NDLR : La dernière citation du philosophe parlant de la substitution à Dieu d’une force qui ne répond en rien aux origines de la vie, semble admettre – de manière involontaire, apparemment – que la réponse aux questions sur les origines de la vie est métaphysique. Soit le philosophe l’admet, mais en tant que mythe religieux qui, tout infondé et enchanté qu’il soit, présente au moins l’intérêt de proposer une explication, soit il l’admet comme pertinente sans s’en rendre compte. Les passages en gras le sont aussi dans le magazine, et le texte se situe est un complément d'une interview factice de Buffon. Enfin, quant à l'affirmation disant que l'évolutionnisme a déjà gagné, il est intéressant de lire cet article

    Créationnisme : De Buffon aux Bouffons.

Buffon fut l’un des premiers à remettre en cause l’âge biblique de la Terre (6000 ans). Après lui, Darwin a enfoncé le clou avec sa théorie de la sélection naturelle. Pourtant, les créationnistes sont toujours actifs. Depuis une quinzaine d’années, ils promeuvent le « dessein intelligent », néo-créationnisme dans lequel toute référence à Dieu a été supprimée. La nature serait guidée par un programme intelligent, une force, un mystère. Le retour de la Bible dans les programmes scolaires serait bien perçu par les plus chrétiens. Fin janvier, en France, les établissements scolaires ont reçu un ''Atlas de la Création'' : 770 pages illustrées d photos d’animaux, de plantes, de fossiles. L’ « intellectuel turc » Harun Yahya, caché derrière le pseudonyme d’Adnan Oktar, y fait l’apologie d’un créationnisme mâtiné d’islam, et conclut, sous une photo du 11 septembre 2001, « que les vrais terroristes sont les darwinistes ».

Pour le philosophe Thierry Hoquet, cette poussée des néo-créationnistes « s’explique par les zones d’ombres laissées par la science, par exemple sur la question de l’origine. De plus, les scientifiques préfèrent parfois se taire parce qu’ils ont peur que leurs propres désaccords n’ouvrent un boulevard aux idées créationnistes, qui misent sur la parité des explications ». Le dessein intelligent ferait plutôt sourire le philosophe, « car ce n’est qu’un mot qui ne peut être testé, comme l’est la sélection naturelle. Il est facile de critiquer Darwin, mais l’évolutionnisme a déjà gagné. Le créationnisme n’est qu’une pâte molle , qui doit sans cesse changer de forme et de contenu, à la remorque de la science. Il remplace Dieu par une force ou un mystère, ce qui ne répond en rien aux origines de la vie. Je crois que Buffon s’en amuserait comme il s’amusait du Déluge, en refusant d’expliquer les faits par des miracles ».