Alors qu’il passait par là, notre frère Christian a été témoin d’une scène qu’il a « croqué », avec ses mots et sa sensibilité à lui…

La voiture « pompes funèbres » est arrivée et attend devant l’église.
La foule, hommes et femmes, jacasse, apparemment très très éprise.
La mine est de circonstance, l’atmosphère plombée s’évapore grise.
Le repas d’enterrement est prêt, quelque part la table est déjà mise.
C’était une personnalité importante, quoiqu’on en dise !
On l’a «aimé», «apprécié», «côtoyé», quoiqu’on médise !
On console en accolades affables, condoléances émises !
L’important c’est le devoir accompli, on se déculpabilise !

Après tout, la mort a opéré le grand nettoyage des crises.
Dans la bière, avec le défunt, la hache de guerre est remise.
CHUT!!!, Les sermons servent pour que la vie soit compromise.
Devant le prétexte de la mort, HUM ! Tout soupçon se brise.

La foule va bientôt suivre le cercueil, la vie a été prise !
Normal d’accompagner le mort vers sa demeure promise !
Le rassemblement démarre en silence avec la foulée requise.
Foulée de la foule qui foule le chemin de la sépulture acquise.
Bien méritée, pour le défunt, cette belle tombe avec balises.
De même que les boissons distribuées à la la foule qui s’épuise.
Boissons, véhiculées et desservies discrètement, de façon concise,
Par «Boissons de France», encore un commerce qui se déguise.
Le mort n’entend plus, ne voit plus, n’exprime plus ses idées incomprises.
On peut parler, raconter, se justifier, se déverser sans craintes ni surprises.
Autour du tombeau ouvert les gestes suffiront pour que la foule dramatise.
Sous les jets de terre et de fleurs le défunt pardonnera les fautes commises.
Conforme, le sépulcre ne s’ouvrira plus, scellé par l’expertise.
C’est rassurant, tout est dessous la terre, y compris les sottises.
Couvert par la pierre, l’oubli rend la conscience exempte de hantise,
Le mort a emporté avec lui l’épanouissement des fleurs de cytise.
Comme une explosion, du caveau, la foule se décentralise
Retournant à ses occupations, de la mort se désensibilise.
La vie devient absurde face à la mort, alors on la filialise.
La mort devient anomalie face à la vie, alors on la banalise.

Réalité incontournable, la mort est partout, qu’on se le dise !
Réalité inconcevable, la mort a son échéance, qu’on la prédise !
Réalité incontrôlable, la mort est vivante, qu’on la contredise !
Réalité inévitable, la mort est quantique, qu’on le redise !
Cet Univers, malaise métaphysique, en Dieu s’éternise !
Cette Vie, malaise temporel, en Dieu s’immortalise !
Cette Âme, ligature corps-esprit, en Dieu s’harmonise !
Cet Esprit, éthéré-insaisissable, en Dieu s’universalise !

Et vous, qu'en pensez-vous ?