Il y a quelques semaines, un titre étonnant a fait la une des journaux israéliens : « Les Etats du golfe pourraient demander à Israël de les protéger contre la puissance atomique iranienne. » Qu 'est-ce qui se cache là-derrière ? A un moment où même l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), d'habitude si réservée, a dû reconnaître que l'Iran enregistre bel et bien des progrès dans son programme de recherche nucléaire, des spéculations au sujet d'un nouvel équilibre régional des forces ont circulé au Proche-Orient. On estime qu'en raison des efforts nucléaires iraniens, l'équilibre régional actuel des forces pourrait se déplacer. Cela s'est déjà produit par le passé. Ainsi en 1991, les Etats suivants : Egypte, Arabie Saoudite, Maroc, Emirats arabes unis, Oman, Bahreïn et Koweït (envahi par Saddam Hussein] ont rejoint la coalition internationale qui a déclaré la guerre à l'Irak. Mis à part le fait que l'Iran chiite constitue depuis longtemps une épine dans l'Å“il de l'Arabie Saoudite sunnite, cette dernière émet de grandes réserves au sujet des efforts nucléaires de l'Iran. Il en est de même des pays du golfe Persique proches de l'Iran, qui estiment que leur très grand voisin les observe « de manière soupçonneuse ». Dans ce cas également on perçoit des tensions entre musulmans sunnites et chiites. Sami Alfaradsch, conseiller du gouvernement koweïtien et du Conseil de coordination des Etats du golfe Persique, a fait récemment une remarque étonnante en public : « Les Etats arabes du golfe Persique pourraient être amenés à demander l'aide d'Israël - en plus de celle des Etats-Unis et du Pakistan - au cas où l'Iran deviendrait effectivement une puissance nucléaire. » Alfaradsch estime que l'Iran suscite une course aux armements atomiques avec son programme de recherche nucléaire. Les Etats arabes qui effectuent des recherches nucléaires sous une forme ou une autre sont : l'Egypte, l'Algérie, le Yémen, la Jordanie, la Libye, le Maroc, l'Arabie Saoudite, la Turquie, la Syrie et les Emirats arabes unis. Selon Alfaradsch, les Etats qui ne sont pas en mesure de développer leur propre programme de recherche nucléaire pourraient se mettre à la recherche d'un « boucher nucléaire » que pourraient leur accorder non seulement les Etats-Unis et le Pakistan, mais également Israël. Alfaradsch a dit clairement : « Je ne rejetterais pas un bouclier nucléaire israélien. » Israël ne s'est cependant jamais prononcé sur son potentiel nucléaire. Ehoud Olmert, Premier ministre israélien, a toutefois déclaré au cours de son récent voyage en Allemagne : « Nous sommes convaincus que l'Iran travaille d'arrache-pied... à son opération secrète, en vue de se constituer un arsenal d'armes non conventionnelles. » Or dans ce cas-là, « aucune option ne peut être exclue ». AN

Commentaire : Certains Etats arabes savent parfaitement qu'Israël constitue un bastion contre l'Iran au Proche-Orient et souhaitent établir des relations avec Israël. Les Etats arabes craignent l'Iran qui constitue une menace de plus en plus grande. Ils jugent en effet que l'Iran est capable de tout, y compris d'attaquer avec des armes atomiques les pays arabes qui ne sont pas bien disposés envers lui. Dans ce contexte, il est tout à fait compréhensible que le Koweït ait proposé à Israël d'utiliser ses aéroports militaires. On peut constater d'une manière générale que les Etats ou chefs d'Etats arabes sont toujours plus nombreux à vouloir établir ou entretenir, parfois secrètement, des relations avec Israël. Le rapport suivant concernant le Qatar se situe dans le même contexte. CM •