FEU ETRANGER SUR L’AUTEL

par Jean-Pierre Trachsel (responsable de l'oeuvre Alliance Pierres Vivantes, en Suisse)

Introduction
Depuis quelques années, nombreuses sont les églises, tant en Francophonie que dans le monde entier, qui ont adopté une « mode très spirituelle », désignée par « temps de louanges ». Ces « louanges » consistent généralement en un empilage de prestations musicales et de chants, apportés par des groupes spécialisés et sélectionnés, avec une durée d’au moins trente minutes par rencontre. Dépendant de la dynamique du « leader de louanges », ces prestations peuvent être entrecoupées par des commentaires et autres réflexions spirituelles. Le style musical et l’emphase rythmique sont presque unilatéralement de type « Praise US », avec des variations périodiques et régionales, calquées sur les courants actuels en vogue dans les diverses cultures de jeunes. L’instrumentalisation et les équipements de sonorisation et d’effets sont repris selon des modèles courants du monde du « show ». De même, le niveau sonore dans les rencontres d’église, rivalise facilement avec les concerts de jeunesse du monde contemporain.

Rouleau compresseur
La présente situation est l’aboutissement d’une « révolution cultuelle », qui a passé sur les églises, tel un rouleau compresseur, écrasant sur son passage les affinités et sensibilités régionales, voire nationales, pour imposer « des normes » nouvelles. Rares sont les courageux opposants ne craignant pas d’être discrédités pour un manque de spiritualité profonde par « les nouveaux adorateurs ». Plus rares encore sont les pasteurs qui ont osé braver le « diktat » d’une jeunesse en quête de sensations et de jouissance car le verdict encouru était la perte de cette jeunesse au profit d’entités de récupération. Une caste de « loueurs » fait dorénavant la loi dans la plupart des églises évangéliques, pentecôtistes et charismatiques, fut-ce à « dose homéopathique », dans bien des institutions traditionnelles.

Réalités indéniables
Derrière la façade d’une soit disant louange, apportée à Dieu, on doit malheureusement constater les phénomènes suivants : La programmation médiatique et commerciale de la jeunesse chrétienne est une réalité indéniable et « sa musique » est bien celle du monde des loisirs contemporain environnant. Ce que « le monde » aime, est aimé par une large frange des enfants et jeunes, issus de familles du contexte évangélique.

Au vu du profil comportemental de cette jeunesse, teintée de rébellion et d’opposition face à d’éventuelles remises en question, force est de constater que très peu s’intéressent « aux goûts » du principal destinataire desdites louanges, c'est-à-dire Dieu lui-même, mais qu’une fixation sur leurs préférences à la mode, l’emporte haut la main dans la consommation et la production musicale, induisant une sorte d’onanisme spirituel.

Les styles et types de musique de la « scène médiatique » sont devenus « de facto » le standard pour une majorité d’assemblées, faisant fi des réalités communautaires auxquelles l’Eglise de Jésus-Christ est supposée se soumettre – « Jeunes et vieux se réjouiront ensemble ? ». Que penser des expériences traumatisantes de personnes ayant perdu une partie de leur ouïe durant un « culte de louange » ou de celles qui doivent impérativement se protéger par le port de « boules protectrices » ? Dans les derniers bastions de résistance à « l’avalanche mondaine », le « cheval de Troie » appelé « Evangélisation », a eu raison des récalcitrants, les contraignant à accepter ce que l’on pourrait souvent appeler « bruits organisés ». De cette façon, nombreux ont été les rejetons chrétiens à pouvoir déjouer le veto des censeurs dans leurs églises et dans leurs familles et de « jouir impunément » des ébats musicaux à la mode, sous le couvert du message à apporter à ce monde par la musique moderne. Quand on doit considérer les statistiques aux USA qui nous rapportent la défection de 75 % des jeunes ayant été élevés dans un contexte d’église, on ne peut que regretter cette faille, d’autant que le contexte biblique n’apporte aucun support à l’utilisation de la musique et du chant comme vecteur d’évangélisation.

Les « Stars » et ensembles super qualifiés foisonnent au travers du continent. Notre Seigneur, a-t-il vraiment plaisir à ces parties promotionnelles de personnes et de groupes « étoiles » qui veulent se valoriser aux yeux de leurs frères et sœurs ?

Que dit le Seigneur ?
Lecture : Lévitique 6 : 1 – 6 / 10 : 1 - 7

Parole prophétique : Un nombre important d’églises ayant eu un passé authentiquement spirituel est actuellement sous un interdit de la part de Dieu pour cause de Feu étranger sur l’autel.

Ces églises sont spirituellement polluées par des musiciens et chanteurs qui s’évertuent à les conduire dans ce qu’ils considèrent comme la présence du Seigneur et à faire descendre l’onction et le feu de son Esprit, sans avoir passé par l’autel du sacrifice. Bien au contraire, leurs inspirations et motivations sont directement dynamisées et animées par les musiques et productions d’un monde de business, « chrétien » ou non.

Le Seigneur ne peut agréer ce genre d’offrandes et y persister finit par devenir dangereux car on ne se moque pas de Dieu.

Louanges et adoration authentiques
Question : Quelles sont les louanges et l’adoration que notre Dieu apprécie ?

Réponses :
a) Toute personne qui assume un service musical ou de chant dans l’église locale doit avoir un appel précis de Dieu pour cette fonction. Quand elle apparaît devant le peuple de Dieu, elle doit avoir passé par l’autel des sacrifices, c'est-à-dire, avoir eu un contact avec le Seigneur dans le saint lieu et dans son intimité. La relation avec ses frères et sœurs doit être pure et en ordre, sans obstacles ni dissensions. Ceux qui sont dans cette disposition n’ont pas de problèmes à se soumettre à ceux que Dieu a établis en responsabilité dans l’église et ils ne chercheront pas à les mettre sous pression par des contestations. Lév. 6 : 1 – 6 / 1 Chron. 15 : 2, 12 – 22 / 2 Chron. 5 : 11 – 13 / Néh. 12 : 27 – 36 // Matth. 5 : 23 /

b) La véritable louange vient d’un peuple qui est uni. Dieu voit au cœur et la musique qui fait souffrir ou qui agace une partie des frères et sœurs présents ne lui fait aucun plaisir. L’Eglise est un corps et l’apport de l’offrande « louanges et adoration » est une activité communautaire, au-delà des générations. Ps. 22 : 23 / 35 : 18 / 1 Cor. 12 : 7 / 1 Cor. 14 : 26 / Phil. 2 : 2, 3, 4 / 3 : 15

c) Les « louanges » qui font plaisir à notre chair par leur style musical ne sont pas forcément un sacrifice que Dieu peut agréer. Par contre, si les générations font un effort réciproque pour faire plaisir à leurs aînés ou vice-versa, ceci peut constituer un apport sacrificiel important. Osée 14 : 2 / Hébr. 13 : 15 // Mal. 4 : 5, 6 /

d) Notre Dieu veut être loué et remercié pour tout, ce qui inclut même les évènements négatifs et douloureux. Actes 16 : 24, 25 / 1 Thess. 5 : 18 / Eph. 5 : 20 /

e) Les créations et nouvelles compositions dans le domaine musical et du chant doivent impérativement prendre leurs distances par rapport à un monde contemporain avec ses modes et moyens d’expressions. Dieu n’a aucun plaisir à ce qui prend son inspiration dans les « Hits et tubes » actuels. Rom. 12 : 1, 2 / Eph. 4 : 21 – 24 /

f) Dieu désire des chants et des louanges qui sortent de notre cœur, c'est-à-dire des profondeurs de notre être intérieur. Ces expressions sont forcément diversifiées et dépendantes de la culture environnante, mais réactualisées et enrichies par le Saint-Esprit. Cela sous-entend un affranchissement d’une culture musicale mondiale nord-américaine. Eph. 5 : 19 / Col. 3 : 16 / Jacq. 5 : 13 / Rom. 15 : 9 /

g) Depuis la venue du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, il n’est plus nécessaire de l’invoquer pour « descendre » sur l’église réunie. De même, une mise en condition et un « réchauffement » de l’atmosphère à cet effet est contre-indiqué. L’Esprit ne se laisse pas manipuler et de telles manœuvres sont utilisées dans le monde occulte. Lors d’un culte d’adoration véritable, l’acceptation dynamique par la foi de la présence de Dieu parmi Son peuple, sera la marque de notre soumission à la Parole de Dieu. Eph. 2 : 22 / 2 Cor. 6 : 16 / 1 Cor. 3 : 16

Appel à la repentance
L’interdit qui pèse sur le monde évangélique, suite à l’utilisation de ce « feu étranger » susmentionné ne peut être levé que par une repentance des personnes et communautés concernées. La diminution dans l’intensité de la vie de prière du peuple de Dieu, la relativisation de l’Ecriture Sainte ainsi que la raréfaction des guérisons et miracles véritables, pourront être un indice dans ce domaine.

Revenez à moi, dit le Seigneur et je vous accueillerai de nouveau ! Zach. 1 : 3

Lussy, le 21. 07. 2007
Jean-Pierre Trachsel
Alliance Pierres Vivantes – Siviriez - Suisse