Après le meurtre de trois évangéliques en avril en Turquie, la violence anti-chrétienne continue malgré les assurances des autorités. Mais qui sont donc ces nouveaux chrétiens qui suscitent une telle haine ? Henrik Lindell répond à cette question dans ce dossier qui comprend aussi une longue interview de Martine Partoes, une catholique française qui s'est rendue auprès des familles des victimes.

Le 18 avril, trois chrétiens évangéliques ont été torturés et assassinés en Turquie. Deux d'entre eux étaient des convertis d'origine turque, le troisième un missionnaire allemand. Cet événement, qui dépasse largement le cadre des tensions politico-religieuses habituelles du pays, a provoqué une vague d’indignation populaire en Turquie et la stupeur des gouvernements de l’Union européenne. Pour la première fois depuis la fondation de la république laïque d'Atatürk en 1923, des anciens musulmans convertis au christianisme sont tués pour des motifs religieux et/ou politiques (1). Quelques centaines de personnes ont manifesté à Ankara pour protester contre ces crimes. En Turquie, c’est beaucoup. Après le meurtre en février 2006 d’un prêtre catholique italien, puis celui d’un journaliste arménien (chrétien) en janvier dernier et d’innombrables agressions commises par différents groupes musulmans, il faut se rendre à l’évidence : le gouvernement turc est incapable d’arrêter la violence anti-chrétienne.

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