Jean-Louis Caccomo est docteur en Science Economique à l'Université d'Aix-Marseille, Maître de Conférences à l'Université de Perpignan, expert international impliqué dans de nombreux programmes de coopération. L'auteur dans le contexte actuel explique d'une façon claire, simple et précise les mécanismes qui amènent au déclin d'une société et en rappelle pour aujourd'hui les diverses conséquences dans le passé.

Les phases du déclin : l'implacable scénario

L’histoire des grandes chutes d’Etat peut être résumée à la succession de quelques phases critiques cruciales, pour peu que l’on isole la dimension économique du phénomène. La première phase est un constat de dérapage structurel des finances publiques : les pouvoirs publics sont incapables de stopper la dérive des finances publiques, ayant épuisé les différents moyens de rééquilibrer les comptes. Généralement, plus un Etat étend son emprise au-delà de ses frontières – sectorielles, géographiques et institutionnelles - naturelles, plus le coût de son fonctionnement devient exorbitant, ce qui est la caractéristique même des régimes collectivistes, centralisés ou impérialistes.

Cette situation budgétaire est en elle-même le symptôme d’une crise plus grave qui montre que ceux qui se proclament les « représentants du peuple » sont devenus incapables de gérer l’argent commun – le fameux « bien public »-, c’est-à-dire celui qui a justement été prélevé sur le travail de ce même peuple. Cette dérive des dépenses publiques, qui témoigne d’une emprise des pouvoirs administratifs sur le système, se nourrit d’une tendance à l’augmentation des prélèvements fiscaux et sociaux.

Certes, quand la taxation ne suffit pas à assouvir les appétits d’une administration qui ne veut pas se réformer, alors les gouvernements manipulent la monnaie. C’est la deuxième phase que l’on pourrait appeler l’âge de l’inflation. C’est, nous dit-on, devenu impossible en Europe avec une Banque Centrale indépendante. Mais le fait que la France ne se sente pas liée par le pacte de stabilité, qui lui imposait pourtant de respecter les critères de gestion définis à Maastricht, revient d’une certaine manière à mettre les autorités monétaires devant le fait accompli. Si la France diffère sans cesse la mise en œuvre des réformes de son appareil étatique, la Banque Centrale européenne se trouvera dans une obligation de créer de la monnaie pour venir au secours des finances publiques du pays en difficulté.

>>> lire la suite