Véritables monuments historiques, les cimetières juifs et chrétiens et les rares églises qui restent encore debout en Algérie sont laissé à l’abandon.

Tombe juive en AlgérieDurant ma tendre enfance, J’aimais m’asseoir face à une colline à Tizi Ouzou pour admirer le paysage et les moutons brouter l’herbe verte de Kabylie, encadrés par le berger et son chien. Mais quelle fut ma surprise lorsque j’ai appris que cette même colline était un cimetière chrétien, un lieu où reposaient des morts. Je n’ai plus vu les choses de la même manière, ayant l’impression que ces moutons arrachaient les cheveux des gens qui reposaient sous le sol qu’ils piétinaient.

Il en est de même pour les cimetières juifs, ces dernières ont même droit à des tags dignes des pires périodes nazi de l’histoire de l’humanité.

Les premiers responsables ? L’état bien sur. Après l’indépendance de l’Algérie, les responsables politiques ont fait interdire l’entretien de ses cimetières et autres lieus de cultes. Mais la population Algérienne n’en est pas moins coupable, allant même jusqu’à considérer parfois ces lieus comme la demeure du diable. Des mots graves certes mais réels.

L’Algérie compte officiellement 523 cimetières français civils, chrétiens et juifs. Mais un grand nombre de cimetières ont disparus après 1962, vandalisés, détruits, transformés en champs ou en terrains de foot.

Après la décennie de terrorisme qu’a connu l’Algérie (et que connaît encore malgré les médias autruches), beaucoup de pieds noirs sont revenu sur les traces de leur ancêtres enterrés en Algérie. Scandalisés et choqués, ils sont repartis avec des images dignes des grands films d’horreur.

En 2003, à la demande du président français de l’époque M.Jaques Chirac, le ministère français des Affaires étrangères a financé la réhabilitation des grandes nécropoles urbaines et le regroupement des cimetières difficilement récupérables dans des ossuaires. Laissant à l’état Algérien la charge de l’entretien. Mais cette action touche seulement les cimetières chrétiens car La doxa judaïque interdit le déplacement des dépouilles mortuaires.

Depuis, la ville d’Annaba a construit un mur de protection autour du grand cimetière de la ville et a entrepris la réhabilitation des quelques 2000 tombes juives. Esperons que l'action va être menée à bout.

Par Amazigh pour La-Kabylie.com