Une équipe de télévision de France 2 a contacté Cijem-Force pour faire un reportage sur l'école, lors du week-end de Pâques. L'équipe de reportage est restée trois jours. Durant cette période, les étudiants participèrent à l'organisation du rassemblement de PAJE, et intervinrent à l'Église de Clamart lors du culte du dimanche matin. C'est ainsi que ces différents événements ont pu être couverts par France 2.

D’abord merci et bravo à mes collègues pour le courage d'avoir accepté. Ce n’était pas sans risque. Par la grâce de Dieu, le reportage nous a été favorable, et les choses décrites étaient pour le moins sympathiques.

Néanmoins, et avec le recul nécessaire, il est bien de souligner que si les médias français évoluent très favorablement quant à leur perception du phénomène évangélique (en dehors peut-être de TF1 et de France Inter largement à la traîne), leur discours reste tout de même bien en deçà de la réalité et du vécu des croyants en France.

On peut regretter que ce soit un pasteur américain, traduit par un Québécois que les journalistes de France 2 aient eu à filmer lors du week-end de jeunesse (PAJE) à Paris. Ce qui n’a pas manqué de donner l’occasion de faire à nouveau l’amalgame entre les évangéliques français et les États-Unis. Simple question : « Messieurs les organisateurs français, souffririez-vous du complexe américain (ou canadien) à ce point pour ne jamais inviter de pasteurs de France à vos rassemblements ? »

On peut aussi regretter que l’image des évangéliques en France soit résumée exclusivement à des jeunes. C’est formidable de voir tous ces jeunes parler de leur foi et la transmettre avec autant d’enthousiasme, mais ce n’est que le reflet d’un courant évangélique qui s’amplifie, certes, mais qui n’est pas exclusivement représentatif des évangéliques de France ; heureusement qu’il y a aussi les autres, tous les autres, pour soutenir financièrement nos assemblées, nos réunions de prières, nos rassemblements de semaine, tant il est vrai que de plus en plus de jeunes de nos églises se sont fait les spécialistes des grands rassemblements. Et puis, apprendre le rap, la danse, le mime et Cie., c’est bien, mais les pépés et les mémés (expressions remplies de respect sous ma plume), qui constituent, eux aussi, une frange non négligeable des évangéliques français, ne peuvent plus le faire ! J’ai aussi remarqué que France 2, dans ses commentaires, faisait allusion à la foi des évangéliques, basée, sur, je cite : « des émotions » ! C’est peut-être vrai au Cijem-Force ou dans le week-end concerné, mais je doute que ce soit le cas dans l’assemblée de Clamart, et certainement pas dans le monde évangélique plus globalement. L’émotionnel n’a jamais changé la vie de personne, c’est l’onction qui produit ces fruits-là. C’est sans doute dommage qu’ils n’aient pu constater que cela !

Je pense qu’il est aussi important de souligner (et ce n’est pas la première fois qu’un reportage favorable aux évangéliques y fait allusion) que la foi évangélique n’est pas fanatique, qu’elle est certes militante, mais qu’elle ne favorise pas un prosélytisme à tout crin chez ses adeptes.

Et puis, que dire du fait que d’après France 2, la foi évangélique serait récente ! Je cite Jean-Arnold de Clermont qui, lors d’un séminaire sur les églises historiques dans notre bonne vieille ville de Rouen, avait affirmé devant un parterre de catholiques et de protestants médusés que la seule église historique digne de ce nom, d’après la Bible, c’était les évangéliques, d’où découlent le catholicisme et le protestantisme. J’avais alors applaudi des deux mains ! Enfin, pour être complet sur le sujet, et si bien entendu nous nous réjouissons du travail effectué par le CIJEM-Force, il ne faudrait pas que nos médias s’imaginent que c’est la seule école biblique ou d’évangélisation en France et en francophonie, loin de là même, et heureusement pour nous.

Bref, c’était bien, mais malgré tout traité par des gens qui ignoraient à peu près tout du sujet. Heureusement qu’ils ont été positifs. Restons très prudents avec les médias, et incluons dans nos écoles de formation une initiation aux médias, avec des professionnels compétents, capables de former ceux et celles qui doivent nous représenter face aux télévisions, radios et presse écrite. Voilà le vrai défi pour l’avenir !

Samuel Foucart