
Suite à la libération, par la justice suisse, de son album intitulé "A contre courant", nous avons posé quelques questions à Philippe Decourroux, chanteur évangélique engagé.
Philippe, tu nous as informé récemment que ton dernier disque avait été en quelque sorte "libéré", suite à une décision de justice qui avait tenté de l'interdire. C'est bien cela?
L'album a bien été interdit de vente et placé sous séquestre suite à une décision de justice. Une convention a été signée, l'album légèrement modifié et la distribution a pu reprendre.
Je lie les difficultés que tu as rencontrées à cette question des "filles de l'Est" (c'est d'ailleurs le titre de ton album). C'est un combat spirituel colossal n'est-ce pas, de vaincre l'indifférence (voire la complicité!) autour de cette question?
Le titre de l'album est "À contre-courant". Son message l'est également. Le thème de la traite des êtres humains que je dénonce avec force dans cet album représente à lui seul un énorme combat spirituel. En plus de cela, l'album se profile comme un puissant outil d'évangélisation qui bouscule, interpelle et dérange. Autant de paramètres qui peuvent expliquer que l'album n'est pas le bienvenu partout...
On estime que 700.000 esclaves sexuelles seraient ainsi réduites en esclavage en Europe. Nous disposons de nombreux témoignages désormais, de filles qui ont raconté leur calvaire. Peux-tu rappeler à nos lecteurs comment on "fabrique" une esclave sexuelle, et d'où viennent-elles?
Les filles proviennent de pays défavorisés, pays de l'Est, Amérique latine, Asie, Afrique, mais sont aussi des filles de chez nous en situation de grande précarité. On ne peut décrire dans les détails comment on assassine intérieurement une jeune fille pour en faire, en quelques jours de "dressage" ou "d'abattage", une esclave sexuelle que l'on présente ensuite comme une prostituée soumise et offerte à tout et à tous. Les filles sont vendues, battues, violées de toutes les manières, soumises aux plus sordides barbaries et sans aucun moyen de sortir de ce piège infernal. Nous sommes ici face à un crime contre la dignité humaine dont peu de gens imaginent les proportions monstrueuses.
Comment poursuis-tu ton engagement en faveur de cette cause?
Ma mission est de mobiliser et sensibiliser l'opinion publique afin de faire pression sur les pouvoirs politiques pour que de réelles mesures de soutien, d'aide et de protection de ces jeunes femmes soient enfin prises. Un clip vidéo de la chanson a été réalisé et j'espère pouvoir le diffuser bientôt. Je recherche également le soutien de certaines personnalités pour mettre en place d'autres projets, notamment artistiques, au service de cette cause.
Lire également:
>>> Les filles de l'Est : il faut que le monde sache... (Ph. Decourroux)













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