Tiré d'Israel magazine n° 90 – YB

Ayant débattu souvent avec des journalistes non juifs et non israéliens, j'ai pris l'habitude d'enregistrer sereinement leurs déclarations pavloviennes, qui, lorsqu'elles parlent de camps de concentration, ne veulent pas, bien sûr, relater la Shoah, mais la situation dans la bande de Gaza où seraient encellulés naturellement, selon eux, des milliers de Palestiniens. Et d'oublier de préciser que c'est le droit le plus strict d'Israël de fermer ses frontières à de possibles attentats, d'autant que les roquettes palestiniennes continuent de pleuvoir sur Israël. Que c'est aussi le droit de l'Etat juif de les ouvrir pour laisser passer 120000 travailleurs palestiniens, dans la mesure où il ne s'agit pas de poseurs de bombes. Et quand certains journalistes français pleurnicheront ce même jour lors de cette excursion journalistique sur les 500 morts palestiniens enregistrés depuis les Accords d'Annapolis, en accusant évidemment Israël d'en être la cause, ils omettront - était-ce nécessaire de le préciser -, que la majorité de ces victimes appartenaient à des gangs armés palestiniens, tous inscrits sur les listes américaine et européenne des organisations terroristes, et qui pour beaucoup, par ailleurs, s'étaient allègrement entretués. Ce sont ces mêmes journalistes que l'on entendra verser des larmes de crocodile sur l'amour des Palestiniens pour cette terre - aussi 'intense' parait-il que celui que les Israéliens lui portent - et qui nous demanderont sans sourciller pourquoi 95% des Palestiniens devraient souffrir pour les 5% de terroristes. (Ils éviteront de répondre sur les Kassam qui se déploient à partir d'une bande de Gaza « débarrassée des Juifs »). Quant à espérer qu'ils puissent comprendre pourquoi, face à la violence palestinienne et arabe, la jeunesse israélienne doit se mobiliser depuis 60 ans, trois années durant, plus un mois par an pendant 20 ans, soit au total l'équivalent de 5 années exclusivement consacrées à la chose militaire.

Et même si certains de ces journalistes français deviendront plus aimables (bon sang ne saurait mentir) pendant les dégustations des merveilleux vins de la région d'Ofra, ils n'oublieront pas de formuler quelques envolées crapuleuses où suintai! un antisémitisme fétide dont ils se défendent pourtant avec énergie. La plus extraordinaire concerne sans doute le thème récurrent de la 'colonisation juive', fameux leitmotiv, position sans doute encouragée par les déclarations de l'ambassadeur de France (car si l'ambassadeur l'a dit). Les journalistes, les politiques, ont déjà oublié le passé colonial de la France en Afrique et dans le monde, les 45 000 morts de Sétif, ou bien encore une Guerre d'Algérie ou d'Indochine qui a envoyé des milliers déjeunes Français mourir pour des causes perdues d'avance. Camps de concentration, colonisation, meurtres, il y a des mots qui résonnent de plus en plus dans le vocabulaire de certains correspondants étrangers. 11 serait peut-être temps que le 'Government presse Office', l'Office de presse gouvernemental israélien, rappelle à tous ceux qui prétendent arborer les couleurs tricolores - que si Israël est une démocratie,elle n'est prête à supporter ni les mensonges médiatiques, ni les calomnies ni les insultes; leur rappeler surtout, que ce n'est pas en accusant les Juifs de certains maux, qu'ils pourront se déculpabiliser des torts qu'ils ont fait à la terre entière pendant des siècles.