Dans nos milieux charismatiques et pentecôtistes, de nombreuses guérisons sont annoncées, mais parfois sans vérification. "Garde-toi de rien dire à personne; mais va te montrer au sacrificateur, et offre pour ta purification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage", ordonnait pourtant Jésus au malade guéri dont l'histoire nous est relatée au premier chapitre de l'Evangile de Marc.

L'Observatoire Philisophico-évangélique de Quidenquone, site évangélique un tantinet satirique, vient de créer à cet effet un Bureau de Vérification des Miracles, qui n'est pas sans rappeler celui de Lourdes. Certains pasteurs ou évangélistes le trouveront irrevérencieux, qu'il nous soit permis de le trouver salutaire.

Il est, dans certains milieux qui se prétendent spirituels, très mal vu de mettre en cause une guérison divine. Les guérisons, ou prétendues telles, sont largement exploitées et ce dès la fin des réunions. Avec le péché qui a pénétré les églises, les faux ou les mauvais serviteurs, l'onction du Saint-Esprit qui attestait le message du Christ par d'authentiques guérisons se fait de plus en plus rare, comme en témoigne cette conférence de plusieurs jours qui s'est tenue récemment à Rouen: 3 jours durant, des caméras de télévision ont filmé mais les guérisons n'ont pas été aussi nombreuses qu'elles l'étaient par exemple lors des débuts des réveils de Pentecôte un peu partout. On peut même dire qu'elles ont été assez rares.

Loin d'être une démarche sadducéenne (cette secte judaïque des temps bibliques qui avait peur du surnaturel) ou pire rationnaliste, l'interpellation de l'Opéqui veut nous rendre prudents sur nos affirmations, qui font parfois ricaner les païens et ne glorifient pas le Christ. Je me souviens avoir été expulsé de la liste de diffusion Koinonia à l'époque pour avoir osé mettre en cause l'information erronée selon laquelle 2 sidéens auraient été proclamés guéris lors de la campagne de Benny Hinn à Marseille: exiger des preuves médicales n'est en rien une offense au Saint-Esprit, un manque de respect envers les serviteurs de Dieu et une marque d'incrédulité. C'est au contraire un moyen de faire taire les rumeurs, de montrer au monde que notre Christ est vivant "hier, aujourd'hui et éternellement", et de prouver que notre sérieux peut supporter le test de l'analyse, ainsi que le réclamait Jésus dans les évangiles "pour servir de témoignage".

Les miracles authentiques ne résultent ni d'une vente de l'onction, ni de quelque influence venue de serviteurs de Dieu, dont la vie est parfois loin d'être exemplaire. Les grands séminaires de guérisons sont désormais presque tous devenus payants et ceux qui les organisent, bien éloignés des hommes de foi du passé, font des appels d'argent répétés pour boucler leurs budget. Plusieurs ont par exemple rapporté ce qui s'est produit en Suisse à l'Ascension lors du séminaire des ministères de guérison où l'on a fait longuement pression sur les participants. La foi pour la provision divine va de pair avec la foi pour la guérison, et la rareté des guérisons est, à mon avis, directement liée au rapport à l'argent des organisateurs.

Dans ce contexte, la proposition de "l'Opéqui", qui aborde ce sujet sérieux sous l'angle de l'humour, devrait inciter les pentecôtisants francophones à se doter de chartes en matière de guérison et d'éthique financière, comme le firent une cinquantaine de ministères charismatiques par leur "Déclaration d'Orlando", ou comme le propose le label éthique évangélique américain qui estampille oeuvres et mission: sans son aval, les donateurs sont invités à garder leur argent ! A quand une initiative similaire en francophonie?

La récente multiplication des émissions télévisuelles consacrées aux chétiens pentecôtistes, rendait pertinente la création d'un organe destiné à valider, scientifiquement, les miracles dont leurs milieux témoignent être le siège.

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