par Nicolas Ciarapica

Josué Turnil est le sympathique directeur des Juifs pour Jésus pour la France et la Belgique. J'ai souhaité avoir son opinion sur les difficultés rencontrées lors de leur campagne d'évangélisation à Villeurbanne en avril 2006. Voici les grandes lignes de notre conversation téléphonique alors qu'il était en déplacement aux Etats-Unis.

A ma question: "Faut-il s'étonner des persécutions?", Josué a choisi de répondre "à bâtons rompus", là où d'autres cherchent soigneusement leurs mots de peur de subir de nouveaux revers. "Si nous ne rencontrons pas d'opposition, il faut carrément se poser la question: Notre Evangile est-il efficace?", confiait-il d'emblée. "L'évangile appelle à la repentance, il est donc normal qu'il suscite des réactions". Fin stratège de l'évangélisation de rue, Josué explique: "Quand j'ai affaire à une personne qui manifeste une franche opposition, je dois me poser 2 questions. L'Esprit est-il en train de convaincre cette personne de péché? Ai-je affaire au prochain apôtre Paul, qui avant de devenir disciple de Jésus persécutait les chrétiens?" Pragmatique, Josué poursuit: "Ce n'est pas Josué Turnil, marié, 2 enfants, qu'ils persécutent, mais c'est Jésus!"

Et des persécutions, ou disons des entraves à la liberté d'expression, la trentaine d'équipiers en a subi lors de la dernière campagne. La Ville de Lyon s'est montrée assez ouverte, mais c'est la mairie socialiste de Villeurbanne qui a interdit la distribution de tracts sur la voie publique, imitée peu après par la mairie de Montreuil en région parisienne qui mettait son véto à une autre réunion d'évangélisation, en direction des enfants celle-ci et organisée par une autre association évangélique. "Il faut contester juridiquement ces arrêtés", estime Josué, "ils peuvent constituer un précédent dangereux et amener d'autres maires à interrompre toute action d'évangélisation qui les gêne à l'avenir".

Certains tournent en ridicule les vieilles méthodes d'évangélisation à l'aide de tracts et leur préfèrent l'évangélisation par l'amitié, le un à un. "L'un n'empêche pas l'autre", affirme le directeur des Juifs pour Jésus. "Les tracts sont un moyen idéal pour la communication de masse; s'ils étaient inefficaces, pourquoi sont-ils autant utilisés par les publicitaires et les partis politiques?" La carte de colporteur, délivrée autrefois par les préfectures, n'est maintenant plus requise. Les équipiers ont-ils pour autant joué à cache-cache avec les autorités? Pas le moins du monde: "Nous avons décidé d'être transparents avec la police", confie Josué, "en leur envoyant tous nos horaires et nos lieux de distribution". Et c'est au nom de la liberté que les Juifs pour Jésus ont distribué sur Lyon et Villeurbanne quelques 320.000 tracts au printemps dernier.