Isaïe a écrit (49,17) : « Tes pourfendeurs et tes dévastateurs seront issus de toi ». Et voilà qu’un affligeant épisode juridique vient de confirmer qu’il n’a pas usurpé son titre de prophète.

L’affaire du petit Mohammed al-Durah est connue de tous, de même que les laborieux épisodes juridiques qui l’ont suivie. On en épargnera ici tous les détails. L’affaire commença lorsque le 30 septembre 2000, après un affrontement entre soldats Israéliens et palestiniens à Netzarim, Charles Enderlin représentant de France 2 en Israël et son vidéaste, envoyèrent au monde entier des images qui laissaient supposer que l’enfant Mohammed al-Durah était mort dans les bras de son père, victime des balles israéliennes. Une image emblématique de l’intifada était née.

Sauf que rien de tout cela n’est prouvé de façon formelle tant il est vrai qu’une contre enquête menée par la MENA infirmait très rigoureusement cette thèse et que France 2 refusait de communiquer la totalité des « rushes », au motif que les images étaient par trop insoutenables. Après moult atermoiements, manÅ“uvres dilatoires, arguties byzantines et autres tartuferies de France 2, le 19 septembre 2007, sur la requête du site Media-Ratings et de son directeur Philippe Karsenty, la Cour d’appel de Paris enjoignit la chaîne publique de présenter les images qu’elle s’obstinait à soustraire. L’arrêt fut rendu par la Cour d’appel le 3 octobre suivant.

Le 14 novembre suivant Charles Enderlin présenta une version – expurgée de 9 minutes – des rushes en arguant que le reste n’avait rien à voir avec les événements de la journée. L’historien Richard Landes présent lors de la projection affirma qu’au contraire, ce tronquage visait à cacher la manipulation. Il apparut en tous cas clairement de ces images, que le petit Mohammed al-Durah était bien vivant après la dernière image publique, contrairement à ce qu’avait affirmé Charles Enderlin au magazine Télérama.

Mais le pire est était à venir cher lecteurs et vous ne le soupçonnez pas.

La dernière audience du procès en appel qui oppose Philippe Karsenty à France 2 et Charles Enderlin s’est tenue le 27 février 2008. Au cours de cette audience de 7 heures, le rapport de Jean-Claude Schlinger, expert balistique près de la Cour d’appel de Paris fut évoqué. Ses conclusions sont accablantes : « Si Jamal et Mohamed al-Dura ont été atteint par balles le 30 septembre 2000 dans la bande de Gaza, les tirs ne pouvaient techniquement pas provenir du poste israélien, mais seulement du poste palestinien PITA, ou de tireurs placés dans le même axe. Aucun élément objectif ne nous permet de conclure que l’enfant a été tué et son père blessé dans les conditions qui ressortent du reportage de France 2. Il est donc sérieusement possible qu’il s’agisse d’une mise en scène ». (On pourra lire tous les détails de cette affaire dans l’article que Véronique Chemla lui a consacré sur ce même site : http://www.guysen.com/articles.php?sid=6806)

C’est alors que Me Francis Szpiner, avocat de France 2 et de Charles Enderlin, a sorti le grand jeu, la botte secrète. Il insulte Philippe Karsenty en le traitant de « croisement aigri de Faurisson et de Thierry Meyssan ». Vous avez bien lu ! Mais vous n’avez pas tout lu car il va y en avoir pour tout le monde. Car il a la défaite mauvaise le ténor du Barreau. Jugez donc : il poursuit en affirmant que « pour certains Israéliens », les Palestiniens sont des « nègres » et que « le sionisme, c’est un juif qui paye un juif pour qu’il envoie un autre juif aller faire la guerre aux Palestiniens ».

Et ça chers lecteurs, par-delà tout contentieux juridique, c’est proprement inacceptable.

Chez tous les Juifs conscients de leur identité, la Shoah résonne d’un écho dont l’ampleur et les prolongements ne sont ni tout à fait identiques ni fondamentalement différents d’une personne à une autre. Mais une chose est certaine : c’est que la défense et la préservation de la Mémoire est un enjeu communautaire auquel nul n’a le droit de porter atteinte, surtout lorsqu’il s’agit de régler de très minables comptes. Et à cet égard, se permettre de comparer un Juif qui ne fait que défendre l’honneur d’Israël, à un hideux négationniste dont la Justice à encore récemment entériné le qualificatif de « faussaire » que lui a donné Robert Badinter, constitue un cuisant péché contre la mémoire juive. Et quand il est commis par un Juif alors on se prend la tête dans les mains.

Faurisson, vous connaissez bien sûr. Bien sûr ? Ce petit florilège de citations issues de cet ignominieux personnage va vous aider à comprendre à qui, le né Juif, Francis Szpiner a identifié Philippe Karsenty.

« Les prétendues « chambres à gaz » et le prétendu « génocide» des Juifs forment un seul et même mensonge historique qui a permis une gigantesque escroquerie politico financière dont les principaux bénéficiaires sont l’État d’Israël et le sionisme international, et dont les principales victimes sont le peuple allemand – mais non pas ses dirigeants – et le peuple palestinien tout entier. » (Le 17 décembre 1980, à l’émission Expliquez-vous d’Ivan Levaï, sur Europe 1.)

« Il faut appeler un chat un chat : ce génocide et ces chambres à gaz sont une imposture.J'ajoute que, si j'étais juif, j'aurais honte à la pensée que, pendant plus d'un demi-siècle, tant de juifs ont propagé ou laissé se propager une pareille imposture, cautionnée par les grand médias du monde entier. » (Communiqué diffusé le 19 avril 1996)

Dans un tract paru le 17 mai 1996 intitulé le « Le mythe de l' "holocauste" en trois mots juifs », on peut lire que pour comprendre l'imposture que constitue le mensonge des chambres à gaz il faut connaître trois mots : « schutzpah » [en yiddish : toupet), « schnorrer » (en yiddish : mendiant) et le troisième mot est… « Shoah »…

Voilà à qui Me Francis Szpiner a comparé Philippe Karsenty pour le punir d’avoir fait voler son argumentation en éclats.

Et si c’était Dieudonné qui avait dit que pour « pour certains israéliens » les palestiniens étaient « des nègres », ne pensez-vous pas qu’il aurait eu – à nouveau – maille à partir avec la justice ?

Et ces mots terribles « le sionisme, c’est un juif qui paye un juif pour qu’il envoie un autre juif aller faire la guerre aux Palestiniens », ne constitue-t-ils pas un fracassant blasphème de la mort des dizaines de milliers de « sionistes » tombés depuis 60 ans pour qu’Israël ne soit pas éradiqué de la surface de la terre ?

Si de tels mots avaient été proférés par un personnage politique n’auraient-ils pas soulevé une houle d’indignation ?

Alors je ne sais si Charles Enderlin considère que sa cause est bien servie par de tels propos, mais on ne saurait trop lui conseiller de surveiller désormais ses fréquentations.