre deux règnes.

Il y aura donc cohabitation entre ces deux royaumes opposés, jusqu’à ce que le Règne de Dieu s’établisse «sur la terre comme au ciel».

La leçon que j’ai retiré de cette étude, c’est que nous avons à faire un choix entre deux façons de rendre un culte. Où une façon désintéressée, qui a compris par la foi que nous avons déjà accès aux promesses de Dieu (voir Matthieu 6 et Luc 16.); ou alors une façon intéressée (une relation marchande) où nos actes et nos pensées sont motivés par l’intérêt que nous pourrons en retirer.

Si nous me marchons pas par la foi mais dans la crainte, si nous n’avons pas confiance dans les trésors d’amour et de sagesse du Dieu Eternel qui prend soin de ses enfants, nous courrons le risque de nous laisser peu à peu entrainer à «servir la créature au lieu du Créateur» (Rom. 1: 25.), et nous serons malheureusement alors mûrs pour recevoir le cadeau empoisonné que nous apportera « l’adversaire qui s’élève au–dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui–même Dieu. » (2 Tess. 2: 4.).

Ceux qui auront servi les divinités de l’acquisition de la richesse et la pensée commerciale du donnant-donnant, recevront donc la « marque » de leur maître. Il ne sera plus temps de la refuser à ce moment là, puisque leur vie et leur coeur témoigneront contre eux qu’ils sont vraiment les serviteurs de celui qui finit par faire haïr le Dieu Éternel. Vu sous cet angle là, les recherches sur la nature physique de la « marque de la Bête », ne présentent plus beaucoup d’intérêt, car c’est bien en amont que se passeront les décisions vitales.

Ce qui est important, c’est de prendre le temps maintenant de nous éprouver nous-même pour savoir si nous sommes vraiment et uniquement dans la foi (1 Cor. 12: 5.), ou si nous cherchons parallèlement des points d’appui dans les biens terrestres et dans les investissement « rentables ». Si nous servons deux maîtres, nous finirons par être entraînés dans la haine. N’ayons donc pas un cœur partagé!

(à suivre…)

Jean-Luc B

 

]]>
http://www.blogdei.com/14340/la-bete-etablit-son-empire-mais-qui-la-voit-par-jean-luc-burnod/feed/ 48
Béatification de Karol Wojtyla: Jean-Paul II est-il bienheureux aux yeux du Seigneur Dieu ? par Richard Bennett http://www.blogdei.com/14150/beatification-de-karol-wojtyla-jean-paul-ii-est-il-bienheureux-aux-yeux-du-seigneur-dieu-par-richard-bennett/ http://www.blogdei.com/14150/beatification-de-karol-wojtyla-jean-paul-ii-est-il-bienheureux-aux-yeux-du-seigneur-dieu-par-richard-bennett/#comments Mon, 02 May 2011 11:56:09 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=14150

BereanBeacon.org / blogdei

Ndlr: Sur l’image, VICARIVS FILII DEI, « représentant du Fils de Dieu », expression latine qui ornait les tiares papales jusqu’en 1963, et qui donnait en chiffres romain « 666″, le chiffre de l’Antéchrist, la Bête (FERAS, lettres restantes dans le désordre) qui se fait passer pour l’Agneau de Dieu (ARS FE, lettres restantes, dans l’ordre)… A noter que d’autres expressions latines servant à désigner le pape ou l’Eglise de Rome donnaient également 666: SANCTA LVX DEI, REX LATINVS SACERDOS, etc.

Aux lecteurs

Chers amis,

Au cours de sa vie, le pape Jean-Paul II a rendu visite à bien des nations de par le monde, recevant beaucoup de marques d’adulation et de vénération. Depuis sa mort en 2005, on lui rend un culte un peu partout: à présent, l’Église catholique cautionne officiellement la dévotion religieuse dont il est l’objet. Dès le 1er mai 2011, date de sa béatification, les fidèles catholiques sont encouragés non seulement à le vénérer, mais encore à l’invoquer. Il faut donc  nous poser cette question: aux yeux du Seigneur Dieu, Jean-Paul II est-il bienheureux ? Il y va du salut éternel des âmes, car ceux qui invoquent un mort et lui rendent un culte nient par là même les vérités bibliques fondamentales de l’Évangile. Dans l’article ci-dessous, nous examinons ce qu’affirme le Vatican concernant Jean-Paul II, et ce que les catholiques sont tenus de croire à son sujet. Quelles sont les conséquences du culte rendu à une créature humaine ? Comment le croyant biblique doit-il réagir face au flot d’informations transmises par les journaux, la radio, la télévision et l’Internet ? Nous vous demandons de faire de cette question un sujet de prière, et de répandre cet article autour de vous. Si possible, veuillez l’afficher sur votre site Internet.
 

Bien à vous dans le Christ Jésus, au service de son Évangile,

R. Bennett

————–
 

Benoît XVI a fixé au 1er mai 2011 la béatification du pape Jean-Paul II. Il s’agit «d’un événement historique sans précédent», d’après le directeur du journal du Vatican, l’Osservatore Romano (1). Le «Décret pour la Béatification de Jean-Paul II» précise :

«La proclamation, par l’Église, d’un Saint ou d’un Bienheureux est le fruit de l’examen d’une personne particulière sous tous ses aspects… La condition sine qua non est la sainteté de la vie de cette personne, vérifiée au cours d’une procédure précise, selon les formes canoniques » (2). Le communiqué annonçant cette béatification fait état de « la grande réputation de sainteté caractérisant Jean-Paul II au cours de sa vie, lors de sa mort, et postérieurement à sa mort» (3).

La vie et l’œuvre de Jean-Paul II suscitent l’admiration générale. Le monde l’a tant et si bien acclamé qu’il est bien difficile de lui trouver un égal dans l’histoire de notre temps. Les catholiques le proclament officiellement bienheureux, et bien des non-catholiques sont d’accord. Mais cette proclamation est-elle fondée ? Jean-Paul II est-il bienheureux devant Dieu ? La sainteté qu’on lui prête est-elle conforme à ce qu’enseigne la Parole de Dieu ?
 

Le critère objectif pour évaluer la sainteté de Jean-Paul II

Le Seigneur affirme avec insistance que c’est la vérité scripturaire qui fonde la sainteté. Il déclare: «Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles» (Jean 14:23). Celui qui se proclame disciple de Christ doit donc garder les paroles du Seigneur. En fait, la marque de l’authentique sainteté est une estime sans faille pour la Parole de Dieu. Le Seigneur lui-même décrit l’homme auquel il accordera son attention: «Voici sur qui je porterai mes regards : sur celui qui souffre et qui a l’esprit abattu, sur celui qui craint ma parole » (Esaïe 66:2).

Jean-Paul II avait-il un respect total pour la Parole de Dieu ? Pas du tout. En tant que pape, il publia le Catéchisme de l’Église catholique, le premier catéchisme universel qu’avait connu le catholicisme depuis plusieurs siècles. Ce manuel affirme dans le paragraphe 82:

«Il en résulte que l’Église [catholique] à laquelle est confiée la transmission et l’interprétation de la Révélation ‘ne tire pas de la seule Écriture Sainte sa certitude sur tous les points de la Révélation. C’est pourquoi l’une et l’autre [l’Écriture et la Tradition] doivent être reçues et vénérées avec égal sentiment d’amour et de respect’» (4).

L’enseignement de Jean-Paul II place donc l’Écriture et la Tradition sur un pied d’égalité. C’est précisément pour ce motif que Christ ne cessait d’admonester les pharisiens, qui accordaient à leurs traditions autant d’importance qu’à l’Écriture : ils cherchaient ainsi à détruire le fondement même de la vérité. Christ leur dit: «vous annulez ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables » (Marc 7:13).  Jean-Paul II a commis la même erreur et encourt donc la même condamnation. Le Seigneur Jésus-Christ démontre clairement que la Parole écrite de Dieu est le seul et unique fondement de la vérité. Il proclame: «Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité » (Jean 17:17). Voilà pourquoi le Seigneur commande qu’on n’ajoute rien à sa Parole, et qu’on n’en retire rien. Le critère de la vérité pour le chrétien est donc la Sainte Écriture, et elle seule. Jean-Paul II a cherché à corrompre ce fondement absolu de la vérité que Dieu lui-même a établi : aussi doit-on le tenir pour un faux docteur.
 

Le fruit de ce fondement corrompu

S’appuyant sur le fondement corrompu défini par Jean-Paul II, le pape peut revendiquer pour lui-même cet attribut divin qu’est l’infaillibilité. En conséquence, il déclare publiquement :

« De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs » (Catéchisme, § 891).

Cette prétention à l’infaillibilité, laquelle fait partie des attributs de Dieu, est la preuve formelle que le pape est un faux docteur. Elle prouve qu’il se considérait comme divinement inspiré (5). Outre cette incroyable arrogance, il proclame aussi dans son Catéchisme que « le Pape ‘jouit, par institution divine, du pouvoir suprême, plénier, immédiat, universel pour la charge des âmes’ » (Catéchisme, § 937). Affirmer cela, c’est s’arroger le pouvoir qui n’a été confié qu’au Christ Jésus. En prenant appui sur ce fondement fallacieux, le pape montre qu’il est lui-même en proie à une séduction abominable, et il propage cette séduction dans le monde entier. Ses propres revendications prouvent qu’il ne possédait pas de sainteté devant le Dieu Très Saint, et son Catéchisme manifeste un orgueil effrayant.

Malgré cela, le monde catholique tient à le vénérer religieusement, à lui rendre un culte. Dès l’instant où on lui confère le titre de « bienheureux », la béatification rend possible la vénération publique. Beaucoup, surtout en Pologne, le vénéraient déjà en privé, mais la cérémonie de béatification officialise cette vénération. Oui, nombreux sont ceux qui sont d’accord pour vénérer Jean-Paul II et pour lui rendre un culte, car on leur enseigne que cela est moralement juste ; et aujourd’hui, la papauté accorde son feu vert officiel.

 

Une incitation à un péché venu du fond des âges

Cette vénération devient un point d’entrée dans la nécromancie, et garantit que les faux enseignements de Jean-Paul II porteront beaucoup de mauvais fruits. Le Catéchisme de Jean-Paul II encourage à rechercher le contact avec les morts. Jean-Paul II enseigne publiquement :

« La communion avec les défunts… Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur » (Catéchisme, § 958). Nous pouvons et devons les prier d’intercéder pour nous et pour le monde entier » (Catéchisme, § 2683).

La communion supposée avec les morts et la déification de ces derniers jouent un rôle important dans presque tous les systèmes religieux païens. On consulte les défunts pour qu’ils aident les vivants : telle est la puissante séduction de l’occultisme. C’est un péché que de rechercher la communication avec les esprits des défunts, car la Parole du Seigneur l’interdit formellement : « Qu’on ne trouve chez toi personne… qui exerce le métier de devin,…qui consulte ceux qui évoquent les esprits,…personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel » (Deutéronome 18:10, 11, 12). L’enseignement de Jean-Paul II sur la communion avec les morts est très proche de ce qu’on lit dans les manuels d’occultisme. La prière est l’une des formes que prend le culte rendu à Dieu : or le Seigneur Jésus-Christ commande de rendre notre culte à Dieu en l’invoquant, lui seul. « Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras, lui seul » (Matthieu 4:10). Christ donne cet ordre capital : le culte doit nous faire entrer en communication avec Dieu et jamais avec une créature. « Je suis l’Éternel, ton Dieu : tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Exode 20:2,3).

Jean-Paul II ne s’est pas borné à cautionner et à approuver « la communion avec les défunts » : avec beaucoup de zèle il s’est hâté de multiplier les personnages que le catholique est censé contacter. Une agence de presse résume ainsi son action : « Jean-Paul II a canonisé davantage de saints et béatifié plus de personnes que tous les autres papes réunis. À ce jour, il a conféré le statut de saints à 477 hommes et femmes, et en a béatifié 1318 autres, qu’il a pour ainsi dire  ‘placés sur orbite’, afin qu’à terme ils aillent prendre place dans le panthéon céleste des saints de la chrétienté. »
 

Y a-t-il échange de mérites entre le fidèle et un « saint » défunt ?

De son vivant, Jean-Paul II a poursuivi ses enseignements sur les « saints » défunts, affirmant qu’il se produit avec eux un échange de sainteté dans l’expiation des péchés, dont peuvent bénéficier même les « âmes du purgatoire » ; son Catéchisme déclare :

« Dans la communion des saints ‘il existe donc entre les fidèles – ceux qui sont en possession de la patrie céleste, ceux qui ont été admis à expier au purgatoire ou ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre – un constant lien d’amour et un abondant échange de tous les biens. Dans cet échange admirable, la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres’ »  (Catéchisme, §1475).

Par là encore, Jean-Paul II a manifesté qu’il n’est pas bienheureux : loin de là, il enseignait une hérésie propre à damner les âmes.  En fait, l’Écriture enseigne que « l’échange de tous les biens » s’accomplit en Christ seul : « En lui, nous avons la rédemption par son sang, le pardon des péchés, selon la richesse de sa grâce » (Éphésiens 1:7). Attribuer le rôle de Christ à des créatures humaines, y compris à des morts, c’est contrecarrer la vérité divine de manière affligeante. La justice de Dieu, qui est portée au compte du croyant parce que Christ en a payé le prix, inspire constamment au chrétien une crainte respectueuse, des louanges et des élans d’adoration envers le Dieu très Saint, de qui vient l’œuvre définitive et parfaite justifiant le pécheur. La seule pensée d’une justice qui pourrait être imputée à l’homme hors de Christ est une absurdité contraire à toute vérité biblique. Jésus lui-même dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand » (Jean 10:1).

Donc, affirmer qu’il y a échange de mérites entre un croyant et des « saints » défunts, c’est se livrer à une attaque en règle contre la vérité de la Parole de Dieu : Dieu seul justifie le pécheur. Jean-Paul II a considérablement allongé la liste des idoles catholiques « officiellement acceptables ». Attribuant la gloire, l’honneur, et la communion dans la prière (qui reviennent à Dieu seul) aux esprits d’êtres humains décédés, le pape pèche grossièrement contre l’Éternel Dieu et son premier commandement. L’interdiction qui s’attache à ce commandement exige qu’on reconnaisse que l’Éternel seul est Dieu : c’est à lui seul que nous rendons un culte dans la prière. Nos cœurs s’attachent à lui, et à lui seul.

Jean-Paul II, qui pratiquait lui-même l’idolâtrie et encourageait vivement les autres à s’y adonner, prend donc à présent sa place officielle parmi les idoles catholiques. La papauté semble aveugle au fait qu’un jugement terrible et immuable attend toute personne qui meurt sans s’être détournée de ces pratiques interdites. Cette pensée solennelle doit inciter les croyants bibliques à faire du premier mai 2011, date de la béatification, un jour de deuil. Nous prions le Seigneur que ceux qui demeurent prisonniers de ces pratiques païennes destructrices, et ceux qui pourraient se laisser séduire par elles soient attirés vers le Christ Jésus par la proclamation du véritable Évangile.
 

Ce que Jean-Paul II croyait et pratiquait

En tant que pape, Jean-Paul II croyait que les sacrements ont le pouvoir de sanctifier le cœur et l’âme des hommes et des femmes. Dans le Code de Droit canonique, qu’il révisa et réédita, il enseigne que l’être humain est régénéré par le sacrement du baptême. Il déclarait :

« Le baptême, porte des sacrements, nécessaire au salut, qu’il soit reçu en fait ou du moins désiré, par lequel les êtres humains sont délivrés de leurs péchés, régénérés en enfants de Dieu, et, configurés au Christ par un caractère indélébile, sont incorporés à l’Église [catholique]. » Droit Canonique, Canon 849 (6).

Ensuite, Jean-Paul II affirmait que le sacrement physique de la Confirmation produit une effusion du Saint-Esprit semblable à celle de la Pentecôte elle-même :

« L’effet de la Confirmation est l’effusion particulière de l’Esprit Saint, comme à la Pentecôte. Cette effusion imprime dans l’âme un caractère indélébile et elle augmente la grâce baptismale » (7).

Puis le pape affirme que les péchés des fidèles sont pardonnés quand un prêtre prononce sur eux les paroles : « Je t’absous de tes péchés au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. »  Selon lui, l’importance de ces paroles est telle que pour être réconcilié avec Dieu, on doit confesser à un prêtre tous ses péchés graves :

« Celui qui veut obtenir la réconciliation avec Dieu et avec l’Église doit confesser au prêtre tous les péchés graves qu’il n’a pas encore confessés et dont il se souvient après avoir soigneusement examiné sa conscience. » (Catéchisme, § 1493).

Le pape Jean-Paul II croyait que par les paroles de la consécration au cours de la messe catholique, le pain et le vin deviennent, au sens littéral, le corps et le sang de Christ, avec son âme et sa divinité. Voici très exactement ce qu’il enseigne :

« Par la consécration s’opère la transsubstantiation du pain et du vin dans le Corps et le Sang du Christ. Sous les espèces consacrées du pain et du vin, le Christ Lui-même, vivant et glorieux, est présent de manière vraie, réelle et substantielle, son Corps et son Sang, avec son âme et sa divinité » (Catéchisme, § 1413).

Cet enseignement officiel de Jean-Paul II a conduit un prêtre catholique, John O’Brien, à expliquer comment s’accomplit cette consécration du pain et du vin par le prêtre :

« La Sainte Vierge devint un canal humain qui permit au Christ de s’incarner une seule fois ; mais le prêtre fait descendre le Christ du ciel et Le rend présent sur nos autels en tant que Victime éternelle pour les péchés des hommes, non pas une seule fois, mais mille fois ! Le prêtre prononce une parole, et voici que le Christ, le Dieu éternel et tout-puissant incline la tête et obéit humblement au commandement du prêtre » (8).

Cet enseignement-là est une hérésie qui nie la nature même de l’Incarnation. Le Christ Jésus s’est incarné une fois pour toutes, et jamais son incarnation ne sera répétée. Si Jean-Paul II et John O’Brien avaient raison, alors au cours de la même messe « Christ » se « désincarnerait » une fois que les éléments ont été ingérés et ne renferment plus « Christ ». Quel épouvantable blasphème que cet enseignement, car il attaque le Christ Jésus et sa souveraineté, et il trompe les fidèles. Jean-Paul II enseignait même qu’une puissance efficace émane du pain consacré. Il enseignait officiellement que « par la même charité qu’elle allume en nous, l’Eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs » (Catéchisme, §1395).

Jean-Paul II enseignait donc à ses fidèles à compter sur un objet physique pour recevoir la grâce de Dieu, comme si cet objet possédait quelque pouvoir surnaturel. Cette doctrine fait encourir la malédiction éternelle qui s’attache aux perversions de l’Évangile de Christ : « Si quelqu’un de vous vous annonce un évangile s’écartant de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Galates 1:9). Il est déjà grave de proposer d’ingérer la chair de Christ, mais c’est encore pire d’enseigner que l’eucharistie « nous préserve des péchés mortels futurs ». Cette philosophie humaine séductrice, venue du fond des âges, pousse l’homme à se tourner vers un élément physique pour obtenir la vie.

Cette doctrine est d’autant plus insupportable qu’elle prétend préserver du péché alors qu’elle est intrinsèquement blasphématoire. Les croyances et les pratiques de Jean-Paul II étaient, spirituellement parlant, des pièges mortels. Il fait croire que des objets physiques possèdent un pouvoir en eux-mêmes, et qu’ils sont indispensables au salut. Jean-Paul II poussait les gens à croire que les sacrements physiques de son Église ont en eux-mêmes le pouvoir de communiquer la grâce du Saint-Esprit. Il enseignait officiellement ce qui suit :

« L’Église affirme que pour les croyants les sacrements de la Nouvelle Alliance sont nécessaires au salut. La ‘grâce sacramentelle’ est la grâce de l’Esprit Saint donnée par le Christ et propre à chaque sacrement » (Catéchisme, § 1129).

Le programme de Jean-Paul II était d’inculquer la dépendance envers ces sacrements physiques, et non d’inciter les fidèles à mettre directement leur foi dans le Seigneur Jésus-Christ. Il détourne la foi de la personne de Christ, au profit de rituels qui passent pour posséder un pouvoir.

« ‘Forces qui sortent’ du Corps de Christ, toujours vivant et vivifiant… les sacrements sont les chefs-d’œuvre de Dieu… » (Catéchisme, § 1116).

Mais le véritable chrétien sait que la puissance de Dieu se déploie dans « l’Évangile de Christ… puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1:16). Il sait que chaque chrétien est justifié « gratuitement par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ » (Romains 3:24). La foi et la pratique de Jean-Paul II ne sont pas celles d’une personne bienheureuse aux yeux de Dieu, loin de là.
 

Les dispositions de Jean-Paul II

On a souvent dépeint Jean-Paul II comme un homme rayonnant d’humilité et de compassion, tout dévoué à la cause de la paix et de l’unité dans le monde. Pourtant, derrière cette façade, il y avait une main de fer et une volonté de contrôler les gens au moyen de lois ecclésiastiques. Comme le pape Grégoire VII au onzième siècle, Jean-Paul II était décidé à bâtir un empire au moyen de lois pointilleuses. Avec un zèle immense, il s’est employé à mettre à jour l’arsenal des lois de l’Église catholique. Depuis l’époque de Grégoire VII, les papes ont trouvé indispensable d’établir des lois ecclésiastiques inflexibles avant de chercher à contrôler leurs sujets (et les autres personnes) au besoin par la force. Ainsi, en 1983, Jean-Paul II révisa le Code de Droit canonique de 1917. Aux lois déjà existantes, il en ajouta d’autres, comme celle-ci :

« L’Église a le droit inné et propre de contraindre par des sanctions pénales les fidèles délinquants »  (Canon 1311).

Si on examine les nouvelles lois ajoutées par Jean-Paul II, on découvre qu’elles sont encore plus totalitaires que les lois de jadis. Plus clairement que ne l’a jamais fait aucune secte, cette loi officielle romaine ordonne aux fidèles d’étouffer des facultés qui sont un don de Dieu, à savoir leur intelligence et leur volonté :

« Il faut accorder non pas un assentiment de foi, mais une soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de mœurs » (Canon 752).

Ces lois précisent quelles seront les conséquences de l’insoumission : « Sera puni d’une juste peine : 1 [celui] qui enseigne une doctrine condamnée par le Pontife Romain… » (Canon 1371, § 1).  Jean-Paul II institue aussi des sanctions précises : « La loi peut établir d’autres peines expiatoires, qui privent le fidèle d’un bien spirituel ou temporel, et qui soient conformes à la fin surnaturelle de l’Église » (Canon 1312, § 2).
 

Jean-Paul II impose un contrôle plus strict à l’Église catholique

Jean-Paul II savait très bien imposer sa volonté au moyen des lois. Il avait même un génie particulier pour cela. Il n’existait pas le moindre contre-pouvoir face à son autorité et  à son pouvoir absolu. Son commentaire officiel du Droit Canonique contient ces affirmations :

« Le système de gouvernement de l’Église n’a rien à voir avec la notion d’équilibre des pouvoirs. En fait, les trois fonctions appartiennent au même ministère… À la différence du système américain, la loi ecclésiastique n’émane pas de la volonté des gouvernés, et la structure juridique de l’Église ne repose pas sur un système de pouvoirs et de contre-pouvoirs pour conserver son efficacité… Ce Code établit son système au moyen d’une structure hiérarchique où la verticalité l’emporte sur l’horizontalité. En fin de compte, le juge suprême, le Pape, est aussi le législateur et l’administrateur suprême… » (9).

L’imposition de la volonté de Jean-Paul II se voit clairement dans un article du Catholic World Report, intitulé : « Rome a parlé – une fois de plus. » On lit dans cet article :

« ‘Le Pape agit pour mettre fin au débat des libéraux sur les questions brûlantes’, comme le déclare un article à la une du New York Times, avec de sombres menaces ‘d’une juste punition’ pour les dissidents… Dans un autre reportage à la une, le Washington Post affichait le titre : ‘Selon les critiques, la lettre papale entraîne des divisions’. Et le Post d’ajouter l’inévitable sous-titre : « Une dissidence à propos du dogme peut entraîner un châtiment… ».

Puis, pour promouvoir le programme œcuménique de Jean-Paul II et pour piéger les évangéliques, les luthériens, et les anglicans en leur faisant accepter le catholicisme comme une expression valide du christianisme, le Vatican annonça que le pape allait demander pardon pour l’Inquisition. Mais le 12 mars 2000, pendant la messe où cette demande devait être formulée, Jean-Paul II se contenta de demander pardon pour les méfaits commis dans le passé par des membres de l’Église. En réalité, il savait fort bien que tout au long des 605 années d’Inquisition, ce n’étaient pas de simples membres de l’Église catholique qui à titre individuel avaient fait systématiquement massacrer les croyants bibliques et avaient confisqué leurs biens personnels. Au contraire, comme le souligne Lord Acton, lui-même catholique, « au premier chef, ce furent les papes qui causèrent toutes ces persécutions et ces souffrances, se préoccupant de prescrire eux-mêmes avec force détails les moyens les plus efficaces pour torturer ces croyants. » Jean-Paul II donnait l’impression d’être très pieux : mais si on étudie ses lois, ses décrets, ses verdicts et ses actes, on voit qu’il était un despote investi de pouvoirs dictatoriaux.

L’Écriture nous avertit solennellement au sujet de la façade derrière laquelle se dissimulent ces gens retors : ce sont « de faux apôtres, des ouvriers d’iniquité, se faisant passer pour des apôtres de Christ. Et ce n’est pas étonnant, car Satan lui-même se déguise en ange de lumière » (2 Corinthiens 11 :13,14). Nous avons la preuve que Jean-Paul II n’était pas un homme exalté aux yeux du Seigneur, qu’il n’était pas de ceux qui connaissent Christ comme Seigneur et Sauveur. Au contraire, il faut le démasquer pour éviter à d’autres de tomber dans les séductions et les pièges qu’il a tendus au monde catholique, au monde évangélique, et à tous ceux qui voulaient bien l’écouter.
 

Maudit devant le Seigneur Dieu

Il est évident que Jean-Paul II n’était pas, et n’est pas bienheureux aux yeux de Dieu. Qu’était-il donc ? Selon sa propre estimation, il se considérait comme l’autorité suprême sur la terre. Le 8 octobre 2000, en tant que prétendu « Vicaire de Christ », il consacra le monde et le nouveau millenium à « Marie, la Toute Sainte » (10). Cet acte blasphématoire tourne en dérision le premier des Dix Commandements. Par là, et par d’autres actes officiels blasphématoires, Jean-Paul II montre son vrai visage. Manifestement, sans la moindre ambiguïté, il correspond à la définition de « l’homme de péché » dont parle la deuxième Épître aux Thessaloniciens : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière : car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme impie, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore ; il va jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu » (2 Thessaloniciens 2:3, 4). Ce même Jean-Paul II, qui se donnait les titres de « Saint Père »  et de « Vicaire de Christ » correspond rigoureusement à la définition que donne l’apôtre Jean de l’Anti-Christ : « Qui est un menteur, si ce n’est celui qui nie que Jésus est le Christ ? C’est lui, l’anti-christ, qui nie le Père et le Fils » (1 Jean 2 :22). En prenant pour lui-même les titres de « Père Saint » et de « Vicaire de Christ », Jean-Paul II niait à la fois le Père et le Fils, se démasquant lui-même. Jusque dans son Catéchisme, il s’arrogeait la fonction qui appartient en propre à Christ, celle de chef suprême et universel de l’Église. Il a déclaré :

« En effet, le Pontife romain a sur l’Église, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel, qu’il peut toujours librement exercer » (Catéchisme, § 882).

Jean-Paul II s’avéra le pire des ennemis de Christ : sous prétexte de le servir, il eut l’audace de saper les prérogatives uniques du Seigneur en essayant ouvertement d’usurper sa place et son pouvoir. Le plus grave est que Jean-Paul II a déclaré haut et fort qu’il existe « un abondant échange de tous biens » dans la communion avec les défunts (Catéchisme, § 1475). Dans ce même paragraphe, il développe l’idée suivante : « Dans cet échange admirable, la sainteté de l’un profite aux autres, bien au-delà du dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres ». Cela revient à s’opposer catégoriquement à l’Évangile de Christ. Jean-Paul II n’a jamais, que nous sachions, renoncé à cette doctrine. Pourtant la Parole divine écrite, que Jean-Paul II possédait et sur laquelle il appuyait partiellement son autorité, proclame : « Si quelqu’un vous annonce un autre évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! » (Galates 1:9). Cela nous conduit à une conclusion attristante et on ne peut plus grave : devant le tribunal de l’absolu de la Parole divine, Jean-Paul II s’est rendu anathème par ses propres paroles. Notre premier souci est donc de présenter l’Évangile véritable à ceux qui vivent dans la soumission aux doctrines que cet homme a propagées, car ces dernières sont de nature à damner les âmes.
 

La réponse du croyant biblique

C’est parce que le Seigneur nous commande de « combattre pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes » que nous examinons avec soin ce que croyait et faisait Jean-Paul II. Nous devons prendre position pour la vraie foi biblique « en reprenant les uns, ceux qui contestent… avec une pitié mêlée de crainte » (Jude 3 et 22). Le Seigneur nous dit : « dans le monde vous aurez des tribulations, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33). En lui, il nous est commandé de tenir ferme, « après avoir tout surmonté » (Éphésiens 6:13). Ainsi, nous sommes entièrement assurés que le Seigneur Dieu est avec nous. La certitude du triomphe final doit dynamiser notre effort et nous encourager dans la lutte. Nous sommes convaincus que le travail accompli en son Nom portera constamment du bon fruit, selon sa parole : « la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi » (1 Jean 5:4). Au beau milieu de toute la mise en scène spectaculaire entourant la béatification de Jean-Paul II, le Seigneur peut intervenir pour sauver des âmes, tout comme il l’a fait au milieu du faste entourant la visite de Benoît XVI au Royaume-Uni en septembre 2010.
 

Que la trompette de l’Évangile retentisse ! Que par l’autorité de l’Écriture, tous le sachent : c’est seulement par grâce que les pécheurs reçoivent le pardon, seulement par la foi, en Christ Jésus seul ! Et toute gloire revient à Dieu seul ! Le Seigneur lui-même nous commande de crier à pleine voix : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jean 6:29). « Repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Marc 1:15). Là où se trouvent la foi véritable et l’amour pour le Seigneur, là se trouve aussi, jusque dans les afflictions, une joie ineffable et pleine de gloire. Dieu est l’unique Père saint, il est le Très Saint. Sa sainteté est la marque distinctive de tous ses attributs. Voilà pourquoi il est capital que nous soyons réconciliés avec le Dieu unique, le Dieu Très Saint, selon les conditions que lui-même prescrit. Tournez-vous donc vers Dieu par la foi seule, en Christ seul, pour recevoir le salut que lui seul accorde par la conviction que donne son Esprit ; que votre seul fondement soit la mort et la résurrection de Christ pour les siens. Croyez en lui seul, « à la louange de la gloire de sa grâce » (Éphésiens 1:6).
 

Notes :

     

  1. http://www.zenit.org/article-31523?l=english accédé le 24/01/11
  2. http://www.zenit.org/article-31460?l=english accédé le 4/02/11
  3. http://www.zenit.org/article-31450?l=english accédé le 18/01/11
  4. Catéchisme de l’Église Catholique, Éditions Centurion/Cerf/Fleurus/Mame/Librairie Éditrice Vaticane, Paris, 1998. Toutes les autres citations du Catéchisme catholique sont extraites de ce même ouvrage, et sont signalées par leur numéro de paragraphe. Les caractères gras sont ajoutés par l’auteur du présent article. Les italiques figurent dans l’original.
  5. Selon 2 Thessaloniciens 2:4 : « au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ». Le mot rendu par « au-dessus de » peut aussi se traduire par « à la place de » ou par « autant que ».
  6. Toutes les citations du Code de Droit canonique proviennent de l’adresse suivante : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/_INDEX.HTM
  7. http://www.vatican.va/archive/compendium_ccc/documents/archive_2005_compendium-ccc_fr.html#LES SACREMENTS DE L’INITIATION CHRÉTIENNE
  8. John A. O’Brien, The Faith of Millions : The Credentials of the Catholic Religion, revised edition, Huntington, IN: Our Sunday Visitor, 1974, p. 256.
  9. The Code of Canon Law: A Text and a Commentary, James A. Coriden, Thomas J. Green, Donald E. Heintschel. (Mahwah, NJ : Paulist Press, 1985) p. 2.
  10. « Le point culminant de la célébration du Jubilé Épiscopal fut la messe concélébrée par le pape et les évêques sur la place Saint-Pierre au matin du dimanche 8 octobre. Des dizaines de milliers de fidèles étaient réunis pour assister à la sainte liturgie, qui se termina par l’Acte de Consécration à Marie, la Toute Sainte. » (source : L’Osservatore Romano hebdomadaire en anglais, 11 octobre 2000.)
  11.  


Richard Bennett, Association “Berean Beacon”, http://www.bereanbeacon.org/

La reproduction de cet article est autorisée, y compris sur l’Internet, à condition qu’elle soit intégrale, et qu’aucune modification ne soit effectuée. Voir également les autres articles en français de Richard Bennett, à l’adresse: http://www.bereanbeacon.org/index.php?link=french
 

]]>
http://www.blogdei.com/14150/beatification-de-karol-wojtyla-jean-paul-ii-est-il-bienheureux-aux-yeux-du-seigneur-dieu-par-richard-bennett/feed/ 7
« La Vague » de Dennis Gansel, par Jérôme Prékel http://www.blogdei.com/13845/la-vague-un-film-de-dennis-gansel/ http://www.blogdei.com/13845/la-vague-un-film-de-dennis-gansel/#comments Tue, 12 Apr 2011 07:44:11 +0000 domy http://www.blogdei.com/?p=13845

Le sarment / Jérôme Prekel

Un livre dont la lecture est conseillée aux chrétiens, bien qu’il ne soit pas écrit par un chrétien, et qu’il ne parle pas de Dieu. La lecture est facile, le style simple, et le sujet traité d’un très grand intérêt pour tous les chrétiens. A lire absolument (y compris par les jeunes).

Paru aux Etats-Unis en 1981, « La Vague » est un best-seller, vendu à 1,5 million d’exemplaires en Europe. Il fait maintenant partie des manuels scolaires dans les écoles d’Allemagne.
« La Vague » est basé sur une expérience réelle de cinq jours, menée pendant un cours d’histoire dans un lycée de Californie dans les années 70.

Alors qu’ils étudient la Seconde Guerre mondiale, les élèves s’interrogent sur la facilité avec laquelle le peuple allemand a suivi Hitler et les nazis.
Pour faire comprendre les mécanismes intérieurs du nazisme à ses élèves, Ben Ross, un professeur d’histoire, crée un mouvement expérimental au sloggan fort : « Le pouvoir par la discipline ! Le pouvoir par la communauté ! Le pouvoir par l’action ! »

En l’espace de quelques jours seulement, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire, à l’insu de chacun : avec une docilité naturelle effrayante, respectant une logique mécanique, les élèves abandonnent graduellement leur libre arbitre (au profit d’un intérêt commun qu’ils estiment supérieur) pour répondre aux ordres de leur nouveau leader (leur professeur), lui-même débordé par son personnage.

« La Vague » est le récit hallucinant de cette expérience qui rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire et les éclaire au moyen des mécanismes qui sont en chacun de nous. Impossible de ne pas faire le parallèle avec ce qui peut se produire, dans une moindre mesure, dans certains groupes religieux très bien intentionnés, unis autour d’un objet saint : la Vérité ou Dieu lui-même.

Ceux qui choisiront d’exercer la direction, le leadership d’une église, d’un groupe chrétien, sans la croix – la crucifixion de l’Homme, de ses pensées, de ses ambitions pour Dieu, de sa sagesse, de sa volonté – ne pourront éviter de tomber dans les pièges subtils qui seront tendus par l’ennemi du vrai témoignage de Christ.

Le Sarment

http://www.bacfilms.com/site/lavague/

]]>
http://www.blogdei.com/13845/la-vague-un-film-de-dennis-gansel/feed/ 7
65% des responsables évangéliques américains se réclament toujours du prémillénarisme http://www.blogdei.com/13585/65-des-responsables-evangeliques-americains-se-reclament-toujours-du-premillenarisme/ http://www.blogdei.com/13585/65-des-responsables-evangeliques-americains-se-reclament-toujours-du-premillenarisme/#comments Mon, 28 Mar 2011 19:02:19 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=13585 >> plus [...]]]>

Christianisme Aujourd’hui / CroixSens.net

Les prémillénaristes constituent le 65% des responsables évangéliques américains. Il croient en effet que le Christ reviendra sur terre avant de régner mille ans avec son peuple.

Selon un sondage de l’Association nationale des évangéliques, 13% des pasteurs évangéliques se déclarent amillénaristes et 4% ont adopté une opinion post-millénariste.

>>> plus d’infos (en anglais)

—–

Ap.20:7 Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison. 8 Et il sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre; leur nombre est comme le sable de la mer. Aux yeux de la plupart des commentateurs, la différence entre les trois grandes écoles d’interprétation des prophéties se situe au niveau du millénium.

1°) LE PREMILLENARISME

La vue la plus ancienne, partagée par l’Église des premiers siècles, est connue aujourd’hui sous le nom de prémillénarisme ou chiliasme. Selon cette doctrine, le millénium désigne un règne messianique et terrestre d’une durée de mille ans qui débute à partir du retour de Christ. Le nombre mille, en grec chiliôs, a donné naissance au mot chiliasme. Il apparaît à quiconque étudie l’histoire de la doctrine, que le prémillénarisme était bien la position des premiers croyants. Pour les partisans de cette vue, le Christ lui-même enseignait que son retour devait être suivi par l’établissement de son royaume ici-bas : voir Mt 20.20-23 ; Luc 1.32,33 ; 22.29,30; Actes l.6,7. Les deux premiers siècles semblent n’avoir connu aucune controverse sur ce point. Très tôt, le prémillénarisme a compté de nombreux adhérents, comme Papias qui connaissait l’apôtre Jean, et beaucoup d’autres, au nombre desquels Augustin, Jean le Presbytre, et une partie des Douze dont André, Pierre, Philippe, Thomas, Jacques, Jean et Matthieu.

G.N.H. Peters inclut aussi parmi les prémillénaristes des deux premiers siècles des hommes tels que Clément, Barnabé, Hermas, Ignace et Polycarpe. C’est seulement vers la fin du second siècle et le début du troisième que cette vue semble avoir été remis en question bien qu’a cette époque de nombreux prémillénaristes aient continué de se manifester par leurs écrits, en particulier Cyprien (200-258), Commodien (200-270), Népos (230-280), Coracion (250-311) et autres Lactance (240-330). Quoique l’appartenance de certains des personnages cités plus haut à cette doctrine ait été mise en doute, il est incontestable que Népos et Commodien en ont été d’ardents défenseurs en Afrique du Nord. D’ailleurs, même les adversaires du chiliasme reconnaissent l’existence d’un vaste consensus prémillénariste pendant les trois premiers siècles.

2°) L’AMILLENARISME

L’amillénarisme, ainsi appelé depuis le 19ème siècle, aborde la prophétie sous un autre angle. Cette vue rejette l’existence d’un règne millénaire consécutif au retour du Christ. Bien que les amillénaristes hésitent à se réclamer de fondateurs particuliers, ils font généralement remonter leurs origines à l’école égyptienne d’Alexandrie vers l’an 190 de notre ère. Quelques rares auteurs avancent même une date plus précoce, tel Landis, qui s’efforce de rattacher ce mouvement au Christ et aux apôtres. La plupart des amillénaristes en situent cependant le point de départ entre les deuxième et troisième siècles, bien que des érudits comme Berkhof aient tendance à faire quelque peu violence aux faits en prétendant qu’à cette époque la doctrine était déjà en plein essor. En réalité, si l’on en constate les premiers balbutiements pendant la dernière décennie du deuxième siècle, cet enseignement s’est surtout manifesté au cours du troisième siècle. Au nombre des premiers amillénaristes, on peut citer Gaïus, dont les écrits remontent au troisième siècle, et Clément d’Alexandrie qui enseignait à l’école d’Alexandrie entre 193 et 220. Au troisième siècle, Origène(185-254), un disciple de Clément, et Dyonisus (190-265), ont mené le combat contre le prémillénarisme. Les amillénaristes reconnaissent que l’école d’Alexandrie rejetait l’interprétation littérale des Écritures, et en particulier celle de la prophétie, et qu’elle considérait la Bible toute entière comme une vaste allégorie dont la signification profonde était masquée par la formulation même du texte. Elle s’efforçait de marier idéalisme platonicien et textes bibliques, entreprise exigeant l’adoption d’un système d’interprétation non littéral. Les amillénaristes admettent que l’école d’Alexandrie était dans l’erreur en ce sens qu’elle niait la plupart des doctrines cardinales de l’Église. WH. Rutgers écrit au sujet de Clément d’Alexandrie : «Clément, charmé par les sirènes de la philosophie grecque, soumettait l’Écriture Sainte à cette interprétation allégorique et erronée, à ce parti-pris outré contre tout ce qui était matériel, visible, tangible, tout ce qui se situait dans un contexte géographico-historique. La philosophie éthérée des platoniciens ne pouvait supporter la ‘charnelle et sensuelle’ vision eschatologique des prémillénaristes. La fondation même du chiliasme en fut ébranlée. Selon Robertson, les amarres du chiliasme et de son système d’interprétation non littéral n’y résistèrent pas. En dépit du fait que le gros de l’amillénarisme des deuxième et troisième siècles provenait d’un mouvement hérétique, Rutgers pense pouvoir affirmer que cette doctrine était prévalente au deuxième siècle pour la simple raison que les Pères de l’Église n’abordaient jamais le sujet de l’eschatologie. À partir de cet argument, et sans même citer un seul partisan de l’amillénarisme, Rutgers déclare: «Le chiliasme n’était soutenu par aucun des principaux Pères de l’Église, pas même par l’auteur inconnu de l’épître à Diognète». Il est exact que la plupart des premiers Pères de l’Église n’ont pas abordé la question du millénium. Cependant, le fait que des adeptes du prémillénarisme puissent être cités rend l’absence quasi complète d’adhérents à la cause amillénariste jusque dans les années 190 extrêmement éloquente. Bien qu’il soit difficile de ranger Bamabas, un des premiers Pères de l’Église, dans un camp ou dans l’autre, les amillénaristes ne le tiennent généralement pas pour l’un des leurs. En fait, jusqu’à l’an 190, il était impossible de vraiment classer qui que ce soit parmi les amillénaristes, alors que les troupes prémillénaristes restaient, au contraire, bien fournies. C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des amillénaristes se réclament de Saint Augustin (354-430). Célèbre évêque d’Hippone en Afrique du Nord, Saint Augustin mérite le titre de fondateur de l’amillénarisme. C’est lui qui a substitué à la méthode d’interprétation allégorique globale des Écritures, telle qu’elle se pratiquait au sein de l’école d’Alexandrie, un système d’interprétation allégorique restreint aux seuls écrits prophétiques, le reste de la Bible devant recevoir une interprétation grammaticale et historique normale. Saint Augustin est donc à l’origine de la tendance exégétique moderne, tendance dans laquelle se situent les grands Réformateurs comme Calvin et Luther, qui veut que toute interprétation rationnelle et fondamentale des Écritures en respecte la structure littéralect grammaticale, à l’exception toutefois de la prophétie qu’il convient de traiter de façon non littérale. C’est sur ce dernier point que va porter toute la discussion entre les prémillénaristes et les amillénaristes

3°)LE POST-MILLENARISME

Le troisième grand courant eschatologique se nomme postmillénarisme. Il a ceci de particulier qu’il situe le retour du Christ à la fin du millénium. Pour les postmillénaristes comme pour les amillénaristes, le millénium, si on peut encore le nommer ainsi, expire avant le retour du Christ. Ce qui différencie les premiers des seconds, c’est que les postmillénaristes voient la victoire progressive de l’Évangile aboutir à la christianisation finale du monde ; la victoire de la Croix amenant alors le retour du Christ et l’instauration immédiate du royaume étemel.

Quoique des vues proches du postmillénarisme aient été partagées par quelques individus marquants de l’histoire de l’Église comme Joachim de Floris, un moine catholique du douzième siècle, la plupart des postmillénaristes se réclament de Daniel Whitby (1638-1725). Seuls quelques amillénaristes se réfèrent aux racines postmillénaristes du mouvement. Le postmillénariste A-H Strong déclare ouvertement: «Notre interprétation particulière d’Apocalypse 20.1-10 a été définie pour la première fois en substance par Whitby ». Le postmillénarisme s’accordait bien avec l’optimisme des 18ème et 19ème siècles, et répondait à l’attente générale d’un monde aux perspectives meilleures. Bien qu’il ait beaucoup perdu de sa force à l’heure actuelle, il était très en vogue parmi les théologiens conservateurs des 19ème et 20ème siècles, comme Charles Hodge.

Extrait de : « Le Roi et son Royaume : Un regard sur le millénium » de John Walvoord, publié sur le site CroixSens.net

]]>
http://www.blogdei.com/13585/65-des-responsables-evangeliques-americains-se-reclament-toujours-du-premillenarisme/feed/ 41
Voici le temps de l’Antichrist, par Henri Viaud Murat http://www.blogdei.com/12433/voici-le-temps-de-lantichrist-par-henri-viaud-murat/ http://www.blogdei.com/12433/voici-le-temps-de-lantichrist-par-henri-viaud-murat/#comments Fri, 21 Jan 2011 14:37:30 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=12433

1 Thessalonissiens 5.21 :

« examinez toutes choses; retenez ce qui est bon »

La Bible nous enseigne qu’avant le retour glorieux de Jésus-Christ sur la terre, Dieu permettra qu’un homme, qui sera l’incarnation même de Satan, l’Antichrist, exerce une dictature absolue sur le monde. Quelles seront les caractéristiques bibliques de cet homme, et pourquoi pouvons-nous dire que nous sommes dans le temps de sa manifestation?

Voici ce que l’apôtre Paul écrivait aux Thessaloniciens:

« Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés. Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. C’est à quoi il vous a appelés par notre Evangile, pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Thess. 2: 1-14).

Nous savons que les « derniers jours » ont commencé dès le jour de la Pentecôte, comme le disait l’apôtre Pierre aux Juifs rassemblés à Jérusalem à cette occasion:

« Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit; et ils prophétiseront » (Actes 2: 16-18).

L’Esprit de Dieu, depuis la Pentecôte, est répandu sur le monde entier, comme Il ne l’avait jamais été auparavant. Le Seigneur Jésus a ordonné à Son Eglise d’être remplie de Son Esprit (Actes 1: 4-8), afin de pouvoir témoigner dans la puissance de l’Esprit.

C’est l’Eglise du Seigneur qui est le sel de la terre et la lumière du monde, en ces temps ténébreux de la fin. Si les « derniers jours » ont commencé il y a près de deux mille ans, vous pouvez comprendre que nous sommes parvenus aujourd’hui « à la fin de la fin » des temps! La Bible, en divers endroits, nous donne de nombreux signes associés aux temps de la fin. Tous ces signes sont soit accomplis, soient en train de s’accomplir sous nos yeux. Le Seigneur Jésus compare ces signes aux douleurs de l’enfantement. Ces douleurs augmentent en fréquence et en intensité, jusqu’au moment de l’enfantement. C’est ce à quoi le monde a assisté au cours des deux mille dernières années: une augmentation constante du nombre et de l’intensité des signes de la fin des temps. Il y a toujours eu des guerres, des famines, des pestes et des cataclysmes. Mais leur nombre et leur intensité n’ont jamais cessé de grandir, pour atteindre un paroxysme aujourd’hui.

Dans ce passage déjà cité de sa lettre aux Thessaloniciens, Paul parle des deux derniers signes qui doivent immédiatement précéder l’enlèvement de l’Eglise, et la manifestation de l’Antichrist: « Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement » (2 Thess. 2: 3-8).

Ces deux derniers signes sont: l’apostasie, et le début de la parution de l’Antichrist, nommé ici « l’homme de péché, le fils de la perdition, l’adversaire, et l’impie ». En ce qui concerne l’apostasie, il n’est pas nécessaire d’être prophète pour dire que la Chrétienté est plongée dans une apostasie de plus en plus généralisée. « Apostasie » signifie « abandon public et volontaire de la vraie foi chrétienne », ou « abandon de la Vérité ». La plupart des Chrétiens qui apostasient en cette fin des temps sont pourtant persuadés être de bons Chrétiens! Ils n’ont pas « changé de religion ». Ils peuvent même défendre fermement leur religion chrétienne. Mais ils ont abandonné la Vérité. Ils n’obéissent plus à la Parole de Dieu, qu’ils connaissent en général très peu. Ils ont rejeté l’Esprit de Vérité.

Paul dit, dans le même passage, que « l’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ».

S’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés, c’est parce qu’ils ont pris plaisir au péché et à l’injustice, et qu’ils se sont endurcis pour rejeter la Vérité de Dieu, lorsqu’ils l’ont entendue.

C’est pourquoi Dieu Lui-même finira par leur envoyer une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge et qu’ils soient perdus!

Bien-aimés, il est capital, si nous voulons être sauvés, que nous désirions ardemment, dans le fond de notre coeur, connaître et garder la Vérité! Car la Vérité, c’est Dieu Lui-même, c’est le Seigneur Jésus, et c’est la Parole de Dieu, la Bible!

Outre l’annonce de l’apostasie, Paul dit aussi quelque chose de très important: nous verrons paraître l’Antichrist avant l’enlèvement de l’Eglise! Nous ne verrons pas l’Antichrist entrer pleinement dans son règne, mais nous le verrons paraître! Cela signifie qu’à un moment donné de l’histoire de l’humanité, le Saint-Esprit va révéler à Son Eglise fidèle l’existence et l’identité de l’homme qui se manifestera un peu plus tard comme l’Antichrist.

Cet homme sera sans doute déjà connu publiquement. Mais personne, en dehors de l’Eglise, ne se doutera qu’il est le futur Antichrist. Au début de sa vie, il est même probable que cet homme lui-même ne se doutera pas de ce qu’il sera plus tard, même s’il pourra avoir l’impression qu’il aura un grand destin. En tout cas, l’Eglise le reconnaîtra, parce qu’il correspondra exactement aux critères définis par la Bible. Gardons donc les yeux ouverts, car nous sommes au temps de l’apparition de l’Antichrist!

Paul dit aussi que cet Antichrist ne pourra pas se manifester pleinement, tant que « ce qui l’empêche » de se manifester n’aura pas « disparu ». Le seul obstacle à la manifestation de l’Antichrist est la présence sur la terre de l’Eglise véritable, remplie de l’Esprit. Dès que l’Eglise aura « disparu » de la terre, enlevée dans les airs à la rencontre de son Seigneur, alors plus rien ne s’opposera à la manifestation de cet « homme du péché ». L’enlèvement de l’Eglise doit donc nécessairement se produire avant la Tribulation de sept ans, et c’est même cet enlèvement qui marquera le signal du commencement de la Tribulation.

Dans le Livre de l’Apocalypse, l’apôtre Jean reçoit les derniers avertissements de Christ aux Eglises. Ces avertissements font l’objet des trois premiers chapitres. Ensuite, au début du chapitre 4, nous voyons que Jean a connu un type d’enlèvement, qui préfigure l’enlèvement de l’Eglise:

« Après cela, je regardai, et voici, une porte était ouverte dans le ciel. La première voix que j’avais entendue, comme le son d’une trompette, et qui me parlait, dit: Monte ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver dans la suite. Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu’un était assis » (Apoc. 4: 1-2).

D’ailleurs, quand Jésus S’adresse à l’Eglise fidèle de Philadelphie, Il lui fait la promesse suivante: « Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à (mot-à-mot « de ») l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre » (Apoc. 3: 10).

Il est déplorable que la traduction Segond, que nous reproduisons ici, ne rende pas exactement l’original grec, qui dit clairement: « Je te garderai DE l’heure de la tentation… »

La tentation est la grande séduction qui enveloppera le monde entier, avec l’avènement de l’Antichrist. Cet avènement sera le premier grand jugement de Dieu sur un monde impie. L’Eglise fidèle sera gardée de ce moment-là, parce qu’elle sera enlevée avant!

Voici ce que Paul écrit à propos de l’enlèvement: « Voici, je vous dis un mystère: nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’oeil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés » (1 Cor. 15: 51-52).

Certains prétendent que cette « dernière trompette » est la dernière trompette d’Apocalypse 11: 15. Cela n’est pas possible, car cette trompette résonne bien après le début de la Tribulation. Tout le monde saura à cette époque que la Tribulation est bien engagée, et il n’y aurait plus l’effet de surprise annoncé par le Seigneur. En fait, cette « dernière trompette » est celle de la Fête des Trompettes, comme je l’ai expliqué en détail dans l’article sur les Fêtes de l’Eternel, dans ce même blog.

Tout de suite après l’enlèvement de l’Eglise, l’Antichrist recevra de Dieu le pouvoir de régner sur la terre pendant une période de sept ans. Cette période sera divisée en deux parties de trois ans et demi. Puis l’impie sera détruit par le Seigneur Jésus, par le souffle de Sa bouche, à Son retour sur la terre pour y régner pendant mille ans.

La première moitié de la Tribulation commencera de manière relativement « positive ». L’Antichrist bénéficiera d’une immense popularité. Il contribuera à résoudre de nombreux problèmes économiques, sociaux, politiques et internationaux, notamment au Moyen-Orient. Il permettra la reconstruction du Temple de Jérusalem. Mais il s’engagera aussi dans la mise en place d’un système dictatorial sur toute la terre, avec l’aide active des Nations-Unies, dans le but, bien entendu, de garantir « la paix et la sécurité » du monde. Toutefois, les jugements de l’Apocalypse commenceront en même temps à s’abattre sur la terre, dont la situation globale deviendra de plus en plus chaotique.

L’Antichrist lancera une féroce persécution contre tous ceux qui seront jugés « ennemis de la société et du genre humain, » en particulier contre tous les Chrétiens qui n’auront pas été enlevés, et qui n’accepteront pas sa marque. Il fera la guerre aux « saints » et à ceux qui gardent le témoignage de Jésus, et il lui sera donné de les vaincre (Daniel 7: 25 et Apoc. 12: 17). Au milieu de la Tribulation, il se présentera dans le Temple de Jérusalem reconstruit pour le profaner, et pour s’y faire adorer comme Dieu. Les Juifs, qui l’auront accepté comme leur Messie, comprendront aussitôt qu’ils ont été trompés. La plupart ouvriront les yeux. Alors commencera le dernier Holocauste des Juifs, le temps de la « détresse de Jacob ».

Cette deuxième moitié de la Tribulation est appelée la « Grande Tribulation ». Les jugements divins deviendront cataclysmiques. Cette période s’achèvera par une grande bataille mondiale, la bataille d’Armaguédon, qui se déroulera en Israël. Au moment où Jérusalem et Israël seront près d’être détruits, le Seigneur Jésus reviendra poser Ses pieds sur le Mont des Oliviers, avec toute Son Eglise. Les armées de l’Antichrist seront détruites, et lui-même sera pris et jeté vivant dans l’étang de feu et de soufre.

Après une courte période de « nettoyage » et de remise en ordre, commencera ensuite le règne millénaire du Seigneur Jésus sur la terre.

Qu’est-ce qui nous permet de dire que l’Antichrist doit exercer son pouvoir pendant sept ans? Pour cela, nous devons étudier les prophéties de Daniel. Daniel reçut plusieurs visions et prophéties, qui devaient lui révéler la destinée des grands empires qui allaient se succéder, depuis l’antiquité jusqu’à notre époque moderne. Daniel reçut tout d’abord (Daniel 2: 37-45) l’interprétation du rêve du roi Nebucadnetsar et de sa grande statue, qui annonce la venue de quatre empires: l’empire Babylonien, l’empire Médo-Perse, l’empire Grec, et, le plus terrible, l’empire Romain. Il annonce aussi que cet empire Romain sera, beaucoup plus tard, divisé en dix « orteils » ou rois, dont les alliances seront fragiles. Dans les temps de ces rois, Dieu suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, celui de Jésus-Christ.

Ceci nous est confirmé par une autre prophétie de Daniel:

« La première année de Belshatsar, roi de Babylone, Daniel vit un songe, et des visions de sa tête, sur son lit. Alors il écrivit le songe, et raconta la somme des choses. Daniel prit la parole et dit: Je voyais dans ma vision de nuit, et voici, les quatre vents des cieux se déchaînèrent sur la grande mer. Et quatre grandes bêtes montèrent de la mer, différentes l’une de l’autre. La première était comme un lion, et elle avait des ailes d’aigle. Je vis jusqu’à ce que ses ailes furent arrachées, et qu’elle fut soulevée de terre, et mise debout sur ses pieds, comme un homme; et un coeur d’homme lui fut donné. Et voici une autre, une seconde bête, semblable à un ours, et elle se dressait sur un côté. Et elle avait trois côtes dans sa gueule, entre ses dents; et on lui dit ainsi: Lève-toi, mange beaucoup de chair. Après cela, je vis, et en voici une autre, -comme un léopard; et elle avait quatre ailes d’oiseau sur son dos; et la bête avait quatre têtes; et la domination lui fut donnée. Après cela je vis dans les visions de la nuit, et voici une quatrième bête, effrayante et terrible et extraordinairement puissante, et elle avait de grandes dents de fer: elle dévorait et écrasait; et ce qui restait, elle le foulait avec ses pieds. Et elle était différente de toutes les bêtes qui étaient avant elle; et elle avait dix cornes. Je considérais les cornes, et voici une autre corne, petite, monta au milieu d’elles, et trois des premières furent arrachées devant elle. Et voici, il y avait à cette corne des yeux comme des yeux d’homme, et une bouche proférant de grandes choses » (Daniel 7: 1-8).

L’explication en est donnée ensuite à Daniel:

« Ces grandes bêtes, qui sont quatre, sont quatre rois qui surgiront de la terre; et les saints des lieux très-hauts recevront le royaume, et posséderont le royaume à jamais, et aux siècles des siècles. Alors je désirai de savoir la vérité touchant la quatrième bête, qui était différente d’elles toutes, extraordinairement terrible: ses dents étaient de fer, et ses ongles, d’airain; elle dévorait, écrasait, et foulait avec ses pieds ce qui restait;… et touchant les dix cornes qui étaient sur sa tête, et touchant l’autre qui montait, et devant laquelle trois étaient tombées, cette corne qui avait des yeux, et une bouche proférant de grandes choses, et dont l’aspect était plus grand que celui des autres. Je regardais; et cette corne fit la guerre contre les saints, et prévalut contre eux, jusqu’à ce que l’Ancien des jours vint, et que le jugement fut donné aux saints des lieux très-hauts, et que le temps arriva où les saints possédèrent le royaume. Il dit ainsi: La quatrième bête sera un quatrième royaume sur la terre, qui sera différent de tous les royaumes, et dévorera toute la terre, et la foulera aux pieds et l’écrasera. Et les dix cornes,… ce sont dix rois qui surgiront du royaume. Et un autre surgira après eux; et il sera différent des premiers; et il abattra trois rois. Et il proférera des paroles contre le Très-haut, et il consumera les saints des lieux très-hauts, et il pensera changer les saisons et la loi, et elles seront livrées en sa main jusqu’à un temps et des temps et une moitié de temps. Et le jugement s’assiéra; et on lui ôtera la domination, pour la détruire et la faire périr jusqu’à la fin. Et le royaume, et la domination, et la grandeur des royaumes sous tous les cieux, seront donnés au peuple des saints des lieux très-hauts. Son royaume est un royaume éternel, et toutes les dominations le serviront et lui obéiront » (Daniel 7: 17-27).

Ces quatre bêtes représentent aussi quatre grands empires mondiaux. La première bête, semblable à un lion, c’est l’empire de Babylone. La seconde bête, semblable à un ours, est l’empire Médo-Perse. La troisième bête, semblable à un léopard, est l’empire grec d’Alexandre le Grand. La quatrième bête, qui écrasera toute la terre, est l’empire Romain.

Plus tard, Daniel reçoit une nouvelle vision, dont l’explication lui est encore donnée par l’archange Gabriel:

« Je vais t’apprendre, ce qui arrivera au terme de la colère, car il y a un temps marqué pour la fin. Le bélier que tu as vu, et qui avait des cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses. Le bouc, c’est le roi de Javan (Alexandre le Grand), la grande corne entre ses yeux, c’est le premier roi. Les quatre cornes qui se sont élevées pour remplacer cette corne brisée, ce sont quatre royaumes qui s’élèveront de cette nation, mais qui n’auront pas autant de force. A la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés, il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force; il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le coeur, il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement, et il s’élèvera contre le chef des chefs; mais il sera brisé, sans l’effort d’aucune main. Et la vision des soirs et des matins, dont il s’agit, est véritable. Pour toi, tiens secrète cette vision, car elle se rapporte à des temps éloignés » (Daniel 8: 19-26).

Effectivement, à la mort d’Alexandre le Grand, son empire fut divisé en quatre royaumes. La prophétie annonce ensuite la venue d’un « roi impudent et artificieux ». Le roi de Syrie Antiochus Epiphane, qui était aussi une figure d’Antichrist, accomplit partiellement cette prophétie. Car la même prophétie annonce aussi la venue d’un autre « roi impudent et artificieux », dans des « temps éloignés ». Ce roi, c’est l’Antichrist.

Au chapitre 9 du Livre de Daniel, le prophète reçoit une extraordinaire révélation de la fin des temps, qui confirme les révélations qu’il avait reçues précédemment.

la suite

]]>
http://www.blogdei.com/12433/voici-le-temps-de-lantichrist-par-henri-viaud-murat/feed/ 54
La plénitude des temps, par E. Sauer http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/ http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/#comments Fri, 07 Jan 2011 23:09:54 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=12237

suite de la première partie

Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. (L’Ecclésiaste 1.9)

Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils (Gal. 4 4)

Reportons-nous en l’année 823 avant Christ. Comme un léopard « volant» (Dan. 7 : 6), Alexandre a vaincu l’ours perse (Dan. 7 : 5), le bélier (Dan. 8.7) devenu sans force. Au printemps de 834, il a entrepris sa marche victorieuse avec 35 000 hommes seulement et, en automne de l’année 831, l’empire perse était en ruines. Alexandre avait déjà dirigé ses regards vers l’ouest, mais la mort l’enleva dans les jardins du palais de Nébucadnetsar à Babylone (Dan. 11 : 3-4). La grande corne fut brisée (Dan. 8 ) et son empire tomba en pièces (Dan. 8. 8, 22). Néanmoins, Alexandre garde une profonde signification dans l’histoire du monde et dans le déroulement du plan du salut de Dieu. En effet, il ne se contenta pas d’une conquête politique et militaire de l’est et de l’ouest. Son plan, en fait, visait à souder culturellement et à unir en une seule nation l’Occident et l’Orient. Il forma 80 000 Perses selon les règles militaires gréco-macédoniennes, introduisit le grec comme langue d’échange. Presque partout dans l’ancien Orient furent établis des théâtres, écoles, terrains de sport et avec eux pénétraient très loin à l’est, l’esprit et la mentalité grecs. Inversement, Alexandre transféra des coutumes perses dans le monde grec. Les costumes orientaux et le cérémonial perse (par exemple; la vénération du roi) furent introduits jusqu’à la cour royale. Alexandre lui-même épousa la princesse bactrienne Roxana, la « perle de l’Orient ». Huit de ses généraux, ainsi que dix mille de ses soldats macédoniens suivirent son exemple ce qui donna lieu à cinq jours d’une fête brillante riche en cadeaux de mariage, fête qui eut lieu à Suze, ville perse qui fut, on s’en souvient, la résidence de la reine Esther (Esther 1 :2).

Ainsi naissait une union culturelle entre l’est et l’ouest, mélange que l’on appela «hellénisme ». Sous ce rapport également, l’empire d’Alexandre fut semblable au léopard de la vision de Daniel, dont le pelage magnifiquement varié correspondait bien au coloris riche et multiple de la civilisation européenne orientale. L’hellénisme fut le produit d’une politique délibérée. C’est la civilisation créée par Alexandre lui-même. Et c’est en cela que réside son incomparable signification pour tous les temps. La conscience du peuple a indiqué cela, bien que sans le vouloir, sans doute, en donnant à Alexandre, pour la première fois à un mortel, le titre de «Grand ». Son empire tomba en pièces directement après sa mort, mais le travail véritable de la vie d’Alexandre subsista. Les Romains allaient en hériter plus tard, surtout à partir du deuxième siècle avant Christ. Mais il faut souligner, parce que cela a une signification particulière, que les Romains n’allaient jamais entreprendre de romanisation, contrairement à ce que l’on aurait pu penser. Bien plutôt, continuèrent-ils, dans leur action civilisatrice, l’hellénisation du monde. L’empire romain devenait ainsi le réceptacle relativement uniforme des cultures hellénistiques. Il s’étendit du levant au couchant du soleil, des eaux du Nil aux rivages du Tyne sur les frontières de l’Ecosse et du détroit de Gibraltar aux pays montagneux de l’Iran. Et pourtant, bien que les Romains aient été les maîtres politiques et militaires du monde, culturellement, ils étaient conquis par les Grecs de beaucoup supérieurs sous le rapport de la pensée et de la philosophie. Tout cela contribuait à faire naître le monde qui allait servir de berceau au christianisme primitif, accomplissement des temps. Ce monde nous semble caractérisé surtout par les six traits suivants

1. Centralisation mondiale

2. Unité culturelle

3. Commerce mondial et relations mondiales

4. Paix mondiale

5. Affaiblissement mondial de la moralité

6. Mélange religieux mondial.

I. Centralisation mondiale

Le Romain ne connaissait rien de plus grand que l’Etat. L’idéal du courage était un dévouement sans limite à l’Etat. Etre serviteur de la «Rome éternelle» était le sommet de son ambition. L’homme, l’individu disparaissait ainsi pour ne laisser que le citoyen. L’Etat ainsi conçu trouvait son expression, s’incarnait en quelque sorte dans la personne de son chef, le César (empereur). Il était le sommet unificateur du tout, en sa qualité de «premier citoyen de l’Etat », ce qui explique la portée significative de l’adoration de l’empereur. C’était l’expression religieuse de l’unité de l’Etat poursuivie surtout depuis Caligula (37-41) et Domitien (81-96). Sa signification principale était d’ordre politique en ce qu’elle constituait la reconnaissance religieuse de l’unité extérieure et intérieure de l’empire, véritable religion d’Etat et seule contrainte en matière de croyance imposée par l’empire romain, par ailleurs si tolérant. L’empereur se présentait comme « dieu et souverain sauveur de la vie humaine » (Jules César déjà !), « fils de dieu » (Auguste), «seigneur et dieu» (Domitien), «grand prêtre », « sauveur du monde» (Auguste, Claude et Néron), « roi des rois… » Ses décrets étaient appelés « évangiles », ses lettres « écrits sacrés », son arrivée « parousia » (avènement), ses visites, « épiphanies ». On voit combien un conflit avec le christianisme primitif était inévitable. C’est sur ce terrain qu’allait jouer principalement la persécution des chrétiens et c’est en cela qu’en même temps, l’empire du premier siècle devenait un type de l’empire final de l’antichrist, au temps de la fin (la bête portant des noms de blasphème, aux cornes ornées de diadèmes d’Apocalypse 13 : 1). C’est de ce César tout-puissant que sortaient les ordres destinés à tous les territoires de l’empire. Sa seule volonté gouvernait le monde méditerranéen entier. Même le Fils du royaume céleste en son incarnation devint un sujet romain (Mat. 22 : 21). Pourtant, cette volonté impériale était, en fait, assujettie à la volonté du Très-Haut. Du centre de ce monde méditerranéen sortit un ordre purement politique, affectant les nations, le décret de recensement de César Auguste (Luc 2.1). Cette ordonnance politique, en dernière analyse, était un moyen dans la main de Dieu, Seigneur des seigneurs, pour amener l’accomplissement d’une vieille prophétie concernant une très petite cité du pays de Juda, la petite ville de Bethléem Ephrata, la cité de David (Michée 5 : 1; Luc 2 : 1-7). Ici se rencontrent le grand et le petit, et dans ce qui est petit se cache en fait l’ultime grandeur!

II. Unité culturelle mondiale

Il y a eu des empires plus largement étendus que l’empire romain. Certains rassemblaient un plus grand nombre de citoyens, mais jamais on ne vit d’empire unissant en lui-même comme le fit l’empire romain, tous les peuples civilisés de son temps. Ce fut un puissant assemblage des civilisations, un gigantesque processus d’égalisation et d’association qui se développa par l’hellénisation et la romanisation de l’Orient d’une part et l’orientalisation de l’Occident d’autre part.

1. Les trois courants principaux. — Dans son essence, l’hellénisme de l’empire romain était la conjonction de trois principaux courants: Le grec qui inclut l’art, les sciences et la philosophie; le romain avec sa vie militaire, politique et juridique, et l’oriental avec ses cultes mystiques et religieux. Aucun universalisme organique ne fut cependant créé. La cause en est imputable, semble-t-il, à l’absence, dans l’antiquité, d’une notion de l’« humanité », exception faite de la philosophie stoïcienne. La conscience générale s’était cependant élargie dans le sens d’une meilleure conscience du monde, en sorte que celui-ci était préparé à l’universalisme du message du salut qu’apportait le Christ.

2. Le grec, langage de la mission chrétienne mondiale. — Un autre fait revêt une importance encore plus grande: le langage unique employé dans les relations internationales. En dépit de la persistance de l’emploi des langues nationales et dialectes locaux (Actes 14 : 11 21 : 40), le grec était compris partout à tel point qu’on l’appelait dans tout l’empire « le langage commun» (grec de la Koine). Une des principales difficultés rencontrées dans le travail missionnaire des premiers chrétiens était ainsi ôtée à l’avance. Ils n’auraient pas à étudier la langue des pays dans lesquels ils allaient être envoyés, ce qui permettrait à l’Evangile de poursuivre sa marche victorieuse beaucoup plus rapidement qu’il ne l’aurait pu sans cela. Ce fut vrai surtout pour les grandes villes des côtes. Paul fut l’évangéliste des grandes cités et des ports. Dieu, dans sa providence, à travers tout le développement de la période des empereurs, préparait le grec pour en faire la langue de la mission mondiale des premiers chrétiens, en même temps que la langue du Nouveau Testament.

III. Commerce et transports internationaux

1. Communications mondiales. — Au milieu de la place du marché de chaque ville, il y avait une borne kilométrique indiquant la distance qui la séparait de Rome. Sur le marché de la « Rome éternelle », la borne était en or. Erigée par Auguste, elle décrivait la ville capitale comme le cœur battant de cet organisme géant des peuples. Entre Alexandrie et l’Asie-Mineure, il y avait une liaison maritime journalière (Ramsey, Lettres aux sept Eglises. 18, 435).

Selon Pline, on pouvait aller d’Espagne à Ostia, le port de Rome, en quatre jours et en deux jours depuis l’Afrique. L’inscription tombale d’un marchand phrygien nous apprend qu’il avait fait 72 fois le voyage d’Hiérapolis, près de Colosse en Asie-Mineure, jusqu’à Rome, ce qui représente 72 fois plus de 2000 kilomètres. Sans ce trafic mondial important, l’avance rapide du christianisme primitif eût été inconcevable. Le trafic maritime était particulièrement important, le travail évangélique s’effectuant en grande partie dans les ports, surtout en ce qui concerne Paul. « Pour la plus grande part, le monde de l’apôtre Paul doit être cherché là où souffle le vent de la mer» (Deiszmann, Paulus. Tiibingen 1911, p. 25). Que l’on pense seulement aux séjours de Paul dans les ports de Césarée, Troas, Ephèse, Athènes, Corinthe et Rome…

Les relations par voies terrestres étaient cependant, elles aussi, de la plus grande importance. Même les pays les plus isolés et les plus lointains ont été ouverts, grâce aux routes et aux ponts. Un réseau assez complet de grandes voies bien construites protégées par des murs et des forteresses, se répandait sur tout l’empire. «Toutes les routes mènent à Rome ». Un peu plus tard, sur ces routes impériales, les messagers de l’Evangile allaient courir pour porter au monde la bonne nouvelle du Rédempteur qui venait d’apparaître. A lui seul, Paul parcourut par terre et par mer, un total de plus de 25 000 kilomètres.

2. La diaspora juive. — Les Juifs, eux aussi, prirent part au commerce mondial. Beaucoup de citoyens de ce pays encore à peu près inconnu de l’ouest au Ive siècle avant Christ, allèrent s’établir en dehors de la Palestine. Ainsi commença-t-on à parler de la diaspora (dispersion). Alexandre le Grand avait transporté 10 000 Juifs vers Alexandrie qu’il était en train de construire. Le roi Ptolémée Lagos et ses successeurs y établirent une colonie de plus de 100 000 Juifs. Au temps des apôtres, 50 000 Juifs environ habitaient Rome. C’est en Babylonie et en Syrie orientale qu’ils étaient le mieux représentés. En Egypte, ils constituaient un huitième de toute la population et à peu près la moitié de la population d’Alexandrie, la capitale. Des cinq sections de la ville, deux étaient entièrement occupées par des Juifs, tandis que de nombreux autres occupaient les quartiers mixtes. Presque tout le commerce des céréales était entre leurs mains (cf. Actes 2 : 9-10).

3. Les prosélytes. — Par le moyen des Juifs dispersés, Israël commença à être connu des nations du monde. Les Gentils prenaient contact, en même temps, avec sa religion. Plusieurs se sentirent attirés par la foi simple et sublime en ce Dieu unique. Les Juifs, y compris les pharisiens, les « séparés» et les plus zélés représentants de leur nationalisme (Mat. 13 : 15), portaient au loin le travail missionnaire. Ceux qui avaient été gagnés recevaient l’appellation d’« additionnés » ou « ajoutés » (en grec: prosélytès – Actes 2 : 11; 8 : 26-40; 10 : 1-2). Un prosélyte à part entière était reçu dans le judaïsme par la circoncision et le baptême par immersion.

Partout, Paul s’associait à la diaspora juive (Actes 13 : 5, 14; 14 : 1; 17 : 1, 10; 18 : 4; 19 : 8). Sans la synagogue, le lieu juif de la prière (proseuché, Actes 16 : 13), l’activité d’évangélisation de l’apôtre eût été à peine concevable. Depuis l’époque d’Alexandre le Grand, les rapports mondiaux édifiaient ainsi la base d’une des méthodes les plus importantes du travail des premiers chrétiens dans la proclamation de l’Evangile.

4. Point de départ des voyages missionnaires de Paul. — Il y a plus. Paul devait certainement des remerciements indirects au monde juif de la diaspora. Ce fut grâce au service des Juifs de la diaspora, convertis à Chypre et à Cyrène, que naquit l’église chrétienne d’Antioche (Actes 11 : 20), tandis que les Juifs de la Palestine, manquant de contacts et de compréhension pour le monde non-juif, se cantonnaient à la proclamation de 1’Evangile aux Juifs et aux vrais prosélytes (Actes 15 : 1-6). Dans l’Antioche de Paul, centre de luxure et de péché de l’ancien monde, « cité des buveurs » comme devait l’appeler plus tard un des empereurs, là même, les disciples reçurent pour la première fois le nom de «chrétiens » (Actes 11 : 26). L’Antioche d’Antiochus, la petite « corne », antichrist du troisième empire mondial (Dan. 8 : 9-14 11: 21-45), devenait le point de départ de la mission mondiale du christianisme. Ironie du gouvernement divin de ce monde par Dieu (Ps. 2 4). Vraiment, la lumière luit dans les ténèbres (Jean 1 : 5).

5. La Bible de la mission mondiale. — Ce cours des idées devait atteindre son zénith dans la version des Septante. Les Juifs qui vivaient hors de Palestine oublièrent assez vite la langue hébraïco-araméenne. Après quelques générations, la nécessité d’une traduction grecque de la Bible juive se fit sentir pour les services de la synagogue. En quelques décades, une telle traduction devint réalité. Ce fut la Septuaginta. Cette version aurait été appelée ainsi (du latin) parce que, selon la tradition juive, elle aurait été l’œuvre de 72 scribes palestiniens qui y auraient travaillé 72 jours, séparés les uns des autres en 72 cellules, pendant les jours du roi Ptolémée II Philadelphe (284-246 avant Christ). En fait, elle fut l’œuvre de beaucoup de traducteurs et prit corps graduellement en Egypte (Alexandrie) entre 250 et 100 avant Christ. Il semble que la dernière partie à avoir été traduite soit le livre de l’Ecclésiaste (probablement pas avant le premier siècle avant notre ère)150. Cette version devint ensuite un moyen puissant entre les mains de Dieu pour préparer et poursuivre l’œuvre de la proclamation de l’Evangile par les premiers chrétiens. A travers elle, le monde des Gentils fut mis en contact avec la foi révélée du judaïsme. Paul et les autres prédicateurs de l’époque l’employèrent au cours de leurs voyages. En fait, c’est même des Septante que les auteurs du Nouveau Testament tirent leurs citations de l’Ancien Testament. Cette Bible originellement juive devint ainsi l’instrument missionnaire par excellence du christianisme primitif, ce qui explique pourquoi les Juifs dans leur opposition au christianisme, cessèrent de l’employer dès le second siècle.

IV. Paix mondiale

Cette paix mondiale fut un fruit particulier du gouvernement des Césars. Les Romains étant devenus seigneurs de toute la terre, les passions se modérèrent et l’on vit s’établir la très louée paix romaine ou « pax romana ». Quoique l’époque d’Auguste n’ait pas été entièrement exempte de toute guerre, le temple de Janus, dieu de la guerre, à Rome, pouvait enfin être fermé en l’an 29 avant Christ, après plus de deux cents ans de batailles ininterrompues (depuis 286). Tous les récits des efforts d’évangélisation dans le monde montrent le rôle que peut jouer la guerre ou la paix par rapport à l’activité missionnaire. Il est donc permis de dire que sur ce point-là aussi, le chemin était préparé pour l’Evangile.

V. Dégénérescence mondiale

Au point de vue moral, ce monde si magnifiquement civilisé portait en soi un germe de mort. Les flots d’or qui coulaient dans la capitale du monde, surtout depuis la victoire sur Annibal (202 avant Christ), conduisirent à une telle luxure que la souillure et la vulgarité levèrent bientôt la tête avec insolence. L’aristocratie et le prolétariat étaient les classes les plus dépravées. Selon les descriptions de Tacite, Suétone et Juvénal, on ne saurait trouver de peinture assez noire pour décrire la déchéance de la moralité dans l’aristocratie et parmi les officiers d’Etat les plus hauts placés. Débauche, gloutonnerie et licence étaient l’ordinaire, spécialement au milieu du premier siècle. Les classes les plus basses étaient tombées très bas, elles aussi. Dans les grandes villes helléniques, le manque de travail ruinait les masses. Panem et circense, du pain et des jeux. Telles étaient leurs revendications auprès du gouverneur. Le jour, ils flânaient paresseusement. Le soir, ils se rendaient à l’amphithéâtre, exutoire de la brutalité romaine. Si denses étaient les foules qui se rendaient aux combats de bêtes sauvages, aux combats de gladiateurs et autres jeux analogues, que les empereurs Vespasien et Titus durent faire construire à Rome le vaste amphithéâtre Flavien auquel on donna (au Moyen Age) le nom de Colisée (Colosseo), sans doute à cause de la statue colossale de Néron (colossus Néronis) dressée à proximité. Cet amphithéâtre comptait 55 000 sièges. Lors de sa dédicace, douze mille bêtes et dix mille gladiateurs périrent en un spectacle qui se renouvela cent vingt jours. Il en était autrement de la classe moyenne. Les papyrus témoignent que là se trouvait encore une certaine charpente de décorum, moralité, vie de famille et sentiments religieux. Par contre, on ne croyait plus guère aux divinités de la Grèce ou de l’Italie. La masse du peuple s’était tournée vers les dieux orientaux de l’est lointain qui gagnaient du terrain en grand nombre en ce temps-là.

VI. Mélange religieux mondial

Ce point représente donc le dernier trait caractéristique essentiel de la période de l’empire romain. Des communautés religieuses orientales, d’Egypte, de Perse, de Babylone et d’Asie-Mineure opéraient une réelle poussée et formaient des associations secrètes appelées « mystères ». On connut rarement époque aussi religieuse que celle de « l’accomplissement des temps ». De l’Egypte vint la vénération d’Isis et d’Osiris (Sérapis) ; de Perse sortit le culte de Mithra, surtout dans l’armée. A son côté était le culte de Cybèle d’Asie-Mineure, avec le service d’Attis. D’Orient était venue aussi la vénération de l’empereur.

De l’Orient venait une véritable migration de dieux et d’idoles, un amalgame et une fusion de religions et de cultes qui semblent bien avoir été uniques dans l’histoire humaine par sa confusion toute «babylonienne» de divinités ; dieux d’Etat, dieux grecs, dieux de l’Orient, religions et mystères mélangés, le tout se mariait toujours plus étroitement en une puissante rivière unique et colorée. Au point de vue religieux, l’est faisait la conquête de l’ouest. Rome donnait sa vénération à toutes les divinités souvent horriblement grotesques, insensément confuses et d’une fantaisie maladive. Ce monde méditerranéen tout entier ressemblait à une gigantesque marmite remplie de mixture. Un chaos religieux orientalo-occidental sans parallèle voyait le jour. Les anciennes religions étaient en banqueroute spirituelle. Mais, par là même, elles servaient de dessein de Dieu dans sa préparation du monde à la proclamation du salut.

1. Egalité des dieux. — Grâce aux relations internationales et à ce mélange des civilisations survenus depuis Alexandre le Grand, les peuples apprirent à se connaître mutuellement en même temps qu’ils entraient en contact avec la foi et l’adoration caractéristiques des uns et des autres. Une question allait se faire jour tout naturellement: Qui d’entre eux avait raison? Les Perses attestaient que Ahura Mazda était le dieu principal; les Grecs affirmaient que c’était Zeus. Pour les Romains, c’était Jupiter, pour les Babyloniens, Marduk, pour les Egyptiens, Ammon de Thèbes… Et si, par hasard, ils avaient tous également raison? Si tous ces dieux n’étaient en fait que des noms différents donnés à une même divinité? C’était au moins une solution très pragmatique. Ainsi s’établit une égalité internationale et innombrable de divinités. Avec le mélange et la fusion des opinions diverses sur la divinité s’étendait graduellement une conformité de cérémonial. On Vit poindre les premières tendances à l’harmonie des peuples sur les questions religieuses. L’idée d’un dieu à la tête de tous ces autres qui, jusque-là, prévalaient dans chaque pays isolément, gagna de plus en plus d’esprits. Les hommes imaginèrent un dieu principal commun dont tous les autres ne seraient en fait que révélations et manifestations individuelles. Sur le monde non-juif du  temps des empereurs, commençait ainsi à planer une croyance plus ou moins perceptible en un dieu. Nébuleuse et vague, avec tout ce qu’elle avait d’incertain, c’était pourtant déjà une foi centrée sur un Dieu, c’était déjà le pressentiment d’un vrai dieu des cieux et de la terre, encore «inconnu» mais que les messagers de l’Evangile allaient proclamer au monde (Actes 17 : 23).

2. Religions secrètes d’Orient. — Plus importante encore que cette identification de toutes les divinités fut l’activité missionnaire des religions de l’est en voie d’établissement. Que ces religions soient venues de l’est était en soi significatif au plus haut degré. Lorsque des maîtres religieux viendraient de l’Orient pour enseigner l’Occident, on ne s’en étonnerait pas et l’on prêterait l’oreille à leur message. De plus, la plupart de ces religions orientales avaient en commun l’idée fondamentale d’un dieu de la nature qui meurt et revient à la vie. Cela est si vrai qu’ils en étaient venus à déifier le dépérissement et la revivification du monde végétal ou bien encore le coucher et le lever du soleil, de la lune ou des étoiles 151. Ces diverses « foi » de l’Orient étaient évidemment édifiées sur une base totalement différente de celle du christianisme. Il est à peine utile de souligner tout ce qui oppose la déification de la nature ou encore l’interprétation mystique des mouvements des astres à la base sur laquelle repose l’Evangile, à savoir la révélation réelle de Dieu et les faits historiques de la mort littérale et de la résurrection tout aussi littérale du Rédempteur (I Cor. 15 : 18-19). Dans un sens pourtant, toutes les religions de la nature préparaient les Gentils à comprendre le message relatif à la mort de Jésus en croix et à sa résurrection.

Mais la question essentielle en tout cela est que ces religions étaient toutes des religions de la rédemption. Par là, elles répondaient à l’état d’esprit fait d’affliction et d’aspiration à quelque chose de transcendant qui caractérise la période des empereurs romains, comme c’est le cas, d’ailleurs, dans toute époque de décadence d’une civilisation quelconque. Dans les mystères de Mithra, cette fuite hors du monde évolua même vers le suicide de repentance.

3. Aspirations vers une rédemption. — Qu’une telle prise de conscience du besoin de rédemption s’éveille à ce moment précis, se justifie par la révolution effective opérée dans tous les domaines par la conquête du monde, les relations internationales et l’affaiblissement de la moralité. C’est en cela que nous percevons le mieux combien le monde gentil avait été préparé au message de l’Evangile et pourquoi la Bible dit que « les temps étaient enfin accomplis ».

L’ancien monde était centré sur le côté subjectif de l’univers, son propre côté. On n’y reconnaissait de réalité que le côté visible. L’autre côté était regardé comme chimérique et obscur. Sous cet angle, la pente de l’esprit humain allait du dedans vers le dehors, d’où le goût de l’architecture, de la sculpture, du décoratif, du drame, des spectacles, processions et marches triomphales. De là, aussi, la disparition de l’homme en tant qu’individu et personnalité libre au bénéfice de la nation dont il n’était plus qu’un simple « citoyen ». Maintenant tout changeait. Une transformation s’opérait qui allaite conduire du dehors vers le dedans, en même temps que de ce côté-ci vers ce côté-là. La conquête du monde méditerranéen par Rome, la mise à sac par ce conquérant des trésors trouvés, l’injustice, l’oppression des provinces, le matérialisme et l’immoralité des classes dirigeantes et inférieures associés au commerce et aux rapports mondiaux, ne pouvaient qu’amener finalement une réaction contre toute cette splendeur et cette frivolité extérieures, en même temps qu’un sentiment de déception et de vide dans le cœur de ceux qui gardaient encore quelque sens du noble et du vrai.

Or, si le bonheur ne peut se trouver de ce côté-ci, le regard le cherche naturellement avec d’autant plus d’instance de l’autre côté. Si la vie dans ce monde est mélancolique et sans joie, si la terre ne peut offrir le bonheur et les réalités profondes auxquelles l’âme ne renonce jamais tout à fait, alors, l’existence réelle et vraie, heureuse et pleine doit être là-haut. Aussi commença-t-on à considérer le corps comme la « prison» de l’âme, la mort comme la mise en liberté et une « naissance à l’éternité » comme le disait Sénèque152.

A ce changement du présent vers l’avenir se joignit un revirement de l’extérieur vers l’intérieur. Le visible avait failli, le regard allait donc se tourner vers l’invisible qui comprend l’intérieur, donc le cœur avec le conflit qui s’y est toujours livré entre le bien et le mal. L’introspection est souvent une triste déception. La conscience du péché augmenta surtout dans les IIe et IIIe siècles de notre ère, après les orgies du temps des premiers empereurs, en sorte qu’une attitude générale de pénitence gagna l’ensemble du monde méditerranéen. De plus, à ce revirement du visible et de l’extérieur vers l’invisible, et l’intérieur s’ajoutait une attirance nouvelle vers le transcendantal, le mystique. Le sentiment de déception né des expériences antérieures donnait à cette mystique un caractère de tristesse et de mélancolie parfois changée en horreur ou désir de fuir par auto-châtiment, mortification et même mutilation volontaire, dans le seul but de gagner la paix de l’âme. Cela explique que des dizaines de milliers de personnes se soient tournées vers les dieux de l’est qui promettaient à l’homme la délivrance désirée. Le contrôle de la vie et même de la mort devait être conquis dans l’existence individuelle. Cela, les religions orientales semblaient l’apporter. Les dieux de l’est n’étaient pas seulement la déification de la mort, mais la victorieuse conquête sur la mort d’une nouvelle vie sortant de la mort. Or l’homme fait partie de cette nature complexe qui sans cesse disparaît pour renaître à nouveau. La délivrance pour l’homme devait donc consister en une étroite association à la loi universelle. Cela signifiait dans la pensée des Gentils déifiant la nature, une union mystique avec le dieu de la nature mourant et revivant. Ce qui est ancien doit « mourir » — d’où les peines, mortifications ou tortures volontaires. Ce qui est nouveau doit « revenir à la vie » — d’où les repas sacrés, les degrés mystiques, les immersions, les initiations secrètes153. Victoire sur la mort, re-naissance, immortalité et bonheur éternel, tels étaient les bénédictions poursuivies par les religions à mystères de l’Orient. In aeternum renatus « né à nouveau pour toujours », était l’inscription courante employée sur la pierre tombale des dévots du dieu perse Mithra. « Soyez consolés, vous pieux. Car comme le dieu a été sauvé, ainsi serez-vous sauvés, vous aussi, de toute détresse ». Telle était l’une des formules religieuses de la religion d’Attis en Asie-Mineure.

4. L’attente des peuples. — Ces lointaines approximations répandaient cependant en cercles larges le pressentiment d’une pleine délivrance prête à être manifestée. Sous ce rapport aussi, les regards se tournaient vers l’est. C’est de là que l’aide viendrait. Les pressentiments s’habillaient souvent de vêtements païens. «Le cycle des saisons — ainsi disait-on — est complété. L’âge d’argent sort de l’âge d’or et de l’âge d’argent celui du fer. Maintenant que ce dernier a accompli sa course, le cycle va recommencer. Saturne, une fois de plus reprendra le pouvoir et l’âge d’or reviendra.

Jusqu’à un certain point, les pressentiments prirent une couleur juive. On peut d’ailleurs aisément retrouver leur origine dans le cadre des prophéties d’Israël. Suétone aussi bien que Tacite font mention d’une rumeur largement répandue d’après laquelle l’Orient devait devenir puissant et un courant considérable viendrait des Juifs154. Extrêmement digne de remarque est l’écho de ces pressentiments dans le quatrième chant du berger dû au poète romain Virgile, au premier siècle avant Christ. Là, le poète chante l’âge d’or qu’un enfant ramènera, venant des cieux. Alors la paix régnera sur la terre, les terres dispenseront leurs dons sans exiger le rude travail des hommes. Le bœuf ne craindra plus le lion et le joug sera ôté de dessus les bêtes qui labourent. Le vendangeur ne travaillera plus à la sueur de son front. Cela n’est rien d’autre que la prophétie israélite du royaume à venir (Es. 9 : 6 ; 11 : 6-7). Parmi les peuples du monde extérieur retentissait, pleinement perceptible, l’écho de la prophétie messianique.

Jusqu’à ce que, à la fin, venant de l’est, du lever du soleil, par la bouche de simples témoins, éclatât de plus en plus fort, la proclamation qui allait conquérir le monde:

Réconciliation pour l’humanité Salut pour tous les pécheurs,

Celui qu’Israël sciemment attendait

Celui que les peuples du monde, inconsciemment désiraient,

Le Christ est apparu!

Ainsi, toute l’histoire pré-chrétienne du salut est l’histoire de la manière dont l’humanité fut conduite vers le Rédempteur du monde. Le peuple d’Israël avait été préparé par la révélation, les peuples du monde, par les événements et le cours de la politique et de la civilisation.

L’Ancien Testament est promesse et attente, le Nouveau est réalisation et accomplissement. Dans l’Ancien Testament, les armées se rangent pour la bataille de Dieu. Dans le Nouveau éclate le triomphe du Crucifié. L’Ancien Testament est l’aube du matin, le Nouveau est le lever du soleil et l’apogée du jour éternel.

Notes

148 Spécialement Marius et Sylla, César et Pompée, Antoine et Octave (Auguste).

149 La septième et dernière étape est la chute déjà prédite par Balaam (Nomb. 24 24). Chute de l’empire d’Occident en 476 après Christ et chute do l’empire d’Orient en 1453.

150 A. Schiatter, Geschichte Israël von Alexander dem Grossen bis Hadrian, pp. 50-52. Cal. 1906.

151 Ainsi, par exemple, en Asie-Mineure, on célébrait au printemps (du 22 au 25 mars) la fête de la réanimation du dieu Attis, dieu de la nature. Au troisième jour de la fête, le grand prêtre annonçait au peuple que «Attis est revenu ; réjouissez-vous à sa parousie ». En Syrie, le printemps dépérissant en sécheresse de l’été était l’occasion d’un deuil, celui du dieu Tammus Adonis (Ez. 8 14-15). Du 13 au 16 novembre, quand le Nil baissait et que le blé était semé pour mourir. l’Egypte portait Je deuil du dieu du Nil, Osiris, et le 25 décembre, date approximative du solstice d’hiver, il y avait en Perse l’anniversaire du jour du réveil de Mithra, dieu soleil, de Baal, en Syrie et d’autres ailleurs. La Grèce avait des divinités similaires Dyonisos, Orphée et Hyacinthe. Tyr avait Melkhart, et Tarse, Sandan (voir Bröckner, Der Sterbende und Auferstehende Gott Heiland in den orientalischen Religionen. Tübingen, 1920).

152 Philosophe stoïcien, précepteur de Néron, frère de Gallion (Actes 18 : 12).

153 On peut citer par exemple l’horrible baptême de sang perpétré dans le «Taurobolium» des mystères de Cybèle en Asie-Mineure. L’initié était debout dans une fosse recouverte de planches. Sur celles-ci était immolé un taureau. Le sang coulait à flots par les interstices des planches sur la personne qui se tenait dessous.

154 Les deux historiens, écrivant en l’année 120 (après Christ) environ, rapportent que les anciens livres sacerdotaux contiennent des affirmations d’après lesquelles les descendants des Juifs saisiraient l’autorité du monde (voir Tacite, Hist. V. 13 et Suétone, Vesp. 4).


]]>
http://www.blogdei.com/12237/la-plenitude-des-temps-par-e-sauer/feed/ 4
Babel ou le Jugement sur l’Humanité, par E. Sauer http://www.blogdei.com/12109/babel-ou-le-jugement-sur-lhumanite-par-e-sauer/ http://www.blogdei.com/12109/babel-ou-le-jugement-sur-lhumanite-par-e-sauer/#comments Thu, 30 Dec 2010 13:10:11 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=12109

Le jugement de Babel pèse lourdement sur l’Humanité marquant toute histoire culturelle et spirituelle. En vain, le monde tente de le surmonter par ses propres forces.

I. Dispersion de l’Humanité dans l’histoire des temps primitifs

Selon l’Ecriture, trois motifs ont présidé à l’érection de la tour de Babel: l’orgueil, l’ambition et la détermination de demeurer ensemble.

Le jugement divin est triple, lui aussi. L’orgueil qui s’élève fut jugé par la descente du Seigneur (Gen. 11 : 4-5); la détermination de rester ensemble par la dispersion et la division; l’ambition par l’opprobre. La ville par laquelle ils voulaient se faire un «nom» (verset 4) devint précisément par son nom un symbole de ruine; Babel, c’est la « cité de confusion »78. Elle est bien la preuve de l’impotence du pécheur et de l’inutilité de toute rébellion contre Dieu79

II. La confusion du langage, une confusion de pensée

La confusion du langage à Babel est bien plus qu’une simple confusion de vocabulaire, de grammaire, de prononciation ou de phraséologie. Quel qu’ait été le langage originel, l’hébreu ou le syriaque, comme l’ont supposé rabbins et pères de l’Eglise, ou plutôt, ce qui semble être plus vraisemblable, aucune des anciennes langues connues de nous, il est certain qu’une communauté de langage incluait une profonde uniformité de vie mentale. Le langage est la manifestation phonétique du mental. La partie mentale de toute l’humanité a donc dû, dans un sens spécial, avoir été uniforme. La confusion du langage à Babel fut donc principalement une confusion des conceptions mentales fondamentales de l’humanité. A la place de l’unité originelle, par un acte de la puissance de Dieu agissant sur l’esprit humain, s’établit un clivage multiple dans la pensée, les sentiments, les projets (ou idées) des hommes et leurs conceptions.

« Le langage originel dans lequel Adam, au paradis, a nommé tous les animaux (Gen. 2 : 20) était, pour ainsi dire, comme un vaste miroir où la nature se reflétait fidèlement. Dieu a depuis lors brisé le miroir. Chaque peuple n’en a retenu que tel fragment, plus ou moins large. Chaque peuple ne voit ainsi qu’un morceau du tout, jamais la totalité. C’est ce qui explique les divergences qui opposent les conceptions des nations en ce qui concerne la religion, la philosophie, l’art, les sciences et l’histoire, opposition d’où naissent souvent de mutuelles contradictions.» (Bettex.) Tout cela entraîna nécessairement des conséquences ultérieures. La connaissance du monde étant perturbée, la connaissance de Dieu le fut aussi.

III. Dégénérescence de la foi et de la religion

Au commencement de l’histoire humaine, se trouve présente la foi dans le Dieu Un, reconnu dans la nature (Rom. 1 : 19-20), la conscience (Rom. 2 12-15) et l’histoire (Gen. 1-11). Le paganisme est une perversion de cette foi antérieure. Toute religion païenne a pour éléments fondamentaux : une déformation de la révélation originelle, une mauvaise interprétation de la révélation naturelle (Rom. 1 : 23) et un obscur conflit de l’âme avec la révélation de la conscience.

A travers la révélation universelle persiste néanmoins l’influence divine sur l’humanité. Dieu retient celle-ci, tel un puissant aimant. « Il n’est pas loin de chacun de nous» (Actes 17 : 27). Voulant réveiller en eux le désir de le chercher, Dieu cherche les hommes comme une mère cherche le cœur de son enfant afin qu’il la cherche en retour (« … afin qu’ils cherchassent le Seigneur et qu’ils s’efforçassent de le trouver », Actes 17 : 27). L’effort religieux, ou recherche de Dieu, remarquablement développé même parmi les peuples les plus païens, est l’œuvre de Dieu lui-même. La tragédie, c’est que Satan, le grand séducteur, a aiguillé cette recherche humaine dans une fausse direction, de telle sorte que l’homme fuie loin de Dieu, tout en le cherchant. C’est ce qui advint. L’homme poursuit la bénédiction mais évite la présence de son Créateur. Il ne veut rien avoir à faire avec lui et pourtant il ne peut se résoudre à se couper de lui.

L’apôtre Paul attribue cette désharmonie et cette dégénérescence religieuse au manque de reconnaissance, à l’ingratitude. Bien qu’ils sachent qu’il y a un Dieu, les hommes ne l’ont pas glorifié comme tel et ne lui ont pas rendu grâces. Ils sont devenus vains dans leurs pensées et leur cœur insensé est obscurci (Rom. 1 : 21). Certains éléments furent employés par l’action démoniaque pour conduire à cette transposition des valeurs dans la vie religieuse.

Il y eut tout d’abord  l’observation des songes. Au sein du rêve, quelque chose se « meut », «entend » et « voit », alors même que tous les membres du corps sont inactifs. Le fait que les morts y « apparaissent et prennent part » à l’action d’une certaine manière, ne prouvait-il pas leur survivance en qualité d’« esprits » ?

Vint ensuite l’observation de la mort. N’était-ce pas le moment où « l’âme », ce quelque chose d’invisible et d’intérieur, quitte le corps tandis que le moribond rend son dernier soupir? L’homme mort devient alors si tranquille! Cela ne prouvait-il pas qu’il n’y a aucun mouvement sans la volonté d’un « moi » intérieur, âme active, inspiratrice ? Or, dans la nature, tout est mouvement : plantes et bêtes, course des étoiles, tempêtes majestueuses, impétuosité des rivières, aimant mystérieux, étincelle jaillie des pierres que l’on heurte (silex). Cela ne manifestait-il pas irrésistiblement que des êtres puissants existent et agissent dans tous ces mouvements qui nous entourent? C’est ainsi que l’on en vint, semble-t-il, à considérer la nature comme animée par des esprits, et que «naquit la philosophie animiste, croyance en une nature animée par des esprits» (du latin anima = âme). Et comme l’homme ne connaissait pas d’autre « âme » que la sienne, il lui parut logique d’en attribuer les caractéristiques à ces esprits de la nature. D’autre part, comme ces esprits-nature correspondent à la puissance fracassante de leurs éléments, on ne pouvait les imaginer que comme des êtres d’une forme de vie plus intensive et plus haute. On leur attribua donc les caractéristiques humaines mais à un degré beaucoup plus élevé.

Il allait en résulter une relation inévitable entre démons et héros, relation par laquelle le démoniaque acquérait une personnalité à travers l’humain, tandis que l’héroïque, à travers le démoniaque, s’élevait au supra-humain, ce qui semble bien être l’essence de la conception païenne de Dieu. Ainsi le païen se créa un «dieu » à son image (cf. Gen. 1 : 27). Ici intervient le pouvoir du langage humain à former et développer des conceptions religieuses. C’est une particularité de l’esprit humain que d’établir côte-à-côte — involontairement et surtout inconsciemment — le matériel et le spirituel et de les immerger tous deux l’un dans l’autre. Le langage humanise les choses extérieures à l’homme — il parle d’un « riant » soleil, d’une « heureuse » chaleur — et inversement, introduit les choses externes dans l’humain — il parle alors d’amabilité « froide» ou de joie « rayonnante ». Avec plus de fantaisie encore, il parle des « flèches» du soleil (ses rayons), des «coups» de la lune (Ps. 121 : 6), des «fenêtres » des cieux (Mal. 3 : 10) ou des «paupières » de l’aurore (Job 3 : 9). Tant que l’homme s’en tint au côté pictural de ces figures de style, il en retira un enrichissement de l’esprit. Par contre, lorsque, assombri par le péché (Eph. 4 : 18; Rom. 1 : 21-22) et conduit dans l’égarement par les puissances démoniaques, il se mit à croire à la réalité de ces images, manteau fantaisiste des réalités, alors apparurent de nouvelles conceptions déifiantes du monde. Le langage devint ainsi un des principaux facteurs d’édification des religions païennes.

D’autres forces maîtresses ont coopéré à la formation ultérieure de la conception de la déité et spécialement à la formation de la mythologie (histoire des dieux). De leur nombre sont la peur ou le désir, la nécessité de la rétribution, la méditation sur les origines du monde et même la persistance des idées essentielles du folklore et des légendes des héros.

Le genre grammatical y joua aussi un rôle significatif; dans beaucoup de cas, il déterminait si la divinité correspondante était masculine ou féminine. Ceci permet de penser qu’il n’y a pas eu de paganisme purement national avant la diversification des langues et qu’il ne pouvait pas y en avoir. Alors même que des idées individuelles ont pu exister à l’époque antédiluvienne, à propos de fausses divinités de la nature, sur le plan national, le paganisme n’a eu de commencement qu’avec la dissémination de la race humaine adamique en nations séparées (Deut. 4 : 19 ; Rom. 1 : 18-32). Derrière tout cela, il faut cependant admettre l’opération démoniaque. Les divinités païennes ne sont pas uniquement le fruit de l’imagination. Selon le témoignage apostolique du Nouveau Testament, Apollon, Diane, Aphrodite et Ishtar (ou quelqu’autre nom qu’on leur donne) ne sont pas seulement l’intellectuelle personnification des puissances de la nature, ou le seul fruit de la fantaisie, mais encore, dans l’arrière-fond, d’une manière ou d’une autre, des puissances spirituelles démoniaques réellement existantes. Ces puissances, dans la ligne de l’inspiration occulte, se sont révélées elles-mêmes aux divers peuples, tantôt sous un vêtement mythologique de type national, tantôt sous forme d’images poétiques attrayantes, tantôt encore sous une forme monstrueuse. Comment, sans cela, le grand apôtre des Gentils aurait-il pu, par un recours  exprès au nom du Seigneur Jésus, chasser, à Philippes, l’esprit de Python de cette malheureuse femme dont parle Actes 16 : 16 ?80 Ou comment aurait-il pu affirmer que ce qu’offrent les païens, ils l’offrent à des esprits mauvais (I Cor. 10 : 20) ? On le voit, il y a un certain élément de vérité dans le polythéisme national. On peut penser, sous cet angle, aux princes angéliques de Perse et de Grèce cités au livre de Daniel (10 : 13, 20).

Le paganisme dans son ensemble ne repose pas seulement sur l’erreur et la tromperie, mais encore, et en même temps, sur une base spirite! C’est ainsi que les païens, sous l’influence des démons, sont devenus les « créateurs de leurs dieux »81.

«Dans sa religion, le païen exprime son impiété. Sa religion est le péché, transgression du premier commandement: les dieux mis à la place de Dieu» (P. Aithaus). « C’est la plus forte expression de l’opposition de l’homme contre Dieu et contre lui-même» (K. Barth) 82.

Et pourtant, des myriades d’hommes suivent ce faux chemin qui « draine » l’humanité depuis des siècles. «S’efforçant d’être sages, ils sont devenus fous » (Rom. 1 : 22). Ainsi le jugement sur Babel a eu des résultats immenses. La confusion de la pensée et des relations intellectuelles, due à la dispersion de l’humanité» a eu pour conséquence la confusion religieuse, de loin plus significative que la confusion du langage.

Politiquement aussi, ses effets furent des plus sérieux.

IV. La tension internationale

Depuis ce temps-là, l’histoire du monde est un conflit entre la force centripète des empires mondiaux et la force centrifuge des peuples individuels83. La force centripète des conquérants mondiaux contrecarrée par la force centrifuge des nations, tel a été l’aspect général de cette opposition réciproque, dont la forme la plus significative est la guerre. C’est pour cette raison que les guerres et les bruits de guerre se perpétueront jusqu’à ce que vienne le Seigneur (Mat. 24 : 6) 84.

La mesure dans laquelle les peuples peuvent être bénis dépend grandement85 de la manière dont elles observent les ordonnances divines de la création et de l’histoire (Jér. 18 : 7-9). Dans ce sens, il y a aussi des conversions de « nations entières» à Dieu par une repentance nationale (Jér. 18 : 7-8), ce dont témoigne, par exemple, le cas de Ninive au temps de Jonas.

Une nation est un organisme (Osée 11 : 1) et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle soit appelée un jour à rendre compte à Dieu comme telle, en tant qu’unité86. A travers les générations» elle vit une vie uniforme. C’est pourquoi les descendants sont participants des bénédictions ou des jugements qu’ont entraînés les œuvres de leurs ancêtres (voir par exemple Ez. 35 5-6).

Ainsi seulement s’explique la tension dramatique du monde entier, l’apparition et la chute des civilisations au sein du tourbillon des royaumes et des races87.

V. La rédemption, but de l’histoire du salut

La confusion du langage ne signifie pourtant pas que Dieu soit adversaire de toute union de la race humaine. Au contraire, la communion la plus étroite et la plus spirituelle est son vrai but pour l’humanité (Michée 4 : 1-4). Mais Il est lui-même le centre de l’unité qu’il souhaite. Elle est « en Christ », son Fils (Eph. 1 : 10; Jean 10 : 16; 17 : 21-22) désigné comme roi (Ps. 2 : 6; Zach. 14 : 9).

De son côté, l’homme a cherché à détrôner le Créateur afin de prendre lui-même le gouvernement en mains. Il a dressé toute son énergie charnelle comme un bastion opposé à la poursuite de l’œuvre de la rédemption. Il ne pouvait que s’écrouler. C’est pourquoi le bras de Dieu se montra pour disperser. Par la destruction de l’unité démoniaque et charnelle, l’unité vraie, divine, spirituelle, allait pouvoir s’effectuer. Un plein universalisme est le but final de l’abrogation de l’universalisme premier. En cela, le jugement de Babel était lui-même une grâce.

VI. Le triomphe final de Dieu

L’humanité lutte avec persévérance contre le plan de Dieu. L’esprit de la Babel révoltée et vaincue demeure actif tout au long des siècles. A la fin des temps, il semblera même avoir atteint son but, lorsque l’Antichrist parachèvera l’œuvre de Nimrod (Apoc. 13 : 7-8).

L’histoire de la ville de Babylone trouve

— son modèle = dans la ville de Caïn (Gen. 4:17);

— son symbole = dans la tour de Babel (Gen. 11);

— son principal développement = à travers Nébucadnetsar (Dan. 2:37-38);

— sa progression = l’histoire mondiale (Dan. 2,7)

— son accomplissement = sous le règne de l’Antichrist (Apoc. 13, 17);

— sa fin = par le triomphe du Christ (Apoc. 18-19).

Après l’Antichrist, le Christ, en effet, apparaîtra et gagnera la victoire (Apoc. 19 : 11-21) et l’« épouse» (Apoc. 21 : 9), la cité de Dieu qui descend des cieux, la nouvelle Jérusalem triomphera de la « prostituée », dernier assaut de Babylone contre les cieux (Apoc. 14:8; 17:1-18).

Notes :

78 Comparez « Babel» (Babbel) à l’hébreu balai qui signifie confondre, mélanger. L’orgueilleuse interprétation cunéiforme, d’après laquelle le « Bab-ilu babylonien » signifierait Portique de Dieu, est une interprétation étymologique assez populaire mais fort boiteuse. Les épellations Babl-ili et Bab-ilam sont connues et ne peuvent avoir rien à faire avec le babylonien ilu (correspondant à l’hébr. Et ou à l’arabe Allah = Dieu). Le Dr Pinches, assyriologue au Musée britannique de Londres, croit que le mot Babel est une onomatopée de même que «to Babbie» en anglais, habbeln en allemand ou balbutier en français.

79 Plus tard, la construction de tours devint une des caractéristiques de la culture du Proche-Orient. Par exemple, le code d’Hammourabi (vers 1900 avant Christ) dit: Il fit le sommet de la tour du temple d’An-na (Erech) élevé… ; il était la protection de son territoire, ramenant à nouveau ensemble les habitants dispersés de Isin ». A l’intérieur de l’aire de chaque cité babylonienne s’élevait une tour qui en formait le point central. Aujourd’hui encore s’élèvent les ruines d’une tour géante à Babylone, le Birs Nimrod. Dans les anciennes inscriptions cunéiformes relatives à sa rénovation, il est dit plus d’une fois que son sommet devait toucher aux cieux. Nébucadnetsar suréleva le sommet de la tour à gradins d’Etemenanki de telle sorte qu’il rivalise avec le ciel ».

80 Python était un des titres employés pour désigner ceux qui délivraient les oracles au temple d’Apollon. A Delphes — le plus important temple et oracle d’Apollon — gouvernait en qualité de chef prêtresse la «Pythia» (ou médium). Cf. le médium d’En-Dor (pythonisse) en I Sam. 28 : 7-8 et Lév. 20 : 27 (« esprit »).

81 A la variété des caractères nationaux correspond une variété égale de maximes religieuses et d’idéaux moraux. Le Grec dit : « Homme, connais-toi toi-même». – Le Romain dit : «Homme, gouverne-toi toi-même ». – Le Chinois dit : «Homme, éprouve-toi toi-même ». – Le bouddhiste dit: «Homme, annihile-toi toi-même ». – Le brahmane dit : «Homme, plonge-toi dans la somme universelle de tout ». – Le musulman dit: «Homme, soumets-toi toi-même s. – Mais le Christ dit : «Sans moi, vous ne pouvez rien faire », tandis qu’en Lui, le chrétien dit : «Je puis tout par Christ qui me fortifie » (Phil. 4 : 13).

82 Mais, malgré tout ce qui le défigure, le faux dieu est encore une caricature du seul vrai Dieu. Dans ses religions diverses, l’homme fuit loin de Dieu mais, maintenu par lui, il ne peut, même en sa fuite, se libérer de l’idée de Dieu. Jusque dans sa négation, il doit rendre témoignage de lui. Dans le paganisme, vérité et erreur, dignité et indignité ne se situent pas seulement l’un à côté de l’autre, mais l’un dans l’autre. C’est pour cela que 1’Evangile brise les religions et en prononce le jugement en ce qu’elles sont mensonge et péché, mais les rachète et les accomplit en les ramenant à la vérité originelle dont elles dérivent et dont elles témoignent à leur manière.

83 Représentatifs des forces centripètes sont, par exemple: Nébucadnetsar, Cyrus, Alexandre le Grand, Napoléon et Hitler. Représentatifs des forces centrifuges les vainqueurs de Marathon, Arminius, Gandhi et, en général, tout soulèvement national ou guerre pour la liberté.

84 Il serait cependant erroné de considérer la dispersion à Babel comme étant l’origine de la formation des nations comme telles. C’est la séparation des nations en ce qui concerne l’esprit, la religion, la langue et la politique qui constitue le fruit réel de ce jugement divin. Il y aura des nations jusque sur la nouvelle terre (Apoc. 21 24 ; 22 : 2). Mais elles représenteront la diversité dans l’unité et formeront une famille de peuples.

85 Il reste, naturellement, là aussi, bien des secrets dans le gouvernement divin. Il suffit de penser, par exemple, au peuple arménien.

86 Les prophètes adressent leurs appels aux peuples en tant qu’entités, par exemple Amos 1 : 2; Es. 18-23; Jér. 46-51.

87 Les ordonnances divines dans la création, l’histoire et la providence sont: Mariage et famille comme premiers germes du tout. – Statut social (I Pierre 2 : 13- 14, 18; Eph. 6:5-9; Col. 3:22; 4:1; I Cor. 7:20). – Communauté de sang (Rom. 9 : 8), d’histoire, de mentalité, d’éducation et de coutumes. – Gouvernement (Rom. 13: 1-6 ; I Pierre 2 : 13) ; depuis Noé (Gen. 9 : 6). – Autorité (I Pierre 2 : 17; Rom. 13 7) et obéissance (Rom. 18 : 5). – Vie communautaire et administration de la justice avec peine de mort (Gen. 9 : 6 ; Rom. 13 : 4). – Frontières déterminées par Dieu (Actes 17 : 26). – Amour de la patrie et de son propre peuple (Rom. 9 : 8). – Respect des autres nations.

Extrait de

 » l’Aube de la rédemption »

]]>
http://www.blogdei.com/12109/babel-ou-le-jugement-sur-lhumanite-par-e-sauer/feed/ 3
Obama est-il vraiment l’Antéchrist… ou l’histoire d’une propagande? http://www.blogdei.com/10877/obama-est-il-vraiment-lantechrist-ou-lhistoire-dune-propagande/ http://www.blogdei.com/10877/obama-est-il-vraiment-lantechrist-ou-lhistoire-dune-propagande/#comments Fri, 01 Oct 2010 09:04:28 +0000 colibri http://www.blogdei.com/?p=10877

Slate.fr

Barack Hussein Obama a 18 lettres dans son nom. Ce qui fait 6+6+6, ou 666. Pigé?

Une proportion non négligeable d’Américains pense qu’Obama est l’Antéchrist. Un sondage réalisé dans le New Jersey montre que pas moins d’une personne sur cinq croit à cette théorie. Un nombre similaire d’individus est convaincu de la véracité d’autres hypothèses folles, y compris celles voulant qu’Obama soit musulman, étranger, et socialiste.

En général, quand on veut montrer à des gens que leurs croyances sont fausses, on leur fournit des informations exactes. Voici donc, par exemple, l’acte de naissance d’Obama. Des centaines de sites web ont publié cette preuve de la naissance aux États-Unis d’Obama, mais l’incrédulité demeure. Pourquoi donc?

la suite

]]>
http://www.blogdei.com/10877/obama-est-il-vraiment-lantechrist-ou-lhistoire-dune-propagande/feed/ 17
La plus grande horloge du monde veut remplacer l’heure de Greenwich par l’heure de La Mecque : L’accomplissement de la prophétie de Daniel? http://www.blogdei.com/10236/la-plus-grande-horloge-du-monde-veut-remplacer-lheure-de-greenwich-par-lheure-de-la-mecque-laccomplissement-de-la-prophetie-de-daniel/ http://www.blogdei.com/10236/la-plus-grande-horloge-du-monde-veut-remplacer-lheure-de-greenwich-par-lheure-de-la-mecque-laccomplissement-de-la-prophetie-de-daniel/#comments Sat, 14 Aug 2010 22:42:12 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/?p=10236

Le Parisien

NDLR: Se peut-il que l’Islam soit cette 4e bête de Daniel 7 v.23 et que nous assistions avec cette le lancement le premier jour du ramadan 2010 et cette tentative de redéfinition de l’heure mondiale (Maccah Mean Time à la place de Greenwich Mean Time) et de la Loi (avec la Charia) à l’accomplissement de ce verset de Daniel 7:25: « Il prononcera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très Haut, et il espérera changer les temps et la loi; et les saints seront livrés entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitié d’un temps… » Cette gigantesque pendule, 6 fois plus grosse que Big Ben ne ressemble pas à un signe anodin.

La Mecque veut remettre les pendules à l’heure. Depuis plusieurs mois, 250 ouvriers musulmans sont à pied d’oeuvre pour la construction d’une horloge géante, qui dominera la Grande mosquée du haut d’une tour en plein coeur de la ville Sainte.

Un projet architectural complètement pharaonique, qui, une fois achevé, permettra à des millions de fidèles du monde entier de régler leurs montres… à l’heure de la Mecque. «La vraie», affirment certains religieux musulmans, qui, arguments «scientifiques» à l’appui, ont décrété que l’heure de La Mecque était le véritable temps moyen par rapport à celui de Greenwich…

>>> lire la suite

]]>
http://www.blogdei.com/10236/la-plus-grande-horloge-du-monde-veut-remplacer-lheure-de-greenwich-par-lheure-de-la-mecque-laccomplissement-de-la-prophetie-de-daniel/feed/ 37
Remous autour du festival de l’enfer « Hellfest »: Signez la pétition en ligne http://www.blogdei.com/8270/remous-autour-du-festival-de-lenfer/ http://www.blogdei.com/8270/remous-autour-du-festival-de-lenfer/#comments Thu, 20 May 2010 17:02:49 +0000 Bible http://www.blogdei.com/?p=8270

Catholiques en Campagne

Une pétition pour demander l’interdiction du festival Hellfest

Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire, Monsieur le Procureur,

Vous avez le devoir et le pouvoir de faire respecter l’ordre public en Loire-Atlantique où est prévue les 18, 19 et 20 juin 2010 à Clisson la tenue du «Hellfest», littéralement « Le Festival de l’Enfer ».

Ce festival accueille des groupes vociférant des paroles appelant à la haine voire au meurtre des chrétiens (voir ici).

Nous affirmons que ces véritables incitations à la haine ne peuvent être considérées comme de simples paroles de chansons inoffensives. C’est pourquoi, nous vous demandons l’interdiction de cette manifestation, ou au moins l’interdiction de se produire pour les groupes les plus violents et les plus dangereux.

Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire, Monsieur le Procureur, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Lire ici

à lire aussi à ce sujet :

Un prêtre passionné de musique métal défend le hellfest (festival de l’enfer)

]]>
http://www.blogdei.com/8270/remous-autour-du-festival-de-lenfer/feed/ 20
Pour 24% des Républicains, Obama est l’Antéchrist http://www.blogdei.com/7105/pour-24-des-republicains-obama-est-lantechrist/ http://www.blogdei.com/7105/pour-24-des-republicains-obama-est-lantechrist/#comments Fri, 26 Mar 2010 05:54:52 +0000 christian PF http://www.blogdei.com/?p=7105

Le Figaro

Ndlr: à ne pas manquer, les commentaires de nos compatriotes.

Un sondage fait état d’opinions pour le moins extrêmes sur le président américain. Ainsi, 45% des Républicains interrogés le voient comme un «ennemi de l’intérieur».

La diabolisation de Barack Obama continue. Un an après la prise de fonction du président américain, l’Institut de sondages Harris * est allé voir du côté des Républicains ce qu’ils pensaient du président démocrate. Les résultats sont édifiants: 67% d’entre eux le voient comme un «socialiste» (qualificatif peu élogieux Outre-Atlantique), 57% comme un musulman, et 42% comme un raciste.

Des résultats qui en deviennent presque inquiétants pour Obama, au fur et à mesure du sondage: 38% des Républicains interrogés pensent qu’il «agit comme l’avait fait Hitler», et 24% voient en lui l’Antéchrist, cette figure d’imposteur maléfique de l’eschatologie chrétienne, qui ramène invariablement à la fin du monde. On se souvient qu’un spot de campagne de John McCain avait déjà joué sur cette comparaison, avant l’élection de Barack Obama.

>>> lire la suite

]]>
http://www.blogdei.com/7105/pour-24-des-republicains-obama-est-lantechrist/feed/ 14
L’Anti-Christ dévoilé, par Richard Bennett http://www.blogdei.com/4256/lanti-christ-devoile-par-richard-bennett/ http://www.blogdei.com/4256/lanti-christ-devoile-par-richard-bennett/#comments Mon, 03 Nov 2008 08:53:29 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/wordpress/?p=4256 blogdei/BereanBeacon.org

]]>

blogdei/BereanBeacon.org

La première encyclique du pape Benoît XVI, présentée au monde en janvier 2006, s’intitule « Dieu est Amour ». C’est un texte qui trahit la nature même de Dieu et le sens de notre relation à lui. Examiné à la lumière de la Bible, il permet de comprendre qui est Benoît XVI. Ses propres déclarations font de lui le maillon le plus récent d’une longue lignée personnifiant l’Anti-Christ. Or les Écritures décrivent prophétiquement l’iniquité d’un homme qui corrompra le concept biblique de Dieu, et ira jusqu’à tordre l’Évangile de la grâce.

La Bible annonce « le mystère de l’iniquité » qui se réalise dans « l’homme impie ». L’apostasie aboutissant aux « séductions de l’iniquité » est pétrie d’hypocrisie et de tromperie derrière une façade de justice et de sainteté. Ce même Benoît XVI qui s’attribue les titres de « Saint Père » et de « Vicaire de Christ » correspond en tous points à la définition que donne de l’Anti-Christ l’apôtre Jean : « Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’Anti-Christ, qui nie le Père et le Fils » (1 Jean 2:22). En effet, en s’attribuant ces titres, le Pontife ne fait rien de moins que nier le Père et le Fils.

Le 5 septembre 2000, alors qu’il était encore le Cardinal Ratzinger, ce même homme proclama avec une entière assurance que « la plénitude de grâce et de vérité du Seigneur Jésus-Christ … a été confiée seulement à l’Église catholique » (1). Le pape s’arroge ainsi des prérogatives divines tout en s’élevant contre Christ par ses paroles : en effet Christ seul est « plein de grâce et de vérité ». Les Écritures proclament que l’homme doit mettre sa foi dans le Seigneur Jésus-Christ et en lui seul, car c’est de lui que viennent « l’abondance de la grâce et du don de la justice » (Romains 5:17). Cette déclaration récente émanant de Rome se dresse contre le Seigneur : « L’Église affirme que pour les croyants les sacrements de la Nouvelle Alliance sont nécessaires au salut. La ‘grâce sacramentelle’ est la grâce de l’Esprit Saint donnée par le Christ et propre à chaque sacrement » (2). Ce que le Catéchisme ne dit pas, c’est que les sacrements physiques de Rome, sur lesquels le pape conserve la mainmise et qu’il déclare indispensables, occupent la place du Seigneur de gloire et de son Évangile. Dans l’Église romaine, la bulle « Unam Sanctam » n’a jamais cessé d’être en vigueur ; elle l’est encore aujourd’hui : « Il est de nécessité de salut de croire que toute créature humaine est soumise au pontife romain : nous le déclarons, l’énonçons et le définissons » (3). Cette imposture papale pousse le fidèle à dépendre de ces sacrements physiques et non à mettre sa foi directement dans le Seigneur Jésus-Christ. Subtilement, elle détourne la foi de la personne de Christ vers des signes auxquels elle attribue une puissance (4). En présence de pareilles revendications, le chrétien doit se livrer à une réflexion rigoureuse et se demander si la fonction papale ne constitue pas cette lignée humaine que les Écritures appellent « l’homme impie, ou l’homme de péché » : en effet la papauté ne revendique-t-elle pas pour le Pontife le titre de « Vicaire de Christ » ?

Un seul Seigneur, un seul Père saint

L’Église de Rome enseigne formellement que son Souverain Pontife a pleinement droit aux titres de « Saint Père » (5) et de « Très saint Pontife romain ». Ces titres et ce statut font injure au Seigneur Jésus-Christ et au Père Saint qui est dans les cieux. Cette arrogance transgresse directement la Loi de la Nouvelle Alliance de Christ : « Et n’appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux » (Matthieu 23:9). Le Christ Jésus proclame : « Un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères » (Matthieu 23:8). En se déclarant « très saint », « saint Père », «Vicaire véritable de Christ », le pape fait sienne la revendication que rapporte Esaïe 14:14 : « Je serai semblable au Très-Haut ». Selon les Écritures, il y en a un « qui nie le Père et le Fils » : en effet il s’attribue les titres de l’un et de l’autre. Ces mêmes Écritures proclament : « Qui ne te craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car seul tu es saint. Et toutes les nations viendront, et t’adoreront… » (Apocalypse 15:4).

Origines de l’Anti-Christ dans l’histoire

Tout au long de l’histoire, les circonstances entourant la venue de Christ et la nature du Seigneur correspondaient si parfaitement aux prophéties à son sujet, que lorsqu’il parut, ceux qui appartenaient à Dieu acclamèrent son Nom. De même, le troupeau de Christ fut reconnaissant de ce qu’il avait décrit l’Anti-Christ avec tant de clarté.

Jésus-Christ lui-même confirma que quelqu’un assumerait le rôle de l’Anti-Christ : « Car le prince du monde vient » (Jean 14:30). Il dit aussi : « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez » (Jean 5:43). À la suite de son Maître, le disciple bien-aimé, Jean, dit très explicitement : « Vous avez appris qu’un anti-christ vient » (6). Jean affirme là que s’il est vrai qu’il y avait alors « plusieurs anti-christs », ces forces d’opposition seraient un jour réunies en une entité unique.

N’en déplaise à une croyance populaire erronée, les papes ne sont pas les successeurs de l’apôtre Pierre. En revanche, ils sont bien les successeurs de l’Empereur romain. L’histoire démontre que l’Empereur Justinien attribua officiellement le titre de « Souverain Pontife, ou Grand Prêtre Suprême » à l’évêque de Rome au sixième siècle (7). La fonction de « Souverain Pontife » existe maintenant depuis près de 1500 ans dans l’Église catholique romaine, et elle provient d’une source profane et apostate. La Bible, au contraire, proclame qu’il y a un seul Souverain Prêtre, le Seigneur Jésus-Christ, désigné par Dieu. Justinien, un empereur païen, confia à l’évêque de l’Église de Rome la gouvernance universelle de tout le monde chrétien. Dès lors, on appela « pape » l’évêque de l’Église romaine, car il était devenu le chef spirituel de l’Empire païen de Rome. À lui seul, ce fait historique a déjà suffisamment de poids pour montrer clairement où se trouve l’Anti-Christ.

La nuée des témoins dans l’histoire du christianisme

Dès le début des persécutions, et tout au long des six siècles de l’Inquisition, les Vaudois, les Lollards, les chrétiens de Bohême et les adeptes de la Réforme comprirent clairement non seulement le rôle de Christ, mais encore celui de sa contrefaçon, l’Anti-Christ. Nombre d’entre eux subirent le martyre : leur conviction d’avoir à tenir face à l’Anti-Christ les remplissait de zèle et de courage. Aujourd’hui il est « spirituellement correct » de déclarer qu’on ignore l’identité de l’Anti-Christ. Mais à l’heure où le mouvement œcuménique prend de l’ampleur, il est capital de revenir à une compréhension biblique des prophéties scripturaires, car elles continuent de s’accomplir dans l’histoire et ne doivent pas être renvoyées à quelque période cataclysmique future.

Les chrétiens bibliques d’autrefois reconnaissaient l’Anti-Christ dans l’institution catholique romaine. Même au moyen âge, cette identité était explicitement reconnue par Dante Alighieri, John Wycliffe, Jean Hus et Savonarole, entre autres ; au temps de la Réforme, par Martin Luther, William Tyndale, Jean Calvin, Thomas Cranmer, Hugh Latimer, Nicholas Ridley, John Bradford et John Foxe ; au 17e et au 18e siècles, par John Bunyan, par les traducteurs de la Bible de 1611, par les auteurs des Confessions de foi de Westminster et de 1689 ; par Isaac Newton, Jonathan Edwards, George Whitefield, et John Wesley ; et plus près de nous, par Charles H. Spurgeon, l’évêque J.C. Ryle, et Martyn Lloyd-Jones. Tous ces hommes, et bien d’autres encore, voyaient avec quelle précision les Écritures parlent de Christ comme de l’Anti-Christ. La Parole écrite s’est accomplie dans l’histoire, tant par les événements ténébreux que par les événements lumineux. Les faits historiques adhèrent à la prophétie tout comme un gant de fine soie qui vient recouvrir une main. Oui, de nos jours, il est « spirituellement correct » de s’abstenir de parler de l’Anti-Christ, si ce n’est pour le renvoyer à un scénario futuriste impossible à examiner puisqu’il n’a pas encore eu lieu. Voilà une application du « principe de tolérance » contemporain, qui a presque réussi à faire oublier le tranchant, la précision, et la fulgurance de cette épée qu’est la Parole biblique. Cette tolérance veut qu’on s’abstienne d’appliquer à l’histoire les avertissements de Christ et de ses apôtres Jean et Paul ; on les applique au contraire à un futur chef politique des temps de la fin. De nombreux enseignements bibliques actuels parlent de l’Anti-Christ comme d’un leader politique à venir, c’est vrai : mais l’Anti-Christ biblique est avant tout un apostat qui ne tire son pouvoir politique que du siège de sa puissance apostate. Cette description s’applique parfaitement au pape catholique romain dans sa fonction pontificale. Nous allons évoquer plus particulièrement 2 Thessaloniciens 2:3-12, l’un des nombreux passages qui dévoilent l’Anti-Christ ; et il peut aussi servir d’introduction à d’autres textes.

L’homme de péché se manifeste

L’apôtre dit on ne peut plus clairement : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vue paraître l’homme impie, le fils de la perdition… » (2 Thessaloniciens 2:3). Cet homme impie semble paraître à la suite de l’apostasie. De toute évidence, une apostasie devait survenir sur une vaste échelle et conduire à l’émergence de l’homme impie. L’apostasie se produit forcément dans l’Église de Dieu, puisqu’elle consiste en un éloignement de la vérité. L’embryon d’iniquité qui allait engendrer l’apostasie menant à la manifestation de l’homme impie était déjà à l’œuvre au temps de l’apôtre, car celui-ci dit : « le mystère de l’iniquité agit déjà » (verset 7). Ailleurs l’Écriture parle du « mystère de la piété » (1 Timothée 3 :16). La première Épître aux Thessaloniciens parle de sa contrepartie qui est « le mystère de l’iniquité », c’est-à-dire l’apparition de l’homme impie, du fils de la perdition. De cette apostasie viennent « toutes les séductions de l’iniquité » (verset 10). Elle se caractérise moins par une franche hostilité que par l’hypocrisie et la tromperie, mais aux yeux du monde elle a les apparences de la droiture et de la sainteté. Par définition, l’apostasie est duplicité, fausseté, abandon du véritable Évangile et de la piété véritable.

« Celui qui » et « ce qui » retient l’homme impie (versets 3, 6, 7)

Un facteur retenait et retardait l’apparition de l’homme impie, « un retenant » l’empêchait encore d’émerger. Remarquez qu’au verset 6 nous avons un pronom neutre (ce qui) renvoyant à une chose, et au verset 7 un pronom masculin (celui qui) renvoyant à une personne. Remarquez aussi la réserve inhabituelle de l’apôtre qui n’explicite pas l’identité de ce « retenant », tout en ayant l’assurance que les Thessaloniciens comprendraient sa pensée quand il écrit : « Et maintenant vous savez ce qui le retient ». Pour la compréhension de ce passage, le contexte historique est essentiel : or il est mentionné dans Actes 17:1-10. Ce passage explique les événements qui survinrent pendant le séjour de Paul à Thessalonique. À ce moment-là, les Juifs avaient porté contre Paul et Silas des accusations politiques : « Ils agissent tous contre les édits de César, disant qu’il y a un autre roi, Jésus » (verset 7). Le motif n’était pas religieux, mais politique, car on leur reprochait de se dresser contre César, c’est-à-dire contre l’Empire romain. Pour l’apôtre et pour les Thessaloniciens, le chef d’accusation était clair. Si l’apôtre avait écrit que « le retenant » était l’Empire romain, on aurait pu l’accuser de fomenter une révolte politique. Le « ce que » du verset 6 et le « qui » du verset 7 montrent clairement aux Thessaloniciens que Paul désignait d’abord l’Empire romain, ensuite l’empereur. Par la providence de Dieu, pendant un temps, l’Empire romain et l’empereur ont empêché l’homme impie d’apparaître.

On comprend donc à quel moment l’homme de péché apparaîtra, quand on replace tout le passage (versets 1 à 12) dans son contexte. L’homme impie que Paul évoque apparaîtra quand sera ôté « celui qui le retient » (v. 7). Dans le verset précédent, Paul rappelle aux Thessaloniciens « ce qui le retient ». Quel était cet élément bien connu des Thessaloniciens ? Pour eux, Rome, et Rome seule avait la possibilité de « retenir » toutes choses et tout un chacun. Nous avons aussi la preuve que c’était là l’interprétation de Tertullien et de Jérôme (8). L’histoire n’a pas manqué d’accomplir ce que l’Écriture avait affirmé. D’abord, l’Empereur Constantin transféra le siège de l’Empire à Constantinople. Des évêques romains assoiffés de pouvoir trouvèrent ainsi des occasions favorables. L’Empire tomba en raison de sa corruption interne et des pressions extérieures. C’est seulement après la chute de l’Empire romain que la papauté se mit à dominer sur les pouvoirs civils, et que l’homme impie put se manifester. Lorsque la papauté se fut emparée du pouvoir civil et religieux qui pendant des siècles avait appartenu à l’Empire, alors l’Anti-Christ se manifesta, et les Vaudois, entre autres, le reconnurent. Dans toute l’histoire, il est difficile de désigner une autre série d’événements correspondant avec autant de précision à une prophétie.

Le lieu où paraît l’homme impie

L’apôtre précise le lieu où paraîtra l’homme impie, « lequel s’oppose et s’élève contre tout ce qui est nommé Dieu, ou qu’on adore, jusques à être assis comme Dieu au temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu » (verset 4, tr. Martin). C’est dans le « temple de Dieu » qu’il paraît. Or l’apôtre utilise constamment le mot « temple » pour décrire le peuple de Dieu. Par exemple : « Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes » (1 Corinthiens 3 :17). On voit donc que l’homme impie est sorti du peuple de Dieu, suite à l’apostasie mentionnée dans 2 Thessaloniciens 2 :3.

« Se proclamant lui-même Dieu »

L’autorité et la véracité de la Parole écrite de Dieu sont telles que l’Écriture dit : « Tu as magnifié ta parole au-dessus de toute ta renommée » (Psaume 138:2, Tr. Martin). Le Seigneur Jésus-Christ dit : « L’Écriture ne peut être anéantie » (Jean 10:35), parlant de l’autorité absolue de la parole écrite de Dieu, magnifiée « au-dessus de toute renommée ». Bien peu nombreux sont ceux qui s’en rendent compte, mais la papauté revendique et pratique 2 Thessaloniciens 2:4 : les sources catholiques elles-mêmes en témoignent. Le verset 4 évoque celui qui va jusqu’à « être assis comme Dieu dans le temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu ». L’enseignement et la pratique catholiques exigent qu’on appelle le pape « Sa Sainteté » : mais c’est là un titre auquel Dieu seul peut prétendre. Dieu est le seul être dont la nature même soit sainte. En même temps qu’elle appelle le pape « Sa Sainteté », l’Église catholique revendique pour lui les attributs divins suivants : « Le Pontife Suprême, en vertu de sa charge, jouit de l’infaillibilité dans le magistère lorsque, comme Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles auquel il appartient de confirmer ses frères dans la foi, il proclame par un acte décisif une doctrine à tenir sur la foi ou les mœurs » (9). Revendiquer « l’infaillibilité dans le magistère », c’est s’approprier l’infaillibilité qui appartient exclusivement à Dieu. Ainsi ce texte officiel de Rome élève le pape « au dessus de tout ce qui est nommé Dieu » (10).

De même, la justice qui appartient de plein droit au Christ Jésus après sa résurrection lui donne « tout pouvoir…au ciel et sur la terre » (Matthieu 28:18). Mais voici la formulation officielle de ce que revendique le pape : « Le Pape jouit, par institution divine, du pouvoir suprême, plénier, immédiat, universel pour la charge des âmes » (11). Une fois de plus, en cherchant à s’approprier un pouvoir qui appartient exclusivement au Seigneur Jésus-Christ, le pape s’élève « au-dessus de tout ce qui est nommé Dieu ». Réfléchissons un peu : combien d’infidélités conjugales faut-il pour qu’on puisse légitimement parler d’adultère ? Combien de blasphèmes officiels faut-il pour que celui qui se donne le titre de « Sa Sainteté » soit reconnu, comme il se doit, comme étant « l’homme impie » ?

Pour de multiples raisons, et apparemment sans que cela la fasse trembler le moins du monde, la papauté catholique romaine correspond pleinement à la définition de l’Anti-Christ donnée par la 2e Épître aux Thessaloniciens. Remarquons bien que le terme grec traduit par « Anti-Christ » ne signifie pas seulement « celui qui s’oppose à Christ », mais plus particulièrement « celui qui se substitue à Christ ». Incontestablement l’un et l’autre de ces deux sens s’appliquent à la papauté, qui cherche à usurper la puissance de Christ, et sa situation de Prophète, de Prêtre, et de Roi. Le « pouvoir suprême et plénier » appartient exclusivement à l’Homme Dieu, au Christ Jésus, qui agit en toute liberté, comme il veut, sur tous les membres de son Église. C’est ce qu’affirme Éphésiens 1:22-23 : « Il Dieu a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. »

L’Église catholique romaine prétend s’approprier ces prérogatives divines, comme l’affirme son Catéchisme : « Le Pontife romain a sur l’Église, en vertu de sa charge de Vicaire de Christ et de Pasteur de toute l’Église, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer » (12). Le pape se fait par là le pire et le plus grand ennemi de Christ, car tout en prétendant servir le Seigneur, il sape présomptueusement ses prérogatives en usurpant avec subtilité sa position et sa puissance.

Dans l’Église romaine, l’iniquité a pris des proportions si effrayantes qu’il existe beaucoup plus de preuves qu’on ne peut en citer. Les convictions quant à la nature de cette Église apostate sont données par la Parole de Dieu ; et les maux actuels montrent bien que le mystère de l’iniquité est à l’œuvre.

Une capitulation de l’intellect et de la volonté

La loi romaine exige la soumission de l’intellect et de la volonté à celui qui « …se fait passer pour Dieu ». La loi officielle de l’Église catholique romaine stipule qu’il est nécessaire de soumettre ses facultés les plus élevées, c’est-à-dire sa pensée et sa volonté, non à Dieu lui-même, mais au Pontife romain : « Ce n’est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté qu’il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi et de mœurs, même s’ils n’ont pas l’intention de la proclamer par un acte décisif ; les fidèles veilleront donc à éviter tout ce qui ne concorde pas avec cette doctrine » (13). À cette revendication, Rome en ajoute une autre au Canon 1371 : la conséquence, pour celui qui n’obéit pas, est d’être « puni d’une juste peine » (14).

Avoir la présomption de prendre la place de Christ lui-même, qui est le Prophète, le Prêtre, et le Roi, et prétendre ensuite agir en son Nom, c’est manifestement « être assis comme Dieu dans le temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu ». C’est bien ce que revendique Rome, et ses propres documents le prouvent. Le Code de Droit canonique confirme cette revendication, en exigeant la soumission et en promettant un châtiment à ceux qui n’obéissent pas.

L’objectif et les intentions de l’homme impie

Pour qualifier les actes de l’homme impie, l’apôtre Paul semble employer à dessein des termes qui s’appliquent habituellement à Christ : il est question de son « apparition », et d’un « mystère ». On voit donc que le dessein de Satan est d’installer son propre agent humain dans la place qui revient à Christ. Le verset 4 précise quel est son objectif : « lequel s’oppose et s’élève contre tout ce qui est nommé Dieu, ou qu’on adore, jusques à être assis comme Dieu au temple de Dieu, voulant se faire passer pour un Dieu ». C’est ce que revendique la loi de la Rome papale. Le verset 9 décrit la mise en œuvre du plan satanique : « L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes, et de prodiges mensongers. » À l’homme de péché doit s’attacher une puissance, ainsi que toutes sortes de signes et de prodiges mensongers, « avec toutes les séductions de l’iniquité » (15).

De même que le Seigneur accomplissait au travers de ses apôtres des miracles pour confirmer leur mission, de même Satan œuvre au travers de l’Anti-Christ, en accordant de faux miracles servant de caution à ses prétentions trompeuses. L’homme impie s’emploie à jouer le rôle de Christ tout en s’opposant à lui. Il usurpe sa place et ses prérogatives : loin d’être son représentant véritable, il est son plus grand adversaire. De même que le Christ agit pour Dieu, de même l’homme impie agit pour le compte de Satan, qui se sert de lui pour accomplir ses buts. C’est pourquoi le texte déclare que l’homme impie vient « par la puissance de Satan ».

Le deuxième nom de ce personnage, « le fils de la perdition » indique également l’objectif et l’intention de l’homme impie. Ce nom fait référence à Judas, qui faisait semblant d’être disciple de Christ alors même qu’il trahissait le Fils de l’homme en affichant un signe extérieur d’amour et de loyauté. Le fils de la perdition dissimule son inimitié tout en apparaissant comme un ami, un confident familier : mais il est un ennemi mortel qui trahit par un baiser tout en faisant semblant de servir le Seigneur et le Maître. C’est un Judas dont la venue s’accompagne, « par la puissance de Satan », de « prodiges mensongers ». Ceux qui se soumettent à lui sont en proie à « une puissance d’égarement ». C’est que pour leur part, ils n’ont « pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés » ; ils ont au contraire « pris plaisir à l’injustice ». S’opposant à l’Évangile de Christ, le 13 mai 2000, feu le pape Jean-Paul II accorda sa caution au « miracle de Fatima », qu’il déclara authentique, alors qu’en fait il s’agissait d’un « prodige mensonger ». Il fit cette proclamation : « Selon le dessein divin, ‘une femme vêtue de soleil’ (Ap. 12,1) est venue du ciel sur cette terre, à la recherche des tout-petits préférés du Père. Elle leur parle avec une voix et un cœur de mère : elle les invite à s’offrir comme victimes de réparation, se disant prête à les conduire, de façon sûre, jusqu’à Dieu. Et voilà que ces derniers voient sortir de ses mains une lumière qui pénètre en eux, si bien qu’ils se sentent plongés en Dieu… (16).

La fin de l’homme impie

« Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il écrasera par l’éclat de son avènement » (2 Thessaloniciens 2:8). Ce verset annonce la fin de l’homme impie. Celui qui se révéla quand fut ôtée la puissance de la Rome impériale, continuera jusqu’à ce qu’il soit détruit par le souffle de la bouche de Christ et par l’éclat de son avènement. Ce verset fait incontestablement allusion au second Avènement de Christ. Le Seigneur prédit la destruction du règne de l’homme impie : la Parole du Seigneur le réduira à rien. Au dernier jour, il sera complètement et définitivement anéanti. Dès maintenant, ce verset proclame le triomphe de l’Évangile. L’apôtre y reprend la vérité proclamée par le Seigneur en Esaïe 11:4 : « Mais il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture un jugement sur les malheureux de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant ». La puissance du Seigneur se manifeste toujours au plus haut degré quand les siens sont dans un besoin extrême : il vient au secours des pauvres en esprit, de ceux qui n’ont rien à eux. Les dispositions de Dieu dans son Évangile de grâce s’expriment « par le souffle de sa bouche ». Tout au long de l’histoire, ce verset a été compris et vécu ainsi. L’Évangile est « la puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient » (Romains 1:16). À maintes reprises au cours des siècles, l’Évangile de la grâce a triomphé de « l’homme impie ». Les Vaudois, les hommes de la Réforme, et tous les réveils authentiques ont vu le Seigneur frapper par la verge de sa Parole et le souffle de sa bouche. Sa puissance se manifeste quand on proclame fermement sa grâce, et chaque individu qui est sauvé est « justifié gratuitement par sa grâce, par la rédemption qui est en Christ Jésus » (Romains 3:24).

Conclusion

Nul, si ce n’est Dieu, n’aurait pu décrire d’avance cet « homme impie », qui désigne de toute évidence la fonction papale de l’Église catholique romaine. Jamais l’homme n’aurait pu anticiper de telles choses : Dieu seul est capable de les prédire. Un pouvoir qui prétend agir au nom de Dieu, se présente « comme Dieu » au cœur de l’Église chrétienne, défie la vérité de Dieu et va jusqu’à singer sa sainteté, voilà qui dépasse tout ce que l’homme aurait pu imaginer. Depuis des siècles, la corruption, les tromperies et les faux-semblants mènent le monde depuis cette ville aux sept collines où jadis l’empire païen de Rome régnait par sa puissance militaire. Cette corruption est telle que si la Parole de Dieu ne l’avait pas clairement décrite, et si on ne l’avait pas vue à l’œuvre dans le passé lointain comme le passé récent, jamais on n’aurait pu s’attendre à pareille chose. La description prophétique de ce système malfaisant montre l’inspiration divine de la Bible, ainsi que la puissance et l’autorité de notre Seigneur Dieu.

Si on rejette le témoignage limpide de la Parole divine écrite quant à la manifestation principale de l’Anti-Christ, pour adopter une doctrine qui ne concorde pas avec le texte biblique et n’a pas subi l’épreuve du temps, les conséquences sont lourdes. On aboutit à une doctrine faisant l’impasse sur la sagesse de la divine prophétie, comme sur la nature exacte des temps où nous vivons. Le futurisme affirme la proximité du second Avènement de Christ, mais il détruit le cadre historique et temporel de son adversaire, l’Anti-Christ : or tous ces éléments sont essentiels pour la bonne compréhension de l’accomplissement des prophéties. L’accomplissement dans l’histoire de ces prophéties sur l’apostasie est un élément capital des prédictions données par le Seigneur. Comme dit le Seigneur en parlant de lui-même : « il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes » (Luc 24:44). De même, ce qui est écrit sur la fonction de son adversaire s’est accompli. Avec les Vaudois, les Lollards, et les chrétiens de Bohême, tout au long de l’Inquisition et de la Réforme, la vérité de l’Évangile et la Parole prophétique ont fait passer les nations des pires superstitions et du despotisme à la liberté selon les Écritures, et à la croissance économique (17). Bien souvent, il est vrai, les adeptes du futurisme sont des serviteurs de Dieu sincèrement consacrés. Pourtant, si nous nous abstenons de démasquer la présence de l’Anti-Christ au milieu de nous, les nations subissent une séduction et retombent dans l’esclavage. À cause de cette carence, il nous est d’autant plus indispensable de connaître (comme les chrétiens d’autrefois) la présence de la postérité divine véritable, du Christ Jésus, en esprit et en vérité.

Cette interprétation historique figure dans les plus grandes confessions de foi de ceux qui ont cru la Bible (18). Elle constitue un élément incontournable du témoignage des martyrs et des réformateurs. Comme les prophètes d’autrefois, ces saints hommes furent les témoins de la vérité divine tout en s’opposant à l’apostasie de ceux qui n’étaient chrétiens que de nom. Leur témoignage était que la Rome papale est bien la Babylone de la prophétie : « cette grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre », et qu’à sa tête se trouve « l’homme impie » de la prophétie, l’Anti-Christ.

Notes :
1. Document Dominus Iesus, Partie 16, http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20000806_dominus-iesus_fr.html
2. Catéchisme de l’Église Catholique, Éditions Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie Éditrice Vaticane, Paris 1998, § 1129.
3. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Unam_Sanctam (Bulle Unam Sanctam de Boniface VIII, 18 novembre 1302) et aussi http://foicatholique.cultureforum.net/foi-catholique-f2/bulle-unam-sanctam-18-novembre-1302-t2028.htm
4. Catéchisme, § 1116. Les sacrements sont des « ‘Forces qui sortent’ du Corps du Christ c. à d. de l’Église catholique romaine toujours vivant et vivifiant… »
5. Denzinger, N° 649.
6. Le texte grec de ce verset emploie l’article défini et dit en fait : « L’anti-christ vient ».
7. LeRoy Edwin Froom, The Prophetic Faith of our Fathers, 4 volumes, Washington DC: Review & Herald Publishing Association, 1978) Vol. 1, pp. 511-517.
8. Froom, Vol. 1, pp. 257-258 et 443-444.
9. Code de Droit canonique, Canon 749 : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P2F.HTM
10. La préposition grecque traduite par « au-dessus de » signifie aussi : « en lieu et place de » ou « autant que ».
11. Catéchisme, § 937.
12. Catéchisme, § 882.
13. Canon 752 : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P2F.HTM
14. L’étendue du pouvoir que s’arroge Rome de juger et d’imposer un châtiment reste la même qu’au temps du Saint Empire Romain. Dans son Droit Canonique actuel, au Canon 1405, 1e partie, elle précise : « § 1. Parmi les causes dont il s’agit au canon 1401, seul le Pontife Romain a le droit de juger : 1. les personnes qui exercent la magistrature suprême de l’État… » Le Canon 1401 stipule : « De droit propre et exclusif, l’Église connaît : 1. des causes qui regardent les choses spirituelles et celles qui leur sont connexes ; 2. de la violation des lois ecclésiastiques et de tous les actes qui ont un caractère de péché, en ce qui concerne la détermination de la faute et l’infliction de peines ecclésiastiques. » http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P56.HTM
15. Voir l’ouvrage : Quite Contrary : A Biblical Reconsideration of the Apparitions of Mary, de Timothy F. Kauffman (Huntsville, AL 35804: White Horse Publications, 1993). Voir aussi: Graven Bread : The Papacy, the Apparitions of Mary, and the Worship of Bread on the Altar, du meme auteur.
16. Voir le texte de ce discours de Jean-Paul II à l’adresse : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/travels/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20000513_beatification-fatima_fr.html Voir également sur notre site Berean Beacon notre article : Fatima : JP II, RCC Contradict Gospel : Where do Evangelical ECT Signatories now stand ?
17. Voir l’ouvrage de John W. Robbins, Ecclesiastical Megalomania : The Economic and Political Thought of the Roman Catholic Church (ISBN 0-94931-52-4, USA: The Trinity Foundation, 1999) pp. 13-24.
18. Voir: La Confession de Foi de Westminster, 1646 http://www.erq.qc.ca/francais/westminster_fr.html ; La Confession de Foi Baptiste, Londres,1689 : http://www.eglise-rb-grenoble.fr/Confessions/1689%20Confession%20-%20Amar%20Djabala%20French%20translation.doc ; The Philadelphia Confession of Faith, Adopted by the Baptist Association, 1742, entre autres.

Richard Bennett, Association “Berean Beacon”

]]>
http://www.blogdei.com/4256/lanti-christ-devoile-par-richard-bennett/feed/ 47
3 pays d’Amérique Centrale interdisent l’accès à leur territoire à un homme prétendant être l’Antéchrist http://www.blogdei.com/1602/3-pays-d-amerique-centrale-interdisent-l-acces-a-leur-territoire-a-un-homme-pretendant-etre-l-antechrist/ http://www.blogdei.com/1602/3-pays-d-amerique-centrale-interdisent-l-acces-a-leur-territoire-a-un-homme-pretendant-etre-l-antechrist/#comments Mon, 16 Apr 2007 11:12:38 +0000 nicolas http://www.blogdei.com/wordpress/?p=1602 News.com.au/Reuters

]]>

News.com.au/Reuters


Le possédé, affirmant devant des caméras de TV qu’il est le Christ venu sur Terre…

3 gouvernements d’Amérique Centrale, outrés par ses sermons contre l’Eglise Catholique et la religion organisée, ont banni de leur territoire un homme prétendant être l’Antéchrist.

El Salvador, le Honduras et le Guatemala ont banni Jose de Jesus Miranda, qui dirige une secte émettant depuis Miami un programme TV à destinations de dizaines d’états d’Amérique Latine. Le gourou entendait assister à une série de réunions la semaine prochaine au Guatemala.

Ancien prisonnier et toxicomane, Miranda, 60 ans, est né à Puerto Rico. Il se vante sur son site web d’avoir aimé participer au trafic de cocaïne et d’avoir travaillé dans un laboratoire en Colombie. Il s’est tatoué le nombre 666 sur le bras et se prétend la réincarnation de Jésus-Christ, et prouve par les écrits de l’apôtre Paul que c’est ce que signifie le terme « antéchrist ».

Selon lui, les autres prêtres sont des « pédés » et il ricane des traditions latines concernant la Semaine Sainte. « Le Pape devrait avoir honte, il devrait porter des pantalons comme un homme et arrêter d’enseigner toutes ces c…! », ajoute-t-il.

Tony Saca, du très catholique état d’El Salvador, avait interdit à Miranda l’accès à son pays le mois dernier, le décrivant comme un « danger pour la santé mentale ». En retour, Miranda a menacé le pays d’un tremblement de terre.

]]>
http://www.blogdei.com/1602/3-pays-d-amerique-centrale-interdisent-l-acces-a-leur-territoire-a-un-homme-pretendant-etre-l-antechrist/feed/ 8
Art Brut 40 oeuvres pour illustrer une édition de Nieztsche http://www.blogdei.com/411/art-brut-40-oeuvres-pour-illustrer-une-edition-de-nieztsche/ http://www.blogdei.com/411/art-brut-40-oeuvres-pour-illustrer-une-edition-de-nieztsche/#comments Wed, 08 Nov 2006 16:40:04 +0000 christian PF http://www.blogdei.com/wordpress/?p=411 Tsr.ch

]]>

Tsr.ch

NDLR : Nietzsche disait: « Dieu est mort ». Mais Dieu dit: « Nietzsche est mort, Jésus est VIVANT ! »

Une nouvelle édition du roman philosophique de Friedrich Nietzsche « Ainsi parlait Zarathoustra » paraîtra à Paris la semaine prochaine, illustrée de 40 oeuvres d’art brut. Les illustrations sont issues de la Collection de l’Art Brut à Lausanne.

Les éditions parisiennes Max Milo se sont adressées à Georges-Arthur Goldschmidt pour la traduction. Grand connaisseur de l’oeuvre de Nietzsche, l’écrivain français d’origine allemande signe également la préface et un commentaire.

Les 40 oeuvres présentées ont été choisies parmi les quelque 35’000 oeuvres de la Collection de l’Art Brut par sa directrice Lucienne Peiry. Pour chacun des auteurs sélectionnés, une notice biographique est proposée.

Les auteurs présentés en regard du texte sont des créateurs de l’ombre, des marginaux qui opèrent dans le secret et la solitude, explique l’institution lausannoise. Ils s’expriment en inventant leurs propres règles et leurs propres codes. Oeuvrant en toute liberté, les auteurs d’art brut suivent sans le savoir les préceptes de Zarathoustra.

Zarathoustra se réfugie dans les montagnes pendant plusieurs années pour méditer. De cette longue retraite naitront ses idées sur la vie, la mort, le genre humain, sur Dieu. De retour parmi les hommes, il partagera ses réflexions avec eux. Par la bouche de son protagoniste, Nietzsche dénonce les valeurs morales produites par le christianisme durant des millénaires.

]]>
http://www.blogdei.com/411/art-brut-40-oeuvres-pour-illustrer-une-edition-de-nieztsche/feed/ 1