NDLR: Une petite illustration pour sourire, même si le sujet est grave. La "blague" ci-jointe s'appuie sur une vérité historique, particulièrement vraie en Amérique latine...


L'ancien aumônier de la police de Buenos Aires devra purger une peine de prison à perpétuité pour violations des droits de l'homme.

«C'est une décision historique, quelque chose de très fort.» A la sortie du Tribunal de la Plata, l'une des mères de la place de Mai savoure le verdict: pour la première fois, la justice argentine a condamné un homme d'Eglise à la prison à perpétuité pour sa complicité avec la dictature militaire (1976-1983). Une Eglise divisée

Arrêté en 2003, le prêtre Christian Von Wernich a été reconnu coupable, mardi, de violations des droits de l'homme pour son implication dans sept meurtres, 31 cas de torture et 42 enlèvements. Von Wernich était l'aumônier de la police provinciale de Buenos Aires, dirigée par l'ex-commissaire Miguel Etchecolatz, condamné l'année dernière à la réclusion à perpétuité.

Le procès a duré trois mois. Au cours des audiences, les témoins ont affirmé que l'ecclésiastique se présentait aux ­détenus comme «envoyé de Dieu». Parfois vêtu d'une soutane, il les mettait en confiance pour les «confesser» et transmettre ensuite des informations à la police.

Il a ainsi fait craquer sept étudiants, assassinés alors qu'il promettait à leurs proches leur libération contre de l'argent. Von Wernich, quant à lui, a dénoncé de «faux témoignages».

A l'instar de la société, l'Eglise argentine fut divisée durant la dictature entre résistants, silencieux et complices. Deux religieuses françaises ont été tuées pour avoir aidé les mères de la place de Mai à rechercher leurs enfants disparus. Climat de méfiance

Le jugement intervient en pleine campagne présidentielle et dans un climat de méfiance entre le président Nestor Kirchner et l'épiscopat. En 2005, l'évêque aux armées, Mgr Baseotto, avait recommandé de «jeter à la mer avec une pierre au cou» un ministre favorable à l'avortement référence à la manière dont on a liquidé des opposants à la dictature.

Le chef de l'Etat, qui s'était éloigné en juillet 1976 vers la Patagonie, a congédié Baseotto, malgré les protestations du ­Vatican qui l'avait nommé. ­Depuis son élection en 2003, Kirchner s'est employé à faire traduire les tortionnaires en justice et abroger les lois d'amnistie qui assuraient leur impunité.