Un monde étrange est en train d’émerger, constate Wesley Smith dans le National Review. Un monde dans lequel des lois ineptes donnent à un homme travesti et castré, le droit d’établir un nouveau record sportif sans que les femmes de sa catégorie puissent s’en indigner. Un monde où il aura fallu attendre 2018 aux USA pour qu’on ne laisse plus agoniser les bébés survivants à des avortements « tardifs ». C’est maintenant à la Suisse de reconnaître un droit – controversé – au homard, par allégeance au « politiquement correct ». Ubuesque.

La Suisse rejoint donc la Nouvelle-Zélande et quelques autres nations « éclairées » dans l’interdiction de la cuisson des homards vivants (ils doivent également être expédiés dans de l’eau salée). Les partisans affirment que les homards peuvent ressentir de la douleur, un concept douteux puisque ces animaux ne possèdent pas le cerveau adéquat pour traiter de tels stimuli. A la différence des mammifères, les invertébrés ne possèdent pas de système nerveux, donc pas de sensation de douleur.

Peu importe. Les Suisses incarnent le monde que nous sommes en train de créer une fois que nous rejetons l’exception humaine et que nous élevons l’élimination de la souffrance au rang de priorité absolue. Même si elles partent de bons sentiments, ces nouvelles politiques sont totalement surréalistes. Jugez-en plutôt :

  • La Suisse a modifié sa Constitution pour reconnaître la dignité des plantes. Un comité de bioéthique a déclaré le plus sérieusement du monde que « les plantes ayant des propriétés biochimiques communes avec l’Homme, il est immoral de décapiter une fleur sauvage ».
  • La canton de Zurich paye des avocats pour défendre les animaux victimes de mauvais traitement. L’un d’eux a été embauché par un poisson qui a poursuivi un pêcheur. Ca n’est pas une blague.
  • Un chercheur en OGM, cherchant à empêcher un champignon de détruire les récoltes, n’a pu obtenir de financement public que lorsqu’il a affirmé que la recherche serait bénéfique pour le blé.
  • C’est encore en Suisse qu’on doit tuer son poisson rouge avant de le jeter dans les toilettes ou qu’on a obligation d’élever hamster et perruches par couple.

Cette obsession pour la souffrance est vraiment déconnectée du monde réel. Elle n’existe plus quand il s’agit de protéger la vie des personnes suicidaires, des malades, des handicapés ou des malades mentaux. La Suisse autorise le « tourisme du suicide », grâce auquel des suisses mais surtout des étrangers peuvent, pour quelques milliers d’euros, venir se donner la mort dans des cliniques spécialisées. Un couple âgé, un malade en phase terminale ou encore un handicapé peuvent bénéficier de ce droit constitutionnel : l’aide au suicide.

Sanctuariser la « dignité des végétaux », mettre hors-la-loi la cuisson du homard ou encore faire la chasse aux meurtriers de poissons rouges, pendant qu’on laisse des gens se suicider de désespoir dans des cliniques aseptisées, tout cela est symptomatique de la difficulté d’un Occident en perte de repères à distinguer, en matière d’éthique, ce qui est grave de ce qui ne l’est pas…

Et vous, qu'en pensez-vous ?