«A 18 ans, a-t-il confié, j’ai été arrêté par les Israéliens et emprisonné. Dans cette prison, c’est le Hamas qui contrôlait ses propres membres. Et je les ai vu torturer; torturer terriblement. Des dirigeants du Hamas, parmi les principaux que l’on voit à la télévision aujourd’hui, qui torturaient des membres de leur propre organisation (...). Cela a été pour moi un choc de les voir torturer des gens, enfoncer des aiguilles sous les ongles, leur infliger des brûlures, et en tuer beaucoup (...) parce qu’ils les suspectaient d’avoir eu des liens avec les Israéliens, de coopérer avec lsraël. Des centaines de gens en ont été victimes, et j’ai été témoin pendant un an de ces tortures... »

«J’ai étudié la Bible verset par verset»...
Le « monde » de Mosab Hassan Yousef s’écroule alors définitivement. Il réalise qu’il n’y a pas que de «bons musulmans» comme il l’avait toujours pensé, son père lui ayant donné à la maison l’exemple d’un mari et d’un père modèle...
Enfant, mu par une insatiable curiosité, il avait bien posé aux siens maintes questions épineuses sur l’Islam, et les réponses données à ses interrogations l’avaient laissé un peu suspicieux:
«Tu es compliqué. Pourquoi poses-tu tant de questions ? On a du mal à te répondre...»
Mais l’exemple de son père l’avait emporté sur ses doutes.
Cependant, une fois libéré de prison, Mosab H. Yousef se met à réfléchir et à étudier la foi chrétienne.
«J’en avais jusqu’alors une idée très fausse, parce que je l’avais examinée d’un point de vue uniquement musulman (...). Quand j’ai étudié la Bible avec attention, verset par verset, j’ai été convaincu qu’elle est le Livre de Dieu, la Parole de Dieu, avec certitude. J’ai commencé à voir les choses différemment et, ce qui m’était difficile, à me dire que l’islam a tort...»
Car, à 22 ans, le jeune homme s’est aussi mis à étudier l’Islam à la lumière de la Bible, et en a tiré cette conclusion.
«J’ai commencé à comprendre que le problème c’est l’islam, ajoute t-il. Il m’a fallu l’étudier d’un autre point de vue pour comprendre ses énormes erreurs, et leurs effets non seulement sur les musulmans mais dans l’humanité. Des gens qui se tuent au nom de Dieu!...
Le Seigneur m’a ouvert les yeux, et aussi l’esprit. Et je suis devenu un homme totalement différent...»

«C’était comme enlever ma chair de sur mes os...»
Cette puissante conversion à Jésus-Christ, Mosab H. Yousef ne l’a pas cachée, bien au contraire. Et cela a d’emblée signifié pour lui la rupture d’avec les siens et la fuite loin de son peuple, de ce pays qu’il aime. «C’était comme enlever ma chair de sur mes os. J’aime les miens et ils m’aiment. Mes petits frères que j’ai élevés comme des fils. Cela a été la plus dure décision de ma vie. J’ai tout laissé derrière moi, pas seulement ma famille. Quand on décide de quitter l’islam pour une autre religion, ce n’est pas seulement dire «au revoir» et s’en aller. Vous dites aussi adieu à votre culture, votre civilisation, vos traditions, votre société, votre famille, votre religion, ce que vous avez cru être Dieu pendant tant d’années!... »
Aujourd’hui, marchant sur les pas du Christ depuis quelque huit ans, Mosab H. Yousef oeuvre pour que les musulmans ouvrent leurs yeux sur l’Islam — « 95 % d’entre eux ne comprennent pas leur propre religion, affirme-t-il, le message que je leur adresse, c’est tout d’abord d’ouvrir leur esprit. Ils sont nés dans des familles musulmanes, et c’est uniquement comme cela qu’ils sont devenus musulmans... Comme ils auraient été chrétiens s’ils étaient nés dans une famille chrétienne, ou juifs dans une famille juive...
Pourquoi le Seigneur leur a-t-il donné une intelligence? Pour qu’ils ouvrent leur coeur. Lisent la Bible. Examinent leur religion. Je veux leur ouvrir la porte pour cela. Je veux qu’ils soient libres. C’est tout simplement en suivant Dieu qu’ils trouveront sur cette terre une vie heureuse, et le salut pour l’autre vie.»

Cité avec autorisation du journal «Expérience»
 du Centre missionnaire de Carhaix.