Quelle idée du Fils de l'homme faut-il donc se faire, pour le mettre à la tête d'un "clan" ?
Sans doute, ce titre : "Le clan Jésus", pourra s'accepter, si l'intention qui l'a forgé ne vise qu'à attirer l'attention du passant, pour l'amener ensuite dans une connaissance exacte des faits évangéliques.
Cependant la présentation donnée ici de ce livre n'augure pas favorablement quant à son esprit.
Jacques, premier évêque de Jérusalem, n'a pas cru à la messianité de Jésus, avant qu'il ne soit ressuscité. Pas que plus que les trois autres demi-frères de Jésus : Jude, José, Simon, Il ne peut donc pas être soupçonné d'avoir appartenu au "clan" Jésus à supposer qu'il y en ait jamais eu un.
Jean-Baptiste, était cousin de Jésus ; mais les évangiles, que l'on prétend prendre comme sources, nous apprennent qu'il "demeura dans les déserts, jusqu'au jour où il se présenta devant Israël." Lui-même déclare solennellement qu'avant que Jésus vienne le rencontrer dans les eaux du baptême, au Jourdain : "Et moi non plus, je ne le connaissais pas ; mais c’est afin qu’il
fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d’eau."
Ou bien que l'on fasse de Jean-Baptiste un menteur, ou bien qu'on reconnaisse que lui non plus n'a jamais appartenu à une sorte de coterie, dont Jésus aurait occupé le centre, et qui se serait proposé de conquérir Israël, puis l'empire romain.
Quant à faire du précurseur un disciple "raté", comment concilier une semblable appréciation avec l'éloge funèbre qu'en fait Jésus après qu'il eut été décapité par l'ordre d'Hérode :
"Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste."
Que si quelqu'un voulait utiliser la suite du verset : "Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. ", pour prouver un échec de Jean-Baptiste à parvenir à l'idéal fixé par Jésus, il ne ferait que montrer sa propre incapacité à comprendre les paroles de Christ. Jamais Jésus n'aurait rendu un tel témoignage, si le fond de sa pensée eût été que son cousin avait finalement échoué dans sa mission. Jean-Baptiste, a eu un moment de doute, l'Ecriture le rapporte avec une plein franchise ; mais elle atteste aussi qu'il a accompli glorieusement la course qui lui avait été fixée par Dieu. Existe-t-il un seul commentateur, approuvé par le sentiment évangélique commun de l'Eglise, qui ait jamais présenté Jean-Baptiste autrement ?
Jean et Jacques, fils de Zébédée, étaient-ils vraiment cousins de Jésus ? Cette hypothèse n'est en rien nouvelle, elle a été discutée en long, en large et en travers au 19° siècle. Elle repose sur l'identification d'une soeur de Marie (mère de Jésus) avec Salomé (mère de Jean et de Jacques). Si la chose était si évidente, cela se saurait, et la discussion n'aurait pas eu lieu. En fait, il se peut aussi que cette soeur dont il est question ait en fait été une belle-soeur de la mère de Jésus(Marie, femme de Clopas, Clopas étant frère de Joseph) ; dans ce cas il n'agirait pas de Salomé.
Pourquoi donc présenter comme nouveau et certain ce qui est ancien et douteux ?
Mais même si Jean et Jacques avaient possédé ce degré de parenté avec Jésus, cela n'étaye en rien la thèse d'un calcul népotique de sa part, pour faire triompher "ses idées". L'insinuer c'est méconnaître complètement le véritable Jésus des Evangiles. Lui qui répond :
"En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement... Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé."
Sont-ce là les paroles d'un "stratège" ?
Après les rapides progrès des temps modernes, arracher de nouveaux secrets à la matière coûte aujourd'hui de plus en plus d'efforts. Le moindre papier, la moindre note qui pourra apporter un peu plus de lumière sur la complexité sans fin, s'obtient par un labeur considérable de leurs auteurs.
Et bien qu'on se console ! dans d'autres domaines il en va autrement ; on progresse ! On apprend par exemple que : "de nombreux travaux ont, ces dernières années, profondément renouvelé l'histoire en éclairant d'un jour nouveau les rôles des uns et des autres" dans une affaire qui s'est passé il y a 2000 ans, sur laquelle les témoins ont dit tout ce qu'ils avaient à dire, et que le jury instruit depuis autant de siècles !
En vérité, je vois bien là "un clan", mais ce n'est pas celui de Jésus.
Dans ses jours d'humiliation, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs s'est entouré de pécheurs graciés, de sujets, de serviteurs, d'amis, d'adorateurs ; jamais d'une clique. Exemple unique dans l'histoire, aucune méthode, aucune stratégie humaine ne peut être invoquée pour rendre compte de son triomphe :
"...ils levèrent les yeux, et ne virent que Jésus seul. "
Grano.