La presse internationale a largement rendu compte, ces dernières semaines, des émeutes qui ont éclaté, à la fin du mois de mai de cette année, dans la Région autonome du Guangxi, province méridionale de la Chine, où les autorités, inquiètes du risque d´un rebond démographique, ont appliqué soudain avec une grande brutalité la politique de l´enfant unique, détruisant les maisons des familles qui ne pouvaient payer les amendes considérables imposées pour dépassement de la norme fixée par le planning familial officiel (un seul enfant par famille) et contraignant des femmes - dont certaines enceintes de 8 mois - à avorter, d´autres à se faire stériliser.
Le 31 mai dernier, Kent Ewing, professeur à la Hong Kong International School, notait sur le site d´Asia Times, qu´une des conséquences les plus inquiétantes de la politique de contrôle des naissances de l´actuel gouvernement chinois consistait dans le fait qu´en raison d´une éducation sexuelle inexistante ou peu adaptée, les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses, en Chine, à recourir à l´avortement comme moyen principal de contraception.
Sans aller si loin, la chaîne télévisée France 2 diffusait 14 juin un reportage sur l'avortement à hauts risques, tel qu´il est pratiqué officiellement aujourd´hui en Espagne, où certains médecins n´hésitent pas à intervenir jusqu'au huitième mois de grossesse également. On y voyait une journaliste enceinte de 8 mois se faire proposer, pour la somme de 4 000 euro, un avortement dans une clinique privée de Barcelone.
Simone Veil, qui dépénalisa en 1975 l'interruption volontaire de grossesse (IVG), reconnaît que cette situation est "effrayante", mais constate qu'on ne peut empêcher les femmes de se rendre en Espagne, nation devenue aujourd´hui plus libérale que la France. La Cour européenne a en effet estimé que cette question relevait des législations nationales, et non de l'Europe. Madame Veil rappelle à ce propos qu'une clause de conscience figure dans la loi qui porte son nom : "C'est une question éthique et pas seulement un geste médical", explique-t-elle. "La seule chose que j'avais négociée avec l'Église était de ne pas contraindre les médecins. C'est un point à maintenir, car on ne peut obliger personne à aller contre ses convictions." Et l´ex-ministre d´ajouter : "Il est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant ".
Le respect des consciences ne suffit pas à résoudre la lourde question de l´avortement. Celui-ci ne saurait être banalisé, ni le désir de maternité marchandé ou bafoué.













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