En sondant la Parole de Dieu toute entière renfermée dans la Bible, en croyant qu’un lien vrai, fort et spirituel peut se tisser entre des frères et sÅ“urs qui s’accordent ensemble pour demander quelque chose à Dieu en se plaçant sous Son regard, en cherchant à discerner Sa volonté au Nom du Seigneur Jésus, le Christ, j’ai appris dès mon plus jeune âge, d’abord à travers l’enseignement de mes parents puis sous la conduite de mes pasteurs, enfin par une lecture journalière et approfondie de l’Ecriture Sainte que, quand le Père Céleste exauce, Il donne selon Sa volonté, qui ne recoupe pas forcément la mienne, mais Il donne toujours ce qu’il y a de meilleur à Son enfant. J’ai appris cela puis je l’ai oublié mais, dans Son immense amour pour moi, Dieu S’est tu. Je suis revenu, je l’ai cru et je le vis maintenant depuis plusieurs années. La semaine de l’Unité, bien connue chez les Protestants Réformés et les Catholiques, qui vient après la semaine universelle de prière de l’Alliance Evangélique Française, cette semaine de l’unité pose à nouveau la simple mais fondamentale question de savoir quel genre de prière nous pouvons être amenés à formuler, si nous y participons, et comment nous l’exprimons réellement, étant bien entendu que pour chaque année un thème différent est retenu et doit « guider » l’intercession de chacun : cette année 2008,Priez sans cesse, pour la semaine de l’unité et Fixer nos yeux sur Jésus, pour l’Alliance. Alors, quelle genre de prière ? En réelle communion ou pas ?

La prière de la Foi, avec la recherche de la connaissance du Fils de Dieu et la recherche de Sa volonté, pour nous mêmes, nos églises, paroisses, temples, salles, en communion avec nos frères et sÅ“urs disséminés à la surface de la terre, pauvres ou riches, libres ou persécutés ? Notre prière doit-t-elle être ainsi ou bien simplement n’être qu’une banale approche, « corps présent », physiquement commune mais spirituellement vide et pas trop compromettante, banale approche des bases d’une religion chrétienne, construite sur des « formules » toutes faites ?

La prière au Nom du Seigneur Jésus, « Seul médiateur entre Dieu et les hommes » ou une prière mêlée d’adresses à quelqu’un d’autre ?

La prière d’hommes et de femmes passés par la repentance, la nouvelle naissance, humiliés « sous la puissante main du Seigneur », maintenant sauvés, libérés, pardonnés, justifiés et sanctifiés, dans le monde certes mais pas du monde, citoyens des cieux, parce que notre cité à nous est dans les cieux, rendus capables de louer l’Eternel ? Notre prière doit-elle ressembler à cela ou n’est-elle qu’une « prière » d’hommes et de femmes d’habitudes, rendus aveugles par des formules apprises dans des « livres d’à côté », finalement conduits par des bergers aveugles eux aussi car tous enrôlés sous une bannière étrangère au Christ pour la défense d’une entente de façade, bien tristement terrestre ! Quel peut-être le «cÅ“ur» de notre prière ? Jusqu’où peut aller la communion « fraternelle » ?



Car enfin, 2008 est l’année où la « religion chrétienne » rejoint la cohorte de toutes les autres sous le vocable de « forces religieuses » à qui naturellement le Président de la République Française présentera ses vÅ“ux le 17 janvier à 18 H. On consultera avec intérêt l’agenda présidentiel à cette date pour s’apercevoir que « les forces vives de la Nation » et « les forces religieuses » cohabitent gentiment à quelques heures d’intervalle. 2008 est l’année du Jubilé de Lourdes (1858) et l’histoire de Bernadette fait à nouveau la une, encore, après 150 ans. 2008 est l’année où s’affiche la « prière du Jubilé » qui exalte « le sourire de Dieu, le reflet de la lumière de Christ, la demeure de l’Esprit Saint, l’étoile du matin, la porte du ciel et la première créature ressuscitée », qui exalte qui ? Marie ! Où est LA Marie de l’Evangile ? 2008 est l’année où la pratique des indulgences revient à la mode et le souverain pontife Benoît XVI les accorde à tout pèlerin qui fera le voyage de la grotte mais aussi à tout catholique, où qu’il soit, qui participera à une procession. 2008 est enfin l’année du « pèlerinage » du Pape en terre de France.

« Frères séparés » pour les uns, c’est ainsi que la « hiérarchie » catholique parle des protestants en particulier et des évangéliques en général, « frères qui nous attristent » pour les autres, c’est ainsi que certains protestants parlent des catholiques, quelle « unité » recherchent-ils ? Quelle unité recherchons-nous ? Celle de la Foi ? Mais alors comment s’accorder sur des ajouts « de traditions » ou de décisions « politico-religieuses » dans les temps anciens ? Celle d’une très humaine et commode unité de religion ? Mais alors, comment est-il possible, devant Dieu Tout Puissant et Tout Suffisant, de persister à vouloir concilier l’inconciliable, à n’importe quel prix ? Au prix de son âme ? A trop vouloir marcher d’un même pas, le risque de tomber ne devient-il pas trop grand ? L’unité de l’Eglise, corps de Christ, ne se construit-elle pas depuis des siècles avec de vrais disciples de Jésus-Christ, anonymes mais fidèles, unité invisible mais indivisible, réelle, don de Dieu par excellence ? Est-il besoin de la reconstruire à la manière des hommes ? Tout cela ne risque-t-il pas de tourner finalement à la confusion totale de la « chrétienté » au détriment du Christianisme ? Voilà, me semble-t-il, le genre de questions soulevées par cette semaine de l’unité.

Malgré tout cela, peut-être grâce à tout cela,je n’ignore pas le « réveil » de plusieurs qui ont trouvé le Seul Chemin qui mène au Père, Jésus-Christ, et quelle que soit leur « chapelle ».

« Merci de prier pour moi » demandait le pasteur Claude BATY à la fin d’un entretien accordé au bulletin de l’amicale des pasteurs français à la retraite ( Hier et Aujourd’hui - 55ème année - N°185 - septembre 2007 ). Devenu le 10ème Président de la Fédération Protestante de France, il a en effet besoin de notre intercession afin qu’il puisse, envers et contre tout, et tous peut-être, réaffirmer le fondement de la Foi Chrétienne en ce début de XXI Siècle. L’occasion est belle et la tribune exceptionnelle. Il apportera la prédication, non pas du temple protestant mais depuis l’église catholique Saint Etienne, à Anduze, dans le Gard, lors de la célébration Å“cuménique du 20 janvier prochain, en direct à la télévision, le Dimanche matin dans le cadre de l’émission Présence Protestante. S’il est vrai que les murs n’ont rien de « sacré », il est quand même surprenant qu’en terre cévenole, qui résonne des cris de l’histoire, certains chemins mènent encore à ... Rome ! Quelle alliance ? Prions cependant pour qu’il se souvienne qu’il n’est debout que par la seule Grâce de Dieu, ministre de l’Evangile et Ambassadeur pour Christ. Qu’il ne se taise pas, prêche l’Evangile et puisse annoncer tout le « Conseil » de Dieu. Il ne faudrait pas que les « pierres crient ».

Bernard LAUZET