Bible
Spécialiste mondialement connu du Jésus de l'histoire, le professeur vaudois Daniel Marguerat prend sa retraite. Bilan. Letemps.ch
Posteur: christian PF | 20 mai 2008 à 09:10 | 185 mots | lu 908 fois | 11 commentaires





L'heure de la retraite a sonné. Daniel Marguerat, professeur de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne, a choisi de donner à sa leçon d'adieu, qu'il prononcera ce soir*, le même titre que portait sa leçon inaugurale: «A quoi sert l'exégèse?»
L'occasion, pour ce chercheur de réputation internationale, spécialiste du Jésus de l'histoire, de faire le bilan d'une carrière universitaire longue de vingt-quatre ans. Une carrière très riche, qui l'a mené aux quatre coins du monde, à un moment passionnant de la recherche biblique. Daniel Marguerat a été pasteur mais il a la vocation universitaire. Sa retraite n'en sera donc pas vraiment une. S'il évoque la joie de pouvoir se consacrer à ses quatre petits-enfants, et la possibilité d'avoir un autre rapport au temps, son agenda 2009 n'en est pas moins déjà complet. Au menu: des cours, des conférences, et la rédaction de livres. Le paradis du farniente ne semble pas tenter le professeur.
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Quelqu'un de très bien.
Un immense exégète qui a entre autres dirigé la rédaction de l'ouvrage collectif " Introduction au Nouveau Testament" publié par les éditions "Labor et Fides" dans lequel sont indiqués dans l'ordre chronologique la rédaction des différents Livres du Nouveau Testament ainsi que le nom des auteurs ( ou groupes d'auteurs ) de ces Livres.
Il a donné plusieurs interviews dans des revues de vulgarisation, tel que " Le monde de la Bible", ainsi que dans des émissions télévisées où l'immense étendue de son savoir ainsi que la clarté de ses propos faisaient merveille .
Mondialement connu, mondialement connu... c'est vite dit ! en tous cas, assez peu dans le petit monde de Blogdei, si on en juge par la quasi-absence de réactions face à un événement aussi considérable que le départ en retraite de Daniel Marguerat.
Il semblerait qu'à part j-luc, qui salue dans notre auteur un "immense exégète", personne ici n'a jamais rien lu de ses ouvrages ! Piètre excuse ce serait d'alléguer leur épaisseur : quand on chérit la Parole de Dieu, aucun effort n'apparaît trop pénible pour négliger les moyens de l'approfondir.
En attendant que les chrétiens sérieux se les procurent, ils pourront trouver à l'url suivante quelques extraits, qui leur en donneront un avant goût : www.unil.ch/theol/page145...
Et quel plus bel hommage serait-il possible de rendre à un exégète que de le citer, de son vivant ?
L'oeuvre majeure de Daniel Marguerat restant son commentaire sur les Actes des apôtres, voici un exemple de la perspicacité avec laquelle il sait deviner les sources de cet écrivain biblique, que les naïfs s'imaginent être Luc.
"Au terme de cette étude, la question me paraît s'imposer : Eusèbe de Césarée usurpe le titre. L'auteur (anonyme) de Luc-Actes, que la tradition depuis Irénée a coutume de nommer Luc, fut le pionnier de l'historiographie chrétienne. Qu'est-ce qui différencie en effet son oeuvre de l'Histoire Ecclésiastique d'Eusèbe ? L'un et l'autre se livrent à une lecture théologique de l'histoire. L'un et l'autre osent consacrer une oeuvre historiographique à la naissance et à l'expansion d'une secte religieuse. Eusèbe cite ses sources et affiche un rapport critique à sa documentation, tandis que Luc camoufle ses emprunts ; il n'en reste pas moins qu'Eusèbe et Luc adoptent face à leurs prédécesseurs une position à la fois sélective et critique."
Il nous faut comprendre en effet que la mentalité de ces auteurs, des premiers siècles, nous est aujourd'hui complètement étrangère, nous qui, à l'ère de l'internet, n'oserions jamais comme ce Luc, "camoufler nos emprunts"
La pénétration d'esprit de Monsieur Marguerat sait encore très bien percer le personnage de l'apôtre Paul, notamment dans sa première épître aux Thessaloniciens :
"Elle nous restitue une période où l'apôtre se cherche, où les grands combats contre les judaïsants ne l'ont pas encore amené à formuler sa théologie de la justification - mais justement, voilà qui est précieux, Paul avance pour ainsi dire expérimentalement. Ce qu'il nous est offert de saisir ici, c'est un profil de pensée qui se construit au travers de ses tâtonnements."
Admirable analyse ! et quand on pense que certains balourds de pasteurs attardés croient encore que Paul reçut son enseignement sur la justification par la foi seule, par une révélation divine, et ce dès le début de son ministère ; quelle pitié !
Mais il n'y a pas jusqu'au personnage Jésus lui-même que la science de Daniel Marguerat éclaire d'un rayon nouveau, puisqu'il écrit dans son Dictionnaire critique de théologie :
"On appelle Jésus de l'histoire ou Jésus historique le Jésus dont la vie peut être reconstitué sur la base de données historiques scientifiquement neutres ; la neutralité s'oppose ici soit à l'intervention de la foi (transformant les données de l'histoire), soit aux méfaits du temps (altérant la mémoire des témoins)."
Sachons admirer, tels Mr Jourdain, la beauté d'une telle science, et soyons confus de ne pas l'avoir apprise plus tôt. Car Monsieur Marguerat est bel et bien un spécialiste du Jésus de l'histoire, qui, on l'aura compris, n'est pas le même que le Jésus du catéchisme, qui aura été déformé par la ferveur des croyants ou par la mauvaise mémoire des évangélistes.
Souhaitons à cet "immense exégète", lorsque sonnera pour lui l'heure de la retraite finale, un plus vibrant hommage que ce maigre article et ces petites réactions ; mais avant tout des portes célestes larges ouvertes, pour lui laisser entendre les mots auquel chaque chrétien aspire : "Bien fait bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître."
Jacques Pagélan.
Admirable analyse ! et quand on pense que certains balourds de pasteurs attardés croient encore que Paul reçut son enseignement sur la justification par la foi seule, par une révélation divine, et ce dès le début de son ministère ; quelle pitié !
Jacques: Jésus n'a t-il pas dit que celui qui traite son frère de raca mérite d'être punis par le feu de la géhenne.
CherYves
Il me semble après analyse minutieuse que le post de notre frèrejacques devrait faire l'objet d'une lecture légèrement décalée pour permettre d'en saisir les subtilités de langage qui font qu'en fin de compte on ne puisse tout à fait lui imputer à lui la punition du feu de la géhenne sus-mentionnée.
Selon mes analyses, il ne fait dans cet hommage vibrant, que traduire la pensée sous-jacente de cet éminent spécialiste : pensée qui transparait tout le long de ses brillantes analyses dont on en conviendra aisément les grandes lignes de conclusion ont certainement échappé à la plupart de nos brillants théologiens : notamment dans sa façon à lui de percer le personnage et la mission de l'apôtre Paul.
Avouez que cela méritait bien un vibrant hommage préthume!
A moins bien sûr que ce soient mes instruments d'analyse qui sont en décalage profond pour raison d'obsolescence agravée.
dans tous les cas,
Bien à vous---
A l’attention de Yves,
Les mots de – « balourds, attardés », mots très significatifs, proviennent peut-être?, du même sac fourre-tout où, on y retrouve aussi le mot:
- « raca » non ?
Jean
Bonjour,
Les articles de M.Margerat ont été largement publié dans la presse nationale dominicale de Suisse romande, par ex. le Matin tiré à env 300000 ex. Je me souvient d'un article à l occasion de la Pâques où M. Marguerat niait la Divinité de Jésus. Je n'ai pas le temps de rechercher les références.
J'ai vite tourné la page en pensant aux milliers de chrétiens déjà bien mal affermis qui chuteraient définitivement.
Que dit la Parole sur ce genre de "docteur".
Salutations en Christ
Que dit la Parole sur ce genre de "docteur"?
certainement pas la dernière phrase du post de frèreJacques (Matthieu 25. 21) à laquelle aspire tout chrétien à la fin de son pélerinnage terrestre et que l'on trouve d'ailleurs à la fin d'une nécrologie parue ailleurs aujourdhui même sur ce blog--
au post 6 :
Je pense vraiment que vous avez mal lu : Daniel Marguerat ne nie nullement la divinité de Jésus. Il suffit de lire son oeuvre .
Absolument j-luc !! Comment oser insinuer que Daniel Marguerat nie la divinité de Jésus, alors qu'il confesse lui-même ne pas savoir qui était le Dieu de Jésus. A fortiori, cet immense exégète ne commettrait jamais la maladresse d'affirmer quoi ce soit sur la divinité de Jésus.
Ici l'url de l'interview d'où est tiré l'extrait ci-dessous : www.pacariane.com/CCCSund...
"Le titre de votre conférence donne à penser que la foi a évolué au fil du temps. Pourquoi ne pas s'en tenir simplement au Dieu de Jésus ?
Il ne faut pas affirmer trop vite que nous savons quel était le Dieu de Jésus : personne ne le sait au juste. Nous ne pouvons avancer que des hypothèses à ce sujet, car le discours de Jésus sur Dieu ne nous a été transmis que par les témoignages des premiers chrétiens. Ce que nous pouvons savoir, par contre, c'est qui était le Dieu des premiers chrétiens, et en quels termes ceux-ci ont parlé du Dieu de Jésus. Quand on lit les évangiles, les épîtres de Paul et les autres écrits, on se rend compte que le Dieu de Jésus est réfracté au travers d'approches et d'expériences variées ; les manières de dire le Dieu de Jésus étaient par conséquent diverses. De même que les communautés ont foisonné, les confessions de foi se sont multipliées, et la chrétienté a proliféré en forgeant sans cesse de nouveaux langages pour dire sa foi. "
"Le Dieu de Jésus est réfracté" superbe expression ! encore faut-il pour en saisir la subtilité connaître les lois de la réfraction de l'esprit ; ce qui, avouons-le dépasse un peu le niveau du lecteur moyen de Blogdei.
Jacques Pagélan.
Merci Pagélan pour ta saine vigilance. Heureusement qu'il est encore permis de ne pas dire amen à tout article diffusé ici sous rubrique "bible", ne serait-ce qu'à un éloge bien emballé sous papier célébrité (spécialiste mondialement connu).
Il ne serait pas en plus Dr honoris causa de quelque chose quelque part? il parait que cela fait bien aussi pour être entendu et écouté par la foule (300000 ex c'est pas rien pour quelqu'un qui n'est personne).
Mais alors en l'occurence "honoris causa" de quoi exactement en matière de "bible" on se le demande.
En lisant le premier post avant de lire tout l'artcle, je m'étais dit "là y a quelque chose qui cloche" car j-luc le trouve très bien et je m'étais repenti de mon incrédulité de penser que notre j-luc qui est un romain puisse apprécier un grand éxégète dont les analayses seraient basées uniquement sur la sola scriptura; mauvaise langue que j'étais ou plutôt mauvaise pensée que j'ai décidé de virer vite fait pour passer à la lecture de cet article et me documenter sur le personnage et de revenir à des pensées moins préconçues ou disons moins bourrées de préjugés issus d'un évangélisme qui serait des plus coincé.
Mais dis-moi frèrejacques, tu n'as pas l'air si miope que ça! qui pourrait croire après ça que tu es encore capable de confondre la terre de feu avec la nouvelle zélande? c'est pas sérieux tout ça.
bonjour à tous,
Il faut prêcher Christ et non sur le Christ.
Je découvre Daniel Marguerat alors que je relis ' Christ et les écritures ' de Adolphe Saphir, antithèse parfaite du grand exegète... Vingt-quatre ans de labeur pour dire finalement " Dieu a-t-il réellement dit ?...ce n'est pas rien !
" Toute écriture est inspirée de Dieu...y compris la doctrine de la justification par la foi...Oui, désolé d'insister mais je répète : absolument TOUTE l'écriture est l'oeuvre du Saint-Esprit.
Que le Seigneur nous garde de ces superbes orgueilleux et de leurs fables, si éblouissantes soient-elles.
Amitiés.
