H5N1 : le virus de la grippe aviaire a muté

La souche H5N1 du virus de la grippe aviaire a muté en une forme plus à même d'infecter les êtres humains, selon des chercheurs américains. Ces derniers affirment cependant que "la mue ne l'a pas encore transformé en une souche pandémique".

Les premiers cas de contaminations humaines par le H5N1 ont été rapportés en 1997 à Hong Kong. Depuis sa réapparition, en 2003, le virus H5N1 a déjà infecté 329 personnes dans douze pays, tuant 201 malades, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Déjà une étude chinoise réalisée post-mortem, et publiée la semaine dernière dans la revue médicale The Lancet, a mis en évidence que le virus H5N1 de la grippe aviaire, quand il touche des humains, passe de la mère au foetus à travers le placenta, et il infecte chez les adultes d'autres organes que les poumons. Des cultures de virus sont encore nécessaires pour confirmer ces observations.

La mutation du virus

Le Dr Yoshihiro Kawaoka, de l'université du Wisconsin-Madison indique désormais que lui et son équipe ont identifié "un changement spécifique qui pourrait permettre à la grippe aviaire de se développer dans les voies respiratoires supérieures des humains". Cette mutation est présente sur la totalité des échantillons prélevés récemment sur des oiseaux malades d'Afrique et d'Europe. "Ces changements sont inquiétants", ajoute-t-il, expliquant que: "la température corporelle des oiseaux est d'environ 41°C tandis que celle des humains est d'environ 37°, et même 33° dans le nez et dans la gorge, voies d'infection virale. Le virus de la grippe aviaire ne se développe normalement pas bien dans le nez ou dans la gorge des humains". La mutation mise en évidence permet au virus H5N1 de mieux supporter les températures plus basses. Pour ce spécialiste, "il faudra d'autres mutations pour que le virus prenne une forme pandémique". La question est de savoir combien?

Caroline Bourhis, Journaliste Lesinfos.com