Lundi, il a été annoncé que 11 entreprises avaient été choisies pour présenter une étude de faisabilité du projet de construction d’un canal, dont le but est de sauver la Mer morte de l’assèchement qui la menace, en faisant venir de l’eau de la Mer rouge.

La construction de ce canal de 180 km devrait durer 25 ans et coûter plus d’un milliard de dollars. Le canal reliera la Mer morte à la Mer rouge et servira également à résoudre le problème de manque d’eau dans la région d’Israël, de la Jordanie et des territoires sous contrôle de l’Autorité palestinienne.

Le ministre jordanien de l’eau, Mohammed Zafer Al-Alem, a annoncé que 11 firmes seraient invitées à « effectuer une étude technique et environnementale de faisabilité du projet de construction du canal Mer rouge-Mer morte. » C’est ce qu’a indiqué l’agence de presse Petra.

« Avant la fin du mois, la Banque mondiale demandera aux 11 sociétés de soumettre leurs offres, » a affirmé Al-Alem, en ajoutant qu’elles avaient jusqu’au 15 septembre pour présenter leurs projets. Le ministre jordanien n’a pas donné de précision sur les firmes choisies.

Lorsque les propositions seront prêtes, des représentants d’Israël, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne se rencontreront à Paris avec des représentants de la Banque Mondiale pour examiner les offres et deux firmes seront sélectionnées.

Israël, la Jordanie et l’Autorité palestinienne se sont mis d’accord en décembre dernier pour lancer une étude de faisabilité d’un vaste projet, qui est envisagé depuis des années, mais qui était en attente du fait des tensions régionales.

La Mer morte est l’endroit le plus bas du monde et le lac le plus salin de la planète. Selon les experts, la mer Morte pourrait disparaître dans moins de 50 ans si rien n’est fait. « Il y a quarante ans, la surface de la Mer morte était à 392 mètres sous le niveau de la mer. Aujourd’hui, elle a baissé à 412 mètres, » avait signalé en 2000 le professeur de Géologie, Elias Salameh, de l’Université de Jordanie. « Si cette baisse continue, dans 10 ans, la surface de la Mer morte sera réduite à 650 kilomètres carrés, alors qu’elle était de 1000 km² au début des années 1960, » avait-il estimé.

La France, les Pays-Bas, le Japon et les Etats-Unis se sont engagés à donner 9 millions de dollars pour financer l’étude, qui durera 2 ans et se penchera sur les conséquences environnementales et sociales d'un transfert d'eau entre la mer Rouge et la mer Mort via 300 kilomètre de désert Le coût total de l’étude est de 15,5 millions de dollars. Elle sera dirigée par la Banque mondiale.

Une centrale hydroélectrique permettant de produire 800 MW serait construite ainsi qu’une unité de dessalement en mesure de fournir 800 millions de m3 par an, à proximité du point de jonction avec la mer Morte. Lorsque les usines de dessalement seront mises en place, la région devrait être soulagée du manque d’eau dont elle souffre terriblement. Les usines devraient fournirent 850 millions de cubes d’eau douce à Israël, la Jordanie et l’Autorité palestinienne.