NDLR: Un article rédigé l'an dernier et jamais publié...

1/ Dany Hameau, la FEF suit de près cette histoire de bons CAF, qu'en est-il au moment où la FPF envisage pour sa part de porter l'affaire devant la HALDE?

Nous avons rencontré le Directeur adjoint de la Caisse Nationale des Allocations Familiales, médiateur nommé par le Ministre des Affaires Sociales, qui nous a dit que de nouvelles directives allaient être données d'ici le mois d'Octobre, précisant les modalités d'application de la circulaire de 2002 qui est appliquée par les CAF de manière trop restrictive. Pour aviser sur les suites à donner, nous attendons de voir ce qu'il en ressortira et les dossiers refusés par les CAF aux familles ayant envoyé leur enfant dans un centre confessionnel.



2/ A quoi les tracasseries administratives que constatent de plus en plus d'oeuvres évangéliques sont-elles imputables selon toi? Est-ce une forme larvée d'intolérance?



Je pense qu'elles sont essentiellement dues à une mauvaise compréhension de la laîcité qui entretient une situation de méfiance, de crispation, voire de blocage de la part des administrations et d'autre part, à une méconnaissance de nos oeuvres et des valeurs que nous incarnons. Toutefois, nous disposons d'une marge de manoeuvre importante : celle d'aller à la rencontre des responsables et des décideurs pour nous présenter et leur donner l'occasion de nous découvrir. Nous payons cher le fait que, trop souvent et trop longtemps, nous avons refusé de nous impliquer et de nous intéresser à la chose publique et aux enjeux qui concernent nos concitoyens, au motif que notre ministère se préoccupait essentiellement de l'âme et du spirituel. Nous devons à tout prix développer des relations personnelles et établir un contact humain avec nos dirigeants, au plan local et régional, pour gagner le droit d'exister et de servir. Nous vivons à l'ère du CNEF (le Conseil National des Evangéliques de France) : à quand un Monsieur CNEF régional qui prendrait l'initiative d'aller rencontrer avec ses collègues le Préfet de son département, le Président du Conseil Régional... pour présenter les Evangéliques de leur circonscription et répondre à leurs questions ? Voilà une façon concrète de débuter dans l'éthique citoyenne et de promouvoir une conception plus ouverte et tolérante de la laïcité.

3/ Ne peut-on plus jouer, en France, la carte de la limite de tolérance? Par exemple, une distribution de NT à des lycéens serait légale assez loin du lycée, mais interdite si l'on en faisait la demande expresse. Chercher le dialogue ne comporte-t-il pas des risques?

Nous sommes encore et malgré tout dans un Etat de droit. Nous appartenons à la lumière et non aux ténèbres. Nous n'avons rien à cacher et avons tout à gagner à respecter autant que possible la loi civile. Lorsque nous sommes traités injustement, il est légitime de mettre en oeuvre tous les recours possibles que le droit permet. Nous ne devons pas provoquer inutilement mais chercher à composer intelligemment. Nos libertés s'amenuisent. Mais ce n'est qu'à partir du moment où la loi des hommes interdit formellement ce que la loi de Dieu ordonne que nous sommes autorisés à "obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes". En attendant, nous devons tout faire pour rester crédibles et recommandables, au risque de nous disqualifier.

Dany HAMEAU d.hameau@lafef.com

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