Mercredi 14 mars s’est tenu à Paris un procès que nos médias ont tous passé sous silence : celui de Jean-Paul Mongin. Cette affaire, qui augure ce que seront les prochaines mises en examen pour « sorcellerie » et délit de Fake News dans la France d’Emmanuel Macron, a consisté à écarter un opposant politique à la théorie du Genre.

Lors de la dernière présidentielle française, nous avions soutenu la candidature de Mr Fillon parce qu’il s’était allié à ce qu’on appelait à l’époque la “Manif pour tous” (un mouvement pro-vie). Jean-Paul Mongin était de ceux-là, il était même dans l’équipe de campagne du candidat de la Droite…

Avec l’association SOS Education, Mangin s’était opposé à Mme Belkacem, alors Ministre de l’éducation, quand elle niait jusqu’à l’existence d’une théorie du Genre. Cette théorie manipule la jeunesse pour faire croire à l’existence d’un troisième sexe. Mongin s’est fait une spécialité dans les médias de parler sur le sujet, notamment de commenter l’exposition du bédéiste Titeuf, « Le Zizi sexuel », une initiation des jeunes enfants à la pornographie.

Mercredi 14 mars s’est donc tenu, en la 17e chambre du Tribunal de Grande Instance, spécialisée dans les médias, le procès de Mongin et d’un de ses amis. M. Macron leur reproche une blague de potaches, que même un enfant de 5 ans aurait déjouée : depuis une fausse adresse mail, il aurait rédigé un message intitulé “10 bonnes raisons de ne pas voter pour moi” (texte complet ici), avant de l’envoyer à une centaine de contacts, qui l’ont fait suivre à leur tour à d’autres militants pendant la campagne, le 21 avril. Pas de quoi fouetter un chat : le France était en pleine Présidentielle.

Emmanuel Macron l’a alors poursuivi pour usurpation d’identité. Rien de moins ! S’en sont suivis 6 mois d’enquêtes policières, avec épluchage de ses relevés téléphoniques, de ses comptes bancaires ET de ceux de ses proches, mobilisant du coûteux personnel d’état pour une broutille, sans aucun intérêt autre que vexatoire. Ces longs interrogatoires n’avaient pas lieu d’être puisque Mongin ne niait rien. Qu’importe. Il a donc été jugé ce mercredi et 800 pages de documents ont été versées au dossier. Ca n’est pas seulement disproportionné en regard du chef d’inculpation : c’est orwellien

A part quelques lignes dans Valeurs Actuelles en novembre et un article sur le site russe Sputnik, la presse est totalement muette sur cette affaire. Le traitement odieux infligé à ce compagnon d’infortune de l’ex candidat à la présidentielle François Fillon donne un avant-goût de ce qui nous attend en matière de Fake News. Qui plus est, la seule et unique couverture du procès est venue d’Amérique. Un journal du Kansas, le Wichita Eagle, a dépéché un reporter qui a relaté, en anglais, l’audience durant laquelle l’avocat de Mongin a conclu, en prélude à tous les procès en “sorcellerie” à venir : “C’est tellement ridicule, mais surtout inquiétant pour les libertés individuelles et le débat politique”.

Mongin risque 1 an de prison et 15,000 euros d’amende. On voudrait museler un opposant politique qui dénonçait la théorie du Genre qu’on n’agirait pas autrement…

(cet article a fait l’objet d’une chronique radio sur Phare FM le vendredi 16 mars 2018)

Pour aller plus loin

La chaîne russe RT France explique pourquoi et comment Macron veut la museler

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