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Michela Marzano, philosophe, chercheuse au CNRS (oratrice lors du premier Congrès européen d'éthique à Strasbourg), continue de dénoncer avec vigueur une société qui tolère, et parfois exalte, au nom de la libération des mÅ“urs, la consommation sexuelle. « Une société de justice est une société qui, avant même de se concentrer sur la répression des crimes, s'interroge sur leur cause et sur les conditions qui favorisent certain passages à l'acte. (...) C'est une société qui se donne des instruments pour analyser le message véhiculé par ces images et qui, loin de les valoriser, révèle la vision de l'homme avilissante et méprisante que sous-tendent un certain nombre d'images contemporaines de la sexualité ». Par ailleurs, les discours médiatiques les plus répandus aujourd'hui encouragent les individus à suivre leurs envies, à rechercher leur plaisir immédiat et à réaliser tout leur fantasme : «Réalisez-vous ! ». Ainsi triomphe sans limite le droit à disposer « librement » non seulement de son corps mais aussi du corps de l'autre. Le vocabulaire utilisé dans la pornographie évoque une forme de réification de l'homme, c'est-à-dire de réduction des personnes à de simples choses. Ce qui nous donne une idée claire de l'univers de la pornographie contemporaine : un paysage où la rencontre sexuelle devient un rapport de force et de domination, une relation entre maître esclave, sujet et objet, activité et passivité. « Tant que le problème de la violence sexuelle ne sera pas analysé à ses racines, la multiplication de loi contre les auteurs de cette violence ne servira qu'à donner bonne conscience à une société hypocrite, consumériste et qui fait beaucoup d'argent avec le sexe ».

Bibliographie disponible auprès d'Ethos Diffusion - BP 90116 - 67024 Strasbourg Cedex 1- Action pour la Dignité Humaine - Novembre 2007