Chers amis d'Israël

Le défi qui nous est proposé à notre époque est de défendre clairement et précisément nos convictions de foi

Des tensions ont surgi entre les milieux juifs et le Vatican. Quelques paroles de la prière liturgique officielle de l'Eglise catholique habituellement prononcée le Vendredi saint en sont la cause. Le pape s'est engagé à retrancher de cette prière certaines expressions-telles «ténèbres» et « aveuglement » - qui offensent les Juifs. Cette décision a été prise dans le cadre des efforts que l'Eglise catholique entreprend pour améliorer ses relations avec Israël et les Juifs. Ces efforts visent également un but « politique », du fait que par sa présence en Terre sainte, l'Eglise catholique a tout intérêt à être en bonne entente avec Israël. Dans ce contexte, on souhaite être « politiquement correct ». Mais comment concilier le « politiquement correct » avec les vérités de l'Ecriture sainte ? Car certains milieux juifs vont jusqu'à exiger de changer quelques termes du Nouveau Testament, ce qu'on ne devrait jamais faire ! Lors des dialogues interreligieux, les points de friction potentiels sont évidemment nombreux. On peut certes les occulter et ne parler que des points sur lesquels on est uni - tendance actuelle fréquente lors de tels dialogues. Mais il ne s'agit plus alors de véritables dialogues interreligieux. De telles discussions n'ont vraiment de sens que si chaque partie peut présenter ses convictions de foi honnêtement et sans restriction-manière de faire qui devrait aller de soi à notre époque. Mais quand il s'agit de questions religieuses, on semble oublier tous les principes démocratiques fondamentaux - en premier lieu le respect de la liberté d'opinion. Lors de ces rencontres interreligieuses, on interdit toujours plus fréquemment aux participants de tenter de débaucher les membres d'autres groupements religieux. Or une telle interdiction est en soi antidémocratique : on place ainsi les participants sous tutelle, on leur ôte le droit de décider eux-mêmes de ce qui leur semble être la vérité. Pour qu'un dialogue interreligieux soit authentique, il faudrait que chaque partie puisse présenter son propre point de vue, sans risquer d'être menacé ou diffamé.

Il est compréhensible que la question du changement de religion soit un thème sensible en Israël. Cependant, le gouvernement israélien vient de créer une institution qui permettra à 300000 nouveaux immigrés non juifs de se convertir au judaïsme. En outre, plusieurs centaines de citoyens israéliens se convertissent au judaïsme chaque année. Bien entendu, ces conversions-là ne posent aucun problème - d'autant moins que la société israélienne est une société démocratique. Il faudrait toutefois que la tolérance soit la même pour les conversions au christianisme. Or, dans ces cas-là, la tolérance fait parfois défaut. Le défi qui nous est proposé à notre époque est de défendre clairement et précisément nos convictions de foi. Je vous salue très cordialement avec « shalom aleichem », c'est-à-dire « la paix soit avec vous » - la salutation que Jésus ressuscité a adressée à ses disciples-et vous souhaite de vivre une fête de Pâques bénie. Fredi Winkler