Bientôt un raid israélien en Iran ? Selon le Times britannique, c’est ce que redoutent les autorités américaines. Ces craintes sont liées à la récente annonce du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad qui a déclaré que Téhéran possédait à ce jour 3000 centrifugeuses en activité. En réponse, Ehoud Barak a précisé que des répercussions militaires n’étaient alors pas impossibles. "L’Iran a pris un véritable tournant : nous disposons aujourd’hui de 3000 centrifugeuses" a annoncé mercredi 7 novembre, le chef de l’Etat iranien, devant des milliers de fidèles, réunis à Birjand, dans la province orientale du Khorassan du Sud. Selon les experts américains, 3000 centrifugeuses sont suffisantes pour obtenir la quantité nécessaire d’uranium hautement enrichi qui permettrait de créer une bombe atomique. Avec un tel équipement, il n’est pas impossible que Téhéran devienne une puissance nucléaire d’ici moins d’un an, ont averti les Américains. Pourtant, en avril dernier, lorsque l’Iran avait annoncé la mise en place de 3000 centrifugeuses à Natanz, l’agence de surveillance nucléaire de l’ONU, l’AIEA, avait précisé que seules 328 machines de la sorte étaient réellement installées. Dans un rapport plus récent de l’Agence Internationale, Mohamed El Baradei a déclaré que le nombre de centrifugeuses de la région avait largement augmenté. Un rapport stipulait alors que près de 2000 machines étaient déjà en activité, et que 650 attendaient d’être testées. "Israël agira lorsque l’Iran dépassera le chiffre de 3000 centrifugeuses actives" avait annoncé il y a quelques mois un fonctionnaire américain. Aujourd’hui, c’est chose faite, et "si Washington ne souhaitait pas aller au devant d’une attaque avec l’Iran, il semble que ce soit différent pour l’Etat hébreu" précise le Times britannique du jeudi 8 novembre. En effet, à la suite de l’annonce du président iranien, le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a déclaré qu’une "opération militaire contre l’Iran était une option envisageable, afin de lutter contre la menace nucléaire de ce pays". "Nous avons besoin de discuter et d’agir pour contrecarrer la menace iranienne, en collectant d’abord des informations, puis en imposant des sanctions" a ajouté le ministre. Ehoud Barak a prévenu que si l’Iran n’était pas stoppé dans ses ambitions, Téhéran obtiendrait l’arme atomique d’ici la fin de la décennie. Des sanctions onusiennes ont déjà été prises contre la République islamique, mais pour M.Ahmadinejad celles-ci ne sont qu'un "tas de papiers sans importance"... L’Iran refuse d’accepter tout compromis sur la manière de mener son programme nucléaire, qu’elle défend comme étant un programme civil. "Si des pourparlers doivent avoir lieu, c’est la nation iranienne qui en fixera les conditions. Le monde doit savoir que Téhéran n’est pas une nation qui plie sous la pression. Nous n’abandonnerons pas nos droits nucléaires" a déclaré le président iranien. Ses propos font allusion à la récente proposition des Etats-Unis, qui souhaitaient signer un accord avec Téhéran, afin de contrôler les actions nucléaires de l’Iran. "Qui êtes-vous pour faire des commentaires sur la nation iranienne ? Nous vous demandons, nous, si vous disposez de beaucoup de machines ?" s’est indigné le président iranien. Il a d’ailleurs annoncé que Téhéran n’allait pas s’arrêter là. L’Iran prévoit de se doter d’une véritable industrie nucléaire, et d’étendre ainsi ses équipements à 54000 centrifuges. "La communauté internationale n’est pas dupe et Mahmoud Ahmadinejad ne cherche qu’à impressionner le monde entier" ont précisé les responsables israéliens, lesquels ont cependant sérieusement évoqué ces nouvelles menaces lors de la réunion du cabinet le 7 novembre à Jérusalem. Angela Merkel, la chancelière allemande, a pour sa part tenu à rappeler que son pays était prêt à prendre de nouvelles sanctions plus sévères. "Berlin a déjà diminué de façon importante ses exportations vers la République islamique" a-t-elle souligné dans le Berliner Zeitung. Par ailleurs, le Président français Nicolas Sarkozy, en visite officielle aux Etats-Unis les 6 et 7 novembre, a réitéré la position, inchangée de la France : " Non à l’arme nucléaire ". Il a toutefois reconnu que le nucléaire civil était un droit, et que l’Iran était donc en mesure de le revendiquer. "Il faut que l’on reste ouvert au dialogue. Il n’y a pas d’opposition entre fermeté et dialogue, il faut faire les deux" a indiqué le président français tout en précisant cependant qu'il n'était pas "de ceux qui pensent que les sanctions ne servent à rien". Et alors que le vice-Premier ministre israélien Saoul Mofaz, chargé du dossier iranien, a appelé ce jeudi 8 novembre au renvoi du chef de l'AIEA Mohamed El Baradei - accusé de fermer les yeux sur le programme nucléaire de Téhéran - la porte-parole française du ministère des Affaires Etrangères et européennes a indiqué que ''la France est très attachée à l'Agence internationale de l'énergie atomique, organisation internationale dont M. El Baradei est le directeur général. Celui-ci bénéficie à ce titre de notre plein soutien. S'agissant du programme nucléaire iranien, les rapports de l'AIEA ont régulièrement rappelé l'existence de zones d'ombre importantes. C'est pourquoi nous examinerons avec la plus grande attention le rapport qui doit prochainement être remis par M. El Baradei sur le dialogue entamé avec l'Iran à propos des questions en suspens ". Ce rapport tres attendu devrait être remis le 12 novembre prochain. Affaire à suivre...