« Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie, Paul, Silas et Timothée traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bythinie ; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. Ils franchirent alors la Mysie, et descendirent à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, et lui fit cette prière : passe en Macédoine, secours-nous ! Après cette vision de Paul, nous cherchâmes aussitôt à nous rendre en Macédoine, concluant que le Seigneur nous appelait à y annoncer la bonne nouvelle. … Nous allâmes à Philippes … Nous parlâmes aux femmes qui étaient réunies (près d’une rivière). L’une d’elles, nommée Lydie, marchande de pourpre … était une femme craignant Dieu et elle écoutait. Le Seigneur lui ouvrit le cœur pour qu’elle soit attentive à ce que disait Paul. Lorsqu’elle eut été baptisée, elle et sa famille, elle nous fit cette demande : Si vous me jugez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison. » Actes des Apôtres (16.6-15)
Ce passage des Écritures insiste de façon évidente sur l’intervention directe du Saint-Esprit — et donc de Dieu lui-même — sur les itinéraires d’évangélisation de l’apôtre Paul. C’est à l’évidence le Seigneur qui a choisi l’Europe plutôt que l’Asie pour constituer le pôle fondamental autour duquel s’est articulée l’histoire des nations durant près de deux millénaires. Il est intéressant de noter que le christianisme, plus ou moins profondément altéré selon les époques, a subsisté en Europe alors qu’il a disparu en grande partie en Turquie, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, régions qui pourtant ont été évangélisées autant que le Vieux Continent et, souvent même, avant lui. Il ne fait aucun doute que le Dieu trinitaire a, en vertu de ses desseins éternels, assigné une place particulière à l’Europe dans l’histoire de l’humanité. Cette réalité ne préjuge en rien des inversions historiques en cours qui voient des pays comme la Corée du Sud ou le Brésil compter une proportion de chrétiens nettement plus importante que la France. Mais elle témoigne que l’Europe continue à jouer un rôle absolument capital dans l’histoire, ne serait-ce qu’au travers de paradigmes1 issus de sa déchristianisation qu’elle réussit substantiellement à diffuser presque dans le monde entier.
Cette Europe au destin singulier se présente à l’observateur comme une réalité complexe. Mais sa principale caractéristique contemporaine consiste manifestement dans son intégration. Qui dit Europe aujourd’hui pense le plus souvent à l’Union européenne, à l’Europe des 25, construction institutionnelle à la fois politique et économique, super-état en devenir au travers d’un processus amorcé dès après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Ce processus d’approfondissement et d’élargissement de l’Europe ne constitue pas une « première », une espèce d’incongruité historique.













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