La chancelière allemande Angela Merkel, qui poursuit sa tournée en Israël, s'est rendue mardi après-midi à la Knesset. Lors de la réception donnée en son honneur par la présidente du parlement Dalia Itsik, dans la salle Chagall, Merkel a notamment déclaré que son pays "souhaitait aider Israël à résoudre ses problèmes difficiles".

Elle a ajouté: "Nous ferons le maximum pour que les otages puissent rentrer chez eux, et nous mettrons tout en œuvre pour favoriser les progrès du processus de paix". Merkel a par la suite rencontré les familles des trois soldats enlevés par des terroristes, Guilad Shalit, Eldad Reguev et Ehoud Goldwasser. La chancelière a également salué la coopération étroite entre son pays et Israël, évoquant notamment sa visite au mémorial de la Shoah, à Yad Vashem, et la réunion de son gouvernement avec celui d'Olmert. Merkel a ajouté qu'elle était honorée de prendre la parole à la Knesset, soulignant que l'événement l'émouvait beaucoup. Itsik, lui souhaitant la bienvenue, a déclaré que Merkel était un symbole encourageant pour les femmes. Elle a offert à son hôtesse une reproduction d'un détail d'une des tapisseries de Chagall ornant la salle ainsi qu'une paire de chandeliers créés par l'artiste Lev Schneiderman, résident de Sdérot. Et c'est au son de la Hatikva, hymne national de l'Etat d'Israël, qu'a débuté à 16h30 précises la session spéciale de la Knesset organisée en l'honneur d'Angela Merkel .

La présidente de la Knesset Dalia Itsik a prononcé un discours de bienvenue. Elle a tout d'abord déclaré qu'Israël était la seule démocratie du Proche-Orient. Elle a ensuite rappelé le rôle de l'Allemagne nazie qui avait créé les chambres à gaz, de sinistre mémoire, et a souligné que l'empreinte de la Shoah avait marqué la société israélienne, où vivaient de nombreux rescapés. Elle a ensuite affirmé que la nouvelle Allemagne avait rompu avec son sombre passé pour entretenir de bonnes relations avec l'Etat d'Israël. Elle a finalement salué l'amitié que manifestait Angela Merkel envers Israël.

Le Premier ministre Ehoud Olmert est alors monté à la tribune pour saluer à son tour la visite de la chancelière allemande. Il a souligné le courage de cette dernière et a rappelé l'engagement commun des deux pays de ne pas oublier l'épisode tragique de la Shoah et de faire en sorte que personne ne puisse nier les événements dramatiques qui s'étaient déroulés pendant cette période. Il a ensuite évoqué le sort des trois soldats enlevés par des terroristes et la menace iranienne."Qui mieux que vous peut comprendre les appels de ce négationniste (le président iranien Ahmadinejad) qui prône la destruction de l'Etat d'Israël ?" Après Olmert, le chef de l'opposition, Binyamin Netanyahou, a prononcé son discours. Tentant d'expliquer les positions des députés qui boycottaient la séance, il a précisé que ces derniers n'avaient pas de ressentiments personnels contre Merkel mais tenaient à rappeler le passé honteux de l'Allemagne. Le leader du Likoud a déclaré qu'il avait été heureux de rencontrer Angela Merkel à deux reprises depuis son arrivée dans le pays. Il a lui aussi souligné les dangers d'un Iran nucléaire et a estimé que l'Allemagne et l'Europe toute entière avaient un rôle à jouer dans ce domaine. Netanyahou a précisé que des sanctions sévères devaient être appliquées contre Téhéran et a estimé qu' il fallait même envisager l'option militaire si ces mesures n'avaient pas d'effet. La chancelière Angela Merkel a ensuite été invitée à prendre la parole. Avant de s'adresser en allemand à l'assistance, elle a prononcé quelques mots en Ivrit et a été applaudie pour son effort. Merkel a tout d'abord souligné qu'elle effectuait sa visite à une époque importante pour l'Etat d'Israël qui allait célébrer dans quelques mois son soixantième anniversaire. Elle en a profité pour saluer les nombreuses performances du jeune Etat, dans tous les domaines, dans des conditions difficiles, et sous de nombreuses menaces. Evoquant ensuite sa visite à Yad Vashem, elle a déclaré : "L'Allemagne et Israël seront toujours liés par le souvenir de la Shoah. La Shoah nous fait honte et je m'incline devant toutes les victimes et devant ceux qui ont survécu". Elle a ajouté que l'antisémitisme et le racisme n'avaient pas leur place en Europe. Parlant des excellentes relations entre l'Allemagne et Israël, elle a déclaré que les liens entre l'Europe et Israël devaient être renforcés. Elle a ajouté qu'il fallait arrêter les tirs de roquettes et que "les attaques terroristes étaient un crime et devaient cesser". Mais elle a souligné qu'elle était en faveur du processus d'Annapolis et de la création d'un Etat palestinien.

Concernant la menace iranienne, elle a déclaré: "Si Téhéran a l'arme atomique, les conséquences seront désastreuses". Elle s'est prononcée pour des sanctions supplémentaires à l'encontre de l'Iran si son programme nucléaire n'était pas interrompu.