II n'y a rien de nouveau sous le soleil (cf. Ec 1,9). Il n'est donc pas étonnant que l'on conteste âprement la divinité de Jésus-Christ. L'islam et le judaïsme__ contestent tous deux la divinité de Jésus. D'autres sectes et groupements religieux, ainsi que les athées, la contestent également. Et- aussi incroyable que cela paraisse - ce sujet a fait l'objet de débats à l'intérieur même du christianisme. En fait, de tels débats ont eu lieu à toutes les époques. Au temps des premiers chrétiens déjà, un mouvement mixte réunissant les cultures romaine, grecque, orientale et juive a mis en question la divinité de Jésus - mais non pas son historicité, car les témoignages de l'époque étaient bien trop, fiables. La position et la signification de Jésus ont donné lieu à de vifs débats, et rien n'a changé jusqu'à ce jour. Pour les uns, Jésus était seulement Dieu et pas homme, alors que pour d'autres il était seulement homme et pas Dieu. Où se trouve la vérité ? Divers passages de l'Ecriture prouvent que Jésus de Nazareth était Dieu et homme.
L'envoi de ses anges. « Le Fils de l'homme enverra ses anges ; ils arracheront de son royaume tous les pièges et ceux qui commettent le mal »(Mt 13,41). Au premier abord, rien dans ce verset ne semble se rapporter à la divinité de Jésus, Cependant qui est-ce qui parle ici ? C'est Jésus lui-même, - qui explique à ses disciples la parabole de la mauvaise herbe dans le champ. Jésus parle du «Fils de l'homme » c'est-à-dire de lui-même, et de «ses anges », qu'il enverra, Quel être humain possède des anges qu'il pourrait envoyer ? [ De plus, selon Hébreux 1/6.14, les anges sont « des esprits au service de Dieu ». Par conséquent, Jésus lui-même doit être Dieu - sinon, il ne pourrait pas parler de « ses anges » ni les envoyer Participation à la création. «Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1/1 ). Sur ce point, la plupart sont d'accord : tout Juif, tout musulman et tout chrétien croyant reconnaît que le Dieu tout-puissant est le créateur du ciel et de la terre. Ainsi, le psaume 33/6 affirme : « Le ciel a été fait par la. parole de l'Eternel, et toute son armée par le souffle de sa bouche. » Le Nouveau Testament - qui différencie les chrétiens croyants des adeptes d'autres religions - donne de nom-breux indices prouvant que Jésus a participé à la création de l'univers. En voici deux : «Après avoir autrefois, à de nombreuses reprises et de bien des manières, parlé à nos ancêtres par les prophètes, Dieu, dans ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils. Il l'a établi héritier de toute chose et c'est par lui aussi qu'il a créé l'univers» (Hé 1/1-2). « De plus, au sujet des anges, il dit : II fait de ses anges des esprits, et de ses serviteurs une flamme de feu. Mais il dit au Fils : Ton trône, ô Dieu, est éternel. Le sceptre de ton règne est un sceptre de justice. Tu as aimé la justice et tu as détesté la méchanceté ; c'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a désigné par onction comme roi, de préférence à tes compagnons, avec une huile de joie. Et : C'est toi, Seigneur, qui au commencement as fondé la terre, et le ciel est l'œuvre de tes mains» (Hé 10/7-10).
L' Ancien Testament dit : « Au commencement, Dieu créa... » Et le Nouveau Testament parle de Jésus en tant que créateur. Par conséquent, soit les deux Testaments se contredisent, soit Jésus est également Dieu. On lit en Jean 1/1 : « Au commencement, la Parole existait déjà. » Cela confirme la déclaration du récit de la création en Genèse 1 et celle du psaume 33. Jean poursuit : « La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu » (v. 1 ). Au v. 14, Jean rapporte cette déclaration à Jésus-Christ, la Parole de Dieu incarnée : « Et la Parole s'est faite homme, elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père. » Le Nouveau Testament ne contredit donc en rien l'Ancien : au contraire, il l'explique et l'accomplit. Fondamentalement, on ne peut comprendre l'Ancien Testament qu'à la lumière du Nouveau. A celui qui ne tient compte que de l'Ancien Testament, il manque l'essentiel : la solution et l'accomplissement de l'Ancien Testament.
« Le Fils est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. En effet, c'est en lui que tout a été créé dans le ciel et sur la terre, le visible et l'invisible, trônes, souverainetés, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il existe avant toutes choses et tout subsiste en lai» (Col 1,15-17). Il est tout à fait exclu que Jésus ait participé en tant qu'homme à la création de l'univers. Comme le Nouveau Testament atteste clairement que Jésus est le créateur, il doit être Dieu. C'est ce qu'ont compris les prêtres et les spécialistes de la loi de son temps. C'est pourquoi ils se sont violemment indignés quand Jésus leur a dit: «Avant qu'Abraham soit né, je suis » (Jn 8/58). - Abraham ayant vécu 2 000 ans avant Jésus, la préexistence de Jésus aurait été impossible s'il n'avait été qu'un homme ! - Voici ce qui s'ensuivit : « Là-dessus, ils prirent des pierres pour les jeter contre lui... » (v. 59). Jésus prétendait être Dieu et les autorités religieuses de son temps estimaient qu'il blasphémait.
Le début de Jean 1/1 : «Au commencement, la Parole existait déjà », prouve l'éternité du Fils. Le Fils était là dès le commencement, et était lui-même Dieu. La suite du v. 1 : «La Parole était avec Dieu... » indique une séparation : la Parole est Dieu, mais différente du Père. C'est là le mystère de la Trinité - un Dieu en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Bien qu'en raison de nos facultés humaines limitées nous ne puissions pas comprendre parfaitement l'essence de la Trinité, nous devons néanmoins en tenir compte en réfléchissant à la divinité de Jésus. La fin du v. 1 : « ...et la Parole était Dieu. » suscite une question : comment la Parole peut-elle être avec Dieu si elle est Dieu ? Il n'est pas nécessaire que nous comprenions cette vérité avec notre intelligence, mais nous sommes appelés à la croire dans notre cœur.
Le pardon des péchés.« Pourtant c'est moi, moi qui efface tes transgressions à cause de moi-même, et je ne me souviendrai plus de tes péchés » (Es 43/25). «J'ai effacé tes transgressions comme un nuage, tes péchés comme la brume. Reviens vers moi, car je t'ai racheté » (Es 44/22). Ces versets parlent de la rédemption à venir d'Israël, mais révèlent aussi le principe du pardon des péchés : seul Dieu peut pardonner les péchés. C'est une vérité biblique bien connue qu'aucun être humain ni aucune institution humaine ne peuvent pardonner les péchés : seul Dieu le peut. Tout Juif versé dans les Ecritures peut nous confirmer cette vérité sur la base de l'Ancien Testament. C'est pour cette raison que les prêtres et les spécialistes de la loi ont fait des reproches à Jésus lorsqu'il a promis le pardon des péchés à un paralysé : « Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : Mon enfant, tes péchés te sont pardonnes. Il y avait là quelques spécialistes de la loi qui étaient assis et qui se disaient en eux-mêmes : Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les petites, si ce n'est Dieu seul ? Jésus sur aussitôt son esprit qu 'il raisonnaient ainsi en et il leur dit : Pourquoi raisonnez-vous vos cœurs ? Qu 'est-ce qui est le plus facile à dire au paralysé : Tes péchés sont pardonnes, ou : Lève-toi, prends ton brancard et marche ?Afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés, je te l'ordonne - dit-il au paralysé - lève-toi, prends ton brancard et retourne chez toi. Aussitôt il se leva, prit son brancard et sortit devant tout le monde, de sorte qu'il étaient tous très étonnés et célébraient la gloire de Dieu en disant : Nous n'avons jamais rien vu de pareil» (Me 2/5-12). Il faut nous mettre à la place des prêtres et des spécialistes de la loi : pour eux, les déclarations et les actes du fils du charpentier de Nazareth constituaient une prétention effroyable et un blasphème. Car, par sa manière de faire, Jésus mettait en évidence son caractère unique et sa divinité - un scandale sans pareil !
Jésus le juge. « Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire avec tous les /saints] anges, il s'assiéra sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui. Il séparera les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs ; il mettra les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche» (Mt 25/31-33). Jésus déclare clairement ici qu'il jugera les peuples païens à la fin des temps. Cette déclaration souligne également sa divinité - car selon l'Ancien Testament, c'est Dieu qui est le juge. Par conséquent, soit les deux Testaments se contredisent, soit Jésus est Dieu et le Père lui a confié la responsabilité du jugement. On ne peut comprendre le passage suivant qu'à la lumière de la Trinité : «En effet, l'Eternel est notre juge, l'Eternel est notre législateur, l'Eternel est notre roi, c'est lai qui nous sauve » (Es 33/22). Cette triple mention de « l'Eternel» (Yahvé) se réfère aussi bien à Dieu le Père qu'à Jésus en tant que Fils de Dieu. « ...l'Eternel (Yahvé) est notre juge... » : Jésus dit au sujet de lui-même qu'il est le juge (cf. Mt 25/31-33). Et Pierre le confirme : « Nous sommes témoins de tout ce qu 'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Lui qu ' ils ont tué en le clouant sur la croix, Dieu l'a ressuscité le troisième jour et a permis qu'il apparaisse, non à tout le peuple, maïs aux témoins choisis d'avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection. Jésus nous a ordonné de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui que Dieu a désigné juge des vivants et des morts» (Ac 10/39-42). « ...l'Eternel (Yahvé) est notre législateur... » : D'une part la loi a été donnée par Yahvé au peuple d'Israël sur le mont Sinaï. D'autre part le Nouveau Testament confirme que Jésus est l'accomplissement de la loi (Rm 8 ; Ga 5/18 ; Jn l/17). Paul parle également d'une loi nouvelle (Rm 7/27-28) : la loi de la foi en Jésus-Christ. Ainsi Jésus, en tant que membre de la Trinité, était présent lorsque la loi a été donnée au peuple d'Israël. Et c'est lui qui a donné la nouvelle loi de la foi à son Eglise. «...l'Eternel (Yahvé) est notre roi.. » : Que dit le Nouveau Testament à ce sujet? «Ils combattront contre l'Agneau et l'Agneau les vaincra parce qu 'H est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois. Ceux qui ont été appelés, choisis et fidèles et sont avec lui les vaincront aussi » (Ap 17/14). Jésus, l'Agneau de Dieu, a pris sur lui le péché du monde, et est non seulement seigneur, mais « le Seigneur des seigneurs » ! Et Jésus n'est pas seulement roi, mais il est « le Roi des rois » ! Apocalypse 19/161e souligne aussi expressément : « II portait sur son vêtement et sur sa cuisse un nom écrit : Roi des rois et Seigneur des seigneurs. » « ...c'est lui qui nous sauve. » Qui nous sauvera ? Jésus ! Jésus est le Sauveur et Rédempteur annoncé déjà dans l'Ancien Testament. Tous les chemins passent par lui ! « Que toute la communauté d'Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Messie ce Jésus que vous avez crucifié » (Ac 2/36). «Si tu reconnais publiquement de ta bouche que Jésus est le Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité, tu seras sauvé» (Rm 10/9). « Quanta nous, notre droit de cité est dans le ciel, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ » (Ph 3/20). L'Ancien et le Nouveau Testaments se complètent donc. Le Nouveau Testament ne contredit jamais l'Ancien, mais il l'explique et l'accomplit. « Yahvé » est en hébreu le nom de Dieu traduit par « Eternel » en Es 33/22 et en Ex 20. C'est sous ce nom que le Père céleste s'était fait connaître autrefois à Moïse, lorsque ce dernier lui avait demandé son nom : «Moïse dit à Dieu : J'irai donc trouver les Israélites et je leur dirai : Le Dieu de vos ancêtres m'envoie vers vous. Mais s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : Voici ce que ru diras aux Israélites : L'Eternel (Yahvé), le Dieu de vos ancêtres, le Dieu d'Abraham, le Dieu d' Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Tel est mon nom pour toujours, tel est le nom sous lequel on fera appel à moi de génération en génération » (Ex 3/13-15). «Je suis » correspond à « Yahvé », le nom de Dieu en hébreu. Toutefois cette traduction ne rend qu'imparfaitement ce que « Yahvé » signifie vraiment. Abraham Meister * a écrit à ce sujet : « Yahvé est le «Je» absolu dans toute sa plénitude. » « Yahvé » ne signifie donc pas seulement «Je suis celui qui suis », mais également : « Je suis celui qui étais » et : « Je suis celui qui sera. » Dieu est le « Je » hors du temps et de l'espace. Cela est impressionnant et nous ne pouvons pas en comprendre toute la portée. C'est pourquoi le grand-prêtre a déchiré ses vêtements lorsque Jésus a répondu - à la question s'il était bien le Fils de Dieu - en disant : « Moi je suis » (Me 14/62 - traduction littérale du grec).
Jésus a donné cette même réponse lors de son arrestation dans le jardin de Getnsémané. Fort de sa divinité, il a répondu à ceux qui venaient l'arrêter : «Mot je suis » (Jn 18/5 - traduction littérale du grec), et tous «reculèrent et tombèrent à terre» (Jn 18/6). Jésus-Christ, le fils du charpentier de Nazareth, a utilisé ici pour décliner son identité le nom de Dieu en hébreu : « Yahvé », «Je suis ». Cette connaissance de soi que manifestait Jésus a littéralement renversé la troupe venue l'arrêter. L'Evangile de Jean nous rapporte sept autres paroles de Jésus commençant par «Je suis » : «Je suis le pain de vie » (Jn 6/35) ; «Je suis la lumière du monde » (Jn 8/12) ; «Je suis la porte des brebis » (Jn 10/7) ;« Je suis le bon berger » (Jn 10/11) ;« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11/25) ; «Je suis le chemin, la vérité et la vie » {)ïi 14/6 ( ;«Je suis le vrai cep » (Jn 15/1). Par ces paroles, Jésus-Christ s'est fait connaître comme Dieu. D'autres déclarations le font également connaître comme tel, ainsi : « Le Père et moi, nous sommes un » (Jn 10/30) ; « Celui qui m'a vu a vu le Père » (Jn 14/9). De nos jours, le contexte linguistique nous manque pour comprendre la signification et la portée des paroles de Jésus commençant par «je suis ». Ce contexte linguistique, les Juifs de ce temps-là le connaissaient. Ainsi, la phrase «Je suis le pain de vie » leur rappelait la table des pains consacrés placée dans le sanctuaire, ainsi que la marche de 40 années dans le désert, durant lesquelles Dieu a nourri le peuple de la manne venue du ciel. Et lorsque Jésus a dit : «Je suis la lumière du monde », les Juifs ont immédiatement pensé au chandelier d'or à sept branches également placé dans le sanctuaire, où seuls les prêtres osaient pénétrer. Par ces paroles, Jésus s'est fait connaître comme celui qui accomplissait de manière parfaite et ultime le service sacerdotal dans le temple ainsi que le sacrifice expiatoire. C'est précisément ce qu'ont désapprouvé les autorités religieuses de son temps. Les prêtres et les spécialistes de la loi se sont sentis menacés dans leur existence, car depuis fort longtemps ils n'étaient plus au service de Dieu, mais d'un système religieux. Jésus, en tant que grand-prêtre et Agneau expiatoire parfait, rendait inutile leur service ainsi que tout le rituel religieux du temple. Or il ne fallait pas qu'il en soit ainsi. De nos jours encore, les systèmes religieux - mêmes chrétiens - sont scandalisés par la divinité de Jésus et les exigences absolues qui en découlent. Cela ne rentre pas dans leurs projets. Une chose est sûre, que cela plaise ou non à l'humanité : Jésus n'était pas un homme comme les autres ni un fondateur de religion - non : Jésus est Dieu ! En Jésus, Dieu est devenu homme (2Co 5/1 9). En Jésus, nous avons le pardon de nos péchés (I Jn 1/7-9) et la vie éternelle ( I Jn 4/9). Sans Jésus-Christ - le juge, le législateur et le roi -il n'y a pas de salut (Jn 14/6 et Ac 4/12) ! Qui est Dieu ? La Parole de Dieu incarnée -Jésus de Nazareth, qui a pu dire, fort de son autorité divine : «Moi je suis ! » .
- Abraham Meister, Dictionnaire des noms bibliques (en all.), p. 172













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