C’est vrai que ce pasteur s’illustrera plus par un travail social que par son travail spirituel, et il transforma complètement cette petite région.

Il développa un réseau de communication entre les 5 villages de la paroisse et un réseau routier pour désenclaver cette région, il y travailla lui-même…
Il fit tout pour améliorer les conditions d’hygiène et de l’habitat.

Aucun métier, n’était exercé dans ces villages; aussi Oberlin choisit parmi les jeunes garçons, dont il pensa qu’ils auraient assez de capacités pour apprendre des métiers, tels que maçon, charpentier, forgeron, menuisier, vitrier, maréchal-ferrant, et il les envoya pour faire un apprentissage. Ensuite il fit venir dans la paroisse un médecin, une sage-femme, ouvrit une pharmacie et vulgarisa la connaissance et l’utilisation des plantes médicinales…

L’agriculture pouvant être améliorée afin de sortir de la peur des famines fréquentes au moyen âge. Il fit de nombreux essais de culture. Il acheta des instruments aratoires, qu’il revendit à prix coûtant, Il renouvela les plants de pommes de terre, créa des engrais, planta des vergers. Il introduisit le lin, et des céréales qui étaient inconnues dans cette région. Il fixa le cours des ruisseaux, assécha les marais, bientôt il fut possible d’exporter une partie des cultures.

Une caisse d’emprunts sans intérêts fut ouverte aux agriculteurs pour des petites sommes remboursables à période fixe. Avec des cotisations volontaires, il fonda même une caisse d’amortissement qui contribua à la liquidation des dettes de certaines personnes…

Peu à peu ce confort de vie attira les populations, et fixa les familles dans ce lieu, car au début de son ministère il y avait 80 à 100 familles et plus tard à sa mort il y a en avait 5 à 600 !

Son œuvre la plus remarquable fut constatée dans l’enseignement scolaire :

Il inventa les écoles maternelles :
Car il voit que les enfants de moins de 6 ans ne sont ni employé aux travaux des champs, ni instruit, ils sont livrés à eux-mêmes. Jean-Frédéric Oberlin va créer une nouvelle institution celle des «poêles à tricoter», dans une maison autour d’un poêle et de sa chaleur, l’enfant est convié sous la direction des «conductrices de la tendre enfance ».

Ces conductrices sont des jeunes filles célibataires, non émancipées, ce qui oblige l’accord des chefs de famille. Elles sont rémunérées pour leur travail. Ce qui leur donne un véritable statut social dans la réalité d’une réelle tâche de service public.

Il mettra en place un enseignement pédagogique hors du commun :

Par des activités manuelles, le dessin, la constitution d’herbiers, l’éducation physique.
Il favorise l’apprentissage du français, qui est difficile pour les enfants dont les parents ne parlent que patois, c’est la répétition des mots, l’usage de graphique des objets, la pratique du chant, des éléments de botanique et de géographie…

Tout cela parait-il dans une douce contrainte, remplie d’un caractère ludique en complète contradiction avec la dureté de la vie familiale…

Plusieurs manuels pédagogiques seront écrits par Oberlin. Ce sont des cahiers thématiques, de collections d’histoire naturelle, minéralogie, botanique. Des jouets, des cartes, des alphabets, des herbiers, et des jeux collectifs utilisés comme moyen didactique.

Il inventera ainsi des «outils pédagogiques.»
Il transforma les écoles des 5 villages de la paroisse, et stimula la prise en charge de la question éducative, chacun se sentant responsable. Il aida les pauvres pour acquérir les manuels scolaires en les revendant à moitié prix.

Il ouvrit une bibliothèque de prêt de livre, il organisa des réunions d’éducation pour les adultes. Toute sa vie il eut cette préoccupation première de chercher dans le message biblique des réponses pour les problèmes et les questions de la vie quotidienne.

Le retentissement de son action fut considérable. Il fut protégé pendant la tourmente révolutionnaire par l’abbé Grégoire, (d’ailleurs il fut emprisonné sous la terreur). Le Star Alexandre le protégea lors de l’invasion de la France en 1814. Louis XVIII lui décerna la légion d’honneur. Nous pouvons même dire que sa modernité d’action pédagogique reste actuelle…

Pasteur luthérien, il est en accord avec son église sur les bases essentielles de la foi, mais dans des domaines plus secondaires il développa des idées assez singulières…

Ses sermons restèrent toujours simples d’après la bible, mais il tirait aussi ses sujets d’instruction de la vie de personnes distinguées parfois même en dehors de la bible. La nature lui offrait aussi de sujets passionnants. Il savait de tous ces exemples tirer des images spirituelles.

Jean Frédéric Oberlin disait de lui-même:
«Je suis un étranger composé de qualités contradictoires …. Je suis intelligent et cependant mes moyens sont limités ; je suis prudent et plus politique que la plupart de mes collègues, et pourtant j'entre facilement en colère. .. Je ne suis pas seulement entreprenant mais à l'occasion courageux, et au même moment peut-être secrètement lâche. Je suis très franc, mais complaisant envers les hommes, et par là même pas absolument sincère. Je suis Germain et Français tout ensemble»

Pour continuer votre réflexion sur cet homme hors du commun:
Musée Oberlin
Wikipedia
Une biographie
Musée Protestant